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Full text of "Annales des maladies de l'oreille, du larynx, du nez et du pharynx"

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Boston 

Médical Library 

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19 BOYLSTON PLACE. 






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ANNALES 



nCS MALADIK8 



DE L'OREILLE, LU LARYNX 



DU NEZ ET BU PHARYNX 



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SAINT-AMAND (CHRR). — IMP. HBSTKNAY BUSSiftRE PRÈHBS 



ANNALES 

DES MALADIES 

DE L'OREILLE, DU LABÏNX 

DU NEZ ET DU PHARYNX 

roBdées par MM. I8AHBERT. KRI8HABBR. LADRSIT DB LACBARRBRK 

PUBLliCS PAU 

A. GOUGUENHEli .x i. LERiOYEZ 

f MÉidi et rhéfllil UriMKR Midi In Mphai 

Avc« la «•ll«lN»rall«B die 

i Mil. les D" AY8A6UBR, BouLir, Gistex, H. Giiatellikr, Coubtaue, Ci:viluer, 
EGtiRR, (jbllé, Glover, Helmb, Lœwenberg, J. B. Marty, Moumer, 
Lann«is, agrégé de la Faculté et médecin des hôpitaux de Lyon, 
GiBBL, médociii des hôpitaux de Lyon, Gollbt, agrégé de la Faculté de Lyon 

Vacher (Orléans), Coletoux (Nantes), 
LiCHTwiTZ (Bordeaux), Dogardin (le Havre), Hamon ou Fougeray (le Mans), 
F. Si'AREz ob Mbndoza (Angers), Haugé (Ghalles), Aigre (Boulogne-sur-Mer), 

Sé.NAC Lagrangb (Gauterets), Dblstanchb, Gapart, Laurbnt (Bruxelles), 
kaiFFERs (Liège), P. Koch (Luxembourg et Nancy), Szbnbs, Nbuban (Budapest), 
Zadpal (Prague), Politzer, Schrôtter, Ghiari, Hajbe (Vienne), 
Jacobso?î, LuBLiNSKi, F. Peltesohn, E. Mbyer (Berlin), Ziem (Danzig), 
L\.xcB (Copenhague), Ocspenski (Moscou), T. Heryng, T. Heixan (Varsovie), 

E. WoAKBs, Lbnnox Brownb (Londres), Labus (Milan), G. Gorradi (Vérone) 

TiRADENiGO (Turin), Strazza (Gènes), Gozzolino (Naples), Fenoglio (Gagliari), 

D'AguaiNno (Palerme), Sous Gohen, Randall, Sajous (Philadelphie), 

Cl. Blakb (Boston), Bryson Delavan (New-York), Ségri^tan (Lausanne)^ 

G. M. Desvernine (la Havane), A. J. Beehao (Sidney). 

Bt avee !• e«ac««r« dl« 

MM. les Professeurs Duplay, Tillaux, Terrier et Berger, 

D*^ DE Saint-Germain, Pjéribr, Poz/j, liABBÉ, IIumbert, Righblot, 

Trrrillox, Reclus, Picqi/é et Glinard, chirurgien» des hôpitaux de Paris, 

Professeurs Fournieb, Grancher, Proust, 

D" G. Paul, J. Simon, Descroizilles, Sevestre, Hallopkau, 

HucHARD, Labadie-Lagrave, Danlos, Alb. Robin, Balzbr, Bartu, 

LnoLLE, Chauffard, Nbtter et Launois, médecins des hôpitaux de Paris, 

NixiEB, agrégé au Val-deGrâce, J. Teissier, prof' à la Faculté de Lyon, 

CoYNE et Masse, prof" à la Faculté de Bordeaux, D" Leval, Hischuann, 

R. Leodbt, Plicqub, P. Lb Noir, P. Tissibr, Reblaub, HiSlary, Régnier, 

DuDEPOY, Gastou et M"« Nageotte, ex-internes des hôpitaux de Paris, 

Michel- Dans A G, Laurens, Ripault et Lbhariey, internes des hôpitaux de Paris. 



TOME ZXI. — 1895 



PARIS 

G. MASSON, ÉDITEUR. 

LIBRAIRE DE L'aCADKMIE DR MKDBCINS 
ISO, BOULEVARD SAINT-GERMAIN RN FACE DE l'kCOLB DB 11£DSCINX 

Agents en Amériqu* : p. blakiston, son et ci« 

1012, WAI.Ml'T STRIST, PHII.ADF.I.PHIK 

1895 




FEB 291896 




i;ORElLLE. DU LARYNX 

DU NEZ ET DU PHARYNX 



MEMOIRES ORIGINAUX 



L'APPAREIL NERVEUX DE L'OLFACTION 

Par le D' P. B. LAVNOIS, Préparateur d'histologie à la Faculté 

de Médecine, Médecin des Hôpitaux. 

Les récents perfectionnements de la technique histologique, 
la théorie des neurones sensitifs périphériques et centraux qui 
en ont été la conséquence, ont singulièrement modifié dans 
ces dernières années nos connaissances sur la disposition nor- 
male des organes des sens. 

Depuis Golgi, l'appareil nerveux de V olfaction a été tout 
particulièrement étudié ; bien longue serait la liste des tra- 
vaux publiés sur ce sujet. Nous nous contenterons de citer, 
parmi les recherche.s les plus importantes et les plus cons- 
ciencieuses, celles de Ramon y Cajal, de son frère P. Ramon, 
de Van Gehuchten et Martin, de Kôlliker et Retzius, de Brunn 
et Lenhossek, de Conil. Les données anatomiques fournies 
par ces difiérenls histologistes ont été contrôleras et pleinement 
confirmées par notre maître le Professeur Malhias Duval ; il 
les a, avec sa clarté et son talent habituels, exposées dans ses 

INNALEfl DBS MALAPIEt DB l/ORBlLLB KT DU LARYNX. — XXI. 1 



leçons de celle année. Nous avons largement piiisé dans son 
enseignement les éléments de cette revue. 

L'appareil nerveux de rolfaction se divise en deux parlies 
bien distinctes : l'une, périphérique, exira-cr&nieone, va de la 
muqueuse nasale au bulbe olfactif et comprend les origines 
du nerf ; l'autre, centrale, va du bulbe olfactif aux centres cor- 
ticaux de la région temporale. Chacune de ces portions, pour 
la commodité de la descriplion, doit être étudiée isolément. 



A. — Portion pésiPHÉRiguB ou iXTRA-CRANUiraE 

(ORtOlNBS DU NBRP olfactif) 



Lea mémorables et déjà anciennes recherches de Max 
SchQltze avaient établi que les corpuscules nerveux olfaclifs 




siibgent dans une porlian restreinte de la muqueuse nasale et 
plus spécialement dans sa partie supérieure. Plus récemment, 
V. Brunn a montré que, chez l'homme, les cellules olfactives 
occupent la surface â^e la muqueuse qui recouvre la partie 
moyenne du cornet supérieur et la partie correspondante de 
la cloison des fosse): nasales. D'après Mathias Duval les cor- 



LAPl'ARElL NBRVBt'X DE L OLFACTION 3 

puscules oiractiFs sont tassés au milieu des cellules épiihë- 
liales dans la portion de la muqueuse nasale qui tapisse le 
bord libre du cornet supérieur, sa face supérieure, la voûte 
des fosses n&sales et la partie correspondanle de la cloison. 
Ces diflérentes parties limitent une fente. In fente olfactive, 
eneore appelée locas luttus ou sarface jaane de Todd et 
Bowmana. La muqueuse présente en elfet chez l'homme b. ce 
niveau une coloration jaun&tre ; elle est un peu plus foncée, 
d'un jaune brunAtre chez les animaux. (Voir flg. I). 

Dans cette région le chorton de la muqueuse se rapproche 
par sa structure de celui de la muqueuse de Schneider qui 
tapisse le reste des fosses nasales. 

Les glandes en tubes ramifiés, glandes à mucus, y sont peu 
nombreuses, la vasculaiisalîon y est moins abondante. 




Lorsqu'on étudie l'épithélium qui recouvre la muqueuse 
de la région olfactive, on voit que celui-ci est constitué par 
deux grandes variétés de cellules ; les unes de nature franche- 
ment épithéliale, les autres de nature nerveuse. (Voir fig. 11). 

1° Cellules épiihéliales : elles se présentent sous deux 
formes bien diiîérentes. 

Les unes, vérilables cellules de soutien, sont Tormées par 
un corps très long qu'un noyau ovale divise en deux parties. 
1^ partie supérieure régulièrement cylindrique est constituée 



4 P. E. LAUNOIS 

par un protoplasma finement strié en long. La partie infé- 
rieure est au contraire très irroguliëre ; ses bords sont creusés 
d'encoches pi lis ou moins profondes. Quand on examine ces 
cellules en place» on voit que leur extrémité supérieure ne 
présente ni plateau ni cils vibratiles ; ce caractère permet faci- 
lement de les différencier des autres éléments épithéliaux qui 
tapissent la muqueuse de Schneider. Ces éléments sécrètent 
du mucus en petite quantité ; celui-ci se condense parfois à la 
partie supérieure de la cellule sous forme d'une petite lentille. 
Cette coagulation de mucus a été prise à tort par certains au- 
leurs pour un épaississement du protoplasma disposé sous 
forme de plateau. L'extrémité inférieure des cellules de sou- 
tien présente deux pointes entre lesquelles existe une excava- 
tion ; c'est une disposition qui se retrouve très souvent dans 
d'autres épîthéliums lorsque ces éléments présentent une sur- 
face d'implantation assez large. 

La seconde variété de cellules de soutien est représentée par 
des éléments irréguliers, dont les bords présentent des saillies 
et des dépressions. Ces éléments anatomiques, formés par une 
masse de protoplasma munie d*un noyau volumineux, sont 
situés dans les encoches que présentent les grandes cellules. 
Elles forment par leur réunion une couche basale ou de rem- 
placement. Certains auteurs les considèrent comme des cel- 
lules migratices. 

2° Cellules nerveuses. 

Entre les éléments de soutien que nous venons de décrire, 
on trouve, surtout si on a recours aux derniers perfectionne- 
ments de la technique histologique, d'autres cellules dont les 
caractères sont tout à fait particuliers. Elles sont formées par 
un noyau volumineux entouré d'une très mince couche de 
protoplasma et présentent deux prolongements. Le prolonge- 
ment périphérique monte vers la surface de la muqueuse 
entre les cellules de soutien dont il dépasse un peu le niveau. 

Il se présente sous la forme d'un petit bâtonnet de subs- 
tance réfringente et offre à son extrémité libre une série (deux 
ou trois) de petits cils minces ou mieux de petits prolonge- 
ments ramifiés qui, d'après Ranvier, sont, pendant la vie des 
cellules, doués de petits mouvements de balancement* 



l'appareil nerveux de l'olfaction 5 

Quant au prolongement central il part tantôt directement 
de Textrémité inférieure de la cellule, tantôt de ses parties 
latérales. 11 s'enfonce vers la profondeur de la muqueuse, 
s'entoure plus loin d*une gatne de myéline et d'une gatne de 
Schwann, s'accole à des prolongements similaires venus 
d'autres cellules nerveuses. De la réunion de ces diiïérenis 
tubes naissent de petits cordons blanchâtres, petites branches 
nerveuses que les anciens anatomistes décrivaient sous le 
nom de branches terminales du nerf olfactif. Les filets ner- 
veux ainsi constitués traversent les orifices que présente la 
lame criblée de l'ethmoVde et se rendent au bulbe olfactif où 
ils se ramifient. 



B. — POBTION CENTRALE, INTRA-GRANIBNNE 

Au-dessus de la lame criblée de l'ethmoïde, à la face infé- 
rieure du lobe frontal du cerveau antérieur on trouve une 
petite masse ovoïde de substance nerveuse, c'est le bulbe ol^ 
fatctif. 

Complètement libre sur toute sa surface, il est relié en 
arrière au cerveau antérieur par un cordon blanc de forme 
triangulaire, la bandelette olfactive, (Voir Gg. III.) 

< Au voisinage de la substance perforée antérieure, la ban- 
delette olfactive se divise en plusieurs faisceaux, les racines 
olfactives. Celles-ci se dirigent en arrière et en dehors et 
peuvent être poursuivies jusqu'au niveau de l'extrémité anté- 
rieure du lobe temporal. » 

D'après ZuckerkandI une de ces racines se continuerait 
dans la voûte à trois piliers et pourrait être poursuivie jusque 
dans la corne d'Ammon. 

Chez les singes et chez l'homme le bulbe olfactif est relati- 
vement peu volumineux; il est par contre très développé 
chez les carnassiers et les rongeurs ; il manque chez les cé- 
tacés. 

Le bulbe olfactif de la plupart des mammifères présente 
une cavité centrale, prolongement du ventricule latéral du 



6 p. &. LAUNOIS 

eerveau antérieur ; elle eet lapissée par une couche d'épïthé- 

llum épendymnire. 

1^ bulbe oiracUrde l'homme De présenle pas de semblable 
cavité : à sa place existe une traînée de subelance gélalineuse 
(Van Gehuchlen). 

Quand on examine le bulbe oiroclir chez des animaux où il 
est très dévelop|ié (carnassiers, rongeurs, mammiTères osma- 
tiques de Broca) et qu'on traite les coupes par la méthode du 
chromate d'argent, on voit qu'il est formé de trois couches. 
(\'oir flg. IV). 




1" Couche lies fthrillet olfactives. Elle comprend deB cel- 
lules de la névroglie et de fines fibrilles nerveusesqui sont 
précisément les fibres olfactives d'origine que nous avons pré- 
cédemment décriles. Ces faisceaux de fibrilles se divisent, se 
subdivisent el s'en troc ix>Isenl dans tous les sens. Vers la partie 



l'appareil hbrvedx db l'olfactios 7 

profonde les tubes aerveux s'écartent les uns des autres et 
pénètrent d&ns la couche sous-jacenle. 

2* Couche des cellule» mUrales. Formée d'clémenlB ner- 
veux de nature très diverse, elle présente plus parliculiëre- 
meat une rangée continue de cellules nerveuses volumineuses 
de forme plus ou moins triangulaire, les cellules milralet. 
On trouve de plus, it l'union de cette couche moyenne et de la 
couche super liciel le, une série continue de masses granuleuses, 
plus ou moins arrondies et de volume varinble i dont la 
structure intime et la si^nilicalion vérilable ont été pendant 
longtemps une énigme ; > ce sont les glomérules olfactifs. 




iLCielifi pttiptèftqim). 



Les cellales mUrales, ainsi nommées è cause de leur 
forme, se présentent sur les préparations traitées por la mé- 
thode de Golgi et de Ramon y Cajal sous forme de grosses 
masses noires (Voir planche IV). 

De leur sommet interne part un prolongement cylindraxile 



8 p. E. LAUNOIS 

qui monte vers les centres nerveux. Les angles latéraux émet- 
tent un grand nombre de prolongements protoplasmîques 
qui se dirigent horizontalement en émettant de courtes bran- 
ches collatérales et finissent en s'entrelaçant avec des prolon- 
gements similaires venus des cellules voisines. De la partie 
moyenne de la base de la cellule mitrale naît un prolonge- 
ment protoplasmique beaucoup plus volumineux. 11 descend 
vers la périphérie du bulbe olfactif, et après un certain trajet, 
en général peu long, il se ramiGe un grand nombre de fois et 
donne naissance à un véritable buisson de branches termi- 
nales, courtes, épaisses, moniliformes, terminées par un 
épaississement libre. Entre ces arborisations pénètrent les ar- 
borisations similaires des fibres nerveuses olfactives périphéri- 
ques ou prolongements cylindraxiles des cellules bipolaires de 
la muqueuse olfactive. Elles ont entre elles de simples rap- 
ports de contiguité. Cet entrelacement de ramifications ner- 
veuses, véritable z6ne d'articulation, constitue le glomérule 
olfactif, 

3® Couche des fibres nerveuses centrales. On trouve 
dans cette couche quelques éléments cellulaires, désignés sous 
le nom de grains ; on ignore encore en grande partie la signi- 
fication morphologique et physiologique de ces éléments. On 
y trouve en plus des fibres nerveuses qui sont les prolonge- 
ments cylindraxiles des cellules mitrales. 

Ces prolongements centraux se recourbent à une petite dis- 
tance de leur origine, envoient quelques collatérales, s*entou- 
rent d'une gatnede myéline et forment des tubes nerveux sans 
gaine de Schwann et revêtent ainsi la structure de tous les 
tubes nerveux des centres. 

Ces tubes nerveux forment par leur réunion la bandelette 
olfactive et les racines olfactives, véritables conducteurs qui 
portent les impressions sensilives recueillies à la surface de la 
muqueuse olfactive jusque dans Técorce cérébrale ; ils se ren- 
dent en eiïetau lobe olfactif situé & Textrémité antérieure du 
lobe temporal. 

A ce niveau, c'est-à-dire dans la substance grise des circon- 
volutions temporales, les fibres nerveuses se résolvent en un 
bouquet d'arborisations terminales qui se mettent enir^ppod 



l'appareil nbbvbdx de l*olfaotion 



9 



avec les panaches proloplasmiques des grande» cellules pyra- 
midales de Técorce, véritables agents de perception des impres- 
sions olfactives. 

Telle est la disposition anatomique de Tappareil nerveux 
de Tolfaction. NouspouvonS) pour nous résumer, la schéma- 
tiser de la façon suivante : (Voir fig. V). 

Le neurone olfaclif i)ériphérique (cellule bipolaire) est à la 
surface même de la muqueuse nasale. 



6 




Fig. 5. — Schéma de Vappanil nerveux de Volfaction {d'après Vam Gbic«itiii). 

5. Nearones olfaelir* périphériques. 

■I. Prolonfrmnents eentraax de eet nenronei 

3. Gloaémles du bulbe oiraclif. 

3. Cellttleii mitrales (acaronea olfaclifi centraux). 

I. ProloDgementi eeatrauz île cei neurones. 

S. CeUulet pyramidales de récome eérébrale. 



Il émet un prolongement cylindraxile qui se rend dans Té- 
paîsseur da bulbe olfactif, s*y ramifie et se met en contact 
avec le prolongement périphérique également ramifié du neu- 
rone olfactif central (cellule mitrale) ; de ce dernier élément 
part un nouveau prolongement cylindraxile qui va vers les 
centres corticaux du cerveau (région temporale) et après s'être 
ramifié se met en rapport de contiguïté avec les prolonge- 
ments ramifiés des cellules de Técorce. 

Ces cellules perçoivent les impressions olfactives et com- 
mandent aux différents, actes réflexes qui résultent du genre 
dies impressions olfactives qu'elles ont reçues. 



10 p. E. LADNOIS 

Van Gehuchten a clairement résumé ces données dans les 
lignes suivantes : c C'est dans le bulbe olfactif qu'apparaît, 
avec toute la clarté et toute la neltelé désirable, le mode de 
superposition des éléments nerveux sensitifs et la façon dont 
ces éléments doivent agir Tun sur Tautre. 

Le neurone olfactif périphérique a sa cellule d*origine en 
dehors de Taxe cérébro-spinal ; son prolongement protoplasmi- 
que s*éloigne du centre, son prolongement cylindraxile s'y 
termine. Le neurone olfactif des centres a sa cellule d'origine 
dans Taxe cérébro-spinal, ses prolongements protoplasmiques 
sont descendants, son prolongement cylindraxile est ascen- 
dant. Le contact entre le neurone périphérique et le neurone 
central se fait dans les glomérules olfactifs ; là, le prolonge- 
ment cylindraxile du neurone périphérique rencontre les pro- 
longements protoplasmiques du neurone central. > 

Cette disposition est la même pour tous les autres éléments 
sensitifs, qu'ils pénètrent dans la moelle épinière ou dans une 
des parties supérieures de Taxe cérébro-spinal ; mais à cause 
de la complexité de structure des autres parties de l'axe ner- 
veux, cette disposition y paratt avec beaucoup moins d'évi- 
dence que dans l'appareil nerveux de l'olfaction. 

D'après les données histologiques modernes, on peut établir 
une certaine hiérarchie anatomique des organes des sens et 
reconnaître que celui de l'olfaction , au point de vue de la dis- 
position, occupe le second rang. Dans ce sens, en effet , le neu- 
rone sensitif périphérique est à la surface et le neurone sensitif 
central est dans un prolongement du cerveau (bulbe olfactif) 
sont rapprochés de la périphérie. Dans la rétine, qui oc- 
cupe le premier rang, le neurone sensitif périphérique et le 
neuronesensîlif central sont plus rapprochés encore et situés 
tous deux dans l'épaisseur même de la membrane. 

La rétine est donc un ganglion central, dont le nerf opti- 
que est le pédoncule. 

Telle est la voie de la conductibilité nerveuse de l'olfaction ; 
elle offre, comme toutes les autres voies de sensibilité, plusieurs 
étapes représentées par les zones d'articulation des prolonge- 
ments protoplasmiques des différents neurones sensitifs super- 
posés. Ces étapes sont de véritables commutateurs favorisant 



L* APPAREIL NBRVECX DB L*OLFA0TION 11 

OU iDlerceptant le courant nerveux, comme le font les oom- 
mutateurs placés sur un circuit électrique qui laissent passer 
ou arrêtent le courant. 

ÏJà disposition des neurones olfactifs périphériques et cen- 
traux est la même chez tous les vertébrés ; chez quelques-uns 
d*entre eux Tarrangement des éléments nerveux présente des 
caractères particuliers. 

• Chez les oiseaux chaque cellule mitrale possède jusqu'à vingt 
prolongements protoplasmiques, chacun d'eux se termine dans 
un glomérule olfactif différent, où il arrive en contact avec 
les ramifications de deux, trois ou quatre fibrilles olfactives. 
11 s*en suit que les impressions recueillies par une soixantaine 
de cellules bipolaires de la muqueuse sont transmises au centre 
olfactif par une seule cellule mitrale. 

Chez un grand nombre de vertébrés (chat, rat, souris, lapin) 
chaque cellule mitrale ne possède qu'un seul prolongement 
descendant dans un glomérule où aboutissent les prolonge- 
ments de Sou 10 cellules bipolaires. 

Chez le chien, dont Todorat est si développé, chaque cellule 
mitrale ne possède qu'un seul prolongement protoplasmique 
descendant, mais dans un même glomérule viennent se ramifier 
les prolongements descendants de cinq ou six cellules mitralcs. 
Il s'en suit que les impressions olfactives recueillies à la péri- 
phérie par une seule cellule bipolaire peuvent être transmises 
au cerveau par cinq ou six cellules mitrales. Van Gehuclen, 
auquel nous empruntons ces détails d'unatomie comparée, fait 
remarquer, avec juste raison, que ces dispositions anatomi- 
ques rendent compte, dans une certaine mesure, de la diiïé- 
rence d'acuité olfactive que l'on observe chez les diiTérents 
animaux. 

Les terminaisons des neurones olfactifs périphériques qui, 
situés au milieu des cellules épithéliales de soutien, font sail- 
lie à la surface de la muqueuse sont directement impression- 
nées par les particules odorantes. Celles-ci, ainsi que l'ont prouvé 
les ingénieuses expériences de Liégeois et de Tyndall,sont bien 
des particules matérielles, qu'elles proviennent de corps soli- 
des, liquides, volatils ou gazeux. Elles échappent toutefois à la 
balance et à nos moyens d'investigation. Emportées par Tari, 



12 P. B. LAUNOIS 

elles traversent d'avant en arrière les fosses nasales ; étant 
donnée leur finesse, elles doivent venir au contact direct des 
prolongements périphériques des neurones olfactifs. Il en est 
bien ainsi et les effluves odorantes excitent sans intermédiaire 
les prolongements protoplasmiques des cellules nerveuses pé- 
riphériques. De cette excitation naissent des sensations diverses 
qui sont transmises par la voie que nous avons indiquée jus- 
qu'au niveau des cellules de Técorce chargées de les analyser. 

Nous aurions encore à étudier les relations qui unissent le 
goût etTodorat au point de vue anatomique et physiologique, 
mais cette étude nous entraînerait trop loin. 

€ Le sens de Todorat, comme le font remarquer Colin et 
Hathias Duvai, est beaucoup plus délicat chez les animaux 
que chez Thomme ; il est pour eux un guide précieux et le 
point de départ d'un grand nombre de déterminations instin- 
ctives ou réfléchies. C'est ainsi qu'il se lie au sens du goût 
pour faire reconnattre les aliments qui conviennent à chaque 
espèce ; c'est ainsi encore qu'il devient l'agent d'une foule 
d'impressions relatives aux fontions de reproduction. > 



II 



LA DIPHTERIE DE L'ADULTE 
A L'HOPITAL LARIBOISIÈRE 

Par le D' A. «aUfiUBNHBlH, 

Médecin de l'hôpital Lariboisière. 

Au mois de mars dernier, j'ai présenté, à la Société médicale 
des hôpitaux, une étude sur le traitement de la diphtérie au 
pavillon d'isolement de l'hôpital Lariboisière, dans laquelle je 
crois avoir démontré, comme mes collègues des hôpitaux 
d'enfanU, la supériorité vraiment extraordinaire du sérum an- 
tidiphtéritique sur les anciennes méthodes de traitement. Ce 
n'est pas un sujet de ce genre que je compte traiter dans ce 
mémoire ; et ce n'est qu'incidemment que j'aborderai ce côté 
toujours si intéressant de la question. 

Ceux qui ont lu dans les Annales des maladies de V oreille 
et du larynXy n^ de mai 1895, le mémoire que j'avais pré- 
senté à la Société médicale des hôpitaux, se rappelleront pro- 
bablement que j'avais déjà attiré l'attention du public médical 
sur la fréquence plus grande qu'on ne le supposait de la di- 
phtérie chez l'adulte et que je me proposais de poursuivre mes 
observations à ce sujet. Cette partie importante de la question 
sera étudiée plus à fond par un de mes élèves, M. Roche, qui 
m'a exprimé le désir de faire sa thèse inaugurale sur ce sujet. 
C'est une série des observations recueillies jusqu'à ce jour qui 
me permet de communiquer les résultats obtenus, et de fournir 
la preuve que mes prévisions se sont réalisées. 

Voici le moyen dont je me suis servi pour entreprendre les 



'« 5FA- I* .TJVTf' 



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, ri 



^3 



14 A. OOUGUKNHëIM 

recherches que je projetais au moment où j'écrivis mon pre- 
mier mémoire. 

Je résolus de recevoir, au pavillon d'isolement, toutes les an- 
gines qui se présentaient à la Consultai ion des maladies de la 
gorge de Thôpilal Luriboisière, et c'est sur cet ensemble de 
malades recrutés an hasard, et sans parti-pris, que portèrent 
mes investigations. Ce mode de recrutement réussit tellement 
bien que le pavillon fut promptement rempli ; aussi faute de 
place, l'administration de l'Assistance Publique in(erdit-elle 
l'admission des malades hommes, ce qui expliquera comment 
dans les statistiques que je vais exposer, les femmes sont en 
majorité. 

Le nombre des malades, qui font l'objet de ce travail, a été 
de 90 sur lesquels nous comptons environ 60 femmes et & peu 
près 30 hommes. 

Si nous consultons les professions des malades, nous trou-> 
vons chez les hommes, un nombre à peu près égal d'ouvriers 
et d'employés de commerce, tandis que chez les femmes, il y 
avait 40 domestiques ; la contagion dans l'intérieur des fa* 
milles explique peut-être le motif pour lequel le nombre des 
domestiques est si grand parmi les femmes ; tandis que du 
côté des hommes, les chances de contagion sont plus diverses. 
Retenons ce fait. 

Chez nos 90 malades, nous voyons que le sérum a été em- 
ployé un peu plus de 60 fois. Dans une vingtaine d'autres cas, 
on n'a pas fait d'injections, et pourtant on a constaté chez la 
plupart d'entre eux la présence du bacille de LôfÛer, mais la 
guérison est survenue parfois si rapidement que nous n'avions 
plus aucune raison de pratiquer l'inoculation. Peut-être au- 
rions-nous montré plus de prudence en n'agissant pas ainsi, 
car, on sait que le mucus de la gorge des diphtéri tiques peut 
renfermer des bacilles, même lorsqu'on croit la guérison déQ- 
nitive (Sevestre, Soc, mèd. des hôpitaux). C'est une question 
à réserver, tout au moins au point de vue hygiénique et pro- 
phylactique. 

Le sérum a été employé à des doses très variables, jamais 
inférieures à iO centimètres cubes, mais pouvant s'élever dans 
certainscas jusqu'à 30 et 40 centimètres cubes en plusieurs 



LA DIPHTÉRIE DB l' ADULTE A LUOPITAL LARIBOISlÊRfi 15 

fois. Je n'aflirmerai pas que les petites doses ont suffi pour 
guérir nos malades, car une grande partie d'entre eux étaient 
atteints de diphtérie bénigne et la guérison eût pu être spon- 
tanée ; du reste beaucoup de nos malades n'entraient dans le 
service que sur nos instances, considérant leur mal comme in- 
signifiant et ne méritant pas uite hospitalisation ; c'est ainsi 
que nous voyons circuler partout un grand nombre d'individus 
soujfîrant de maladies éphémères de la gorge, considérées gé- 
néralement comme des affections peu importantes par les 
malades, et malheureusement quelquefois aussi par les mé- 
decins. 

Notre mortalité a été absolument infime ; je ne relève 
dans notre statistique que deux ou trois cas de diphtérie 
hypertoxique qui n'auraient pu guérir par aucun traite- 
ment. 

Les cas véritablement graves, sans être toxiques, se comp- 
tent aussi ; je veux parler ici de ceux où l'envahissement du 
larynx par les fausses membranes, pouvait légitimer des 
craintes d'envahissement rapide des voies respiratoires. Nous 
en avons observé quelques-uns dans lesquels la disparition 
des fausses membranes et le dégagement des malades ont été 
très prompts ; mais dans la suite, les troubles vocaux duraient 
fort longtemps et je les ai vus persister durant deux ou trois 
mois et même davantage. 

J'arrive maintenant à la partie vraimeiil intéressante de 
mon travail. Le diagnostic bactériologique que nous avons pu 
entreprendre, grâce aux instruments qui nous ont été libérale- 
ment fournis par le Conseil municipal de Paris, a été fait chez 
83 de nos malades ; 45 fois nous avons trouvé des diphtéries 
pures, 31 fois de la diphtérie associée à des streptocoques, et 
7 fois des streptocoques seulement. 

L'albuminurie existait chez près de 20 de nos malades, les 
autres n'en avaient pas, ce qui montre la bénignité des cas de 
diphtérie que nous avons observés, car on sait combien la 
présence de l'album inurie est fréquente chez les diphtéri- 
tiques. 

Sous quelle forme se présentaient les angines dans notre sta- 
tistique ? Dans 40 cas, nous avons eu affaire à de simples 



iô A. OOUGUBNHBIM 

amygdalites folliculaires ou lacunaires et même sous l'aspect 
d'angines rouges, une fois nous avons observé la coïncidence 
d'une amygdalite phlegmoneuse suppurée I 

Dans un cas nous avons rencontré Vamygdalite herpétique ; 
récemment, le Prof. Dieulafoy a donné lecture à la tri&une de 
l'Académie de Médecine de deux faits de ce genre. 

Chez tous les malades, les amygdales étaient très tuméfiées, 
et parfois à un tel point que l'on aurait pu croire que l'affection 
se terminerait par la suppuration. 

Les cas où la diphtérie se présentait avec son cortège habi- 
tuel de signes presque toujours impossibles à méconnaître tels 
que fausses membranes sur les amygdales, sur les piliers du 
voile du palais, sur la luette et la paroi postérieure du pharynx 
ont été au nombre de 37. 

Les cas où il n'existait pas de bacilles caractérisques 
n'étaient constitués que par des amygdalites aiguës rouges ou 
folliculaires. 

La durée du séjour de nos malades a été très variable, mais 
le plus souvent fort courte. Je vois d'après le tableau que j'ai 
sous les yeux, que la plupart du temps, la durée moyenne du 
séjour a été d'environ une semaine ; c'est seulement dans les 
cas exceptionnellement graves que nous voyons noté 30, 40 et 
même 50 jours. 

De cette étude, basée sur des faits observés avec grand soin 
par nos élèves, tant au point de vue clinique que bactériolo- 
gique, nous nous croyons autorisés à déduire les conclusions 
suivantes. 

4^ La diphtérie constitue une classe beaucoup plus impor- 
tante et commune d'angines de Tadulte qu'on ne l'avait cru 
jusqu'alors. 

2* C'est sous la forme d'angine couenneuse ordinaire éten- 
due à de plus ou moins grandes surfaces de la gorge qu'elle 
peut se présenter, sans que cet aspect soit le plus fréquent. 

3** C'est surtout l'aspect d'amygdalites folliculaires ou lacu- 
naires aîgutîs que revêtent un très grand nombre de cas d'an- 
gines diphtéri tiques. 

4* Ces dernières formes sont habituellement très bénignes el 
guérissent preque toujours spontanément. 



• - » 



LA DIPHTÊRIB DB L'aDULTB A L*HOPITAL LARIBOISIÊRB 17 

5® Les amygdaliles herpétiques peuvent parfois être une des 
formes de l'angine diphiéri tique. 

G° L*angine diphtéritique bénigne peut quelquefois se com* 
pliquer de suppuration. 

V L*adénopathîe est fréquente, mais elle nVxiste pas dans 
tous les cas. 

8* L'examen bactériologique s'impose dans tous les cas 
d'angine aiguë, sous peine d'erreur de diagnostic. 

9^ D'après tout ce que je viens de dire, il me semblerait 
nécessaire de fonder dans tous les hôpitaux un service spécial 
iangines qui serait de la haute utilité et pourrait empêcher la 
formation des épidémies, petites ou grandes.* 



AMIIALSS DIS MALADIES DB l'ORBILLB BT DU LARYNX. — XXI. 8 



III 



LES STAPHYLOCOQUES PYOGÈNES 

DANS LES OTITES MOYENNES AIGUËS ET CHRONIQUES 

ET EN PARTICULIER DE LEUR MODE 

DE TRAITEMENT 

CONSIDERATIONS BACTERIOLOGIQUES ET CLINIQUES 

Par lei D» O. PBS et G. «RADENIHO (de Turin). 

Dans un précédent mémoire Q) sur le traitement rationnel 
de Totite moyenne aiguë, nous avons examiné les observations 
cliniques et bactériologiques des auteurs qui nous précé- 
dèrent, et, au point de vue bactériologique, à l*aide des résul- 
tats d'au trui et de notre expérience personnelle, nous avons 
cherché à résumer les lois générales d'après lesquelles peut se 
produire une inflammation de Torei Ile moyenne. 

Maintenant, à la suite d'un récent travail de Lermoyez et 
Helme (^) sur les rapports entre les staphylocoques et Totor- 
rhée, dans lequel il nous semble qu'il a été tenu peu de 
compte de plusieurs faits concernant la palhogénie de l'affec- 
tion, et qu'il a été fourni de quelques autres une interpréta- 
tion non entièrement conforme aux données de la pathologie 
expérimentale, nous reviendrons sur un argument qui nous 
semble avoir une certaine importance. 



(^) G. Gradenioo et 0. Pes. — Sulla cura razionale delTotite média 
acuta. Studio clinico e batteriologico. (Gicrn. délia R. Accad. dimed, 
di Torino. Vol. XLII, fasc 6, 7, 8, et Arehiv fUr Ohrenheilk, 
Bd. XXXVIII, 1 et 2. p. 43). 

(*) M. Lermoyez et F. Hblmb. — Les staphylocoques et l'otorrhée. 
Btiologie. Prophylaxie {Annales des maladies de roreille, n^ i, jan- 
Tier 1895). 



TRAITBMBNT DBS OTITBS MOYBNNBS AI0UB8 49 

Noire iDtention n'est pas de résumer longuement l'article 
de Lermoyez et Helme, nous nous bornerons à entamer sur 
les points les plus importants une discussion, basée, do notre 
part, sur les observations connues jusqu^ici. 

Lies auteurs, dans une bibliogniphie où ne figuront pas cor* 
taines distinctions qui, à notre avis eussent éié nécc^^saires, et 
d'après quelques recberches dont nous nous occuperons plus 
loin, arrivent à ces conclusions : € que les slaphyloco^iues se 
montrent rarement au début de Tolite moyenne et presque tou- 
jours associés ; qu'au bout d'un temps variable une infection 
secondaire se greffe souvent sur l'infection primitive et finit par 
t!y substituer ; que cette infection secondaire est le fait des sta- 
phylocoques, et du staphylocoque blanc en particulier ; car on 
rencontre les staphylocoques 92 fois sur 100 dans le pus des 
vieilles otorrhées et presque toujours isolés; celte infection 
détermine le passage de Totite moyenne purulente à l'état 
ehronique, et l'apport incessamment renouvelé des staphylo- 
coques entretient celte chronicité : que les staphylocoques 
pourraient arriver des fosses nasales par la trompe d'Eustache, 
mais il y a lieu d'admettre qu'ils viennent en général du con- 
duit auditif et pénètrent dans la caisse à la faveur de la perfo- 
ration du tympan ; qu'ils peuvent préexister dans le conduit ; 
on les rencontre en effet dans la sécrétion cérumineuse ; mais 
qu'ils y sont surtout apportés par les objets de pansement non 
aseptisés, en particulier par l'ouate tant employée dans la thé- 
rapeutique auriculaire. 






Arrêtons-nous pour examiner ces conclusions. 

Châtellier (') dans un cas d'otite moyenne aiguë, après 
Texamen du liquide renfermé dans la caisse aussitôt après la 
paracentèse de la membrane tympanique, a trouvé unique- 
ment le staphylocoque pyogène aureus et le pyogène albus. 

0) H. CflATBLLiBA. — Otite moyenne aiguë avec exsudai; paracen- 
tèse, examen microscopique {Bull, de la soc, anat. de Pari», 5« série, 
novembre 18S8}. 



33 O. PfiS BTT e. GRAOBRIGO 

giques que peut subir un microofganisine et des rapports 
d'babitaty qui s'établissent enlre celuî-cî et ^organisme 
récepteur, très variés dans chacun des cas en raison d'une 
foule de conditions auxquelles il est soumis. 






Dans la longue série de cas dans lesquels les premiers exa- 
mens furent pratiqués dans un espace de temps variable après 
la perforation spontanée de la membrane du tympan, les sta- 
phylocoques furent rencontrés très fréquemment. Lermoyez 
et Helme ne croient pas devoir expliquer ce fait par les 
moyens les plus communs et les plus rationnels, mais ils 
l'attribuent à des infections secondaires, sans que cela soit dé- 
montré par aucune recherche positive. 

Du reste, après avoir constaté, dans les cas examinés pour 
la première fois après la perforation de la membrane tympa- 
nique, la présence des staphylocoques soit isolés, soit associés à 
d*autres microorganismes, peut-on afGrmer qu'ils n'existaient 
pas lorsque la membrane tympanique était intacte ? Ce fait 
peut-il empêcher les staphylocoques de produire primitive- 
ment une otite moyenne aiguë en remontant par la trompe? 
Pour nous, il est inadmissible que ,dans tous ces cas, la pré- 
sence des staphylocoques soit due à des infections secondaires 
par le conduit auditif externe, ainsi que le veulent les auteurs. 
Mais comme ils parlent avec tant d'insistance des infections 
secondaires dues aux staphylocoques, et surtout à l'albus, 
voyons dans quels cas et combien de fois celles-ci ont été con- 
trôlées bactériologiquement dans la littérature» 

Netter (^) a observé dans 4 cas d'otite moyenne aiguë Fin- 
tervention tardive du staphylocous pyogène aureus. 

ZaufaI ('), dans un cas, trouva, au bout de 8 semaines, le 
staphylococcus pyogène aureus à la place du pneumocoque. 

(}) Netter. — Recherches bactériologiques sur les otites mo)'ennes 
aigués {AnnaUs des maladies de Voreille, etc. no 10, 1888). 
(*; Zaufai.. — Prager mfid. Wochenxehr., 1889. 



TBAITSMSNT DES OTITES MOYENNES AJGUES S3 

BordoDÎ et Gradenigo (^) virent daos un autre cas, 10 jours 
après le premier examen » le stapbylococcus pyogène aureus et 
Talbus se substituer au diploeoque de FrAnkel, 

Gradenigo et Pes dans un autre cas, 14 jours après la 
paracentèse et à la suite d'un dratoage antiseptique, s'aper« 
curent que le staphylocoque pyogène albus avait remplacé le 
diploeoque de Fr&nkeL 

D'après ces observations, très rares en vérité, il résulte que 
les staphylocoques» de même qu'ils peuvent provoquer primiti- 
vement uoe otite moyenne aiguë, peuvent également, au bout 
d*un certain temps, intervenir secondait ement dans le foyer 
inflammatoire et trouver les conditions nécessaires pour éta- 
blir des symbioses avec les microorganismes préexistants et 
se substituer à eux sans pour cela causer toujours de la chro- 
nicité. Mais on ne peut tirer de faits aussi rares des conclu- 
sions absolues. Toutefois, nous ferons remarquer que dans 
l'observation ci*dessus, on a employé seulement, l'occlusion 
aseptique par un drainage de gaze iodoformée, qui nous 
fournit des cultures complètement stériles; aussi pouvons- 
nous affirmer que l'infection secondaire par le staphyloco<iue 
pyogène albus ne provint pas du conduit auditif externe, mais 
du nez, par la trompe. 

Pourtant nous sommes convaincus que les infections secon- 
daires sont plus fréquentes que ne le ferait croire la liste des 
observations rapportées plus haut, mais nous sommes bien 
loin de croire qu'elles proviennent en général du conduit 
auditif. Il existe certainement des cas où cela peut survenir 
accidentellement ; c'est à cette catégorie qu'appartiennent les 
traumatismes, et tous ceux dans lesquels des agents médi- 
camenteux et des instruments non stérilisés pénétrant direc- 
tement dans la caisse y introduisent des germes pathogènes. 
Quoique ceci soit a />rtor» plus qu'admissible et que de nom- 
breuses observations l'attestent, les recherches bactériolo- 
giques le démontrant n'ont pas encore été fuites jusqu'ici. Les 
auteurs insistent pour attribuer au staphylocoque albus la 



(*) G. BordoniUffreduzzi et G. Giadexioo. — SulTetiologia deîl 
otite média (Arûhivio pn^ le Se. med., n» 12. Vol. XIV). 



24 0. PES BT G. GRADBNIGO 

grande majorilé des otorrhées chroniques, peut-être parce que 
ce microorganisme se montre très volontiers dans les suppu- 
rations lentes à faible réaction inflammatoire. Mais si cela est 
une note caractéristique des staphylocoques et des pyogènes 
en général quand ils ne sont pas très virulents, on ne doit pas 
attribuer tout aux seuls staphylocoques. Dans les otorrhées 
chroniques, Zaufal Ç) a rencontré dans un cas un bacille 
pathogène pour les souris et les lapins, ne résistant pas à la 
méthode Gram ; Levy et Schrader (*) dans deux autres cas, 
dont un datant de plus de trente ans, ont vu le bacille sapro- 
gène II de Rosenbach ; Bordoni et Gradenigo ont observé 
dans un cas le proteus vulgaris de Hauser, et dans deux 
autres cas le proteus uni aux staphylocoques ; Gradenigo et 
Pes (^) ont vu le bacille pyocyanique dans un cas avec ten- 
dance marquée à la chronicité. Savons-nous, dans tous ces cas, 
en combien de temps avant d'être examinés, ces associations, 
ces nouvelles invasions se sont produites, quelle voie elles ont 
suivie, quelles lutles et quelles survivances se sont passées? 

D*autre part, Tobservalion clinique journalière prouve que 
la cause de la chronicité des otorrhées doit être recherchée 
dans la majeure partie des cas moins dans le microorganisme 
infectant que dans les conditions générales et locales de 
rindividu affecté, et qu'elle est en rapport avec des causes 
variées et complexes. 

Tous les auteurs s'accordent à attribuer une grande impor- 
tance au cours des otites à l'état général du malade ; les ma- 
ladies infectieuses aiguës (typhus, scarlatine, rougeole, diph- 
thérîe, etc.) ou chroniques (syphilis, tuberculose), les dyscra« 
sies, le diabète, le marasme et même la sénilité impriment à 
l'otite aiguë une marche prolongée et grave. On sait que chez 
les tuberculeux, l'otite moyenne purulente peut présenter, dès 
sa première apparition, des caractères manifestes de chroni- 
cité. 

Tout clinicien peut affirmer que l'on rencontre des cas 



m Zaufal. — Prager wed. Woohenschr., n© 36, 1887. 
(*j Loc. cit. 
(*) Loc. cit. 



TRAITBMBNT DBI OTITBS MOTBNNBS AfeUBS SS 

d otite aiguè qui guérissent parfaitement et dans an laps de 
temps relativement court sans aueun traitement, et même 
malgré une thérapeutique initiale employée par le malade 
lui-même ou sa famille ; et d*aulres cas dans lesquels une 
otite aiguë, malgré que dès le début elle ait été traitée énergi- 
quement par les moyens locaux (paracentèses répétées, médi- 
cations, sangsues, e!c.) et généraux (repos au lit, dièle appro- 
priée, toniques, etc.), se prolonge et se complique de lésions 
mastoïdiennes ou cérébi^les. Et tout ceci indépendamment de 
Tespèce de microorganismes pathogènes, cause de l'affection. 

Après avoir établi l'importance de Tétat général du malade 
sur la marche de Totite» les otologistes sont moins d'accord 
quand ils cherchent à préciser les particularilés locales qui, 
chez un individu sain et bien constitué , causent la durée ou la 
chronicité des otites. 

Politzer énum^re les causes suivantes : 

1® Formation de granulations de la muqueuse de la caisse 
et de la membrane tympan ique ; 

2* Rétention de la sécrétion provoquée par une perforation 
du tympan trop petite ou située dans un endroit défavorable 
pour le drainage de la caisse ; 

3^ Complications mastoïdiennes ; 

4® Affections inflammations secondaires du conduit auditif 
externe ; 

5*^ Affections nasales chroniques. 

Urbantschilsch et Ferreri accordent de Timporlance comme 
cause de chronicité à TinsufCsance de propreté de l'oreille et à 
d'autres soins insuffisants. 

Walb et après luiCorradi, mentionnant aussi les complica- 
tions mastoïdiennes, insistent plus spécialement sur le traite- 
ment mal appliqué (douche d'air donnée trop t6t, médica- 
ments irritants, etc.) sur la petite dimension de la perforation 
et sur la formation de granulations sur les bords de la perfo- 
ration. 

Plusieurs des différentes causes énumérées ici ont le même 
mode d'action : rinsufûsance ou la position défavorable 
de la perforation, Téclosion de granulations sur les bords de 
la perforation, granulations qui contribuent à la rapetisser, ou 



'20 O. PBS ET G. ORADENIGO 

•même à Tobslruer complètement, les affections inflammatoires 
>du conduit (furonculose), et le manque de propreté sont des 
facteurs qui agissent tous de la même manière ; ils favorisent 
la rétention du pus. 

Les affections inflammatoires des parois du conduit auditif 
externe et des cavités nasales peuvent influer sur la marche 
de l'otite aiguë, en fournissant à l'oreille moyenne, à travers la 
perforation tympanîque et à travers la trompe, des germes 
infectieux sans cesse renouvelés; d'autre part, l'existence 
d'afiections nasales et pharyngées chroniques s'allie à son tour 
avec les dyscrasies générales. De sorte qu'en considérant atten- 
tivement les faits, on verra que toutes les diverses causes 
locales de chronicité énoncées par les auteurs peuvent être 
réduites à trois principales : rétention de la sécrétion, affec- 
tions inflammatoires des parties voisines (conduit auditif 
externe et rhino-pharynx), et complications mastoïdiennes. 

Bezold, d'abord dans le Traité de Schwartze, et récemment 
dans une publication spéciale (^) est nettement opposé à la 
rétention du pus comme cause de chronicité, et il cherche au 
contraire à établir, d'après ses expériences anatomo-patholo- 
giques et cliniques, une théorie personnelle. Contrairement à 
l'opinion dominante que la formation de granulations sur la 
muqueuse de la caisse et autour des bords de la perforation 
peut causer la chronicité, il regarde cette formation comme 
caractéristique des formes primitives d'otite et la considère 
comme un phénomène utile qui favorise la guérison. Il fait 
remarquer à ce propos que nous voyons journellement la 
brèche osseuse de la mastoîde consécutive aux interventions 
opératoires, guérir par la formation de granulations ; que, 
d'autre part, dans les otites aigués liées à la tuberculose ou à 
d'autres maladies infectieuses, en général les granulations de 
la muqueuse de la caisse et de la membrane du tympan sont 
ou rares ou absentes. Et c'est justement dans ces dernières 
conditions que l'otite se prolonge. 

Suivant Bezold, la rétention du pus n'est pas cause non 
plus de la suppuration prolongée, il a observé, et nous pou- 

('; Beramann, <*diteiu', Wicsbadtn, 18î?5. 



TKArnElUEIlT DBS OTIRS MOTSNNBS AIGUB8 ff 

vona pour aotie pari confirmer pteinemeût ats obienratiaM» 
que dana les otites primitives» la perf<»aiion est loujoars 
petite» située daos ud endroit défavorable, c*est-è-dire, ordioai- 
rement, sur le sèment postéro-supérieur de la onembraoe, et 
qu aa contraire, dans les otites infectieuses ou dyscrasiques, la 
perfiwation est souvent très large. En raison de ces faits, B. est 
amené à conclure que ce n*est pas la rétention du pus par elle- 
mème, mais les complications mastoïdiennes qui entretiennent 
la suppuration. 

Puisque raoatomiepatbologîque démontre» et que Tobserva- 
iion clinique permet d'autre part de supposer que, dans la 
majorité, peut-être dans tous les cas d'otite aiguë, les cavités 
mastoïdiennes participent au processus infectieux, Bezold se 
demande quelle est la raison pour laquelle, dans la plus grande 
partie des cas, le pus qui occupe les cavités masloïdiennes est 
résorbé et pour quoi l'on obtient ainsi une guérison spontanée 
et complète ; pourquoi enfin est-ce seulement dans un petit 
nombre de cas que rempyème doit être évacué à l'extérieur 
par une opération ? C'est aussi pour cette raison que B. fait 
remarquer que l'on ne peut expliquer ces quelques cas par la 
rétention du pus, parce que les dispositions anatomiques des 
débouchés des cellules mastoïdiennes dans l'antre et dans la 
caisse sont des plus défavorables pour le drainage du pus ; il 
croit, au contraire, que la cause de la non résorption du pus 
accumulé dans les cavités mastoïdien nés» et par conséquent de 
la prolongation de l'affection, doit être attribuée à l'existence 
de cellules particulièrement larges dans l'apophyse masloïde ; 
c'est-à-dire qu'une disposition analomique préexistante expli- 
que la persistance de la suppuration au delà du temps que 
met ordinairement l'otite moyenne aiguë à guérir. 

Bien que les idées de Bezold reposent sur des faits certaine- 
ment exacts et que tout clinicien a souvent occasion d'ob- 
server, nous ne croyons pas qu'elles puissent appuyer Tinter- 
prétation qu'il en donne. Il est vrai que nous rencontrons 
souvent des cas d'otite aiguë à marche particulièrement favo- 
rable, même avec de très petites perforations ty m paniques, 
mal situées, mais c'est justement malgré la rétention du pus 
que ces cas guérissent. Si nous adoptions le raisonnement de 



^S8 0. P1S8 ET 6. GRA1>K^aG0 

-Bezold nous conclurions aussi que puisque de nombreux cas 
d'otite purulente guérissent sans traitement et même en dépit 
de soins irrationnels, nous devrions nous abstenir de toute 
thérapeutique! Au contraire, la rétention du pus peut à elle 
seule causer la durée de lotite ainsi que nous le démontre 
clairement une série de cas dans lesquels l'otite purulente, qui 
remontait à plusieurs semaines et ne cédait à aucun mode de 
traitement, et même s'accompagnait parfois de mastoïdite 
commençante, guérissait en un temps extrêmement court par 
une perforation artificielle tympanique, ou par une opération 
permettant de dratner facilement le pus à travers le conduit. 
Bezold, à notre avis, va aussi trop loin quand, parlant de la 
formation des granulations, il affirme que celle-ci est toujours 
un phénomène en rapport avec le processus de guérison na- 
turel ; cela est vrai tant qu'elles restent dans des proportioqs 
déterminées, mais non lorsque les végétations deviennent 
exubérantes. Bezold lui-môme est obligé de les enlever quel- 
quefois à plusieurs reprises quand elles se forment sur les 
bords de la perforation. On agit de même avec les granulations 
exubérantes des plaies mastoïdiennes et de n'importe quelle 
autre perte de substance qui guérit par seconde intention. Il 
est vrai que l'absence de réaction locale et le peu ou le manque 
de développement des granulations proviennent d^infeclions 
particulièrement graves de l'oreille moyenne, mais il ne faut 
pas oublier que nous sommes alors en présence de processus 
inflammatoires à type nécrosique, où le microorganisme pa- 
thogène joue le rôle le plus important. Pour nous, en nous 
basant sur notre propre expérience clinique, nous pouvons 
confirmer que dans le plus grand nombre de mastoïdites pro- 
venant d'otites aiguës qui ont nécessité Tintervention opé- 
ratoire, on trouve des cavités d'une dimension exagérée, en 
grande partie préformées ; mais nous croyons qu'on commet 
une erreur en voulant établir cette disposition anatomique 
comme une règle. L'existence des suppurations des cavités 
annexes (attique, antre mastoïdien) est aussi une cause fré- 
quente de la prolongation de l'otite moyenne aiguë ; dans 
les mastoïdites aiguës opérées, d'habitude la suppuration de 
la caisse cesf^e peu de jours après l'intervention sur la mastoYde, 



TRAITBMBNT 0B8 OTITBS MOYBNNBS AIOUBS 39 

ei c*Gst une chose merveilleuse de voir avec quelle rapidité 
disparaissent des granulations étendues de la membrane du 
tympan qui avaieol résisté à tout traitement chirurgical direct. 

Enfin, une cause importante de la chronicité de l'otite 
moyenne aiguë» et des récidives faciles, est la persistance des 
lésions hypertrophiques et inflammatoires du rhino-pharynx ; 
que de fois des otites purulentes, non seulement suraiguës 
mais chroniques, guérissent définitivement après rablation 
de végétations adénoïdes, d'amygdales hypertrophiées, etc. 

D*après nos propres observations et Texamen des opinions 
de divers auteurs, nous croyons pouvoir conclure que les 
causes locales de la tendance à la chronicité des otites souvent 
plus que dans la dispersion des' microorganismes pathogènes 
qui l'entretiennent, sont dues aux trois groupes principaux 
de facteurs qui suivent : 

I* Rétention du pus (insuffisance de la perforation, manque 
de propreté, traitement mal approprié, formation de granu-- 
latîoDS sur les bords de la perforation, otite externe avec 
rétrécissement ou occlusion du conduit, etc.). 

2® Complications mastoïdiennes (favorisées par le dëve- 
loppement exagéré préexistant anatomiquement des cavités 
contenues dans l'apophyse mastoïde). 

3^ Existence de lésions inflammatoires, chroniques» du 
rhino-pharynx et du conduit auditif externe. 

A notre avis, il n'est donc pas juste de considérer avec 
Lermoyez et Helme que la chronicité des otites aiguës soit 
toujours due à la présence du staphylocoque, et même dans 
une acception plus large à la présence d'espèces déterminées 
de microorganismes ; même parmi les diverses causes, c'est 
cette dernière qui aurait pour elle le moins de probabilités. 
Dans l'unique cas de méningite mortelle qui figure dans la 
statistique annexée à ce mémoire, sur un total de 96 cas, 
l'inCection était due au seul diplostreptocoque, que Zaufal et 
d'autres considèrent d'ordinaire comme le microorganisme le; 
plus bénin. 

Mais l'argument le plus important contre la signification 
pathogénique des staphylocoques et surtout contre le mode 
d'infection artificiel du conduit auditif externe est fourni par 



/ ' 



SfO 0. PBS BT G. GRADBNIOO 

Texistence assez fréquente d'otites moyennes purulentes, au 
cours desquelles jamais ne se produisit de perforation de la 
membrane tympanîque, et cela malgré qu'elles présenlent des 
symptômes manifestes de chronicité et de gravité, puisqu'elles 
sont souvent accompagnées de mastotdites ou de complica* 
tions inlra-cràniennes. Ceci est un avertissement sévère des 
dangers de l'absence de drainage du pus à travers le conduit 
auditif externe. 






Larmoyez et Helme, convaincus que la cause de la chro- 
meitô de TotcMrrhée est due le plus souvent à l'apport inoessam* 
ment renouvelé du staphylocoque aibus, et que celui-ci peut 
sa. rencontrer normalement avec d'autres microorganismes 
dans le conduit auditif et surtout dans les masses cérumi- 
nauses, concluent qu'en général le staphylocoque albus arrive 
dans la caisse secondairement, tertiairement, etc., à travers la 
perforation de la membrane du tympan. 

Mais il aurait fallu expliquer l'apport incessamment renou- 
velé qui les a fait songer à instituer des recherches baclério* 
logiques sur la ouate montée sur le porte-ouale pour le 
nettoyage ordinaire du conduit. 

En tout cas, il reste établi pour nous qu*il sort du pus de 
la perforation de la membrane tympanique, et avec ce pua 
les microorganismes de la caisse qui se versent dans le con- 
duit, s'ajoutant ainsi à ceux qui s'y trouvaient déjà par 
hasard ; que l'ouate sert uniquement au nettoyage du conduit» 
et que non seulement elle ne pénètre pas dans la caisse, mais 
que souvent elle n'arrive pas jusqu'à la membrane du tympan. 

Les auteurs ont donc ensemencé des tubes d'agar avec de 
l'ouate hydrophile stérilisée, roulée d'abord avec les mains et 
adaptée au porte-ouate par divers internes des hôpitaux. Ainsi, 
dans sept expériences, ils ont obtenu des cultures positives ou 
dominait le staphylocoque albus pyogènes seul ou associé 
à d'autres espèces moins importantes. On remarque que dans 
un seul cas les auteurs n'ont pas obtenu de résultat positil,* 



TRAITBHBNT DBS OTITBS MOYBNNBS AIGUBA Sf 

lorsque le tampon d'ouate avait été roulé et fixé au porte- 
ouate par un interne d'un service chirurgical qui avait eu 
les mains en contact avec leau phéniquée pendant toute la 
matinée. Les résultats obtenus signifient que l'ouate stérilisée 
avait été fixée sur le porte-ouate par des mains infectées 
bactériologiquement parlant, parce que c'est seulement lors- 
qu'elles étaient parfaitement aseptisées par une désinfection 
soigneuse, ce qu'il est strictement nécessaire de pratiquer 
dans un service de chirurgie quelconque, que l'ensemence» 
ment de l'ouate ne donna lieu à aucun développement de 
microorganismes. 

Mais ces résultats signifient que le staphylocoque albus 
(rencontré par eux dans l'ouate roulée par ces mains) qui 
souvent est l'unique microorganisme trouvé dans le pus de 
l'otorrhée, peut être mis en évidence dans l'ouate que l'onr 
emploie pour le traitement ordinaire de l'oreille. Et aprè» 
avoir trouvé ce rapport entre les staphylocoques de la cavité 
tympanique et ceux de l'ouate, ils concluent que le médecin,, 
à son insu, maintient indéfiniment le foyer infectieux de la 
caisse par des ensemencements quolidients du conduit. 

Afin d'éliminer absolument tout soupçon à imputer à la 
seule ouate, les auteurs auraient dû faire aseptiquement de^ 
ensemencements dans les milieux nutritifs ordinaires de 
l'ouate employée par eux ssliis aucune manipulation. Mais 
cela est-il bien nécessaire quand il s'agit d'ouate stérilisée? 
Il est impossible en ce cas de concevoir des soupçons sur la 
nature infectieuse de la contagion. Donc l'ouate n'est pas la 
cause de la souillure du conduit, déjà sali du reste par le 
pus qui sort de la perforation de la membrane du tympan^ 
mais les mains du chirurgien en sont responsables. 

Maintenant les auteurs, dans leurs expériences, ont réussi à 
mettre extraordinairement en évidence le fait qu'il existe 
encore, même dans les services hospitaliers, des médecins et 
des chirurgiens qui, ou n'ont pas la conception d'une anti-« 
sepste personnelle rigoureuse dans la médication, ou, s'ils la 
possèdent, n'ont pas conscience de leur responsabilité devant 
la science et devant le malade qu'ils doivent entourer de toutes 
les garanties possibles» même en intervenant dans des foyers 



32 O. PBS ET O. ORADBNIOO 

déjà iafectés. Il devrait être inutile aujourd'hui de répéter que 
la rigoureuse antisepsie personnelle doit se pratiquer non seu- 
lement quand les mains du chirurgien explorent les cavités 
plus difliciles et dangereuses, mais aussi dans le traitement 
des plus légères et superficielles solutions de continuité. Et 
ceci, qui pourrait sembler exagéré à beaucoup de monde, est 
imposé par les nombreuses surprises douloureuses que nous 
réserve la table d'autopsie où Tanatomo-palhologiste a souvent 
la pénible mission de révéler les fautes des chirurgiens, 

Il ne faut pas non plus s*excuser en invoquant la difficulté 
que peut présenter une nombreuse consultation, parce qu'il 
est inadmissible que le nombre des malades soit une excuse 
pour une antisepsie personnelle peu scrupuleuse. 

Nous sommes convaincus que tous les otologistes soigne* 
ront leurs malades avec des mains et des instruments qu'ils 
seront absolument certains de savoir complètement asepsies. 
Et nous voulons ici parler surtout des otologistes éminents 
parmi lesquels nous voulons compter Lermoyez et Helme qui 
ont fait des recherches bactériologiques sur l'affection si 
commune et souvent si grave qui a nom l'otorrhée. 

Mais les auteurs veulent généraliser un peu trop et pour 
avoir constaté que les internes de Thâpital de la Charité et 
ceux de leur clinique privée par hasard n'avaient pas les mains 
désinfectées, ils ont pensé que la même chose devait arriver 
partout et toujours, et ils en sont venus à conclure que la 
chronicité de Totorrhé due aux staphylocoques, et surtout au 
pyogène albus, est produite par des ensemencements quoti- 
diens du conduit par les microorganismes eux-mêmes et est 
l'œuvre du chirurgien, à son insu. 

Martha (') avait aussi entrepris des recherches bactériolo- 
giques avec des otoscopes ou simplement séchés, ou trempés 
dans des solutions antiseptiques et séchés ensuite, ou, sans 
aucun nettoyage, passés uniquement à la flamme. Excepté 
dans ce dernier cas, où sur quatre, une seule fois on obtint 
une culture de prodigiosus, dans tous les autres cas on eut des 



(<) Martha. — Des microbes de l'oreille. Bactériologie. Thérapeutique 
(G. Steinheil, éditeur, Paris, 1892.) 




T&AITBMBirr DBS OTITIS MOYBNNBS AIOUBS ^3 

cultures de streptocoques, de staphylocoques, de tMcilles pyocya* 
niques, etc. C'était à pré/oir. U. fit d'au Ires exp'^riences Imc- 
tériul igiques avec de l'ouati noi stérilisée préilableuient,. que 
les m.ilados eux-màmes apiiorkiient pour se l'introduire dans 
roruiliâ : contrairement à Lcriiioyez et Uelino, d«ins tous les 
c:is il trouva seulement diverses sortes de saprogènes. Quelle 
ditTérence ealre les mains des malades ordinaires et celles de 
certains internes des hôpitaux ! 

Nous avons voulu aussi faire des essais bactériologiques 
avec l'ouate que Ton emploie quelquefois en petits tampons 
pour nettoyer le conduit, et nous avons désiré nous mettre 
dans les conditions les plus communes à la consultation de la 
clinique oto-rhinoiogique de l'hôpital Sainl-Joan à Turin. 

L'ouate hydrophyle ordinaire, dans une botte de métal, fut 
stérilisée à sec à 120^ |)endant une demi-heure et à plusieurs 
reprises. On procéda à la manipulation du coton, sans aucune 
préciulio:i spéciile, mais comme on le fait tjus les jours, en 
lais<»ant la bolie découveiie et exposée à Tair pendant le traite* 
ment. A mesure que l'on avait besoin de tampons d'ouate 
pour le nettoyage, on les manipulait avec les mains désinfec- 
tées comme à l'ordinaire et, au lieu de s'en servir pour le net- 
toyage, on les immergeait dans des éprouvetles de bouillon 
nutritif. Celles-ci étaient maintenues à 3 Vo ^t> ^^ ^"^ d'une à 
deux heures, on procédait & Tensemencement sur agar et géla- 
tine pour les cultures isolantes dans des capsules Pétri. 

Le^ expériences furent faitss en deux séries, et à divers 
jours. Eu voici les résultais (*). 



SlilRIfi I 



Expérience n* 1 ... Micrococcus aerogenes. 

— — 2 ... Biicillus albus et une levure. 
-« — 3 ... Micrococcus candicans. 

— — 4 ... Une moisissure. 



(t) Ld8 recherches filreot faites dsns le laboratoire de la Cliniqoe 
royale d'oculistique dirij^ée par le Prof. Reymond auquel nous of- 
frons nos plus fifs remerclments. 

ANNAI.BS DIS MALADICS DE l'oRRILLB ET DU LARYNX. — ZXI. 3 



34 0, PE8 ET a. GRADBNIGO 







6£R1E 11 


Expérience 


nM 


• • • 


Bacille polymorphe. 


— 


2 




id. id. 


— 


— 3 




Il ne se développa rien. 


— 


— 4 




Une moisissure. 




— 5 




Micrococcus candicans. 




~6 




id. id. 



Comme on le voit on n'obtint que le développement de sapro- 
phytes que nous croyons dus simplement à ce que nous avons 
laissé le coton exposé à Fair ambiant dans un endroit où il y a 
un va et vient continuel de malades et de personnel sanitaire. 
Toutefois, nous ferons remarquer que dans le service ordinaire 
on procède avec plus de soin, et qu'on a de plus grands égards 
pour le coton, mais nous avons voulu nous mettre pour ainsi 
dire dans les pires conditions, tout en usant de l'antisepsie />er- 
sonnelle qui nous est habituelle. 



Pendant le dernier hiver nous avons fait usage, pour le trai* 
tement des otites moyennes purulentes aiguës, presque exclu- 
sivement de la méthode que nous avons récemment propo- 
sée (') ; mais il ne sera pas inopportun d'exposer ici en résumé 
les principaux résultats obtenus, en les faisant précéder de 
l'indicafion de quelques modifications d'une importance se- 
condaire, mais que la pratique nous a suggéré d'y introduire. 

D'abord nous avons reconnu que, dans certains cas, à la pé- 
riode d'acmé de la maladie, la quantité de sécrétion de l'oreille 
moyenne dans les 24 heures peut être si abondante qu'il en 

(*) Lfi méthode que nous avons décrite ailleurs en détail, consiste 
essentiellement en la suppression des lavages répétés, des douches 
d'air, des agents antiseptiques, même pulvérulents qu'on a l'habitude 
d'insuffler dans le conduit auditif externe, et nous remplaçons tout 
cela par un ou au plus deux pansements aseptiques du conduit auditif 
externe faits avec une bande de gaze stérilisée ou iodoiormée intro- 
duite avec précaution jusque dans le voisinage de la membrane tympa- 
nique, qui draine le pus ; traitement d'occlusion avec une autre gaze, 
de l'ouate et des bandes. Traitement doux des lésions rhino-pharyngées. 



TRAITBMKNT DBS OTITBS MOYBNNBS AIOUBS 35 

résuite une insuffisance de dratnage, qui devrait être affeclué 
au moyen de gaze inlroduile dans le conduit. Puisque nous 
voyons à présent que ce point a une importance capitale dans 
le traitement de Totite moyenne purulente, dans ces sortes de 
cas nous avons renouvelé la médication deux fois en 24 heures ; 
nous n'avons jamais dû y recourir plus fréquemment. 

Bien entendu que dès que la quantité de sécrétion le per- 
mettait, le pansement n'était plus changé qu'une fois par jour. 
Nous nous sommes aussi bien trouvés pour répondre à l'in- 
dication de l'asepsie du conduit dans des cas où la sécrétion 
était abondante et restait adhérente après l'enlèvement de 
la gaze, de pratiquer avec une grande douceur un lavage avec 
300 à 500 grammes de solution stérilisée de sublimé corrosif 
àl pour 10.000 suivie d'un bain d'oreille avec la même so- 
lution pendant 10 minutes ; nous avons observé que ce léger 
lavage était m'oins irritant que Tenlèvement à sec du pus du 
conduit, avec du coton ou de la gaze. Contre les douleurs nous 
avons recouru avec grand avantage & l'élargissement des bords 
de la perforation vers le bas, suivi de l'application de cata- 
plasmes chauds sur les régions préauriculaires. 

Pour pouvoir juger sûrement la valeur de ce mode de trai- 
tement il faudrait pouvoir comparer les résultats thérapeu- 
tiques que l'on obtient par notre méthode avec ceux des 
autres, c'est-à-dire noter d'une façon précise pour les divers 
cas la durée de l'otite aiguë ou du pourcentage des complica- 
tions. A notre avis, sous le nom de durée de l'otite aiguë on 
doit comprendre la période de temps écoulée depuis le début 
de la douleur d'oreille jusqu'à la cessation complète et défi- 
nitive de la sécrétion purulente ; il est certain qu'aussitôt la 
cessation de la sécrétion, la perforation ne se ferme pas toujours 
immédiatement et qu'il persiste encore habituellement pendant 
quelque temps des bruits subjectifs de l'oreille et une diminu- 
tion de l'acuité auditive ; toutefois, nous croyons pouvoir con- 
sidérer la période s'élendant entre la cessation de la suppura- 
tion et la restitution intégrale de l'audition, période du reste 
très variable chez les divers sujets, comme une période de 
convalescence ; nous n'en tiendrons donc pas compte dans nos 
statistiques. 



36 0. PBS ET O. GRADBNIGO 

Malheureusement, les statistiques, pourtant si nombreuses 
des olologi^tes, ne nous fournissent aucune indiciilion exacte 
sur la durée moyenne des otiles aiguës suppurées ; dans la 
majeure partie des comptes-rendus, on ne mention ne même 
pas les résultats curalifs ; dans un très petit nombre on parie 
en général de guérisons, d'améliorations, de non -améliora*' 
lions, sans la moindre allusion à la durée de l'affection. Nous 
inAnquons donc de terme de comparaison à opposer à nos 
chiffres. Les indications que Ton peut (rouler dans les traités 
sont également peu précises. 

Kramer (*) parle d'une période de huit jours, mais évidem- 
ment cela se rapfiortc nou k la durée de Tolite moyenne mais 
seulement à la période aiguë du mai. 

Toynbee (') et Roosa (') ne donnent pas d'indications pré- 
cises à ce sujet. 

Politzer (^) dit que la marche de Tolile non aiguë dépend de 
diverses causes : dans les formes primitives la durée oscille de 
10 à 20 jours, mais il y a des cas dans lesquels la suppuration 
cesse au bout de 2 ou 3 jours, et d'autres qui se prolongent 
pendant des semaines et des mois. 

Urbantschitsch (') n'établit pas la durée moyenne de Taf- 
tection, il dit seulement que dans les cas favorables on obtient 
en peu de semaines une gnérison complète. 

Pour Kirchner (') la durée d*une oti le moyenne purulente 
aiguë dans dis conditions favorables est rarement inférieure à 
six semaines. 

Selon Ferreri (^) dans les formes bénignes d'ordinaire, l'af- 
fection ne dure pas plus d'une quinzaine, bien qu'elle puisse se 
prolonger ; dans les formes légères, plus tôt on ouvre la mem- 
brane tympauique, plus tôt l'oreille retrouvera son état nor- 
mal. 



0) StatUtiêche Beitraegê s, Ohrenheilk., Berlin, 1845. 

(S) Traduction française, p. 29i. 

(S) Traité, traduction alletnande, p. 161, Berlin, 1889. 

(*, Handbuoh, p. ;878, 1887. 

(>) Haadbueh, p. 2(^, 18^0. 

(«J Handbuoh, p. 147, Berlin 1890. 

(f) Trattato, Vallardi, éditeur, p. 313, Milan, 1803. 



TBAITEMBMT DBS 0TITB8 MÛTBNNjB^ ÂXQVES 37, 

Walb (^), ao contraire, aseîgoe aux forqiee béoignet iioa 
darée de 4 à 6 semainee, et dit que ces cas doîveat être coosi- 
dérés comme favorables. 

Haag (^), pour les cas oon compliqués, assigne un terme de 
3 à 5 semaines : il ajoute pourlant que, grâce à la paracentèse 
précoce, on peut obtenir la guérison en 5 a 10 jours. 

Corradî, dans sa monographie sur l'otite aiguë (^), ne donne 
pas d'indications à ce propos. 

Avoledo (*) au sujet de 50 cas d*otite moyenne aigtië obser- 
vés par lui comme complications de riniluenza, parle d'une 
durée moyenne de 20 jours ; il faut remarquer que ce chiffre 
moyen est atteint, en tenant compte aussi des oliles moyennes 
simples qui ont d'ordinaire une marche moins grave et moins 
longue que les précédentes. 

On remarquera que dans le récent ouvrage de Bezold (^) qui 
contient, exposées dans une série de tableaux, des statistiques 
îm|>ortantes, on ne lit que les derniers résultats obtenus par 
le traitement des otites moyennes aiguës dans la pratique pri- 
vés de l'auteur, sans mentionner la durée de la maladie. La 
proportion des mastoTdile's opérées a été de 62 sur 701 cas 
aigus, c*est-à*dLre 9 %• I^^ chiffres d' Avoledo fournissent une 
statistique beaucoup plus élevée : sur 45 otites moyennes pu« 
rulentes aiguës, dans 25 cas se manifestèrent des symptômes 
de roastoTdite incidente avec douleurs et léger gouflement des 
parties molles de l'apophyse, et dans 9 cas on dut {aire la iré- 
panatioa (20 Vo). 

Sur le tableau A sont distingués par sexs et par &ge les cas 
d'otite aigud en général soignés par nous à la section ololo* 
gSque de la Polyclinique générale (du 1*' octobre 1894, au 
31 mai-s 1895) et à la consultation de la Clinique oto-rbinolo* 
gique de l'hôpital Saint-Jean, récemment créée grâce à une 



0) Manael de Scbwabtzb, p. 224, li. 

(^} Die baufigaten Krankbeiten des QebÔrorgann bei loflaenza 
iàfûnûh, med Wooheruehr , n* 8, 18^). 

(») Vérone, 1S94. 

(*) 11 JdorgagnU juin 1890. 

(>> Ueberschau n^ber d^ Qegenstand é Ohrenh. Bergmann, éditeur, 
Wiesbaden, 1895. 



38 o. PBS BT G. OfiADBNIOO 

délibération de la Faculté de médecine de Turin ; pour ce 
dernier service, la période d'observation s'étend seulement du 
15 décembre 1894, dale de l'ouyerture, au 31 mars 1895. 







Tableau A. 




* 




Age 


Hommes 


Femme* 


ToUl 


Poarcentage 
de la totalité 
dea cas 


)e 


à 10 ans 


25 


21 


46 


27 •/• 


» 


11 > 20 » 


11 


13 


24 


14 V* 




21 > 30 » 


22 


12 


34 


20 V. 




31 » 40 » 


11 


9 


20 


12 V. 




41 » 50 > 


14 


6 


20 


12 V. 




51 » 60 > 


12 


3 


15 


8Vo 




80 » 80 » 


6 


2 


8 


5 7. 



101 66 1Ô7 98 

C'est donc un total de 167 cas représenté par 101 hommes 
(60 ®/o) el 66 femmes (40 Vo) î '* maladie est surtout fréquente 
dans la première et la troisième dizaine de la vie, avec un 
pourcentage de 27 */o sur le total des cas, ou de 20 % (*)• 

Sur les 167 cas d'otite moyenne aiguë, dans 96 (57 %) il y 
eut une perforation spontanée ou artificielle de la membrane 
tympanique (53/55 */o) chez les hommes, et (43/45 Vo) ^^^^ '^^ 
femmes ; dans 71 cas (43 ®/o) l'otite suivit son cours sans sup- 
puration externe, 48 hommes (68 7o) ®* 23 femmes (32 7o) 
(Voir le tableau B.) 

La proportion du pourcentage entre les cas d'otite moyenne 
aiguë simple et ceux d'otite moyenne aiguë suppurée est 
de 48 à 52 chez les hommes, et, de 35 à 65 chez les 

0) Ija majeure fréquence de raffection dans la première et la troi- 
sième dizaine de la vie n*est pas particulière à Totibe aiguë, mais elle 
existe aussi pour las maladies d'oreille que Ton soigne dans les consul- 
tations externes (Voir k ces sujets, ces Annales â^s maLde ror.,1893). 



r^ 



TRA1TBMKNT DBS OTITBS MOTBNNBS AIGUBS 39 

femmes, la forme suppuraUve a donc été relatîvemenC plus 
fréquente chez les hommes» chez lesquels, en général, l'otite a 
présenté plus de gravité. Ceci est probablement en rapport avec 
le fait que les hommes qui fréquentent la consultation externe 
doivent continuer souvent leur travail pénible hors de la 
maison, tandis que les femmes peuvent se soigner mieux. 



1 

1 

1 
1 

1 

r 
1 

i 
i 




Taitlean B. 




• 


1 


' 


OTTRS SUPPURÉn 






1 
1 

r 
1 


Ag« 


Hommes Femme* 


ToUl 


1 


0-10 


16 


13 


29 


f 


11-20 


3 


7 


10 


1 


21-30 


10 


7 


17 


; 


3140 


3 


7 


10 


! 

1 


41-50 


10 


6 


16 




51-60 


7 


1 


8 


• 


61-80 


« 


2 


6 



53 43 96 



OTFTES NON SUPPUB^BS. 



Age 


Hommes 


Femmes 


Total 


0-10 


9 


8 


17 


11-20 


8 


5 


13 


21-30 


12 


5 


17 


3140 


8 


2 


10 


41-50 


4 


1 


5 


51-60 


5 


2 


7 


61-80 


2 


— 


2 



48 23 71 



40 O. PB& ET O. eBADBNIGO 

Ces 96 cas d'otite aiguë suppures peuvent «e grouper dans 
les catégories suivantes : 

\ Hommes Fammes Totai 

L'affection fut soignée par ta méthode 
d'occlusion et put être suivie jusqu'à la 
guérison chez 

La suppuration persistait le i^' avril 
chez 

On ne. connut pas le résultat du trai- 
tement chez 

Blort par méningite 

La méthode d'occlusion ne fui pas 
employée chez 

Mastoîdites 



26 


23 


49 


1 


1 


2 


18 
i 


17 


3S 
{ 


3 
4 


1 
1 


4 

S 


53 


43 


le 



Dans cette statistique nous ne pouvons compter les cas (35) 
dans lesquels les malades n'ont pas reparu à la consu Nation, 
et où, par conséquent, on ne put vérifier la marche ultérieure 
de la maladie ; il est a présumer qu'ils guérirent ou furent 
en voie de guérison ; vraisemblablement, quelques-uns re- 
coururent aux soins d'autres médecins, et d'autres, soit par 
le lieu de leur habitation, soit h cause de leurs occupations 
durent abandonner le traitement. Un malade qui figure dans le 
groupe mastoïdien de la slalisliquc vint une fois à la clinique 
pour une otite aiguë, et se représenta seulement deux mois 
après, atteint de mastoVdife et d'un vaste abcès sous-périostique« 

Sur les 5 opérés de mastoïdite, un seul fut soigné réguliè- 
rement depuis le début de Totite; les autres arrivèrent lia 
15 jours après le commencement de l'otile, porteurs de mastoî- 
dites commençantes que ni les larges paracentèiies du tympan 
ni les autres moyens thérapeutiques ne purent conjurer. Au 
contraire, le traitement rationnel Ct avorter quelques mastoî- 
dites au début qui s'étaient présentées dans des conditions 
analogues (*). 

(<) Ne figurent pas dans 'notre statistique les nombreux cas de mas- 
toïdite confirmée qui se présentèrent comme tels à la première visitA 
et exigèrent une interron'tion opératoire d'urgence. 



J 



TRAJTBMKrr DBS 0TITB8 MOTBNNSS A1GUB8 41 

L*aDiqae eai de mort» qui, par riotérét qu'il offre, fera 
l'objet d*une publîcalion spéciale de l'un de nous» cooeerne 
un individu de 44 ans, lourneur en mélaux, qui vint le 
sixième jour d'une olile aiguë gauche, et suivit pendant envi» 
ron deux mois régulièrement le Irailement d'occlusion, refu* 
sanl à deux reprises l'intervention opératoire que nous lui 
proposions en raison de la longue durée de la suppuration, 
et voulant continuer son dur labeur malgré nos avertisse- 
menls ; au cours de sa longue maladie il n'eut ni douleurs 
intenses, ni symptômes particulièrement graves et il sa 
rendait seul à noire consultation jusqu'à la veille de l'éclosion 
d*une méningite foudroyante qui le conduisit au tombeau en 
moins de 24 heures ; l'infection causée par le diploslreplocoque 
s'était étendue au sinus latéral non thrombose et aux nié« 
ningesy par des érosions de la paroi interne de l'apophyse 
correspondant au sillon sigmoîdal. 

Les complications mastoïdiennes et endo-crèniennes Tigu* 
rent donc dans notre statistique dans la proportion de 6 sur 
96 otites aiguës observées (6,3 Va)» proportion assez faible 
comparativement à celles d'Avoledo et même de Bezold. 
Mais les cas qui nous fournissent les indications les plus pré- 
cises sur l'efficacité de la méthode rationnelle de traitement 
des otitesy sont ceux dans lesquels la maladie pu être suivie 
jour par jour jusqu'à la guérison. Ib sont au nombre de 49, 
distribués suivant l'Âge des sujets : 







Tableau G. 




De à 10 ans 


14, durée moyenne 


! 10 jours (de 


3 à 24 jours) 


> It » 20 » 


8, 


» 


10 » (de 


2&18 » ) 


> 21 > 30 » 


8, 


» 


15 > (> 


4 à 40 > ) 


» 31 » 40 » 


5, 


» 


12 » (> 


8 à 17 > ) 


> 41 > 50 > 


8, 


> 


13 » (> 


8 à 18 > ) 


> 51 > GO > 


4. 


> 


18 » (» 


0&23 > ) 


> 61 > 80 > 


2, 


» 


23 » (> 


17 à 30 » ) 

• 



49 lloyenne générale 14. 



42 0. PBS ET O. ORADENIOO 

Par ces chiffres, on obtient donc une durée moyenne 
générale de l'otite de quatorze jours, et on voit clairement 
comment, par les progrès de l'àge, cette durée se prolonge (de 
10 à 23 jours.) L'examen des cas ordinaires, nous mon- 
tre que sur 4l), il guérirent pendant la première semaine 
(i en 2 jours, 2 en 3, 4 en 4, 2 en 6, 2 en 7 jours), 18 pendant 
la seconde semaine (3 en 8 jours, 4 en 9, 2 en 10, 2 en 11. 
2 en 12, 2 en 13, 2 en 14) ; 14 pendant la troisième semaine 
(2 en 15, 2 en 16, 2 en 17, 3 en 48, 1 en 19, 1 en 20 jours), 
et seulement 6 pendant la quatrième et la cinquième semaine 
(1 en 22, 1 en 24, 2 en 25, 1 en 3 et 1 en 40 jours.) 

Ces résultats ont d'autant plus de valeur qu'il ne s'agissait 
pas d'otites aiguës avortées ou légères qu'un praticien peut ob- 
server au cours de l'influenza dans sa clientèle, mais d'affec- 
tions qui présentaient ordinairement une certaine gravité 
et pour lesquelles les malades s'adressaient dès le début aux 
spécialistes. 

Le traitement que nous proposons, et qui nous a donné 
dans la pratique les résultats si favorables énoncés ci-dessus, 
a de plus le grand avantage d'être plus agréable pour le 
malade lui-même, plus commode pour son entourage, que les 
lavages, fréquents et répétés, presque toujours inefficaces et 
souvent dangereux, et qui, par l'irritation qu'ils causent, 
provoquent assez souvent des furoncles ou des otites externes 
diffuses. 

Nous n'avons jamais eu à déplorer cette complication 
désagréable et souvent périlleuse de l'olile externe, qu'au 
contraire d'autres auteurs semblent avoir rencontrée fré- 
quemment. 



CONCLUSIONS 



Par la méthode de traitement rationnel que nous avons 
adoptée et par l'ensemble de nos observations nous avons 
acquis la convie! ion qu'en général, les infections primitives 
ot secondaires de l'oreille moyenne sont d'origine naso*pha- 
ryngienne, et que 1res rarenierH les infections secondaires 



TRAITBMBNT DES OTITES MOYENNES AIGUËS 43 

proviennent du conduit à travers la membrane lympanique 
perforée. Nous faisons surtout allusion au cas de Iraitement 
par la ouate ; car si nous voulions tenir compte des lavages, 
toujours dangereux, nous n'aurions pas besoins d'incriminer 
les mains du chirurgien pour expliquer une infection se- 
condaire. Mais si le processus infectieux se déroule natu- 
rel leaient, il est impossible d'admettre que les microorga- 
nismes du conduit, comme il s'en rencontre ici, le plus sou- 
vent mélangés au cérumen ou au pus condensé, remontent le 
courant descendant du pus à travers la perforation tympa* 
nique pour pénétrer dans la cavité du tympan, tandis qu'il 
est plus simple et plus facile de comprendre que les courants 
lymphatiques superficiels, Fissue des liquides et les mou- 
vements incoordonés de la trompe favorisent l'arrivée dans la. 
caisse de nouveaux germes beaucoup plus nombreux, surtout 
s'il existe d'autres altérations rhino-pharyngiennes. 

Et nous ne modifierons notre opininion, partagée par la 
très grande majorité des otologistes, que lorsque des recherches 
positives nous démontreront : 1^ l'absence du staphylococcus 
pyogenes albus du pus de la cavité tympan ique» du nez et de 
la trompe ; 2^ sa présence dans le coton préparé pour le 
traitement ; 3® son apparition dans le pus de l'oreille moyenne 
à la suite du traitement. 






ri- • 



f \ 
il 



Lw- ■♦ 



e^' 






IV 



A PROPOS DU ROLE DES STAPHYLOCOQUES 

DANS L'OTORRilÉE 

Par les D» H. LEBMOYEZ et F. HELHE 

La mémoire sur € Les staphylocoques et rolonbée > que 
nous avons publié il y a quelques mois dans ce journal» ne 
pouvait espérer un plus grand honneur que la critique si do* 
cumenlée que veulent bien lui accorder Pes et Gradenigo; et, 
cerlaineinent, les lecteurs des Annales nous sauront gré 
d*avoir ainsi contribué, quoique non intentionnellement, à 
leur donner un nouveau travail du savant professeur de Tu* 
rin. Cela seul nous justifierait d^avoir écrit ce mémoire. Peut* 
être aurions«nous désiré y voir un peu plus accentuer cette 
note courtoise h laquelle nous ont de longue dale habitués les 
discussions entre spécialistes, et que, pour notre part, noua 
n'aurions garde d*oubIier en ce moment. Aussi, ne suivrons- 
nous pas nos contradicteurs dans leur dissertation sur les mé- 
rites comparatifs de la propreté française et italienne : c'est là, 
ce nous semble, un point d'ethnographie déCnilivement Gxé| 
sur lequel nos expériences n'ont aucun éclaircissement nouveau 
à apporter. Mais nous ne saurions accepter sans réserves, la 
conclusion majeure que Pes et Gradenigo tirent de notre mé- 
moire : que les internes des hôpitaux de Paris, et en particu* 
lier ceux de la Charité, ont les mains beaucoup plus sales que 
celles de leurs malades. Ce n'a pas été du moins notre intention 
de le démontrer en publiant ce travail. Nous nous efforcerons 
donc de maintenir la discussion sur le terrain purement scienti- 
Gque, et nous nous contenterons d'essayer de répondre à quel- 
ques-unes des objections les plus sérieuses que nous opposent 
nos savants contradicteurs. 



DO ROLB DBS STAPHYLOCOQUES DANS L'OTORRHÉB 45 

A. — Dès le comtnencemenl de leur article, Pes et Grade- 
nigo, qui aflectcnt de croire que nous nions nlisoliinionl lexis- 
teuce de folileai^uë slaphylococcique priinilivc, voulenl nous 
convaincre de sa grande fréquence et la prouvent imniédialc* 
menl (page 19) en nous citant au moins dix cas de ce genre, 
qui ont élé recueillis en Tespace de sept ans parmi foules les 
Dtiles aiguës bactériologiquement observées en France, en 
Allemagne et en Italie : chiffre que l'on avouera un peu 
maigre. Mais le staphylocoque doit nous trouver plus gêné* 
reux à son égard que Pes et Gradenîgo, puisque nous avons 
admis que 32 fois sur 100 les otites aiguës purulentes ren- 
ferment d*emblée ce microbe. Toutefois, là n*est pas la ques- 
tion : le point important, capital, que nous avons voulu 
mettre en évidence, c*esl la fréquence croissante du slaphylo' 
coque à mesure que vieillit Votorrhée (staphylocoque jaune 
ou blanc, cela importe peu, puisqu'en réalité rien ne démontre 
la non-identité de ces deux microorganismes), fréquence qui 
de 32 Vo au début monte à 54 7« &u bout d'un mois, pour 
alleiodre 92 7o Apf^s quelques années. £t, pour affirmer cette 
progression, nous nous sommes appuyés, non sur nos re« 
cherches personnelles qui eussent été forcément trop restreintes 
pour entraîner la eonviction, mais sur la plus complète statis^ 
tique bactériologique des otites aiguës qui ait paru avant la 
publicalion de notre travail : cette statistique, Gradenigo ne 
peut être censé Tignorer, car, c'est lui qui en est Tau leur : et s*il 
nous contredit sur ce pDint, force lui est de se contredire 
aussi, puisqu*en cela nous nous sommes abri lés derrière son 
autorité que nul n*est disposé à contester, sauf lui-môme. 

B, — Plus loin, Pes et Gradenigo nous reprochent d'avoir 
voulu établir au profit du staphylocoque un monopole, en lui 
ouvrant vers la caisse une porte réservée dont nous refusons 
le passage aux autres microbes. C'est là un procès de tendance 
dans lequel nous n'aurons qu'à répéter l'argumentation que 
nous avons développée dans notre mémoire antérieur. Les 
faits cliniques imposent eux-mêmes leur conclusion. Voici, 

' nous supposons, une oreille moyenne infectée depuis plusieurs 
jours par le pneumocoque ; par la trompe, elle communiquée 



46 M. LBRMOYBZ ET F. HBLMB 

tout insUai avec la cavité naso-pharyngienne où se trouvent, 
parmi d*autres microbes, des staphylocoques atténués par les 
défenses bactéricides et phagocytaires accumulées en ces rô« 
^ions; parle tympan» elle est séparée du conduit auditif où 
fourmillent des staphylocoques, dont aucun travail physiolo- 
gique n'a produit Tatténuation, et que les instruments et 
objets de pansement y ont apportés en masse. Brusquement, 
la barrière tympanique s'ouvre : les staphylocoques entrent 
alors dans la caisse^ et paraissent en abondance dans le pus. 
Par où est-il rationnel d'admettre qu'ils soient entrés ? Par la 
trompe ou par la perforation tympanique ? 

C. -— Nous ne saurions non plus ne pas répondre à Pes et à 
Gradenigo quand ils nous accusent (page 22) d'attribuer l'in- 
fection staphylococcique tardive de la caisse à des infections 
secondaires, « sans que cela soit démontré par aucune recherche 
€ positive. » c Pour nous, disent^ils, il est inadmissible que la 
c présence du staphylocoque soit due à des infections secon- 
< daires par le conduit auditif externe. » Que cette infection 
secondaire soit inadmissible pour Pes et Gradenigo, c'est là 
une un de non-recevoir toute gratuite, que nous sommes en 
droit de désirer voir appuyer par des recherches non moins 
positives que celles qu'on nous réclame. D'ailleurs, si Pes et 
Gradenigo déclarent inadmissibles les infections secondaires au 
cours de l'otorrhée, Zaùfal ('), au contraire, considère comme 
démontré que les infections secondaires sont les causes de la 
chronicité de l'otorrhée, et si des deux opinions opposées, 
que nous voulons bien tenir comme provenant de sources 
également autorisées, nous adoptons la seconde, c'est qu'elle a 
justement pour elle l'appoint de ces recherches positives tant 
désirées. 

Or, ces preuves positives, que nous demandent Pes et Gra- 
denigo pour démontrer l'infection secondaire staphylococcique 
de l'otite aiguë, la substitution tardive, si l'on veut, du sta- 
phylocoque aux microbes pathogènes de la première heure, 

(^) Zaufal. ^ Zttr Behandlttng def acuten Mittelohrcatarrh. Prag^r 
nud, Woohensoh., 1890, n«« 4 et 6. 



DU BOLK DBS STAPHYLOCOQUBS DANS L*OTORRHÉB 47 

très charitablement ce sont les auteurs italicRs eux-raémci» 
qui nous les fournissent dans leur travail, en nous évitant de 
fastidieuses recherches bibliographiques : et ils rapporlent 
sept cas des plus nets de cette substitution microbienne, une 
page après celle où presque ils la niaient. C'est Neller, c*est 
ZaufaI, c*est encore Bordoni et Gradenigo, c'est même Pes et 
Gradenigo (page 23) qui nous fournissent notre meilleure ré- 
ponse. Sept observations pour prouver le staphylococcie secon* 
daire de Toreille, ce n'est pas beaucoup, à la vérité, nous 
font remarquer ces auteurs ; mais tout à Theure, dix observa* 
tiens leur semblaient suffisantes pour prouver la staphylococcie 
primitive de la caisse du tympan. Or, nous ferons remarquer 
que les premières observations ont, par leur nombre même, 
plus de poids que les secondes, aux yeux de la statistique ; car 
s'il est fréquent qu'on ait l'occasion de faire une fois Texamen 
du pus d'une otite aiguC;, il est beaucoup plus rare qu'on 
s'attache à répéter cet examen plusieurs fois, au cours d'une 
même otite. 

D'ailleurs, comment nier les infections secondaires en 
l'espèce? 11 est démontré, Gradenigo a démontré que l'otite 
moyenne purulente aiguë est staphylococcique 1 fois sur 3 à 
^n début ; que, plus tard, elle l'est 9 fois sur 10. Conclusion : 
dans près de deux tiers des cas (9/10 — 1/3 = 17/30), le sta- 
phylocoque a paru tardivement dans la caisse. C'est bien là, 
si nous ne nous abusons, une infection secondaire, ou du moins, 
c'est dans ce sens qu'on nous a appris à comprendre ce terme. 
Si, malgré cela, Pes et Gradenigo nient ici le rôle de l'infection 
secondaire, il ne leur reste plus qu'à admettre la génération 
spontanée des staphylocoques. 

Celte substitution microbienne n'a, du reste, rien d'anormal, 
rien de spécial à l'oreille. Nous la retrouvons en d'autres points 
de l'économie. Au cours de la pneumonie, parfois le pneumo- 
coque disparaît et est remplacé par le streptocoque, sans au- 
cune apparence de complication clinique. 

D. — Page 29, Pes et Gradenigo nous font un sérieux re- 
proche d'avoir dit que la chronicité des otites suppurées est 
toujours due au staphylocoque, c à son apport tardif et inces- 



48 M. LBBMOTSZ BT P. HBLMB 

sammeot renouvelé. > Atods-oous donc écrit cela? en ce cas, 
nous avouons que l'expression a dépassé notre pensée. Ou 
bien encore, eiilratnés par Tardeur de leur argunienlat.'on, nos 
savants conlradîcleurs n*auraicui-îls pns quelque peu étendu 
nos conclusions pour tes réfuteravec |itus d'aisance ? Mais alors, 
nous aurions trouvé la pierre philosophale de Tolologie ; un 
antisepli(|ue quelconque pour tuer les staphylocoques qui sont 
dans le conduit, et voilà rotorrhée disparue à tout jamais ; et 
rayé pour toujours tout un chapitre de Totiatrique, celui qu! 
fait verser le plus d'encre et de sang, le traitement chirurgical 
dé l'otorrhée. Nous récusons un tel mérite ; nous nous con- 
tentons d'avoir voulu faire faire un pas à cette question de 
la chronicité de Totorrhée, sur le chemin encore long quelle a 
devant elle à parcourir avant de rencontrer sa solution. 

Au reste, conlinupnl Pes et Gradcnigo, il nVst pas besoin 
de faite intervenir le staphylocoque pour expliquer le pnssyge 
à lu chronicité de l'otite. Trois causes anatoniiques principales 
leur suffisent a l'expliquer : rétention des sécrétions, affections 
inQammatoires des parties voisines, complications mastoï- 
diennes. Qu'on nous permettre à cela de répondre deux 
choses : 

1* Il n'y a rien de démontré dans ces prétendues causes ana- 
tomiques de la chronicité des otites. Incriminera-t-on la ré* 
tenlion du pus? Gradenîgo la redoute bien, mais Bezold la 
lient pour inolTensive. Accusera -t-on la formation de granu* 
talions sur la muqueuse? Très à craindre, en eflel, dit Po- 
litzer : sans consér|uence, riposte Bezold. Invoquera-t-on 
l'existence de cciliile^ mastoïdiennes très larges, qui favorisent 
Textension du processus olitique? Mais c'est là une pure 
hypothèse da BezolJ. 

2^ Et d'ailleurs, ces causes analomiques de la chronicité, 
nous ne prétendons ni les nier, ni les affirmer : mais au-delà 
de la lésion cellulaire, il y a le microbe qui la crée, et en 
demandant à la bactériologie une des causes, et non pas toute 
la cause de l'otorrhée, nous avons tâché de serrer de plus 
près le problème tant de fois posé, jamais résolu. Au moins, 
celte conception étiologique ainsi élargie a-t-elle l'avantage 
d'êntratner un corollaire pratique, ce qui n'est pas sans va- 



DU KOLB DBS STAPHYLOCOQUES DANS l'OTORRHÉB 49 

leur en otoiogîe où le remède suit de si loin le diagnostic. Car, 
si, pour une part, le passage à la chronicité des otites puru- 
lentes est du aux infections staphylococciques venues du 
conduit, il est aisé de nous y opposer en faisant l'antisepsie 
scrupuleuse de l'oreille externe et de tout ce qui y touche. 
Tandis qu'en nous bornant à attribuer la durée de l'otorrbée à 
des modifications plus ou moins hypothétiques du terrain, ou 
à des anomalies d'architecture de la mastoïde, nous nous con- 
damnerions à une inertie thérapeutique funeste aux malades. 
A nos yeux, le seul mérite de notre théorie, est de confirmer 
cette eondusion pratique : la nécessité absolue de l'asepsie 
précoce du conduit dans toute otite : et, précisément, c'est sur 
le même principe que Pes et Gradenigo basent leur traitement 
rationnel des otites. Alors, pourquoi leur argumentation ? 

E. — Nous acceptons difficilement, comme preuve invoquée 
par Pes et Gradenigo contre l'influence de la non-asepsie du 
conduit auditif sur la marche de l'otite^ la présence assez fré« 
quente d'otites moyennes purulentes chroniques sans perfora- 
tion de la membrane ; sa fréquence ne nous parait pas telle 
que ce mode d'évolution de l'otite échappe à la loi qui régit les 
exceptions, et leur 6te toute valeur infirmative des grandes 
règles pathogéniques. Mais ce que nous ne pouvons aucune- 
ment admettre, c'est que l'ouate sale, servant aux pansements, 
ne puisse surinfecter l'oreille moyenne parce que < non seule- 
€ ment elle ne pénètre pas daiis la caisse, mais que souvent 
c elle n'arrive pas jusqu'à la membrane du tympan > (page 30).* 
Et Pes et Gradenigo semblent faire grand cas de cet argu- 
ment, car, dans leurs conclusions (page 43), ils y reviennent, 
disant qu'il est c impossible que les micro-organismes du 
« conduit remontent le courant descendant du pus à travers la 
€ perforation tympanique, pour pénétrer dans la cavité tym- 
c panique. > Mais cela est en opposition avec les enseignements 
élémentaires de la palhogénie microbienne ; c'est vouloir nier 
toutes les infections canaliculaires ascendantes que les travaux 
de chaque jour affirment davantage ; c'est retrancher de la pa- 
thologie les affections hépatiques à point de départ intestinal, 
c'est supprimer tout le groupe des néphrites ascendantes, créées 

4NVALES DBS MALADIES DB l/OREILLB BT DU LARYNX. ^ XXI. 4 



50 M. LBRMOTEZ BT F. HKLMK 

par de8 microbes qui ont dâ remonter le conranl des uréières* 
autrement rapide que le lac de pas qui sfagne dans l'oreille 
externe. Celte manière qu'ont les deax auteurs italiens de 
concevoir la marche 'des infections microbiennes pour la 
plier aux besoins de leur cause est nouvellcy mais nullement 
convaincante. Si l'ouate septique limite son action infectante 
aux seuls points qu'elle touche ; si le microbe ne peut étendre 
son action au*delà du lieu où il a été déposé, bien évidemment 
ce qui est vrai pour l'oreille^ doit l'être aussi pour les 
autres organes. Or, nous n'avons jamais ouï dire que 
pour que les ovaires d'une femme fussent atteints de bien- 
norrhagie, il était nécess^j^ yfUS^jpjK^gpports sexuels eussent 
porté jusque-là. 




F. — Hais, que{vraiiTOibo^(f4(-|a|MreIie « surface a peu 
d'importance^ puisw'au foîid noiis sommes absolument d'ac- 
cord avec Pes et Gra^e^^'§1fP^SnnéçtsS^ Fasepsie dans 
tes pansements otologiqyi«i^[^^\ii «^^JiK^^use finale de nos 
recherches ! et que, tout comme eux, nous attribuons une 
grosse part de responsabilité aux infections apportées par les 
mains du médecin. Nos travaux, par des voies différentes, il 
est vrai, tendent au même but que ceux de l'Ëcole de Turin ; 
notre idéal est le même : seule, la façon d'en comprendre la 
réalisation diffère. 

Pes et Gradenigo nous disent que le devoir du médecin est 
de prendre les mêmes précautions d'antisepsie et d'asepsie 
dans les moindres pansements otologiques que s'il avait € à 
aborder les cavités les plus difQciles et les plus dangereuses » : 
autrement dit, mêmes soins préalables pour Textraclion d'un 
bouchon de cérumen que pour une hystérectomie totale. 
Théoriquement, rien de plus vrai ; pratiquement, c'est tout 
simplement irréalisable. Trop exiger, c'est risquer de ne rien 
obtenir. 

Que l'affluence des malades, ne soit pas une excuse à la mal- 
propreté, nous le confessons : que le temps ne fasse rien à 
l'affaire, nous le savons : Alcesle Tavait dit avant Gradenigo. 
Mais, ici il y a plus : on se heurte à une impossibilité maté- 
rielle. Nous nous sommes d'ailleurs longuement expliqué sur 



DU ROLB DBS 8TAPHTL000QUBS DANS L*OTORRHÊB 51 

ce point daos un précèdent travail ('). Si pour pratiquer un 
examen d oreilles il faut s'entourer des mômes précautions que 
pour faire un évidement du rocher ; agir en tenue d'opération, 
bras nus, mains stérilisées ; mettre naturellement le malade en 
situation parallèle : savonner et laver l'oreille et son pourtour, 
peut-être même couper les cheveux trop longs, à la rigueur 
ce serait encore possible, bien qu'un cabinet de consultation 
aussi modèle risquerait fort d'être déserté. Hais À chaque ins- 
tant le malade se déplace ; il faut modifier l'inclinaison du 
miroir frontal, ramener la tête qui s'en va... Comment, dans 
ce cas, respecter les règles de l'asepsie chirurgicale à moins de 
tout stériliser en bloc? Évidemment, une pareille technique est 
impossible à appliquer : et c'est pour cela qu'elle reste encore 
actuellement dans le domaine de la théorie. Nous regrettons 
de ne pas avoir encore eu la bonne chance de visiter la célèbre 
clinique otologique de Turin, et par conséquent nous nous dé* 
fendons de vouloir le moins du monde préjuger ce qui s'y fait : 
mais nous avons parcouru la plupart des services otologiques 
d'Autriche et d'Allemagne, et nulle part nous n'avons vu chez 
des maîtres, tels que Politzer, Urbantschitsch, Zaufal, 
Schwartze^ apporter aux examens et aux pansements de chaque 
jour ces précautions idéales que conseillent Pes et Gradenigo. 
Et en cela ils ont raison : ils n'obtiendraient ainsi qu'une 
asepsie de façade, très dangereuse h notre avis, car elle donne- 
rait une fausse sécurité. 

En pratique, mieux vaut de petits moyens que de grands 
principes. Comme nous sommes convaincus à la fois de la né- 
cessité et de la difficulté de l'asepsie otologique, nous avons 
cherché à la simplifier, à la mettre à la portée de tous, gens 
pressés ou non : et c'est ainsi que nous avons été conduits à 
emprunter aux bactériologistes leurs procédés si simples et si 
sûrs, et à imaginer La méthode de flambage à l'alcool borique 
pour la stérilisation extemporanée des porte-coton. Et ce procédé 
nous semble à l'abri de tout reproche puisque les cultures 



(>) M. LsRMOYEZ et P. Hblmb. -« De Tasepsie en otologie, rhinologie 
et laryngologie. AnncUes des mal. de Var. du lar. Vol. XXI, !• partie^ 
joia IS^. 




sa M. LERMOYBZ ET F. HBLMB 

d'épreuves nous ont rnootré qu'il stérilise à coup sûr le colon 
porteur de staphylocoques, même quand il a élé roulé par des 
ioternes aux mains sales. 

Quant aux contre-expériences de Pes et Gradenigo, qui 
montrent seulement que le coton de Turin n^est pas staphylo- 
coccifère, elles n'infirment en rien les nôtres : une expérience 
négative n'ébranle pas les résultais d'une expérience positive. 
Elles nous apprennent seulement que des mains aseptiques ne 
portent pas les microbes pyogènes qui habitent des mains non 
désinfectées, ce que les travaux de Pcsel Gradenîgo n'ont pas 
été les premiers à mettre en lumière. 

Du reste, puisqu*en fin de compte il faut laisser la parole 
aux faits, il nous semble que ces expériences plaident singu- 
lièrement en favpur de notre méthode de stérilisation du 
coton par le flambage à Talcool borique. La comparaison 
entre notre pratique et celle des otologistes de Turin est facile 
à établir. 

En deux séries d'expériences, nous avons ensemencé nne 
dizaine de tubes de gélose avec des tampons d'ouate stérilisés 
d'après notre méthode ; or, sur tous ces ensemencements, 
un seul donna une culture, d'une espèce d'ailleurs non patho- 
gène. 

En deux séries d'expériences, Pes et Gradenigo ont ense- 
mencé dix tubes de gélose avec des fragments d'ouate prélevée 
dans les conditions c d'antisepsie personnelle qui leur est 
habituelle » (page 33) ; or, sur tous ces ensemencements 
un seul ne donna pas de culture y le troisième de la deuxième 
série. 

De ces deux modes d'antisepsie otologique, le premier terre 
à terre, le deuxième idéal, quel est donc le meilleur ?... Et 
vraiment les auteurs italiens ne sauraient arguer que leurs 
cultures n'ont donné que des colonies saprogènes : car, nous 
savons quelle recrudescence de virulence donne & un microbe 
pyogène, déjà affaibli, la symbyose d'un microorganisme 
non pathogène, qui vient s'associer à lui : la démonstration de 
ce fait est depuis longtemps acquise. 

, Franchement, nous sommes plus exigeants sur le chapitre de 
l'asepsie que Pes et Gradenigo ; car, sans chercher à nous dis- 



DO ROLB DBS STAPHYLOCOQUES DANS l/OTORRHÉB 53 

culperdu reproche de ne pas nous soucier dans nos manipu* 
laitons de notre responsabilité vis-à-vis de nos malades, nous 
avouons que nous serions peu enclins à réclamer et à préner 
comme personnelle une méthode d'asepsie qui, après désin- 
fection, laisserait subsister sur les mains de nos assistants le 
microGOccus aerogenes, le bacillus albus, le micrococcus can- 
dicans, des bacilles polytmorphes et des moisissures (page 33), 
presque toute une flore bactérienne. 

G. — Un mot pour conclure. 

Le remarquable travail de Pes et Gradenigo^dont à regret nous 
n'acceptons pas toutes les conclusions, ne nous semble avoir 
eu d'autre but que de rompre une lance en faveur du nouveau 
traitement dit rationnel de Totile, antérieurement imaginé par 
ces auteurs. Or, dans notre premier mémoire, nous n'avons eu 
aucunement, en instituant nos expériences, l'intention de con- 
trôler cette méthode ni pour l'attaquer ni pour la défendre, 
pour cette raison qu'à l'heure actuelle nous n'en avons en- 
core qu'une expérience beaucoup trop récente. Que si Pes 
et Gradenîgo croient avoir en nous des adversaires de leur 
traitement rationnel, nous sommes heureux de pouvoir leur 
en donner l'assurance contraire. 

Mais, malgré l'argumentation qu'ils nous opposent, nous 
croyons devoir maintenir fermes les conclusions de notre pre- 
mier mémoire sur « Les staphylocoques et l'otorrhée > qui 
d'ailleurs nous paraissent plaider en faveur de la méthode de 
Pes et Gradenigo beaucoup plus qu'ils ne le pensent eux- 
mêmes. 

Et de nouveau, nous concluons : 

1** Que les staphylocoques pyogènes, assez rares au début des 
otites suppurées, deviennent d'une fréquence extrême A mesure 
que Totorrhée vieillit, au point de se rencontrer 92 fois sur 100 
dans le pus de vieilles otites, le plus souvent isolées (V. Mag- 
giora et Gradenigo) ; 

2^ Que leur apport tardif est le résultat d'une infection se- 
condaire, expérimentalement démontrée (V. Netter, Zaufal, 
Bordoni et Gradenigo, Pes et Gradenigo) ; 

3^ Qu'aucune expérience — et sur ce point nous sommes en 



«k. 



54 M. LERMOTEZ ET F. HELMB 

^ droit d'exiger des recherches contradictoires — ne prouve qu'ils 

l ne viennent pas du conduit auditif ; qu'au contraire, les faits 

I cliniques et expérimentaux tendent à démontrer leur arrivée 

tardive par cette voie ; 

4® Qu'on trouve presque constamment les staphylocoques 
pyogènes sur les porte coton préparés dans les conditions 
usuelles, excepté à Turin : 

5^ Et que la stérilisation exlemporanée par le flambage à 
Talcool borique est le procédé le plus simple, sinon le plus 
transcendant, pour mettre l'oreille à l'abri de celle invasion se- 
condaire ; et que, jointe aux autres précautions que nous avons 
déjÀ indiquées ailleurs, elle (end à prévenir dans une certaine 
mesure le passage de l'otite purulente à la chronicité. 



NOTE SUR QUELQUES INSTRUMENTS NOUVEAUX 

Par le •' VACHBB, (d'Orléans). 

J'ai fait construire, il y a deux ans, et Tannée dernière, plu- 
sieurs instruments qui me paraissent réaliser quelques avan- 
tages dans la pratique courante des maladies du nez, de la 
gorge et des oreilles, et c'est à ce titre que je me permets de 
les préseiiier aux lecteurs nombreux des Annales. 

Végétations adénoïdes, — Manche porte curettes k genouil- 
lière. On introduit dans la genouillière des curettes de toutes 
formes et de toutes dimensions et on les fixe dans n'importe 
quelle position au moyen d'une vis très solide. 

Son emploi simplifie l'instrumentation^ sa manœuvre est 
excessivement facile et, dans beaucoup de cas, j'ai pu me 
rendre compte qu'en permettant de varier l'inclinaison des 
couteaux ou des curettes il facilitait le curage du cavum. 

Polypes du nez. — L'emploi du serre-nœuds n'est pas 
encore très généralisé : seuls les spécialistes le manient avec 
sûreté. Les chirurgiens sont nombreux qui se servent encore 
de la pince de Duplay, beaucoup trop massive, et qui ne peut 
pénétrer lorsqu'il existe une légère déviation de la cloison. 

J'ai fait construire une pince très fine, munie de mors et de 
rainures, coudée sur une longueur suffisante, avec laquelle on 
pénètre facilement dans les fosses nasales sans crainte de 
blesser la muqueuse. 

Je l'emploie depuis plus d'un an et je puis dire que, depuis 
cette époque, je me sers moins souvent du serre-nœuds, qu'elle 
remplace avec avantage dans le plus grand nombre des cas. 



Spéculum aurit el tpecalum nati. — En préseoce du 
nombre de petits instrumeals de ce geare il y & quelque lémé- 
rilé à parler d'un Doureau modèle. 
Ceux que j'ai fait construire sont 
à deux valves et ont l'avaDlage 
lorsqu'ils sont en place, et ouverts, 




Fis. I. 
Utncht porl4 curellei i gnouilHirt, 



de protéger les 3/4 des fosses nasales ou du conduit auditif. 
Je les emploie toujours lorsque j'opïre âe galVÂnô^ccutère 



NOTE SDE QCELQUB8 IN8TBUBJBMT8 KOi;VBALX 



67 



ou à l'anse chaude i les parties voisines du cbsmp opératoire ne 
peu?enl èire brûlées. Une vis de pression écarte ou rapproche 
les valves qui sont articulées saiTant nne de leurs srélcs. On 
peut, lorsqu'ils sont en place, les faire tourner sur leur axe et 
examiner successivement toutes lea parois du conduit ou de la 
fosse nasale. 

Abaitse- langue à rebord pour le carage i/n cavum. —Il 
arrive fréquemment, lorsqu'on enlève les végélalioos adénoïdes 
du pharynx, qu'elles tombent dans le fond de la gorge et sont 
avalées. Plusieurs fois même des végétalioiis sont lonil'ées 
dans le larynx, la trachée, 
provoquant de redoutables 
accidents. 

Pour éviter cet inconvé- 
nient sérieux,j'ai eu l'idée de 
foire construire un abaisse- 
langue k rebord qui se porte 
contre la paroi pharyn- 
gienne postérieure et infé* 
neure, pendant l'enlèvement 
des masses adénoïdes. Ces 
masses tombent dans sa 
partie cupulaîre et ne peu- F.g. .1. 

Tcnt s'introduire dans le la- Spccuiu^n Mti, 

rjox complètement protégé. 

Je voudrais appeler aussi l'attention sur ma canule rétro- 
natale qui permet, sans danger pour l'oreille moyenne, de 
laver rapidement et k grande eau tout le pharynx supérieur. 
Elle se fait en cristal ou en argent et s'introduit derrière le 
voile du palais. Le jet peut être dirigé dans l'une ou l'autre 
narine. Dans l'ozène, son usage est mieux supporté que celui 
de la canule de Weber par ce que le liquide projeté horizon- 
talement d'arrière en avant sort facilement par la narine et 
n'envahit pas les sinus. 




58 800IÉTÉ8 SAVANTES 



80GIËTÉ8 SAVANTES 



SOCIÉTÉ NÉERLANDAISE DE LARYNGOLOGIE, 
RHINOL OGIE ET TOL OGIE 

2^ Réunion annuelle. Amsterdam, 1894 (*). 

Sont réélus i président, le Prof. Guyb ; trésorier^ le Prof.DoTSA; 
secrétaire^ le D' BOrger. 

1. A. A. G. GuYE (Amsterdam). — Un cas de orète de la cloi- 
son. — J'ai soigné le malade que je vous présente, M. X. âgé de 
18 ans, à plusieurs reprises depuis 1883 pour une otite moyenne, 
une hypertrophie tonsillaire et des végétations adénoïdes. Après 
ravoir perdu de vue pendant 6 ans, il revint me trouver en 1892 
parce que sa narine gauche était obstruée. Je trouvai une forte 
crête du septum qui n'existait pas auparavant et dont j'attribuai 
la formation avec la plus grande vraisemblance à un coup qu'il 
avait reçu sur le nez avec une boule de croquet Tannée précé- 
dente. L'hypertrophie s'était également propagée au cornet in- 
férieur. J'enlevai la saillie le 15 juillet 1892 au moyen de la scie 
et du ciseau, puis ensuite j'introduisis dans le nez un tube de 
caoutchouc épais d'abord de 6 millim.2/3 et plus tard de 5 millim. 
Le malade guérit le 13 août. Six mois après, le 12 janvier 1893, il 
revint porteur d'une saillie de la cloison de la fosse nasale 
gauche qui était presque totalement obstruée. Je l'enlevai et la 
traitai comme la précédente ; mais au bout de trois mois la 
narine se trouva de nouveau obstruée, et je me décidai à dilater 
systématiquement la cloison par des tubes en caoutchouc suivant 
la méthode orthopédique. J'introduisis de petits tubes de 6, 8, 
10 et 12 millim. d'épaisseur que je retirai seulement pendant 1 à 
2 heures par jour et laissai séjourner le reste du temps comme 
tampons. Aujourd'hui depuis six moisy le malade ne conserve 
le tube épais de il millimètres et long de 10 centimètres que 
durant une à deux heures pour empêcher un nouveau rétrécis- 

(^) D*aprè8 le compte rendu da Dr Bur<»er (Monatêûhrift fur Ohren,- 
heilk., février et mars 1895). 



SOCIÉTÉS 8ATA19TE8 59 

sèment nasal. Les maux de tète et i'aprosezie qui avaient ton- 
joars accompagné l'occlusion nasale ont complètement disparu. 

Il y a ici trois points intéressants : 1* Torigine traumatique de 
TalTection, qui, à mon avis, est indéniable dans ce cas, car 
ayant souvent examiné le nez du malade avant l'accident, je 
n^y avais pas vu de crête ; 2* la tendance à la récidive, parce 
que le septum, après que le traumatisme lui eut fait perdre son 
équilibre, se creusait toujours du côté malade ; 3* le bon ré- 
sultat du traitement orthopédique que je poursuivrai jusqu'à ce 
que le malade ait terminé sa croissance. Je me sers de canules 
longues de 8 à 10 centimètres afin qu'elles touchent la paroi pos- 
térieure du pharynx. Quand les tubes incommodent le malade 
je les ramène un peu en avant. Lorsque les canules sont trop 
courtes elles glissent facilement en arrière, de sorte qu'on a du 
mal à les retirer. 

2. W. PosTHUMus Metjes (Amsterdam). — Deux cas de carcinome 
pharyngien. — Dans ces deux cas il existe une différence extra- 
ordinaire entre le peu de souffrance et la gravité de TafiTection. 
Le premier malade, âgé de 34 ans, est atteint depuis 6 mois 
d'une obstruction nasale du côté droit, depuis six semaines il 
porte une tuméfaction dure à la partie droite du cou. Je trouvai 
dans le naso-pharynx une tumeur grosse comme un œuf de 
pigeon, qui tenait étroitement à la paroi latérale droite et à la 
voûte pharyngée, se prolongeait à gauche de la cloison et com- 
primait en bas le voile du palais. Diagnostic : tumeur maligne. 
Pour donner de l'air au malade, je fis en une séance Tablation 
de la tumeur avec le couteau annulaire de Gottstein, ce qui réta- 
blit la liberté de la respiration. A l'examen microscopique, on 
trouva du cancer. 

Le second malade, un homme vigoureux âgé de 51 ans, 
soufiTre depuis l'automne de 1893 d'une oblitération nasale bila- 
térale avec douleurs s'irradiant parfois dans la nuque. Au bout 
de deux mois apparaissent des ganglions autour du cou. Il existe 
une suppuration nasale fétide, et depuis quelques semaine^ 
un écoulement de l'oreille droite. Le nez est entièrement rempli 
de tumeurs dures saignant facilement et de pus fétide ; la moi- 
tié droite du voile du palais est comprimée par une tumeur 
partant de la paroi pharyngée droite. Il y a aussi des tumeurs 
dans la moitié gauche du pharynx nasal. Diagnostic microsco- 
pique : carcinome. La tumeur provient vraisemblablement du 
sphénoïde. On doit remarquer le peu de troubles de l'état 
général. 



60 SOCIÉTÉS SAVANTES 

3. P. K. Pbl (Amsterdam). — A, Paralysie hystérique fies 
.abducteurs. — Je vous présente une jeune fille atteinte de para- 
lysie des abducteurs du côté gauche à laquelle Tétiologie ordi- 
naire fait défaut. II n'existe pas de tabès ni d'autre lésion orga- 
nique du cerveau ou de la moelle épinière. L'aorte, le médiastin 
et les sommets sont sains, de même que l'œsophage et la glande 
thyroïde. Toutefois la malade a toute une série de manifestations 
hystériques. Je crois donc que nous avons affaire à une para- 
lysie hystérique des abducteurs. 

H. BOrger. — Je me permets de faire des réserves au sujet de 
ce diagnostic. Dans un grand nombre de paralysies des récur- 
rents et des abducteurs Tétiologie demeure obscure pendant la 
vie^ ainsi que Ta fait remarquer Moritz Schmidt. Un ganglion 
médiastinal ou cervical enflammé peut par la pression provo- 
quer une de ces paralysies. Je considère une paralysie hystérique 
des abducteurs comme très invraisemblable parce que l'abduc- 
teur forme un véritable muscle respiratoire qui tient la glotte 
automatiquement ouverte pour la respiration et qu'elle ne reçoit 
pas sa principale innervation de Técorce cérébrale comme les 
muscles de la phonation, mais de la moelle allongée. Observe-t on 
aussi dans Thystérie des paralysies diaphragmatiques et des 
muscles intercostaux ? 

Pel. — Au cours de l'hystérie on peut observer toutes les ma- 
nifestations nerveuses, atrophies, troubles de la nutrition et réac- 
tion de dégénérescence. Pourquoi l'abducteur ferait-il exception? 

ZwAÂRDEMAKER. — Gommc exemple de paralysie hystérique 
d'un muscle automatique, je citerai Tischurie. 

B. Paralysie des abducteurs dans le tabès. — Lorsque je 
soignai le malade âgé de 57 ans, il n'existait pas d'autre trouble 
qu'une paralysie bilatérale des abducteurs. Mais comme aupara- 
vant on avait observé une paralysie des abducteurs, j'ai diagnos- 
tiqué le tabès ce qui a été confirmé dans la suite. La paralysie 
des abducteurs a persisté ; les réflexes des genoux ont été abolis 
d'abord à droite, puis plus lard à gauche. Des troubles trophiques 
sont apparus aux orteils ; à présent la démarche est incertaine 
et des douleurs se manifestent dans la région de l'articulation 
coxo-fé morale. 

BuROER. — J'ai connu le malade avant qu'il ne vint à la cli- 
nique. Les réflexes des genoux étaient encore intacts. Au point 
de vue laryngologique la paralysie des abducteurs est intéres- 
sante, parée qu*il existait à gauche une coutracture secondaire 
des adducteurs qui faisait défaut à droite. 



■^r^^^ 






SOCIÉTÉS SAVANTES 61 

Pbl. ~ Depuis lors, comme Toas le voyez, la corde vocale 
droite s^est rapprochée de la ligue médiane. 

4. H. BûRGER (Amsterdam) et Pel. — Un cas de paralysie 
gyphilitiqne des nerfs crftniens. — Ce malade, agent de police, 
âgé de 23 ans, entra le 18 juin 1893 à la clinique de Van Haren 
Noman pour une syphilis primitive et secondaire, fut traité par 
des injections mercurielles et sortit le 27 juillet, guéri. 11 revint 
le 10 octobre atteint de vertige, la démarche incertaine, sourd 
du côté droit, diplopique atteint de paralysie faciale droite et de 
paralysie du voile du palais. Je le vis pour la première fois le 
4 novembre ; la démarche s*était un peu améliorée, mais la voix 
était encore nasale, une partie des aliments revenaient par le 
nez ; la moitié droite du voile du palais était à peu près immo- 
bile ; donc, parésie de la moitié droite du voile palatin ; puis, 
légère parésie du nerf abducteur droit. Il existait du nystagmus 
delà fixation dans toute direction éloignée. Réaction normale 
des pupilles ; pas de limitation du champ visuel. Rien d*anor- 
mal dans le fond de l'œil. Le facial droit est complètement para- 
lysé dans toutes ses branches ; pas de réaction de dégénérescence. 
Le pouvoir auditif est notablement diminué à droite pour la 
conductibilité osseuse et aérienne. Le résultat de l'épreuve de 
Rinne est positif à droite et à gauche ; pas de latéralisation lors 
de répreuve de Weber ; la membrane tyrapanique et la trompe 
sont normales ; donc parésie du nerf acoustique droit. Puis, 
paralysie complète du crico aryténoidien postérieur droit, hyper- 
esthésie et excitabilité réflexe diminuée de la muqueuse de la 
fosse nasale droite et anesthésie complète et exagération des ré- 
flexes dans la partie droite du pharynx et du larynx. Pas d'irré- 
gularité diins la motilité, sensibilité et réflexes au tronc et aux 
extrémités. Le traitement mercuriel provoqua une telle amélio- 
ration qu*au mois de janvier 1894, il ne persistait plus qu'une 
paralysie des abducteurs et du voile. Dans celle observation les 
points intéressants sont : 1® le laps de temps extraordinairement 
court entre l'accident syphilitique primitif et un groupe de 
paralysies des nerfs crâniens (à peine six mois) ; 2<> que parmi 
ces paralysies celles des adducteurs (et du voile) étaient les 
plus opiniâtres ; 3o que dans un groupe de paralysies du côté 
droit il existait aussi une hémianesthésie de la partie droite du 
larynx, chose qui ne doit pas être confondue avec l'innervation 
du larynx bilatérale, croisée et sensible adoptée par beaucoup 
d'auteurs ; 4<> que malgré les controverses non encore élucidées 
telles que l'innervation du palais, la paralysie faciale guérit to- 



r 



62 SOCIÉTÉS SAVANTES 

talement, le palais au contraire demeura paralysé avec Tabduc- 
teur, et que c'est bien plutôt le spinal que le facial qui fournit 
Pinnervation du voile du palais. 

L'observation ne se termine pas ici. Le malade eut une 
recbute. En février apparurent de nouveau des paralysies 
de Tacoustique et du facial. Le 21 avril, le D' Wertheim 
Salomson observa une réaction de dégénérescence complète 
dans toute la région faciale droite. Le palais et les abduc- 
teurs demeuraient toujours paralysés. Les réflexes des genoux 
étaient abolis. Alors survint subitement un groupe de nou- 
veaux symptômes pour lesquels le malade entra à la Clinique 
de Pel. 

Pbl. — Le malade arriva dans un état somnolent, dément. 
Nous constatâmes à droite : surdité nerveuse, paralysie faciale 
complète avec réaction de dégénérescence complète, parésie 
abductrice, paralysie de la voûte palatine, du pharynx et du 
muscle crico-aryténoïdien postérieur avec diminution de la sen- 
sibilité et disparition des réflexes. Troubles du goût, paresthésie 
et hyperesthésie de la face ; et à gauche, parésie des deux extré- 
mités. Pas d'inflUration du nerf optique, les organes internes 
sont sains. Il n'y avait donc pas moins de six nerfs cérébraux 
atteints : Tacoustique, le facial, Tabducteur, le spinal, le glosso- 
pharyngien, le trijumeau ; plus une hémiparésie des extrémités 
du côté gauche. Nous avions donc affaire à une hémiplégie 
alterne. Je crus aussi reconnaître une tumeur du pont de 
Varole (gomme) : 1° parce que la paralysie des nerfs cérébraux 
et celle des extrémités n'étaient pas apparues simultanément ; 
29 parce que Thémiparésie était corticale (après que la paresthésie 
et les crampes eurent attaqué quatre doigts d'abord, le,bras,puis 
36 heures après la jambe furent atteints de parésie) ; 3^ parce 
qu'un^rand nombre de nerfs étaient affectés. Je crois devoir 
attribuer Thémiparésie aune endartérite oblitérante de la scis- 
sure de Sylvius droite, et la paralysie des nerfs cérébraux à une 
affection delà base du cerveau (méningite gommeuse, périostite). 
Il n'est pas rare d'observer consécutivement la syphilis de la 
base et des vaisseaux. 

Le malade fut soigné par l'iodure de potassium et le mercure. 
11 est aujourd'hui à peu près guéri. Il ne ressent plus de douleurs 
subjectives. L'hémiparésie a disparu ; seuls le palais et l'abduc- 
teur présentent encore de la parésie. Le facial aussi est encore 
paralysé, vraisemblablement à la suite d'une névrite descendante. 
A mon avis la parésie du voile ne dépend pas du facial, mais du 



SOCIÉTÉS SAVANTES 63 

nerf spinal droit. Je crois que ie spinal est le nerf moteur du 
Toile du palais. 

Dans le pronostic de la syphilis cérébrale, je suis toujours très 
réservé au sujet des paralysies totales ; on voit ordinairement 
la parésie céder à un traitement approprié. Ainsi que le fait re. 
marquer Bûrger, ce cas sert d'exemple à ce que peu de temps 
après rinfection il peut se manifester une syphilis cérébrale 
grave et toujours récidivante, même lorsqu'un traitement ration- 
nel a été appliqué au début et qu'aucun accident particulier 
(traumatismes de la tète, alcoolisme, etc.,) n'est en jeu. Un fait 
étonnant est que c'est surtout dans les fornies bénignes de syphi- 
lis primitive et secondaire que Ton rencontre la syphilis du sys- 
téme nerveux central. 

5. H. BôRGKR. — Quatre cas de lupus du larynx. — Dans deux 
des cas que je vous présente, le lupus était primitif, c'est-à-dire 
que jamais aucune affection lupique ne s'était manifestée sur 
une autre partie du corps. Le premier malade, un garçonnet de 
lo ansy souffre depuis Nûêi d'une dysphonie, qui peu à peu a 
dégénéré en aphonie. Je le vis le 6 mars 1894 et trouvai chez 
Tenfant qui, à part l'aphonie, était bien portant, une affection 
destructive et granuleuse. La portion libre de l'épiglotte est to- 
talement absente ; la base de la langue pénétrait dans le bord 
de la plaie de Tépiglotte ulcérée et fortement granuleuse. Cette 
dépression était épaisse d'un doigt et s'introduisait à droite et à 
gauche en arrière dans les replis ary-épigloUiques épais d'un 
doigt. Toute la surface était granuleuse, d'un rouge foncé et 
ressemblait à des framboises. L'ouverture du larynx présentait 
ane fente large d'à peine deux millimètres ; on ne voyait rien 
de l'intérieur du larynx. Grâce à l'amabilité du Prof. Van Haren 
Noman qui reçut le malade dans sa Clinique, j'ai pu le suivre 
depuis le 16 avril, c'est-à-dire pendant neuf semaines, j'ai fait 
quotidiennement des badigeonnages d'acide lactique dont j'ai 
obtenu des résultats étonnants. Les granulations ont disparu ; 
la tuméfaction a diminué, le bord de l'épiglotte est revêtu d'une 
muqueuse lisse ; et j'ai pu voir l'intérieur du larynx, et à 
ma grande surprise^ ce dernier était parfaitement sain. L'apho- 
nie a sans doute été la suite d'un gonflement de la région in- 
ter-aryténoidienne. Encore actuellement la glotte cartilagineuse 
ne se ferme pas complètement lors de la phonation. La voix est 
forte, bien qu'un peu rauque. Le malade est considc^ré comme 
guéri. 

Le second cas se rapporte à une jeune fille de 28 ans, dont le 



■ 



6i SOCI6TÉS SAVANTES 

père a succombé à une phtisie laryngée, et qui soafTre depuis 
Fhiver de maux de télc et de légères douleurs à la déglutition q ai 
se propagent à Toreille gauche. Parfois en parlant elle resseat 
une légère dyspnée. L'image reflétée dans le miroir ressemble 
beaucoup à celle qui a été décrite précédemment ; ici aussi on n^a 
vu au début que des granulations framboisées, rouges, proémi* 
nentes, mais toute Timage est remplie de granulations de toute la 
partie antérieure de l'épiglotte. Pas de sécrétion. Pas d'ulcéra- 
tions visibles. Depuis le 17 mai, j'ai appliqué toutes les semaines 
le gai vano- cautère au larynx et j*ai employé quotidiennement 
Tacide lactique pur. Gomme j'enlevai chaque fois une parcelle 
avec le galvano-cautère, j'ai d'abord débarrassé Tépiglotte des 
granulations ; la surface antérieure est maintenant lisse, velou- 
tée ; le bord est redevenu libre et à peine détruit. Ensuite j'ai 
fait des cautérisations le long du repli ary-épigloltique gauche 
et dans la région aryténoîdienne gauche. Si avec la sonde on 
attire Tépiglotte en avant, on voit que la moitié gauche de l'en- 
trée du larynx qui était la plus infiltrée, est maintenant nota- 
blement plus mince que la droite. L'intérieur du larynx est éga- 
lement intact. Me basant sur les résultats obtenus jusqu'ici et 
sur la guérison presque complète du premier malade, je dois 
m'expliquer sur le traitement topique conséquemment appliqué 
au lupus laryngien. 

Chez la troisième malade le lupus a débuté il y a huit ans 
dans lo larynx ; enrouement, troubles de la déglutition ; puis 
le pharynx et enfin le nez ont été attaqués. La malade, âgé de 
2i ans, vint me trouver en octobre 1893, portant un lupus nasal 
non encore complètement guéri, des nodules lupiques étendus 
et des ulcérations grosses comme la tête d'une épingle à la gen- 
cive supérieure et à la voûte palatine ; le larynx présente 
des granulations lupiques au bord de Tépiglotle et de larges 
inflUrations dans la surface laryngée latérale. J'ai cautérisé 
souvent la bouche au galvano-cautère et à Tacide lactique 
avec un résultat presque négatif ; j'ai obtenu ensuite une amé- 
lioration marquée avec une solution concentrée d'acide chro- 
mique. Aubsi recommanderai-je l'acide chromique que je con- 
sidère comme le meilleur caustique dans les diverses aiîec- 
tiens ulcéreuses do la muqueuse buccale, comme le meilleur 
traitement du lupus de la bouche. Les infiltrations laryngées 
que je ne traitai pas localement ont disparu. 

Ma quatrième malade, une demoiselle de 30 ans, a eu du lupus 
sur diverses parties du corps. Quand elle vint me trouver le 



SOCIÉTÉS SAVANTBS 65 

tê mars 18^3, à i'exceptioa du nez et du laryux, tout était gu<^ri. 
L'acide chromîqae a fait disparaître l'afTection tubéreuse sur la 
moitié antérieure des coraets inférieur et moyen. 11 y avait de 
nombreux nodules lupiques sur le bord érodé de Tépiglotte, et 
dans le larynx une in fl lira lion « en masse » des deux faces 
et de la partie inférieure de l'épiglotte. La commissure était 
é^lement intéressée. 11 survint aussi une violente dysphonie. 
Des cautérisations répétées furent toujours suivies d'uu re* 
tour des ulcérations. Dans la forme de lupus que pré^eulent les 
deux dernières malades, il est diflicile de préciser le moment où 
lafféction est véritablement guérie. Ces infiltrations lupiques 
indolentes de la surface interne du larynx ont une couleur nor- 
maie; elles sont seulement plus mates, moins lisses, plus sôclies, 
que la muqueuse saine. Elles supportent admirablement le ^al- 
fano-cautère. Je recommanderais dans ce genre de cas d'allier 
la galvano-caustie à l'usage quotidien de Tacide lactique, et 
de prolonger ce dernier traitement pendant de longues 
semaines. 

Chez tous ces malades, les symptômes subjectifs sont insigni- 
fiants ou tout à fait absents, Tétat général est parfait, Tévolu* 
lion est particulièrement lente, les cordes vocales sont intactes 
et il ne se produit jamais de sécrétion. 

6. F J. MicHBLSBN (Amsterdam). «— lloiivelle méthode de trai- 
tement de l'aphonie hystérique. — Au nom diaphonie hystériques 
M. préfère celui d'aphonie nerveuse, parce que TafTection se ma- 
nifeste aussi chez les sujets non hystériques à la suile d'une 
frayeur et après la guérison d'un catarrhe laryn^'ien. La méthode 
que l'auteur emploie depuis huit ans est psychicfue et consiste 
eu ce qu'après quelques préparatifs, le médecin, comme s'il 
s agissait d'une chose sérieuse introduit son doigt dans la cavité 
naso-pharyngienne de même que pour les végétations adénoïdes. 
Cette manipulation provoque souvent une grande agitation. 
Aussi est-ce vraisemblablement la peur qui amène par aclion 
réflexe le retour de la voix. Lorsque le malade a ce»<sé de ri ier, 
on le fait compter à haute voix et continuer dans la ru^. Les 
avantages de cette méthode sont le cUo et (nio, non le jucufuie. 
Tout praticien peut s'en servir. Ce traitement a donné les 
meilleurs résultats : 1° pour les aphonies nerveuses ; 2*» chez les 
malades atteints d'aphonie hystérique et de végétations adé- 
noïdes; 3* dans les paresthésies. 11 a peu réussi : P lorsqu'il 
avait été employé auparavant : 2^ dans les simulations hysté- 
nqnes. et iea idées délirantes ; 32 chez les- hystériques apathiques 

▲NNAL8S DES MALADIES DR i.A BOl'CHE ET DU LARYNX. — XXI. 5 



/ 



<4 



k . 






M SOCIÉTÉS SAYANTKS 

qui ne réagissent pas, ce qui est souvent le cas dans les pha-^. 
ryngiles alrophiques. 

7. il. ZwAAHUEMARER (Uirecht). ~ A. Anomalies qnalitatiTea 
dn sens de l'odorat, méthode clinique pour les reconnaitre. — 
Ou a très peu écrit sur ce sujet. Les remarques qui ont été 
faites portaient sur la perte de l'odorat dans des cas déterminés^ 
pour la vanille, le réséda, par exemple, sans qu'il y eut de mo- 
dification pour la perception d'autres odeurs. (les anomalies 
partielles ont une plus grande analogie avec les lacunes des tons 
de Totologie qu'avec le daltonisme. On n'a jamais entrepris la 
nomenclature exacte des qualités manquant à l'odorat. Seules 
quelques observations ont pu être recueillies, et on n'est nulle* 
ment sûr de pouvoir connaître à fond les aberrations de ce 
sens. U est nécessaire de procéder méthodiquement. Malheureu- 
sement, jusqu'ici nous ne possédons pas de systèmes naturels 
des odeurs. J'ai donc considéré le Syslema odorum connu que 
Linné élabora au siècle dernier pour la pharmacopée du temps, 
comme un système naturel qui embrasse toutes les odeurs. En 
raison des nouvelles préparations chimiques j'y ai ajouté deux 
classes, ce qui donne un total de neuf. L'ensemble de ces 
classes a été révisé et subdivisé. Ainsi on a eu la parenté des 
odeurs qui a été. jugée d'après les renseignements fournis par 
la littérature physiologique et la technique de la parfumerie. 
Les raisonnements théoriques et même chimiques ont été 
soigneusement écartés ainsi que mes propres sensations subjec- 
tives. Les neuf classes sont : 1° odores netherei (odeurs d'élber), 
acide acétique et éther élhylique, acide butyrique ; 2^ odore* 
aronialici (odeurs aromatiques), qui doivent être subdivisées en 
plusieurs classes : camphre, citral (aldéhyde) ; 3« odore$ fra-' 
grantes (odeurs balsamiques), avec trois subdivisions : iront 
(kelon), cumarin, (iacton) ; 4° odores ambrosiaci (odeurs am- 
brées), divisées en deux classes : musc et Irinitrobutyloluol ; 
ii^odores alliacei (odeurs allylkakodyles), avec trois subdivisions): 
ammoniaque, soufre, ichthyol ; ô® odores empyreumatici (odeurs 
empyreumutiques), goudron, créosote ; 7"* odores hircini 
(odeurs de capryl), acides acétique et butyrique ; 8* odores ietri 
{odeurs reprcssanles) graines de coriandre, opium ; 9* odorea 
nauseosi (odeurs nauséeuses), bois de santal (scatolbolz; (anagyria 
foetida). 

Des spécimens sont montrés à la Société et une monographie 
sur ce sujet paraîtra en 1895. 

B, Champs auditifs do Gradsnigo. — i'ai poussé le champ au- 



J 



nùCîÈTÈS savantn éf 

ditif de Gradenigo jusqu'à ia limite des Ions aigus et bas de la 
manière suivante d'après nu système de coordination. Les di* 
^ers tons de l*échelle humaine sont posés sur Taxe des sépara- 
-tîoos. Quand on a réservé un millimètre pour chaque demi-ton, 
l'échelle entière mesure 132 millimètres dans la jeunesse, moins 
daUÀ la vieillesse (Voir ZeU$, f. Ptych, u. Pvjch, der Sinnenor^ 
9«jie, Bd. VU, p. 10). Sur l'axe des chiffres (ordinaten) on 
marque le pouvoir auditir qui est désigné par des diapasons à 
divers endroits de Féchelle des tons. (Voir ZeiU, f. Ohrenheitk,^ 
Bd. XVI V). L'espace borné par Tacte des séparations et les 
pointes des chiffres (ordinaten) formant des courbes, forme le 
champ auditif, dont la dimension est la mesure de l'acuité audt* 
tire sommaire. Je vous présente quelques-uns de ces champs au* 
à\Mh qui appartiennent à trois rubriques : a) celle des $cléro^ 
Uqaet. Les tons élevés sont très bien conservés, mais les or laves 
inférieures sont tout à fait perdues. Lorsque le processus ga^^ne 
la fenêtre ovale, les tons élevés souffrent aussi, b) champs nudi- 
tifê d^na (es affectiona labyrinihique»^ dans lesquels on trouve 
les signes connus, c) champa audifif» dana les anomalies plus 
importantes de la membrane tympanique. Celles-ci ressemblent 
beaucoup aux champs auditifs de la sclérose, mais elles pré- 
sentent des différences intéressantes. Cet examen doit être con- 
tinué sur une plus vaste échelle. Dans tous les cas on recher- 
chait d'abord les lacunes des tons sur Tharmonium, pour le bas 
au moyen du diapason de Moos-Appunn, pour le haut avec les 
baguettes d'harmonie de Kônig. 

8. W. ScHUTTBR (tironingue). -* i4. Un oas d'atrésie congénitale 
des ehoanes. —Je vous montre des moulages en plâtre du nés 
externe, des ehoanes, et du maxillaire supérieur provenant 
d'un homme de 59 ans atteint d'une atrésie congénitale de la 
choane droite. Sur le moulage du nez, vous voyez que la narine 
droite est plus petite que la gauche dans les deux dimensions. 
L'aile gauche du nez est voûtée, l'aile droite un peu elTondrée. 
Le moulage des ehoanes montre que l'atrésie siè^e à un centi- 
mètre en avant de la surface choanale. La surface de Tatrésie 
est légèrement plus petite que la choane, et la cavité facilement 
infuinlibuliforme. L'éloignement des trompes atteint 24 milli* 
mètres ; le septuni est dans la ligno médiane. La hauteur des 
ehoanes est à gauche de 17 millimètres et de 20 à droite ; la 
largeur de 10 millimètres à gauche et de 8 à droite. Le bord in* 
férieur des ehoanes est situé plus profondément à droite qu'à 
gauche. Le rétrécissement de la choane drofte est provoqué par 



68 SOOlteiS SAVANTflS* 

une anomalie de la paroi choanale latérale qui la comprime. 
Sur le moulage du maxillaire supérieur, on voit que le palAis e$t 
un peu plus voûté qu'il ne devrait l'être normalement, le maxil- 
laire est légèrement elliptique ; la mastication se fait com- 
plètement et régulièrement. Donc, pendant la seconde période 
dentaire la fosse nasale saine doit avoir élé libre. Ce diagramme 
des alentours du crâne de notre malade, montre que ce dernier 
était très symétrique. D'après tout ceci, Ton voit que les suites 
que Ziem décrit après une obstruction de la fosse nasale dans 
les premières années de la vie ont fait défaut chez notre malade. 
Au moyen de l'électrolyse bipolaire à travers le nez j'ai perforer 
Tatrésie osseuse en une séance et j'agrandirai encore cette per, 
foration. 

A une question du D^^ Cohen Tervaert, Schutter répond qu'il 
a pris le moulage de la cavité naso- pharyngienne avec Taide 
d'un dentiste, après cocaïnisalion, à l'aide d'une petite tige re- 
courbée garnie de gomme. 

GuïB. — Dans un cas semblable, sous anesthésie cocaînique, 
j'ai pratiqué une bonne perforation au moyen du ciseau, et j'ai 
employé des canules élastiques pour le traitement consé- 
cutif. 

B. Un cas de paralysie bilatérale des adducteurs (postiens) dia« 
gnostiquée. — Vous voyez ici le larynx d'un homme qui, à Tàge 
de 13 ans, a eu une inflammation du cou et qui s'est présenté 
l'an dernier à la Polyclinique pour de la dyspnée. Au laryngos- 
cope on diagnostiqua une paralysie postérieure avec adduction 
inspiratoire des cordes vocales ; il n'y avait ni hyperhémie, ni 
tuméfaction. Je rapportai cette paralysie à une bronchite pu- 
tride dont souffrait le malade, et je crus que les glandes lym- 
phatiques comprimaient les récurrents. La trachéotomie fut 
effectuée avec succès. Au bout d'une année le malade gagna un 
érystpèle. La préparation que je dois au D' Rotgans, consiste en 
la moitié droite de la langue, du pharynx et du larynx et une 
partie de la trachée et de l'œsophage et est conservé dans le 
liquide de Wickersheimer. Vous voyez ici une sténose impor- 
tante de la trachée et de l'œsophage au dessous du cartilage 
cricoîde. La circonférence d'ensemble est, à cette place, à peine 
grosse comme la moitié de ce qu'elle est quelques centimètres 
plus bas. Sous le cricoîde, un peu à droite, existe une perfora- 
tion ovale de 3/4 à 1/2 centimètre entre l'œsophage et la tra« 
chée, qui se sont soudées profondément l'une à l'autre. La mu- 
queuse de la trachée et de Tcdsophage rayonne autour de cette 



BOOrtrAS SAyAKTBS M 

perforaUon. Au-dessus de la Ûstule pend dans l'œsophage, très 
mobile à un pédicule long d*ua demi-centimètre, une petite tu- 
meur muqueuse qui menace d'obstruer totalement la fistule. Il 
est clair, qu'à la suite de cette circonstance, pendant la vie, les 
aliments n'ont pas pénétré dans la trachée. Les muscles laryn- 
giens n'étaient pas atrophiés. Le trouble de Tabduction des 
cordes vocales n'a donc été que la suite d'une fixation méca- 
nique des cartilages aryténoîdes. 

BuBfîER. — Il est remarquable que cette fixation n'ait pas pro- 
voqué une atrophie des postérieurs. 11 y a quelques années, Sidio 
ft décrit uu cas semblable où l'abduction était entravée par une 
dcalrice de la paroi laryngée postérieure ; mais ici ce n'est 
qu'après la mort qu'on a reconnu l'atrophie des postérieurs. 
Dans l'observation qui vient d'être rapportée, le mouvement per- 
Ters des cordes vocales parle en faveur de l'existence d'une pa- 
ralysie postérieure. 

ScBTTTTEa. — Les postérieurs n'ont été examinés que macros- 
copiquement par le Prof. Rotgans, et il n'y a pas constaté de 
signe d'atrophie. 

PosTHCXDS Meyes. — L'abductiou inspira toire peut être sim- 
Cément produite par Tengorgement, ainsi que j'ai pu le cons- 
tater distinctement dans deux cas de paralysie bilatérale du 
postérieur. 

C.Fréparation de syphilis pharyngienne. — Cette coupe mon- 
tre un fragment du bord d'une ulcération pharyngée et offre 
l'image d'un carcinome typique. Après avoir obtenu ce résultat 
par l'excision préparatoire, j'ai renvoyé le malade dans son 
pays comme inopérable et lui ai fait faire par son médecin des 
insufflations d'iodoforme ut aliquid fiât. Le malade est absolu- 
ment guéri, l'ulcération s'est cicatrisée. J'ai alors rapporté de 
nouveau la préparation au Prof. Reddingius qui dut s'en tenir au 
diagnostic de cancer. Je considère maintenant ce cas comme de 
la syphilis et je conseillerai pour les carcinomes inopérables, 
même lorsque le diagnostic est appuyé par l'examen microsco- 
pique, de ne pas renoncer au traitement anti-syphilitique. 

ZwAARDEMAKBR. — Cc mode do traitement n'est pas inoffensif. 
Quand le diagnostic de cancer est certain, à mon avis le traite- 
ment spécifique est contre indiqué. 

Pel. — Dans les affections ulcéreuses de la bouche et du pha- 
rynx, même après le résultat négatif d'une cure spécifique, il 
feut apporter la plus grande prudence dans le diagnostic. J'âî 
soigné une enfant atteinte d'un processus destrucfif étendu de 



70 SOCIÉTÉS SAVANTES 

la bouche et du pharynx, où à la suite de l'emploi de Tiode à 
haute dose, on diagnostiqua la tuberculose, et dans lequel . plus 
tard quelques injections de mercure amenèrent une guérisoa 
surprenante avec une cicatrisation étendue. 

SiKKEL. — On observe aussi le contraire lorsque le mercure 
laisse une piqûre et que Tiodure de potassium amène la guéri- 
don. Uu traitement alterné au moyen de ces deux remèdes est 
à recommander dans les cas opiniâtres. 

Ten SiETHOFP. — Le diagnostic est souvent très difficile aux 
endroits où il existe de Tépithélium pavimenteux. La proliféra- 
tion de cet épithéiium offre une ressemblance frappante avec le 
carcinome. J'ai vu des préparations de parcelles de tuberculose 
laryngée qui avaient Tapparence du cancer ; on confond aussi 
aisément la pachydermie avec ce dernier. 

9. A. SiRKEL. (Utrecht). — A. Un cas de lymphôme carcmôma- 
teux. — Le cas dont j'ai à vous entretenir concerne une 
paysanne âgée de 46 ans qui souffre depuis longtemps de maux 
de tête, d'obstruction nasale et d'épistaxis. Elle est faible et 
amaigrie. La narine gauche est remplie par une masse d'un 
rouge rosé, mùriforme, saignant facilement, qui semble avoir 
^on point de départ à la cloison. Dans la fosse nasale droite on 
trouve sur la cloison une tumeur plus pelile à bords aigus. Sur 
un des fragments retirés du côté gauche, le D' de Haan trouva 
des cellules épilhéliales atypiques à côté de nombreuses cellules 
lymphatiques qui donnaient à la tumeur un caractère mêlé. En 
raison des hémorrhagies, des douleurs de tête, de Tocclnsion et 
du coUapsus, je me décidai à faire lopération au moyen de 
l'anse chaude, introduite très aisément du côté droit, tandis 
qu'une violente héraorrhagic se produisait à gauche. Plus tard, 
le septum se perça et la muqueuse du plancher nasal fut affecté. 
Toutes les parties suspectes furent enlevées avec le couteau cir- 
culaire monté sur la machine perforatrice des dentistes, la 
cuiller pointue, le gai va no-cautère et le ciseau. 11 ne resta des 
deux côtés qu'un étroit bord de la cloison. Le traitement souvent 
interrompu par des hémorrhagies dura six semaines. Au bout de 
ce temps, la malade se trouva bien mieux ; la céphalalgie et la 
faiblesse avaient disparu ; le poids du corps avait augmenté. Je 
vous présente ici la masse de la tumeur extirpée et les prépara- 
lions microscopiques. Dix semaines environ sont écoulées à 
présent depuis le traitement et il n'y a pas encor€ eu de 
récidive. 
B. Otite externe double. — Une eufant ie 9 ans, à la suite 



I- 



80CIÉTÉS SAVANTES 71 

d'nne affection lyphique eut des saignements d'oreille bilatéraux. 
Deax jours après je constatai une violente surdité, et d'innom- 
brables furoncles dans les deux conduits auditifs, dans les pa- 
Tîllons et sur la tête. Ils furent incisés, le conduit audilif traité 
afec de la gaze iodoformée et la tête avec du sublimé. Des 
furoncles apparurent aussi dans la région lombaire. Au bout de 
trois semaines, la malade avait recouvré son acuité auditive 
normale. 

C. Corps étranger du conduit auditif externe. — Chez une jeune 
6ile de 22 ans, j'enlevai un noyau de cerise du conduit audilif, 
qui, pendant quinze ans, n'avait causé aucune douleur, mais qui 
tout à coup provoqua une otalgie insupportable. Le noyau sié-- 
geait très profondément ; les instruments ne pouvaient pénétrer 
jusqu'à lui. C'est pour cela que j'ai construit cet instrument qui 
consiste en une petite canule munie d'un petit entonnoir ; la 
partie libre large de l'entonnoir porte une petite lame de 
caoutchouc assujettie au moyen d'un plus petit infundibulum. 
L'instrument fut plongé dans l'huile et porté sur le noyau. Par 
l'introduction de la canule, je pus mobiliser le noyau de façon 
à ce que Tinstrument pénétrât et le corps étranger put être 
extrait. 

40. E. G. A. Ten Siethoff. (Deventer). -- A. Epilepsie réflexe 
d'origine nasale. — J'ai soigné deux cas certains. Le premier 
concerne un homme de 38 ans, épileptique depuis 20 ans. Les 
crises furent toujours plus violentes et durèrent plus longtemps, 
elles- étaient accompagnées de perte de connaissance totale, de 
morsures de la langue et de crampes toniques des extrémités. 
A la rhinoscopie, je trouvai une hypertrophie des cornets infé- 
rieur et moyen et une crête de la cloison cartilagineuse. Je 
prescrivis de la cocaïne que je fis appliquer par la femme du 
malade dans le nez en solution à 10 % et par ce moyen je cou- 
pai l'accès. Après la constatation de cet effet, je traitai la mu- 
queuse nasale par la gai vano- caustique. Le résultat a été que 
depuis deux ans les crises ont disparu et que le malade se ré- 
jouit d*une euphorie non troublée. 

■ Le second malade est un homme de 33 ans. Il a depuis long- 
temps de légers accès d'épilepsie ; en janvier 1892 il eut la pre- 
mière crise sérieuse qui fut accompagnée d une sensation de 
fétidité épouvantable et pendant laquelle il tomba dans l'escalier. 
La fétidité persista durant une semaine. Depuis, il a eu toutes 
lès cinq, puis toutes les- trois s^^maines des accès semblables^ 
toujours accompagnés d'une iaura olfactive qui durait quatre 



72 SOCIÉTÉS SAVANTES 

jiours, puis de l*anosmJe. La fosse nasale droite était êntière- 
inent obstruée par le gouflement de la muqueuse. Lorsque 
j'introduisis un tampon de cocaïne, le malade changea immé-. 
dialement de visage et me dit que la fétidité avait soudainement 
disparu. Le cornet inférieur droit était hypertrophié et soudé 
dans toute sa longueur à la cloison. La largeur de cette synéchie 
était de 2 milliin. Le cornet moyeu était également hypertrophié 
et soudé à la cloison dans sa partie postérieure. Sur le septuro» 
un peu au dessus de la conque inférieure, existait une tuméfac- 
tion molle circonscrite. Les hypertrophies et les synéchies fu- 
rent enlevées. Ce traitement demanda un temps assez long. 
Depuis que les fonctions nasales sont devenues normales, Tépi- 
lepsie a disparu. Seulement le malade a parfois des signes de la 
fétidité passée. Son état général s'est modifié. 

B. Polype naso-pharyngien. — Le polype que je vous montre 
provient d'un garçon de 13 ans et mesure 7, 5 à o centimètresi 
Au microscope il ressemble à une tumeur de tissu adé- 
noïde couverte de cils vibratiles et contenant plusieurs couches 
d'épithélium. Depuis dix-huit mois le malade ne pouvait plus 
dormir, étant toujours réveillé par la tumeur qui tombait dans le 
lar^^nx. Le toucher de Tépiglotte avec la sonde ne provoquait pas 
de réflexe, car elle était sans doute accoutumée à Tirritation. La 
cavité naso-pharyngienne était totalement obstruée. J*ai enlevé 
la tumeur qui avait son point d'insertion à la partie postérieure 
du cornet droit moyen au moyen deTanse galvanique introduite 
par le nez et ressortie par la bouche autour de la tumeur. J*ai 
aussi débarrassé le nez du malade de cinquante polypes* 

11. GuïE. Polypes des choanes. — Les polypes des choanes, de 
môme que ceux du nez ne doivent être enlevés qu*à l'anse froide 
et non au galvano-cautAre. Si Ton sectionne un polype avec 
Vanse chaude, on n'en retire qu'une partie et on laisse d'habi- 
tude la plus grande portion. Pour l'opération des polypes des 
choanes, dans la plupart des cas, l'extraction bimanuelle est la 
mieux appropriée. J'introduis le serre-nœud de Wilde dans le 
nez, puis je fais passer par la bouche l'index qui pénètre 
dans la cavité naso-pharyogienne, où je rencontre très aisé- 
ment Tanse dans laquelle je cherche à introduire un morceau 
du polype. Ensuite je serre le nœud avecTautre main et je retire 
le polype. Cette méthode m'a presque toujours réussi, même 
dans des cas où des confrères, par la voie galvano- caustique 
employée fréquemment, n'avaient extrait que de petits fragments 
de tumeur. Vous voyez ici quelques polypes des choanes enlevés 



SOGliTÉS SAYANTKS 73 

par ce moyen. Il n*y a que pour ce polype dur, lisse» arrondi» 
qui siégeait sur le bord postérieur du septum que Texlraclion 
bimanuelle a échoué, parce que le serre-nœud glis^sail chaque 
fois sur la surface postérieure lisse du polype. Un jour j'arrivai, 
par Texamen digital, à trouver l'insertion sur le bord postérieur 
de la cloison ; la tumeur fut retirée par la malade par la bouche. 
Dans de rares cas,ranse d'acier est arrêté dans le nez par le ramol- 
lissement de la cloison, et on a de la peine à faire arriver le serre- 
nœud derrière le polype. Pour ces cas j'ai fait con*<truire un 
conducteur de serre-nœud, une sonde d'argent recourbée dont 
Fextrémité est protégée par une cupule arrondie. Au moyen de 
cette cupule, l'instrument est replié. Ce petit crochet sert à sur- 
monter une autre difficulté rare, lorsque l'on croit par exemple 
avoir emprisonné le polype dans Tanse, tandis qu'au moment de 
serrer, il échappe à 1 instrument. Le crochet, qui est muni d'un 
fil métallique, happe la tumeur.. En serrant le nœud, on tire 
légèrement sur le fil, afin que le polype ne glisse pas. 

12. PosTHUMus Meyrs. — Préfl6ntation d one amygdale pharyngée 
de dimension extraordinaire, extraite avec le couteau de Gottstein 
chez un garçon de 7 ans. La préparation mesure encore 17 à 22 
et 29 millim. et pèse 5 grammes. L'antre montre aussi plusieurs 
petites canules pour le traitement consécutif aux perforations 
alvéolaires du sinus maxillaire. 

13. A. G. H. MoLL (Arnheim) montre un otoscope dont la 
partie destinée au malade est en verre et se divise en deux par- 
ties. L*olivo peut très aisément être retirée de l'autre partie. 
On doit avoir un grand nombre de ces olives qui sont des plus 
faciles à désinfecter, afin que chaque malade se serve d'un ins- 
trument propre. M. présente ensuite un oiseau pour l'opération 
de Stacke avec lequel on enlève la paroi externe de l'atlique. 
L'auteur a fait adapter au ciseau de Stacke un manche à angle 
droit pouvant se changer. 

Au nom de la Société, le D** Zwaardemarer offre des remercie- 
ments au président. 
Arnheim est désigné comme siège de la prochaine réunion* 



It SOCIÉTÉS SAYAinitS 



SOCIÉTÉ VIENNOISE DE LARYNGOLOGIB {*) 

Séance du 44 février 4895. 

Président : Prof. Stôrk. 
Secrétaire : H. Eosghier. 



RÉTBi montre un fibrome dur naissant da méat moyen par 
un long pédicule mou, pénétrant assez loin dans la cavité 
naso-pharyngienne et Tobslruant presque totalement. Le malade, 
âgé de 25 ans, se plaignait principalement d'obstruction nasale 
et de céphalalgies frontales intermittentes. 

Pour essayer d'enlever la tumeur en un seul morceau, et aussi 
en raison de la vive sensibilité du pharynx malgré la cocamisa- 
tion, néthi en pratiqua Tablation par les orifices antérieurs du 
nez. Après plusieurs tentatives infructueuses pour saisir la 
tumeur avec le serre nœud et la ramener en avant, et pour 
l'attirer au moyen d'un crochet pointu, R. introduisit son serre- 
nœud, muni d'une petite anse horizontale par le méa^ 
inférieur, pencha l'instrument vers le bas et agrandit progressi- 
vement le nœud, remit l'instrument dans sa position normale et 
saisit ainsi la tumeur. Ensuite, non sans eCTortSi il attira cette 
dernière en avant et réussit à arracher le miace pédicule en son 
point d'implantation. 

Là tumeur mesurait 9 centimètres 5 de long et 9 centimètres à sa 
plus grande circonférence. Le pédicule était en forme de ruban, 
mou, semblable à un polype muqueux, la masse principale de la 
tumeur, qui était assez nettement séparée du pédicule, était 
arrondie, réniforme, lisse, d'un blanc brillant, dure, et n'était 
sillonnée qu'à la surface par de rares vaisseaux. L'examen 
microscopique caractérisa un fibrome dur. 

(1) D'après le compte rendu de la Wiener klin, Woo?iensûhrifl, 
25avnll895. 



, 



iôÔÏÈrtS SATANTM 7S 

Cette observation est intéressante, moins par la drmentton de 
la tomeur et la difficiilté de son extraction que par sa forme, en 
raison da trajet du lon^ pédicule mince, du Toiuroe de la 
tomeur, et de la grande fermeté de la masse principale et la 
Dioileuse du pédicule. 

Panzer fait une communication sur la fomatiim de kyftot 
dus le larynx, qni a été publiée dans la Wiener Klin. Woch. 
18 ami 1895. 



Séance du 44 nur$ 4895, 



Président : Prof. StOrk. 



Secrétaire : D' Schnail. 



Prof. Stôbr— Sur les rapports entre les aifections nasales et la 
méningite. (Ce travail para! Ira dans la Wiener hlin. Woch), 

Dans la discussion, Weil cile un jeune homme qui, trois 
jours après Tacnée d'une pleurésie, eut une crise de df'lire 
furieux et tenta de suicider; Fauteur croit que ces cns dans 
lesquels, à la suite de la résorption de substances toxiques, se 
manifestent des suppurations encéphaliques, doivent être dis- 
tinguées de celles où la suppuration se produit dans le voisinage 
immédiat du crdue, dans le nez par exemple, car dans ces cas 
il faut penser tout d^abord à la migration directe de l'inflamma- 
tion à riutérieur du crâne. Weil demande à Slork si, chez le 
malade qui avait présenté des aspects si divers delà maladie, les 
croûtes avaient persisté dans la cavité naso-pharyngienne et si 
les cavités sphénoïdales avaient été atteintes. \Veil omet aussi, 
dans le résultat publié de Tautopsie, l'état des cavités annexes, à 
la base du crâne, qui auraient pourtant été ici d'une grande 
importance. 

Weil parle d'un opuscule récemment paru de Harke (Ham- 
bourg) donnant les résultats d'environ 400 coupes de sinus, 
qu'il a faites d'après une méthode à lui personnelle (sciage de la 
base du crâne par le milieu, bris par le ciseau de l'atlas et de 



76 fiOCiferÉS SAVANTES 

l*épistropheas) sans défigurer le visage sur les cadarres de 
l'hôpital, et il croit que cette méthode permet de voir bien 
mieux les cavités nasales que le sciage aujourd'hui employé de 
la hase du crâne avec la scie acérée ; mais que, dans les cas où 
Von n'a pas à s'occuper du nez et de l'antre d'Highmore, la 
simple ouverture de la botte crânienne suffit. 

Prof. 0. Chu RI. — Prolapsus du Tentrîoole de Morgagni. (Sera 
publié dans la Wiener klin. Wochensehrift), 

Weil fait remarquer que, bien qu'il s'agisse d'un véritable 
prolapsus de la muqueuse et que la tumeur ait été extraite assez 
profondément, on devrait trouver du tissu conjonctif sous- 
muqueux au milieu de la surface de section et qu'ainsi la ques- 
tion sérail résolue ; mais que, naturellement, son absence ne 
permet pas de voir cette hypothèse, car ce tissu a pu être 
arraché, et il demande à Ghiari l'explication de ce point de sa 
préparation. 

Chiar[ ditque les recherches anatomiques faites sur le cadavre 

démontrent que ce repli forme une saillie très résistante, et que 
la section du pli est à la même résistance. Après l'ablation du 

prolapsus, le ventricule et la corde vocale ont repris leur forme 

normale. 



MAhlMÊ 77 



AHALTSU 



I. - BOUCHE ET PHARYNX 



Saretae du palais traité et guéri par les streptocoques de l'érysi- 
pftle, par Wallst Johnson [Med, record, il novembre 1894). 

Sarcdme ayaat envahi tont le palais chei nn garçon de 
seize ans. L'examen hislologiqae d'un fragment montre qu'il 
s'agit d'un sarcome à cellules fusiformes. Traitement par les 
injections hypodermiques de cultures filtrées du streptococcus 
erjsipelatus et du bacillus prodigiosus (quinze, puis soixante 
gouttes par jour). Légère hyperthermie après les injections. Le 
traitement dura du 31 octobre 1893 au mois de juin 1894. Amé- 
lioration lente mais progressive des lésions locales et de Tétat 
général. Le i" octobre 1894, il ne reste qu'une petite veine et 
deux exulcérations. Des bandes cicatricielles unissent le voile du 
palais au pharynx. Deux figures montrent l'aspect des lésions 
avant et après le traitement. a. f. plicqui. 

LéaiOB nenreose de l'amygdale du TOile du palais et de la luette, 
par B. F. Wssthvook. (New-York med. journ., 1894, p. 617). 

Les accidents d'ulcération et de sphacèle du côté du pharynx 
et de l'amygdale semblèrent certainement d'origine trophique. 
Aucune autre cause ne pouvait être invoquée et il existait des 
accidents de névrite multipleâ. Le traitement le plus efficace 
parut, après plusieurs essais, les attouchements avec la solution 
de nitrate d'argent à cinquante pour cent. Guérison en un mois. 

À. F. PLICQL'E. 

Papillome de ramygdale,par H. T. Machell. {New-York med, journ. 
19 janvier 1895). 

Les tumeurs papillomateuses de l'amygdale sont d'une extrême 
rareté. Dans 1'bbsei*vation de M., si l'aspect macroscopique était 



Ttr âKALTSB 

bien celui d'an papillome, le diagnostic bistoiogique est peut-être 
en faveur d'an lymphadénome. La tumeur est en effet de nature 
lymphadénoîde, reproduisant le tissu même de lamygdale. 
L'ablation ne fut d'ailleurs jbîte' qu'après la mort qui survint du 
fait d'une angine dipbthérilique ou scarlatineuse. Le début du 
papillome semblait remonter à deux ans. a. f. plicqub. 

Les névrotes tensitives de la gorge de Fflge elimatérique. par 
FÉLIX Sbsion. {BriL med. jonrn.f janvier 1895« p. 3). 

Ces sortes de névroses sont d'une très grande fréquence ; elles 
se manifestent par les sensations les plus diverses, mal local isées^ 
plus ou moins rapportes au pharynx et an larynx, de la séche- 
resse, des picotements, des douleurs névralgiques. Le traitement 
psychique est le seul logique, destiné à soutenir le moral de ces 
malades jusqu'à ce que la ménopause déGnitive amène la guéri* 
son du- mal. C'est là encore une manifestation des relations si 
curieuses entre les- fonctions et le développement de Tappareil 
génital et de l'appareil vocal. M. n. w. 

Sur un cas d'angine psendo-membraneose observés ches une sy* 
philitique avec présenee exclusive dans l'exsudaf des formes 
levures du muguet, par Teissicr. (Arch, de méd, expérim.^ 

■ mars 1895.) 

L'auteur a tu chez une femme atteinte de syphilis secondaire, 
une angine aiguë être rapidement suivie de la formation d'un 
exsudât offrant objectivement tous les caractères de la fatJLs&0 
membrane. L'e^iamen bactériologique de cet exsudât a mon- 
tré qu'il renfermait à l'état de pureté absolue une levure qui 
n'était autre chose que du muguet. 

Sur les préparations colorées Télément dominant était repré- 
senté par de nombreux et volumineux globules, franchement 
colorés, limités par une paroi à double contour : leur forme 
élait arrondie ou polygonale par pression réciproque : quelques^ 
uns étaient isolés et parfaitement arrondis. 11 n'existait uucuil 
filament, aucune forme ramitiée, tubuleuse, rappelant le mycé- 
lium des auteurs classiques. 

L'auteur conclut : 

1« Que le parasite du muguet peut exister à l'état de pureté 
dans des produits pseudo-membraneux-. * 

2^ Qu'il peut se. manifester primitivement' ei exclusivement 



▲NAtTSB9 19 

9Qr ie voile du paiais» sous la forme de levures, c'est-à-drre suub 
la forme que le parasite prend lorsqu^il se trouve dans des con- 
ditions favorables de développement. 

3* Qu'il peut se développer sur un terrain préparé sans doute 
par la syphilis,' mais en dehors de toute acidité ou de sécheresse 
buccale, de tout affaiblissement cachectique, c'est-à-dire des 
conditions pathogéniques habituelles de Tangine crémeuse. 

M. L. 

Perûtance et dangers du bacille diphthéritique. par Boureau 
(de Tours). [Gaz, hebd. de méd. et de c/»>., 2 lévrier 1895). 

L'auteur montre que depuis Tapplication de la sérumthérapie 
dans la diphthérie, la guérison est beaucoup plus rapide qu'avec 
les autres méthodes de traitement et, par suite, les petits malades 
guéris sont rendus plus vite à la liberté. 11 a suivi longtemps, 
après leur maladie, des enfants ayant eu la diphthérie et chez 
lesquels il a pratiqué des examens et des cultures bactériolo- 
giques. Il a pu retrouver des bacilles dans le mucus de leur 
gorge, quinze jours, un mois et môme deux mois après langine 
et ces enfants avaient pu ainsi transporter la contagion, plusieurs 
fois, ainsi que Fauteur Ta observé. 

II résulte donc que la désinfection d'une maison ne met pas 4 
Tabri de la contagion. 11 faut, après la maladie, proscrire des 
lavages fréquents et antiseptiques de la gorge du malade isoler 
sévèrement le convalescent. Les précautions suivantes, recom- 
mandées par l'auteur, méritent d'être vulgarisées : « à l'asile de 
Clocheville, près de Tours, les guéris sont isolés et leur eseat ne 
leur est donné que lorsque Texamen du mucus de la gorge et du 
oez a démontré Tabsence de bacilles. » g. lacrens. 

Le traitement de certaines affections des amygdales au moyen 
d'un nouvel emporte-pièce, par Brown Kelly [Lancet, 
7 juillet 1894). 

Dans les cas où raroygdalotomie est contre-indiquée pour une 
raison quelconque, on est généralement obligé d'avoir recours à 
un mode de traitement moins rapide et on donne habituellement 
la préférence aux cautérisations à l'aide du galvano -cautère, ce 
qui amène une durée de traitement variant de C à 10 semaines 
pour peu que Thypertrophie tonsillaire soit notable. Il faut 
ajouter à cet inconvénient celui des réactions inllammaloire? 
qui ne sont pas rares à la suite des cautérisations. 
: CTest, pour éluder ces inconvénients qui cet emporte-pjiècé est 



80 ANALT8BS 

imaginé ; gr&ce à un dispositif tr^s simple, le moi*s passif de 
rinstrument peUt se trouver en avant ou en arrière de Tamygdaie, 
la mors actif agissant suivant le cas par propulsion ou par trac- 
tion. 

Les indications de cet instrument sont les suivantes diaprés 
l'auteur : 

1. L'augmentation du volume de Tamygdale porte surtout sur 
le diamètre antéro-postérteur sans notable saillie en dedans. 

2. Quand le pilier antérieur du voile du palais tendu sur 
Pamygdale serait menacé par Tamygdalotome. 

3. Quand, après amygdalotomie, le moignon tonsillaire est le 
siège d'inflammations fréquentes. 

4. Quand il y a amygdalite lacunaire chronique sans hyper- 
trophie. On peut combiner l'usage de cet instrument à la disci- 
sion de Tamygdale, ou l'employer seul. 

5. Quand il s*agit d'un adulte très pusillanime, l'anesthésie 
parfaite étant plus réalisable pour cette opération que pour 
Tamygdalotomie. 

L*opéralion se fait après anesthésie à la cocaïne ; Thémorrhagie 
est généralement très faible. Immédiatement après il y a avan- 
tage à badigeonner les parties avec une solution à 2 ®/q de 
pyoctanine. Douleur faible pendant la première journée seule- 
ment. La guérison demande généralement 2 à 3 séances. 

C. W. DU BOUCHET. 

Le traitement médicamenteux des maux de gorge, par Avellis. 
{HevAniern, de rhinol, oioL et laryngologie, u? 2, p. 13, 25 jan- 
vier 1895.) 

Malgré les immenses progrès réalisés dans notre spécialité, le 
traitement des douleurs de gorge ne s'est guère modifié depuis 
la publication du traité de Morell Mackenzie. La morphine est 
encore le remède le moins infidèle pour calmer les soufi^rances 
vives que déterminent les inflammations aiguës, les ulcérations 
du pharynx ; mais il faut l'employer à dose disproportionnée 
d'avec relTel local attendu, et impressionner toute Téconomie 
pour arriver en fin de compte à émousser la sensibilité des 
piliers palatins : de plus, ses inconvénients sur l'estomac sont 
sérieux. La cocaïne, de son côté, a une action trop fugitive, et 
cause chez beaucoup de malades une sensation de sécheresse et 
même d'étouffement passagers plus désagréables parfois que le 
ttial de gorge lui-même ; enfin les solutions cocaïniques nécessaires 



ANALYSES 81 

pour calmer les souffrances font, de par leur toxicité, courir un 
véritable danger aux malades. Maison reproche à Fantipyrine en 
solution concentrée : son goût amer, son prix de revient élevé; 
et enfîn la dose forte qu'il faut employer peut amener un 
coliapsus dangereux chez certains malades. 

L'auteur a cherché une combinaison capable de calmer les 
douleurs de gorge agissant efûcacement, même donnée à petites 
doses et pouvant s'administrer sous une forme agréable. 

11 s'adresse pour cela à un mélange de cocaïne et d'antipyrine, 
se fondant sur ce fait connu que Tassociation de deux substances 
esl plus active que l'action isolée de chacune d'elles, même à 
doses plus élevées. Il a réussi, après quelques tâtonnements, à 
préparer un sel double d'antipyrine et de cocaïne. Il a incorporé 
cette « cocapyrine » dans des pastilles dont la solubilité lente 
favorise un effet plus prolongé. Elles font cesser, dans les pharyn- 
gites sèches, les chatouillements et picotements et provoquent 
une salivation abondante ; elles font rapidement disparaître les 
douleurs de l'amygdalite aiguë ainsi que celles qui suivent les 
opérations faites sur la gorge. 

Chaque pastille contient vingt centigrammes d'antipyrine et 
deux milligrammes de cocaïne : trois ou quatre pastilles par 
jour suffisent. ii. l. 

IndicatioiiB et eontre-indioations de l'ablation de l'amygdale pha* 
ryngée, par Escat [Arch, méd, de Toulouse, février 1895). 

Indications chez V enfant. 

Végétations remplissant le cavum, et obstruant les choanes. 
Suppurations rebelles des oreilles. • 

Surdité par catarrhe tubaire. 

Accès de strudulisme ; bronchites chroniques rebelles. 
Arrêt de développement du thorax. 

Troubles respiratoires du nouveau-né, empêchant l'allaite- 
ment. 

Contre-indications chez l'enfant. 

Hypertrophie modérée, sans troubles fonctionnels sérieux. 

Adénoîdite aiguë, simulant la vraie hypertrophie. 

Intercurrence de la tuberculose pulmonaire qu'il faut distin- 
guer soigneusement des complications thoraciques des végéta- 
tions. 

Biilieu épidémique : influenza, diphthérie... 

ANNALBS DBS MALADIB9 DB l/ORBILT B BT DU LARYNX — XXI. 6 



82 ANALYSAS 

Indications chez Vadulle, 

Végétations assez volumineuses pour provoquer des troubles 
fonctionnels. 

Hypertrophie se compliquant de catarrhe naso pharyngien. 

Catarrhe rebelle, et dégénérescence kystique de la bourse de 
Luschka. 

Contre-indicàlions . 

Hypertrophie modérée, sans complications (oreilles, larynx). 
L'auteur signale encore les insuccès dus : 

1) à une opération incomplète ; nécessité du bromure d'éthyle 
chez Tenfant, de la cocaïne ou menthol chez Tadulte, 

2) au manque d'asepsie (champ opératoire, instrument). 
Conclusions : n'opérer qu'avec prudence et discernement. 

H. RIPAULT. 



m. - LARYNX ET TRACHEE 

Présence d'un corps étranger dans les voies aériennes pendant 
one période de neuf mois, par Mighblmorb {Làncet^ ii août 
1894). 

L'observation de Michelmore a trait à un petit garçon de 
7 ans qui, soudainement, fut pris, il y a 4 mois (octobre 1893), 
de vomissements suivis bientôt d'une forte toux paroxystique et 
d'une expectoration abondante. A l'examen on trouve l'enfant 
pâle, émacié ; la respiration était accélérée et Ton entendait des 
ronchus muqueux forts et sonores au devant de la poitrine. 
Matilé à la percussion, bruits respiratoires affaiblis au tiers 
inférieur des deux bases. La toux était fréquente, il y avait de la 
dyspnée et de la cyanose. L'enfant eut plusieurs attaques de 
broncho-pneumonie, plusieurs fois il fut en danger imminent 
d'asphyxie. Le 5 juin, 9 mois après le début des accidents, il y 
eut une crise plus violente que les autres et à la suite d'une forte 
quinte de toux, le malade expectora comme un gros caillot de 
sang. Mais en tombant dans la cuvette ce caillot produisit un 
bruit comme s'il s'agissait d'un corps dur. On l'examina, on le 
lava, et au centre on trouva un noyau de prune. Après l'expulsion 



ANALY81BS 83 

da corps étranger Tétat s'améliora promptement et Tenfant se 
remit très vite. Ce qa*il y a de remarquable ici (ie noyau était 
long d'un centimètre et demi et pointu), c'est que rien ne vint 
révéler tout d'abord la présence du corps étranger dans la 
trachée. Il n'y eut au début aucun symptôme. L'ingestion de 
prunes remontait au mois d'août, et c'est en octobre seulement 
que les accidents apparurent. p. helmb. 

Sur les anomalies dans la motilité du larynx, par James Cagnet. 
(Laneet, 16 juin 1894, p. 1491). 

L'auteur attribue ces paralysies dissociées, signalées pour la 
première fois par Rosenbacli et Semon, décrites depuis par 
nombre d'auteurs, à des phénomènes d'inhibition. Sa théorie, 
assez obscure d'ailleurs, ne s'appuie que sur des considé- 
rations purement spéculatives, sans que l'anatomie patho- 
logique ou l'expérimentation soient même invoquées. 

G. W. DU BODCHET. 

Quelques cas rares de complications pharyngo-laryngées à la 
suite de l'inilnenza. par L. Rethi. {Wiener klin. Wochenschrift^ 
29 novembre 1894, p. 903). 

Une paralysie du nerf récurrent droit chez un homme de 
58 ans fut observée à la suite d'une grippe qui n'avait présenté 
au début rien d'anormal. Cette paralysie persista pendant trois 
semaines ; au bout de ce temps l'usage de la strychnine et 
l'électrisation combinées produisirent la guérison. 

Même accident survint chez une femme de 45 ans. 

L'auteur a également tu une périchondrite laryngée consécu- 
tive à la grippe chez un homme de 18 ans, la guérison eut lieu 
trois mois plus tard. 

11 signale encore un phlegmon du larynx, des ulcérations 
pharyngées, une sorte de pharyngite fibrineuse siégeant au 
niveau des amygdales, etc. c. hischvann. 

Cas d'hémoptysie et d'emphysème sous-cutané à la suite de frac- 
ture d'un larynx nécrosé, par Geo. S. Middleton (Glasgow 
médical journal f novembre 1894). 

Cette observation relative à un malade de 70 ans, qui fit un 
choc léger sur le cou, est intéressante en ce que : 



L 
r 



84 ànaltsbs 

1° La maladie du larynx resta toujours latente et, durant la 
vie du malade, ne se manifesta par aucun signe ; 

2« Un léger accident précipita la fracture du cartilage laryngé 
nécrosé ; 

Z^ La production d*une hémoptysie et d'un emphysème sous- 
cutané sont rarement le résultat d'une telle cause. p. g. 

Quelques considératioiLS sur la laryngite sèche, par Lagoarrst 
(Revue de laryngologie, i"'* décembre 1894). 

Toujours consécutive à une rhi no-pharyngite sèche, raffection 
se caractérise par la production de croûtes adhérentes aux 
bandes ventriculaires et au bord libre des cordes ; la muqueuse 
sous-jacente, sèche et amincie, saigne facilement ; d'où petites 
hémoptysies à répétition ; enfin état parétique des cordes. 

La voix est altérée, surtout le matin avant l'expulsion des 
mucosités, rejetées par de violentes quintes de toux, souvent 
suivies de nausées et vomissements ; la gêne respiratoire peut 
être assez marquée. 

Le processus laryngé peut se propager aux bronches : d'où 
bronchite chronique et bronchectasie. 

Le diagnostic est surtout à faire avec la laryngite tuberculeuse 
au début ; il se fonde sur une auscultation négative, un état 
général bien conservé, la marche des accidents. 

L'ozène laryngo-trachéal a pour lui son odeur particulière. 

Le pronostic, bénin en soi, est assombri par la ténacité des 
accidents, et leur récidive trop facile. 

Le traitement s'attaque au nez et au pharynx ; le larynx est 
soigné par des pulvérisations et attouchements astringents et 
caustiques (nitrate d'argent) ; le traitement général par les sul- 
fureux, balsamiques, est à conseiller. ripault. 

Paralysies laryngées dans la fièvre typhoïde, par Boulay et 
Mendel {Arch, générales de médecine, décembre 1894). 

En raison de sa rareté, comparativement aux autres compli- 
cations de la (lèvre typhoïde, ce sujet méritait une étude parti- 
culière qui a été faite récemment par les auteurs : 17 cas, dont 
quelques-uns personnels à l'un des auteurs, ont servi à l'élabora* 
tion de ce petit mémoire. C'est, la plupart du temps, au moment 
de la défervescence et même pendant la convalescence que se 
produisent ces paralysies, quelquefois on peut les choisir pen- 
dant la période fébrile. Toutes les formes de paralysies peuvent 



i 



ANALTSBS 85 

sonrenir ; mais les plus fréquemment observées ont été les pa- 
ralysies de dilatation et la trachéotomie est devenue nécessaire 
chez quelques malades ; la canule, chez la plupart, ne put être 
retirée ; puis viennent ensuite, par ordre de fréquence^ les para- 
lysies de constriction. La pathogénîe de ces complications serait 
très obscure et Tanatomie pathologique ne semble pas avoir 
éclairé ce c6té de la question qui mériterait des études plus 
approfondies que les auteurs n*ont pu faire. 

A. G. 



dea abducteuTB au cours de la ayphilia tertiaire, par 
M« Boulât et H. Mendel. (Archiv. intern, de laryngologie. 
Tome VII, no 4, p. 233, juillet-août 1894.) 

Homme de 50 ans, prend la syphilis en 1888. Un an après, 
ébauche de paraplégie spasmodique. En 1892, hémiplégie droite 
subite ; simultanément, il perd la parole ; pendant huit jours, 
aphonie complète, puis la voix revient peu à peu, mais de nou- 
veau s'altère pour prendre les caractères qu'elle présente encore 
maintenant. En 1894, outre une exagération des réflexes rotu- 
licns, une légère impotence des membres droits, et une paraly- 
sie complète de la troisième paire droite développée depuis trois 
semaines, il existe manifestement des troubles phonatoires et 
respiratoires. La voie est eunuchoîde, un peu enrouée, le malade 
ne peut crier, et quand il a parlé quelques instants, sa voix se 
perd. En outre, il y a un léger degré de dyspnée d'effort. 

Le laryngoscope montre des cordes vocales, d'aspect normal, 
mais complètement immobiles, ne laissant entre elles qu'un 
espace de trois millimètres environ au niveau des apophyses 
vocales ; pendant les efforts de phonation, les aryténoïdes exé- 
cutent un léger mouvement d'adduction d'un millimètre envi- 
ron, les cordes se tendent incomplètement, et n'arrivent pas 
tout à fait au contact. 

L'iodure de potassium a guéri la paralysie de la troisième 
paire mais est resté sans influence sur les troubles laryngés. 

Les auteurs rejettent l'hypothèse d'un spasme des adducteurs : 
constatant chez leur malade des paralysies diverses, telle que 
celle du moteur oculaire commun, du thyro-aryténoïdien in- 
terne, ils concluent par analogie à l'existence d'une paralysie 
des abducteurs. 

Les résultats respectifs de l'examen du cou et du médiastin, 
la bilatéralité de ces paralysies leur font admettre à cette para- 



86 ANALYSES 

lysie une cause centrale : soit une pachy méningite péri-bulbaire 
syphilitique, soit une plaque de sclérose sur le plancher du 
quatrième ventricule. 

M. L. 

Périchondrite aryténoldienne. suite de ftèvre typhoïde. Ankylose 
crioo-aryténoîdienne. Sténose du larynx, par Yergniaud {Revue 
de laryngologie, !•' décembre 1894). 

Au cours de la convalescence, accidents respiratoires à 
marche rapide, nécessitant la trachéotomie. 

Plus tard, on trouve à Texamen : tuméfaction notable et immo- 
bilité des deux aryténoïdes ; excursions très restreintes des 
deux cordes ; par un traitement simple (topiques astringents, 
faradisation), amélioration progressive très marquée de Tétat 
local (voix, respiration redevenant en grande partie laryngée) 
et général. 

L'auteur espère compléter ces résultats par la dilatation du 
larynx, et la révulsion ignée sur Taryténoïde immobile. 

H. RIPAULT. 

Laryngite et paohydermie, par le D' Paul Raugé (Challes) (Com- 
munication au Congrès français de médecine interne, 1'* ses- 
sion, Lyon, 25 octobre 1894). 

Le 27 juillet 1887, R. Virchow, à propos d'une observation 
devenue historique, signalait à la Société de médecine de Berlin 
une altération particulière de la muqueuse laryngée, qu'il pro- 
posait de désigner sous le nom de pachydermie du larynx. 11 
distinguait, dans cette affection nouvelle, deux formes anato- 
miques différentes : la première, pachydermie circonscrite ou 
verruqueuscy était essentiellement constituée par l'accumulation 
des couches épithéliales et par leur transformation épider- 
mique, au niveau d'un point limité généralement situé à la 
partie moyenne ou antérieure des cordes vocales. L'autre, pa- 
chydermie diffuse, s'étendait généralement à toute la surface 
des cordes vocales, mais avec une prédominance marquée au 
niveau des apophyses vocales et de l'espace inter-aryténoïdieu : 
elle était caractérisée à ce niveau par une production très spé- 
ciale, une sorte de mamelon siégeant au niveau de l'apophyse 
vocale et présentant, vers son milieu, une dépression elliptique 
en forme de cupule. Au point de vue histologique, cette seconde 



ANALTSIS 87 

Tariété, était comane la précédente, caractérisée par une proli- 
fération épithéliale avec épidermisation manifeste et transfor- 
mation cornée des couches superficielles. Mais, à Tinverse de la 
forme circonscrite, celle-ci montrait constamment un épaissis- 
sèment pins ou moins marqué du chorion indiquant la partici- 
pation de cette couche aux altérations de l'épithélium. 

Malgré Tintérét qui s'attache à ces descriplions très exactes, 
la création de Virchow et le mot dont il la désigne ont jeté une 
confusion fâcheuse dans des choses jusque-là très simples. On 
a cm reconnaître dans la pachydermie laryngée une maladie 
essentielle et distincte, quand il fallait n'y pas voir autre chose 
que la description anatomo-pathologique plus précise de lésions 
anciennement connues. La pachydermie circonscrite n*est en 
effet pas autre chose que le papillome classique. Quant à la 
forme dififnse, c'est une des manifestations multiples de Tinflam- 
mation chronique sur la muqueuse laryngée : c'est la culanisa- 
tion de cette muqueuse sous l'action d'irritants mécaniques ou 
des pressions qui se produisent aux points de contact des cordes 
on des apophyses vocales : c'est un durillon du larynx. Cette 
transformation épidermoîdale .n'est qu'un cas particulier d'un 
lait général qui se produit sur toutes les muqueuses -soumises à 
des irritations prolongées. La désignation créée par Virchow 
n'a pas seulement le tort de donner une idée étymologique très 
fansse de la chose qu'elle veut exprimer : elle a celui, beaucoup 
plos grave, de grouper sous un titre commun deux états absolu* 
ment distincts et de donner à un simple détail anatomo-patho- 
logique le relief exagéré d'une individualité nosographique. 

Sur les manifestations laryngées provoquées par un anévrysme 
se développant dans le thorax, par Michael Grossmann [Archiv, 
fâr Laryng. u. Rhin. Bd. II, Hft. 2, p. 254, 1894). 

Traube diagnostiqua le premier au laryngoscope la paralysie 
d'une corde vocale, par suite de la compression du nerf laryngé 
inférieur par un anévrysme de l'arc aortique. 

C'était Texplication scientifique de la mystérieuse voxanserina 
des anciens et la démonstration, de plano^ de l'utilité du 
laryngoscope au point de vue du diagnostic général. 

Le fait est aujourd'hui si connu, qu'il est devenu banal et 
cependant le cas de Traube n'était que le dénouement du pro- 
cessus pathologique provoqué par l'anévrysme sur le nerf ré* 
carrent. 



88 ANALYSES 

A priori f on peut penser qu'avant la paralysie il y a eu, de la 
part du nerf, une certaine réaction. Même lorsqu'on coupe le 
récurrent, il se produit une réaction rapide qui se traduit dans 
le larynx ; pourquoi n'en serait-il pas à plus forte raison de 
même, dans un processus où Tirritation mécanique ne se 
somme que lentement, qui agit souvent par à coup. 

Les manifestations se produisent au début du processus de 
compression, c'est-à-dire avant qu'il ait atteint son point cul- 
minant, avant que les cordes vocales soient totalement para- 
lysées, avant que l'anévrysme thoracique ne soit accessible à 
Tauscultation ou à la percussion, nous ne savons que peu de 
choses, pour ne pas dire rien, de ce qui se passe dans le larynx. 
Chez un malade soupçonné d'anévrysme de l'aorte en raison 
d'accès dyspnéiques et de paralysie de la corde vocale gauche, 
G. diagnostiqua un anévrysme de l'aorte échappant, en raison 
de son faible volume, aux autres moyens d'investigation. Le 
malade était enroué. Quelques jours après, examinant à nou- 
veau le malade, G. ne trouva plus de paralysie. Or, l'aspect 
d'une corde paralysée est tellement typique qu'on ne saurait 
guère admettre d'erreur d'observaUon de la part de Tauteur. 

D'autre part, cette rapide disposition de la paralysie non 
encore indiquée, sauf pour certaines formes myopathiques ou 
rhumatismales de paralysie vocale. 

Quelques jours après, réapparition de la paralysie. Pendant 
un an survinrent quelques accès de suffocation suivis de para- 
lysie vocale, tantôt passagère, tantôt d'assez longue durée ; peu 
à peu les symptômes de l'anévrysme de l'aorte devenaient de 
plus en plus nets. Finalement, la paralysie de la corde s'installa 
définitive et complètement dispamrent les accès de suffocation. 

Depuis cette époque, G. s'informa, auprès des malades 
atteints d'anévrysme, s'ils n'avaient pas eu pendant des mois, 
des années, des accès de suffocation à retour périodique. 

Il put se convaincre que beaucoup de malades avaient ces 
accès même au repos, sans aucun effort physique préalable. 

Or, ces accès si caractéristiques sont connus depuis longtemps 
par les médecins et considérés tantôt comme un spasme bron- 
chique ou comme une dyspnée cardiaque. 

Or, les spasmes bronchiques, qui interrompent de temps en 
temps l'évolution des compressions trachéales et bronchiques, 
aggravent il est vrai la dyspnée, mais ne laissent jamais après 
leur disparition une respiration libre, normale. 

L'action de l'anévrysme sur le nerf récurrent est de même 



ANALYSES 89 

ordre que celles des excitations mécaniques, chimiques, ther- 
miques ou électriques sur un nerf quelconque. 

Avant d'annihiler complètement le nerf, Tanévrysme, pendant 
un temps plus ou moins long, ne fait que Tirriter mécanique- 
ment ; tant que la pression est faible, il se produit un spasme 
de la glotte et non une paralysie. 

Le laryngospasme ne peut donc guère manquer au début de 
révolution d'un anévrysme voisin du nerf récurrent, c'est pour 
cela que les accès de suffocation relevant d un spasme glottique 
revenant périodiquement, surtout lorsqu'on ne peut trouver 
d'autres causes à Taccès, même lorsque la percussion et Taus- 
cultation ne donnent aucun renseignement, doivent faire penser 
à un anévrysme se développant au voisinage du nerf récur- 
rent. 

A plus forte raison, lorsqu'à la suite d'un accès de suffocation 
apparaît une paralysie vocale transitoire. 

Il y a là un processus sensiblement analogue à celui décrit 
par Charcot sous le nom de crise laryngée tabétique. La diffé- 
rence est que l'excitation est alors centrale. Il est vraisemblable 
que les autres tumeurs du médiastin (goitre sous-sternal, lym- 
phome, cancer de l'œsophage, corps étrangers de l'œsophage, etc.) 
peuvent produire les mêmes phénomènes. 

Sous le nom de laryngospasme, on désigne toujours un état 
dans lequel la glotte est presque toujours fermée par suite du 
rapprochement spasmodique des deux cordes vocales. Il n'y a 
cependant aucun doute que l'excitation d'une seule corde vocale 
peut amener un accès dyspnéique intense et les manifestations 
du spasme laryngé. On doit donc penser que le nerf laryngé 
inférieur n'est pas un nerf purement moteur, qu'il contient des 
fibres sensibles, à la vérité peu nombreuses, dont, l'excitation 
mécanique provoque certains réflexes. Néanmoins, on ne doit 
pas oublier que l'adduction spasmodique sur la ligne médiane 
d'une seule corde vocale, provoque par elle seule une sténose du 
larynx qui amène une dyspnée d'autant plus forte que l'adduc- 
tion est plus rapide et plus immédiate. 

PAUL TISSIER. 



90 ANALTSBS 



III. — ŒSOPHAGE, CORPS THYROWE, etc. 

Un mot d*hi8toire sor le muscle éléyateur de la glande thyroïde 
de Samuel Sœmmeiing on mnscle thyro glandulaire de Jnvara, 
par Skbileac. [Bulletin de la Société anatomique,de Paris, 1894, 
p. 9H). 

Juvara a décrit, en i894, dans ces mômes Bulletins, p. 728, 
un petit muscle tendu entre le cartilage thyroïde et Tisthme 
du corps thyroïde, et il a prétendu que les auteurs clas- 
siques ne signalaient point ce muscle : dans cette note, Sehileau 
se propose de rectifier cette assertion et de prouver que 
cette description a été faite par Lauth, de Strasbourg, en 1835, 
par Testut en 1887, par Debierre en 1890, p<ar Beaunis et Bou- 
chard et enfin de nouveau par Testut en 1893, dans son traité 
d'anatomie humaine. Ce dernier auteur signale enfin une des- 
cription bien antérieure de ce petit muscle dans les œuvres de 
Sœmraering et de Winslow et plus récemment il Tavait été déjà 
par Waisham et Macalisher. Sehileau pense enfin qu'il était 
inutile de changer le nom très suffisant, au point de vue de 
Taction des muscles, d'élévateur de la glande thyroïde de Sœmme- 
ring contre celui de thyro-glandulaire de Juvara. 

A.. G. 



Etude hiatologique de la greffe thyroïdienne, par GaisTiAm. {Bulle- 
tin de la Société de biologie, 1894, p. Ii6), 

Cette opération, que Tauteur a pratiquée chez le rat un cer- 
tain nombre de fois, après la thyroîdectomie, a sauvé toujours 
ranimai des suites de privation du corps thyroïde. Les coupes 
histologiques que Tauteur a faites sur Torgane greffé à des mo- 
ments plus ou moins éloignés de Tépoque où cette greffe a été 
pratiquée lui ont démontré que Torgane se régénérait complète- 
ment, qu'il ne s'atrophiait jamais et qu'enfin le tissu thyroïdien 
se reconstituait complètement. Cette reconstitution commençait 
à la périphérie pour s'avancer vers les centres de l'organe, et elle 
était à peu près complète vers le 3* mois. 



ANALT8S8 91 

Inflaence des extraits thyroïdiens sur la nutrition, par Charrin. 
{Bulletin de la Société de biologie, 1894, p. 858). 

Après avoir administré ces sucs à des animaux, des lapins 
par exemple, Fauteur constata un amaigrissement consécutif. 
Chez des malades de son service, très obèses et assez myxœdé- 
matenx, il obtint le même résultat; au bout de 10 mois de traite- 
ment, le poids d*un malade tombe de 131 kilos à 112. Quand on 
suspendait le traitement, l'obésité se remontrait. Peu de modifi- 
cation des urines, un peu de polyurie et légère cysturie. 

A. G. 

Action toxique de l'extrait thyroïdien, par Gley. {Bulletin de la 
Société de biologie, décembre 1894, p. 82). 

L'injection de ce suc, faite sous la peau d'un chien, a donné 
lieu à des accidents graves, engourdissement, sommeil, acci- 
dents qui devenaient plus graves, coma, convulsions, mort, 
quand on avait recours à des injections intra-veineuses oupérito- 
néales. D'autres auteurs n'ont rien vu d'anormal à la suite des 
injections hypodermiques (Horsîey). Chez le lapin, Gley n'a non 
plus observé aucun effet; quelquefois, au contraire, chez le chien, 
l'auteur a vu des phénomènes graves se présenter, trouble dans 
la marche, contracture, chute et sommeil, mais tous ces signes 
étaient passagers. Chez des animaux à qui il faisait des injec- 
tions pendant quelque temps, Charrin a vu de l'amaigrissement 
se produire ; chez l'homme on a vu aussi des accidents de ce 
genre à la suite d'injections répétées de doses assez fortes de 
corps thyroïde. 

A. 6. 

Goitre expérimental par iigeetions sons cutanées d'extrait thyroï- 
dien, par G. Ballbt et E. Enriqukz. {Bullet, et mém. de la Soc, 
méd, des hôpitaux, n^ 33, p. 805, 22 novembre 1894). 

Chien soumis à l'hyperthyroïdisation au moyen d'injections 
sous-cutanées d'extrait glycérine de corps thyroïdes de mouton, 
préparé selon la formule de d'Arsonval. Pendant quatorze jours, 
ranimai reçoit seize centimètres cubes d'extrait ; durant cette 
série d'injections, il présente de la fièvre, de la tachycardie, de 
la diarrhée, des crises de tremblement, et surtout, fait impor- 
tant, un gonflement très notable du cou, dû à la tuméfaction du 



92 ANALYSES 

lobe droit du corps thyroïde. An treizième jour, les injections 
furent supprimées, le gonflement du corps thyroïde commença 
à diminuer pour s'effacer complètement sept jours après la 
cessation des injections. 

Le chien fut alors soumis à une nouvelle série d'injections : 
de nouveau reparut le gonflement du lobe droit du thyroïde 
sans expansion ni bruit de souffle à l'auscultation. 

M. L. 



Cancer primitif de la glande thyroïde, par M. Letullb. {Presse 
médicale, n* 34, p. 269, 25 août 1894). 

Femme de cinquante-huit ans, admise à l'hôpital pour un 
œdème douloureux occupant la totalité du membre supérieur 
droit. Cinq semaines auparavant, les accidents avaient com- 
mencé par de violentes coliques généralisées à tout Tabdomen : 
ces accidents se calmèrent. Mais, quatre jours avant son entrée, 
la malade eut une nouvelle crise douloureuse, et le lendemain 
matin, constata, en s'éveillant,que son bras droit était impotent, 
gonflé et douloureux. 

A l'entrée, le diagnostic de phlébite de la veine sous-clavîère 
droite s'imposait ; comme il n'existait pas d'oedème de la face, 
L. en conclut que la lésion devait exister au-dessus du médias - 
tin ; et il admet un cancer ganf^lionnaire comprimant la sous- 
clavière. 

Recherchant le cancer viscéral primitif, L. trouva, dans la 
fosse iliaque droite, une masse arrondie du volume d'une tète 
de fœtus à terme ; il supposa, tout en restant dans le doute, 
l'existence d'une masse cancéreuse, intestinale, epiploîque et 
cœcale. Six semaines plus tard, la malade succomba à la ca- 
chexie progressive. 

A l'autopsie, on trouva une thrombose de toute l'étendue de 
la veine jugulaire interne et de la veine sous-clavière droite : 
le tronc veineux brachio-céphalique droit était englobé au mi- 
lieu de masses ganglionnaires cancéreuses, l'enserrant dans sa 
totalité. Le cancer primitif fut retrouvé dans le corps thyroïde 
où il existait trois noyaux de la grosseur d'une noisette, blanc 
grisâtres, pulpeux, entourés d'une zone flbroïde. Le microscope 
montra qu'il s'agissait d'un cancer du corps thyroïde^ très cir- 
conscrit dans la glande, mais largement généralisé par les voies 
lymphatiques. 



ANALYSES 93 

La tumeur abdominale sentie pendant la vie était un myxome 
utérin. 

De très belles planches illustrent cette intéressante observa- 
tion. 

M. L. 

Thyroidite «ippnrée à pneumoooqneB Talamon-Fraenkel, par Du* 
RANTE. (Bulletin de la Société anatomiquef p. 548, juillet 4894). 

Complication survenue dans la convalescence d une pneumo- 
nie franche. Cette complication guérit assez rapidement par 
rincision de l'abcès. Le pus fut examiné, il était vert et bien 
lié et il contenait des pneumocoques très caractérisés de Talamon- 
Prânkel. Le sang contenait aussi des microbes. Ces derniers^ 
inoculés à une souris, amenaient la mort de Tanimal en 
36 heures. L'auteur attire Tattention sur la rareté de ces ob- 
servations. 

X, 6. 

On nouveau cas de myzœdème guéri par l'alimentation thyroï- 
dienne. Le thyroidisme dans ses rapports avec la maladie de 
Basedow et ayec l'hystérie, par A. B^glèri. {Bull, et mém. de 
la Soc. méd. des hôpitaux. II« année, n» 28, p. 631, 18 octo- 
bre 1804). 

L'intérêt très grand de cette observation réside dans Tappari- 
tion de phénomènes constituant le thyroidisme, se développant 
à mesure que s'atténuaient les phénomènes myxœdémateux et 
manifestement dès l'ingestion en excès de l'aliment curateur. 
A la suite d'une semaine où le malade avait ingéré 72 grammes 
de corps thyroïde de mouton frais, se développèrent peu à peu 
tous les signes de la maladie de Basedow : tachycardie, trem« 
blement, exophtalmie, etc. ; au milieu de ces accidents, sous 
l'influence d'une émotion, et sans que le malade présentât aucun 
stigmate d'hystérie antérieur, se montra une aphasie passagère 
avec monoplégie hystérique du bras droit. B. rapproche ce 
syndrome de Basedow artificiel de la maladie de Basedow spon- 
tanée : thyroidisme alimentaire dans un cas, auto thyroidisme 
dans l'autre, le résultat est le môme. La maladie de Basedow 
doit donc quitter le cadre des névroses pour entrer dans celui 
des auto -intoxications : et le poison thyroïdien peut, au même 
titre que le plomb et le mercure, évoquer l'apparition d'une 
hystérie toxique. 



[ 



94 ANALYSES 

La tachycardie du syndrome de Basedow montre que le suc 
thyroïdien, ingéré ou sécrété à hautes doses, est un poison du 
cœur ; et la mort par asystolie ou par syncope a plus d'une fois 
été notée au cours du goitre exophtalmique. Parallèlement, on a 
signalé en Angleterre plusieurs cas de mort par syncope au 
début du traitement thyroïdien. Par conséquent, la fréquence et 
l'excitabilité des battements cardiaques est un signe qui doit 
guider le clinicien dans le traitement du myxœdème par Tinges- 
tion de glandes thyroïdes de mouton, et le mettre en garde con- 
tre Tapparition prochaine d'accidents plus graves. m. l. 

Divertionlum de l'œsophage, par Vigot. {Congrès de Vassoc, franc, 
pour l'avancement des sciences, août 1894). 

L'auteur a trouvé à Tautopsie d'un supplicié un diverticulum 
de l'œsophage siégeant à la partie antérieure et moyenne de 
l'organe. D'une forme conique, ce diverticulum se dirigeait en 
bas et en avant et s'insinuait dans l'espace inter-trachéo-bron- 
chique. Il se tendait quand on attirait la trachée en avant et il 
était croisé inférieurement par les artères pulmonaire et bron- 
chique droites et par l'azygos. Sectionné, sa lumière était circu- 
laire. Quant à son origine, l'auteur le croit congénital : il n'y 
avait aucune cause de compression extérieure, aucune autre 
altération de l'œsophage. g. làurens. 

Diverticole pulsatile de l'œsophage, par Klemperbr. {Société de 
médecine interne de Berlin, 11 juin 1894). 

L'auteur présente un malade porteur d'un diverticule puisa- 
tile de l'œsophage. Il s'est développé depuis deux ans, et forme 
un sac appendu à la partie supérieure de l'œsophage, sac dans 
lequel s'engagent tous les aliments. 

Landgraf fait observer que si les malades peuvent manger 
lentement, il n'y a pas de complication à craindre. Leyden, qui a 
observé plusieurs cas de ce genre, attribue la toux, que l'on a 
parfois signalée, à l'irritation des branches périphériques du 
pneumogastrique. g. laurens. 

Vioe de conformation de l'œsophage, par Fungk Brentano. 
(Bulletin de la Société anatomique, octobre 1894, p. 638). 

L'enfant vécut iO jours, il mourut avec des symptômes de 
broncho pneumonie. A l'autopsie, imperforation du conduit œso- 



ANALTSBS 9^ 

phagien, à 10 centimèlres de l'oriilce buccal au niveau de la 
3* vertèbre dorsale; en disséquant on voit que Toesophage, par 
son fragment inférieur, s'ouvrait dans les voies bronchiques. 
L'estomac était plein de sang, ce qui expliquait les efforts de 
vomissement dans les derniers jours. 

A. G. 



Tumeiir veraiineiifle de rœsophage. par Hallion. (Bulletin de U 
Société anatomique^ octobre 4894, p. 657). 

En faisant Tautopsie d'un chien, le présentateur trouva, sur le 
trajet de l'œsophage et tout le long de ce conduit, de petites 
tumeurs de volume variable, sessiles, formées de tissu fibreux 
compact et ayant au dedans un paquet de petits vers lom- 
bricoides. 

▲. 6. 

RétréeisBement oanoéreuz de l'œsophage, par Ramond. (Bulletin 
de la Société anatomique, octobre 1894, p. 665). 

L'intérêt de cette présentation de pièce anatomique ne gtt 
pas dans Faspect et le caractère de la tumeur, mais dans ce 
que le malade, suivi à deux reprises, présente la première fois 
des signes d'amélioration tels, sous Tiniluence du cathétérisme 
et du traitement spécifique, qu'on crut à la guérison ; mais un 
mois après il revint succomber dans le service d'hôpital avec 
tons les signes physiques et généraux de la maladie : ce fait est 
probablement un exemple de rémission dans la marche de 
i'épithélioma, rémission que nous avons observée plus d une 
fois. 

A. G. 

Sur la coexistence du goitre exophtalmique et de la sclérodermie, 
par E. Jbanselme (Mercredi médical, 2 iauvier 1895). 

L'auteur rapporte l'observation d'une femme de 58 ans, pré- 
sentant tous les sifçnes d'un goitre exophtalmique, greffé sur un 
goitre ancien probablement d'origine endémique. En outre, de- 
puis deux ans elle est atteinte de sclérodermie : sclérodactylie, 
masque caractéristique, troubles sensitifs, trophiques et se- 
crétoires, etc. Il est peu vraisemblable, dit Fauteur, qu'il y ait 
pure coïncidence entre les deux affections. 11 est possible qu'elles 



96 ANALYSES 

(lériveDi d*ane m^me cause sans qu'il existe entre elles aucune 
subordination ; cette opinion est soatenable,car le goitre exophtal- 
mique et la sclérodermie ont une prédilection marquée pour le 
terrain né vropathique. Il se peut enfin qu'il y ait une relation 
de cause à effet entre l'altération thyroïdienne et la sclérose cu- 
tanée. Des recherches récentes ont montré les liens étiologiques 
qui relient le goitre exophtalmique au myxœdème ; d'autre part, 
i. démontre que le myxœdème et la sclérodermie sont deux 
affections sinon identiques, du moins très voisines au point de 
vue nosographique. H en conclut que les relations existant entre 
ces trois maladies permettent de lesranger sans invraisemblance 
parmi les dystrophics à point de départ thyroïdien, en tout cas 
que la sclérodermie peut s'associer au goitre exophtalmique. 

G. LAURENS. 



INDBX BIBLIOaRAPHIQUB 97 



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med. Congress, Washington, septembre 1894). 

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nez (Pan Amer. med. Congress; Washington, septembre 1894). 

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med. Congress, Washington, septembre 1894). 



MOUYBLLBS 



103 



A. Pick. Pathologie et méthodes de traitement de la rhinite atro- 

Shîque et hypertropbîqne (catarrhe nasal chronique) surtout au point 
e vue du praticien {N. Y, med. journ.^ 17 novembre 1894). 

Sommenet. Nouvelle seringue pour nettoyer les narines (N. Y. 
Acad. of med. in N. Y. med, recy Vt novembre 1894). 

D. N. Rankin. Une nouvelle scie nasale pour l'ablation des hy- 
pertrophies des cornets (iV. F. med, rec,^ 17 novembre 1894). 

B. W. SeiM. Résultats éloignés des opérations intra-nasales (The- 
rap. ffo^.f 15 novembre 1894). 

J. Morf. Contribution à la symptomatologie de la rhinite stro- 
phique chronique et de ses rapports avec les affections de roreillt 
{Areh. ofotol. Vol, XXIII, octobre 1894). 

F. D. Lewis. Polype nasal (Journ, of opht. otol, and iar„ 
octobre 1894;. 

E. A. Pyle. Remarques pratiaues au sujet de Tëpistaxis (Journ, of 
opht, otol. and iar., octobre 1894). 

D. A. Kuyk. Influence de l'occlusion nasale sur le cerveau {N. Y. 
med. Journ., 15 décembre 1894). 

J. W. Gleitimaxm. Nouveau conchotome {N, Y,m£d*journ,y 15 dé- 
cembre 1894). 

G. M. Black. Nouvel instrument pour le massage vibratoire de la 
muqueuse nasale (N. F. med, journ,, 22 décembre 1894). 

A. Bapp. Perforations du septum nasal ; étiologie, signification, 
clinique et traitement (AT. F. med, rec, 22 décembre 1894). 



NOUVELLES 



Le Professeur Vemeuil. 

Un des maîtres de la chirurgie française, le Prof. Ver- 
neuil, a succombé le 1 1 juin dernier, a Maisons-Ldfflte, à 
Tàge de 71 ans. Membre de Tlnstitut depuis 1887, il avait 
donné, en 1892, sa démission de Professeur à la Faculté 
de Médecine. 11 a attaché son nom à une quantité consi- 
dérable de travaux d'anaiomie et de pathologie et avait 
été un des premiers à adopter les théories microbiennes. 
Il prit part, encore Thiver dernier, à une discussion de la 
Société de Chirurgie sur le traitement des polypes naso- 
pharyngiens. 

Tous ceux qui ont approché le regretté Professeur, 
conserveront le souvenir aun maître bienveillant et sym- 
pathique qui fut d'une probité exemplaire dans Texercice 
de sa profession. 

Vemeuil avait été un des premiers à encourager notre 
publication de sa haute approbation. 



104 MOUYBLLBS 



BRITISH MEDICAL ASSOCIATION 



La Bfntiâk Médical Association tiendra à Londres sa 63* réunion 
annuelle les 30 et 31 juillet, i» et 2 août 1895. 



Section d'Otologie. 

Président : Sir W. Dalby ; Vice-Présidents : Ch. Wabden, 
Q. P. FiBLD, E. Cresswbll Babbr, J. Dundas Grant, E. Law, 
C. A. Ballance ; Secrétaires honoraires : C. E. L. B. Hudson, 
16, Harley Street, W. ; G. C. Wilkin, 39, Weymouth Street, W. 

Jeudis i*^ août. — Discussion sur les complications cérébrales en 
rapport avec les affections de l'oreille moyenne, par Macbwen. — 
Traitement de la surdité nerveuse. — Emploi des membranes tympa- 
niques artificielles, par J. Warp Cousins. — Ablation des cornets 
dans des cas de surdité et de bourdonnements d*oreilles, par Carm alt 
JoNBS. — Relations anatoroiques de la membrane tympanique avec 
quelques remarques sur leur importance pathogénique, par R. Lake. 
— Emploi du spéculum pneumatique dans le traitement des maladies 
d'oreilles, par Satcliff. 



Section de Laryngologle. 

Président : F. Semon ; Vice-Présidents : Sir Philip Smyly, W, Mac- 
Mbill Whistlbr, F. de Havilland Hall, Greville Macdonald, Sganes 
Spicbr, A. W. Sandford ; Secrétaires honoraires : J. Middlemass 
HuNT, 55, Rodney Street, Liverpool ; St-Glair Thomson, 28, Queen 
Anne Street, Londres, W.; E. B. Wagobtt, 66, Park Street, Grosvener 
Square, Londres, W. 

3i Juillet. — Etiologie des polypes muqueux du nez, par Guyb 
(Amsterdam), Luc (Paris), et Me Bride (Edimbourg). 

ier août. — Nature infectieuse de l'amygdalite lacunaire, par 
B. Frankel (Berlin) et J. Macintyre (Glasgow). 

2 août. — Indications pour Topération radicale précoce des aflfeo* 
tions malignes du larynx, par Bryson Delavan (New- York) et 
H. T. Butlin (Londres). 

Prendront part k la discussion, le 31 juillet : T. Mark Hovell, 
R. Lakb, L. h. Pboler, A. Hodokinson (Manchester), W. Milligan 
(Manchester) et Ch. Wardbn (Birmingham) ; le l«r août : T. Mark 
Hovbll, a. Hodokinson, C. "Wardbn et Watson Williams (Bristol) ; le 
2 août : P. de Santi, A. Hodokinson et G. Wardbn. 

Opération de la thyrotomie avec un court résumé des cas opérés à 
St-Mirtholomew Hospital pendant ces 15 dernières années, par P. di 



NOUVBLLSS 105 

Saiti. — I. Une nonvelle forme de larTngoseope. II. Vibrations de la 
corde vocale. III. Ghordite tubéreuse. IV. Fonction du Tentricule la- 
ryngé, par A. HoDOKiNSON. — Anomalies vocales ehez les professeurs 
et, en particulier, des nodules des chanteurs, par W. Milugan . <— Un 
cas de diphthérie non diphthéri tique, par Sia raiLip Smyly. 

Le Prof. IfoRrrz Schmidt (Francfort S/M.) ; les D^* Walkbr DowNife 
(Glasgow) et Hilus (Dublin), ont également annoncé leur présence. 



Section de Médeoine. 

3i Juillet, — Discussion sur la diphthérie et son traitement par 
l*antitoxine (embrassant les points suivants) : 1* Patboloj^ie de la 
diphthérie et ses suites ; 2* S]ânpt6mes et progrès ; 3<> Statistiques de 
la mortalité par le traitement antitoxique ou un autre ; 4* effet du 
traitement antitozique sur Taffection locale, l'état général et les suites ; 
b^ Effets produits par le traitement antitoxique, par Sidney H. C. Mar- 
tin. Ont également promis de prendre part à la discussion : Q. Sims 

WOODHBAD, E. W. GOODALL, C. MuiRHBAD, A. JOHNSTON. 

Traitement intratrachéal, par Colin Gampbbll. — Dyspnée goi- 
treuse, par T. W. Tbursfibld. 



Section de Chirurgie. 

Traitement chirurgical des kystes, tumeurs et cancers de la glande 
thyroïde et des thyroïdes accessoires, par H. T. Butlin (Londres). 
Prendront part à la discussion : Annandalb (Edimbourg), J. Bxrry, 
y. HoRSLKY, Bowrrman Jbssbt, G. B. Kbbtlby (Londres), Kocher 
(Berne), Kummbr (Genève), Macbwkn (Glasgow), R. Mobison (New- 
castle on Tyne), Mayo Robson (Leeds), W. G. Spencer, G. J. Symonds 
(Londres), Sir William Stokbs (Dublin). 

Observations d'opérations de tumeurs malignes du nez et du pha- 
rynx nasal, par Watson Cbbyne. 



ASSOaATION FRANÇAISE DE CHIRURGIE 

9» Congrès^ Î895. 

Le 9* Contres de l'Association française de Chirurgie s'ouvrira k 
Paris, k la Faculté de Médecine, le lundi 21 octobre 1895, sous la 
présidence de M. le D' Eugène Bœckeu 

La Séance solennelle d'inauguration du Congrès aura lieu k 
2 heures. 
Deux questions ont été mises k Tordre du jour du Congrès : 

/. Chirurgie du poumon (la plèvre exceptée)^ M. Reclus, rapport 
teur. 



106 NOUVBLLSS 

//. De Vintervention opératoire précoce ou ia/rdive^ dane lee eolu- 
tiens de continuité des os {crâne et rachis exceptés)^ M. Hsydbhrkich» 
rapporteur. 

A4 M. les Membres du Congrès sont priés d'envoyer, le 15 août au 

Élus tard, le titre et les conclasiona de leurs communications, à 
[. Lucien Picqub, Secrétaire général, rue de Tlsly, 8. Pour tous 
renseignements concernant le Congrès, s'adresser au Secrétaire gé- 
néral. 

Le Secrétaire général^ 

L. PiCQUâ. 



SIXIÈME RÉUNION DES OTOLOGISTES ET LARINGOLOGISTES 

BELGES. 

Bruxelles, 16 juin 1896. 
Ordre du jour. 

Séance du matin. 

Présentations de malades, par Cap art, Baykr, Buts et Hicoubt.— 
Intervention radicale dans le lupus de l'oreille, du nez. Présentation 
de malades, par Goris. — l» Préparation de bronchite fibrineuse et 
essentielle ; £<> Une luette de forme rare ; 3» Préparation d'un cancer 
œsophagien perforant la trachée, par P. Kogh. — Malade guérie d'un 
sypbilôme énorme de la paroi latérale droite du cou et de la gorge, 
par RuTTEN. — Adénome de la voûte du palais, moule et préparations 
microscopiques, par Bego. — Présentation d'instruments, par 
Dblstanchb et Batbr. ^ Manche galvano-caustique à rhéostat, par 

SCHLBICRBB. 

Séance de Vaprés^midi, 

Quelques mots sur le tamponnement des fosses nasales dans les 
épistaxis rebelles, par Beco. — Quelques mots de certains tirages res- 
piratoires, par BoLAND. — Bulle osseuse du cornet moyen, par Wa- 
GNiER. — Un cas de kyste de l'épiglotie, par Noquet. — Le centre 
cortical de la phonation, par Brobckaert. — De la diphtbérie chez 
Tadulte, par Gououbnhbim. •— De l'amygdalite folliculaire ulcérée, 
par Delib. -— Quelques mots à propos du traitement de l'ozène, par 
Capart. — Traitement de Tozène par l'électrolyse interstitielle eu* 
prique, par Chbval. — Communication, par Ebman. — Le cathété- 
risme rétrograde du sinus frontal, par Laurbnt. ^ Communication, 
par Lbcocq. 



V Association tnédioaîe de VEtat de New -York a tenu sa 11« réu- 
nion annuelle à Brooklyn, le Ifê mai. Nous citerons parmi les commu- 
nications : 

Une nouvelle méthode d'opération pour les déviations prononcées 
de la cloison nasale, par S. Oppenheimbr. — Etiologie de la laryngite 
catarrhale chronique, par D. L. Hubbard. 



NOUTBLLKS 107 

Ia Soeiété de médecine de Massaehitêsets s'ett réunie pour la 
i4« fois à Boston, les il et 12 juin. Nous relevons au programme : 

Idées modernes sur la nature et le trailemf'nt du goUre exophtal- 
mique, par J. J. PuTTfAM (Boston). — Etiolo^ie de la dipbthérie et 
emploi de l'antitoxine, par H. C. ëbnst (Boston). — Pathologie de la 
diphthérie, par W. T. Councilman (Boston). •—• Usage prophylactique 
de l'antitoxine, par F. G. Morrill (Boston). — Préparation de l'anli- 
toxine diphtbéritique, par J. L, Gosdali (Cambridge). •» Emploi cli- 
nique de l'antitoxma, par W. H. Pabk (New- York;. 



La Sooiété médicale de New-ffampshire a. tenu sa 104* session, k 
Goncord les 3 et 4 juin. Parmi les communications figurant à l'ordre 
du jour, noua trouvons : 

Diagnostic bactériologique de la dipbthérie, par H. C. Emerson 
(Concord). — Traitement sërothérapique de la dipbthérie, par 
C P. Frost. — Méthodes modernes de traitement des affections du 
nez et de la gorge, par 0. B. Douolas (New- York). 



La Société médicale de VEtat d'Ohio s'est réunie à Columbus les 15, 
16 et 17 mai 18^. Parmi les communications figurant au programme, 
nous relevons : 

Le traitement antitoxique de la dipbthérie, par W. T. Howard 
(Cleveland). — Surdité d'origine intra-nasale, par J. A. Thompson 
(Cincinnati). — Une observation de méningite comme complication de 
l'otite moyenne, par S. E. Allen (Cincinnati). •* Observations des 
formes les plus graves d'épistaxis, par M. Thornbr (Cincinnati). 



Nous citerons les communications suivantes parmi celles oui sont 
annoncées pour la réunion de la Société am,éricaine de péaiatrie à 
Virginia Hot Springs, les 27, 28 et 29 mai 1895. 

Trois cas d'otite moyenne purulente k issue mortelle, par 
W. F. LoGKWOOD (Baltimore). — Antitoxine dans la dipbthérie, par 
F. G. Morrill (Boston). — Expériences personnelles sur l'antitoxine 
dipbtbéri tique et les injections de sérum de ?an^, par A. Gailli( 
(New-York). — Valeur de L'antitoxine diphthéritique et ses etiets ' 
toxiques, par A. Siibbrt (New- York). — Clas de dipbthérie apparente 
où pourtant on ne rencontra pas le bacille diphthéritique, par 
E. M. BucKiNOHAM (Boston). 



Le D' CoMPAiRED vient d'être chargé du service des maladies de 
l'oreille, du nez et de la gorge à la Polyclinique Cervera de Madrid. 



La Société médicale de VEtat de la Caroline du Nord a tenu fa 
42« session annuelle à Goldsboso les 14, 15 et 16 mai 1895. Figuraient 
au programme : 

Antitoxine diphthéritique, par A. Amderson. •— • Un cas d'otite 
moyenne purulente chronique, par J. S. Montagne. — Catarrhe nasal 
hyperti-ophique traité par l'électrolyse, par F. Du ffy. — Traitement 
de la diphtbérie, par R. A. Patterson. 



108 NOnVBLLBS 

Parmi les communications annoncées à la 45* réunion anntislle de 
la Société médicale de VÉtat de Pensylvanie qui s'ast réunie à Gham- 
bersburgh, les 21, 22, 23 et 24 mai, nous relevons : 

Expérience sur le traitement de la diphthérie durant 34 ans de 
pratique, par W. S. Stbwart (Philadelphie). •— Oxygène à haute 

Ï»ression et air comprimé en sprays et en pulvérisations dans les ma- 
adies de poitrine, ae la gorge, du nez et de l'oreille, par A. B. Kirk- 
PATBICK (Philadelphie). — Traitement de Totalgie, par L. W. Matbr 
(East Mauch Chunk) . — Empyème mastoïdien et ses rapports avec lea 
affections aigués de l'oreillt», par S. Mac Cukn Smith (Philadelphie). ^ 
Une série de cas de diphthérie laryngée traités par l'antitoxine, avec 
et sans intubation, par E. Rosbnthal (Philadelphie). — Quelques mots 
sur les tumeurs adénoïdes du pharynx, par H. Ali.bn (Philadelphie). 
— Contribution à l'étude de la surdi-mutité, par A. A. Bliss (Phila- 
delphie). — Adresse sur l'otologie, par L. H. Tayloa (Wilkesbarre). 



A l'exemple des Universités Allemandes, la Faculté de Médecine de 
Bruxelles a décidé d'organiser des cours de vacances qui seront don- 
nés pendant les mois d'août et de septembre de cette année. Le 
D'' Capart est chargé des cours de rhinologie et laryngologie pra- 
tiques qui comprendront chacun six leçons. 



SOCIÉTÉ VIENNOISE DE LARYNGOLOGIE. 

Ordre du Jour de la séance du (S juin. 

Diagnostic et traitement des suppurations de la cavité sphénoldale, 
par M. Hajbk. — Abcès de l'amygdale pharyngée, par W. Roth. 



La iy< session de la Société allemande d'otologie s'est tenue à léna 
les !«', 2 juin. Le Prof. Kuhn, de Strasbourg, président, étant tombé 
malade inopinément, le Prof. Walb, de Bonn, vice-président, lui a 
succédé à la présidence et le Prof. Zaufal, de Prague, a été choiai 
comme vice-président. La Société se réunira à Nuremberg en 1896. 



A la réunion de mai de la Société Vaudoise de médecine le D' SÉ- 
GRÉTAN, notre distingué collaborateur, a annoncé la formation d'une 
Société otO'laryngologique Suisse. Etaient présents à la première 
réunion les D" Laubi (Zurich), Lindt (Berne), Mermod (Yverdon), 
MoRF (Wmterthur), Naobr (Lucerne), L. Sèckétan (Lausanne;, S«- 
BBNMANN (Bàlc) et Grandjean (Lausanue). 

Le D' Sécrétan dit que la nouvelle Société sera plutôt une section 
qu'une scission de la Société des médecins suisses, et qu'elle tiendra 
ses réunions en même temps çjue cette dernière. 27 circulaires ont été 
envoyées à des spécialistes suisses, et 18 ont répondu affirmativement. 
La nouvelle Soaiété se compose donc des D« Colladon (Genève), 
H. Oramdjean (Lausanne), Gudbr (Genève), Jonquièri (Berne), Juil- 
LERAT (Lausanne), Undt (Berne), Mbrcanton (Montreux), BdxaifOD 
(Yverdon), R. Meybr (Zurich), Morf (Winterthur), Nager (Luoerne), 



N0CVELLB8 109 

Nbukomm (Heustrich), Scbwenbt (Bàle), L. SÉcuh'AN (Lausanne;, 
SiBBBNMANif (Bàle), Valbntin (Berne), Wyss (Oenève). 

On espère recueillir les adhésions d'antres confrères. 

La réunion sera annuelle, et se tiendra k Bàle Tan prochain. 



L'Assoeiatùm larynffologigue américaine a tenu sa 17* session 
annuelle à Rochester les 17, 18 et 19 juin sous la présidence du 

Dr J. O. ROB. 

Ordre du jour. — Corps éfrangers de Tœsophage, par H. Allbn 
(Philadelphie). — Glandes thyroïdes dessëchëes dans le goitre, par 
E. F. Ingals (Chicago). — Influence des affections chroniques de la 
gorge sur certains défauts de parole, par D. B. Dblavan (New-York). 

— ËHectrolyse dans le traitement des éperons de la cloison, par 
W. E. Casselbbrry (Chicago). — L'amygdalite dépend-elle quelquefois 
d'une diathèse rhumatismale î par G. B. Hopk (New- York). — 1. Quel- 
ques remarques sur l'excision des amygdales. •* II. Un cas de lipome 
du larynx, par J. W. Faslow (Boston). — I. Un cas de mélancolie 
guérie par une opération intra-nasale. — II. Un cas d'ethmoïdite 
fluppurée suivie dinvasion du sinus sphénoïdal, abcès cérébral et 
mort, par F. H. Boswohth (New-York). — Considération sur quel- 
ques-uns des principes les plus importants de la chirurgie nasale, 
par W. K. Simpson (New- York). — Angine de Ludwig, par J. E. New- 
cx)MB (New- York). — Discussion sur la tuberculose des voies aériennes 
supérieures, par J. Wrioht (Brooklyn), C. (]. Rice (New- York), 
E. L. Shurly (Détroit) et J. W Glkitsmanji (New- York). — Kyste du 
sinus maxillaire, par C. H. Knioht (New- York). — Abcès du sinus 
frontal, ethmoldal et maxillaire, par F. H. Bryan (Washington). — 
L Nécrose du cornet moyen. —IL Sténose osseuse congénitale des 
narines, par A. B. Trasher (Cincinnati). — I. Kyste naso-pharyngien. 

— IL Kyste bucco-pharyngien. — III. Fibrome papillaire ou papillùme 
Trai de la cloison, par J. Wrioht (Brooklyn). — Discussion sur la 
relation des troubles vaso-moteurs avec les affections des voies 
aériennes supérieures, par F. H. Bosworth (New- York), W. H. Daly 
(Pittsburgh) et J. N. Mackenzib (Baltimore). 



L* Association médicale de Ontario a tenu sa 15* réunion annuelle 
à Toronto les 4 et 5 juin. 

Parmi les communications, nous citerons : 

Tuberculose laryngée et trachéale. Importance de son diagnostic et 
traitement précoce, par F. W. Chappell (New-York). — Discussion 
sur la diphthérie, par W. J. Wilson (Richmond Hill), G. M. Ayls- 
lYcaTH ((iollingnood) et J. T. Fothebinguam (Toronto). — Situation 
actuelle de 1 antitoxine dans le traitement de la diphthérie, par 
C. Sheard fToronto). — Observations de diphthérie traitée par l'an- 
titoxine, par J. D. Edgar (Hamilton). — Fumigations de calomel 
dans le traitement de la diphthérie, par T. F. Me Mahon (Toronto). — 
Notes sur une épidémie d'amygdalites hépatiques, par J. R. Hamil- 
ton (Port Dover). 



Le deuxième Congrès de la Société italienne de laryngologie^ otO' 
logie et rhinologie sera inauguré à Florence, le 24 septembre. 

Les titres des communications devront être adressés avant It 



1 10 NODYBLLBS 

15 août au Seet-étaire de la Société, Prof. A. Fasano 1 Strada S. Ama 
di Palazzo, Naplea. 

Les thèmes choisis pour la discossion générale sont : 

10 Traitement des sténoses laryngées. Rapporteur : F. Ëoini. 

2o Localisations de la perception auditive, et méthode d'examen 
fonctionnel acoustique. Rapporteurs : G. Corradi, Q. Gradenioo et 
G. Masinx. Etant donnée l'étendue du sujet, Gorradi parlera de quel- 

âues expériences faites sur la localisation de la perception auditive ; 
radenifi:o du mode d'examen fonctionnel de la représentation gra- 
phique du résultat des recherches ; et Masini s'occupera des généra- 
lités. 

3^ Méthodes sanglantes et non sanglantes de traitement des sténoses 
nasales, par J. Dio.^isio. 



liic D' G. FiCANO vient d'être nommé docent libre d'oto-rhino -laryn- 
gologie à l'Université de Palerme. 



Nous avons déjà annoncé la réunion à Londres de VAssocicUion 
îaryngologique britannique le 25 juillet. En voici le programme 
définitif ; 



Jeudi ^Juillet. 

Discussion sur le traitement des sténoses laryngées chroniques, par 
Me Nbill Whistler (Londres) et Sajous (Parisj. 

Discussion sur le traitement chirurgical des cavités accessoires du 
nez, par Bryson Delavan (New- York) et Luc (Paris). 



Vendredi 2& juillet. 

Discussion sur la thérapeutique de la diphthérie et surtout sur le 
traitement antitoxique, par Sims Woodhbad et G. Shbrrinoton. 

Discussion sur le traitement de la tuberculose laryngée par Hbryng 
(Varsovie) et Gleitsmann (New- York). 

Ont aussi promis des communications : H. Krause (Berlin), F. Masseî 
(Naples), GuYE (Amsterdam), G. H. Knioht (New- York), J. N. Mac- 
KENziB (Baltimore), Hunter Magkenzib (Edimbourg) et Moure (Bor- 
deaux). 



Grâce à l'initiative du D' Flatau une association pour l'établisse- 
ment de Jardins d'Enfance pour les enfants sourds et muets s'est 
formée à Berlin. Le Bristish médical Journal dit que le premier de 
ces Jardins a été ouvert le !«' avril 1804, il a reçu 14 enfants et les 
résultats ont été satisfaisants. 



OUYJUaBS BNVOTÉS AUX ANNALBS Ifi 

Nous avoQS le regret d'appreodre la mort du D' Wilhblm Mkybr, 
de Gopeaba|[ue, qui a Buccoinbé à une Aèvre typhoïde pendant un 
téjoar à Vèniae. Il était Agé de 71 ans. W. Ifever avait découvert lea 
végétations adénoïdes da naso-pharynx qu'il décrivit d'abord dans les 
HospitcUs Tidende de Copenhague en 1868, et ensuite dans ua mé- 
moire qu'il fit lire en 1^0 à la Société royale médico-chirurgicale 
de Londres. L'importance de ces régétations an point de vue de l'état 
mental et du développement physique des enfants, est reconnue à pré- 
sent par la plupart des médecins. 



Vin db CnASSAiNO ^Pepsine et diatase). Rapport favorable de l'Acadé- 
mie de médecine, mars 1864. Contre les affections des voies digestives. 

Bromorb db potassium oranolb db Pallièrbs. Approbation de l'Aca- 
démie de médecine, 1871. Contre les affections du système nerveux. Le 
flacon de 75 grammes est accompagné d'une cuillère mesurant 50 cen- 
tigrammes. 

Phosphatinb Fallièris. Aliment très agréable, permettant, chez les 
jeunes enfants surtout, l'administration facile du phosphate bicalcique 
assimilable. Une cuillerée contient tS centigrammes de phosphate. 

PouDRB laxativb DB YiCBT. (Poudre de séné composée). Une cuillerée 
à café délayée dans un peu d'eau, le soir en se couchant, excellent re- 
mède contre la constipation. 

L'EUu DB LA BouRBOULB est éminemment reconstituante. Elle réussit 
dans tous les cas de bronchite chronique. En outre, les maladies de la 
peau cèdent à son usage en boisson, surtout si l'on y joint les com- 
preases ou les lotions continuées avec persévérance. 

Grains db CAbbr. PoaoRB Manubl. Gra?iulbs fbrro-sulfurbusbs 
Tbomas. 

L'bau db Oublbr, Cbatbl-Ouyon, tonique et laxative, relève les 
fonctions de l'estomac et de l'intestin. 

SoLUTioif BT GOMPRiMis Blancard. (Exalgiue). Contre la douleur et 
principalement la dysphagie tuberculeuse. 

(Voir la brochure du D' Désiré). 



OUVRAGES ENVOYÉS AUX ANNALES 



Traitement médical des végétations adénoïdes, par Maraob (Broch. 
de 4 pages, G. Masson, éditeur^ Paris, 1895). 

Du catarrhe naso-pharyngien, par E. J. Mourb (Extrait des Arch» 
clin, de Bordeaux, 1895. 

Quelques courtes remarques cliniques sur l'emoyème de Tantre 
d'Highmore, par G. Avbllis (Tirage à part de VArcniv. /. lar, Bd. 2, 
h. 3, 18%). 



112 OUYRAaBS BNYOYÉS AUX ANNALBS 

Considération sur le mécanisme vasculaire de la muqueuse nasale et 
ses relations avec certains processus pathologiques, par J. Wrioht 
(Extrait de tke Amer, journ. of the med, seienoesy mai 1896). 

Sur les corps étrangers de Toreille, par M. Bbnedikt (Dissertation 
Inaugurale, Strasbourg, 1894). 

L'immunité et les théories d'immunisation considérées au point de 
Tue biologique et chimique, par A. Pobhl (Tirage à part de la DeuU. 
med, Woeh , n« 6, 1895). 

Conclusions sur la diphthérie, les diphthéritiques et la sérothérapie, 
tirées du rapport présenté au Pror. G. Baccelli, par Y. Cozzolino 
(Extrait du Morgagni, mars 1895). 

De la laryngite tertiaire et de son traitement par les eaux sulfu- 
reuses de Luchon, par Audubbrt (Broch. de 27 pages, Impr. Gou- 
nouilhou, Bordeaux, 1895). 

Microorganismes dans les nez d'individus bien portants, par 
Saint-CÎlair Thomson et T. R. Hewlett (Extrait des Mea. ohir. trans, 
de la Royal med, and Chir. Soo. Yol. LXXYIII, 1895). 

Traitement des corps étrangers de l'oreille, par A. Courtade {Bull, 
gin. de thérap.^ 30 avril 1895). 

Contribution à l'étude de la morphologie des fosses nasales. L'or- 
gane de Jacobson, par P. Garnault (Extrait des Comptes rendus des 
séances de la Soc. de Biol., 27 avril 1895). 

Le traitement des affections du nez, de la gorge et des oreilles par 
les mouvements du massage rythmé ou >ibratoire (statistique), par 
Garnault (Broch. de 7 pages, A. Maloine, éditeur, Paris, 189b). 

Emploi des ciseaux dans l'excision des amygdales et nouvel instru- 
ment, par A. A. Bliss (Ëlxtrait de la Therap. gaz,, 15 mars 1895;. 

O^nsidérations sur le mécanisme vasculaire de la muqueuse nasale 
et ses relations avec certaines maladies, par J. Wrioht (Extrait de 
the amer. Journ, of medm sciences, mai 1895). 

La cocaïne en chirurgie, par P. Reclus (Petit in-8o de VEneyclo- 
pédie scient, des Aide*m,Jmoire, piûx 2 fr. 50, G. Masson, éditeur, 
Paris, 1895). 

Un cas d'opération de Kusler, par R. Bote y f Tirage à part des 
Aroh. iatinos de rin* lar, y otol., mai 1895). 

Traitement des otites moyennes chroniques, par A. Hartmann 
(Extrait de la Deuts Aerst Zeit, n» 10, 1895;. 



Le Gérant : G. Masson. 



SAINT-AMAMP (chir). — IMP. JDXBTBNAY BUSBltRB FR^ABS 



Tome XXI. -- N« 8. — Aoftt 1895. 



MÉMOIHES ORIGINAUX 



HERPES LARYNGE 

Par le D' Lools SBCRÉTAN de Lausanne (ij. 

11 est en pathologie peu d^expressions employées dans des 
sens aussi divers que le mot d'herpès. Tandis que TEcole fran- 
çaise désigne entre autres sous le terme d'affections herpétiques 
une sorte de diathèse dont les manifestations cutanées ne re- 
présentent qu'une partie des symptômes, TEcole allemande, au 
contraire^ ne connaît pas la € diathèse herpétique >, et réserve 
cette expression à une certaine catégorie de maladies des tégu- 
ments. Mais là encore, quelle confusion!... Herpès zoster, 
herpès labial ou génital, herpès iris, herpès symptomatique, 
fièvre herpétique, voilà tout autant de subdivisions formulées 
par les auteurs et qui laissent dans Tesprit une incertitude 
complète sur la véritable essence de ce que, en dermatologie, 
l'on appelle herpès. 

Mais serrons de plus près les doctrines en cours, nous ver- 
rons que cette confusion tient essentiellement à ce que, sou- 
vent sous une seule et même dénomination. Ton a confondu 
longtemps et l'on confond aujourd'hui encore la lésion cutanée 
avec la maladie primitive qui l'a causée: les auteurs distin- 
guent en effet un herpès symplomaiique, dans lequel la mo- 
dification de la peau n'est qu'un accessoire et un herpès es* 
seniiel dont cette même modification est le symptôme prédo- 
minant, parfois même unique. 
Nous trouvons donc toujours à la base de tout ce qui porte 



(^) Travail présenté à la Société vaudoise de médecine, séance du 
6 avril 1895. 

ANHALBS DBS MALADIES DB l'oRBILLE BT DU LARYNX. — XXI. 8 



114 LOUIS SBCRÊTAN 

le nom de « herpès » une même lésion anatomique grossière du 
derme. Celle lésion : c'est la vésicule^ mais la vésicule réunie en 
groupes sur des surfaces culanées hypérémiées, œdémaliées et 
persistant quelques jours pour se dessécher bientôt en laissant 
à sa pkce une croûte brunâtre, qui finit par tomber. 

Nous retrouvons la vésicule dans Therpès symptomatique 
de la pneumonie ou de la méningite, comme dans l'herpès 
zosler ou dans l'herpès labial ou génital. Seulement, cetle vé- 
sicule, qui paraît identique à l'œil nu, n'est pas toujours sem- 
blable à elle-même dans sa structure histologique. Unna (') à 
pu distinguer dans des examens microscopiques, malheureu* 
sèment trop rares, deux sortes de formations vésiculeuses: 
celle de l'herpès zoster dans laquelle la base de la vésicule est 
formée par un épiderme fort peu modifié, peu œdématié, avec 
des vaisseaux peu dilatés; celle de l'herpès facial et génital, 
dans laquelle, au contraire, l'épiderme se détache en totalité de 
la couche papiiiaire gonflée, dont les cellules, siège d'une in- 
flammation qu'il appelle fibrineuse, sont agrandies, œdéma- 
liées, et les vaisseaux sanguins et lymphatiques dilalés. 

L'histologie pathologique amène donc à diiTérentier deux 
catégories de vésicules herpétiques, la vésicule du zoster d'une 
part, d'autre part celle de l'herpès facial et génital, que Unna 
place dans la môme catégorie. Il ne distingue pas entre l'her- 
pès symptomatique et l'herpès essentiel et parait les considérer 
comme déterminant une seule et même lésion analomiquc, car 
ii dit que « le seul cas d'herpès facial qu'il ait eu l'occasion 
d'examiner provenait d'un malade qui avait succombé à une 
afl'ection fébrile aiguë. » Pour l'anatomo-pathologîste, il s'agi- 
rait ainsi d'une seule et même lésion cutanée, et l'herpès symp- 
tomatique ne devrait pas être distingué de l'herpès essentiel. 

Nous verrons plus loin, par l'analyse des deux cas d'herpès 
laryngé que nous avons observés, que la clinique ne serait 
vraiment pas éloignée de s'accommoder d'une semblable con- 
ception. 

Si maintenant, nous examinons la question au point de vue 



(^) In Lehrbuch der speciellcn Anatomie, von D^ J. Orth. 1894, 
VIII, p. 150. 



! 

I 



HBRPÈS LARYNGÉ 115 

elînîque, nous verrons que tous les auleurs ont misa part 
i*herp^3 zoster, faisant avec raison de celle maladie une en- 
tité morbide bien définie, que les Français ont consacrée par 
le terme de < zona » et que la plupart des auleurs contempo- 
rains rattachent aux fièvres éruplives infectieuses, dont il pré- 
sente la marche cyclique et l'immunité acquise pur une pre- 
mière atteinte. Ce n'est point ici le lieu d'examiner en détail 
les nombreuaes théories que la formation des vésicules dans le 
rona a fait naître : névrite périphérique, inflammation des 
ganglions, origine microbienne, etc. En efl'et, le zoster s'il 
atteint parfois la muqueuse buccale, à notre connaissance n'a 
jamais été observé dans le larynx ; il ne rentre donc pas dans 
le cadre de ce travail. 

Restent les deux formes cliniques de l'herpès symptoma- 
tique et de T herpès essentiel. La première est la plus connue, 
c'est cette poussée de peliles vésicules cutanées que l'on observe 
le plus souvent & la face, rarement sur d'autres points des té- 
guments externes, quelquefois aussi sur les muqueuses et qui 
accompagne certaines maladies fébriles aiguës, la pneumonie 
en première ligne, braucoupplus rarement la fièvre typhoïde, 
la méningite, la malaria. L'herpès n'est ici qu'un symptôme, 
auquel quelques-uns ont voulu attribuer une signification pro- 
nostique, mais qui disparaît au second plan devant la maladie 
qu'il accompagne. Seule, l'éruption cutanée de l'herpôs attire 
l'attention, et si ce dernier donnait naissance à quelque modi- 
fication dans l'état général du malade, ce qui ne serait après 
tout pas impossible, cette modification à l'œil de l'observateur 
se noierait dans le flot montant des symptômes de l'atTection 
primaire. 

Toute autre est la symptomatologie de l'herpès dit essentiel. 
Il importe, croyons-nous, d'en distraire d'abord une partie des 
cas d'herpès génital, affection fréquemment déterminée par une 
irritation locale, de cause variée, de la muqueuse qui en est le 
siège et qui n'est ordinairement pas accompagnée de modifica- 
tions dans l'état général. Il semble qu'il s'agisse alors d'un 
phénomène purement épidermique, analogue à cet eczéma des 
mains qui survient dans certaines professions, alors qu'un agent 
d'irritation mécanique ou chimique est en contact répété ou 



i 

4 



116 



LOUIS 8BCBÉTÂN 



prolongé avec Tépiderme. C'est du moins ce qui arrive le plus 
souvent. D'aulres cas d'herpès génital, il est vrai, semblent au 
contraire se rattacher à la forme idiopalhique. J^s faits d'his- 
tologie pathologique rapportés par Unna en font foi. 

L'herpès essentiel apparaît comme une entité morbide 
distincte; c'est une maladie aiguë, à début souvent brusque, 
accompagné parfois de frissons et de Gèvre plus ou moins 
élevée ainsi que de malaises généraux, céphalées, vomisse- 
ments, courbatures. Au bout d'un jour ou deux, l'éruption vé- 
siculeuse apparaît, se localii^ant sur un ou plusieurs points de 
la surface cutanée ou des muqueuses. On la voit le plus fré- 
quemment à la face, sur les lèvres, ou bien aussi, quoique 
plus rarement, sur les fesses, à l'anus, sur les organes géni- 
taux de rhomme et de la femme, sur la muqueuse buccale et 
pharyngée ; elle est mentionnée enOn sur la muqueuse du 
larynx et sur la conjonctive. La vésicule n'est jamais isolée, 
elle forme des groupes clairsemés et se développe sur une 
surface des téguments enflammée et œdématiée. A ce moment 
la fièvre baisse, l'étal général s'améliore. Les vésicules subsis- 
tent pendant trois ou (|uatre jours, puis se desséchent, for- 
ment des croûtes brunâtres sur la peau, blanchâtres et larda- 
cées sur les muqueuses, puis tombent en laissant après elles 
de légères dépressions épidermiques. Le malade est guéri dans 
l'espace de huit à quinze jours et sans jamais présenter de 
complications graves. Tel est l'herpès essentiel classique, 
affection que l'on observe quelquefois aussi sous la forme 
d'épidémies bénignes. 

C'est à celle dernière forme, l'herpès idiopathique, que se 
rattachent presque exclusivement les cas d'herpès laryngé 
rapportés dans la littérature jusqu'à aujourd'hui. Ils ne sont 
pas fréquents du reste. Isambert, dans ses c Conférences cli- 
niques sur les maladies du larynx » dit à la p. 317 : c Nous 
ne connaissons encore aucun fait d'herpès proprement dit du 
larynx ». L'un des premiers publiés est de notre concitoyen, 
M. Rud. Meyer (*) de Zurich ; il date de 1879 déjà et concerne 



(*) Die phlyclânulare Stirambandenlzundung, Berlin, hlin, Wo- 
ehensehr., 1819,41. 



HBRPÊS LARYNGÉ 117 

une jeune Bile de 18 ans, qui, au milieu d'une épidémie béni- 
gne d*herpès labial, présenta une localisation laryngée avec 
symptômes généraux fébriles. Dès lors, plusieurs cas sembla- 
bles ont été relatés : Beregszàszy (*), Stepanow (*), Krieg (') 
en rapportent chacun plusieurs cas. Enfin, les traités didacti- 
ques les plus récents consacrent à leur tour quelques lignes 
à rherpès laryngé. Si Morell-Mackenzie, Stôrk, Lennox 
Browne, Gottstein, Moure n'en font pas même mention, Bres- 
gen en parle en passant, à propos du catarrhe aigu^ dont 
rherpès n*est à ses yeux qu'une forme plus intense. 

Schrôtter y voit le plus souvent aussi une simple exagéra- 
tion de Tétat catarrhal du larynx, mais ajoute qu'il existe, à 
c61é de cette forme vulgaire, un herpès laryngé vrai, plus 
rare encore que ne Test l'herpès buccal et qu'on observe sur 
l'épiglotte, les replis ary-épiglottiques, les arylénoïdes et les 
processus vocaux. Moritz Schmidt, enfin, dans son excellent 
traité, étudie l'herpès laryngé avec plus de soin. 11 le rapporte 
à des causes diverses, tantôt de nature nerveuse, tantôt d'ori- 
gine microbienne. Il en décrit une forme aiguë, parfois idio- 
pafhique, parfois accompagnant d'autres maladies fébriles, 
telles que la pneumonie et le typhus, et une forme chronique 
à éruptions fréquemment répétées pendant des années, locali- 
sées essentiellement sur la langue, le voile et l'épiglotte et 
qu'il rapporte à la neurasthénie. 

Si, maintenant, nous cherchons à dégager la pathologie de 
l'herpès du larynx des matériaux existants, voici quels sont. 
les faits observés : 

C'est une affection aiguë, survenant tantôt chez des indivi- 
dus sains, tantôt chez des sujets souffrant depuis longtemps 
de laryngite chronique. Parrois il est possible de la rapporter à 
un génie épidémique régnant, parfois, au contraire, elle reste 
sporadique. Le début en est ordinairement brusque, accompa- 
gné de manifestations fébriles plus ou moins intenses, fris- 
sons, température entre 38* et 40**, voire même davantage. 



(1) Wiener med. Presse, 1879, 44. 

{*) Monatschrift far Oàrenheilkunde, 1885, p. 237. 

f?) Atlas der Kehlhkopf ki*ankheit«n. Stuttgart 1892. 



118. LOUIS SKCRÉTAN 

Les symptômes généraux sont les mêmes que ceux de Vherpès 
cutané idiopathique que nous avons étudié au début de ce 
travail ; nous n'y reviendrons pas. 

Quant aux manifestations laryngées, elles s'accusent dès le 
début par de Tenrouement ou de l'aphonie, des douleurs lanci- 
nantes qui peuvent être vives, parfois même de la dyspnée, et 
au laryngoscope par des symptômes d'inflammation aiguë de 
l'organe, rougeur, gonflement, œdème de telle ou telle portion 
du larynx, précédant d'un jour ou deux le développement des 
vésicules. Celles-ci sont peu nombreuses ; on en observe rare- 
ment plus d'une dizaine ; elles sont petites,de la grosseur d'un 
grain de mil, et très éphémères. Bien lot elles crèvent et 
forment sur la muqueuse rougieet gonflée de petites érosions 
recouvertes d'une croûte blanchâtre, adhérente, quelquefois 
hémorrhagique, qui tombe elle-même au bout de cinq à six 
jours, pour laisser à sa place une simple dépression de la mu- 
queuse. L'éruption laryngée est quelquefois seule à se pro- 
duire ; d'autres fois elle est accompagnée, précédée ou seule- 
ment suivie de manifestations cutanées ou pharyngées de 
même ordre, manifestations qui facilitent alors singulièrement 
le diagnostic. 

Celui-ci n'est pas toujours facile au début et il offre, pour le 
médecin et pour son client, un intérêt sérieux. C'est de la 
diphthérie qu'il est le plus difficile de distinguer l'herpès laryngé: 
le début fébrile, les dépôts blanchâtres sur des érosions à fond 
quelquefois sanguinolent facilitent la confusion ; mais la dis- 
tribution en général clairsemée des lésions, leur peu de con* 
fluence permettent le plus souvent de poser un diagnostic 
juste, qu'au besoin l'examen bactériologique pourrait con- 
firmer. 

Le pronostic de cette affection est absolument bénin, cela va 
sans dire. 

Quant à son traitement, il consistera en inhalations désin- 
fectantes (eau phéniquée diluée, eau boriquée), applications 
réfrigérantes, (glace, tubes de Leiter, pilules déglace) et repos 
au lit. Enfln, s'il y a lieu, l'on administrera un léger purgatif 
pour modifier l'état gastrique, parfois assez marqué. 

Dans d'autres cas, plus rarement observés encore, les vési- 



HERPÈS LARYNGÉ 119 

cotes laryngées se développent au cours d'une maladie aiguiS 
de la pneumonie surtout, et ont alors la même signification 
que l'herpès labial. 

C^est un herpès laryngé symptomalique, par opposition à 
l'herpès laryngé essentiel dont nous venons de parler. 

En résumé, l'herpès du larynx n'est pas autre chose qu'une 
manifestation locale de la maladie des té^^umenis qui porte le 
n^me nom et à laquelle on peut le rattacher, s jit au point de 
rue de Tétiologie, soit au point de vue de sa marche, de ses 
symptômes el de son anatomie pathologique. 

Nous avons eu récemment l'occasion d'observer dans notre 
service laryngologique à l'hôpital cantonal de Lausanne deux 
cas d'herpès laryngé, dont l'un se classe parmi les herpôs idio- 
pathiques et l'autre parmi les herpès symptomatiques, puis- 
qu'il a marqué le début d'une pneumonie franche. 

Voici ces deux observations : 

OBS. I. — Desplands Aimé, 20 ans, charretier, entre, le o dé- 
cembre 1892, dans le service de larynf^ologie de l'Hôpilal can- 
tonal de Lausanne, pour une laryngite catarrhale datant de 
5 semaines. On constate au laryngoscope un certain degré de 
gonflement et de rougeur de la muqueuse laryngro, sans auln;s 
modifications pathologiques. Il en sort très amélioré le 27 dé- 
cembre. Le 13 janvier, il revient à la consultation. Le L*>, il 
rentre à l'hôpital. Il a voulu battre du blé et le lendemain 
survint une violente rechute dosa laryngite. 11 est complètement 
aphone. Il se plaint de difficulté à la déglutition et a une lièvre 
assez vive. T. 38**,5. T. vespérale, 39°, 2. 

L'examen local montre une légère hypérémie des amygdales ; 
les cordes vocales sont rouges, épaissies. 

Le 16, il n'y a plus de Oèvre. La douleur à la déglutition sub- 
siste. Il est survenu une éruption d'herpès labial, qui exi)lique 
la fièvre d'hier. 

Le 17, au soir, la fièvre reprend à 38°, o ; le 18, au matin, 
Texamcn au laryngoscope fait voir ce qui suit : pertes de 
substance superficielles, assez étendues, sur la surface supé- 
rieure des deux cordes vocales et dans leur moitié antérieure. 
A la base de la corde gauche, ulcération plus profonde, suivant 
le bord libre de la corde, quelle dédouble. A l'espace interary- 
ténoïdien, fissure muqueuse ; érosions sur les deux aryténoïdes, 



120 LOUIS SECRÊTAN 

surtout à gauche. Ces diverses pertes de substance sont recou- 
vertes d'un muco-pus jaunâtre. 

L'examen minutieux des organes thoraciques n'y démontre 
aucune modiflcation pathologique. 

Le 21 janvier, je noie une sensible amélioration dans Tétat 
du larynx : les cordes ne sont plus lardacées, Pépithélium se 
régénère à leur surface antérieure ; dans leur tiers postérieur, 
elles sont encore érodées et présentent à leur bord libre, sur- 
tout à gauche, une série de petites érosions circulaires réunies 
en ligne. 11 y en a également deux sur la corde droite. La mu- 
queuse interaryténoïdienne est dégonflée, quoique encore rouge 
et recouverte de mucosités. Les aryténoïdes ne présentent plus 
les érosions des premiers jours ; ils sont moins enflés. 

L'état général est meilleur, la flèvre baisse ; mais le patient a 
beaucoup pâli et maigri. 

Le diagnostic inscrit sur la feuille de clinique porte à ce jour 
« herpès laryngé, » 

Le 23 janvier : hier et avant- hier, fièvre rémittente. L*examen 
du thorax est toujours négatif. La rate n'est pas agrandie ; la 
langue est saburrale. Faiblesse et amaigrissement augmentent; 
il y a de la constipation. 

L'état local ne s'est guère modifié ; la corde droite parait 
pourtant un peu plus gonflée et rouge. Sur la lèvre inférieure, 
une vésicule d'herpès assez grosse, déjà rompue. La voix est 
meilleure ; pas de toux. 

Le 23, au soir, je constate une petite vésicule blanchâtre, 
avec liseré rouge ambiant et fond lardacé sous le cartilage de 
Wrisberg gauche. 

Le 25 janvier, la fièvre a de nouveau baissé ; on voit encore 
fort bien la petite vésicule sous le cartilage de Wrisberg ; en 
outre, sous l'ary, il y en a une seconde plus grosse, également 
entourée d'un liseré rouge. A la base de la corde gauche, l'ulcé- 
ration signalée plus haut s'est recouverte d'une croûte melliti- 
forme. Sur la portion correspondante de la corde droite, l'éro- 
sion semble se recouvrir d'un épithélium de nouvelle formation, 
d'un rouge vif. Sur le tiers antérieur des deux cordes, il y a 
toujours les mêmes érosions à fond lardacé. Les deux arys sont 
recouverts d'une muqueuse normale. Le larynx est anémié dans 
son ensemble et non point hypérémié. La flèvre baisse ; l'état 
générale est anémique. 

Le 27 janvier, amélioration très sensible, comme état local et 
général. L'érosion sous-wrisbergienne a disparu; les cordes 



HERPÈS LARYNGÉ 121 

sont encore recouYertes d'un simple exsudât floconneux ; elles 
sont ronges, mais moins épaissies. A la base de la corde droite, 
Talcération s'est nettoyée et laisse roir un fond rosé de bonne 
nature. A la paroi postérieure du larynx, on voit maintenant, 
entre les deux ary ténoîdes, les bords d'une ulcération également 
recouverte d'une croûte. 

Sur les lèvres, les ulcérations herpétiques ne sont pas encore 
cicatrisées et ont tout à fait l'aspect d'aphtes. 

Le 11 février, le larynx est à peu près revenu à l'état normal, 
sauf que les cordes vocales sont grisdtres et ponctuées de rouge. 
La voix n'est pas encore bonne. Le malade sort de l'hôpital et 
ne se présente plus à la consultation. 

oBs. II. — Brun Marc, employé à Lausanne, Agé de 59 ans, a 
été traité en policlinique pendant plusieurs semaines pour une 
sclérose auriculaire. 

Le samedi, 15 décembre 1894, il travaille les mains dans l'eau. 
Vers 4 heures du soir, il constate qu'il a de la difficulté de la 
déglutition et ressent de vives douleui^ en avalant sa salive ; il 
doit cracher beaucoup. Le lendemain, l'état local ne s'est pas 
amélioré, la salivation est toujours abondante et il est survenu 
de vives douleurs spontanées des deux côtés de la gorge ; en 
même temps, B. accuse un malaise général. 

Le 17, au matin, B. se présente à la consultation gratuite de 
notre service laryngologique à 1 hôpital de Lausanne ; il se plaint 
de vives douleurs à la déglutition. A l'examen, je constate une 
forte tuméfaction de Fépiglotte, qui est rouge, hypérémiée et ne 
permet pas de voir l'intérieur du larynx. Mais elle ne présente 
pas d'ulcération, et le diagnostic qui s'impose est celui d'épi- 
gloitite aiguë. 

Le malade est admis d'urgence dans la division et le traite- 
ment institué consiste en application de compresses glacées à 
l'extérieur et pilules de glaces à l'intérieur. 

La température vespérale est de 37°,8 et l'on ne peut consta- 
ter aucune autre modification pathologique chez Brun. 

Le 18, la température atteint 38*»,2 le soir, après être descen- 
due le matin à 37°,4. Il n'y a aucun changement ni dans l'état 
local, ni dans l'état général. 

Le 19, au matin, je note au laryngoscope l'état local suivant : 
Epiglotte très gonflée, rouge, présentant à chaque extrémité de 
son bord libre deux ulcérations superficielles et circulaires de 
la grandeur d'une forte tête d'épingle. Le bord libre lui-même 
est si fortement tuméfié que c'est avec la plus grande difficulté 



122 LOUIS SECRÉTAN 

que j'arrive à jeter un coup d*œil dana le larynx ; je vois Tary- 
ténoïde droit tuméfié, rouge ; à sa surface supérieure il existe 
une petite ulcération superficielle, très semblable à celles qui 
ont été décrites sur l'épiglotie; à côté d'elle, une légère héraor- 
rbagie sous-muqueuse. L'ary gauche est normal de même que 
la corde vocale correspondante ; la corde droite, au contraire, 
est rouge et un peu paresseuse. Etat général médiocre. 
T. 38^,7. Mais il n'existe encore aucun symptôme pulmonaire. 

Le soir, la T. monte à 40°,i, le malade a un peu de dyspnée, 
Tauscultation fait percevoir un souffle léger dans la fosse sus- 
épineuse gauche, souffle qui augmente d'intensité en se rappro- 
chant de la ligne médiane. Sonorité normale. Expectoration 
muqueuse, sans caractère spécial, abondante comme précédem- 
ment. 

Le 20, au matin, la lésion pulmonaire se confirme ; le souffle 
du sommet devient tubaire, et se propage dans la région 
axillaire ; la sonorité est tympanique, il survient des crachats 
rouilles. La T. est à 39o,8. La pneumonie ne fait l'objet d'aucun 
doute et le malade est transféré dans le service de clinique mé- 
dicale de M. le prof, de Gérenville. 

L'état local s'est sensiblement modifié : fépiglotte est toujours 
rouge, mais beaucoup moins tuméfiée. Les ulcérations notées 
la veille subsistent, mais ne se sont étendues ni en profondeur, 
ni en surface. Il n'y en a pas de nouvelle. 

Le 21, Tépiglotte est encore un peu tuméfiée et très rouge ; 
les ulcérations sont stationuaires ; Tccchymose sur Tary droit a 
disparu. 

La pneumonie a gagné tout le lobe supérieur gauche. 

Le 23, la température baisse brusquement ; la crise se fait 
dans des conditions normales. 

Le 24, Texamen au laryngoscope constate que Fépiglotte est 
désenflée dans sa moitié gauche ; la droite est encore enflée, 
rouge. Une nouvelle petite ulcération s'est développée sur le 
bord libre à gauche, non loin des deux premières. La surface en 
est légèrement surélevée. L'ary droit est revenu à l'état normal. 

Sous la lèvre inférieure gauche, il est survenue une éruption 
modérée d'herpès labial, accompagné d'une légère tuméfaction 
des téguments. 

Le 26, épiglolte presque complètement dégonflée ; les an- 
ciennes vésicules se cicatrisent ; les deux postérieures ont dis- 
paru, la dernière formée existe encore et suit sou cours. 
L'herpès labial sèche. L'état général est assez bon. 



HBBPÈS LARYNGÉ 123 

Le 28, l'épiglotte est encore un peu ronge ; les vésicules de 
gauche sont cicatrisées» il en reste encore une à droite, ulcérée. 
Encore un peu de cuisson à la déglutition. Etat général bon. 

Le il janvier 1895, je revois le malade guéri ; on peut encore, 
au laryngoscope, constater une légère rougeur de Tépiglotte et 
de petites dépressions cicatricielles aux places où se trouvaient 
les ulcérations décrites ci-dessus. 



REMARQUES : La première de ces deux observations est 
un exemple type d'berpès idiopatbîque : début fébrile, localisa- 
tions labiale et laryngée, survenant en deux ou trois poussées 
successives, chacune d'elles accompagnée d'une recrudescence 
dans la fièvre. Ici Therpès labial est apparu simultanément 
avec rherpès laryngé et a rendu le diagnostic facile. La 
maladie a duré trois semaines et s'est accompagnée d*une fai- 
blesse et d'une anémie générales montrant bien que Torga- 
nisme dans son entier a été atteint par la fièvre « herpétique » 
et qu'il ne s'agissait point seulement d'une affection locale. 

Quant à notre seconde observation, son interprétation offre 
quelques difficultés et parlant un intérêt plus vif. 

Le début en est franchement laryngé ; les malaises accusés 
par Brun le premier jour de sa maladie sont des troubles de dé- 
glutition et des douleurs vives dans la gorge, accompagnés 
d'une salivation exagérée et sans symptômes généraux bien 
accusés. Deux jours après, le diagnostic au laryngoscope qui 
s'impose est encore < épigloitile aiguë ». Ce n'est que le 
quatrième jour au soir que la température devient fébrile 
et que le malade se met au lit se sentant vraiment atteint 
dans sa santé. Le cinquième jour, apparaissent les vé- 
sicules d*herpè8 sur les parties enflammées du larynx ; la 
fièvre monte, mais graduellement et sans frisson, de 38^7, 
température matinale, à 40^1 le soir. Le matin du cinquième 
jour un examen minutieux des organes thoraciques ne 
décèle aucune modiGcation ni de l'auscultation, ni de la 
percussion ; le soir, par contre, on perçoit un léger souffle 
bronchique au sommet gauche, sans matité et sans expec- 
toration caractéristique. Le sixième jour, enfin, la lésion pul- 
monaire est confirmée et les crachats rouilles font leur 



124 LOUIS SKCRÉTAK 

apparition. Au même moment, le gonflement de Tépiglotte 
si marqué précédemment, diminue rapidement et les ulcéra- 
tions provenant des vésicules n'augmentent plus, pendant que 
les symptômes laryngés douloureux disparaissent prompte- 
ment pour laisser après eux une simple sensation de cuisson. 

Le neuvième jour de la maladie, quatre jours après le début 
de la pneumonie, la crise se fait brusquement, et en même 
temps que survient, alors seulement, une éruption d*berpès 
labial, il se développe sur 1 epiglotte une nouvelle petite vé- 
sicule d'berpès. 

Dès lors la guérison des lésions laryngées suit son cours pa- 
rallèlement à celle des lésions pulmonaires et à l'état général : 
treize jours après le début, il subsiste une petite ulcération 
non cicatrisée et un peu de cuisson h la déglutition. Enfin, 
un mois après, on ne constate plus au laryngoscope qu'une 
ou deux légères dépressions cicatricielles sur la muqueuse la- 
ryngée. 

Ce qu'il y a de remarquable dans l'observation présente, 
c'est d'abord la coexistence d'un herpès du larynx avec la 
pneumonie. 

L'herpès pneumonique atteint en effet rarement les muqueu- 
ses, et, parmi celles-ci, ce sont surtout les muqueuses bucale et 
pharyngée qui sont signalées par les auteurs comme atteintes. 
Nous n'avons trouvé dans la littérature à notre disposition qu'un 
seul cas d'herpès de Tépiglot le; par contre, Moritz Schmidt, 
Schrdtter citent la pneumonie parmi les affections qui peu- 
vent amener l'herpès laryngé, sans d'ailleurs en donner 
d'exemples. Il y avait donc à ce point de vue un certain intérêt 
à rapporter notre observation. Mais ce qui est le plus frappant 
chez Brun c'est le début de l'herpès laryngé plusieurs jours 
avant la pneumonie, tandis que herpès labial apparaît seule- 
ment le jour même où survient la crise, accompagné il est 
vrai d'une nouvelle poussée de deux vésicules fratches dans le 
larynx. Certainement, on aurait pu croire d'abord à un simple 
herpès idiopathique, tant les symptômes initiaux rappellent 
notre première observation. Puis, graduellement, la scène 
change, la fièvre s'allume plus forte, l'affection de la muqueuse 
s'efiace devant la maladie principale ; son caractère purement 



HBRPÈS LARYNGÉ 425 

symptoma tique se décèle évident. Chose remarquable, aussitôt 
la pneumonie déclarée, les symptômes inflammatoires du 
larynx cèdent rapidement, le gonflement énorme de l*éptglotte 
diminue brusquement, la douleur disparait presque complète- 
ment. Je rappelle un fait analogue que j'ai eu Thonneur de 
rapporter à la Société de médecine (*), il y a bien des années : 
une otite moyenne aiguë suppurée, accompagnée de douleurs 
très vives, avait précédé de deux ou trois jours réclusion brus- 
que d'une pleuropneumonie et celle-ci déclarée, tous les sym- 
ptômes de celle-là avaient cédé comme par enchantement^ 
pour reparaître, il est vrai, après la crise faite. Ces faits sont 
intéressants ; faut-il y voir la première manifestation de la 
maladie qui va survenir ? Le pneumocoque est-il la cause pre- 
mière de l'herpès du larynx comme il est certainement à la 
base de l'otite ? C'est ce qu'un examen bactériologique du con- 
tenu des vésicules pourrait seul décider. A priori, la chose 
parait plausible puisque, avant d arriver au poumon, le pneu- 
mocoque trouve sur sa roule la muqueuse laryngée ; rien 
d*étonnant à ce qu'il s'y fixât et n'y déterminât une inflam- 
mation, que Unna appelle fibrineuse cl qui est donc de même 
nature que celle qu'il détermine dans le tissu pulmonaire. 

En tous cas des faits semblables nous paraissent de nature a 
éclairer la pathogénie de l'herpès pneumonique, phénomène 
jusqu'ici trop négligé par lous les auteurs. 

(*) Bulletin de la Société médicale de la Suisse romandef 1879, p. 203. 



Il 

DES ADÉNOIDITES 

Par U Dr F. HBLIIE. 



I 



II semblait jusqu'à ces derniers temps que tout avait été dit 
au point de vue clinique sur la question des végétations adé- 
noïdes. De nombreux travaux d'ensemble, des monographies 
très complètes avaient eu pour résultat, non-seulement de 
bien établir la symptomalologie de Taffection, mais encore de 
poser nellement et de préciser avec soin les indications opéra- 
toires. D*un autre côté, les innombrables observations d'enfants 
améliorés, transformés en quelque sorte par l'opération, éta- 
blissaient d'une façon irréfutable l'opportunité de l'ablation 
de l'amygdale pharyngée hypertrophiée. Il était donc permis 
de croire que^ grdce aux méthodes actuellement suivies et 
vulgarisées par les travaux des rhinologistes, aucune objection 
ne s'élèverait désormais contre des interventions si profitables 
à la santé des petits malades. 

Cependant, on ne saurait nier qu'il se fasse depuis quelque 
temps, en France tout au moins, une sorte de réaction contre 
le traitement chirurgical des végétations. Sans doute on ne 
dit pas que les spécialistes opèrent trop, ce serait vraiment 
une exagération que personne ne pourrait admettre, mais on 
cherche à faire prévaloir cette idée que, dans bien des cas, le 
traitement médical seul suffit à remédier aux désordres pro- 
duits par l'hypertrophie du tissu adénoïde du cavum. Il est 
arrivé à des confrères, exposant dans d'excellents travaux les 




DBS ADÉNOIDITBS 127 

résultais statistiques de leurs opérations, d'avoir k enleudre 
robjecUon avec preuves à Tappui de petits malades guéris 
par la seule vertu des méthodes antiseptiques (?) (irrigations 
nasales, etc.), rigoureusement appliquées. Cette tendance à re- 
courir au traitement médical pour une affection qui ne parais- 
sait relever que de la chirurgie s*est généralisée surtout de- 
puis quelques mois ; et l'on croît pouvoir affirmer déjà que, 
dans bien des ca9, un traitement palliatif suffit souvent & 
l'exclusion de toute intervention avec la pince et la curette. 
De sorte qu'aujourd'hui on pourrait croire que suivant le point 
de vue où Ton se place il y a des végétations que Ton opère et 
qui guérissent sans doute, mais qu'il en est d'autres que l'on 
n'opère pas et qui finissent, sinon par disparaître, du moins 
par ne plus causer aucun trouble fonctionnel. 

Nous pensons que dans ce débat tout le monde a raison et 
qu'il existe en effet une inflammation de l'amygdale pharyngée 
qui relève du traitement médical comme Tamygdalile aiguë ; 
mais il y a en outre l'inflammation survenant au niveau de 
la glande de Luschka hypertrophiée ; dans ce dernier cas, la 
chirurgie seule peut conduire à des résultats réellement 
efficaces. En d'autres termes on ne tient pas assez compte de 
l'adénoïdite, que celle-ci survienne sur un tissu adénoïde 
presque normal ou que ce tissu soit déjà hypertrophié par des 
inflammations antérieures. 

Le présent travail a seulement pour but de mettre en valeur 
ce côté de la pathologie du cavum. Nous savons amplement 
que les rhinologistes connaissent dans tous ses détails ce cha- 
pitre de nosologie. Nous avons voulu simplement, la question 
présentant un certain intérêt d'actualité, rappeler l'attention 
sur l'inflammation de l'amygdale pharyngée et faire cesser, si 
possible, une confusion dont les malades seraient les premiers 
à souffrir. 

Nous disions que les adénoïdiles étaient bien connues de 
tous, et, en effet, dans tous les mémoires, Chàiellier, Lœvven- 
berg, Luc, Rangé, Cartaz, Lubet-Barbon, Ruault, Barloli, 
Chaumier, Coupard, Cheval, etc., nous trouvons des indica- 
tions précieuses sur le sujet. Mais l'auteur qui nous a paru 
avoir insisté davantage sur ce point est Moure^ qui, dans la 



128 HBLMB 

thèse de son élève- Hey d'ubord, el plus tard dans la dernière 
(dilion de son manuel des Maladies du nez, a donné de Tadé- 
noïdite un bon travail d'ensemble. 

. Avant d'aller plus loin, nous devons expliquer à notre tour 
comment nous comprenons la question. C'est ainsi que nous 
établirons deux grandes divisions ; dans Tune nous faisons 
rentrer Tinilammation aiguë d'une amygdale pharyngée 
jusque-là normale et donnant lieu presque subitement au 
complexus symptomatique des végétations adénoïdes, com- 
plexus augmenté, il est vrai, de symptômes généraux sur 
lesquels nous aurons à revenir. Cette amygdalite est passible 
du traitement médical. Tel en faut, par exemple, vivait en 
paix avec son amygdale à peine hypertrophiée ; on institue 
un traitement antiseptique et tout peut rentrer dans l'ordre, 
soit définitivement, soit jusqu'à une nouvelle poussée. 
Il n'en va plus de même, bien souvent, dans la seconde divi- 
sion. Ici des poussées successives d'adénoïdite ont amené 
l'hypertrophie puis l'envahissement scléreux du tissu con- 
jonctif. Le processus aigu pourra s'amender et même dispa- 
raître, laissant derrière lui une amygdale qui causera des 
troubles variant avec chaque individu, et qui seront plus ou 
moins prononcés, cela est évident, suivant la plus ou moins 
grande capacité du cavum. Ce sera la végétation adénoïde pro- 
prement dite. Mais il est des cas où l'inflammation aiguë pas- 
sera à l'état chronique ; il s'établira au niveau du pharynx, 
— qu'on me permette la comparaison, — une véritable 
otorrhée, avec ses alternatives de mieux et de pire, et dont les 
conséquences seront sans doute moins redoutables ici que 
dans l'inflammation chroniqne de l'oreille, mais qui n'en 
pèsera pas moins lourdement sur la santé générale et souvent 
sur l'avenir de l'enfant. 



II 



Qu'il nous soit permis, en abordant le chapitre de l'étiologie 
de l'adénoïdite, d'examiner comment peut survenir l'inflam- 
mation du tissu adénoïde du pharynx. Il nous suffira pour 



DES ADÉNOIDITES 129 

cela de tracer une esquisse rapide de la structure analomique 
de la région pharyngée supérieure et de ses moyens de dé- 
fense. Car c'est surtout lorsqu'on connaît le territoire en temps 
de paix que l'on peut mieux comprendre dans quelles condi- 
tions il passe à l'état de guerre (Claisse). 

Tapissée d'un épithélium à cils vibratiles, munie de nom- 
breuses cellules de remplacement, la muqueuse du cavum est 
semée de corpuscules lymphoTdes, sorte de mosaïque qui 
s'étend sur toute la surface de la muqueuse, d'une trompe à 
l'autre sur les côtés, et de la paroi postérieure au niveau du 
voile d'arrière en avant. Il s'agit là en réalité d'un véritable 
ganglion lymphatique étalé, rappelant, comme le dit Luschka, 
les éléments lymphoïdes de l'intestin. Mais en certains points 
ces corpuscules, au lieu d*étre isolés, se réunissent, et de celte 
agglomération résulte l'amygdale pharyngée proprement dite 
située en haut de la voûte au niveau de l'apophyse basilaire. 
Ce tissu adénoïde devient encore confluent au niveau des fos- 
settes de Rosenmûller et pénètre même dans les trompes pour 
constituer l'amygdale tubaire (Tubenmandel des Allemands). 
Tous ces corpuscules, chez l'enfant du moins, ne sont séparés 
que par de rares éléments conjonctifs. Ils sont, de plus, en- 
tourés d'une couche épaisse de glandes acineuses de volume 
variable et particulièrement nombreuses autour des oriflces 
tubaires. Les lymphatiques constitués en plexus vont se jeter 
par étages, les supérieurs dans un ganglion situé entre le 
grand droit antérieur de la tète et une espèce de sillon ou de 
gouttière voisine de la base du crâne et de la paroi postérieure 
du pharynx. Les inférieurs se jettent dans 3 ou 5 petits gan- 
glions échelonnés au voisinage de la grande corne de l'os 
hvoTde. 

Ce court aperçu montre suffisamment les moyens de dé- 
fense dont dispose le cavum, situé sur la grande roule des 
invasions, pour résister aux attaques qui le menacent. Nous 
verrons d'abord l'épi thélium, avec ses flagella, sans cesse 
occupé à écarter les envahisseurs. A côté des cils, les secon- 
dant, les glandes sécrètent leur mucus dont Faction est double. 
D'une part, elles diluent les toxines et enrobent les poussières 
(Claisse) ; d'autre part, elles atténuent et détruisent au besoin 

AlNALBfl DBS MALADIES DB L'oRBILLR ET DU LARYNX. — ZXI. 9 



130 HBLHB 

les germes qui ont péDétré ces régions (Wurtz et Lermoyez). 
Enfin, plus profondément, placés comme des réserves, ooas 
avons les corpuscules lymphoïdes qui conslituent un troisième 
moyen de défense, le plus énergique peut-être, celui en tous 
cas qui n'entre en ligne qu en dernier ressort, alors que les 
deux premiers agents ne sont plus suffisants. Les globules 
blancs contenus dans ces corpuscules font en effet partie de 
ces éléments défensifs auxquels on a donné le nom de phago- 
cytes. Mais la phagocytose est trop connue pour que nous 
ayons h nous y arrêter. 

Dans quelles conditions, les barrières physiologiques qui 
protègent la muqueuse du cavum étant rompues, l'infection 
se produira-t-elle? Ici nous retrouvons toutes les causes pré- 
disposantes signalées dans la pathologie générale de l'infec- 
tion. C'est la débilité du sujet^ mais plus encore c'est le mau- 
vais état habituel de la muqueuse nasale. Tout le monde 
sait que toutes les fois qu'il y a obstruction du nez, la mu- 
queuse des fosses nasales subit une dégénérescence. Il se pro- 
duit alors de la rhinite chronique. Vienne un refroidisse- 
ment, la virulence des germes sera exaltée et il est aisé de 
comprendre dès lors que l'inoculation se fera de proche en 
proche. Le muco-pus, au moment du décubitus dorsal, tom- 
bant dans le cavum, il en résultera d'abord une irritation ou, 
si Ton veut, à un moindre degré, une macération de Tépithé- 
lium tapissant la voûte. Il se produira consécutivement des 
ulcérations de la muqueuse (Megevand), et l'infection n'aura 
aucune peine à s'établir. Donc, le refroidissement amenant un 
coryza pourra donner lieu à Tadénoïdite. Dans d'autres cas 
celle-ci reconnattra pour causes les grands processus infec- 
tieux, scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde. Nous nous trou- 
verons ici en présence du processus commun à toutes les 
infections secondaires. Les phagocytes occupés à repousser 
l'attaque principale ou fatigués par une lutte prolongée à la 
fin d'une maladie, ne suffisent plus complètement à leur 
tâche. Il en résulte que certains points, parmi lesquels le ca- 
vum pharyngé, sont plus particulièrement exposés, par le fait 
même de leur situation, h subir les périls d'une invasion. 

Donc, comme cause des adénoïdites nous signalerons le 



DBS ADÉNOIDITES iSi 

coryza que nous retrouvons dans nombre de nos observations ; 
nous citerons encore les divers processus infectieux. De même 
l'adénoîdite pourra résulter de l'extension de l'inflammation 
palatine à Tamygdale pharyngée. On doit encore, dans le 
même ordre d'idées, noter dans ce chapitre étiologique les 
processus inflammatoires, qu'ils siègent dans la bouche ou 
dans le nez. On a même cru pouvoir attribuer à l'adénoîdite 
certaines Gëvres mises sur le compte de la dentition. Nous 
avons pu nous-méme (Obs. i) observer un cas dans lequel les 
accidents inflammatoires eurent pour point de départ une 
éruption dentaire. 

Citons aussi le traumatisme, les accidents survenant ici, 
à la suite d'un toucher rhino-pharyngien pratiqué trop vi- 
goureusement avec un doigt insufGsamment aseptisé. Enfin 
joignons à tout cela la suppression, ou tout au moins la dif- 
ficulté d'écoulement des différents mucus bactéricides, et nous 
en aurons fini avec Tétiologie. Nous laissons de côté la 
question des germes. 11 n'y a pas là de microbes spéci- 
fiques. 



111 



Nous arrivons maintenant aux symptômes de TafTection. 
Les observations sur lesquelles est basée notre étude sont au 
nombre de 28. Nous n'en avons cité que 12 pour éviter les 
longueurs. On les trouvera à la fin de notre travail. Elles pro- 
viennent, soit de notre pratique, soit de notre clinique. 

Le premier effet du travail inflammatoire est d'amener rapi- 
dement (Moure), soit la production des troubles attribués aux 
végétations adénoïdes, soit leur exagération lorsqu'ils exis- 
taient déjà antérieurement. Dans le premier cas, à la suite du 
traitement approprié, on pourra assister à la cessation de tout 
désordre fonctionnel^ et Ton se trouvera ainsi en présence de 
cet état que Lermoyez désigne sous le nom de « pseudo-syn- 
drôme inflammatoire des végétations adénoïdes. » Dans le se- 



13i 



HBLMB 



cond, rinflam malien se greffe sur une amygdale déjà hypertro- 
phiée. Ainsi tel enfant qui dort la bouche fermée» qui respire 
relativement bien par le nez, présentera presque, du jour au 
lendemain, le lableau classique de l'hyperlrophie adénoïde la 
plus accentuée. Tel autre, qui ronflait un peu la nuit, sera 
pris d'accès de stridulisme, de bourdonnements, de surdité. 11 
aura de la bave, etc. 

Nous devons parler maintenant de la tuméfaction doulou- 
reuse des ganglions angulo-maxillaires. La plupart du temps 
ceux-ci sont hypertrophiés chez les adénoïdiens et cela n'a 
rien de bien particulier si l'on songe à quel point le système 
lymphatique est délicat chez Tenfant. Mais il y a quelque 
chose de plus dans Tadénoïdite où les ganglions tuméGés sont 
douloureux au toucher. Cette question de la propagation de 
l'infection aux ganglions offre surtout de l'intérêt depuis que 
Pfeiffer a mis en relief une espèce morbide qu'il décrit sous le 
nom de fièvre ganglionnaire. On a beaucoup discuté sur ce su- 
jet. Comby, Moussons et Desplats ont repris chez nous les éludes 
de l'auteur allemand. Il y aurait lieu de se demander si celte 
affection ne serait pas autre chose qu'une des manifestations 
de l'adénoïdite. Dans les observations que Ton a publiées, il 
est souvent question de catarrhe rhino-pharyngien. Au mot 
près cela ressemble assez à ce dont nous nous occupons ici. 
Voici d'ailleurs ce que dit Comby à ce propos : < La fièvre gan- 
glionnaire n'est qu'une inflammation fébrile des ganglions 
angulo-maxillaires. Cette adénopathie, observée surtout dans 
la première enfance, semble être sous la dépendance de mani- 
festations angineuses légères. Son siège seul l'indique (^). » 
. Il nous paraît donc qu'en observant systématiquement au 
point de vue de l'adénoïdite les malades atteinis de fièvre gan- 
glionnaire on pourrait peut-être arriver à incriminer l'inflam- 
mation de l'amygdale pharyngée. Mais ce n'est là qu'une 
hypothèse et nous avouons du reste n'avoir jamais rencontré 
un fait de ce genre. 

L'adénoïdite aiguë s'accompagne de fièvre. Suivant Rey, la 
température pourrait s'élever jusqu'à 39 et même 40®. C'est la 



(*) La médecine infantile, 15 janvier 4894. 



DBS ADÊNOmiTBS 133 

fempéralare commune dans les amygdalites. H est donc lo-* 
gique de l'admettre ici. Nous n'avons cependant jamais ob« 
serré de phénomènes fébriles aussi intenses. 

A l'examen, ce qui frappera c'est la rougeur diffuse du 
pharynx, rougeur masquée par te pus qui descend du cavum 
et tapisse la muqueuse. Purulente dans certains cas, muco- 
purulente dans d'autres, la sécrétion est quelquefois à peine 
teintée, cela surtout au moment du déclin des phénomènes 
aigus. Nous avons observé aussi une hypertrophie presque 
constante des amygdales palatines, et cela n'a rien de surpre- 
nant pour qui connaît les Relations intimes qui réunissent 
l'un à l'autre les divers éléments constitutifs de l'anneau de 
Valdeyer. 

La marche de la maladie est, comme l'a dit Moure, celle 
des inflammations aiguës en général. La fièvre n'existe ha- 
bituellement que tout à fait au début, et la période 
d'état, sauf complications, ne dure guère au-delà de 2 ou 
3 jours. Après ce laps de temps, tout rentre dans Tordre ou 
l'affection passe à l'état chronique, ce qui s'explique de soi si 
l'on songe aux multiples anfractuosilés dont l'amygdale est 
devenue le siège sous l'influence de l'hypertrophie, anfractuo- 
sités si difGciles à désinfecter. Dans ce cas, la symptomatologie 
est différente. Elle se caractérise alors par un hemmage fré- 
quent, par les efforts que fait l'enfant pour débarrasser son 
arrière-gorge des mucosités qui l'encombrent. Il se produit 
aussi de la céphalalgii», phénomène d'ailleurs commun dans 
l'adénoîdite aiguë. Cette céphalalgie, sur laquelle le professeur 
Vergely, de Bordeaux, a attiré plus particulièrement l'atten- 
tion, serait due, suivant Luschka, à l'irritation du nerf de Bock. 
Ce nerf, émané du maxillaire supérieur, deuxième branche du 
trijumeau, peut devenir, dans les pharyngites chroniques, dit 
l'auteur allemand, le siège de douleurs névralgiques que les 
malades localisent dans la profondeur du crâne. 

11 peut arriver encore que certains malades exhalent une 
odeur rappelant de très loin, dit Moure, celle de l'ozène. C'est 
plutôt, ajoute cet auteur, une exhalaison un peu forte, fade 
plutôt que réellement fétide. Lubet-Barbon (communication 
orale) nous a dit en avoir observé plusieurs cas. 



434 HBLMB 

A Texamen on trouvera daas le cavum du muco-pus plus 
ou moins abondant et plus ou moins louche, suivant que les 
phénomènes aigus seront de date récente ou non. 



IV 



Nous aurions voulu, et nous avons tenté de le faire, mettre 
en rapport les phénomènes cliniques avec les résultats fournis 
par Tanatomie pathologique. Envisageant le tissu adénoïde du 
pharynx comme un véritable organe hématopoiélîque, Michel 
Dansac avait divisé les végétations en scrofuleuses, lymphadé- 
niques et syphilitiques. Il eut été intéressant dès lors de suivre 
les manifestations du processus inflammatoire sur ces divers 
terrains. Mais nous avons dû renoncer à notre projet, les 
questions que cette étude soulève étant trop complexes et 
encore trop obscures. 



Il nous reste à voir maintenant quels sont les troubles pro- 
duits à distance par l'affection qui nous occupe. Nous avons 
comparé i'iuflammation du tissu adénoïde du pharynx à 
rinflammation des amygdales palatines, à Tamygdalite. Mais 
il y a entre ces deux organes, tissu adénoïde du cavum et 
amygdales, une différence capitale. Tandis que ces dernières 
sont enveloppées d'une coque relativement dense et épaisse qui 
peut limiter Tinfection à la loge amygdalienne, il n'en est 
plus de même dans l'amygdale pharyngée dont tous les élé- 
ments communiquent entre eux presque sans interposition de 
tissu cellulaire. Tous les éléments lymphatiques du rhino- 
pharynx et même de la trompe, comme on Ta vu, sont donc, 
chez l'enfant tout au moins, sous la dépendance les uns des 
autres. Et il est aisé de prévoir par suite, avec quelle facilité 
l'infection pourra, dans certains cas, se propager aux oreilles. 
Je n'apprendrai rien a personne en signalant les otalgies, les 
obstructions tubaires et même les otites qui surviennent sous 



DBS ADÉNOIDITBS 135 

la moindre poassée d'adénoîdite. Ces otiles ont parfois pour 
caractère d'être peu douloureuses et de courte durée. Sans que 
l'on puisse nettement établir la cause de ce fait, on pourrait se 
demander s*il n'est pas dû à l'atténuation des germes qui sont 
depuis longtemps les hôtes des muqueuses. D'autres fois, 
l'otite aiguë éclate avec tous ses symptômes. Us sont trop 
connus pour que j'y insiste. En tous cas, ce qui est certain, 
c*est que l'otite est une complication fréquente de l'inflamma- 
tion des végétations adénoïdes hypertrophiées ou non. Nous 
n'entrerons à ce propos dans aucun di'tail de statistique, 
celle-ci variant, selon les divers auteurs, dans des proportions 
telles qu'il est bien difficile d'arriver à une moyenne précise. 
Mais un enfant n'a pas impunément du muco-pus au ni- 
veau du cavum, c'est-à-dire à la partie supérieure des voies 
respiratoires et digestives. Obéissant aux lois de la pesanteur, 
les germes et les toxines pourront arriver jusqu'au larynx et 
même jusqu'aux bronches (obs. it, obs. 12). Ils produiront 
dans le premier cas de la laryngite, dans le second de la bron- 
chite. Â la vérité, le système respiratoire su|)érieur, richement 
armé contre l'infection toujours imminente, oppose une résis- 
tance chronique à un danger permanent (Glaisse). Mais il faut 
considérer ici que l'obstruction nasale prive les adénoïdiens du 
filtre par excellence constitué par les anfractuosilés des cavités 
nasales. C'est donc un air impur et contaminé qu'ils respire- 
ront. Cet air, chargé de poussières plus ou moins irritantes, 
pourra souvent contribuer à l'ulcération de l'épithélium bron- 
chique, et lorsque le muco-pus descendra du cavum il trou- 
vera, de ce fait, dans les bronches un terrain éminemment pro- 
pice aux infections. Celte complication a été notée, je dois le 
dire, par tous les auteurs. Ce n'est pas tout encore. Les mu- 
queuses sont douées d'un pouvoir d'absorption remarquable, 
et les enfants, s'ils possèdent un réflexe expulsif, du moins 
ne crachent pas. Il suit de là que, consécutivement à l'ab- 
sorption des toxines ou à leur déglutition, on verra se pro- 
duire soit de véritables phénomènes d'intoxication, soit des 
troubles gastro-intestinaux. Ceci nous explique la teinte jaune 
paille des téguments tranchant sur la blancheur des conjonc- 
tives anémiées, et cet aspect cachectique de certains enfants qui 



136 HBLMB 



semblent, pour ainsi dire, revenir à la vie dès qu*on a sup- 
primé les causes de l'empoisonnement. 



VI 



Le diagnostic de Tadénoïdifeesl ordinairement facile. Toutes 
les fois que Ton trouvera de l'engorgement douloureux des 
ganglions, de la fièvre et Texagération des symptômes des vé- 
gétations, le tout coïncidant avec la présence du pus dans le 
cavum, on peut être sûr qu'il s'agit de Tadénoïdite aiguë* 
Nous n'insistons pas d'ailleurs sur ce paragraphe, notre but 
n'étant pas d'apprendre à nos confrères une question qu'ils 
connaissent déjà, mais seulement de faire ressortir quelques 
points de l'étude des adénoYdites. 

Quant au pronostic, éminemment variable suivant le ter- 
rain, suivant les sujets, il dépendra également de la virulence 
des germes, causes de l'infection. En réalité il est plutôt sé- 
rieux, l'adénoïdite amenant parfois des troubles dont les con- 
séquences peuvent être graves. 

Est-ce à l'adénoïdite qu'il faut attribuer ces accidents réflexes 
apparaissant par intervalles et sous l'influence du moindre 
froid, ces angines striduleuses, ces quintes de toux coquelu- 
choïde et même les incontinences d'urine si fréquemment 
observées par Lockart et survenant chez les adénoïdiens & la 
moindre poussée inflammatoire ? Cela est possible. C'est au 
niveau des végétalions qu'aboutissent les terminaisons de ce 
vaste plexus pharyngien, constitué d'une part par le spinal, 
le pneumo-gastrique et le glosso -pharyngien, en rapport de 
l'autre avec les filets du grand sympathique qui longent l'artère 
carotide interne et tiennent sous leur dépendance toute l'irri- 
gation vasculaire de la région céphalique antérieure et de la 
base de l'encéphale. Quoi qu'il en soit, nos observations ne 
signalent aucun des réflexes rapportés un peu partout par les 
auteurs. 



f 



DBS ADÉNOIDITBS 137 



VII 



Quel sera le traitemeat de radéuoïdîte ? Avant de le décrire 
nous devoDs établir oetteoieot cetle règle absolue, déjà posée 
par Rey, à savoir qu'il ne faut jamais loucher à des végéta- 
tions adénoïdes enflammées. Pour le reste, en ce qui a trait 
aux phénomènes aigus, il sera en tout pareil à celui de 
Tamygdalite aiguë buccale, c'est-à-dire : qu'on emploiera 
les moyens diététiques, le repos au lit ou à la chambre ; on 
prescrira la diète, ou seulement une alimentation restreinte. 
Chez les jeunes enfants on se trouvera bien d*user d*une pur- 
gation légère. Chez ceux qui peuvent absorber des cachets on 
pourra tenter la désinfection du tube digestif au moyen du 
benzo-naphtol, en même temps qu'on prescrira le chlorhydrate 
de quinine, (0,05 centigrammes pour chaque année de l'en- 
fant). Quant au traitement local, comme on ne peut agir di- 
rectement sur le cavum on y arrivera par la voie nasale et on 
se servira des lavages avec cette double restriction que : A. les 
lavages devront être faits d'une façon extrêmement douce, 
constituant plutôt un bain de nez qu'un lavage proprement 
dit ; et B. on devra s'assurer, avant de les prescrire, que l'en- 
tourage du malade est sufflsamment intelligent pour exécuter 
à la lettre les ordres du médecin. Dans Tintervalle des lavages 
on fera introduire dans chaque narine de la pommade iodolée 
ou dermatolée sans menthol. On pourra aussi essayer quelques 
attouchements du pharynx avec la glycérine résorcinée. 

Au point de vue des règles de l'hygiène il sera bon d'or- 
donner l'isolement du malade. On le séparera surtout de ses 
frères et sœurs, ceux-ci ayant également souvent des végéta- 
tions adénoïdes. 

L'otite étant toujours fonction d'adénoïdite, on redoublera 
de précautions si l'enfant a déjà eu des otorrhées. Dans les 
formes moins aiguës et qui se règlent dans un espace de temps 
beaucoup plus long, alors que l'enfant est simplement mal en 
train et présente une suppuration torpide de son pharynx, on 




438 HBLMB 

aura recours aux eaux sulfureuses ou aux insufflations de 
poudre d'aristol, soit : 



Poudre d'aristol 
Sucre de lait 



1 ftà 5 grammes 



Pulvériser, passer au tamis n^ 10, en insufflations 3 à 4 
fois par jour. 

Quand l'enfant reviendra consulter le médecin après avoir 
rigoureusement suivi son traitement, deux choses pourront 
avoir lieu : 1® Le malade avait de l'adénoïdite primitive 
simple, essentielle, et il sera complètement guéri ; ceci nous 
explique, disons-le une fois de plus, le triomphe du traitement 
médical contre les végétations. Cela nous démontre encore 
les succès de l'air marin (Verneuil, Castex) qui agît d'une 
façon si remarquable sur l'adénoïdite chronique chez les sujets 
strumeux. (Observations de Lermoyez: enfants adénoTdiens 
respirant bien par le nez seulement lorsqu'ils sont au bord 
de la mer.) 

2^ Dans les cas les plus fréquents il s'agit d'adénoYdite 
secondaire greffée sur des végétations. Ici le traitement amé- 
liore mais il ne guérit pas. Notre devoir est alors de faire 
comprendre aux parents et au médecin que ce n'est là qu'une 
trêve et non la paix déOnitive comme tout-à-l'heure. On in- 
sistera sur ce fait qu'à la moindre attaque nouvelle de froid 
les phénomènes inflammatoires se reproduiront. Or, chacune 
de ces poussées est un danger constant pour l'oreille. Elles 
constituent en outre une prédisposition indéniable à la diphté- 
rie. Par conséquent, il faudra intervenir. Ne sait-on pas par 
analogie, et ici elle est plus qu'évidente, que l'intervention 
chirurgicale seule permet de réduire les amygdales palatines 
hypertrophiées ? El il n'y a pas en chirurgie deux catégories 
d'indications opératoires. Il faudra donc opérer, et radicale- 
ment, quelle que soit la structure analomique de la végé- 
tation. 

En résumé, que celle-ci soit tuberculeuse ou non, le dernier 
mot devra rester à la pince et à la curette. 



0B8 ADiNOIDITBS 139 



OBSERVATIONS 

OBS. 1. — VégéUtionê adénoïde* et adénoïdites, — * S... Pierre, 
Il mois, 17, me Rollin. — Eutrée à la clinique le 16 mai 1894, 
— no du registre : 501. 

Enfant bien constitué. Depuis la naissance bonne santé, mais 
coryza très fréquent. N'a jamais eu de difQcultés pour téter, 
piourri au sein par sa mère ) 

Le début des accidents remonte à un mois et a coïncidé avec 
le début de Téruption dentaire. Les deux incisives inférieures 
ont complètement poussé ; les autres sont en voie de développe- 
menU L*enfant a maigri depuis un mois, il respire mai par le 
nez, il ronfle beaucoup la nuit, dort la bouche ouverte. Un peu 
de dyspepsie intestinale. Les téguments ont une teinte paille 
très nette. Extérieurement pas d^écouleraent nasal, pas de traces 
d^impétigo ni du vestibule, ni de la lèvre supérieure. Dans le 
nez, pas de mueo-pus. Muqueuse des cornets rose peu tuméfiée. 
Pharynx très rouge. Un peu d'œdème de la luette et des piliers. 
Au toucher on constate des végétations adénoïdes extrêmement 
abondantes et dures. Muco-pus abondant dans le cavum. Gan- 
glions angulo -maxillaires très gros et douloureux, ayant, notam- 
ment à droite, le volume d'une noisette. 

11 s'agit là de végétations bien tolérées tout d'abord mais qui 
ont grossi sousTinfluence d'une poussée d'adénoldite eu rapport 
avec l'éruption dentaire, et ont donné lieu à des accidents d'obs- 
truction nasale très marquée. 

L'enfant sera opéré par séances successives à partir du 24 mai. 
D'ici là désinfection du nez et de la gorge. Nez : vaseline iodolée. 
Pharynx : glycérine salolée au 1/40. 

28 mai. — L'enfant a eu un peu de bronchite et Ton n'a pu 
ramener à la consultation qu'aujourd'hui. Plus de ronflements 
la nuit, dort encore la bouche ouverte. Figure pleine, teint nor- 
mal. Le petit malade tette mieux qu'au début des accidents. On 
sent encore un ganglion angulo- maxillaire un peu gros et très 
mobile du côté droit. Rien aux amygdales. Continuation du 
traitement. 

10 juin. — L'enfant va bien. On le ramènera mercredi pro- 
chain pourvoir si l'on peut l'opérer de ses végétations le len- 
demain. 



140 HBLMB 

14 juin. — Enlevé à la pince 5 ou 6 petites végétations adé. 
noïdes sans bromure d'éthyle. On a donné 3 coups de pince. 
Traitement consécutif : pommade boriquée dans le nez. 

18 juin. — L*enfant n'a pas souffert à la suite de Topération. 
Aucune réaction. Au bout de 2 heures prenait le sein sans diffl* 
culte. La gorge est en bon état; depuis l'opération Tenfant ne 
ronfle plus et dort la bouche bien fermée. 

OBS. II. — Adénoïdite, Pseudo-syndrônie de végétations . — 
Gaston V... 6 ans et demi, 42, avenue de Neuilly. — Entré à la 
clinique le 9 mars 1894, — n» du registre : 233. 

Se plaint de mal respirer par le nez, et au dire du père aurait 
un peu de dureté de l'ouïe. Pas de maladie infectieuse antérieure, 
mais très délicat de la gorge, chaque fois qu'il prend froid, 
crache des mucosités jaunâtres et se met à tousser. A ce mo- 
ment dort constamment la bouche ouverte. Vendredi dernier 
est revenu de Técole, ayant le cou légèrement enflé et doulou- 
reux. Le médecin n'ayant rien trouvé du côté des amygdales, 
nous a adressé le petit malade. 

L'enfant est grand pour son âge. Il n'a pas le faciès adénoldien, 
maintient bien sa bouche fermée. Gros ganglions angulo-maxil- 
laires des deux côtés. Ganglions sus-hyo!diens, un peu mous, peu 
douloureux. Audition à la montre : 0. G. Plus d'un mètre. 0. D. 
idem. Audition bonne. 

Examen. — Nez. A droite, muco-pus sur îe plancher, mu- 
queuse un peu rouge, cornet inférieur hypertrophié. Narine 
gauche obstruée par des croûtes rouco-purulentes. 

Bouche. Amygdales palatines assez volumineuses, légère- 
ment pédiculées, et laissant entre elles un espace suffisant. 
Nappe de muco-pus jaunâtre descendant du cavum. 

0. D. Membrane très enfoncée. Amincissement au niveau du 
cadran antéro-inférieur simulant une cicatrice. Le père afflrme 
néanmoins que l'oreille n'a jamais coulé. 

0. G. Membrane opaque très enfoncée. 

En présence des troubles ci-dessus décrits, mucopus, gan- 
glions douloureux et le léger état inflammatoire pour lequel 
l'enfant nous a été conduit, le toucher du rhino-pharynx a été 
remis à plus tard. Insufflations de poudre d'aristol faites séance 
tenante dans une narine ; sort très bien de l'autre côté. 

12 mars. — État stationnaire. Le malade reviendra ven- 
dredi. 

14 mars. — Ronfle moins la nuit, mais se plaint toujours d'une 
sensation de brûlure dans la gorge. 



DBS ADÉN0IDITB8 141 

19 mars. — Toujours du mucopus. On prescrit une pulvérisa- 
tion d*eau sulfureuse. 

21 mars. — Amélioration. Moins de muco-pus. 

13 avril. — Les pulvérisations d*eau sulfureuse sont faites tous 
les deux jours Insufflations de poudre d*aristol et de sucre de lait 
quatre fois par jour. Sous Tinfluence du traitement Tadénoldite 
a diminué. On n'observe, dans le cavum, au lieu de pus, que du 
mucus légèrement louche. Ne respire plus la bouche ouverte et 
ne ronfle plus la nuit. 

Le toucher pratiqué pour la première fois montre que le ca- 
vum est absolument libre. Pas d'hypertrophie de la queue des 
cornets. Aucune végétation au niveau des trompes. Il y a seu* 
lement un état mollosse de la partie postéro-supérieure du ca- 
vum donnant l'impression d'une muqueuse qui aurait tout au 
plus deux ou trois millimètres d'épaisseur. Cette région saigne 
rès facilement. 

Examen du nez : muqueuse rouge. Cornets inférieurs un peu 
tuméfiés mais n'obstruant pas la narine. Filaments de mucus 
presque transparents. Continuation du traitement auquel on 
ajoute un peu de sirop antiscorbutique. 

7 mai. — L'enfant a suivi bien exactement le traitement ci- 
dessus. Il n^y a plus de mucopus dans le pharynx. Il reste un 
peu d*hypertrophie des amygdales palatines, mais rien du côté 
du tissu adénoïde de la voûte. L'enfant ne ronfle plus, ne dort 
plus la bouche ouverte. En résumé il va aussi bien que 
possible. 

• 17 août. — L'enfant continue à aller très bien. Bouche close. 
Ne ronfle plus la nuit. Cependant, de temps à autre, un peu 
d'obstruction nasale. Localement même intégrité du cavum que 
le 7 mai. Pas du tout de muco-pus. État général excellent. 

OBS. m. — Adénoidite, Pseudo-syndrôme de végétations. — 
M .. Henri, 6 ans et demi, 30, rue Eugène Sue. — Entré à la 
clinique le 2 avril 1894, — n°du registre : 318. 

Enfant ronflant la nuit, dormant la bouche ouverte. Cauche- 
mars, terreurs nocturnes. A pris froid, il y a 2 ou 3 mois. De- 
puis ce temps a eu d'abord du coryza, de la flèvre, puis sont 
survenus les troubles accusés ci-dessus. Ouïe bonne. Enfant peu 
développé pour son âge. 

Examen : Amygdales légèrement hypertrophiées. Muco-pus 
abondant tombant du cavum. Gros ganglions angulo maxillaires 
un peu douloureux. Traitement : poudre d'aristol en insufflations. 
Pulvérisations d'eau sulfureuse. 



442 HBLMB 

Il avril. — Plus de niuco-pus. îlonfle moins. Continuation du 
traitement. 

7 mai. — L'enfant va absolument bien. On pratique la rhinos- 
copie postérieure, et Ton constate un léger bourrelet adénoî- 
dîen. 

OBS. IV. — Opération de ifégéUtions adénoïdes. Réapparition des 
troubles faisant croire à une récidive, -^Léon B..., 6 ans, 15, rue 
iean-Lantier. — Entré à la clinique le 4 mars i895, — n^ du 
registre : 1253. 

Enfant opéré en province, au mois d*août dernier. Violente 
hémorrhagie par le fait de laquelle, nous dit la mère, l'opération 
a été incomplète. Amélioration notable après Topération, no- 
tamment les bronchites à répétition n*ont plus été observées. 
Depuis quelque temps, à la suite d'un refroidissement, les symp- 
tômes d'obstruction nasale antérieurs à Topération ont réapparu. 
Et c'est ce qui a décidé la mère à faire le voyage à Paris. 

Examen difAcile. Enfant très rebelle. Amygdales légèrement 
hypertrophiées, creusées de cryptes. 

Nez : au-dessous des narines, sur la lèvre supérienre, un peu 
d'irritation due à l'écoulement. Nez rempli de muco-pus ; hyper- 
trophie des cornets inférieurs, surtout du côté gauche. Toucher 
rhino-pharyngien : choanes libres. Pas de végétations obstruant 
les trompes. Amygdale pharyngée un peu épaissie. Muco-pu.s 
assez abondant dans le cavum. Pas de ganglions. 

On prescrit de la poudre d'aristol dans la journée et de la 
pommade boriquée le soir. 

8 mars. — Légère amélioration. Continuation du traitement. 
L'enfant reviendra dans un mois. N'est pas revenu. 

OBS. V. — Adénoîdite simulant une récidive de végétations adé- 
noïdes après ablation. — U..., 15 ans, 61, rue Balagny. — Entré 
à la clinique le 13 avril 1894, — n° du registre : 364. 

Il s'agit d'un malade opéré il y a un an de végétations adé- 
noïdes et qui, depuis trois mois, à la suite d'un refroidissement, 
a vu récidiver les troubles pour lesquels il avait été opéré, ron- 
flements, obstruction nasale, etc. Ce malade avait du muco-pus 
dans le cavum, des accès de fièvre intermittents et des douleurs 
vives au niveau des deux oreilles. On a prescrit le traitement 
habituel, insufflation de poudre d'arislol, pommade, pulvérisa- 
tions d'eau sulfureuse. On y a joint par la suite des badigeon- 
nages de glycérine iodée. Au bout d'un mois environ (8 mai) 
l'état s'était considérable'ment amélioré, et le malade put quitter 
la clinique sans avoir eu à subir une nouvelle intervention. 



r 



DBS ADiNOIDITBS 143 

OBS Ti. — Adénotdiie ayant provoqué det trouUe$ digestif » et un 

véritable arrêt de développement, — M..., ^ 3 ans, 12, rue de la 

Mare,-- Entré à la clinique le 9 mai 1894, n° du registre: 454.— 

L*enfant se plaint de ne pas respirer par ]e nez et de dormir 

la bouche ouverte. Léger degré de surdité. 

Il y a 3 ans, Qèvre muqueuse pendant laquelle les deux 
oreilles ont coulé. L'écoulement a duré 3 ou 4 jours et n'a pas 
reparu. Depuis ce temps Touie n'a jamais été très bonne. Depuis 
un an Tenfant respire difficilement par le nez, ronfle la nuit, a 
constamment la bouche ouverte. Au point de vue de Télat gé- 
néral : minus habens. Petit, peu développé, parait avoir au-des- 
sous de 10 ans. Ganglions sous-maxillaires nombreux et volu- 
mineux. Chaîne récurrentielle hypertrophiée et léger degré 
d adénopathie trachéo-bron chique. Pas de ganglions cervico-su- 
périeurs ni de ganglions de la nuque. Dents mal plantées, che- 
vauchant Tune sur Tautre, crénelées. Bosse frontale légèrement 
saillante. Saillie du sternum, abdomen volumineux avec un peu 
de dilatation veineuse. On constate un certain degré d'hypertro- 
phie de la rate. 

Testicule droit resté dans Tanneau, d'où il peut être repoussé 
parla pression dans le scrotum. Il en est de même du testicule 
gauche qui, lui, reste normalement dans le scrotum. On ne sent 
au niveau de Tanneau inguinal aucune pointe de hernie. Gan- 
glions superficiels de Taine tuméfiés et indolores. Incurvation des 
jambes en dedans. Saillie des apophyses épineuses à partir de 
la neuvième ou dixième dorsale. Au niveau de l'articulation des 
trois pièces coccygiennes avec le sacrum la dernière pièce de 
cet os fait une saillie en arrière, et le coccyx est légèrement 
mobile d'arrière en avant sous la poussée d'une faible pression. 
Une parait y avoir ni sub-Iuxation ni autre déformation osseuse. 
Le système osseux est bien développé. Hypertrophie des extré- 
mités humérales et digitales. 

Pâleur des conjonctives. Teint jaunâtre contrastant avec la 
coloration des lèvres et présentant un aspect analogue à celui 
qu'on observe dans les cachexies. Troubles digestifs fréquents. 
Anorexie. De temps à autre diarrhée. 

Pharynx : — Amygdales peu volumineuses, irrégulières, très 
euchatonnées. Granulations en chaîne, de couleur rosée, situées 
en arrière du pilier postérieur, semblable à ce qu'on observe 
dans la pharyngite latérale de l'adulte. 

Nez. — Narine droite, un peu de muco-pus, cornets peu dé- 
veloppés, muqueuses rouges. 



144 HBLMB 

Oreilles. — Boachons cénimineux. 

A la rhinoscopie postérieure on constate que le cavum est 
rempli de muco-pus, lequel descend jusque dans le pharynx. 
Il est légèrement louche, grisâtre^ et ressemble à la sécrétion de 
la pharyngite granuleuse. 

Étant donné la gorge rouge, les ganglions et le muco-pus rem- 
plissant le cavum, on porte le diagnostic d'adénoîdite et Ton 
prescrit des insufflations d'aristol et de sucre de lait. 

15 juin. — L'enfant qui avait été amélioré par le traitement a 
été brusquement pris, à la suite d'un refroidissement, de fièvre 
qui a duré jusqu'à hier jeudi. Le médecin a attribué ces acci- 
dents à une alTection de la gorge et il a prescrit un gargarisme 
et une purgation. On constate du muco-pus très abondant, les 
ganglions angulo-maxillaires sont douloureux au toucher, la 
gorge est rouge. On prescrit des lavages avec de Teau bouillie. 
Continuation de l'autre partie du traitement. 

2 juillet. — L'enfant va mieux. Moins de muco-pus. On peut 
faire la rhinoscopie postérieure. Petites végétations mollasses 
n'obstruant ni les trompes ni les choanes. 

11 juillet. — L'enfant, tout-à-fait bien, ne reviendra que dans 
deux mois. 

18 septembre. •- Le malade s'est un peu développé, a eu une 
ou deux récidives d'adénoîdite, mais à l'heure actuelle parait 
tout-à-fait en voie de guérison. — A revoir dans 6 mois. 

OBS. vji. — Adénoïdile, Réchauffement d*une otite chronique, 
A..., 14 ans, 10, rue S'- Augustin, employé de commerce. — 
Entré à la clinique le 20 juin 1894, — n« du registre : 602. 

Il s'agit d'un malade qui avait eu dans son enfance des végé- 
tations adénoïdes. Ces véf:étations avaient subi le processus de 
régression, et peu à peu les troubles fonctionnels qu'elles occa- 
sionnaient avaient disparu. Les otites à répétition, qui étaient 
assez fréquentes, n'avaient plus réapparu. Mais depuis quelques 
jours a ronflé la nuit, dort la bouche ouverte ; un peu de flèvre. 
Mucopus louche dans l'arrière -gorge, amygdales un peu volu- 
mineuses, fibreuses, percées de cryptes. 

Je passe les détails de l'observation qui ont trait à l'oreille ; ils 
ne sont autres que ceux de l'otite ; la montre est cependant per- 
çue au contact appuyé. Le cavum est rempli de muco-pus; gan- 
glions angulo maxillaires. Hypertrophie du tissu adénoïde, qui 
apparaît comme un bourrelet rouge, enflammé. 

Traitement : lavages du nez, insufflations de poudre d'arislol, 
pulvérisations d'eau sulfureuse. 



DBS ADÉNOIDITBS 145 

Le trailemeat se continue pendant un mois environ. Au bout 
de ce temps, on note une sensible amélioration. La montre est 
perçue à 20 centimètres. Comme il y a, au niveau de la fosse 
nasale gauche, une crête vomérienne obstruant la narine et ame- 
nant de rirritation de la muqueuse on enlève cette crête à la 
scie. (6 août). Pas d'incident opératoire. 

Depuis lors, aDiélioration notable, et le malade sort guéri de 
la clinique. 

OBS. vm. — Adénoidite consécutive à un coryza chez un 
adénotdien, — V... René, 3 ans et demi, 45, rue S^- Denis. — 
Entré à la clinique le 18 février 1895, — no du registre : 1213. 

La mère se plaint de ce que son enfant rouile la nuit, qu'il 
dort la bouche ouverte, mange lentement, bave abondamment. 

Examen. Pharynx un peu rouge, amygdales normales, muco- 
pus tapissant la paroi postérieure du pharynx. Narines tapissées 
de croûtes. Tuméfaction des deux cornets inférieurs, muco pus 
remplissant les fosses nasales. La mère raconte que les acci- 
dents ont débuté par le nez, qui a beaucoup coulé. L'enfant au- 
rait eu à ce moment de la bonchite. 

On pratique Tantisepsie nasale, et Ton pratiquera le toucher 
mercredi. 

Le 21 février. — Toucher rhino -pharyngien. Végétations 
adénoïdes moyennement abondantes, opérées le 23 février. 

l«r mars. — L'enfant va mieux. Sort guéri de la clinique le 
10 mars. 

OBS. IX. — Hypertrophie de Vamygdale pharyngée et des deux 
amygdales. — Pharyngite sèche consécutive. — B... Andrée, 
14 ans, 33, rue des Archives. — Entrée à la clinique le 8 juin 
1894. — n® du registre : 550. — (Envoyée par le D' Le tulle. — 
Observation due à Tobligeance de M. le D' Lermoyez.) 

Cette Jeune fille a consulté le D*" LetuUe pour anémie, lym- 
phatisme, chorée, etc. 

Depuis très-longtemps mouche beaucoup, salit plusieurs 
mouchoirs par jour (muco-pus). A constamment la sensation de 
nez bouché. 

Très-léger eczéma à l'entrée des narines, etc. Diminution de 
la sensibilité olfactive ; certaines odeurs fines sont perçues, 
d'autres, plus fortes, ne le sont pas. 

Début de la menstruation il y a 2 mois. 

Dort la bouche ouverte et ronfle la nuit. 

Extérieurement, un peu d'empâtement du lobule et des ailes 
du nez. Nez plutôt petit, sans malformation, pas large à sa base. 

ANNALES DES IfALADIBS DE L 'OREILLE ET DU LARYNX. — XXI. 10 



146 HBLMB 

Narine droite. — Kougeur vive. (La malade vieot de subir 
un lavage du nei il y a 3 heures). Pas de traces de muco pus ui 
croûtes dans cette narine. 

Narine gauche. — Même aspect. Ni atrophie ui hypertrophie. 
Rougeur vire. 

Pharynx. — Les amygdales ont été coupées il y a 2 mois, elles 
étaient énormes. Il reste encore un Ic'per moignon de l'amygdale 
droite, (lelle amputation a éti'; nécessitée par des poussées 
dntnygdaliie aiguë très -fréquentes. 

Muqueuse des piliers, suilout postérieure, très épaisse, luette 
également. Paroi postérieure lisse et vernissée arec quelques 
granulations. 

Ilhinoscopie postérieure impossible à cause des réflexes. 

Au touoher : Cavum est libre, renrerme du muco pus. Pas 
d'hypertrophie de la queue des cornets. L'amygdale pharyngée 
forme une masse mollasse de quelques millimètres seulement 
d'<-pni^si>ur, très molle et saignant facilement. 

Truilement. — (irattage de la vofite et cautérisations iodées. 
Lavngfs du nt-i au salol et pommade au drrmatoL 

Anrmie, pâleur des téguments. 

La malade reviendra ou non, suivant que M. Lelulle aura 
iléfidé si elle doit ou non aller à la campagne. I.e Irailemenl 

La malade revient. 

Le '■> ï(>ptembre, après avoir fait des lavages du nex pendant 
plusieurs mois, l'amélioration sulijeclive est très marquée; plus 
Ao ronllement nocturne, plus de mucus nasal. 

Esamcn du nej:. — Muqueuse rouge ; rauco-pus logé dans la 
nari.ie dvoite. 

Phiiiyiix. — Muco-pus descendant de la voûte. Pas de sé- 
chert-sse. 

La cliiuoscopie postérieure est impossible à cause des réHexes 
rxag<:'rés de la malade. 

Traitement actuel : badigeounage du cavum au nitrate d'argent 
nu i/m. 

(Pendant tout le mois de septembre, ces à-dire 12 fois, le 
cavum a ét^ badigeonné au nitrate d'argent au 1/30. 

Le I" oclobre. — Va beaucoup mieux. Ne mouche presque 
plus, mais encore un peu de mucosités transparentes. 

.Ne ronfle plus la nuit; ne bave plus. Ses oreillers ne sont plus 
tachés, tandis qu'avant, en se réveillant, elle trouvait son oreiller 
inondé de salive. N'a plus la sensation d'obstruction nasale. 



~\ 



DBS ADÉNOIDITKS 147 

Le Dez va bien, pas traces de muco-pus ; muqueuse un peu 
rouge. 

Le phaynx : paroi pharyngienne postérieure, très peu de sé- 
cheresse, quelques petites granulations, à peine apparentes. 

Cavum absolument libre. La rhinoscopie postérieure ne peut 
être faite que rapidement avec la méthode de Yoltolini. 

La malade est guérie. 

OBS. X. — Adénoîdile consécutive à une scarlatine. Otite aiguë 
double, — T... Georges, 11 ans, 15, rue Louis-ie-Grand. 

Cet enfant, dès la fin d'une scarlatine relativement bénigne, 
fut pris d'iui coryza aigu à la suite duquel on observa de la 
rougeur des piliers, du voile et de la paroi postérieure du 
pharynx. Cet état n'occasionna d'abord qu'un léger mouvement 
fébrile, une sensation de cuisson très pénible au niveau de la 
gorge, le tout s'accompagnant, bien entendu, de phénomènes 
d obstruction nasale, bouche ouverte, ronflements, etc. Deux 
jours après le début des accidents nous fûmes appelés auprès 
du malade qui commençait à se plaindre des oreilles. 

Examen, nez : muqueuses rouges, fosses nasales remplies de 
pus, lequel descend dans le cavum et dans le pharynx qu'il 
tapisse dans toute sa surface. L'enfant est très docile, il se 
prête volontiers à un lavage du nez qui le débarrasse de Tamas 
de muco-pus encombrant ses cavités supérieures. On peut 
apercevoir alors, en kaut du cavum, une masse assez volumi- 
neuse de tissu adénoïde oblitérant les choanes. Les deux tym- 
pans sont bombés, rouges. On pratique la paracentèse. Grâce à 
Tantisepsie et aux soins rigoureux, Tenfant était guéri au bout 
d'une quinzaine de jours. 

OBS. XI. — Adénotdite ; pseudo-syndrome de végétations adé- 
noïdes ayant amené des troubles gastro-intestinaux et donnant lieu 
à des bronchites et à des accès d* asthme fréquents. — Ces acci- 
dents sont consécutifs à une rougeole. Date de la première 
visite ; 15 mars 1894. 

C... Maud, 7 ans ; 34, rue Etienne-Marcel. — Cette enfant a 
eu la rougeole il y a un an. Tout se passa bien au cours de 
cette infection, mais un mois après, à la suite d'un refroidisse- 
ment, elle fut prise de lièvre, de frissons. Le médecin appelé 
peusa qu'il s'agissait là d'une angine, sans cependant pouvoir 
nettement préciser le diagnostic. Le pharynx était seulement un 
peu rouge. Cet état dura 4 ou 5 jours, au bout desquels tout 
parut rentrer dans l'ordre. Quelques jours après réapparition 
des accidents. Depuis ce temps on observa que la petite malade 



k 



148 HELMB 

ronflait la nuit, qu elle dormait la bouche ouverte. Jusqu'alors 
bien développée, très intelligente, elle se mit à dépérir. Il sur- 
vint également un peu de dureté de Touîe. L*enfant, dit la mère, 
ne pouvait être sortie le soir sans être immédiatement prise dé 
bronchite. Il se produisait même de temps à autre des accès 
d'asthme qui inquiétaient beaucoup les parents. Tous les trou- 
bles furent mis sur le compte de la bronchite. Cependant, en 
présence du ronflement et des symptômes d'obstruction nasale 
ou pensa à des végétations adénoïdes, et Tenfant nous fut 
amenée. 

Examen. — Enfant chétive, pâle, anémiée. Les conjonctives 
décolorées tranchent sur la teinte jaune paille des téguments. 

Nez. — Un peu de muco-pus. 

Pharynx tapissé de mucosités jaunâtres descendant du cavum. 
La rhinoscopie postérieure permet d'apercevoir en haut de la 
voûte un bourrelet adénoîdien peu volumineux n'obstruant ni 
les choanes ni les trompes. I^e tout est rouge et tapissé de 
muco-pus épais. En outre des troubles respiratoires la mère se 
plaint surtout de l'anorexie dont souffre son enfant et des diar- 
rhées fréquentes qui la fatiguent énormément. 

Rien aux poumons. Pas d'albumine dans les urines. 

Audition. Montre, iO centimètres à droite, 15 à gauche. D. V. X 
à droite. Les deux tympans sont enfoncés, dépolis^ peu mobiles. 
Nous parlons d'intervention possible si les troubles auriculaires 
ne s'amendent pas. 15 jours après nous revoyons l'enfant. On a 
fait des lavages du nez, des irrigations avec de l'eau sulfureuse, 
et Ton insufflait dans le nez, trois fois par jour, de la poudre 
d'aristol. Moins de muco-pus. Le traitement sera continué. 

20 mai. — L'amélioration continue. 11 y a encore dans le 
cavum quelques mucosités, mais elles sont à peine louches et 
en tous cas moins abondantes. L'appétit est meilleur. Il n'y a 
plus de diarrhée, plus de maux de tête. De temps à autre accès 
d'asthme, mais les attaques sont plus légères et plus espacées 
que jadis. L'enfant est envoyée dans une station d'eaux sulfu- 
reuses. Le traitement suivi a consisté uniquement en pulvérisa- 
tions et en lavages du nez, ceux-ci assez espacés. 

La malade a été conduite par ses parents sur les bords de la 
mer pour passer les vacances. Au retour la guérison parait 
complète. L'enfant a grandi, a bon appétit, est gaie. Elle entend 
mieux. On constate cependant encore un léger degré d'hyper- 
trophie de l'amygdale pharyngée. L'audition s'est améliorée. 
Montre : 0,80 centimètres à gauche. 0,60 centimètres h droite. 



DBS ADÉNOIOITBS 449 

Nons avoQS vu la petite mahide encore ces derniers temps et 
raoïélioration s'était maintenue sans la moindre rechute. 

OBS. XII. — Adénotdilc et laryngite consécutive. Pas de végéta- 
tions adénoïdes. — Jeanne H..., 5 ans et demi, 231, boulevard 
Pereire ; entrée à la clinique le 4 janvier 1895, — n° du re- 
gistre : 1093. 

Enfant pâle, blépharite ciliaire, frère mort à 7 ans de ménin- 
gite à la suite d'une otorrhée datant de 3 ans. 
, Depuis 2 ans ronfle bruyamment, a de la peine à avaler, 
s*étrangle en buvant et a des quintes de toux fréquentes. Très 
agitée la nuit, elle se réveille, crie, est sujette aux terreurs noc- 
turnes. Voix étouffée, un peu rauque. 

Pas de maux de gorge ni de maux d'oreilles. Scarlatine il y a 
un an, à la suite de laquelle les accidents ont augmenté d'inten- 
sité. S'enrhume très facilement du nez. Chaque coryza est suivi 
d une petite bronchite. 

Au moment de l'examen pas d'adénopathie angulo-maxillaire, 
respiration calme, bouche close, pas de faciès adénoîdien ; 
mais cornets inférieurs un peu tuméflés. Pas de muco-pus, nez 
libre. 

Pharynx, muco-pus abondant descendant du cavum. Amygdale 
peu développée. 

Cavum, peu de végétations. Une légère saillie mamelonnée de 
l'amygdale pharyngée. 

Larynx, vestibule très rouge. Cordes vocales inférieures blan- 
ches, un peu rouges à leur extrémité postérieure. Traînée de 
muco-pus sur les cordes. 

Traitement : Pommade iodolée, pulvérisations d'eau sulfu- 
reuse. 

Nous ne continuons pas les détails de l'observation, l'enfant 
étant encore en traitement. Qu'il nous suffîse de dire que les 
bronchites sont moins fréquentes, la voix moins enrouée. 



III 



DE L'EMPLOI DE L'HUILE MENTHOLÉE AU 10* 
DANS LES RHINO-PHARYNGITES CHRONIQUES 

Par le D' HAHOK DU FOVC9ERAY (du Mans). 



L'élude nosographique des pharyngites chroniques est 
encore loin d'être complète. La clinique d'abord, puis les 
recherches baclériologi'][ues et anatomo-patho logiques, n'ont 
pas atteint le degré de perfection nécessaire pour fixer défini- 
tivement nombre de points discutés et discutables. Il en résulte 
que le traitement ne repose pas en ce moment sur des bases 
solides, et c'est pour cette raison que les résultats obtenus sont 
éminemment variables suivant les procédés employés, dérivés 
des théories très différentes admises par les différents spécia- 
listes. 

La manière d'envisager l'évolution des pharyngites chro- 
niques doit-elle être conforme aux idées de Ilajek, Len- 
nox Browne etc. qui admettent l'unité pathologique de cette 
évolution dans laquelle l'hypertrophie, la granulation, l'atro- 
phie ne seraient que les phases diverses d'une même entité 
morbide ; ou bien, faut-il, au contraire, concevoir l'existence 
de types bien définis, ayant chacun une étiologie, une marche 
et une lésion anatomique indépendantes ? Cette dernière opi- 
nion semble avoir rallié aujourd'hui un grand nombre d'au- 
teurs, au moins pour certaines formes de pharyngites, et en 
particulier pour la pharyngite granuleuse. La dernière thèse (*), 
tout récemment parue sur ce sujet, repose toute entière sur ce 
principe. 



(*) Baudriller. — De l'angine granuleuse. Thèse de doctorat, Pari», 
mai 18^. 



DB l'emploi db l'huilb mbmtholéb au 10* 151 

Quelle que soit la théorie admise, uniciste ou non, il reste un 
fait bien établi, c'est que le traitement local , tout en n'excluant 
pas le traitement général diathésique dont l'importance a été 
trop hâtivement niée en Allemagne, est de beaucoup le plus 
important, le seul même qui puisse donner des résultats 
sérieux à la condition d'être adapté à la lésion. Ce traitement 
local ne saurait être le même dans tous les cas ; bien plus, 
c^est une erreur grave de faire une application médicamenteuse 
uniforme sur toute l'étendue du pharynx qui peut présenter 
des lésions anatomiques très différentes juxtaposées. Ce dernier 
principe est trop rationnel pour qu'il soit besoin de le déve- 
lopper. 

Mais il est un point sur lequel je tiens à attirer l'attention. 
Si Ton envisage le côté purement clinique de cette question, 
on reconnaîtra facilement qu'il existe un symptôme commun 
aux différentes pharyngites chroniques, que la lésion soit 
simplement catarrhale, ou bien hypertrophique avec ou sans 
granulations, ou atrophique. Ce symptôme consiste dans une 
gêne fonctionnelle qui se manifeste de différentes manières. 
Tantôt c'est une toux fatigante, tantôt, la sensation d'un corps 
étranger que les efforts du malade ne peuvent expulser, tantôt 
une sécheresse de la gorge très pénible, etc. etc.... 

Ce symptôme pharyngé s'accompagne souvent de troubles 
fonctionnels analogues du côté du nez ou du larynx, sans 
parler des réflexes. L'intensité de cette gêne fonctionnelle varie 
suivant les cas. Elle est parfois si légère qu'elle ne préoccupe 
pas celui qui en est atteint ; mais aussi, elle peut devenir si 
insupportable qu'elle affecte le moral même du malade, lui 
rend la vie insupportable et le détermine à renoncer à sa pro- 
fession. J'ai tout dernièrement vu un cas semblable chez une 
institutrice de campagne venue me consulter après avoir essayé 
diverses médications inefficaces, et qui, pleurant à chaudes 
larmes, manifesta le plus violent désespoir que j'eus beaucoup 
de peine à calmer. Inutile d'ajouter que ce désespoir fit place 
aune grande joie, quand, sous l'influence d'un traitement 
approprié, cette institutrice put reprendre son enseignement. 

Ce symptôme n'est donc pas une quantité négligeable pour 
le médecin. Bien au contraire, c'est le plus souvent parce qu'il 



152 HAMON DU FOUGBRAT 

existe que Ton vient nous consulter. Quand cette gène fonc- 
tionnelle est nulle ou à peu près, le malade ne s'en préoccupe 
pas. Il n*est pas rare, en effet, de constater, chez un malade qui 
se plaint de surdité, l'existence d'une rhi no-pharyngite chro* 
nique, cause directe de l'affection de la trompe ou de la caisse, 
sans réaction fonctionnelle. L'absence de ce symptôme est dans 
ce cas plus funeste qu'utile au malade, qui en ne faisant pas 
traiter une affection pour ainsi dire latente, a laissé le temps à 
cette affection de se propager à l'organe de Toute. 

Lorsque, au contraire, celte gène fonctionnelle existe, la 
première, je dirai même la seule chose que demande le 
malade, c'est d'en être débarrassé le plus rapidement possible. 
Il est bien évident que sous l'influence d'un traitement ra- 
tionnel, ce symptôme disparaîtra, mais il subsiste parfois 
encore assez longtemps, surtout si le malade ne peut se rendre 
chez le médecin qu'à des intervalles plus ou moins éloignés. 
C'est pour cette raison que j'ai expérimenté divers moyens 
thérapeutiques depuis plusieurs années. Les solutions de 
chlorhydrate de cocaïne ont une action trop fugace ; la buée 
d'alun, si largement employée dans les cliniques de Vienne, ne 
m'a pas donné de résultats satisfaisants ; la glycérine iodo* 
iodurée, le nitrate d'argent, les gargarismes, etc., etc., ne 
m'ont point paru atteindre le but. Ce but est en effet complexe. 
Pour arriver à atténuer la gène fonctionnelle produite par les 
diverses lésions des muqueuses du nez, du pharynx et du 
larynx, il me paraissait nécessaire d'employer une substance 
inoffensive que le malade pût manier en toute sécurité. Cette 
substance devait être anestbésique, antiseptique, et, de plus, 
devait agir en modifiant l'état congestif local. Mieux que toute 
autre substance le menthol me paraît jusqu'à ce jour répondre 
à ces indications. 

Depuis deux ans, j'emploie journellement à ma clinique la 
solution de menthol au 10° dans l'huile ou la vaseline liquide. 
Après de mombreux essais, j'ai constaté que la proportion : 

Menthol 1 

Huile d'amandes douces ou Vaseline liquide. . 10 

était suffisante dans la majorité des cas. 



DE L'BMPLOI de l'huile MENTHOLÉE AU 10^ 153 

Je prescris doac à tout malade atteint de rhiao-pharyngite 
chronique deux à trois badigeonnages par jour. Chaque badi- 
geon nage doit être pratiqué de la façon suivante. 

Le malade commence par tremper dans l'huile mentholée un 
petit pviceau semblable à ceux qui servent à faire de l'aqua- 
relle, puis il rintroduit successivement dans chaque narine» 
renverse la tète en arrière et aspire fortement jusqu'à ce qu'il 
sente le goût du menthol. Prenant ensuite un grand pinceau 
coudé monté sur un manche en bois, que l'on trouve chez tous 
les pharmaciens, il l'imbibe de la solution et se badigeonne 
largement te pharynx en allant le plus bas possible et en re- 
montant en arrière et au-dessus du voile. 

Ce procédé simple m'a semblé le plus pratique ; mais on 
peut aussi employer l'huile mentholée en pulvérisations 
nasales, pharyngées et même rétro-nasales si l'intelligence et 
la sensibilité du malade le permettent. 

Quoique le goût du mentbol ne soit pas toujours agréable- 
ment ressenti au début, je puis affirmer cependant que tous 
mes malades se sont habitués rapidement à ce mode de traite- 
ment. 

Les effets du menthol sont souvent surprenants. Au bout 
d'un temps très court, parfois deux ou trois jours, les sensa- 
tions anormales sont considérablement atténuées et les 
malades, encouragés par ce premier résultat, acceptent avec 
confiance les autres moyens thérapeutiques qu'on leur propose, 
tels que cautérisation chimique, galvano-cautère, granulo- 
tomie etc., etc.. 

L'emploi de Thuile mentholée au 10*, tel que je viens de le 
décrire, est d'une innocuité absolue. Je n'ai jamais constaté le 
plus l^r accident. Le malade peut donc s'en servir en toute 
sécurité. De plus, ces badigeonnages peuvent et même doivent 
être pratiqués sur toute l'étendue des muqueuses malades, ce 
qui permet de s'en servir à la fois pour le nez et pour le naso- 
pharynx et l'oro-pharynx. Agissant comme anesthésique et 
antiseptique, modifiant très heureusement l'état congeslif local, 
rétablissant les sécrétions supprimées ou altérées, le menthol 
est un adjuvant précieux des autres agents thérapeutiques 
employés dans les différents cas. Ce n'est du reste qu'à ce titre 



154 HAMON DU FOUGBRAY 

que je le signale, e( je me garderai bien de tomber dans Terreur 
commise par divers auteurs» en voulant en faire le seul et 
unique moyen de traitement des pharyngites chroniques. 11 
n*y a pas une pharyngite chronique, mais bien des pharyngites 
chroniques, ou, pour ne pas trancher cette question ngsogra- 
phique encore discutée, des états pathologiques différents avec 
lésions variables réclamant des modes de traitement appro- 
priés. 

Quoiqu'il en soit, après avoir expérimenté les badigeon nages 
du nez et du pharynx avec Fhuile mentholée au 10* sur 
plusieurs centaines de malades, je puis affirmer que, si ce 
moyen ne doit pas être considéré comme exclusivement curatif, 
il procure presque toujours une amélioration rapide, et sou- 
lage, en atténuant, jusqu'à la faire disparaître, celte gène 
fonctionnelle si fréquente et parfois si pénible. C'est à ce seul 
point de vue que j'ai cru utile de signaler ce procédé. 



j 



IV 



UN CAS D'APHONIE HYSTÉRIQUE 

Par le D' H. HANDELSTAIHH 



Le 17 jan?ier 1895, M™» veuve T., cultivatrice, arrivant de pro- 
vince, vient nous consulter pour une aphonie complète. Elle 
nous raconte, qu'il y a trois mois elle fut prise d'un coup de 
froid et devint subitement aphone. Elle fut traitée pour une 
laryngite catarrhale, et bien ^qu'elle ne souffrît pas de la gorge, 
la voix ne revenait toujours pas. Voyant qu'elle n'en venait pas à 
bout, elle se décida d'aller consulter un médecin à Paris. M. le 
docteur Pillon, auquel elle s'adressa, ne lui trouvant rien aux 
poumons, ni dans la gorge, l'envoya à notre consultation. La 
malade est âgée de 35 ans, d'une constitution délicate. Pas 
d'antécédents héréditaires. Son père est mort d'une attaque 
d'influenza à Tàge de 73 ans, sa mère est vivante et jouit d'une 
bonne santé. Elle a eu quatre enfants, dont deux sont morts 
d'un accident, les deux autres qui lui restent, un garçon de 
iO ans et une fille de 7 ans, se portent bien. A la suite de la 
naissance de sa fille, il y a 7 ans, elle a eu une forte secousse 
morale : le lendemain de ses couches ou lui apporta son petit 
garçon écrasé par uift voiture. Après cette grande émotion elle 
devint nerveuse et avait souvent des cauchemars dans la nuit. 
Quatre ans après elle a eu une fièvre typhoïde, dont elle n'a 
guéri définitivement qu'au bout de trois mois et qui lui a laissé, 
comme reliquat, une aménorrhée pendant trois mois. Après la 
réapparition des règles elle conserva une dysménorrhée, et très 
souvent, au moment des règles, elle avait des crachements de 
sang. Avec ces antécédents de la malade et en présence d'une 
extinction complète de la voix, il n'était pas difficile de conclure 
qu'il s'agissait d'une aphonie hystérique. Le diagnostic s'impo- 
sait ; il fut définitivement confirmé par l'examen de la malade, 
surtout par l'examen laryngoscopique. Rien du côté des pou- 
mons. Il existe une hypéresthésie très marquée au niveau de 



156 M. MÀNDBLSTAMM 

Fangle de Tomoplate et de l'appendice xypboide. Le champ 
visuel est considérablement rétréci. Le pharynx a conservé sa 
sensibilité normale. La muqueuse laryngée est normale et les 
cordes vocales sont d'un blanc nacré, mais pendant les efforts de 
phonation, la glotte reste béante, présentant un triangle isocèle 
à large base .en arrière. Malgré tous les efforts que fait la 
malade, il lui est impossible d'émettre un son, les cordes vocales 
ne se rapprochant pas. Dans le but d'explorer la sensibilité delà 
muqueuse laryngienne, nous touchons, au moyen d'une sonde 
métallique, recourbée à son extrémité, successivement Tépiglotte, 
les bandes ventriculaires et les cordes vocales. Aussitôt que la 
sonde a touché les cordes vocales, la malade commence à 
émettre des sons. En même temps elle est prise d'un spasme 
glottique, qui cède facilement à une aspersion d'eau froide. 
La malade nous parle, la voix est revenue, conservant toutefois 
quelque raucité. Nous pratiquons de nouveau l'examen laryngos- 
copique et nous constatons que, pendant la phonation, les cordes 
vocales se rapprochent vers la ligne médiane, mais qu'il reste 
encore entre elles un intervalle étroit sur toute leur longueur. 
Nous instituons un traitement général (bromure, valérianate 
d'ammoniaque). Le lendemain, la malade parle de sa voix nor* 
maie, le rapprochement des cordes vocales est complet. Nous 
revoyons la malade au bout de 5 jours avec M. le docteur Pillon 
et constatons le retour complet de la voix. Nous regrettons de 
n'avoir pu suivre plus longuement la malade, qui a été obligée 
de retourner chez elle, à la campagne. 

Comme on le voit, chez notre malade la paralysie avait 
frappé tous les adducteurs, sans intéresse^ en même temps les 
abducteurs. 

Ya-t-il paralysie des abducteurs d'origine hystérique? C'est 
un point qui, jusqu'à présent, n'a pas encore étésuffisamment 
élucidé. Si, d'une part, il ne parait pas impossible d'admettre 
à priori, que dans l'hystérie la paralysie puisse frapper les 
muscles abducteurs, ainsi bien que les adducteurs, ou tout 
autre muscle de l'économie, il n'existe, d'autre part, jusqu'à 
présent, d'observation bien probante de paralysie des abduc- 
teurs d'origine hystérique, tandis qu'on ne compte plus les 
cas de paralysie hystérique des adducteurs. L'interprétation de 
ce phénomène, d'après ce que nous savons sur la physiologie 



UN CAS D*âPHONIE HTSTÉRIQUB 157 

nerveuse du larynx, n'est du reste pas difficile. Les crico-arylé- 
noidiens postérieurs, muscles respiratoires, ayant pour fonction 
des mouvements involontaires, ont leur seul centre d'inner- 
vation dans le bulbe, du moins n*est-on pas encore arrivé à 
démontrer l'existence d'un centre respiratoire dans les 
hémisphères cérébraux, tandis qu'on connaît, depuis les 
recherches de Krause et de Semon et Horsley, un centre corti- 
cal phonatoire, dont l'irritation produit l'adduction des cordes 
vocales, sans provoquer des mouvements respiratoires. Ainsi^ 
admet-on généralement l'origine cérébrale de Taphonie hysté- 
rique, dans laquelle les muscles adducteurs, ayant une fonction 
soumise à la volonté et recevant leur innervation principale de 
l'écorce cérébrale, doivent être intéressés seuls, à l'exclusion 
des abducteurs. 

Ce qui confirme bien l'origine cérébrale de l'aphonie hysté- 
rique c'est la conservation de lacontractilité électrique par les 
muscles intéressés. Non seulement l'électrisation produit le rap- 
prochement des cordes vocales, mais il n'est pas rare d'obtenir, 
en une seule séance d'électrisalion le retour complet et défini- 
tif de la voix. De même que l'éleclrisalîonjl suffit parfois de la 
moindre irritation périphérique, telle que rattouchement des 
cordes vocales au moyen d'une sonde (comme c'était le cas 
chez notre malade), voire même l'introduction du miroir laryn- 
gien dans le fond de la gorge, pour faire disparaître l'aphonie. 
Certes, beaucoup plus nombreux sont les cas, dans lesquels 
l'aphonie, avec une ténacité extrême, résiste à tout traitement, 
mais dans ces cas-là il faut penser à une contracture des 
muscles antagonistes. 

Quant à l'éliologie de l'aphonie chez notre malade, il est 
évident que cette aphonie, bien qu'elle eût pour cause occa- 
sionnelle le € coup de froid >, dont parlait la malade, n'était 
en somme qu'une manifesialion tardive d'une hystérie, dont le 
début remontait à un choc moral éprouvé 7 ans auparavant. 
Cette hystérie avait déjà, antérieurement à l'apparition de 
l'aphonie, présenté bien d'autres manifestations, telles que des 
cauchemars fréquents, dysménorrhée avec crachements de 
sang, etc. 



CORPS ÉTRANGERS DU SINUS MAXILLAIRE GAUCHE 

Par le D' BRUN9CHVIC9, chirurgien ocaltste 
de l'hôpital du Havre. 



Les observations de corps étrangers du sînus maxillaire sont 
assez rares puisque, à la session de 1894 de la Société française 
d*otologie, de rhinologie et de laryngologie, le D"^ Combe, 
à propos de la publication d'une observation de ce genre, préten- 
dait que les recherches bibliographiques les plus consciencieuses 
ne lui avaient p£is permis de découvrir, dans la littérature mé- 
dicale, d'autres observations semblables. Il s'agissait, dans son 
cas, d'un tube de drainage en étain ayant séjourné quatre ans 
et un mois dans Tantre d*Highmore et qui s'était éliminé 
spontanément par les fosses nasales. Après la lecture de ce 
travail, le D' Moure rapporta l'observation d'un étudiant 
en médecine chez lequel on avait pratiqué l'ouverture du 
sinus. En mangeant, il s'était introduit, par l'ouverture, une 
parcelle d'alimenls. Il voulut l'enlever, avec une allumette qui 
cassa et dont un fragment pénétra dans le sinus. Il fut faci- 
lement enlevé avec une injection. 

Puis, le D' Raugé cita une observation de chicot poussé 
par un dentiste dans le sinus par l'alvéole défoncée et rendu 
spontanément par la narine. Il rappela, en même temps^ la 
célèbre auto-observation de Ziem qui porta, durant des mois, 
dans son sinus maxillaire, un fragment d'instrument brisé 
dans un essai d'avulsion dentaire. Celui-ci, dans une note 
parue dans le n* 9 des Annales des maladies de V oreille 
de 1894 rappelle, outre son observation de 1886, deux cas 
publiés en 1891. Dans le premier, il s'agissait d'une canule 
brisée à l'entrée de l'ouverture pratiquée dans l'antre et qui put 



f 



CORPS ÉT&ÀKaBBS DD SIND8 MAXILLAIRE G\LCHB 159 

être enlevée immédiatement avec un fil de fer recourbé. Dans 
le second cas, le même procédé réussit à faire sortir un frag- 
ment de canule en acier qu'il n'avait pas pu extraire avec un 
électro-aimant. 

Il faut citer encore le cas d'Eulenstein {Monalschrift fur 
Ohrenheilk, n® 7 juillet 1893). Pointe de trocart, qui se brisa 
au moment de l'opération et qui sortit quatre mois après du 
sinusy par l'orifice naturel, au moment d'une injection. 

Enfin, une autre observation est celle de Gouly (Arch, 
int, de laryng.^ janvier, février 1895, page 7). Petite extré- 
mité de canule qui se brisa et resta dans le sinus.Une injection 
le fit sortir huit jours après. Il rapporte le cas de Kœnig 
{Monalschrift fur Okrenheilk, 1893, 47) où il s'agissait 
de l'élimination spontanée d'une lame de couteau de 4 centi- 
mètres de long et ayant séjourné 48 ans dans le sinus. H y 
ajoute une communication écrite de Moure, pour un autre cas 
où 12 morceaux d'ouate, enfoncés dans le sinus par un den- 
tiste, fuœnt éliminés par l'orifice alvéolaire, par la fosse 
nasale ou extraits avec la pince. 

Malgré ce nombre assez respectable d^observations, j'ai 
voulu vous en communiquer une nouvelle qui m'a semblé 
intéressante à cause de la multiplicité de corps étrangers 
que renfermait un sinus maxillaire et, surtout, de la rapidité 
avec laquelle les phénomènes de suppuration ont cessé. 

Il s'agit d'un jeune homme de 20 ans, Monsieur H., qui vint 
me consulter le 24 septembre 1894. On lui avait enlevé, un mois 
auparavant, une molaire du côté gauche avec un instrument 
qu'il ne peut bien me décrire. Immédiatement après cette 
extraction, il sentit une ouverture au niveau de la dent enlevée. 
Comme il le faisait remarquer à son dentiste, celui-ci lui répon- 
dit que c'était un abcès qui se viderait et se fermerait seul. Il 
ne s'en préoccupa donc pas autrement et partit du Havre le len- 
demain pour un mois. Pendant cette absence, comme il sentait 
toujours une cavité qui l'intriguait, il essaya d'en sonder la 
profondeur avec des morceaux de paille, des queues de cerises, 
des bouts de bois, etc., etc. 

Le jour où il se présenta à ma consultation, il répandait une 
odeur infecte qui rappelait celle de l'ozène. Il me dit que lui- 



160 BRUNSGHVie 

même eu était gène. Dès sou retour, ses parents qui en étaient 
incommodés lui firent la même observation. 

Je constatai sur le bord alvéolaire gauche un vaste orifice et à 
l'entrée un magma purulent. Il est facile de voir que le sinus est 
largement ouvert et je procède immédiatement à un grand la- 
vage borique tiède. Je trouve alors dans mon plateau des fétus 
de paille, des queues de cerises, des croûtes de pain et une 
quantité d'autres débris qu*il est impossible de reconnaître. Je 
place un coton volumineux pour fermer cette ouverture en 
priant le malade de revenir le lendemain. 

Le 25 septembre, Todeur nauséabonde n'avait pas disparu. 
Nouvelle injection qui m'amène un morceau de paille plié en 
forme de V ; d'autres, tout droits, sont extraits avec une pince 
fine. J'aperçois ensuite une masse grise qui vient boucher Tori- 
fice du sinus et qui se brise lorsque j'essaie de la prendre avec 
les pinces. J'introduis alors un petit crochet mousse à cataracte 
avec lequel, mais non sans efforts, je finis par ramener un mor- 
ceau de bois d'un centimètre de long et d'un diamètre sem- 
blable. Nouveau lavage qui ramène à l'entrée un autre fragment 
de môme aspect et de même diamètre. Par la même manœuvre 
j'en fais l'extraction et je trouve l'autre partie macérée du mor- 
ceau de bois. Après avoir injecté une assez grande quantité 
d'acide borique» je pus voir les parois du sinus. Elles présen- 
taient un aspect gris sale avec des exsudats de même teinte. Je 
plaçai un gros tampon de ouate pour obturer cet orifice. 

Le coton que j'avais appliqué s'étant imprégné dans la soirée, 
Monsieur H. le retire pour en mettre un autre qui pénètre dans 
le sinus. Un deuxième suit le même chemin. 

Le 26 septembre, il m'arrive avec ces deux tampons que 
j'extrais assez facilement. Je l'adresse alors à mon ami le 
D** A. Lorentz, dentiste, en le priant de faire une pièce mobile 
pour fermer complètement l'orifice. Pendant tout ce temps, le 
malade faisait trois fois par jour des injections dans le sinus 
avec une solution d'acide borique que je remplaçai, le 27 sep- 
tembre, avec l'acide salicylique à 4 ^/qq. Aussi, la muqueuse 
n'avait pas tardé à reprendre sa coloration rose normale et les 
plaques grisAtres à disparaître. L'appareil fut rapidement placé. 
Il se composait d'une plaque en caoutchouc durci, surmontée 
d'un morceau conique de caoutchouc souple, qui entrait dans la 
perforation et destinée à être diminuée au fur et à mesure que 
l'orifice se rétrécirait. Les injections furent continuées et toute 
odeur avait disparu. 



CORPS ÉTRANGERS DU SINUS MAXILLAIRE GAUCHE 161 

Le 6 octobre, l'ouverture était un peu moins considérable. 
Quelques points gris qui s'étaient de nouveau montrés sur la 
muqueuse ne tardèrent pas à s'effacer et^ en enlevant l'appareil, 
on ne trouvait pas traces de pus. 

Le 12 octobre, pas de changements dans les dimensions de 
l'ouverture qui mesure transversalement 8 millimètres et d'avant 
en arrière 5 millimètres. 

Un mois après, comme il n'y avait pas de tendance à la dimi- 
nution de l'oriOce, nous conseillons, le D** Lorentz et moi, de 
faire un avivement avec glissement pour fermer cette ouverture 
avant de placer un appareil fixe que réclamait le malade, mais 
nous ne le revîmes plus ni l'un ni l'autre. 

Cette observation nous permet de formuler quelques con- 
clusions pratiques : 

1* Dans le cas de corps étranger du sinus maxillaire, il y a 
intérêt à l'enlever le plus rapidement possible, car on fait 
cesser, presque immédiatement, les phénomènes de suppura- 
tion. 

2* Nous conseillons, en pareil cas, de pratiquer d'abord une 
large irrigation. 

3* Si le corps étranger ne peut être expulsé par l'orifice 
naturel du sinus ou par celui qui vient d'être créé, mieux vaut 
agrandir l'ouverture alvéolaire chirurgicale que de s'ouvrir 
une voie à travers la fosse canine comme l'ont fait divers 
auteurs. De cette façon, on pourra facilement se rendre 
compte de Tétat du sinus et saisir le ou les corps étrangers. 
Le petit crochet mousse à cataracte sera des plus utiles 
et, à son défaut, on utilisera un fil de fer recourbé en 
anse. 



ANXALKS DKS MALADIES DE LA BOUCHK KT DU LARYNX. — XXI. Il 



102 SOCIÉTte 



SOatfÉB SATAflTBS 



SfjCIÉTÉ VŒXXOrSE DE LABYSGOLOGTE {^) 

S^^nc^ du 4 »crii iH95. 

Président : Prof. Stûbk 
Secrétaire: IK Roxsbubgkb. 

l'* Pa^zeb. — Maems YaBeolaire &m voile &m palais, li siège 
sor la moitié gauche de cet organe moa et se compose de trois 
parties pi as ou moins séparées. Le naevus ne dépasse pas la 
surface de la maquease et est insensible à la pression. On 
troQTe dans la muqueuse, par place, des ectasies veineuses. Le 
malade a cette tumeur presque depuis sa naissance, il a aujour^ 
d'bni 24 ans, et il n'en a jamais souffert ; jamais on n*aTait 
observé son accroissement, ce qui fait que Ton n'avait pas 
songé à une intervention thérapeutique. 

Le Prof. Stôrk a observé des cas d*angiômes caverneux inté- 
ressants sous plusieurs rapports. Dans un de ces cas, la tumeur, 
qui semblait fongueuse, siégeait sur Tamygdale hypertrophiée. 
Stdrk ouvrit la tumeur d abord par le bas, puis par le haut au 
moyen d'une aiguille à ligature et il réussit à la faire disparaître 
sans hémorrhagie. Le second cas concernait une jeune ûlle 
atteinte d'une tumeur molle de Tarcade palatine droite, qui 
était survenue à la suite d'une angine phlegmoneuse. Sans au- 
cun traitement, la tumeur régressa eu Tespace de quelques 
mois et guérit spontanément. Dans un autre cas semblable de 
nœvus vasculaire, il se forma, à la suite d'une injection de per- 
chlorure de fer, une grande eschare qui finit par s'affaisser. Mais 
Stork se méfie des injections de perchlorure de fer. 

(jROssMANN vit une tumeur tonsillaire fluctuante qui fut 



(•) D'après le compte rendu de la Wiener klin.Wochenschr., 9 mai 



r 



SOOlâTÉS SAYANTBS 163 

reconnae plas tard à la clinique d'Albert pour un anévrysme. 
Après la ligature de la carotide la tumeur disparut ainsi que les 
douleurs qu'elle arait provoquées. 

RoTH a rencontré des nœvi de la muqueuse buccale qui 
étaient plus petits que celui qui vient d'être montré. Une tumeur 
molle, à peine grosse comme un pois, sortait du pilier antérieur 
droit; dans un autre cas la petite tumeur pendante siégeait au 
bord latéral de la langue, et une autre fois dans la muqueuse de 
la joue. Aucun traitement ne fut institué. 

Le Prof. Store termine en parlant des hémorrhagies pharyn- 
giennes et il cite un cas qu'il a soigné pour une hémoptysie. A 
l'examen du malade, qui avait toujours du sang dans la bouche 
le matin, on trouva immédiatement derrière la luette une rami- 
fication vasculaire qui était l'origine de Thémorrhagie ; le vaisseau 
atteint fut cautérisé à Tacide nitrique. 

Le Prof. Ghiari a soigné un homme de 75 ans atteint d'bémor- 
rhagies buccales. Des pétéchies de la voûte palatine furent re-> 
connues comme cause des hémorrhagies. 

Hajek observa une femme qui vomit du sang à plusieurs 
reprises. Elle se fit soigner longtemps par divers médecins pour 
des hémorrhagies des poumons et de Testomac sans que l'on 
trouvât un substratum certain pour le diagnostic d*hémorrhagie 
du poumon ou de l'estomac. Toutefois, H. remarqua que l'hémor- 
rhagie se montrait ordinairement au cours du repas, ce qui 
donnait à penser que la cause résidait dans les voies supérieu- 
res. C'est seulement après de nombreuses recherches que H. 
découvrit sur une veine de la base de la langue un caillot san-- 
guin dont Fablation provoqua une hémorrhagie assez intense. 
H. arrêta l'hémorrhagie au moyen d*attouchcments avec des 
plumasseaux d'ouate, puis il cautérisa la partie malade à l'acide 
chromique cristallisé, ce qui mit fin à Thémorrhagie. Il arrive 
fréquemment que ces sortes d hémorrhagies sont imputables à 
de petits vaisseaux sanguins dilatés, et superficiels; comme ils 
ne sont pas toujours faciles à découvrir, il est naturel que Ton 
pense à une hémorrhagie du poumon ou de l'estomac. 

RoTH a vu un cas, dans lequel par une toux légère le malade 
rejetait des crachats de couleur chamois, sans jamais avoir 
d'hémorrhagie sérieuse. A l'examen on reconnut un catarrhe 
chronique du pharynx avec relâchement de la muqueuse. 

2» RoscHiER. — Présentation d'un lymphangiôme caverneux (^). 

(^) Wien€r niêd. Blâtter, 1895. 



164 SOCIÉTÉS SAVANTES 

11 a été opéré il y a cinq mois et il récidive maintenant. A cette 
époque la tumeur, un peu plus grosse qu'une noisette, siégeait à 
la surface postérieure du repli aryépiglottique gauche, et était 
étroitement enserrée par son voisinage ; à présent la tumeur 
occupe non seulement la surface postérieure de la paroi laryngée 
postérieure mais aussi la surface antérieure, ce qui fait que la 
région des cartilages aryténoïdes, de môme que les replis ary-épi- 
glottiques, sont fortement hypertrophiés. Déjà lors de Tezameu 
histologique de la tumeur primitive certaines de ces parties 
ressemblaient à du sarcome, ce qui semble confirmé actuelle- 
ment par la prompte récidive et Textension de la tumeur. 

3^ Le Prof. Ghiahi montre deux rhinolithes qu'il a extraits à la 
fin de 1894. Le premier était plus gros qu'un haricot, renfermait 
un noyau de fruit et fut retiré du nez d'une fillette de 11 ans 
qui vint à la clinique pour de Tozène. 

Le second, de la dimension d'une noisette, avait pour noyau 
un fragment de caillou (ardoise?) et résidait dans la narine 
gauche d une femme de 50 ans ; il était survenu consécutivement 
une atrésie osseuse de la choane gauche qui présentait Taspect 
ordinaire d'une atrésie congénitale. 

L'auteur présente encore trois autres rhinolithes qui avaient 
toujours pour noyaux des corps étrangers (bouton de métal, 
noyau de fruit et fragments de bouchons de liège). Ces trois cas 
ont déjà été publiés. C. dit que de petites parcelles d'un des 
rhinoHthes présentèrent des amas de bactéries après avoir été 
attaquées par des acides, ainsi que Gerber l'a décrit en 1892 (*) ; 
toutefois, on n'a pas encore résolu la question de savoir si ces 
schizomycètes sont calcifiés ou simplement enveloppés de chaux. 
Dès 1889, Chiari (*) a conclu de la présence de nombreux microor- 
ganismes dans le mucus fétide qui environne les rhinolithes, 
que ces organismes provoquent vraisemblablement la séparation 
des sels calcaires du mucus nasal et qu'ils favorisent leur dépôt 
autour du corps étranger. 

4° Ebstein. — Tuberculose laryngée avec abcès de la corde 
vocale droite. Ce dernier est situé au milieu de la corde vocale, 
il apparaît en demi-lune sur la surface supérieure et semble 
être étroitement limité et avoir la dimension d'un pois. On voit 
dans l'espace sous-glottique à droite, une forte voussure dont la 
formation et la progression ont été observées pendant deux 

(*) Deutsche Sied, Wochenschr., n«> 51, 1892. 

(') Annales des maladies de Voreille et du larynx^ page 21. 



SOOliTÉS SAVANTES 165 

jours. Cette saillie provoque des symptômes marqués de sté- 
nose. L'abcès évolua en trois jours, de même qu'un autre qui 
était apparu trois semaines auparavant au bord gaucbe de Tépi- 
giotie. Cette observation est remarquable, par le peu de temps 
qu ont mis à se développer ces abcès circonscrits. 



9 f 



SOCIETE AUTRICHIENNE D'OTOLOGIE 

Séance du 28 mai 1895 (») 

Président : Prof. Gruber 
Secrétaire : D' Pollak 

Urbamschitsch prosente quatre malades : 

Le premier cas concerne l'influence particulièrement favo- 
rable exercée dans qu^ques occasions par reztraotion du mar- 
teau BUT la fonction auditiye de l'autre oreille seoondairement 
affectée. Le malade, c^gé do 34 ans, souffrait depuis sa quator- 
zième année d'une otorrhée gauche, qui, au bout de dix ans, donna 
lieu à une surdité du côté droit. Les traitements employés 
demeurèrent sans effet, et finalement, le malade ne perçut plus 
qu'à deux ou trois pas la voix chuchotée à Toreille droite. Le 
5 février 1891, pour guérir la suppuration de Tattique du côté 
gauche, on enleva le marteau qui fut reconnu sain ; à la suite de 
cette extraction, la suppuration diminua sensiblement, et à pré- 
sent elle est tout à fait minime. Après l'opération, Toreille 
gauche resta aussi inerte qu'auparavant au point de vue fonc- 
tionnel, tandis que, dès le lendemain de l'intervention, l'oreille 
droite s'améliora notablement au point de vue de l'audition 

(*) D'après le compte rendu officiel. {Monats. f. Ohrenheilk., juin 
1895.) 



166 SOCIÉTÉS SAVANTES 

(Toix chnchotée à quatre pas) qui s'éleva les jours suivants à 
dix et douze pas pour la voix chuchotée aiguë, et qui s'est main- 
tenue à ce diapason après quatre années. 

Dans le deuxième cas, il s'agit également d'une extraction 
du marteau, qui n'amena pas d'amélioration de l'ouïe pour la 
meilleure oreille, mais qui eut pour résultat de faire cesser le 
vertige violent, et d'empêcher les progrès de la diminution 
constante de l'audition. On remarquera la cicatrice calleuse qui 
s'est formée sur la membrane à la place du manche du marteau 
extrait, qui fait absolument l'impression d'un manche de mar- 
teau. 

Le troisième malade présente une tumeur du conduit auditif 
droit, osseuse, bosselée, en remplissant entièrement la lumière, 
que l'on peut contourner avec la sonde par en haut, en avant et en 
bas, et que Ton suit jusque dans la cavité tympanique, qui s'est 
étendue sur la paroi du conduit auditif, et que Ton voit jusque 
sur l'apophyse mastoïde. Cette exostose a la consistance de 
l'ivoire, ainsi qu'on a pu le voir en essayant de la morceler par 
le conduit auditif. La tumeur sera bientôt opérée et les résultats 
de l'opération seront communiqués. 

Le quatrième cas concerne un néoplasme bénin du pavillon 
de l'oreille gauche, dont le siège se trouve sur le bord de Thélix 
au passage du lobule, qui diminue sous la pression du doigt, est 
circonscrit, se déplace vers la base du cartilage, et offre une 
consistance plus compacte dans sa portibn rétrécie. L'usage des 
alcools, la mauvaise disposition d'esprit, l'action du froid, font 
atteindre la dimension d'une noix à la tumeur vasculaire qui 
avait auparavant celle d'une noisette. A la prochaine séance, 
Urbantschitsch définira la nature de la tumeur qu'il va opérer. 

Discussion 1*' cas : Politzer demande à U. de quelle manière 
il explique l'amélioration de l'ouïe de l'oreille non opérée. 
Selon P. il n'existe rien qui provoque ce phénomène. 

Urbantschitsch croit qu'il faut l'attribuer à l'action synergique 
des deux tenseurs du tympan qui a été démontrée par les expé- 
riences sur les animaux de PoUak et les recherches de Gellé. 

Politzer dit que ces explications ne le satisfont pas. L'action 
synergique des tenseurs chez l'homme n'a pas été prouvée ; de 
plus, Taffection unilatérale de l'oreille moyenne de l'autre côté 
devrait être beaucoup plus prononcée, ce qui n'est pas le cas 
ici. 

Urbantschitsch s'appuie sur les cas qu'il a présentés à la der- 



SOCIÉTÉS SAYANTBS 167 

nière réunion des Naturalistes et dans lesquels, au moyen de la 
raréraction de Tair d'an côté, il put influencer le pouvoir auditif 
du côté opposé. 

J2* cas : Gompbrz a observé le même aspect dans un cas d'ex- 
traction du marteau qui fut suivie d'une cicatrice en forme de 
cordon, qui pouvait être confondue avec le marteau. 

Urbantsghitsch demande à G. si la cause n'en devait pas être 
attribuée à une excitation périostale de la paroi interne de la 
cavité tyropauique ? Dans sou observation, il n'existait ni adhé- 
rence de la membrane du tympan, ni de la paroi tympanique 
interne. 

GoMPERz répond que dans le cas qu'il a observé, la cicatrice 
avait proliféré avec la paroi interne de la cavité tympanique. 

Grubbr attribue la formation de la cicatrice au riche tissu 
provenant de la paroi supérieure du conduit auditif. 

Urbantschitsgh demande si Ton a déjà vu des cicatrices 
calleuses de la membrane tympanique ? 

Grubbr n'en a jamais rencontré, et il n'a jamais vu non plus 
une membrane se développer à la suite de l'extraction du mar- 
teau. 

3* cas : Politzbr considère la tumeur comme un ostéome 
provenant de l'apophyse mastoîde et faisant issue dans le con« 
duit auditif externe. Ce genre d'ostéome est rare : P. n'en a 
pas décrit dans son Traité. 

Grober a vu de ces cas à sa clinique et il les a opérés, mais 
ils ressemblent à des chondrômes. 

PoLLAK, à propos de la genèse de ces tumeurs, rapporte qu'il 
eut dans un cas affaire à un ostéome remplissant tout le conduit 
auditif externe, qui un an après l'extraction, fut remplacé par 
un polype fibreux du conduit auditif. Malheureusement, le 
malade fut perdu de vue. 

A. Politzbr. — Forme rare d'exostose du conduit auditif externe, 
avec présentation des coupes s'y rapportant. L'auteur dit tout 
d'abord que malgré le grand nombre d'observations d'exostoses 
du conduit auditif externe, on ne possède que peu de coupes se 
rapportant à des cas suivis soigneusement pendant la vie. 

P. montre une préparation provenant d'un savant de 69 ans 
qu'il a eu fréquemment occasion d'observer depuis 30 ans. Dès 
le premier examen, l'auteur trouva l'orifice auditif externe 
droit, obstrué par une exostose de couleur jaune, parlant du 
bord postéro^supérieur, dont le bord libre an té ro- inférieur 
droit, touchait la paroi opposée au conduit auditif. Le malade 



168 SOCIÉTÉS SAVANTES 

ne put fournir aucun renseignement sur la genèse de cette 
exostose, et ne put pas affirmer avoir souffert auparavant d^une 
otorrhée. Le symptôme principal était la surdité produite en 
partie par Texostose elle-même, et en partie par raccumulation 
de cérumen et de masses épidermiques derrière Texostose. 

Après l'enlèvement de ces masses au moyen de sondes min* 
ces introduites dans le conduit auditif, opération qui fut répétée 
à des intervalles de 4 à 5 ans, Taudition s'améliora, et Ton 
obtint une diminution subjective importante. Le malade ne 
consentit pas à Tablation de Texostose. Il y a quelques années, 
il me fut envoyé par le D' Teleki qui me dit que, depuis quel- 
ques jours, le malade souffrait de violentes douleurs, et qu'il 
existait un écoulement fétide. Encore une fois, par l'introduc- 
tion de drains d'un très petit calibre entre Texostose et la paroi 
du conduit auditif, je détruisis les masses épidermiques putrides 
d'un jaune brun, et j'enrayai les accidents douloureux. 

Le malade succomba au marasme il y a deux ans, et suivant 
sa dernière volonté, P. put enlever son organe auditif dans le 
but de recherches scientifiques. La préparation présente l'as- 
pect suivant : du bord postéro-supérieur de lorifice d'entrée au 
conduit auditif osseux part une exostose légèrement bosselée de 
un demi centimètre de long et un centimètre de large. Elle semble 
limitée par des sillons peu élevés du côté de l'écaillé du tempo- 
ral et du plan mastoïdien. Après l'extraction des parties molles 
et de la paroi antéro- inférieure du conduit auditif, on trouve la 
lumière du conduit obstruée par une masse épidermique d'un 
brun jaune calculeux, qui pénètre jusque dans la caisse par une 
petite perforation de la membrane tympanique^ de la dimension 
d'une lentille. Après l'ablation de ces masses, le conduit auditif 
apparaît très agrandi, la marge tympanique sur la membrane de 
Shrapnell sur l'étendue d'une lentille, et le trou comblé par 
une mince cicatrice qui touche le marteau et l'enclume. La 
paroi supérieure du conduit auditif, jusqu'à un petit bord 
osseux qui limite le trou supérieur, est détruite par l'usure de la 
pression, et conduit dans une cavité à paroi un peu plus grande 
qu'une cerise, qui, en partie, occupe la région mastoïdienne. La 
base de l'exostose va d'un côté dans le bord émoussé qui sépare la 
paroi du conduit auditif des grandes cavités situées au-dessus 
du conduit, d'un autre côté, elle pénètre directement dans la 
cavité. L'apophyse mastoïde est totalement éburnée. La cavité 
tympanique supérieure et une partie de l'antre sont remplis de 
tissu conjonctif nouvellement formé, les cavités tympaniques 



SOCIÉTÉS SAVANTES 169 

moyenne et inférieure sont libres ; le labyrinthe' et les canaux 
acoustiques n*ont subi aucune modification. 

Dans la conclusion de l'observation, P. fait remarquer que 
Texostose était vraisemblablement imputable à une otorriiée an- 
térieure, et que les anomalies osseuses du conduit auditif, et en 
partie celles de Tapophyse mastoîde, étaient dues à la rétention 
des masses épidermiques. La perforation de la membrane tym- 
panique, ainsi que la perforation de la cavité osseuse dirigée 
vers Tantre ont été favorables à la migration des masses 
épidermiques de Foreille moyenne dans le conduit auditif 
externe. Il est plus que probable qu'une destruction pré- 
coce aurait empêché la formation des anomalies osseuses du 
temporal. 

A. PoLiTZBR. — Présentation d'une malade sur laquelle on 
pratiqua Topération radicale de révidement des cavités de Toreille 
moyenne suivie de la transplantation de Thiersch. Femme de 
46 ans, très bien portante jusqu'ici. L'origine et le début de 
TaiTection auriculaire sont inconnus ; depuis un an, il existe par 
moment un léger écoulement de l'oreille droite, inodore. Quatre 
semaines avant son entrée à Tbôpital, elle ressentit de vives 
souffrances dedans et derrière l'oreille gauche, depuis 14 jours, 
Textrémité de l'apophyse mastoîde est visiblement tuméfiée. 

Au premier examen, le conduit auditif est rétréci, rempli de 
pus, Toreille moyenne renferme des granulations molles, les 
parties molles de l'apophyse mastoîde sont normales dans leurs 
portions supérieure ot moyenne, à la pointe se trouve un abcès 
gros comme une noix, qui est apparu spontanément à un endroit 
de la dimension d'une tète d'épingle. 

Le 18 avril dernier, on pratiqua l'opération radicale avec plas- 
tique de la paroi du conduit auditif ; dans la cavité tympanique 
et dans i'attique, se trouvent des masses cholestéatomateuses 
sèches, d'un blanc jaune. L'ouverture de la fistule dans l'abcès, 
à la pointe de Tapophyse mastoîde, conduit directement à la paroi 
inférieure de la cavité tympanique. 

Le 24 avril, on fit la transplantation de Thiersch avec des 
lambeaux cutanés, enlevés à la partie externe de l'avant-bras 
gauche. La transplantation a parfaitement réussi sur les parois 
antérieure et inférieure du canal de la plaie, sur la paroi posté- 
rieure le nouveau tissu s'est déchiré. Malgré que l'c^pidermisation 
des parois antérieure et inférieure du canal produise des adhé- 
rences, on procédera à une nouvelle transplantation de la paroi 
postérieure. P. croit que l'ouverture permanente du canal de la 



170 SOCIÉTÉS SAVANTES 

plaie dans Tapophyse mastoîde est le moyen le plus sûr pour 
empêcher la récidive du cholestéatome. 

Urbantsghitsgh a employé dans quelques cas la transplanta- 
tion selon le procédé Siebenmann-Bezold. Une fois, il s'est servi 
avec un heureux résultat de la peau de Taulre pavillon de 
Toreille, sur lequel il avait pratiqué une opération plastique ; 
dans un autre cas, il a employé la peau de la cuisse. 11 a égale- 
ment fait la transplantation dans un cas de cholestéatome et 
après 12 jours d'observation, la réussite semble complète. 

La communication du Prof. Grubbr but le vertige de Ménière, 
a paru in-extenso dans le Monatschrift fur Ohrenkeilk., n9 de 
juin 1895. 



» » 



SOCIETE LABYNGOLOGIQUE DE LONDRES 

Séance du 12 décembre 489^. 
Président : M. F. Semon. 



BowLBY. — Paralysie double des abducteurs d'origine mal 
connue, associée à on goitre ; dyspnée, opération, amélioration. 
Homme de 60 anb, entré à l'Hôpital Saint-Barthélémy le 
17 mars 1894 pour dyspnée et catarrhe bronchique. Depuis 
deux ans il a constaté l'apparition d'un goitre, et depuis plusieurs 
mois il a une certaine difficulté à avaler, depuis un mois la 
respiration est gênée. Plusieurs accès de dyspnée. 

L'examen montre un kyste thyroïde de la grosseur d'une noix 
de coco sur le côté gauche du cou. Le larynx et la trachée sont 
déplacés. La glande thyroïde elle-même n'est pas augmentée de 
volume. La voix non modifiée est faible, la déglutition très lente 
et difficile. L'examen laryngoscopique montre une double para- 
lysie très marquée des abducteurs. 

Le 11 mars, le kyste est enlevé sans difficulté, la plaie réunit 
par première intention. Soulagement immédiat sauf une légère 
attaque de dyspnée au bout de trois semaines ; mais depuis il 
ne s'en est plus reproduit. La cause de la paralysie reste dou- 
teuse car il n'existe aucun signe de tabès ou d'atTection céré- 
brale. 



SOCIÉTÉS SAVANTSS 171 

BowLBT. — Ané^rysme de la crosse de l'aorte, oompreMion an 
nerf pneumogastrique gauche, dn réclUTent, des nerfs laryngés et 
de la trachée. {Murésie de la corde vocale gauche. L'auteur 
montre ces pièces qui proviennent d'un homme de 60 ans. 
Depuis un an, gêne de la respiration qui n'empêche pas le tra- 
vail ; un mois avant son entrée à Saint-Barthélémy le malade 
perd en partie la voix. Depuis, Tenrouement et la gêne respira- 
toire ont augmenté, pas de dysphagie. Le malade est bien cens* 
titué. 

Il n'y a pas de rétrécissement du larynx ni du pharynx. Les 
mouvements de la corde vocale gauche sont très faibles. L'ab* 
duction de la corde vocale droite est paresseuse. Sauf cela le 
larynx parait normal. On ne trouve à ce moment aucune cause 
de paralysie, ni maladie des centres nerveux, ni tumeur de la 
poitrine. Gomme la respiration n'était pas notablement gênée on 
diffère toute opération et le malade n'est revu qu'un mois après. 
A ce moment tous les symptômes se sont accentués et la tra- 
chéotomie reconnue nécessaire est pratiquée le 12 décembre. 
L'opération ne donne que peu de soulagement et le malade 
meurt subitement de syncope cardiaque le (7 décembre. L'au- 
topsie, pratiquée avec grand soin, montre les organes abdominaux 
sains. CEdème et congestion du poumon droit. Toute la crosse 
de l'aorte est dilatée depuis son origine et près de la naissance 
de l'artère sous-clavière ou trouve un anévrysme occupant envi- 
ron 8 centimètres du vaisseau, s'étendant surtout en arrière et 
un peu à gauche. 11 a légèrement érodé les 3* et 4* vertèbres 
dorsales et s'est insinué entre la trachée et l'œsophage qu'il 
comprime surtout an niveau de la tête du sternum. Le pneu- 
mogastrique et le récurrent droits ne sont pas comprimés ; le 
pneumogastrique et le récurrent gauche paraissent tendus, 
aplatis et adhérents à la face antérieure du sac. Ils ont évidem- 
ment été fort comprimés. L'intérêt de ce cas est surtout dans 
la paralysie de la corde vocale consécutive à la compression 
du pneumogastrique. La dyspnée était causée par le rétrécisse* 
ment de la trachée. L'absence des signes physiques s'explique 
par ce fait que l'anévrysme ne touchait nulle part aux parois 
thoraciques, sauf au nivau des vertèbres. 

De Santi pense que l'intubation eût été préférable à la tra- 
chéotomie. 

F. Sbmon. Cette observation comporte plusieurs enseigne- 
ments. Les paralysies doubles par compression du nerf vague j 
sont rares, mais la marche des symptômes dans ce cas con- ^ 



172 SOCIÉTÉS SAVANTES 

firme la loi relative aux affections précoces des abducteurs. 
Lorsque la cause de la compression est dans la poitrine il ne 
faut pas trop compter sur les bons effets de la trachéotomie. Le 
D"" Machéau (Buenos-Ayros) mentionne un cas de paralysie 
double des abducteurs chez un tuberculeux qui fut complète- 
ment guéri par Tiodure de potassium et rélectricité. 

Butler montre un cas de laryngite chronique avec aphonie 
chez un homme qui avait pris la syphilis 5 ans auparavant et 
avait encore des manifestations cutanées. Les cordes vocales 
étaient rouges, épaisses et couvertes de saillies, surtout au niveau 
des commissures. Bien que le malade eût des antécédents tu- 
berculeux, la question du diagnostic entre la syphilis et la tu- 
berculose est ici facile à trancher à cause de la présence des 
papillomes multiples et de l'absence de tout symptôme de tu- 
berculose. M. Richard Lake montre une canule à trachéotomie 
qu'un malade a conservée pendant 11 ans. Elle est très endom- 
magée. 

F. Semon montre divers corps étrangers extraits des Toies la- 
ryngo -pharyngiennes. M. Bronner pense que la règle donnée 
dans tes livres n'est pas justifiée et qu'il faut agir dès que le 
diagnostic parait certain. 

W. G. Spencer. — Fibrome de la glande thyroïde ; thyroidecto- 
mie partielle, trachéotomie et dilatation de la trachée rétrécie. 
La malade est une paie et mince domestique qui a toujours vécu 
à Londres. Depuis plus de 7 ans les parents avaient remarqué le 
gonflement du cou qui allait en augmentant. La mère a eu aussi 
une tumeur de la glande thyroïde (kyste ou adénome). A sa 
première visite à l'hôpital de Westminster, la glande thyroïde 
parut de volume normal mais dure comme une pierre. Pouls 130- 
140, pas d'exophthalmie. Bruit strident dans la trachée au niveau 
de l'isthme et qui retentit dans toute la poitrine. Aucun signe 
de phtisie. Ces symptômes s'aggravèrent, la cyanose survint. 
Opération le 11 avril 1894. Incision de l'isthme, sur la ligne 
médiane; son tissu est fibreux mais sans calcification. La trachée 
à ce niveau est complètement confondue avec la tumeur, on fait 
en conséquence la trachéotomie et la trachée est incisée de haut 
en bas jusqu'au niveau des cartilages normaux. Un mois après 
la blessure était cicatrisée, trois mois après la jeune fille était 
beaucoup mieux quoiqu'ayant encore conservé un léger bruit 
dans la trachée. Le reste de la glande était sain. Le pouls était 
encore à 120. 

L'examen microscopique de la tumeur montre les alvéoles 



SOCIÉTÉS SAVANTES ili 

non dilatées et leur contenu normal : mais elles sont séparées 
par des travées de tissu fibreux, dans d'autres parties la glande 
est complètement remplacée par du tissu fibreux qui paraît avoir 
pris naissance au niveau de la capsule glandulaire. 

Il esta remarquer que le pouls resta rapide après l'ablation 
de la tumeur. Il ne survint, d'autre part, aucun signe de 
myxœdème, probablement parce qu'il restait encore suffisam- 
ment de glande saine. 

Le point le plus important au point de vue chirurgical c'est 
l'inclusion complète de la trachée dans la tumeur, bien que 
celle-ci ne présentât aucun signe de malignité. La dégénéres- 
cence fibfc^use de la glande thyroïde est extrêmement rare. 

ScANEs Spigrr. — - Cas de paralysie de la corde vocale gauche 
avec paralysie du voile du palais survenue à la suite d'un refroi- 
dissement. Les réflexes du genou, du coude, des pupilles 
normaux. Seul le réflexe du voile du palais manquait. On n'a 
pu trouver aucun antécédent de syphilis, d'influenza ou de 
diphtérie. Le malade a été beaucoup amélioré par la 
strychnine ; l'iodure de potassium pris à hautes doses pendant 
plusieurs semaines était resté sans efTet. 

Ball pense qu'il s'agit de paralysie diphtéritique. 

Hale-White a vu un cas semblable chez un saturnin. 

McBiuDE pense qu'il y avait là quelques modifications dans le 
fonctionnement des muscles innervés par le nerf spinal ac- 
cessoire. 

ScANEs Spicer montre les pièces anatoraiques d'un anévrysme 
de la crosse de l'aorte avec paralysie de la corde vocale droite 
provenant d'un marin de 48 ans, traité par lui et le D"" David Bloc 
à Saint-.Mary's Dospital pour plusieurs accès de dyspnée intense, 
avec raucité de la voix et douleurs dans la poitrine. 

L'examen au laryngoscope montre une paralysie de la corde 
vocale droite. On remarque en haut de la poitrine à droite une 
voussure anormale, la respiration est sifflante. Le malade meurt 
de syncope cardiaque. 

Le sac anévrysmal entourait les deux tiers du vaisseau et pro- 
venait de la dilatation de la partie postérieure de celui-ci. Le 
nerf récurrent adhérait au vaisseau. La trachée déplacée com- 
primait le récurrent et le pneumogastrique droit. La tumeur 
comprimait aussi la trachée. 

Symonds. — Cas d'ankylose du cartilage aryténoîde droit. Chez 
une femme de 56 ans présentant, depuis un an de l'enrouement, 
toute la partie gauche du larynx était immobile. Le cartilage 



174 SOCIÉTÉS SAVANTES 

arylénoîde droit mobile ne pouvait joindre le ganche, la fente 
glottique était oblique. Aucune ulcération sur les cordes vocales. 
Aucune cause de compression dans le cou ni ailleurs. Pas de 
dysphagie. Aucun signe de syphilis. C'est pourquoi Toraleur 
pense qu'il s'agit d'ankylose du cartilage aryténoîde. 

Symonos montre un malade atteint d'uloération tobercnleiise 
de l'épiglotte traitée avec succès par le curettage et Tacide 
lactique. 

Glifford Beale dit que souvent l'ulcération tuberculeuse de 
l'épiglotte guérit sans traitement spécial. 

BuTLiN mentionne un cas de guérison par les applications 
d'iodoforme. 

Me Bridb cite un cas de gérison spontanée dans lequel l'ulcé- 
ration de l'épiglotte était accompagnée d'œdème du pharynx. 
L'examen bactériologique fut négatif. 

Cresswell Baber rapporte aussi un cas de tuberculose appa- 
rente de l'épiglotte et insiste sur la grande diversité de marche 
des tuberculoses laryngées. 

Symonds fuit remarquer que dans son observation le traitement 
a amené un soulagement rapide tandis que l'état était resté 
stationnaire pendant six semaines. 

Le Président fait observer que sans examen bactériologique on 
ne peut affirmer la nature tuberculeuse de ces affections. 

Symonds montre de nouveau le malade atteint de pachydermie 
laryngienne qu'il avait présenté dans la précédente réunion. 
Malgré quelques changements survenus l'affection est encore 
bien caractérisée. 

Bronnbr et Spicer demandent qu'un petit fragment du lissa 
malade soit examiné au microscope. 

Le Président pense que le diagnostic est sufflsamment facile 
dans ce cas et d'ailleurs les changements surviennent souvent si 
rapidement que l'examen au microscope ne pourrait qu'ap« 
porter de la confusion. 

Me Bride montre un dessin d'angiome yeineoz du pharynx 
survenu chez une jeune femme à tendance variqueuse. L'angiome 
est composé de larges veines dilatées, mais ne cause aucune 
gène. Aussi n'a-t-il appliqué aucun traitement. 

L. R. REGNIER. 



90CliTÉS SAVANTSS 175 



SOCIÉTÉ LARYNGOLOGIQUE DE LONDRES 



Séance du 43 mars 4895. 

A. Bronner. ~ Le diagnostic et le traitement de l'empyème de 
Fantre d'Highmore (Brit, med. journ. p. 757). — Il faut distinguer 
les cas légers des cas graves ; les premiers se lient en général 
à une affection nasale et peuvent être traités par la voie nasale 
le plus souvent au moyen de lavages et d'insufflations de poudre ; 
lorsqu'il y a des polypes, des fongosités, il faut faire un curettage 
par la fosse canine ; 40 % des cas traités par cet auteur ont 
guéri dans Fespace de 4 à 5 mois au plus ; il ne place pas de 
canule à demeure. 

Greville Macdonald. — Le diagnostic s'appuie trop souvent 
sur ce fait que le pus s'écoule par le méat moyen lorsque la tète 
est penchée en avant, ce symptôme appartient aussi bien à 
l'empyème des sinus frontaux. Dans les cas un peu rebelles 
l'ouverture très large, le curettage, le drainage sont les moyens 
nécessaires. 

Cresswell Baber. — La transillumination est un précieux 
moyen de diagnostic, lorsqu'on a soin de considérer surtout la 
partie externe de la région sous-orbitaire, mais la certitude n'est 
acquise que par un lavage fait à travers un orifice de la paroi 
nasale ou dans une alvéole. 

HiLL et Lane. — Dans sept cas sur huit les parois de l'antre 
sont tapissées de polypes, de fongositt's, de débris caseeux et le 
traitement rationnel, par conséquent, exige une ouverture large 
par la fosse canine, admettant le doigt et la cuillère tranchante; 
cette ouverture ne reste jamais béante. 

Walsham connaît deux cas où cette grande ouverture par la 
fosse canine ne s'est point cicatrisée. 

Ddndas Gramt reconnaît à la transillumination une valeur 
très grande, tandis que la présence de pus dans le méat n'est 
pas concluante du tout ; il a souvent recours à la ponction explo- 
ratrice et au lavage et en général il s'adresse à la voie alvéolaire ; 
les meilleurs résultats ont été obtenus dans les cas drainés (la 
pièce adaptée par un dentiste) et lavés avec de l'eau oxygénée. 
Dans quelques cas rebelles la guérison fut obtenue lorsqu'une 



176 BIBLIOaRAPH[E 

ouverture, dans le meut, eut été pratiquée malgré la présence 
d'un drain alvéolaire. 

ScA.NEs Spicer recommande dans presque tous les cas de 
pratiquer simultanément une largo ouverture dans la fosse 
canine, uno autre dans la paroi nasale, de façon à permettre un 
nettoyage complet par la chasse d'air et les lavages. Bail cite 
sa statistique de 16 cas, qui montre que les moyens simples 
n'arrivent à guérir qu'un tiers des malades environ. 

Walter SpEiNCEr rapporte trois cas d'empyème liés à la nécrose 
du maxiliaire. 

Félix Semon a traité 20 à 25 cas d'empyème durant ces der- 
nières années ; la majorité a été guérie par la méthode alvéo- 
laire et le drainage ; les quelques cas où le traitement a été plus 
hardi n'ont pas donné de résultats favorables. 

M. N. W. 



BIBU06RAPHIE 



Les troubles de motilité du larynx chez les hystériques (Die 
Bewegungstoerungen im Kehlkopfe bel Hysterischen;, par 
Gustave ïreupel. léna, G. Fischer, 1895. 1 vol. in-8o de ^36 p. 

L'hystérie peut troubler le fonctionnement du larynx dans 
tous ses modes ; cependant, c'est le plus souvent sa motilité qui 
est atteinte ; aussi, Thystérie motrice du larynx fait seule l'objet 
de cet important travail. 

Successivement, T. passe en revue, en leur consacrant à cha- 
cun une monographie détaillée : !• le laryngospasme^ qui peut 
être la manifestation larvée d'une attaque hystérique ; 2*» la 
toux nerveuse, dont le traitement psychique est la meilleure 
médication, persuasion chez les uns, intimidation chez d'autres, 
aidé d'une gymnastique respiratoire qui forme une méthode 
d'entraînement toute spéciale ; 3<> les troubles de coordination 
respiratoires, très rares, au point qu'avec Luc, l'auteur tend à 
les mettre en doute et à n'y voir qu'un certain degré de para- 
lysie des abducteurs ; 4® les troubles de coordination phonatoire, 
avec excès ou défaut de contraction glottique, dysphonie spas- 



BIBLIOaRAPHIJS 177 

modique ou dysphonie paralytique ; 5« V aphonie hystérique vraie ; 
6« le mutisme hystérique. 

L'auteur n'admet pas, dans l'hystérie, de paralysie au vrai 
sens du mot, mais il attribue les troubles laryngés et, en parti- 
culier, l'aphonie, à un fonctionnement anormal des muscles du 
larynx résultant d'un trouble tout à fait spécial de leur contrac- 
tion. Chez l'homme sain, il est possible de reproduire les diffé- 
rentes modalités de la voix qui caractérisent la dysphonie des 
hystériques en modiûant volontairement le jeu normal des 
muscles laryngés : or, on ne saurait admettre, en pareil cas, 
qu'il y ait paralysie laryngée. De même chez l'hystérique. Mais, 
si ces modiOcations du fonctionnement vocal du larynx résul- 
tent dans les deux cas du même mécanisme, elles diffèrent eu 
ce que, chez l'hystérique, au lieu d'être passagères comme chez 
l'homme sain qui les reproduit volontairement, elles sont, au 
contraire, durables par suite d'un trouble de la volonté. 

M. L. 

Le phénol sulforiciné dans la tuberculose laryngée, pur Ruault 
(G. Masson, éditeur, Paris, 1895). 

Historique, — L'auteur rappelle les excellents résultats obte- 
tenus par lui depuis trois ans, et conûrmés par Massei, D^- 
mieno, Heryng.... 

Pharmacologie, — En 1889, il utilise le sulforicinate de soude 
comme dissolvant du phénol, naphtol. 

En 1891, M. Berlioz fabrique un sulforicinate officinal dont la 
préparation demande des soins minutieux. 

Substance antiseptique, dépourvue de causticité et de toxicité 
aux doses médicamenteuses, dans laquelle on dissout du phénol 
chimiquement pur. 

Les solutions employées sont de 20 grammes et 30 grammes 
pour iOO grammes. 

Technique, — Le tampon, aseptique, bien imprégné et égoutté 
est appliqué en un point précis sous le contrôle du miroir ; la 
cocaînisation n'est indispensable qu'au début et contre les ré- 
flexes exagérés, rares d'ailleurs ; l'hypérémie et la réaction post- 
opératoires doivent toujours avoir disparu avant qu'on ne renou- 
velle le pansement. 

La muqueuse doit prendre soit après les frictions (ulcéra- 
tions), soit après les attouchements (inflltrations, plaies post- 
opératoires), une coloration blanchâtre opaline. 

ANNALES DBS MALADIBS DB l/oRBILLB ET DU LARYNX. — XXI. 12 



178 BIBLIOGRAPHIE 

Effets sur les lésions, — Les lésions superficielles de la forme 
catarrhale (exubéralions, petites végétations etc.,) guérissent en 
quelques semaines, il ne subsiste qu'une cordite chronique 
simple. 

Les infiltrations péri-gloltiques s'afTaissent assez vite ; les tu- 
meurs et les fongosités se flétrissent; les ulcérations bourgeon- 
nent et se comblent : s'il s'en forme de nouvelles, elles se ré- 
parent avec rapidité. 

La maladie guérit sans cicatrices ou avec de simples épaissis- 
sements pacbydermiques, comme dans une guérison spontanée, 
par sclérogénèse. 

Le phénol détruit les microbes pyogènes ; le sulforicinate, en 
aidant son action, l'empêche de détruire les cellules. 

Le traitement chirurgical reste nécessaire dans les cas où les 
lésions sont difficilement accessibles ou trop considérables à 
détruire ; son action aide donc celle du topique dont elle rend 
l'application plus efficace et rapide. 

Valeur thérapeutique. — Rarement curatif (tuberculose laryn- 
gée primitive) et empêchant l'infection du poumon par le la- 
rynx, ce traitement local est presque toujours un palliatif pré- 
cieux par ses résultats immédiats et dépourvus d'inconvénients ; 
•si la situation est grave, il soulage le patient de la dyspnée et 
de la dysphagie, et peut prévenir la fonte purulente de Torgane, 
en combattant les infections surajoutées. 

Les résultats de la méthode ne sont pas en rapport constant 
avec l'état général, mais dépendent plutôt de la forme anato- 
mique en présence de laquelle on se trouve. 

Les formes catarrhale et infiltro ulcéreuse périglottique cir- 
conscrite, les tumeurs isolées, sont les plus favorables ; la forme 
scléro-végé tante diffuse, par des pansements répétés, le lupus 
du larynx, à ses débuts principalement, finissent aussi par cé- 
der ; mais, par contre, les lésions épiglottiques et vestibulaires, 
la forme infiltro-ulcéreuse diffuse, sont beaucoup plus difficiles 
à vaincre ; enfin, on n'obtient que d'incomplètes améliorations 
dans les lésions sous glottiques. 

La diffusion rapide des lésions, l'apparition de périchondrites 
et d'arthrites, les récidives (surtout après une guérison absolue 
en apparence), nuisent aux bons effets du topique sans le 
contr'indiquer. 

Les cas où l'on n'obtient pas d'amélioration tout au moins, 
sont ceux où le traitement a été imparfaitement suivi. 
L'auteur termine en rappelant l'utilité de sa méthode phéno- 



BIBLIOGRAPHIE 179 *1 

sulforicinée dans la tuberculose de la bouche, de la langue, du 1 

nez (Cartaz), du pharynx et des amygdales ; mais elle conserve J 

surtout sa haute supériorité dans les lésions du larynx. j 

RiPAULT. :\ 



TrouUes digestifs dans l'amygdalite chronique, par Balraobrb 
(Thèse de doctorat, Paris, 1895). 

Nombre de malades atteints d'une amygdalite chronique se 
plaignent en même temps de troubles digestifs. Ceux-ci sont de 
deux ordres, réflexes et chimiques. Les désordres réflexes ont 
une grande analogie avec ceux qu*on produit expérimentalement 
par la cautérisation ignée, ils sont caractérisés par de la gt^ne 
de la déglutition, très variable suivant les sujets et nullement en 
rapport avec le degré d'hypertrophie, des vomituritions et 
nausées très fréquentes. Aux troubles chimiques appartiennent 
des accidents dyspeptiques : inappétence, pesanteurs après le 
repas, pyrosis, ballonnement, douleur des régions épigastriqne 
et hépatique, dilatation d'estomac parfois. Pour expliquer la 
pathogénie de ces troubles gastro-intestinaux consécutifs à des 
inflammations amygdaliennes chroniques, Tauteur, rejetant la 
théorie réflexe, invoque l'infection microbienne. Plusieurs ar- 
guments peuvent le démontrer : le caractère infectieux de 
Tamygdalite aiguë, la présence de nombreux bacilles dans les 
amygdales, véritable milieu pathogène dont Tantisepsie est diffi- 
cile à réaliser. C'est en déterminant des fermentations anormales 
que les sécrétions amygdaliennes produisent les troubles 
digestifs. Ces sécrétions, concrétions caséeuses pathogènes, sont 
avalées à chaque mouvement de déglutition et arrivent à l'esto- 
mac où peu à peu s'établit une véritable auto intoxication. Tous 
ces accidents disparaissent à la suite de Tablation des amyg- 
dales, ce qui confirme les rapports qui relient les troubles du 
système digestif aux altérations amygdaliennes. 

G. LAUREiN^. 



180 ANALYSES 



ÂII4LT8E8 



I. — OREILLE 

Une explication vraisemblable de l'expérience de Weber, par 

C. CoRRADi, de Vérone (// Polidinico, vol. i-6, fasc. 6, 1894). 

1. L'expérience de Weber, positive du côté malade, s'explique 
par le fait qui veut qu'une cavité osseuse produise en vibrant 
des sons d'autant plus bas qu'elle diminue de capacité, que la 
masse solide et liquide qu'elle contient va augmentant. 

2. Dans cette expérience la source des vibrations étant an 
contact des^parois de la caisse, cette dernière sera d'autant plus 
apte à vibrer avec les sons bas, qu'elle aura diminué de capa- 
cité ; c'est donc de sons bas qu'il faudra se servir principale- 
ment, et c'est d'eux que dépendra en grande partie le résultat 
positif de l'épreuve de Weber, ainsi que l'épreuve négative de 
Rinne, etc. 

3. Il se peut que l'intensité de l'épreuve de Weber positive, et 
de celle de Rinne négative, dépendent de cette circonstance 
dans certains états morbides de l'appareil de transmission. 

4. Les lois des caisses de raisonnancc ne sont pas applicables 
à la caisse du tympan, non-seulement par suite de la diversité 
dans les rapports entre eux du corps vibrant, du milieu de trans- 
mission et de l'organe sensible, mais encore parce que le milieu 
de transmission est formé de parties osseuses et liquides, tandis 
que c'est l'air qui vibre dans et avec la caisse de raisonnance, et 
tous les sons y peuvent vibrer quelle que soit leur hauteur ; 
tandis que l'augmentation des parties liquides et solides dans 
l'oreille moyenne et externe rend ces cavités de plus en plus 
aptes à vibrer avec les sons bas, c'est l'inverse qui se passe dans 
les caisses de raisonnances. m. n. w. 

La presbyacousie et sa loi, par Zwaardemarer, d'Utrecht (Arch, 
ofofoL, n« 3, 1894). 

L'auteur est disposé à considérer la presbyacousie comme le 
rétrécissement très appréciable de l'étendue du champ auditif, 



ANALYSES 181 

rétrécissement qui consiste dans la disparition des tons limites 
et l'affaiblissement des plus voisins. Comme Tauteur Ta déjà 
montré en se servant du sifflet de Galton et des verges sonores, 
cette diminution ne porte pas seulement sur les sons élevés, 
mais aussi sur les sons bas. De nouvelles recherches faites avec 
beaucoup de précision sur 219 oreilles percevant la voix mur* 
murée à 8 ou 10 mètres, et' pouvant être considérées comme 
normales, Tauteur arrive aux conclusions suivantes : 1° reten- 
due du champ auditif se rétrécit d'une demi-octave à sa partie 
supérieure, lorsqu'on approche de la vieillesse ; 2» ce rétré- 
cissement augmente encore durant la vieillesse elle-môme ; 
3* la limite supérieure dans la jeunesse est à 1% dans la vieillesse 
à a^. Gomme extrême, g^ devient la limite de l'audition normale 
chez les personnes âgées. Une limite inférieure peut être con- 
sidérée comme pathologique. 

M. LS. 



Recherches sur randitionj moyenne chez les personnes Agées, par 
F. Bezold, de Munich {Arch, of otoL, n^ 3, 1894). 

L'auteur rapproche ces recherches de celles qu'il a faites chez 
les enfants, et constate que si dans la jeunesse les courbes des 
deux sexes sont parallèles, il n'en est plus de même chez les 
personnes âgées. Pour la perception de la voix murmurée au- 
dessous d'un mètre et pour la surdité très accusée, le sexe fémi- 
nin est certainement plus atteint que le sexe masculin. 

Dans les décades qui suivent celle de la cinquantième à la 
soixantième année, il y a une diminution progressive des per- 
sonnes à audition normale, en même temps qu'une augmenta- 
tion progressive de la surdité. 

L'examen direct de l'organe, comparé avec celui des enfants, 
confirme cette notion clinique que l'obstruction de la trompe 
est surtout une affection de l'enfance. La fréquence des affections 
de l'oreille moyenne chez les personnes âgées est très diminuée 
si on la compare à celle des lésions de l'oreille interne. 

Enfin Bezold croit qu'avec l'âge il ne se produit pas une dimi- 
nution elle-même de la conduction osseuse, mais que celle ci 
s'affaiblit proportionnellement à la diminution de la distance 
de l'audition. Cette assertion parait contraire à l'opinion cou- 
rant a. 

. Ll. 



182 ANALYSES 

Résultats de l'examen de plus de six cents cas avec des diapasons 
de moyenne intensité, par H. Alderton, de Brooklyn {Arch, 
ofotoL, n"» 3, 1894). 

Voici les principales conclusions du long travail auquel Fauteur 
s'est livré : 

!• Les intensités ou durées de Rinne OOAC et OC n: AC indi- 
quent toujours une lésion de Toreille moyenne, existant primi- 
tivement ou survenue comme complication. 

2<* Dans toute affection périphérique suffisante pour produire 
un certain degré de surdité, on trouvera toujours l'intensité de 
Rinne OOAC ou OC =: AC, à condition d'employer un diapason 
assez bas, pourvu que l'oreille interne soit normale ou à peu 
près. 

3° La durée de OC est exagérée dans les lésions de l'appareil 
conducteur, excepté pour les notes élevées (C'v et au-dessus), ce 
qui tient à ce que cet appareil n'a rien à faire avec la trans- 
mission des notes hautes (Bezold, Siebenmann). 

4* Dans les lésions de l'appareil conducteur, AC est médiocre 
pour les sons bas, tandis que les sons élevés sont relativement 
bien perçus. 

5<^ Dans ces lésions, Taugmentalion de la durée de OC est due 
à différentes causes (occlusion, diminution des bruits extérieurs, 
troubles dans la tension du labyrinthe), mais non à l'hyperes- 
teste labyrinthique qu'on ne peut guère invoquer qu'au début 
des inflammations aiguës. 

6<* Toute affection profonde ou prolongée de l'oreille moyenne 
finit par affecter secondairement le labyrinthe. 

1^ Si la durée de OC est diminuée, c'est qu'il existe une affec- 
tion de l'oreille interne soit isolée, soit à l'état de complication. 
L'auteur pense que, dans la recherche de la surdité nerveuse, il 
faut tenir grand compte de la diminution de la durée de OC pour 
le diapason C . C'est l'avis exprimé par Gradenigo relativement 
aux surdités par lésion du tronc nerveux. 

8» La combinaison de l'intensité de Rinne (intensité initiale 
comparée de OC et de AC) et de l'épreuve de Schwabach (durée 
absolue) rend plus de services que la durée de Rinnè (durée 
comparée de OC et de AC) ou que l'expérience de Weber. 

^^ Il est possible d'avoir pour un diapason élevé OOAC ou 
OC = AC, pour l'intensité ou la durée, alors que le diapason 
immédiatement au-dessous donnera AOOC. 

10<» L'épreuve des diapasons ne donne aucun renseignement 



r 



ANALTSBS 183 

certain au point de vue du pronostic. Toutefois lorsque, dans 
une aiïection de l'appareil conducteur, le diapason C'v donne un 
Rinne n<^gatif, il y a fort peu à attendre du traitement. 

H* La durée de OC devient presque ou complètement normale 
lorsque Toreille revient à son état normal. m. ls. 

De l'eczéma dn conduit auditif externe, par Hermet. (Journal de 
méd. de Paris, n<» 4, page 60, 27 janvier 1895.) 

H. considère le nitrate d'argent comme le meilleur agent à 
employer, aussi bien dans Feczéma que dans la furonculose du 
conduit auditif. 

Il rapplique de la façon suivante. Après avoir bien nettoyé le 
conduit au moyen de lavages à Teau bouillie, il y introduit un 
tampon d'ouate imbibé d'une solution de nitrate d'argent à 1/iO: 
et il le laisse vingt-quatre heures en place. Le lendemain le 
conduit est uniformément noir, mais l'atrésie a disparu : l'épi- 
derme cautérisé se détache par lambeaux au bout de deux ou 
trois jours. Le malade est momentanément guéri. 

Pour la furonculose, la technique est identique avec cette difTé- 
rence que la cautérisation doit être renouvelée deux jours de 
suite. Si le furoncle est à son début, la résolution s'opère ; s'il 
est sur le point de s'ouvrir, le nitrate, en corrodant la peau, agit 
comme un coup de bistouri, le furoncle se vide et il n'y a pas 
d'autre inoculation consécutive. m. l. 



Corps étranger de l'oreille, par A. Barbier. [Journal de clinique 
et de thérapeutique infantiles, n® 59, 13 décembre 1894.) 

Il s'agit d^une enfant de 6 ans, qui s'était introduit une perle dans 
l'oreille gauche. Ainsi qu'il arrive toujours, ce fut le pharmacien 
qui intervint pour enlever le corps étranger. Non-seulement il ne 
réussit pas à extraire la perle du conduit, mais encore il l'enfonça 
si bien qu'il perfora le tympan, d'où otite purulente. L'auteur, 
après quelques manœuvres un peu délicates, l'enfant n'ayant pas 
été chloroformisée, fut assez heureux pour débarrasser la 
malade. 

Cette observation montre une fois de plus combien peut être 
dangereuse l'intervention d'une personne ignorante ou inexpé- 
rimentée. C'est à ce point de vue que nous avons jugé utile de 
la rapporter. 

F. HELME. 



184 ANALYSES 

Corps étranger dn conduit auditif, par D*Aguanno. {Gaz. degli 
ospil.f 2 février 1895.) 

A. montre que le gonflement du conduit auditif à la suite de 
l'irritation produite par le corps étranger, à la suite des tenta- 
tives d'extraction, est en général le principal obstacle à Tissue 
des corps étrangers. Diverses manœuvres, introduction du petit 
doigt dans le conduit pour le dilater, tractions attirant le pa- 
villon en arrière, et surtout mouvements de la mâchoire inférieure, 
facilitent souvent beaucoup l'extraction. Les mouvements d'ou- 
verture et de fermeture de la bouche inpriment des mouvements 
très nets à la partie an téro -inférieure du conduit et suffisent 
parfois à ramener vers l'extérieur un corps étranger engagé 
profondément. a. f. pligquk. 



Contribution à la valeur pronostique de l'hyperostose du rocher, 
par R. Haug. (Arch. fur Ohrenheilk, Bd. 37, Hft 3 u. 4, 4894.) 

Deux opinions ont cours sur la signification pronostique de 
rhyperostose du rocher, anomalie qui consiste, comme on sait, 
en une diminution ou même en une disparition complète des 
espaces pneumatiques physiologiques, avec production exagérée 
de substance osseuse. Tandis que les uns en font une digue 
protectrice opposée à l'envahissement des méninges, les autres 
la considèrent comme une complication menaçante pour l'exis- 
tence. Se basant sur l'étude de treize cas personnels, H. se range 
à cette dernière opinion. 

Il est aisé de comprendre comment cette condensation osseuse 
favorise les complications intracrâniennes : loin de se répartir 
uniformément sur tout le temporal, elle frappe surtout l'apophyse 
mastoîde et les parois du conduit, la portion pétreuse étant re- 
lativement respectée ; or, c'est une loi générale que le pus tend 
à se faire jour du côté où il trouve le moins de résistance ; ce 
n'est donc pas vers la corticale, c'est-à-dire vers le lieu le plus 
favorable au point de vue du pronostic, qu'il se portera en cas 
d'hyperostose, mais bien vers la cavité crânienne. Ce n'est 
d'ailleurs pas seulement la guérison spontanée qui est rendue 
plus difficile par l'ostéosclérose, mais encore le traitement opé- 
ratoire : il faut, en effet» aller chercher l'antre très profondément, 
jusqu'à près de deux centimètres, et dans cette recherche on ne 
peut avancer que lentement sous peine de faire éclater Toi. 



ànaltses 185 

Enfin, rhyperostose présejite encore rinconvéuient de rendre le 
diagnostic plus malaisé. 

Cette complication ne se rencontre guère que de 16 à 40 ans ; 
elle est l'effet d'une suppuration chronique des cavités de 
Foreille moyenne ; il n*est pas probable que des inflammations 
purement catarrhales puissent lui donner naissance. La suppu- 
ration est toujours de date plus ou moins ancienne, et l'on sait 
en effet qu'il est rare de rencontrer de Thyperostose dans les 
mastoîdites aiguës. Toutes les suppurations chroniques de la 
caisse ne sont pas également aptes à provoquer le développe- 
ment de Tostéite condensante : ce sont surtout les lésions de 
Tattique et les cholestéatomes qui en favorisent la production. 
La symptomatologie des cas observés par H. peut se résumer 
ainsi : le plus souvent perforation en arrière et en haut, granu- 
lations, points osseux dénudés ; rétrécissement du conduit aux 
dépens de la paroi postéro-supérieure, sans changement de 
couleur de la peau ; pas de matité de Tapophyse comme on en 
trouve en cas de foyers superficiels; l'apophyse rend,au contraire, 
un son plus clair que du côté sain ; sécrétion peu abondante 
mais fétide ; pas de sensibilité à la pression de Tapophyse 
mastoîde ; assez souvent douleur spontanée dans la région tem- 
porale ou en arrière de l'apophyse ; fatigue intellectuelle et 
physique ; apathie ou irritabilité. Les choses restent en cet état 
un temps plus ou moins long, dont la durée varie de quelques 
mois à 15 ou 20 ans. Puis un jour ou l'autre Ifîs douleurs aug- 
mentent, empêchent tout repos nocturne ; il survient de la fièvre 
et l'on assiste au développement de phénomènes encéphaliques 
plus ou moins graves. En somme, Thyperostose du temporal 
rentre dans le cadre de ces lésions compensatrices qui peuvent 
avoir au début une action bienfaisante, mais qui, dans la suite, 
provoquent fatalement des altérations secondaires et de nouveaux 
troubles organiques. m. boulay. 

Contribution à la statistique de la surdi-mutité, par S. Szenes, de 
Budapest {Int. kl. Runds., n® 38, 1894 et Monats. f. die ge~ 
sammte Spachheilk^ décembre 1894). 

Szenes a examiné 124 enfants à l'Institut des sourds-muets 
de Waitzen, dont 76 garçons et 48 filles, alors que la statistique 
hongroise donnait jusqu'alors 88 filles pour iOO garçons. Dans 
XI cas, dont 17 garçons et 10 filles, Tétiologie était inconnue : 
dans 42 cas, soit 43,4 */o, la surdi-mutité paraissait congénitale, 



186 ANALTSBS 

et dans 55 cas, soit 56,6 */o» elle était acquise. Le plus souvent, 
pour les formes acquises, il s'agissait de maladies infectieuses : 
méningite, 14 fois ; manifestations typhiques, 14 fois ; scarlatine, 
3 fois ; érysipèle, 2 fois, etc. 

La surdi-mutité paraît très rare chez les enfants uniques, et 
atteint le plus souvent les premiers nés. 

L'examen de l'oreille donne tous les degrés depuis le tympan 
le plus normal, jusqu'à Tépaississement le plus marqué ; 7 fois, 
bouchons de cérumen ; 4 fois, corps étrangers ; 1 fois, otorrhée 
chronique avec polype ; 2 fois, perforations persistantes; 3 fois, 
cicatrices du tympan, et 2 fois, traces de mastoïdite suppurée. 

Dix enfants sur 124 entendaient la montre. Dans 83 cas il n*y 
avait pas de conduction aérienne pour le diapason, et la plupart 
des enfants âgés disaient sentir, et non entendre, le diapason sur 
Tapophyse mastoîde. m. ls. 

De rinflaence du oUmat sur les affeotionB aurienlalres et naao- 
pharyngiennes, par Grand (de Cannes] {Lyon médical, 30 sep- 
tembre 1894) 

L'auteur, avaot d'habiter Cannes, avait exercé la médecine 
dans une région humide, et il remarqua combien dans cette 
dernière les affections de Toreille et du uaso-pharynx étaient 
plus fréquentes que sur le littoral méditerranéen. 11 avait vu en 
outre que les inflammations auriculaires importées dans le Midi 
guérissaient plus facilement que dans le Nord, d'où l'idée qu'il 
eut d'entreprendre cette étude. Il rappelle le travail remarqua- 
ble de Nimier sur le sujet, et qui montre que d'une façon géné- 
rale la moitié Nord de la France présente plus de maladies de 
Toreille que la moitié Sud, et que dans cette moitié Sud c'est le 
littoral de la Méditerranée et les régions alpestres avoisinantes 
qui sont les moins atteintes. Et ceci rectifie une erreur admise 
partout, à savoir que le climat marin était funeste aux oreilles ; 
c'est vrai pour la Manche et l'Atlantique, mais non pour la 
Méditerranée. 

Chemin faisant, M. Grand nous montre les maladies que le 
climat méditerranéen améliore sans conteste ; c'est le coryza 
aigu et chronique, l'asthme des foins, les otites catarrhales, 
source de presque toutes les otites chroniques, les inflammations 
adénoîdiennes, etc. Sans doute, aux premiers jours de celte 
villégiature maritime, il y a un peu d'exagération des troubles, 
mais tout s'amende vite et le malade ne tarde pas à éprouver 
les bienfaits du séjour méditerranéen. 



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n • 



ANALYSES 187 

Conclusion : en réalité, le climat a une influence considérable 
sur la production et la marche des affections auriculaires. Les 
climats humides et froid ont sur elles une action fâcheuse, les 
climats secs et chauds une action favorable. « Pour ces affections 
d'une cnre si difficile, impossible bien des fois dans les pays du 
Nord, le séjour dans le Midi constituera un des plus puissants 
moyens de traitement. p. helme. 

Etude statistique sur la surdi-mutité ; examen des pensionnaires 
des instituts de sourds-mnets des comtés dn Nord, par W. Ro- 

BERTSON. (Lancet^ 8 septembre i894, p. 567.) 

Les tableaux ci-dessous sont le but et le résumé de cet article : 
Tableau I, montrant la proportion de surdité-mutité acquise 
et congénitale dans 3 groupes de cas. 

S.-m. congénitale S.-m. acquise Cas douteux 

Enfants.. 117 66=:37^/o 48 = 42Vo 3 (tympan normal 

dans 2 cas, otor- 
rhée dans 1 cas). 

Adultes.. 57 29 = 51% 27=r48Vo * 

Enfants . . 700 431 =: 66 % 219 = 33 Vo 50 

Tableau IL Cause de la surdi-mutité acquise dans trois 
groupes de cas. 

Maladie causale 219 enfants 48 enfants 27 adultes 

Scarlatine 97=z44V8 13 = 31o/o 12=:40 7o 

Méningite cérébro-spinale. 3:; = 33«/o 10 = 33Vo 3 

Rougeole 26 = 21^0 ^= '^Vo * 

Traumatisme 14 3 2 

Coqueluche 6 2 — 

Insolation 3 1 — 

Paralysie 3 — — 

Convulsions 3 — — 

Vaccins 3 1 1 

Fièvre gastrique 1 3 1 

Frayeur I 2 — 

Syphilis — — 2 

Diphtérie — — 2 

Influenza — 1 — 

Cause inconnue — 3 — 

Dentition 27 3 



488 ANALYSES 



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ANALYSXS 



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Tableaa V. Époqaeoù Tandilion a disparu dans trois groupes 
de malades. 

3« groupe 
27 adultes. 



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Tableau YI. Etat de la membrane du tympan. 

Enfants Adultes 

Surdité Surdité 

Congénitale Acquise Congénitale Acquise 

29 cas. 27 cas. 



66 cas. 

Tympan normal 42 

» rétracté 10 

Otite moyenne chronique. 6 

» » suppurée . 2 

Cérumen, état incertain . 4 

Complexe 2(*) 



48 cas. 
23 

6 

8 
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1 



(«) 1«' cas 
2» cas 

(«) l«f cas 
2« cas 

(3) 1er cas 

2« cas 



à droite, otite chronique. 

à gauche, otorrhée. 

à gauche perforation. 

k droite otite moyenne chronique. 

à gauche détruit. 

à droite normal. 

à gauche, détruit. 

k droite, normal. 

à droite, détruit. 

à gauche, normal. 

à gauche, détruit. 

k droite, normal. 



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2 
6 
1 
2 



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2 

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19i ANALYSES 

Tableau VIL Etat du marteau, etc. 

Enfants Adultes 

75 cas. 
4 douteux (*). 
S. acquise S. congénitale S. acquise S. congén. 
27 cas. 44 cas. 27 cas. 29 cas. 

Marteau mobile .... 25 37 = 84% ^4 22 
Osselets malades ou ab- 
sents, etc i 2 7 i 

Osselets ankylosés .. . 4 3 2(*) 2(«) 

Cérumen 2 2{^) 2</) 

Tableau VIII. Etat des fosses nasales (Enfants). 

S. congénitale 66 cas. S. acquise 48 cas. 

Hyperrhinite. . . 33 i9 

Ozène 2 1 

Normal 3i 28 

Tableau IX. Etat du naso-pharynx (Enfants). 

S. congénitale S. acquise 

66 cas. 48 cas. 

Végétations adénoïdes 44 = 66 Vo 36 = 75 Vo 

Végét. adén. et hypertrophie des \ 

amygdales ) 

Ozène 1 

Etat normal 11 7 

Tableau X. Fosses nasales (adultes). 

S. congénitale S. acquise 
29 cas. 27 cas. 

Hyperrhinite 6 5 

5 3 

Ozène 4 

Etat normal 47 19 

(I) Douteux au point de vue étiologique = 3 mobiles, 1 malade. 
(') Absent k droite, mobile à gauche. 
(3) Absent à gauche, mobile à droite. 
(*) Normal à droite, absent à gauche. 



ANALYSES 193 

Tableau XI. Etat du naso-pharynx (adultes). 

S. congénitale S. acquit* 
29 caa. 27 cas. 

Végétations adénoïdes 8 5 

Catarrhe 7 11 

Végétations adénoïdes et hyper- ) 

trophie des amygdales ) 

Ozène 1 

Etat normal iO 10 

Tableau XII. Etat de l'audition chez 114 enfants sourds-muets. 

Etat de l'audition. S. congénitale S. acquise 

66 cas. 48 cas. 

Surdité complète 33 = 50 Vp 29 zz 60 7o 

Bruits internes seuls perçus. . . 19 zr 28 % 13 z= 27 ^/^ 

Voix humaine entendue 7 5 

Aucune espèce de conduction. . 51 =: 77 % 42 zz 87 '/p 

Conduction osseuse et aérienne. 4 6 

Pas de conduction osseuse mais ) q 

la conduction aérienne persiste. / 
Conduction osseuse, pas de con- 



} 

Mots entendus 2 



3 2 

duction aérienne. 



Tableau XIII. Etat de Taudition chez 56 sourds-muets adultes. 

Etat de l'audition. S. congénitale S. acquise 

29 cas. 27 cas. 

Surdité complète 18 = 62 •/© 15 z: 55 Vo 

Bruit intense seul perçu 2 3 

Voix humaine 9 8 

Aucune espèce de conduction. . 26 zz 89 % 24 zz 81 % 
Les deux espèces de conduction 

persistent 2 3 

Pas de conduction osseuse, mais 

Taérienne existe 1 — 

Conduction osseuse, pas de con- 
duction aérienne 3 2 

Cornetacoustique résultat négatif 16 20 

» » » positif. 13 7 

ANNALES DES MALADIES DB L'ORBILIB BT DU LARYNX — XXI. 13 



194 ANALYSES 

Tableau XIV. Consangainité, hérédité^ etc. 

57 adultes 1 ménage saus enfants. 

Célibataires, 35 Mariés, 22 Femme 

Enfants, 87 Sourde Entendant bien 

Entendant bien Sourds 
77=:Vo iO=:i4,5 Vo 

C. W. DU BOUCBBT. 

Le traitement des affections de l'oreille oonsécntives à des lésions 
du naso-pharynx, par Sigismond Szenes (de Buda Pesth) {Allgem, 
Wiener mediz. Zeilung, 18 et 25 septembre 1891, n^* 38 
et 39.) 

La communication des aflections du naso -pharynx à Toreille 
moyenne par l'intermédiaire de la trompe d'Eustache est un fait 
banal, connu de tout le monde ; aussi le médecin auriste doit 
connaître à fond les maladies du nez et de la gorge afin de pou- 
voir les traiter en même temps qu'il agira sur l'oreille elle-même. 
Les différents microbes que Ton rencontre ordinairement dans 
le naso-pharynx, môme chez les sujets sains, diplocoque de la 
pneumonie, staphylocoque pyogenes albus ou aureus, bacille de 
Friedlander, peuvent aisément gagner la caisse du tympan et y 
déterminer de l'otite moyenne. Lorsqu'on aura à pratiquer la 
douche nasale, il sera donc urgent de ne se servir que de liqui- 
des absoluments aseptiques, pour éviter ce danger de propaga- 
tion. G. bischmànn. 

Sur le traitement rationnel de l'otite moyenne aignd, par Grade- 
NIGO et Prs {Arch, fur Ohrenheilk., 1894, Bd. 38. Hft. 1, u. 2)^ 

C'est un fait bien établi aujourd'hui que la pathogénie habi- 
tuelle, sinon constante, des otites moyennes aiguës est une in- 
fection ascendante par la voie tubaire. On connaît les divers 
microbes qui habitent, soit à Tétat normal, soit à l'état patho- 
logique, le nez et le pharynx nasal ; on sait encore que la gra- 
vité d'une otite ne dépend pas seulement de la variété du 
microbe provocateur, mais aussi de sa virulence. Aussi semble- 
rait il a priori que le traitement de choix des otites consiste 
dans l'emploi des antiseptiques : or, c'est là une profonde illu- 
sion. 



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ANALYSES 195 

Les moyens antiseptiques dont nous disposons sont absolu- 
ment impropres à détruire sur place les agents pathogènes des 
otites aiguës, et cela pour plusieurs raisons : d'abord la quantité 
de solution antiseptique que nous pouvons faire pénétrer dans 
la caisse est trop petite relativement à l'abondance des produits 
sécrétés ; en second lieu, ces antiseptiques sont impuissants s'ils 
sont employés en solutions étendues, ou bien ils sont irritants 
et ma) supportés s'ils sont employés en solutions concentrées ; 
enfin, en supposant qu'elles puissent entrer dans la caisse en 
quantité suf usante» les solutions antiseptiques ne sauraient 
pénétrer dans tous fes loplis de la muqueuse, ni dans ses 
couches profondes où résidemi volontiers les microbes. Pour 
hAter l'expulsion de ceux-ci on a proposé, et c'est un moyen 
chaque jour employé, d'ouvrir artificiellement la membrane ou 
d'élargir sa perforation spontanée. C'est là une excellente mé- 
thode, même en cas d'exsudat séreux, mais à )a condition de ne 
pas favoriser les infections secondaires ou tertiaires de la 
caisse par l'emploi d'instruments incomplètement stérilisés, par 
des lavages» des cathétérismes ou des douches d'air. On a pro- 
posé l'administration de douches d'air filtré : c'est là une naK 
veté, car ce ne sont pas les microbes de l'atmosphère qu'on doit 
redouter, ce sont ceux qui, siégeant sur la muqueuse nasale, 
naso-pharyngienne ou tubaire, seront entraînés dans la caisse 
par cet air préalablement, mais inutilement, filtré. 

Les règles à suivre dans le traitement de l'otite moyenne 
aigué doivent être toutes différentes de celles qu'on a observées 
jusqu'ici. Il faut donner issue au pus le plus tôt possible et 
assurer son écoulement permanent par un drainage convenable 
de la caisse et du conduit ; il faut empêcher toute infection se- 
condaire par le conduit ou par la trompe ; enfin, on doit éviter 
toute irritation mécanique ou chimique susceptible de donner 
un coup de fouet au processus morbide. Ces indications sont 
remplies par la méthode suivante. 

Au début, dans les premières heures de l'afTection, essayer du 
traitement abortif : repos à la chambre ou au lit, instillation 
dans le conduit de quelques gouttes d'une solution aqueuse 
d'acide phénique à 1 ou 2 "/y. D'après l'expérience des auteurs et 
conformément aux résultats des recherches de Geppi (Corresp. 
BL f. Schweizer Aerzte, 1893, n« 23), cette solution est beaucoup 
plus active qu'une solution concentrée dans la glycérine ; pour 
empêcher la macération de l'épithélium, on peut y ajouter 
0,80 7p de sel marin. 



19Ô ANALYSES 

Dès qu*il y a du liquide dans la caisse, ouvrir artificiellement 
la membrane après les soins antiseptiques habituels ; ne faire ' 
suivre la paracentèse, ni de lavage du conduit, ni de douche 
d'air. Nettoyer le conduit à sec avec un tampon de coton, en 
ayant soin de ne pas toucher et de ne pas irriter la membrane ; 
introduire aseptiquement à Taide d'un spéculum et d'une pince 
sous le contrôle de TcBil, une mince mèche de gaze iodoformée 
dont Textrémité profonde sera aussi voisine que possible de la 
membrane sans la toucher ; Tautre extrémité de la mèche sera 
repliée dans le méat et dans la conque dont elle remplira la 
concavité. Si Técoulement est abondant, faire un pansement 
occlusif avec de la gaze et du coton ; ou bien encore, ce qui est 
plus pratique, mais moins aseptique, boucher simplement le 
méat avec un tampon de coton hydrophile que le malade change 
lui-même plusieurs fois par jour à mesure qu'il s'imprègne de 
pus. 

Dans les cas qu'ils ont traités par cette méthode, les auteurs 
ont vu les microbes pathogènes diminuer de nombre et perdre 
progressivement leur vitalité, sans l'emploi d'aucun autre 
moyen. Ils ont constaté également que si la gravité d'une otite 
moyenne aiguë n'est pas toujours en rapport avec la qualité des 
microbes pathogènes, elle ne l'est souvent pas plus avec la na- 
ture de la cause provocatrice. Cela tient en partie à la fréquence 
des infections secondaires : celles-ci retardent la guérison. Dans 
les formes mixtes, où il existe des saprophytes, on ne saurait 
préciser le mode d'action de ces derniers : car ils paraissent 
tantôt hâter, tantôt retarder la guérison. m. boulay. 

De l'acide trichloracétique dans le traitement des suppurations 
chroniques de l'oreille moyenne, par Okunbff. {Journ, de méd. 
milit, russe^ novembre 1894.) 

L'auteur recommande ce traitement quand la perforation tym- 
panique est assez large, surtout quand il existe des granulations 
dans la caisse ou sur les lèvres de l'ouverture du tympan. 
90 pour 100 des malades ainsi traités ont définitivement 
guéri. 

L'oreille étant préalablement cocaïnisée, on essuie soigneuse- 
ment le tympan : puis, avec un cristal d'acide trichloracétique 
fixé à un fil de fer en boutonnière, on touche les points malades, 
qui immédiatement blanchissent. On fait ensuite une injection 
dans le conduit pour enlever l'excès d'acide : on sèche et finale- 



ANALYSES 197 

ment on insuffle une poudre antiseptique. Ces cautérisations 
doivent être faites tous les trois ou quatre jours, et seulement 
une fois par semaine si on cherche à amener la fermeture des 
perforations. m. l. 

Des mastoidites compliquant les otites, par Gérard Marchant. 
{Soc. de chirurgie, séance du 26 décembre 1894). 

Il existe deux catégories d'abcès cérébraux d'origine otiqae : 
i^ ceux qui occupent la zone psychomotrice ou la zone cérébel- 
leuse et donnent lieu à des symptômes précis en rapport avec 
leur localisation ; 2f* ceux qui, situés en dehors de ces zones, se 
traduisent seulement par des signes sans précision : fièvre, dou- 
leur fixe, céphalalgie constante, coma. Or, M. attire l'attention 
sur ces derniers signes qui souvent sont trompeurs : et il faut 
faire des réserves cliniques avant d'admettre, en se fondant sur 
eux, un abcès cérébral et se décider à ouvrir le crâne ; des phé- 
nomènes fébriles, des douleurs névralgiques peuvent être consé- 
cutives à une trépanation mastoïdienne, sans indiquer pour cela 
une complication encéphalique, et ces accidents peuvent dispa- 
raître spontanément, sans nouvelle intervention. Donc : ne pra- 
tiquer Fouverture du crâne que quand des symptômes très posi- 
tifs traduisent ou font redouter une complication encéphalique ; 
mais faire une trépanation mastoïdienne hâtive classique pour 
s'opposer à son apparition. m. l. 

Collection vennineuse (ascarides) développée dans l'épaisseur de 
l'apophyse mastolde et ouverte spontanément à l'extérieur, 
par L. Vidal {Journal de clinique et de thérapeutique infan- 
tiles, n» 48, 27 septembre 1894.) 

Il s'agit d'un enfant de 22 mois qui, au moment du premier 
examen, présentait depuis un mois une tumeur indolore derrière 
Toreilie droite. Cette tumeur augmenta peu à peu de volume 
sans amener aucun trouble, puis elle s'ouvrit spontanément, li- 
vrant passage à un liquide clairet peu abondant. On se décida 
à recourir au médecin qui constata une fente fistuleuse située 
parallèlement et à 1 centimètre en arrière de la ligne d'inser- 
tion du pavillon de l'oreille, i Du conduit auditif externe se fait 
un écoulement clair et incessant. Les parois de la tumeur pa- 
raissent extérieurement très dures et donnent à la percussion la 
sensation d'une coque osseuse. » Injections, à travers le trajet 



198 ANALYSES 

Ûstuleux, d'une solution faible de sulfate de cuivre. Après les 
premières injections» s'évacuent 4 petits vers blancs rosés que 
Tautear reconnaît être des ascarides lombricoîdes. Le lendemain, 
nouvelle évacuation de trois vers de même espèce. L'enfant est 
alors perdu de vue. 

Quel trajet ont suivi les ascarides pour parachever leur mi- 
gration ? Le parasite a dû remonter par Testomac, l'œsophage, 
s'engager dans la trompe d'Eustache et gagner Toreillc moyenne; 
mais comment expliquer leur passage jusque dans Tépaisseur 
de Tapophyse mastoïde ? Les cellules mastoîdes n'existent pas 
chez Tenfant ; elles ne sont représentées que par un bloc os- 
seux de tissu dense, et ce n'est que plus tard qu'elles communi- 
quent avec Toreille moyenne. Il y aurait-il eu chez ce petit ma- 
lade une évolution exceptionnellement précoce des cellules et 
du canal pétro-mastoïdien ? L'auteur ne peut répondre, mais le 
fait clinique lui a paru d'une rareté assez grande pour être pu- 
blié. F. HELME. 

Mastoïdite et empyème du sinus maxillaire chez la même malade, 
par M. Charles H. Baker, {Médical record, 9 mars 1895). 

L'intérêt de cette observation est : 1<> la coexistence des deux 
affections ; 2* la pathogénie de la mastoïdite consécutive à l'em- 
pyène du sinus maxillaire. Les lavages du nez faits avec de l'eau 
trop froide, un jet trop fort, peuvent, comme B. en a observé un 
dernier cas, transmettre l'infection du nez à Toreille moyenne. 
Il faut, avant le lavage, nettoyer soigneusement le nez. La dispo- 
sition de la trompe d'Eustache favorise parfois cette infection 
secondaire. a. f. plicque. 

Un cas d'abcès cérébral d'origine otique, par H. Knapp (Arch. of 
otoL, n« 3, 1894). 

Très intéressante observation d'une enfant de 9 ans, présen- 
tant une otorrhée gauche datant de plusieurs années, avec per- 
foration large du tympan. Elle fut prise d'un redoublement de 
suppuration, de maux de tête et d'un peu de vertige, en même 
temps que se montrait chez elle de l'hémianopsie homonyme 
droite avec conservation des réflexes pupillaires et qu'on cons- 
tatait l'étranglement de la papille. Bien que l'enfant parut très 
bien, continuât à jouer, chanter, etc., ne présentât aucun 
trouble mental, ces signes parurent suffisants pour assurer le 
diagnostic d'abcès cérébral et Ton fit la trépanation de l'apo- 



r 



ANALYSES 199 

physe et celle du cerveau où un abcès volumineux fut découvert 
et incisé. Malgré des accidents sérieux au cours du traite- 
ment ultérieur, l'enfaut finit par guérir sauf d'une légère sécré- 
tion au fond de Toreille et la persistance de Thémianopsie. 

M. LS. 



L'opération de Stacke dans les abcès sous- dore -mériens. par 
F£RRERi. (Arch, ital, di otoL, etc., i894, fasc. 4). 

L'opération de Stacke, qui donne d'excellents résultats dans le 
traitement deTotite moyenne purulente chronique avec lésions de 
la chaîne des osselets et de l'antre, est également applicable dans 
les cas où, les lésions portant spécialement sur le tegmen tym- 
pani, il existe au niveau de ce dernier une irritation méningée, 
habituellement latente et circonscrite, mais qui menace à tout 
instant de se propager à distance et de dégénérer en une vérita- 
ble méningite. Cette opération ouvre en efTet la meilleure voie 
pour atteindre les collections purulentes développées entre la 
dure-mère et la lame vitrée interne du temporal. Le diagnostic 
de ces abcès ne se fait le plus souvent qu'au cours de l'opération: 
un oriQce fistuleux, d'où suinte une goutte de pus et dans lequel 
on peut introduire un stylet dans la direction de la cavité crâ- 
nienne, en trahit l'existence. L'élargissement de cet orifice et la 
mise à nu de la dure-mère sont le complément nécessaire de 
l'opération de Stacke : cette intervention permet seule la gué- 
rison du malade. F. vient d'en faire l'expérience sur une jeune 
fille de 20 ans, atteinte d'otite moyenne suppurée chronique de- 
puis l'enfance et qui avait été opérée pour la seconde fois de 
mastoïdite droite le 20 avril 1894 ; à la suite de cette opération, 
la plaie rétro-auriculaire s'était assez rapidement cicatrisée 
mais l'écoulement avait persisté par le conduit; trois mois plus 
tard, des douleurs étant survenues dans la région temporale en 
même temps que la paupière droite s'œdématiait, F. pratiqua 
l'opération du Stacke et se vit contraint, au cours de celle-ci, à 
mettre la dure-mère à nu pour donner issue à une collection 
purulente. Au bout de 40 jours la malade était complètement 
guérie de son écoulement et ne gardait, comme trace de l'opéra- 
tion, qu'une cicatrice infundibuliforme à la région mastoï- 
dienne. 

M. BOLLAY. 



200 ANALYSES 

Da traitement des abcès cérébraux consécntifa aux otites moyen- 
nea, par L. PiCQué. {Soc, de chirurgie, séance da 29 décem- 
bre 1894). 

Une intéressante discussion a eu lieu au sein de la société de 
chirurgie à la suite d'un rapport de Picqué. Celui-ci classe en 
deux catégories les accidents cérébraux d*origine otlque : dans 
Tune, des symptômes fonctionnels très nets font faire aisément 
le diagnostic d*abcès cérébral ; dans Tautre, Tabcès n'occupant 
pas la zone motrice les symptômes sont vagues^ et le diagnostic 
différentiel entre un abcès cérébral, une méninge encéphalite 
ou une phlébite du sinus latéral e^t des plus délicats. Cependant, 
une céphalalgie persistante localisée au même point, avec coma 
et ralentissement du pouls, indique à coup sûr une suppuration 
cérébrale. D'ailleurs, les abcès cérébraux sont, le plus souvent, 
accompagnés de collections purulentes péripétreuses qui forment 
comme un relai entre la suppuration mastoïdienne et la suppu- 
ration cérébrale. 

La conduite à suivre par le chirurgien diffère suivant qu'il se 
trouve en présence de Tune ou l'autre catégorie d'accidents. Y 
a-t-il des troubles indiquant une lésion de la zone motrice ; 
il faut d'emblée trépaner le crâne au niveau de la circonvolution 
soupçonnée, puis ensuite ouvrir également l'apophyse mastoîde. 
Y a-t-il, au contraire, des accidents cérébraux vagues, il faut se 
contenter d'abord d'ouvrir la mastoîde ; et si, au bout de qua- 
rante huit heures, les accidents ne s'amendent pas, aller résolu- 
ment à la recherche du foyer intra-crânien en se servant de la 
voie déjà ouverte. 

Berger adopte absolument cette manière de voir. Si, par la 
brèche crânienne, il se produit un encéphalocèle traumalique 
il ne lui applique aucun traitement particulier ; généralement, 
au bout de quelques semaines, Tencéphalocèle se réduit de lui- 
même et se cicatrice avec les parties molles. 

D'une façon générale les chirurgiens qui prennent part à la dis 
cussion. Routier, Schwartz, Lucas Championnière, sont d'avis 
qu'en présence d'accidents cérébraux survenant au cours d'une 
otorrhée, il faut d'abord trépaner l'apophyse mastoîde et atten- 
dre avant de pousser l'intervention plus loin. 

M. L. 



t« 



ANALY8BS 201 



II. — NEZ ET SINUS 



Appareils métaUiqnes de soutien dn nei, par Dklormb (du Val- 
de-Grâce (Gazette des hôpitaux^ 17 janvier 1895). 

Trois fois, Delorme a eu recours à ces appareils^ une fois 
pour redresser un nez affaissé, dans deux autres cas pour des 
restaurations nasales nécessitées par des mutilations de la face 
par coup de feu. La méthode de Martin, toujours employée, n'a 
pas donné d'excellents résultats et mérite d'être perfectionnée. 
Dans un cas, Fauteur a observé une intolérance absolue, résul- 
tant du déplacement de l'appareil ; dans un autre, une intolé- 
rance relative et dans le dernier, une tolérance complète, mais 
avec couverture insuffisante. La fixité du trépied métallique 
n'est donc pas toujours absolue, même quand il a été primiti- 
vement bien assujetti ; il détermine des douleurs dentaires 
vives, enfin il peut être intoléré. 

Son application est délicate et u les difficultés de cette der- 
nière augmentent, lorsque les maxillaires supérieurs ont subi 
des déformations, des pertes de substance et que les parties 
molles du nez n'ont conservé ni leur étendue ni leur souplesse.» 
Dans ce but, l'auteur propose, avant l'opération, un traitement 
préparatoire consistant en massages de la peau du nez« en di- 
latations, débridements au niveau des cicatrices et des adhé- 
rences et une modification de l'appareil de Martin. 

G. LAURENS. 

Des affections du nez dans les maladies infectieuses, en particu- 
lier dans la diphtérie, par C. Ziem, de Danzig (Mûnchner med, 
Wochenschr,, n» 8, 1895). 1 

1 

Dans ce deuxième article sur le même sujet, Tauteur insiste | 

sur la très grande fréquence, la constance presque de la parti- i 

cipation du nez aux inflammations spécifiques, aiguës ou chro- j 

niques ; la diphthérie dans la première catégorie, la tuberculose 
dans la seconde, fournissent des chiffres indiscutables et 
doivent attirer l'attention sur une désinfection plus soigneuse 
de la cavité nasale. Nous trouvons, à ce propos, une critique j 

assez bizarre de la sérum thérapie et de la statistique de Roux, | 



202 ANALYSES 

et cette conclusion inattendue que le plus grand progrès à faire 
dans la psychiatrie pratique serait d'établir les relations entre 
les affections cérébrales et nasales. m. n. w. 



Notice sur une forme de catarrhe consécutif an aéjour sur le som- 
met du Ben Re^s, par Gaheron Miller (Brit. med. journ., 
2 février 1893, p. 248). 

Depuis onze ans une observation météorologique est établie au 
sommet du mont Ben Nevis et les militaires y sont détachés 
par groupes de trois, dont deux chargés des observations, le troi- 
sième du ménage. Chaque groupe y séjourne durant trois mois 
et Tabsence de toute espèce de maladie est remarquable tant 
que dure le séjour à Tobservatoire. Mais aussitôt descendus 
dans la plaine, les individus sont atteints, presque sans 
exception, de phénomènes rappelant en tous points ceux de 
Tinfluenza de moyenne intensité et durant de une à trois se- 
maines. La même personne est atteinte chaque fois qu'elle a 
fait un nouveau séjour à l'observatoire ; enfm, lorsqu'une per- 
sonne simplement enrhumée monte à l'observatoire, elle conta- 
mine presque infciilliblement tous les individus qui y séjournent, 
mais dans ce cas, le catarrhe contracté ne dure guère plus de 
2'k heures. L'auteur pense qu'il s agit dans ce cas de l'absence 
presque complète de germes nocifs au sommet de la montagne, 
de sorte que la muqueuse pituitaire, rénovée par un séjour de 
un à trois mois dans l'air pur, devient très vulnérable et ne dé- 
fend plus l'organisme contre les germes qui abondent dans la 
plaine. m. n. w. 

Emploi des vapeurs iodoformiques dans le coryia et la bronchite 
descendante, par M. Mavrel (Bulletin général de thérapeutique ^ 
23 décembre 1894). 

Ce travail est la suite et le complément d'une étude sur l'ac- 
tion de l'iodoforme sur les staphylocoques (Communication à 
l'Acadértie de médecine). Dès <888, Hajek avait décelé dans les 
mucosités du coryza aigu la présence constante du staphylococ- 
eus albus. L'auteur a repris les expériences du rhinologiste 
Tiennois. Comme lui, il est arrivé aux mêmes résultats. D'autre 
part, ayant étudié l'action de l'iodoforme sur les staphylocoques, 
il eut ainsi l'idée d'utiliser, ainsi que nous venons de le dire, 
cet antiseptique dans le coryza aigu et la bronchite descendante. 
Voici les conclusions du travail de M. Mavrel. 



ANALTSBS 203 

r< !• Les vapenrs iodoformiqaes, se dégageant du colon iodo- 
formé, guérissent rapidement le coryza et préviennent la bron- 
chite descendante. 2* Cette dernière affection est elle-même 
rapidement améliorée par ces mêmes vapenrs, quand, à Tusage 
du coton, on ajoute celui des pastilles iodoformées. 3 Ce 
même traitement rend également des services dans les coryzas 
arthritiques ; mais il est impuissant contre lozène. 4* 11 me 
parait utile de l'expérimenter contre la tuberculose des voies 
respiratoires. 5<* Les vapeurs iodoformîques semblent agir, 
dans toutes les affections provoquées ou compliquées, par le 
êfaphylococcus aureus et albus. » F. helme. 

Cas d'empyème du nnns maxillaire ûiralant la prétendue rhinite 
caaéeiue, par Strazza (Bollef, délie malatt. delVorecch,^ etc., 
février 4895). 

Dans deux articles publiés antérieurement dans le même 
journal en 1891 et en 1893, S. a cherché à montrer que la pré- 
tendue rhinite caséeuse ou cholestéatomateuse n'est qu'une 
complication d*un état snppuratif des fosses nasales ou des 
cavités annexes, favorisée par une sténose nasale. Il vient 
d'observer deux nouveaux faits qui viennent à Tappui de cette 
opinion. 

Dans Tun, il s'agissait d'une malade de 28 ans qui, depuis trois 
mois, souffrait de la moitié droite de la tête, mouchait du pus et 
éprouvait de l'obstruction nasale à droite ; il y avait de ce côté 
une forte déviation de la cloison et une hypertrophie de la mu- 
queuse du cornet inférieur ; de plus, dans le fond de la narine 
le stylet rencontrait une matière molle, fétide, d'aspect caséeux 
dont on put retirer une grande quantité. La joue était légère- 
ment tuméfiée et sensible à la pression au niveau du sinus 
maxillaire ; l'ouverture de ce dernier par la voie alvéolaire y fît 
découTrir la présence d'un peu de pus. 

Chez une autre malade de 21 ans, les phénomènes étaient à 
peu près les mêmes ; mais ici, la sténose nasale était produite 
par la distension du sinus dont la paroi interne était refoulée 
du côté de la ligne médiane ; il existait, de plus, une nécrose de 
l'unguis et une fistule lacrymale. 

Il s'agissait, évidemment, dans ces cas, de pseudo-rhinite ca- 
séeuse, en admettant qu'il existe une rhinite caséeuse vraie, à 
moins de supposer que les lésions du sinus et des parois 
osseuses étaient consécutives à l'accumulation des masses cho* 
iestéatomateuses dans la fosse nasale. m. boulay. 



204 ANALYSES 



III. — LARYNX ET TRACHEE 

Des aooidents laryngiens BÛnolant le croap, par Bézv (Presse mé- 
dicale, 2« année, n» 40, p. 318, 6 octobre 1894). 

Entre la laryngite striduleuse qui fait grand tapage mais peu 
de mal, et le vrai croup qui fait peu de bruit, au moins au 
début, mais tue souvent, il existe une affection dont les accidents 
laryngiens ressemblent à s'y méprendre à ceux du croup. C'est 
la laryngite simple avec tirage continu, dont B. rapporte cinq 
observations personnelles. 

Avec Toucbard, il admet quMl s'agit d'une laryngite sous-glot- 
tique, ayant pour conséquence une obstruction du larynx, due 
au gonflement de la muqueuse, à l'accumulation de mucosités 
et aussi à un spasme d'un tirage continu. 

Le diagnostic d'avec le croup se fait par le début brusque, 
par la conservation du timbre de la voix, par Tabsence de 
fausses membranes dans la gorge. Ce dernier signe manque, il 
est vrai dans le croup d'emblée, mais, dans ce dernier cas, 
Tensemencement sur sérum du mucus amygdalien, alors même 
qu'il n'existe pas de fjausses membranes dans la gorge, permet 
de déceler en moins de vingt-quatre beures la présence du ba- 
cille dipbthéritique. m. l. 

Kératose aous-oordale ciroonscrite, par Masuggi. {Bollet délie 
malatt. delV orecch,, etc 1894, n® 8). 

Un bomme de 27 ans, guéri depuis deux ans d'une laryngite 
chronique qui avait exigé un long traitement, présentait de nou- 
veau, depuis six mois, de la raucité de la voix. Il n'existait pour 
toute lésion qu'un petit nodule très dur, à surface hérissée 
d'aspérités blanchâtres, situé tout à fait à la partie antérieure 
de la corde gauche sur le bord inférieur de celle-ci. Enlevé à la 
pince, puis examiné au microscope, il se montrait constitué par 
un stroma de tissu conjonctif revêtu de cellules épithéliales 
pavimenteuses en grande partie carnéifiées, c'est-à-dire kérati- 
nisées et imbriquées. Examen bactériologique négatif. 11 ne 
s'agissait ni de sclérome, ni de pachydermie, ni de ces épaississe - 
ments épithéliaux à couche périphérique cornéifiée comme on 



r 



ANALYSES 205 

en voit parfois dans les vieux polypes, mais bien d'un processus 
spécial dont on trouverait sans doute Tcxplication dans les re- 
cherches histologiques de Heymann à qui nous devons précisé- 
ment quelques données sur la kératinisation de répithélium 
laryngé. m. boulât 

Injections intra-laryngéee dans le traitement des maladies du 
larynx, de la trachée et des bronches, par A. Buonnr {Lancet^ 
28 avril 1894, p. 1062). 

Le liquide habituellement employé par Tauteur est une solu- 
tion de 5 à 20 ^/q de menthol dans la paroléine (huile minérale 
incolore et insipide obtenue par la distillation fractionnée du 
pétrole). C'est le liquide employé également dans la laryngite 
tuberculeuse, sauf dans les cas où il survient de Tirritation ; il 
substitue alors au menthol du gafacol (2 ^/g ou du salol 20 à 
30 ^/o) ou bien encore du baume du Pérou. 

Dans les cas de laryngo-trachéite chronique ces injections sont 
très utiles. On peut employer une solution de nitrate d'argent de 
1 à 5 Vo o^ d'acide lactique de 5 à 30 ^/q. 

L'effet de ces injections est très marqué dans les bronchites 
fétides, l'odeur peut disparaître au bout de 20 à 30 injections, 
Des essais récents avec des solutions faibles de myrtol et 
d'oleum pimenté sont encourageants. 

Pour les liquides énergiques seuls il est nécessaire d'employer 
le laryngoscope ; pour les autres, c'est inutile, et les malades 
peuvent même arriver à pratiquer les injections eux-mêmes. 

G. W. DU BOUCHBT. 

Traitement delà toux nenreose. par L. Lichtwitz. {Gazette hebd, 
des se, méd, de Bordeaux^ 18 novembre 1894). 

L'auteur distingue, au point de vue pathogène, trois sortes de 
toux nerveuse : 

1® La toux nerveuse dorigine centrale (chorée, tabès, hystérie.) 
Elle réclame un traitement général ; demi bains à 35° avec 
aspersion d*eau froide sur la nuque. Aux narcotiques, aux bro- 
mures, L. préfère la strychnine à hautes doses administrée sui- 
vant la méthode de Bouchard : donner d'emblée 6 milligrammes 
de sulfate de strychnine par jour et augmenter la dose de un 
milligramme tons les deux jours jusqu'à 9 milligrammes. Le 
traitement doit être fait par période de quinze jours, espacés 



ÀNÀLY8B8 

par une semaine de repos. Le massagiCy rélectricité sont des 
adjuvants utiles de cette médication. 

2° La toux d'origine périphérique (irritation du nerf mgite). 

3® La toux d'origine réflexe (à point de départ auriculairep 
nasal, utérin, etc.). Dans ces deux dernières catégories, on s'adres- 
sera dîrectemeiit à la cause première : extraction du bouchon 
cérumineux, enlèvements de polype du nez, guérison de cornets 
hypertrophiés, etc. 

M. L. 



Gomment traiter la laryngite stridolease grave des enfants ? par 
HOGHARD. (Revue générale de clinique et de thérapeutique, n^ 38, 
!•' décembre 1894.) 

Il ne faut pas trop, dit M. Huchard, laisser s'accréditer celte 
opinion que la laryngite striduleuse des enfants, pseudo-croup 
de Guersant, est toujours une maladie bénigne. Trousseau avait 
déjà cité des cas où elle nécessitait la trachéotomie. Il rappelle 
trois faits qu'il a déjà publiés, puis il insiste sur la division 
qu'a établie M. Touchard, interne de M. Sevestre, dans sa thèse 
sur le sujet. Les faits rapportés par cet auteur se divisent ainsi : 
1° Cas nécessitant la trachéotomie avec guérison. 2<^ Cas de mort 
parce que la trachéotomie n'a pas été faite. 3» Cas très grave où 
l'on a pu éviter la trachéotomie. 4** Cas où le tirage a existé, 
mais avec une intensité moindre des symptômes. 

Après avoir rappelé brièvement les théories qui ont été pro- 
posées pour expliquer l'accident, M. Huchard établit que ce qui 
constitue le danger dans les cas graves ce n'est pas l'inflamma- 
tion, c'est le spasme ; c'est contre lui qu'il faut lutter. Gomment? 
Par un traitement médical d'urgence, et, s'il y a lieu, par le 
traitement chirurgical. Ne pas trop compter sur les vomitifs dont 
on abuse, sur les traditionnels sinapismes ou les compresses 
d'eau chaude. S'adresser plutôt au bromure de potassium. Mais 
ce qui importe ici c'est la dose élevée du médicament qu'il faut 
d'emblée prescrire sans craindre les accidents toxiques. Suivre 
la médication pendant 5 à 8 jours. Dose : 4 à 5 grammes de 
bromure par jour chez un enfant de 4 ans et demi ; i gr. 50 
pour un enfant de 21 mois. Tel est pour M. Huchard, le trai- 
tement médical d'urgence. Quant au traitement chirurgical^ 
tout le monde le connaît, c'est le tubage ou la trachéotomie. 

p. HBLME. 



»#• 



> ( 



ANALYSES 207 

Intubation du larynx dans le croi^ par la méthode d'O'Dwyeri 
par A. BoNAiM (de Brest). (Semaine médicale^ n<> 55, 3 octo- 
bre 1&94.) 

Cet article^ pablié quelque temps av^ant la vulgarisation en 
France de la sénuathérapie, constitue la revue la plus complète 
qui ait para sur le sujet dans notre pays. I/auleur qui a été 
parmi nous le propagateur de la méthode d'O'Dwyer connaît 
admirablement le sujet et nul plus que lui n'était plus à même 
de fournir une vue d'ensemble. bien au point de ce procédé si 
répandu à Tétranger. 

Après la description des instruments et la technique de leur 
emploi^ Tauleur recommande d'user de la boîte d'O'Dwyer qu'il 
utilise à Texclusion de toute autre, puis il passe aux accidents 
et complications de la méthode. On peut les diviser en : 1^ ac- 
cidents opératoires : syncope, asphyxie ; 2<> accidents pouvant 
survenir pendant le séjour même du tube dans le larynx : obs- 
truction du tube parles fausses membranes, lésions du décubitus, 
gêne de la déglutition et difficultés de Talimentation. L'au- 
teur résume la symptomatologie de chacune de ces complica- 
tions et, chemin faisant, il indique le moyen d'y remédier. 

Puis il établit un parallèle entre la trachéotomie et Tin tuba- 
lion. Il ressort de sa consciencieuse et très complète étude, 
basée non-senlement sur sa grande expérience mais appuyée 
encore de l'autorité de quantités de patriciens tels que Bokai, 
Galatti, Gaughofner, etc., que le tubage est plus facile à prati- 
quer que la trachéotomie. D'autre part, toutes les statistiques 
tendent à démontrer qu'on obtient avec l'intubation de bien 
meilleurs résultats qu'avec la trachéotomie. 

F. HELMB. 




Sû8 



CORRBSPONDANG£ 



CORRESPONDANCE 



Le Mans, lé !«' juillet i8l«5. 



Mon cher Directeur, 



Dans le numéro des Annales qui vient de paraître, j'ai lu avec 
plaisir une lettre que M. le P^ Gradenigo vous a adressée et où 
il signale son k Mémoire sur le traitement rationnel de Votite 
moyenne aiguë, » publié, avec la collaboration de M. le D' Pes, 
le 6 juillet 1894 dans le « Giornale delta Reale accademia di Me- 
dicina di Torino, » à propos de ma communication faite à la 
« Société française de laryngologie, otologie et rhinologie » le 
3 mai dernier. Mon travail que vous publiez dans le numéro de 
juin des Annales, est antérieur de plusieurs mois à cette com- 
munication, comme vous le savez. Ceci posé, je commence par 
déclarer bien baut que je n'ai soulevé aucune question de 
priorité ni dans mon travail ni dans ma communication. Je puis 
affirmer aussi que le mémoire de M. le P^* Gradenigo m'était to- 
talement inconnu, non seulement à l'époque où j'ai commencé 
mes recherches à ma clinique, mais même jusqu'au 8 juin der- 
nier, jour où j'ai reçu un exemplaire de ce mémoire que l'auteur 
m'avait aimablement envoyé. 

Bien que le principe du traitement et son mode d'application 
soient de part et d'autre identiques, je dois signaler une petite 
erreur qui s'est glissée dans la lettre de M. le P' Gradenigo. Le 
mémoire du savant maître de Turin a trait exclusivement au 
traitement de Votite moyenne aiguë ; ma communication et mon 
travail n'ont pour objet principal que le traitement des otites 
moyennes purulentes chroniques. 

C'est même cette chronicité, parfois désespérante, qui a été 
la cause des recherches que j'ai entreprises. Ce que j'ai publié 
n'est donc pas une copie mais bien plutôt le complément de la 
publication de M. le P"" Gradenigo, et si j'avais eu l'heureuse 
chance de connaître ses expériences, je me serais empressé de 
les signaler, comme je l'ai fait, du reste, pour celles de mes 
excellents collègues les D»^" Lermoyez et Helme. 



» 



f 



CORRESPONDANCE 209 

Enfin, je n ai pas eu la prétenlioa de présenter une méthode 
absolument neuve, et les travaux de Leschevin, Schwartz, VValb 
et Lœwe m'étaient connus ; mais on ne saurait cependant les 
comparer à ce qu'a écrit M. le P' Gradenigo et à ce que j'ai écrit 
moi-même. 11 ne suffit pas d'employer un procédé plus ou 
moins empirique pour créer une méthode, il faut que ce pro- 
cédé dérive de principes bien établis, indéniables, tels que ceux 
qui nous sont fournis par Fantisepsie et Tasepsie en chirurgie 
générale. 

11 y a quelques, années on rappelait encore les accidents di\s 
au manque de propreté élémentaire d'un ancien otologiste ; 
ceux qui voudront bien lire le long et savant mémoire de M. le 
P*" Gradenigo, Tétude approfondie d^ MM. Lermoyez et Helme, 
sans parler de mou modeste travail, pourront se convaincre que 
les temps sont changés. 

Le conduit auditif est désormais un tube que Ton doit traiter 
avec le même respect et les mêmes précautions dont use le 
bactériologiste envers son tube à culture. 11 en est de même 
pour la trompe d'Eustache. 

En terminant, je liens à remercier M. le P' Gradenigo de 
m'avoir fourni l'occasion de lui témoigner tout l'intérêt que 
m'inspirent ses nombreux et remarquables travaux si connus et 
si généralement appréciés. Ost aussi pour moi une heureuse 
coïncidence d'être arrivé à des conclusions absolument sem- 
blables aux siennes, que je ne connaissais pas, sur un sujet des 
plus importants de la pratique otologiquc. 

Telle est, mon cher Directeur, la réponse que j'ai cru de mon 
devoir de vous communiquer en vous priant do vouloir bien 
l'insérer dans le prochain numéro des Annales. 

Veuillez agréer, avec tous mes sincères remercîraents, l'ex- 
pression de mes meilleurs sentiments bien dévoués. 

O"" Hahon du Fougeray. 



ANNALKS DBS MALADIES DE l'oRBILLB BT DU LARYNX. — ZXI. 14 



•3r y 



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210 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



AMÉRIQUE 



LaryDx eC Trachée 



, V 



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ear hospitaî reports, janvier 1894J. 






I 



« 



814 NOUVELLES 



NOUVELLES 



Un des otolo^istes les plus éminents de rAllemagne, le Pro- 
fesseur Moos, vient de mourir le 16 juillet, à Heideloerg, à l'âge 
de 64 ans. 

Moos s'était tout particulièrement consacré à Télude de Tana- 
tomie pathologique de Toreille. Ses recherches sur les lésions 
scarlatineuses et dipbtéritiques de Toreille interne, ses Iravaux 
sur la circulation du tympan sont connus de tous. 11 dirigeait 
avec le D"" Knapp, de New -York, le Zeitschrift fur Ohrenheil- 
kunde. 



La IV« session du Congrès international d'hydrologie, de climato- 
logie et de géologie, se tiendra à Clermont-Ferrand, a la fia de sep- 
tembre 1896. Les communications doivent être adressées au D^ E. Fre- 
det, à Rogat (Puy-de-Dôme). 



Le D' Erskine a été nommé lecteur d'otologie à TBcole de Médecine 
de Glasgow. 



Les résolutions suivantes ont été prises à la 6* réunion des Oto-let" 
ryngologisles belges tenue à Bruxelles le 18 juin 1895. 

lo II est créé une Société belge d'oto-laryngologie ; 

2o Elle se réunira en une assemblée solennelle annuelle où des 

Questions déterminées seront mises à Tordre du jour avec nomination 
e rapporteurs chargés de les présenter. Quelques réunions secon- 
daires auront lieu pendant l'année pour'avoir l'occasion de se montrer 
des malades et d'étudier leurs cas ; 

3° Toutes les réunions auront lieu à Bruxelles dans un local de 
rUniversité ; 

4» On élira un président, non rééligible l'année suivante, un secré- 
taire et un trésorier ; 

5<> Une commission composée des anciens présidenU est chargée de 
faire un protêt de statuts. 

6<* Ont été nommés pour cette année : Pr^^ûfetit; Délim ; Sftfor^- 
taire : Buys ; Trésorier : Cheval. 



Dans sa dernière séance, la Société de Laryngologie de Berlin a 
décidé d'adopter la Nomenclature anatomique dressée par le Congrès 
d'anatomie de Bàle. 



r 



NOUVELLES 215 

Le 24* Congrès de V Association Française pour Varancement des 
Sciences s'est tenu à Bordeaux du 3 au 10 août. 



Le D' Ghiacini, de Rome, sa proposant de publier un travail aussi 
complet que possible sur les abcès du cerveau et du cerreiet provo- 
qués par des otites moyennes purulentes, prient ceux de ses con- 
frères qui auraient fait paraître des études sur ce sujet ou qui possé- 
deraient des observations inédites de bien vouloir les lui communi- 
3ner. Le D' Chiucini serait particulièrement désireux de connaître les 
ludAM expérimentales entreprises sur ce sujet, et il adresse ses re- 
merclments anticip^^s aux confrères qui voudront bien lui répondre à 
l'adresse ci-après : D' G. Chiucini, 23, via Genova à Rome. 



Le !>' 0. Frankenberger vient d'être nommé docent de laryngo- 
rhinologie à l'Université Tchèque de Prague. 



La Faculté de Médecine de Cagliari (Sardaigne) a décidé de de- 
mander au Ministre l'Institution d'une chaire à*Olo rhino laryngo- 
logie afin de faciliter aux étudiants du pays l'étude de ces spécia- 
lités. 



Le Prof. Grazzi nous prie d'annoncer que tons les chemins de fer 
Italiens feront aux Congressistes se rendant â Florence des réductions 
de prix proportionnées à la distance, à partir de la frontière Ita- 
lienne. 



Vin de Chassaing (^Pepsine et diatase). Rapport favorable de l'Acadé- 
mie de médecine, mars 1864. Contre les affections des voies digestives. 

Bromurb db potassium oranulk db Fallièrbs. Approbation de l'Aca- 
démie de médecine, 1871. Contre les affections du système nerveux. Le 
flacon de 75 grammes est accompagné d'une cuillère mesurant 50 cen- 
tigrammes. 

Phosphatine Fallières. Aliment très agréable, permettant, chez les 
jeunes entants sartout, l'administration facile du phosphate bicalcique 
assimilable. Une cuillerée contient ^ centigrammes de phosphate. 

PouDRB LAXATiYB DB viGBY. (Poudrc de séné composée). Une cuillerée 
à café délayée dans un peu d'eau, le soir en se couchant, excellent re- 
mède contre la constipation. 

L'Eau db la Bourboulb est éminemment reconstituante. Elle réussit 
dans tous les cas de bronchite chronique. En outre, les maladies de la 
peau cèdent à son usage en boisson, surtout si l'on y joint les com- 
presses ou les lotions continuées avec persévérance. 

Grains db Cèber. Poudrb Manuel. Granules fbrro-sulfurbusbs 
Thomas. 



216 OUVRAGES ENVOYÉS AUX ANNALES 

L'ba.u db Gublbr» CHA.TfiL-GuYos, toniquj et laxative, .relève les 
fonctions de l'estomac el de Tinlestin. 

SoKOTioM ET COMPRIMÉS Blancard. (Exalginc). Contre la douleur et 
principalement la dysphagie tuberculeuse. 

(Voir la brochure du D' Désiré). 



OUVRAGES ENVOYÉS AUX ANNALES 



De Tactinomycose humaine à Lyon, par A. Poncbt (Extrait de la 
Gas. hebd, de méd. et chtr.y avril 18^}. 

Bulletin de la Société de médecine de Rouen (2' série, Vol. Vlil, 
Rouen, 1895). 

Sclérose linguale superficielle et leucokératose ; lenr traitement 
par les pulvérisations d'eau minérale, par P. Bénard (Extrait des 
Annales de la Soc. d'hydrologie, 1895). 

Compte rendu statistique de la Section Otoiatrique de la Polycli^ 
nique générale de Turin pendant 6 ans, du \^'^ juin 1889 au 31 mai 
1893, par G. Gradenigo /Extrait de VArchivio ital. di olol, rin. e lar.^ 
fasc. 3, juillet 1895). 

Traitement des épaississements de la cloison des fosses nasales. 
Scies et trépans électriques, par P. Lacroix (Broch. de 62 pages, 
H. Jouve, éditeur, Paris, 1895). 

Contributions à l'étude de la laryngite chroni(^ue pachvdermique 
par J. Habermann (Tirage à part du Zeits. f. Hetlk. Bd. aVI. 1895). 

Congrès International de Bains de Mer et d'Hydrothérapie marine. 
Première session, Boulogne-sur- Mer, 1894. Comptes rendus et mémoires 
(Un vol. de 396 pages, G. Masson, éditeur, Pans, 18y5). 

Comptes rendus de la Société Berlinoise de laryngologie (Vol. I, II 
m et IV, années 1889-90, 1890 91, 1891-1892, 1893, Berlin, 1894). 

Rapport adressé à M. l'Inspecteur d'Académie, directeur de l'Ensei- 
gnement primaire du département de la Seine, sur la fréquence des 
tumeurs adénoïdes dans les écoles de la ville de Paris, par J. Bara- 
TOUX (Broch. de 31 pages, Impr. A. Davy, Paris, 1895). 

Policliniaue de Toulouse. Maladies du nez, de la gorge, du larynx 
et des oreilles. Revue statistique pour l'année 1894, par L. Lacoarrbt 
(Suppl. au no de mai 1895 des Annales de la policlin. de Toulouse). 

Diagnostic des maladies des sinus accessoires et leur traitement, 
par R. C. Mylks CExtrait de The New-York, policlinic^ février et 
mars 1895). 

Le Gérant : G. Masson. 

SAINT-AMAND (cher). — IMP. DBSTKNAY BUSSiftRB FRÈRES 






Tome X3U, — ^ If- 9. — Septembre 1805. 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



EXTRACTION D'UN VOLUMINEUX SÉQUESTRE 

DES FOSSES NASALES 
( OPÉRATION DE ROUGE ) 

Pur le Df Aimé «VINAIID. chirurgien dtis h.'>pitaux. 

Je viens de pratiquer Top'^ralion de Rouge pour aborder les 
fosses nasales et les sinus nuixillaires. J*ai été frappé des avan- 
tages que présente ce mode d'inlervenlion qui n*a pas, selon 
moi, dans la rhiuologie en France, la place importante qu'il 
mérite. Aussi je crois utile de rapporter dans tous ses détails 
l'observation suivante. 



M. X... âgé de 34 ans, est originaire du Haut Rhin. Il a tou- 
jours eu une excellente santé ainsi que ses frères et ses parents. 
En 1890, il a été pris d'accès fébriles revenant chaque soir, et 
il a consulté un médecin militaire qui a diagnostiqué la syphi- 
lis et a prescrit un traitement au mercure et à l'iodure de po- 
tassium, suivi strictement jusqu'à la fin de 1892. Les cheveux qui, 
au début tombaient abondamment, repoussent à ce moment-là. 
Le malade fait alors un voyage en Algérie, où des accidents du 
côté des fosses nasales commencèrent à apparaître : il se plai- 
gnait surtout de douleurs névralgiques très vives dans la face. 
Son médecin de Constantine Teuvoie à Alger où un chirurgien 
croit inutile toute opération et prescrit un traitement mixte 
au mercure et à l'iodure de potassium. Les douleurs continuent 
si intenses qu'au commei^cemeut de 1893, le malade " perd sa 
lucidité d'e$prit «. Il quitte r.\lgérie en juin 1893 et consulte 

AMNALM DIS MALADISS DK L'ORBILLB ST HU LARYNX. — XXI. 15 



218 AIMÉ GDINARD 

différents médecins en Suisse, en Alsace et enfin à Paris. Le 
professeur Foumier, après avoir prescrit un traitement spéci- 
fique à hautes doses, m'envoie le malade en novembre 1894 et je 
constate Tétat suivant. 

M. S... parait de vigoureuse constitution : il ne se plaint 
actuellement que de trois symptômes qui, il est vrai, présentent 
une intensité extraordinaire. C'est d'abord un écoulement par 
le nez de liquide infect et sanieux avec des masses caséiformes. 
11 salit dix à douze mouchoirs dans la journée. En second 
lieu, il répand autour de lui une odeur repoussante qui l'em- 
pêche absolument d'exercer sa profession : toute relation lui est 
impossible : il vit absolument seul et son moral est dans l'état 
le plus déplorable. Enfin, il a une petite perforation de la voûte 
palatine qui le gène surtout pour avaler les liquides A Texa- 
men on voit tout d'abord une asymétrie notable de la face. La 
région du sinus maxillaire droit est saillante et douloureuse à 
la pression. Le nez a conservé sa forme. Lorsqu'on introduit un 
stylet dans les fosses nasales, on tombe dans un magma caséeux 
qui cache un séqu»"stre volumineux enclavé sur la ligne mé 
diane au niveau du plancher des fosses nasales, à l'insertion 
de la cloison. Ce séquestre se perçoit aussi bien par la narine 
droite que par la gauche. Ajoutons que par l'étroite perforation, 
de la voûte palatine qui s'ouvre dans la bouche, on arrive 
aussi sur le séquestre en question. 

Dans ces conditions, il me semble évident qu'une opération 
s'impose et je conseille l'opération de Rouge qui est acceptée 
par le malade ; surtout, je dois le dire, quand il s'est bien 
rendu compte qu'elle ne laisserait aucune cicatrice visible sur 
le visage. Le 7 novembre je procède donc à l'opération de Rouge. 
Le malade étant profondément chloroformé, je le place dans 
la position de Rose, la tête en hyperextension, renversée sur 
les genoux d'un aide. Je fais une large incision le long du sillon 
vestibulaire supérieur de la bouche, ce qui me permet de 
décoller aisément la lèvre supérieure des parties sous jacentes 
et, d'un coup de ciseau, je détache le cartilage de l'épine nasale. 
Je pénètre alors aisément avec le doigt dans les fosses nasale.^ 
et je constate la présence d'un volumineux séquestre constitué 
eii partie aux dépens de la cloison et surtout de. l'apophyse 
palatine du maxillaire supérieur. Ce séquestre est très nettement 
mobile ; il est entouré d'une quantité extraordinaire de masses 
pultacées, grisâtres, infectes, que j'enlève avec une grosse 
curette. Je saisis ensuite lé séquestre avec un davier et je 



EXTRACTION D*(JN SÉQUESTRE DBS F0SSB8 NASALES 219 

Textrais sans la moindre difficulté. J'etlbndre alors la paroi ex- 
terne de la fosse nasale droite et je pénètre avec le doigt dans 
le sinus maxillaire droit qui est bourré de masses infectes 
semblables à celles qui remplissaient les fosses nasales. Je 
nettoie complètement le sinus avec la curette. Explorant ensuite 
la fosse nasale gauche, je m'assure que le sinus maxillaire de 
ce côté n'est pas envahi et que la voie est complètement libre 
jusque dans l'arrière -cavité et le pharynx Je bourre toute cette 
cavité avec de la gaze iodoformée et j'ai soin de faire ressortir 
l'extrémité des mèches par l'orince des narines. Toute hémor- 
rbagie est ainsi tarie, et je me borne à rabattre l»'s parlies molles 
du nez et la lèvre supérieure au-devant de l'orilice osseux des 
foîses nasales. Pour bien maintenir ces parlies molles en place, 
je place un point de suture dans le vestibule buccal au niveau 
du frein de la lèvre supérieure qui est un point de repère 
précieux pour préciser avec sûreté et exactitude la ligne mé- 
diane. Deux points de suture latéraux au catgut consolident la 
première suture. Le séquestre extrait a le volume et la forme 
d'une pièce de 2 francs. Il est irrégulier sur les bords, jaune, 
dentelé, incrusté de masses pullacées infectes. Les suites de 
l'opération ont été des plus simples. Le malade n'a pas eu un 
seul jour une température au-dessus de 37o. Quarante-huit heu- 
res après l'opération, j'enlève la gaze iodoformée qui tamponne 
les fosses nasales : je pratique un lavage copieux de la région et 
je tamponne de nouveau avec de la gaze, mais cette fois très 
peu serrée. Huit jours après, le malade reprenait sa vie habi- 
tuelle et se bornait à faire trois fois par jour des lavages soignés 
des fosses nasales. 



Il 



Voilà près de six mois que celle opération de Rouge a été 
pratiquée. J'ai eu roccasion de revoir souvent l'opéré : il est 
complètement guéri. Pendant six semaines il y a eu un écou- 
lement séro-sangui noient assez abondant. J'ai dû à quatre re- 
prises badigeonner les parois des fosses nasales avec de la tein- 
ture d'iode pure; mais actuellement tout écoulement a disparu 
et le malade ne se plaint d'aucune sorte de malaise. Il est sur- 
tout reconnaissant, il faut y insister, de n'avoir pas de cica- 



220 AIMÉ GDINARD 

trice visible sur le visage. Je l'ai encore vu récemment : il est 
sur le point de se marier. Pour le guérir, on pouvait abor- 
der le séquestre par la rhinolomie médiane, ou par la voie 
palatine. Il était impossible de songer à l'extraire par les voies 
naturelles. La voie palatine aurait conduit à des délabrements 
considérables, car, ainsi que je Tai dit, le séquestre était libre 
dans les fosses nasales, et n'aurait pu être amené facilement 
dans la bouche. Restait donc la rhinolomie médiane. J'ai pra- 
tiqué deux fois celte opération et je reconnais qu'elle donne 
un jour très suffisant pour explorer les fosses nasales et pé- 
nétrer facilement dans les sinus maxillaires. Je reconnais 
aussi que la cicatrice ultérieure est beauccmp moins visible 
qu'on ne pourrait le penser à priori. C'est une cicatrice linéaire 
qui suit très exactement la ligne saillante du nez et qui, au 
bout de quelques mois, est à peine perceptible à une observa* 
tîon inatlentive. Il n'en est pas moins vrai que c'est une ci- 
catrice et que. par là-môme, on ne peut affirmer à l'avance 
qu'elle ne sera pas pigmentée ou chéloïdienno. On sait com- 
bien Taspect des cicatrices est variable suivant les sujets. Cer- 
tains malades font des cicatrices exubérantes qui rougissent 
ou bleuissent au froid ; bref, il est bien évident qu'à mérite 
égal on devra préférer une opération qui n'est pas suivie 
de cicatrice cutanée. Pourquoi donc hésiter et ne pas recourir 
dans tous les cas à l'opération de Rouge? Pour ma part, je ne 
vois qu'un inconvénient à cette opération. C'est l'extrême 
abondance de Thémorrhagic à laquelle elle donne lieu. Cette 
hémorrhagie est en effet considérable et gène l'opérateur. Mais 
il faut savoir que cette hémorrhagie s'arrête spontanément et il 
suffit de tamponner patiemment dès que les incisions des 
parties molles sont complètes, c'est-à-dire suffisantes pour 
mettre à découvert l'orifice osseux des fosses nasales. On aura 
donc soin de faire rapidement les incisions nécessaires sans 
s'occuper de rhémorrhagie,et lorsqu'on en a fini avec le bistouri 
et les ciseaux, on tamponne pendant le temps nécessaire. Di- 
sons aussi que la position de Rose rend les plus grands servi- 
ces. Grâce à la position de la tête en hyperex tension au bord 
d'une table de façon à ce qu'elle repose sur les genoux d'un 
aide, on n'a pas à redouter la suffocation que produirait l'in- 



BXTBACTION D*UN SÉQUESTRE DBS FOSSBS NASALES 2il 

troductioD du sang dans le larynx et la trachée. Quant à la 
lumière que donne cette incision veslibulaire, elle est très 
suffisante. Je peux dire qu'elle est lout aussi grande que celle 
qu'on peut avoir par la rhinotomie médiane. Je crois donc 
que l'opération de Rouge est indiquée dans tous les cas où on 
pratique couramment la rhinotomie médiane qu'elle remplace 
avantageusemen t. 



III 



En résumé, je dirai que l'opération dn Rouge mérite à tous 
égards de prendre une place prépondérante parmi les opéra- 
tions dans lesquelles on se propose d'aborder les fosses nasales. 
Elle a le grand avantage de no s'accompagner d'aucune cica- 
trice visible h l'extérieur, ce qui est bien à considérer surtout 
quand on opère chez des sujets jeunes. Elle donne lieu, il est 
vrai, à une hémorrhagie abondante, mais cet écoulement san- 
guin s'arrête toujours seul, et il suffit de placer l'opéré dans la 
position de Rose pour que la chloroformisalion ne soit pas en- 
travée. Elle donne un accès très large dans les fosses nasales 
et permet une exploration très facile des sinus maxillaires. 
Il m'a semblé qu'elle n'avait pas, parmi les rhinologistes 
français, la faveur qu'elle me semble mériter ; aussi ai-je cru 
utile d'entrer à son sujet dans les développements qui pré- 
cèdent. 



11 



CONSIDERATIONS SUR LKS STENOSES DU LARYNX 
NOUVELLE MÉTHODE DE DILATATION 

s 

Par le Û^ €. CORRADI, spécialiste à l'hôpital de Vérone. 

Nous connaissons bien les conditions morbides, qui, en gé- 
néral, peuvent, dans certains cas, déterminer unoslcnose plus 
ou moins grave du larynx. Nous citerons entre autres la diphthé- 
rie, le laryngo-typhus, la laryngite hypogloltique, la syphilis 
tertiaire ; et aussi Thyperlrophie des tissus mous tapissant 
I intérieur du larynx à la suite d'une phlogose, surtout chez 
los enfants après le croup, soit simple, soit diph Ibérique, lorsque 
la trachéotomie pratiquée trop haut a intéressé le cartilage 
cricoïde, etc. 

Il y a toutefois un fait sur lequel il nous semble que Ton n*a 
pas suffisamment attiré Falt^ntion et qui, même s'il ne suffit 
pas à provoquer à lui seul une sténose du larynx, [)eut cepen- 
dant la favoriser au plus haut degré s'il existe quelque ten- 
dance à sa production. Ce fait, qui a une signification très 
importante au point de vue de Tétiologie, consiste dans la si- 
tuation irrationnelle de la fenêtre, que Ton ouvre ordinaire- 
ment à la paroi supérieure des canules, inconvénient qui se 
produit surtout avec les canules de caoutchouc durci, dont 
Tusage est universel. 

Supposons un enfant convalescent du croup, trachéolomisé. 
On pense à ôter la canule ; mais si on la ferme avec le doigt on 
est désappointé de trouver que, bien qu'elle soit fenélrée et 
que plusieurs jours soient déjà écoulés, le petit malade ne res- 
pire pas. Cependant, si l'on ôtait la canule et que Ton mit 
le doigt sur la plaie trachéale l'enfant pourrait encore proba- 



CONSIDÉRATIONS SUR LBS STÉNOSES OU LARYNX 223 

blemeot respirer, mais on ne pense jamais à le faire surtout 
dans ces cas-là. 

Toujours est-il que, dans les canules qui se trou4^ent dans 
le commerce, la fenêtre est située beaucoup plus en arrière 
qu'elle ne devrait l'être, de sorte que, surtout pour les enfanls, 
elle ne peut correspondre à fouverture inférieure du larynx, 
ou elle n'y correspond qu'en partie et d*une manière plus ou 
moins insuffisanfe, c'est-à-dire seulement à l'angle anté- 
rieur. Si peu que la muqueuse du larynx soit tuméfiée par 
suite de la maladie, cette communication, si elle existe, se 
réduira à de minimes proportions ou même fera totalement 
défaut. 

En attendant on laisse la canule en place en comptant sur 
Taction du temps, mais Tétat du larynx, soustrait au passage 
de l'air auquel il est destiné, ne se modifie pas et, abstraction 
faite de quelque circonstance fortuite ou accessoire, telle que 
le plus grand déveiop|>ement que prendront les parties, le pe- 
tit malade conservera sa canule pendant toute sa vie. 

Pour empêcher dans ce cas une sténose du larynx, qui a 
tendance à se produire, il est fort important qu'après la cessa- 
tion des accidents, le passage de l'air, quoiqu'insuffisant, soit 
aussitôt rétabli, car sans cela, le jeu des muscles s'elTectue 
d'une manière viciée, ou même ne se produit pas. Il manque 
au£si celte action sur la résorption, qui, par les contractions 
des muscles, a une action si efficace sur les tissus muqueux, 
avec lesquels les muscles sont en rapport. 

En outre, il manquera celte action de massage, que l'air 
exerce de lui-même, d'une manière toute particulière, sur 
les parties tuméfiées et l'hypérémie ex vacao augmentera. 
Nous nous trouverons ainsi dans un cercle vicieux et les allé- 
rations anatomo-pathologiques ne tarderont pas, si cet état se 
prolonge, à devenir permanentes. 

A la suite de mensurations relevées sur quelques enfants 
trachéotomisés, âgés de quatre à sept ans, après avoir ôlé la 
canule, nous avons constaté, entre l'ouverture inférieure du la- 
rynx et la surface cutanée, une distance moyenne de huit à dix 
millimètres. Cet espace se réduit évidemment beaucoup lorsque 
la canule est appliquée, à cause de la compression que la 



224 



C. CORRADI 



plaque de la canule exerce sur la peau et sûr les parties 
molles qui se trouvent au-dessous. 

Or, dans les canules qui sont ordinairement en vente dans 
le commerce, la distance entre la surface postérieure de la 
plaque et rextrémité antérieure de la fenêtre n*est pas infé- 
rieure a 16 nu 17 millimètres. Comme l'ouverture inférieure 
du larynx chez les enfants présente un diamètre de 5 à 6 milli- 
mètres, on compi*endra qu'aucune partie, même postérieure, 
ne peut correspondre avec la fenêtre de la canule et que ce 
fait doit être facilement vérifié chez les adultes. La fenélre de 
la canule se trouvera donc en face non pas de Touverture in- 
férieure du larynx, mais de la paroi postérieure de la trachée, 
comme on peut aisément le constater aussi pour l'adulte, sur 
une trachée détachée du cadavre. 

Cependant, si la respiration se produit quand même, c'est 
que l'air pénètre dans le larynx, en pressant sur la paroi 
postéro-supérieure de la canule et déplace celle-ci légèrement 
en avant, en s'insinuant entre la susdite paroi et la paroi pos- 
térieure de la trachée, jusqu'à ce qu'il retrouve la fenêtre où il 
il outre enfin, si, toutefois, il ne |>oursuit pas sa roule entre 
les parois de la trachée et de la canule. A ce propos, nous 
avons quelquefois remarqué que la canule était entièrement 
obstruée, non à son ouverture extérieure, mais dans les 
parties les j)lus basses et que la respiration s'effectuait, 
quoique avec difficulté. Eu ce cas, la respiration ne pouvait se 
maintenir que pour celte portion d'air, qui réussiirsait à se 
frayer un passage entre la canule et les parois do la trachée, 
indépendamment de la fenêtre, qui ainsi ne servait à rien. 

Il va donc sans dire que lorsque les circonstances sont défa- 
vorables par le volume excessif de la canule, qui lui empêche de 
s'écarter des parois de la trachée, la respiration ne peut s'effec- 
tuer si la canule est obstruée et si la fenêtre est située comme 
nous venons de le dire. Ainsi, une parésie plus ou moins 
prononcée de plusieurs muscles du larynx ou une turgescence, 
même modérée, de la muqueuse qui les recouvre, pourront 
mettre obstacle à l'entrée dans le larynx d'une colonne d'air, 
suffisante pour produire le déplacement. (La fig. \ repré- 
sente une canule avec fenêtre semblable, modiûée suivant nos 



GCMSIDÉEATIONS SOa LBS STÉNOSAS DU LARYNX 225 

îndîcalîojis ('). Les figures jointes à ce travail, dessinées d'après 
nature, sont dues à l'obligeance de noire collègue, M. le D' Rie- 
carJo Avanzi). 

La sténose du larynx dans son cours ultérieur est favorisée 
aussi probablement par une canule d'un diamètre trop élevé, 
rarau moment de l'inspiration, lorsque Touverture extérieure 
de la canule est obstruée, la disproportion entre la capacité de 
la trachée et la quantité d air qui pout y entrer d'un cùié et 
celle qui est forcée de rester dehors de l'autre, devient toujours 
plus grande. Il est évident que cette dernière portion d'air 
exercera une pression du haut en bas, et du dehors au dedans 
sur le larynx, en rendant ainsi plus sensible le rétrécissement. 




F.^. I. 



La courbe, c'est-à-dire l'angle formé par la partie supérieure 
sur la partie inférieure de la canule^ pourra, si elle est trop 
accentuée, influer défavorablement sur la réintégration du 
passage de Tair par les voies naturelles, car en ce cas la tra« 
chée est poussée trop en arrière, de sorte que sa direction, 
normalement rectiligne sur le larynx, en est fortement altérée 
et, par conséquent, le passage de Tair du larynx dans la tra- 
chée devient plus ou moins difficile. 

Quant aux différentes méthodes et aux procédés de traite- 
ment des rétrécissements du larynx, ainsi que nous l'avons 
dit dans une note préliminaire a ce sujet (*), lorsque la tra- 

(') Choz Chiarotto, Carattoni et C. Vérone. 

{«) Garretta venêla di soienze mediohe. Tomo XXII. Venêiia, 
Mtno, 1895. 



\ 



216 0. OORRADÏ 

chéolomie a été faite longtemps auparavant, surtout dans les 
rétrécissements cicatriciels, conséculifs à des ulcérations, des 
névroses, etc., ou à ]a suile d'angine diphthérique, nous 
avons recours à un moyen qui, quoique connu depuis fort 
longtemps pour le traitement d<^s sténoses en général, est, à 
notre connaissance, tout-à-fait nouveau pour le larynx. Nous 
voulons parler de la laminaire en cylindres appliqués en 
permanence pendant un certain temps. 

Maintes considérations conseillent d'écarter, dans certains 
cas, la méthode de SchKHler, dont on fait aujourd'hui un 
usage presque exclusif. Sans rien ôler au grand mérite et à la 
génialité de son inventeur et sans vouloir affirmer que cette 
méthode n*a pas répondu à lattenle, autant qu'on le 
croyait (*), il est incontestable que non-seulement elle est a^sez 
compliquée, mais qu'on ne peut l'employer sans une certaine 
tolérance et le consentement du malade, ce qui n'est pas tou- 
jours facile à obtenir, surtout lorsqu*il s'agit de petits enfants. 
Mémo par d'autres méthodes moins répandues telles que le 
dilatateur à vis de Schrôtler, les ennuies munies de dilatateur 
bivalve, olc, les résultats ne paraissent pas lout-à-fait satis- 
faisants. 

Si le procédé que nous a fait connaître tout récemment 
M. Schmîegelow (*) nous offre vraiment le moyen de faire 
face à une indication fort importante, car l'appareil, une fois 
en place, fonctionne comme une vraie férule du larynx, nous 
sommes toutefois d'avis qu'il présente le désavantage, commun 
à la canule de Dupuîs, de permettre à la plaie trachéale de se 
fermer presque complètement pendant le traitement. Aussi 
nous trouverions-nous fort embarrassés s'il fallait, ainsi qu'il 
arrive souvent avec ce genre de malades, appliquer d'urgence 
iinc canule trachéale ordinaire. 

Les cylindres de laminaire agissent dans tous les sens, avec 
une pression augmentant d'une manière uniforme sur la sur- 
face avec laquelle ils se trouvent en contact. Sans exclure 
toute réaction, celte dernière, en tous cas, sera toujours 



('; SciiMiBOEtow. — lUvuede laryng,, d'otoL et de^^hinoî. N® 20, 1894. 
(') Loc. cii. 



CONSIDÉRATIONS SUR LES STÉNOSES OU LARYNX 227 

moindre que celle qui peut éire provoquée par des instrumenls 
métalliques et rigides, tels que les cylindres et les tubes d'ébo- 
nite de SchrôUer, les dilataleurs appliqués aux canules, l'appa- 
reil de Schmiegelow, que nous venons de ciler, etc., soit par 
la manière brutale, (non graduée), avec laquelle quelques-uns 
d*eux doivent agir, soit par leur rigidilé. Aussi mesemble-t-il 
que ces iustruraenis rigides doivent provoquer des abrasions, 
des ulcérations ou des décubitus superficiels, qui exercent 
une mauvaise influence sur la maladie. Il est certain que tout 
contact d*un corps étranger avec des tissus vivants causera 
une réaction, qui sera nécessairement accompagnée de prolifé- 
ration du tissu conjonctif, c'est-à-dire, dans notre cas, d*unc 
augmentation de la sténose. Il est donc de la plus grande im- 
portance que ce contact soit le moins irritant possible. Surtout 
par la méthode de SchrôUer, soit avec les cylindres en élain, 
soit avec les canules en ébonile, on est fréquemment dans 
rimpos&ibiliié d'éviter pendant l'application des chocs et des 
contusions des arylénoîdes et des cordes vocales supérieures, 
particulièrement lorsqu'on arrive à des diamèires un peu con- 
sidérables ou que l'on a afîaire à une épiglolle longue cl pon- 
dante, qui rend plus difûcile l'entrée dans le larynx. 

Un fait que l'on observe souvent dans les sténoses du larynx, 
c'est la concomitance au point rétréci, ou dans ses environs, 
d'une production plus ou moins abondante de tissu conjonc- 
tif, représentée soit par une hypertrophie des cordes vocales, 
ou des parties situées au-dessous (laryngite hypoglot tique), 
sjit par des masses de granulation plus ou moins considérables 
et à un stade plus ou moins avancé d'organisation. 11 nous 
parait évident que, contre cet état de choses, on ne pourra in- 
tervenir efficacement que de deux manières, c'est-à-dire eh 
extirpant le tissu de nouvelle formation ou en provoquant sa 
disparition. Si nous prenons le dernier parti, nous ne pourrons 
pas espérer recueillir d'heureux résultats des procédés de di- 
latation ayant une action momentanée ou plus ou moins ra- 
pide, comme le passage des bougies répété tous les jours, 
méthode qui est d'une si grande utilité lorsqu'il s'agit exclusi- 
vement ou presque exclusivement de rendre de l'élasticité aux 
tissus. 



228 C. CORRADl 

Dans le traitement des sténoses du larynx, il est nécessaire 
que l'action dilatatrice, sans être trop irritante, se produis 
chaqua fois pendant un temps plus ou moins long, et même, 
si faire se p3ut, d'une manière active. Ainsi les masses de nou- 
velle formation, qui, dans les sténoses de cet organe, sont 
généralement en majorité sous une pression suffisamment 
prolongée et l'ischémie qui s'en suit, s'atrophient, se né- 
crosent, et finissent par se résorber et disparaître. Voilà pour- 
quoi Faction dilatatrice ne devant pas être trop irritante, sur- 
tout pour l'application^ les cylindres de laminaire paraissent 
préférables aux métalliques et aux autres instruments rigides, 
d'autant plus que, môme dans les périodes avancées du traite- 
ment, on introduit toujours des cylindres de laminaire relati- 
vement minces et qui so dilatent d'eux-mêmes une fois on 
place. 

Par conséquent nous sommes d^avis que dans les vraies 
sténoses, excepté lorsqu'il s*agit de vaincre quelque coarctation, 
de rompre quelque bride, quelque adhérence, il faut se servir 
avec prudence des instruments rigides et surtout des cylindres 
de Schrôtter qui souvent ne remplissent pas leur but. 

Il faut ajouter en ce qui concerne les bougies de Scbrotter 
que le mandrin qui les traverse et qui doit être fixé en bas 
par la pince, empêche non- seulement le contact avec la paroi 
supérieure de la canule, mais encore qu'ils descendent au-delà 
.d'un certain point. Donc, il pourra se faire que si la région 
rétrécie est un peu basse on n'exercera sur elle aucune action 
dilatatrice, mais qu'on la poussera seulement plus ou moins 
vers le bas en cul de sac. 

Quant aux dilatateurs bivalves, qui s'appliquent, de bas en 
haut, après avoir placé la canule, nous ferons remarquer ce 
qui suit : 

a) Leur introduction est souvent difficile et douloureuse, 
parfois impossible. En effet, elle doit se faire à Taveugle, le 
long d'une ligne préétablie, sans prendre garde aux change- 
ments éventuels de direction, causés par la maladie oti le 
degré de la sténose. 

h) Bien souvent après l'introduction du dilatateur, le ma- 
lade est dans Timpossibilitédeboirc^ car les liquides s*écoulent 



CONSIDÉRATIONS SUR LB8 STÉNOSES DU LARYNX 2i9 

de travers. Ceci prouve que la clôlurc hermétique du 
laryax est due, au moins en grande partie» au rapprochemeot 
deç cordes vocales, qui ne paut avoir lieu lorsque le dilatateur 
est en place. 

c) Les deux valves, comme ii est facile de le constater au 
laryngoscope, sont ordinairement trop courtes, de sorte qu'on 
ne dilate que la portion la plus basse du conduit sténose et 
le traitement demeure quelquefois ineflicace. 11 est inutile de 
penser à allonger les valves ; en effet, si leur longueur dépasse 
une certaine limite ou ne peut plus les placer, c.ir ces dimen- 
sions excessives empêchent le mouvement de rotation d'avant 
en arrière et de bas en haut, qu'elles doivent accomplir pour 
arriver au larynx par l'ouverture de la canule trachéale. 

d) La pression de ces valves' rigides contre riulérieur du 
larynx nous parait justi lier la crainte que leur usage ne pro- 
duise des abrasions ou même des plaies à décubitus, se termi- 
nant par des sténoses encore plus graves que celles qu'on a 
soignées. 

e) L'action des valves s'exerce à des endroits déterminés, 
dans de certaines limites, et non sur la totalité du larynx, de 
sorte qu'il peut se faire que les endroits sou mis à la plus grande 
pression ne soient pas ceux qui en aient le plus besoin. 

Nos cylindres de laminaire gradués par séries de dix, sui- 
vant leur grosseur ('), longs de deux à trois centimètres, ne 
s'introduisent pas de haut en bas, comme les cylindres mé- 
talliques de Schrotler, mais de bas en haut. Leur application 
n'exige aucun appar<>il spécial, pas même le laryngoscope, de 
sorte qu'au besoin, tout praticien, en quelque lieu qu'il se 
trouve, peut s'en servir. 

Voici comment nous procédons pour Inapplication : en 
passant par Touverture trachéale, nous introduisons par le 
dessous une bougie anglaise de petit calibre, que nous faisons 
sortir par la bouche {fig, 2). Au bout de la bougie nous 
lions un fil, puis nous la retirons en tenant une des deux extré- 
mités du fil en dehors de la bouche, tandis que l'autre sort par 
l'ouverture trachéale. Non»* fixons à celte exlrémilé infé- 

(*) Chez Chiarofto, Cartttoni ^'t C. Vérone. 



CONSIDÉRATIONS SDR LES STÉNOSES DU LARYNX 231 

rieure, lin autre fil très solide auquel le cylindre de laminaire 
est altaché par son extrémité supérieure. Par rextrémité infé- 
rieure du cylindre passe un autre fil, qui doit être introduit 
dans un trou pratiqué au fond d'une dépression de la paroi 
supérieure de la canule construiteselon nos indications, {fig. 5). 

Cela fait, nous tirons en haut le cylindre, dans le larynx 
{fig^ 3), ce qui est très facile, nous plaçons la canule et nous 
tirons enBn le fil inférieur hors de Touverlure de celle-ci, en le 
fixant au cou par un morceau de cérat, après l'avoir tourné 
deux ou trois fois autour d'un petit boulon situé à la partie 
supérieure du pavillon de la canule. Ainsi nous sommes cer- 
tains d'immobiliser le cylindre de laminaire et d'empêcher qu'il 
ne se déplace en haut. 

Pour reconnaître si le fil inférieur est tiré convenablement, 
de façon à ce que Textrémilé inférieure du cylindre de laminaire 
se trouve en conlacl avec la paroi supérieure de la canule et, 
si c'est possible, engagée dans le creux qui y existe, nous nous 
aidons soit par un signe noir pratiqué préalablement sur le fil, 
soit par le laryngoscope, ou par le doigt, qui poussera aussi 
en bas le cylindre, si par hasard il était remonté un peu trop. 
Quand on veut ôler Tappareil on coupe le fil inférieur et on 
tire en haut le fil supérieur, qui lui aussi est fixé par un mor- 
ceau de cérat au cou ou à la joue. Il est évident qu'en raison 
du volume qu'atteint le cylindre en quelques heures son 
extraction ne peut s'effectuer que par le haut, quoique son 
introduction ait lieu par le dessous, de même qu'il n'est pas 
nécessaire que le fil inférieur, qui ne sert qu'à maintenir le 
cylindre, soit aussi solide que le supérieur. 

On pourrait aussi, dans l'application , attacher le cylindre de 
laminaire au bout du fil sortant par la bouche, puis tirer en bas' 
Tautre bout sortant par la plaie trachéale, reproduisant ainsi * 
exactement le procédé de Helloc pour introduire un tampon 
dans l'espace naso- pharyngien. Nous avons trouvé plus oppor- 
tun de nous en tenir au procédé que nous venons de décrire, 
car il nous permet de suivre et de mieux surveiller le cylindre 
de laminaire à son entrée dans le larynx. 

Pour le moment nous pouvons dire que les malades tolèrent 
fort bien la dilatation par celte méthode, qui doit être très 



1233 C. CORRADI 

efficace lorsque les ci rco us lances sont favorables, car le cylin- 
dre atteint en très peu de temps un triple ou quadruple volume, 
et les parties ne subissent aucune irritation. Quoique, peut- 
être, préférable au point de vue chirurgicalement esthétique, 
nous ne nous sommes pas arrêtés à Tidée de recourir à des ca- 
nules rigides revêtues de laminaire ou dVponge préparée pour 
être introduites de bas en haut après avoir appliqué la canule 
trachéale. A part que leur utililé aurait été négative, vu qu'il 
faut toujours retirer Tappareil dilatateur au bout de quelques 
heures, nous y avons renoncé pour éviter plusieurs inconvé- 
nients et surtout à cause de la difticuUé que Ton aurait ren- 
contrée pour se frayer un passage dans un larynx sténose 
et avoir toujours ù notre disposition des dilatateurs de di- 
mensions nécessaires, ce qui est facile avec les cylindres de 
laminaire. 

Dans les intervalles, entre les dilTérentes applications des 
cylindres de laminaire pour maintenir la dilatation, nous intro- 
duisons dans le larynx, par le même système, un tube de 
gomme molle, qui peut i*ester en place deux ou trois jours, et 
même davantage, c'est-à-dire jusqu*au moment de Tinlroduc- 
tion d'un nouveau cylindre de laminaire. Le tube de gomme 
permet aussi de tenir la canule fermée, ce qui est fort impor- 
tant pour habituer surtout les enfants à respirer de nouveau 
par les voies naturelles ; dans ce but, il faut cependant se 
servir de la canule en gomme vulcanisée. 

Il y a des canules métalliques (canules de Wegner), que 
l'on peut introduire de bas en haut par une fenêtre prati- 
quée dans la paroi supérieure de la canule trachéale, qui per- 
mettent aussi de tenir la trachée fermée. A ce sujet nous répé- 
terons ce que nous avons dit pour les dilatateurs bivalves, 
abstrat'tion faite en ce cas de la dinuult('* d'avoir chaque fois à 
noire disposition la canule de dimensions nécessaires. 

Dans la canule d'ébonite, la plaque à laquelle on attache les 
cordons, comme nous le voyons dans les canules ordinaires, 
surtout en gomme vulcanisée, est légèrement mobile sur 
le reste de l'appareil. Celte mobilité sert évidemment à rendre 
la trachée un peu indépendante dans les ditTéreuts mouvements 
de rotation et de flexion du cou. Au contraire, les canules 



CONSIDÉRATIONS SUE LES STÉN0SB8 DU LARYNX 333 

servant à l'applieaiioQ des cylindres de laminaire, qai 
d'ailleurs ne sont destinés à rester en place qae quelques 
heures, sont d'un seul morcpau, ce qui contribue à leur plus 
grande stabilité. 

Elles sont en métal. Toutefois, on peut les faire également 
en caoutchouc vulcanisé et, si on veut, on peut aussi les mu- 
nir de contre-canule, ce qui, toutefois, est inutile, car elles ne 
doivent rester en place, ainsi que nous venons de le dire, que 
quelques heures. 

Quant au traitement de la sténose, il va sans dire que, 
comme par d'autres méthodes, il sera utilement secondé 
par Pextirpation des masses de granulations végétantes 
situées autour de la sténose, extirpation qui, parfois, réussit 
mieux par la voie de la plaie trachéale que par celle de la bou- 
che. 

En résumé : 

La dilatation du larynx par les cylindres de laminaire est, au 
moins dans cerlains cas, préférable à celle par les cylindres 
métalliques et les instruments rigides en général. Avec notre 
procédé d'introduction des cylindres dilatateurs, nous pouvons 
atteindre une délicatesse d'application bien plus grande que 
par toute autre méthode délicate répondant parfaitement à 
l'organe que nous devons soigner. Par le même procédé 
on pourra encore, si les circonstances l'indiquent, introduire 
par dessous dans le larynx des cylindres métalliques soit pleins, 
soit creux. 

Avec les cylindres de laminaire appliqués suivant notre 
procédé, tout en évitant plus aisément les contusions et 
d'autres traumalismes et les difficultés que pourrait opposer 
une épiglotte trop longue ou trop pendante, nous arrivons en 
peu de temps à un degré de dilatation qui dépasse de beaucoup 
ce que nous pourrions obtenir par n'importe quel autre 
moyen. 

La dilatation produite par les cylindres de laminaire est telle 
que si, par eux, on n'obtient pas la guérison, il est certain que 
la sténose ne dépend pas d'une simple rélraction Gbreuse ou de 
la production d'un tissu conjonclif plus ou moins organi^^é, 

AXNALB8 DBS 1ULADIB9 DB L'ORBILLB ET DU LARYNX. — XXT. 16 



234 C. CORRADI 

mais d'une véritable insuffisance des parties cartilagineuses 
et que, par conséquent, toute autre méthode demeurerait 
inefilcace, bien qu'en cas d'insuccès nous devions recourir à 
tous les moyens dont nous disposons. A ce sujet le dilatateur 
à trois branches de Schrôtter, qui s'introduit par en bas à 
travers la plaie, nous semble particulièrement digne d'être 
recommandé. 

Avant de Gnir nous ferons remarquer que les cylindres de 
laminaire appliqués suivant notre procédé, pourront être 
utilisés aussi dans les sténoses consécutives aux adhérences du 
voile du palais à la paroi postérieure du pharynx. Entre autres 
avantages ils seront exempts de l'inconvénient que présentent 
les tubes de caoutchouc, dont on fait un si grand usage dans 
cette anomalie et qui n'agissent que dans le sens antéro- 
postérieur. 



m 

UN CAS D'ANGINE DE LUDWIG 

Par ■. MPAIJLT, Interne à l'hôpital Lariboisière. 

M. Ed. 54 aus, d'un tempérament très robuste, entre le 27 no- 
vembre i894 dans le service du Docteur Gouguenheim. 

Depuis deux semaines déjà, il accusait de violents maux de 
dents ; la première molaire inférieure gauche atteinte de carie 
au quatrième degré nous a paru en avoir été l'origine. 

Le malade raconte que le 25 novembre au soir, il a été pris, à 
la suite de refroidissement, d*un frisson violent, bientôt suivi 
d'une douleur marquée dans la région maxillaire inférieure 
gauche, dès le lendemain : trismus et dysphagie. 

A Texamen, on constate une tuméfaction dure, très sensible au 
palper, occupant la région sous-maxillaire ; la peau a sa colora- 
tion normale ; par la bouche, en dedans du maxillaire, bourrelet 
saillant, œdémateux, dépassant la médiane vers le côté droit ; le 
sillon gingivo-labial est normal, la pression sur Tos est indolore, 
la langue présente une tuméfaction manifeste ; les mâchoires 
offrent une constrictiou marquée, la déglutition n'est possible 
que pour les liquides pris par petite quantité. 

Disons enfin que l'examen de la gorge, difficile à faire, est 
négatif; celui du larynx impossible. 

Température =z 39®, 4 ; pouls fréquent. 

Le lendemain, 28, la fièvre s'est modifiée. 

L'empâtement a gagné par en bas jusqu'au niveau du bord 
supérieur du thyroïde ; la peau a rougi, mais sans œdème, ni 
point ramolli ; le bourrelet sublingual est très développé, sa 
consistance nettement fluctuante ; la langue, énorme, porte 
l'empreinte profonde des dents et est immobile. 

L'état général s'est un peu aggravé. 

Comme nous avions eu l'occasion de guérir rapidement par 
une double incision intra-buccale un phlegmon sublingual au 
mois de février dernier, déjà dans le service de notre maître 



'"'Ç^-,V«f 



v-"< 



236 H. RIPADLT 

le Docteur Gouguenheim, et qae^ d'autre part^ la fluctuation 
rétro-maxillaire était manifeste, nous pratiquons Tincision 
buccale suivie de débridement avec la sonde cannelée, et évacuons 
deux à trois cuillerées d'un pus extrêmement fétide ; drain ; 
lavapjes répétés. 

Le même jour, à deux heures de l'après-midi, nous sommes 
appelé en toute hâte près du malade, pris d'une dyspnée 
paroxystique des plus violentes, ayant débuté une heure avant 
tout au plus. - 

En l'espace de cinq heures à peine, l'empâtement s^est étendu 
au point d'être symétrique ; en bas il masque complètement au 
doigt la saillie du cricoîde ; œdème des plus accentués jusqu'à 
la fourchette sternale ; trismus à peu près absolu. 

En présence d'une asphyxie imminente et à marche si rapide, 
la trachéotomie est aussitôt faite. 

Elle présenta cette particularité que la section de la trachée 
de consistance calcaire fut faite, non sans difficulté, à l'aide du 
bistouri boutonné. 

Sur la demande expresse du malade, Touverture du foyer fut 
remise au lendemain. 

Elle fut pratiquée sur la ligne médiane par incision antéro- 
postérieure allant un peu au-dessous de la symphyse menton- 
nière à l'os hyoïde, et débridement profond à la sonde cannelée ; 
il s'écoula en assez grande abondance un pus bien lié et très 
fétide ; la poche anfractueuse et assez étendue à gauche et à 
droite fut lavée à la solution chloralée. 

A la suite de cette intervention, la température descendit de 
2<» environ, tout en restant supérieure à 38° ; le trismus persista, 
et avec lui la dysphagie ; écoulement purulent assez abondant 
par le drain. 

Dans la nuit du 2 au 3 décembre, le malade fut pris d'une 
vomique, et rejeta un pus infect et sanguinolent ; alors seule- 
ment la température s'abaissa à la normale, la dysphagie 
s'apaisa ; au bout d'une semaine environ plus d'expectoration 
purulente ; le trismus ne diminua que d'une façon relative ; 
cependant, la suppuration se tarit peu à peu, et, le 20 décembre, 
le drain put être retiré ; la canule avait été retirée 4 jours après 
la trachéotomie. 

Le malade s'apprêtait à partir a Vincennes quand, le 25, .il 
nous accusa de la douleur sous -mentonnière, et nous consta- 
tâmes en même temps qu'il s'était reproduit de Tempâtement 
avec œdème et rougeur de la peau. 



UN CAS d'aNGINK DB LUDWIG 237 

En débridant la cicatrice, nous donnâmes issae à une petite 
quantité de pus ; une sonde cannelée pouvait être introduite 
assez profondément ; l'injection dans le foyer ressortait par la 
bouche, et, à Taide du laryngoscope» nous pûmes constater la 
sortie du liquide par un petit oriflce répondant à la partie 
latérale gauche du sillon glosso-épiglotlique. 

Le malade fut soigneusement lavé et pansé chaque jour; 
actuellement, 19 janvier, Técoulement intr^a-buccal parait tari ; 
mais il existe encore de la suppuration par Torifice cutané ; la 
pression sur le maxillaire inférieur n'est douloureuse en aucun 
point, il ne nous a pas été donné de constater le moindre 
séquestre expliquant la persistance de Técoulement. 

De cette observation nous tirerons les conclusions sui- 
vantes : 

1^ La marche des accidents a présenté une rapidité extrême 
à un moment donné; rinfiltration des parties molles a prescjue 
doublé en l'espace de quelques heures ; Tallure de la dyspnée 
presque foudroyante nécessitant, en un très court délai, la né- 
cessité d'ouvrir une trachée calcaire. 

2** Tandis que, dans la plupart des observations, la langue 
n'a qu'un volume modéré, dans la nôtre elle était énorme 
comme dans une glossite parenchymateuse ; et les dents y 
avaient laissé une très profonde empreinte sur tout le pour- 
tour de l'organe. 

3** Le trismus cède d'ordinaire assez vite après l'évacuation 
du foyer ; ici il a persisté intense pendant plusieurs semaines ; 
et actuellement (7 semaines après le début des accidents) il 
dure encore d'une façon évidente et gênante pour le malade. 

4® L'ouverture intra-buccale spontanée, après évacuation 
large du foyer cependant par la voie cutanée nous semble in- 
téressante à mettre en relief ; cette coïncidence est bien excep- 
tionnelle; il faut admettre une deuxième collection, isolée de 
la première par un cloisonnement quelconque, très profonde, 
et de laquelle relevait la dysphagie. 

La laryngoscopie a permis de trouver l'ouverture interne 
du foyer, et c'est à ce trajet fistuleux que doit vraisemblable- 
ment être rapportée la persistance peu ordinaire de l'aiïectiony 
par réinfection continuelle du foyer. 



238 H. RIPAULT 

Rien ne noua autorise à penser à quelque allération osseuse 
sous-jacenle expliquant la longue durée de la suppuration. 

5^ Dans un cas de foyer bien limité, à marche non enva- 
hissante du côté de la région cervicale, mais proéminant du 
côté de la région sublinguale, on peut être autorisé à ouvrir 
par la bouche, quitte plus lard à établir une contre ouverture 
sous-maxillaire ; ce mode opératoire, si nous nous en rappor- 
tons au cas suivi par nous, et où le diagnootic d*angine de 
Ludwig avait été posé par tous, ne nous paraît donc pas con- 
damnable d'une façon aussi absolue que l'enseignent les au- 
teurs classiques ; elle reste seulement réservée à quelques cas 
exceptionnels et franciiement sublingaux. 



f- 



IV 



EMPYÈME DU SINUS MAXILLAIRE CHEZ LN ENFANT 

DE TROIS SEMAINES 



Par H. BUDAUX, Interne provisoire des hôpitaux. 
(Service de M. le D' Brun, chirurgien de l'hApital des Enfants malades). 

Le sinus maxillaire existe à la naissance sous forme d'un 
diverlicule étroit qui s'étend latéralement jusqu'au dessous du 
canal orbilaire. Pendant longtemps, il demeure à l'état de 
fente virtuelle, car, même après la sortie des dents de lait, il a 
peu de place pour se développer, étant gêné par la présence 
de dents permanentes encore incluses dans le bord alvéolaire. 
Mais, dès l'issue des molaires permanentes, il s'accrott rapide- 
ment, et atleint bientôt ses proportion s définitives. 

Les auteurs classiques admettent que la suppuration du 
sinus maxillaire ne commence à se montrer qu'à partir de sept 
ans, et que sa fréquence ne s*établit qu'à la puberté. Aussi, 
l'observation suivante constitue-t-elie un fait des plus excep- 
tionnels : car il s'agit d'une suppuration du sinus maxillaire 
d'origine dentaire, chez un nouveau-né, due à l'éruption 
prématurée d'une dent au niveau de la fosse canine. 

Le 25 août 1891, on amène salle Bilgrain un bébé, NoémieL... 
âgée de 2 mois 1/2. 

Née à terme cette enfant est élevée au sein par sa mère. 

Trois semaines après la naissance la mère s*aperçoit que les 
paupières gauches sont rouges et œdématiées, aussi la porte- 
t-elle à rhôpital Lariboisière où elle fut examinée par M. Frey, 
interne du service, qui a bien voulu nous communiquer les ren- 
seignements suivants. L'œil ne présente aucune lésion mais il 
existe du muguet sur les muqueuses gingivale et buccale, en 



240 M. RUDAUX 

même temps, on constate au niveau de la fosse canine une dent 
en éruption prématurée. 

Par suite de son implantation sur la face externe du rebord 
alvéolaire, cette dent se dirigeait obliquement en dehors vers 
la commissure labiale, elle était très mobile^ rattachée seu- 
lement à la ^'encive par quelques fibres ligamenteuses. Cette 
dent était constituée par un chapeau de dentine contenant 
la pulpe. L'état d'infection dans lequel se trouvait la bouche 
de Tenfant ne tarda pas à déterminer secondairement au même 
niveau une fluxion phlegmoneuse. Quelques jours plus tard, en 
appuyant sur la réjiion sous-orbi taire, on fit soudre du pus par 
la narine gauche, à partir de ce moment la suppuration na- 
sale fut continuelle et très abondante. Cinq Jours après le pus 
se fraya un autre passage au dessous de la paupière inférieure. 
En même temps apparut un abcès en arrière de l'oreille gau- 
che, mais la guérison en fat très rapide. M. Frey juge à pro- 
pos d'enlever la dent qui avait été le point de départ de la sup- 
puration du sinus maxillaire. 

Le 25 août 1884 l'enfant est présenté à M. Brun. 

On constate une augmentation de volume de la joue gauche 
qui parait indurée à la palpation, et l'issue de liquide purulent, 
verdàtre, fétide, par la narine du même côté et par la fistule 
sons orbitaire. Celle-ci est très petite et se trouve en partie ca- 
chée dans le sillon orbito-palpétral inférieur très accentué par 
los dimensions prises par la joue et par l'œdème permanent de 
la paupière. De IVau boriquée injectée dans cette fistule sort par 
la narine. Avec un stylet on constate que le trajet fistuleux se 
dirige do haut en bas et de dehors en dedans dans la direction 
de la narine, et on remarque des dégâts assez considérables du 
côté du maxillaire supérieur dont plusieurs points sont dénudés 
et rugueux. 

Cet examen fait intervenir le jour même. Une petite curette 
est introduite par la fistule agrandie dans le sinus maxillaire 
d'nù on retire quelques petits séquestres osseux et une deut 
mobile sur la paroi inférieure de cette cavité ; celle-ci paraît 
être uiie petite molaire. Le trajet fistuleux est curette et drainé 
avec de la gaze iodoformée. 

Le pansement est fait tous les deux jours ; chaque fois on 
injecte de la glycérine iodoformée par la fistule qui se rétrécit peu 
à peu, et on ordonne à la mère de faire de fréquentes injections 
nasales avec de l'eau boriquée. 

Vers le milieu de septembre, la suppuration nasale s'arrête 



BMPYÈMB DU SINUS MAXILLAIRE ^41 

pendant quelques jours pour se reproduire peu de temps après, 
le même phénomène se répète plusieurs fois de suite. 

Aussi le 9 octobre juge-t on nécessaire une intervention plus 
radicale. 

On fait deux incisions à angle droit, une horizontale dans le 
sillon orbito-palpébral, une verticale dans le sillon uaso-génien, 
le lambeau est rabattu en bas et en dehors. On pénètre dans 
le sinus maxillaire en réséquant une petite portion de Fos» 
on établit une large communication entre le sinus et la fosse 
nasale con*espondante, les parois sont cureltées, et la cavité est 
bourrée de gaze iodoformée. 

Les lambeaux se recollent très vite, il ne persiste qu'une pe- 
tite fistule qui est complètement oblitérée à la fin de décembre. 

Actuellement (mars 1895) il n'existe plus qu'un léger écoule- 
ment séro purulent par la narine, la joue gauche présente un 
volume un peu plus considérable que la droite, les deux cica- 
trices sont cachées presque complètement dans les sillons 
orbitopalpébral et naso-génien et Télat général de cette 
fillette est excellent. 



PRESENTATION DUNE MALADE, 

GUÉRIE D'UN SYPHILOME ÉNORME 

DE LA PAROI LATÉRALE DROITE DE LA GORGE 

ET DU COU 

Par le D** BVTf EN (de Namiir) (*). 

A la dernière réuoioo de la Société des chirurgiens alle- 
mands, le 12 avril 1895, Esmarch de Kicl s'exprimait à peu 
près en ces termes : 

c Le sarcome est en certains cas difGcile à diagnostiquer. 

Certaines maladies, la syphilis notamment, peuvent déter- 
miner des tumeurs sarcomateuses que guérit le traitement 
antisyphililique. 

Hais, en raison des erreurs fréquentes de diagnostic, les ma- 
lades sont opérés et succombent aux progrès de l'affection. Le 
diagnostic précoce est donc important. L'orateur, depuis dix- 
huit ans, a rapporté une série de cas de ce genre et le moment 
de la discussion est arrivé aujourd'hui. Il a recueilli dans la 
science 50 cas de tumeurs traitées pour des néoplasmes malins 
qui ont été reconnus plus tard pour des syphilomes. La gué- 
son de plusieurs cas, soi-disant sarcomateux avec récidives 
après opération, fut obtenue par l'iodure de potassium à haute 
dose. 

On ne saurait être trop prudent même à l'examen histo- 
logique. 

Les cellules embryonnaires, imitant par leur accumulation 



(*) Communication à la Réunion des Oto Laryngologistes belges, 
Bruxelles, 16 juin 1895. 



GDÉRISON d'un 8YPHIL0MB DB LÀ (iOBQE 243 

un sarcome, peuvent, en effet, être produites par tout proces- 
sus inflammatoire vulgaire. 

L'actinomycose, notamment, produit des tumeurs d'aspect 
sarcomateux. » 

La lecture de cet article m'a engagé à vous présenter une 
dame que j'ai guérie, il y a deux ans, d'un syphilome monstre 
qui a été confondu avec un néoplasme malin par un grand 
nombre de médecins. Ce cas, dont la place est tout indiquée 
dans la série recueillie par Esmarch, nous intéresse plus spé- 
cialement puisque l'excroissance a commencé par l'amyg- 
dale pour envahir après la région rétro- maxillaire. La gomme 
une fois arrivée dans celle partie du corps, a augmenté de 
volume dans une proportion alarmante. La cicatrice du cou» 
longue de 15 centimètres, vous en donne une idée approxi- 
mative. 

OBSERVATION. — M"»« R., Originaire de Jumet-Cliarleroi, est 
Agée de 61 ans. Avant cette maladie elle n'a jamais souffert de 
la gorge, ne se souvient pas d'avoir eu des maux de tête ni 
d'éruption cutanée. 

Elle est mariée à un homme âgé de 63 ans, bien portant et 
qui n'a jamais eu d'autre maladie qu'une éruption cutanée que 
la malade appelle la « gale des cheveux » et qui, probablement, 
n'était qu'une roséole syphilitique. 

Leurs enfants, au nombre de cinq : trois garçons et deux 
filles, dont le plus jeune a 21 ans, jouissent tous d'une bonne 
santé. 

La malade dit ne jamais avoir fuit de fausses couches et ne 
présente aucun signe pouvant faire soupçonner une affection 
spécifique antérieure. Pas de ganglions cervicaux. 

U y a quatre ans, M°^* R. a senti se développer dans la paroi 
latérale droite du pharynx, un corps arrondi, lisse, dur comme 
un caillou ; elle n'éprouvait d'abord aucune difficulté pour ava- 
ler et, à part quelques douleurs sourdes dans la moitié droite 
de la tète, elle ne ressentait aucune gêne au début de Taffection. 

Quelques mois après, la tumeur s'est montrée à l'extérieur 
sous l'angle de la mâchoire et a pris rapidement un développe- 
ment énorme. 

Les médecins qu'elle a consultés, ont retiré un fragment de 
l'excroissance de la gorge afin d'en faire l'examen microscopique 



2il RDTTBS 

■-\ oui eosaite engagé la malailr à allier cnnstiller les ci^lébrili's 

i\i- Druxelles. 

I^lle alla consuller à l'hùpital Sl-Jean et accepla immëdiale- 
mrnt l'opération radicale qu'on lui proposa. Après avoir passé 
une douzaine de Jours daus le service de chirurgie, salle 13, 
lil 6, elle fui renvoyée sans être opérée dans le service de mé- 
d'>r:ine. Là, le Iraitetneiil consista en une application de pom- 
iiude h Textérieur et une insufflation de poudre blanche à l'in- 
li-iieor de la gorge. Elle fiil ne pas avoir suivi de traitement 

nie quitta l'bi^pital au bout de huit jours pour un fait qui 
iin'Hte dVtre relaté puisqu'il nous éclaire sur le pronostic 
iTiiis. Un jour, l'aide chargé du traitement, probablement peu 
rurivuiucu de l'eriicacité des insufllations dans la gorge, dirige le 
l< I à c6lé de la boucbe. La dame, lui fit remarquer son erreur, 
[II, lis il lui est répondu '< autant là qu'ailleurs. » 

Naturellement, ta malade quitte l'hùpital St Jean et retourne 
f1ii^7. elle où elle trouve un chirurgien qui se charge de lui en- 
\iiver la lumenr de la région carotidienne. 

Je n'ai pu obtenir du confrère aucun renseignement, mais la 
rii iitrice oblique, longue de 14 centimètres, s'étendant de la 
m.ii^loide jusqu'à la clavicule, la durée de l'opération (2 heures}. 
Il - ^'randes masses de chair enlevées — elles remplissaient une 
yLiinde assiette, — vous donnent une idée df la grosseur du 
O'-oplasme. L'opérée a guéri en quelques jours. 

L'excroissance dans la gorge, qu'on a laissée intacte, a contiuné 
à se développer et au moment oil elle entrave complètement la 
(li^t;lulition des substances solides, M"* R. se décide à venir me 

A l'esamen de la gorge, je tois à la place de l'amygdale droite 
iM ;urla paroi latérale correspondante, une luraeur ressemblant 
i\ uni énorme crête de coq. Elle était d'un rouge vineux et bos- 
^-l''". Au toucher, la tumeur était dure, lisse, immobile et nul- 
liviiient douloureuse. Elle remplissait les Irois quarts de la gorge, 
f 1 descendait trop bas pour en toucher l'eulrémité avec le doigt, 
i Aitroitesse de la goi^e, d'ailleurs, était telle qu'on avait de la 
[leine i y introduire le doigt. La voix était claire et le nei 
libre. La malade avalait les liquides, mais depuis quelques 
imirs elle était dans l'impossibilité d'ingurgiler les aliments 
piilidea. 

A l'état général, maigreur très prononcée de tout le corps, 
toint cachectique, douleurs lancinantes dans l'oreille droite 



GUÉRISON d'un SYPHILOMB DB LA 60R6B 245 

qu'elle a d'ailleurs ressenties pendant toute la durée de sa ma- 
ladie. 

Rien d'anormal du côté de cet organe. Â un examen plus mi- 
nutieux de la gorge, je vis que le voile du palais qui était caché 
en grande partie par la tumeur, avait son bord rongé et présen- 
tait des ulcérations à pic très caractéristiques. Ceci, joint à la 
belle cicatrisation du cou, ne me laissa plus de doute sur la na- 
ture du processus et dès cette visite je promis à ma cliente une 
guérison complète que j'obtins en six semaines par l'iodure de 
potassium (6 grammes par jour) et des applications répétées 
d'une solution concentrée de sublimé corrosif sur la tumeur. 

Au bout de quelques jours de ce traitement, une dépression 
d'aspect blanc grisâtre se fit vers le milieu de l'excroissance. La 
tumeur commença à diminuer manifestement et de convexe 
qu'elle était, elle devint concave. A ce moment, on constate à la 
place de l'excroissance une excavation profonde et anormale. 

La malade est guérie depuis 18 mois. Son état général n'a 
jamais été meilleur. Elle a retrouvé ses forces et engraisse d'une 
façon appréciable. Elle a repris ses occupations journalières et 
ne se plaint plus de rien. 

Il n'y a aucun doute que si la tumeur du cou n'avait pas été 
opérée, elle aurait cédé au traitement antisyphilitique comme 
celle de la gorge. Elles ne formaient d'ailleurs qu'une seule et 
même tumeur. La forte dépression de la paroi latérale droite 
du phaiynx en est encore une preuve évidente. 



VI 
SUR UN CAS DE RHINOLITUE 

Par le Prof. «. «BADBNI60(de Turin) (i). 

Les calculs du nez sont assez rares pour juslifler la publica- 
tion de loul cas nouveau. 

Il s'agit d'une femme âgée d'environ 30 ans, souffrant depuis 
une dizaine d'années de douleurs de tête intenses, surtout dans 
la région frontale, qui ont résisté jusqu'alors à tous les modes 
de traitement. Dans ces derniers temps les douleurs augmen- 
tèrent, et se propagèrent du front aux oreilles et à Tocciput; le 
nez ne présentait aucun symptôme subjectif particulier, à part 
une abondante sécrétion de la narine droite. 

L'examen objectif révèle une obstruction complète de cette 
narine, causée par une masse de granulations provenant de la 
région moyenne du cornet inférieur et moyen, ainsi que de la 
portion correspondante de la cloison. A l'aide du spéculum mis 
au contact des granulations qui donnent aisément issue à du 
sang, on découvre la présence d'une masse pierreuse. La cocaî- 
ni sali on ne fait gagner que peu d'espace pour la vue : on ne 
réussit, par un examen attentif, qu'à découvrir que le corps dur 
présente une surface convexe et qu'il est coloré en noir. 

Au moyen des pinces on ne réussit à extraire qu'un fragment 
de substance dure, noirâtre, friable, mais on a aucune prise sur 
la masse principale et on doit bientôt renoncer à se servir de 
l'instrument, car on s'aperçoit que le corps étranger est repoussé 
plus en arrière par les pinces. 

C'est seulement à la seconde séance et à l'aide de crochets 
boutonnés, introduits entre la masse et les parois nasales jusque 

[^) Commanication faite à l'Académie Royale de Médecine de Turin, 
le iî juillet 1895. 



SUR UN CAS ]>B BHINOLITHB 247 

derrière celle-ci, que Ton réussit par d'assez fortes tractions à 
mobiliser le corps étranger de la masse granuleuse dans laquelle 
il est renfermé et à Teztraire. 

Depuis Tablation, la malade ne ressent plus ni maux de tét« 
ni écoulement purulent. 

Le corps étranger semblait être un calcul. L'examen aima- 
blement pratiqué par notre confrère le Prof. Carbone, lecteur 
à rhôpital Mauricien de Turin, donna les résultats suivants. 

Le calcul a une forme régulièrement conique ; sa base est 
convexe ; sa surface présente de légères aspérités. H est formé 
d*un noyau central revêtu d'une mince écorce de couleur ver- 
dàtre ; aux endroits où celle-ci est déchirée, on aperçoit le 
noyau couleur de liège ; en sciant le calcul dans son axe prin- 
cipal, on constate qu'il est composé d'un noyau de cerise recou- 
vert de sels inorganiques. 11 mesure en millinièlres 11-10-9 ; 
et pèse 0<%645. L'analyse qualitative de l'écorce nous a fait 
connaître qu'elle renfermait du carbone et du phosphate de 
magnésie avec des traces de fer. 

On remarquera que la malade ne se souvient nullement à 
quelle occasion ce noyau de cerise peut avoir pénétré dans sa 
fosse nasale; selon toute probabilité cotte pénétration est sur« 
venue dans l'enfance ou dans la première jeunesse. 






as. SOCIÉTÉS SAYANTBS 



SOCIÉTÉS SÂVÂIfTES 



ACADEMIE DE MÉDECINE DE NEW-YOBK 



SECTION DE LARYNGOLOGIE ET RHINOLOGIE 



66 mp le -rendu par le D*" J. E. Nbwgomb, secrélaire de la section. 



Séance du il mars 4893. 



Président : D^ D. Bryson Delavan. 



1° J. S. VVaterxann. -^ Un cas à diagnostiqaor. ^ Cette ma- 
lade est une veuve âgée de 43 ans, née eu France. Ses antécé- 
dentà sont négatifs. Depuis lajnortde sou mari, survenue il y. 
a. uu an environ, elle a eu à souffric de nombreux traças. Elle 
n'a pas eu d'enCants, mais a. fait deux fausses couches. Sa santé 
a toujours été excellente jusqu'à sa maladie actuelle. Au mois 
de janvier dernier, elle a eu la grippe. I.e 21 février, elle se pré- 
senta chez un médecin qui lui dit qu'elle avait un kyste de 
Tamygdale qu'il allait ouvrir ; après deux tentatives infructueuses 
il pratiqua une incision profonde suivie d'un fort jet de san^ 
qu'il ne put arrêter. D'autres médecins furent appelés et, grâce 
à la compression digitale et à des cautérisations énergiques, 
l'hémorrhagie se tarit finalement, non toutefois sans que la ma- 
lade fut presque complètement exsangue. Il y a environ quinze 
jours, elle vint à la consultation laryngologique du Roosevelt 
Hospital, et à l'examen on vit une tumeur de la loge amygda- 
lienne droite qui persiste toujours. Elle a à peu près la dimen- 
sion d'une noisette et dépasse la ligne médiane ; les pulsations 
sont très marquées, et il existe un notable frémissement 
externe à l'angle de la mâchoire. S'agit-il d'un anévrysme, et, 
s'il existe, de quelle artère provient-il? 
J.Wright.— J'ai vu cette malade la semaine dernière et j'incline 



SOCIÉTÉS SAVANTES 949 

à croire que la tumeur a légèrement augmenté depuis. La tu- 
meur semblait avoir un caractère anévrysmal, mais je no 
m'aventurerai pas à émettre un diagnostic positif. Si Ton ad- 
met qu'il s'agit d'un anévrysme, sa situation indiquerait qu'il a 
son origine dans la carotide externe, probablement dans un»' 
branche anormale. J'ai observé deux cas dans lesquels unt* 
petite tumeur pulï«atile de la paroi postérieure du pharynx 
semblait produite par le trajet anormal de Tarti^re pharyngée. 

D. H. GooDwiLLiE. — Bien que je ne veuille pas exprimer une 
opinion ferme, j'incline à croire que cette tumeur est un ané- 
vrysme, provenant d'une des branches de la carotide externe. 
J'ai vu plusieurs cas d'anévrysme provenant des branches den- 
taires supérieure et inférieure. Dans un de ces derniers cas, 
rhémorrhagie fut très violente et persista après la ligature de la 
carotide externe et même de la carotide primitive. 

F. J. QoiNLAN. — Ce cas me remémore un kyste de Tamygdale 
que j'observai il y a deux ou trois ans. Il était accompagné 
d'une pulsation distincte que repoussait la tumeur. Le kyste 
fut vidé, mais il se remplit de nouveau en cinq ou six semaines. 
Je considère comme une chose très risquée d'inciser des tu- 
meurs de cette nature, sans se rendre compte exactement de 
leurs rapports avec les vaisseaux voisins. Toutefois, ce cas mé- 
rite l'attention immédiate, car il deviendrait grave pour la ma- 
lade au cas où une intervention opératoire s'imposerait. 

Wright. — La malade affirme positivement qu'elle n'avait 
pas cette tumeur dans la gorge avant d'avoir subi l'opération. 

Dklavan. — Il est possible que l'opérateur ait eu affaire à 
une tumeur d'un autre aspect que celui que nous voyons main- 
tenant. A cette époque, peul-étre la tumeur était-elle peu ou 
nullement pulsatile. En cette saison de l'année, l'amygdalite 
règne et la malade peut avoir présenté une tuméfaction appa- 
rente de l'amygdale que le médecin cautérisa, ainsi que cela ar- 
rive fréquemment. 

W. K Simpson. — Ne sachant rien des origines de la ma- 
lade, j'aimerais à savoir si la tumeur était pulsatile dès son ap- 
parition. Il est certain qu'en général, un médecin soigneux 
n'aurait pas pratiqué une incision dans une tumeur pulsatile 
sans avoir été fixé sur sa nature. 

H. Knapp. — En l'état actuel, cette femme est toujours 
sous le coup d'une hémorrhagie mortelle. Je crois que la ligature 
de la carotide* primitive devrait être effectuée aussi vite quo 
possible. Cette opération a et»'- pratiquée avec succès dans» des 

ANNAI.RA DR8 MALAPIRS DR LA BnrCHF. KT tH" LARYNX. — XXI. IT 



350 SOCIÉTÉS Savantes 

cas d'exophtalmie produite par une communication artério- 
veineuse des sinus caverneux. 

Wright. — Je pense que dans ce cas il vaudrait mieux in- 
ciser et rechercher Torigine de la tumeur, puis faire la ligature. 

Delà VAN. — J'attirerai Tattention sur le fait que la ligature 
de la carotide primitive n'a pas toujours arrêté Thémorrhagie 
consécutive à la tonsillotomie. 

Wright. — La carotide externe a aussi été liée sans enrayer 
Thémorrhagie amygdalienne. 

Knapp. — Je me souviens de cas où une hémorrhagie mortelle 
suivit l'extirpation de Tœil et ne put être enrayée ni par la liga- 
ture de la carotide primitive, ni par d'autres moyens. 

2^ R. G. Myles. -^ Je désire présenter une pince rétro-nasale 
modifiée que j'ai trouvée très satisfaisante pour enlever en une 
fois à peu près toute la troisième amygdale (Luschka). L'instru- 
ment est fenêtre, et il est suffisamment petit pour pénétrer 
dans les fosses nasales postérieures et pour passer entre la tu- 
meur et les trompes, et par son emploi on peut tordre la tu- 
meur, au lieu de la couper, ce qui peut provoquer de violentes 
hémorrhagies. Je présente également une volumineuse troi- 
sième amygdale intacte que j'ai retirée par cette méthode. 

3<» Délava N présente un abaisse langue de verre de fabrication 
française s'aseptisant parfaitement. 11 est fait avec du verre 
trempé et casse difficilement. 

4<^ Delà van. — Trois cas de polypes kystiques du nés. ~ 
Quoique les kystes du nez ne soient nullement rares, ils le 
sont assez pour que les trois cas que j'ai observés récemment 
méritent d'être rapportés. La première malade était une femme 
de 35 ans, qui, depuis trois ans, souffrait de polypes du nez. A 
l'examen je trouvai la moitié postérieure de la fosse nasale 
droite remplie d'une masse de polypes, et dans le pharynx na- 
sal, une autre tumeur d'environ un pouce de diamètre. La 
masse du nez fut extraite en une séance ; et dans une séance 
suivante, avec beaucoup de difficulté, je réussis à enlever la tu- 
meur postérieure avec le serre -nœud de Jarvis (Examen micros- 
copique du D' E. Uodenpyl : « ûbrôme mou »)• 

Le second cas concernait un homme de 40 ans, qui depuis six 
ans était atteint de polypes du nez qui avaient été enlevés à 
plusieurs reprises. Lorsqu*il vint me trouver, il avait une tu-* 
meur qui remplissait presque tout l'espace rétro-pharyngien 
et une grande quantité d'autres dans la moitié postérieure de la 
foase nasale droite. Ces dernières furent facilement extraites. 



SOCIÉTÉS SAVANTKS t5i 

mais elles reparurent et persistèrent : elles étaient composées 
d'un tissu bien organisé remarquablement dense et non kys- 
tique. Les tumeurs rétro pharyngiennes résistèrent à tous les 
efforts d'ablation jusqu'à ce qu*on les ponctionnât; cette opéra- 
tion fut suivie d*une grande issue de liquide et de l'affaissement 
immédiat de la tumeur ; son sac fut alors séparé à la base, 
juste auprès de l'extrémité postérieure du cornet inférieur au 
moyen d*une pince à polypes ordinaire. La dernière opération a 
été pratiquée il y a huit mois, et jusqu'ici il ne s'est pas pro* 
duit de récidive (Examen microscopique du D' Hodenpyl : 
« fibrome mou »). 

Le troisième malade ressentit, à l'âge de huit ans, les pre- 
mières atteintes de polypes du nez. De huit à vingt-deux ans, il 
fut opéré six fois. Ces opérations ont été très pénibles et lontfait 
beaucoup souffrir. L'opération qui précéda la mienne fut prati- 
quée par un chirurgien distingué qui fendit le nez du malade, 
sépara les os et retira les tumeurs de cette manière. 11 persista 
une grande cicatrice pas très visible, et le cours ultérieur de la 
maladie démontra qu'une opération aussi radicale était inutile. 
Quand le malade vint me trouver, il avait deux énormes tu- 
meurs qui remplissaient la fosse nasale droite. Des tentatives 
infructueuses furent faites pour les saisir au moyen d*un serre - 
nœud, et d'autres méthodes furent également employées mais 
elles échouèrent aussi. En raison de leur tension et de la bonne 
apparence des tissus, il était difficile de reconnaître leur nature 
simple. Toutefois pour réduire leurs dimensions et pour s'assu« 
rer si elles étaient kystiques ou non, une cautérisation galvani- 
que fut faite dans l'une d'elles et fut immédiatement sui- 
vie d'une iseue de liquide clair et d'affaissement de la tumeur 
qui était insérée sur le cornet inférieur. La seconde tumeur qui 
fut aussi cautérisée sans difficulté, était appendue près de Torifice 
de l'antre d'Highmore. Il n'y avait pas d'apparence d'affection de 
l'antre, bien qu'on fit soigneusement l'éclairage par transpa* 
rence. Des fragments des deux tumeurs furent remis au ù' Ho- 
denpyl pour l'examen microscopique, qui démontra que le sac 
était composé d'épilhélium cilié en colonne, et contenait des 
matières granuleuses, de la fibrine et des détritus cellulaires. 
Son diagnostic fut : « fibrome mou, appelé communément po- 
lype muqueux •. Les points intéressants du dernier cas sont : 
1^ le bas âge auquel sont apparues ces tumeurs ; 2^ la persis- 
tance avec laquelle elles reparurent ; 3<» Tinulile gravité de 
Topération chirurgicale parfois entreprise pour leur extraction ; 






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li^V. 



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5531 ' SOCIÉTÉS SAVANTES 

4* la facilité avec laquelle elles furent retirées par les voies na- 
turelles. 

Simpson. — Une des raisons qui font que ces tumeurs kys- 
tiques récidivent si facilement est qu'elles proviennent du haut 
du méat moyen, et qu'en les enlevant, nous n'atteignons pas 
leur point d'insertion le plus élevé. Dans un cas que j'ai ob- 
servé, j'ai extrait un volumineux kyste du nez une ou deux fois 
par an dans ces temps derniers. Les récidives se produisent 
quelquefois très rapidement. 

Myles. — J'ai observé un certain nombre de cas où l'incision 
d'un abcès supposé enkysté dans un polype produisit une 
exsudation, qui au microscope fut reconnue pour n'être pas du 
pus, mais le produit d'une dégénérescence graisseuse. J'ai aussi 
vu ce fait dans l'amygdale de Luschka. 



Séance du 2i avril i89o. 
Président : D. Bryson Delà van 

1» J. Wright. — Gutta percha supérieure en plaques. — Il y a 
quelques années j*employai une substance dénommée gutta 
percha supérieure en plaques (White Dental C*) pour préserver 
les surfaces des plaies nasales, et j'en ai obtenu des résultats si 
satisfaisants que je désire les faire connaître à la Section. Sa 
flexibilité le rend particulièrement applicable aux cas dans les- 
quels il existe des adhérences entre le cornet inférieur et la 
cloison qu'il est difficile de séparer après Topération, On la 
coupe avec les ciseaux dans tous les sens et de toutes les di- 
mensions. Elle est lisse, imperméable et non irritante ; elle ne 
supporte pas l'ébullition, mais elle peut être immergée indéfini- 
ment dans des solutions antiseptiques. 

J. E. Newcomb. — Je me suis servi à diverses reprises de cette 
substance et avec de très bons résultats. Elle est très flexible et 
entre et sort du nez si aisément que le malade lui-même peut 
la retirer, s'il est nécessaire de la nettoyer et la réintégrer en- 
suite. Je Tai employée récemment dans un cas d'adhérence 
entre le cornet moyen et la cloison, qui ne put être séparée 
qu'après le redressement du septum. 



SOCIÉTÉS SAYANTBS 253 

J. W. Glcitsmann. — Je suis heureux qu'on ail hi^^nalé celle 
substance à mon attention, car j'ai eu souvent beaucoup de 
mal à séparer des adhérences nasales. Dans le but de m^affran- 
chir de cette diflicuUé, j employai il y a quelques années des 
bourdonnets de tupelo (tupelo lents), mais après leur introduc- 
tion, ils gonflaient considérablement et causaient de la douleur. 
En Europe, on s'est souvent servi dans ce but de tinfoil qui 
doit être plié fréquemment et forme ainsi des angles aigus qui 
produisent des excoriations. 

T. P. Bbbbns. — J'ai l'habitude d'employer un mince copeau 
de liège enduit de collodion flexible qui peut rester dans le nez 
pendant un temps indéflni sans aucun inconvénient. 

2® F. E. UoPKiNs.— Application d'un dos de nés en aluminium.-- 
La malade que J'ai le plaisir de vous présenter est soignée 
par moi depuis le mois d'octobre 1894 à la New York eye and 
ear infirmary où elle se présenta pour une maladie d'oreille. 
Tout d'abord son nez excita mon iftitérét et comme elle mani- 
festait le désir de voir corriger sa difTorniité, je la questionnai 
sur ses causes et elle me fit le récit suivant. Miss. T. née à 
Baltimore, 30 ans. Angine ulcéreuse à 1 Age de 8 ans. Malgré 
les soins du médecin de la famille, le processus ulcératif conti- 
nua jusqu'à ce qu'il y eut perte de la luette, d'une partie du voile 
du palais et de la paroi postérieure du pharynx avec adhérences 
entre le voile du palais et la paroi pharyngée postérieure. Plus 
tard le nez fut atteint, et le cartilage triangulaire fut détruit 
ainsi qu'une parliejdu vomer. 

La mère m'écrivit que, désespérant de pouvoir soigner sa 
fille chez elle, elle l'envoya à New-York trois ans après l'appa- 
rition de raffcclion ci-dessus rapportée. La malade fut traitée 
vigoureusement et retourna dans sa famille très améliorée ; 
elle n'a plus ressenti de nouvelles atteintes depuis. 

La perte de la portion antérieure de la cloison atrophie les 
parties molles, et par une rétraction cicatricielle, les ailes du 
nez étaient attirées, non-seulement à l'intérieur, mais aussi 
au-dessus, produisant une déformation marquée. Les ailes du 
nez étaient tellement séparées extérieurement, qu'on pouvait 
voir directement par l'ouverture du septum en se plaçant à côté 
de la malade. La photographie que je vous montre vous donnera 
une faible idée de ce qu'était la difformité avant l'opération. La 
malade fut d'abord soumise au traitement par Tiodure de po- 
tassium avec augmentation des doses tant qu'il y eut de la tolé- 
rance ; puis je l'opérai le 28 mars au Manhattan hospital aidé du 



254 SOOlÉTflS SAVANTK8 

D' J. F, HcKernon el d'un médecin de l'hApiUt. Je pratiquai 
l'opération de ElouRe, en ménageant un espace suRlsant pour 
placer le dos de platine. 

Le modèle de dos que je vous présente est une modification 
du modèle du D' C. Martin, de Lyon, apporté en Amérique par 
le L>' H. F. Weir. C'est le résultat d'idées émises par los spécia- 
lisfL's des maladies de la gorge du Manhattan hospilal. 11 est en 
platine, a 1 pouce 50 de largeur, est taillé dans une seule feuille 
>l<! métal et sans soudures. On le moule suivant les cas. L'opéra- 
tion est suivie d'une très faible réaction. La température monta 
d'un degré le lendemain. Cette élévation dura peu, et la malade 
^UL'fit parfaitement. Il y a maintenant quatre semaines qu« 
l'upcralion est faite et le dos a été placé en causant une très 
légère irritation qui diminue graduellement. Il sera certainement 
supporté bientôt avec la plus grande facilité. 

F. J. QuiKLAM. — J'ai vu la malade quelque temps avant l'opé- 
ration et puis dire en loute sincérité que la déformation était 
l'norrae, les narines étaient totalement atrophiées de sorte qu'on 
iiurjiit pu croire à l'existence d'une fracture des os du nei el de 
\:i cloison. Les résultats de l'œuvre du D' Hopkins ont enlière- 
iiii'iil changé le visage de la malade, et j'espère que le résultat 
?<'i:\ aussi bon que le font croire les indications actuelles. La 
nouveauté du procédé promet la création d'une Ère nouvelle dans 
la chiriii^ie intra-nasale. 

:)° J. Wright. — Mycose du nés et de la gorge. — Les tumeurs 
mycosiques dont traite cette communication, sont de la forma 
connue sous le nom de leplothrix buccalis. Mon seul désir dans 
c>?s quelque* notes est d'attirer voire attention sur quelques 
points qui m'ont intéressé dans les cas que j'ai observés dernière- 
111. 'ni. 

D'après ce queje sais, le teptolhrix buccalis n'a pas été cultivé 
en ileliars du corps, pas même dans de l'eau additionnée de 
chaux. On le trouve toujours dans les sécrétions qui s'amoii- 
lellciit autour des dents saines niais non soignée». On le trouve 
dans les rhinolithes, dans les concrétions amygdaliennes et dans 
le^i pierres de la vessie ; nombre d'auteurs supposent aussi qu'il 
L'.'iusi' lu carie dentaire, car on le trouve invariablement dans les 
■.:uitra des dents cariées, mais, ainsi que le remarque Klebs, il 
peiii l'Ire sûrement considéré comme la cause primordiale. S"il y 
a uTi organisme qui précipite les sels de cbaui des liquides qui 
li-s tiennent en solution, il trouve probablement dans les cavités 
cariées Tin terrain favorable b son développement. On l'a ren- 



SOCIÉTÉS SAVANTES 255 

contré dans les cavernes pulmonaires gangrenées. On le trouve 
très fréquemment dans les affections amygdaliennes connues 
cliniquement sous le nom de cryptes mycosiques, même lorsqu'il 
n'y a pas de symptôme pharyngé ou tonsillaire. Je l'ai récem- 
ment vu au microscope dans les dépressions situées entre les 
protubérances de l'hypertrophie naso pharyngienne lymphoïde. 
On l'a trouvé dans les acini des glandes de la muqueuse, bien 
que je ne l'aie jamais vu dans les coupes microscopiques. D'après 
ces considérations, nous concluerons que quelques manifesta- 
tions consécutives à l'inflammation chronique favorisent le dé- 
veloppement du champignon. Il peut exister des relations avec la 
desquamation des cellules épithéliales, Texsudation des cellules 
rondes, des nœuds, ou le développement de certaines autres 
formes de microorganismes, car nous trouvons tout cela mé- 
langé à la masse niycéliaie dans les cryptes amygdaliennes et 
dans les profondeurs des glandes aciniques. Toutefois, ce ne sont 
que de pures conjectures. Des troubles digestifs ont été remar- 
qués dans beaucoup de cas et on a supposé qu'ils étaient en rap • 
port avec la tumeur, mais j'ai observé de nombreux cas sans 
troubles digestifs appréciables. 11 est probable que dernier 
symptôme est un repère étiologique qui rattache la carie den- 
taire et le leptothrix. Il est vraisemblable aussi que Tétat de 
l'atmosphère influe favorablement sur la tumeur, car un chan- 
gement d'air semble être le seul remède efficace. 

La mycose pharyngée est apparemment une affection hien 
commune. Par ces termes nous entendons la présence d'un 
champignon dans les petites dépressions de la muqueuse, à un 
tel point qu'il apparaît à la surface sous la forme de taches 
blanches de dimensions variées. J'ai essayé sans succès tous les 
genres de traitements dans les cas que j'ai observés. La cautéri- 
sation ne m'a pas réussi excepté pour les amygdales. Elle est 
toujours pénible au pharynx, à la base de la langue et aux piliers. 
Nous pensons que les cas de cette sorle finissent par guérir d'eux- 
mêmes. Il est déraisonnable de croire que toute application su- 
perficielle peut être efficacement employée. Tant que le sol est 
perméable, le champignon augmentera, malgré que vous brûliez 
l'extrémité supérieure de ses pousses. 

J'ai observé récemment un cas de mycosis nasal. La malade 
était une femme d'âge moyen, qui avait quelques mouchetures 
blanches, d'apparence mycosique sur le bord naso-pharyngien, 
mais mon attention fut surtout attirée vers une ou deux petites 
taches d'un blanc de perle sur la muqueuse, couvrant l'extrémité 



256 SOCIÉTÉS SAVANTES 

antérieure du cornet inférieur. Elles ue purent être enlevées avec 
de l'ouate. Au microscope on vit qu'elles étaient composées en 
partie de Obres mycéliales. Le caractère de la tumeur naso- 
pharyngée ne fut pas déterminé. Je n'ai pas encore rencontré 
dans la litlérature d'observation de tumeurs de cette nature sié- 
geant dans le nez. 

(A l'appui de sa communication, le D' Wright rapporte une 
série d'observations personnelles de mycose pharyngée et 
montre plusieurs dessins coloriés montrant les fibres mycé- 
liales). 

Del.\van. — D'après tout ce qui a été écrit et dit à ce sujet, le 
traitement de la mycose pharyngée laisse encore beaucoup à 
désirer. Les formes irritantes de traitement, telles que le grattage 
ou la cautérisation, peuvent causer des déceptions. Sous leur 
influence, la guérison progresse faiblement et dans certains cas 
la mycose récidive sitôt après sa disparition. J'ai observé derniè- 
rement un cas qui corrobore l'idée que le changement d'air et 
d'habitudes exerce une influence favorable sur ces malades. On 
m'adressa d'une ville éloignée une dame qu'on disait atteinte de 
mycose pharyngienne qui ne guérissait pas et qu'on m'envoya 
pour la soigner. Elle était ici depuis environ dix jours lorsqu'elle 
vint me trouver. Le mari et la femme dirent comme le médecin 
<(ue la malade avait de nombreuses taches blanches sur certaines 
parties du pharynx et des amygdales, qu'on avait essayé vaine- 
ment de faire disparaître. Quand j'examinai cette dame, à ea 
f.'rande surprise je ne vis pas trace de l'afTection. 

En même temps que ces cas de mycose pharyngée, j'ai souvent 
iiMuarqué qu'il existait de la diathèse rhumatismale et des 
I roubles digestifs. Il m'est impossible de définir le caractère exact 
(les accidents du côté de la digestion, mais en général on n'en 
Mouvait pas. Dans ma clientèle j'essaye d'éviter le traitement 
« onsécutif de ces cas, et après avoir enlevé aussi rapidement que 
laire se peut les dépôts, sans causer trop de douleur, j'envoie 
au malade une pulvérisation d'eau boriquée, alternant à 
l'occasion avec une faible solution chloratée, tâchant en môme 
temps d'améliorer la digestion. Un changement d'habitude sera 
souvent plus efficace dans ces cas que toute forme de traite- 
ment. 

H. Knapp.— J'ai observé deux cas de ce genre cet hiver, et l'un 
des malades est ici ce soir. Chez celui-ci l'afTection était très pro- 
noncée, occupant une partie des amygdales pharyngées et toute 
la région linguale jusqu'au boulon de la fosse glosso-épiglottique. 



SOOléTÉS SAVANTES i57 

Le traitemeat que jinstitaai consista en une expression au 
moyen d'une cuiller poinlue, suivie de l'application d'une solu- 
tion alcoolique d'acide salicylique à 4 «/o- J'ai soigné la mulade 
pendant plusieurs mois, et elle est maintenant guérie, à part 
deux ou trois petites touiïes superlicielles. Le traitement fut 
d'abord appliqué quotidiennement, puis ensuite deux ou trois 
fois par semaine. Immédiatement après chaque application la 
muqueuse blanchissait, mais elle reprenait vile sa couleur nor- 
male. J'ai vu de nombreux cas de mycose des caualicules lacry- 
maux qui guérissent aisément en maintenant le canal ouvert. 
Sans fendre le canal, le traitement de ces cas par l'expression et 
la seringue n'est pas beaucoup plus difficile. Le parasite ne doit 
pas être considéré comme leptothrix, mais comme actinomy- 
cose. 

R. G. Hylbs. — Je crois que le meilleur mode de traitement 
dans ces cas est d'enlever les parasites. Cette méthode prend de 
un à six onois et consiste à rogner les fragments de tissu affecté 
et à les gratter soigneusement ensuite. Dans un cas que j'ai 
soigné de cette façon, il y a cinq ans, il n'y a pas encore eu de 
récidive. Dans deux cas de leptothrix buccal supposé que j'ai 
soignés il y a plusieurs années, l'examen bactériologique 
démontra que les tumeurs étaient de Tactinomycuse bovine. 

QuiNLAN. — J'ai observé récemment cinq ou six cas de mycose 
et j'ai été impressionné par l'étroite relation qui les unissait au 
rhumatisme et à la goutte. Presque tous ces malades présen- 
taient des symptômes caractérisés darthrilisme. A certaines 
périodes lorsque ces personnes jouissaient d'une certaine 
immunité à l'égard de la mycose, elles soulTraient d'attaques de 
goutte ou de rhumatisme. L'acide salicylique en solution m'a 
donné les meilleurs résultats locaux, quoique peu de médica- 
ments puissent avoir des vertus en applications topiques. J'ai 
employé le salol à hautes doses, de un grain à un grain et demi 
par jour avec un excellent résultat. Le salol exerce une influence 
spécifique particulière sur ces affections parasitaires. La respon- 
sabilité de ces manifestations est souvent imputable aux troubles 
digestifs. Une bonne hygiène, un exercice modéré, des bains et 
un changement d'air complet rehausseront beaucoup la valeur 
de nos remèdes. L'amygdale linguale est un lieu d'élection pour 
ces végétations, ses cryptes et ses lacunes offrent un terrain fa- 
vorable à la multiplication des germes. 

E. Mayer. — Je suis d'accord avec le D*" Wright sur le point 
que la présence des organismes mycosiques dans la gorge est 






W. 



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3S8 SOCIÉTÉS SAVANTES 

souvent de peu d'importance, et je crois qu'ils sont bien plus 
fréquents que nous ne le pensons. Us doivent souvent siéger sur 
la paroi pharyngée postérieure, où ils procurent des sensations 
de brûlure qui peuvent s'étendre jusqu'à l'intérieur du larynx. 
Le traitement que j'ai employé dans ces cas et qui a apporté une 
grande amélioration est l'expression, au moyen d'un instrument 
tranchant, et en cela je suis absolument Tidée du D' Gruening 
qui a beaucoup étudié ce sujet. La pression est' faite contre la 
paroi pharyngée postérieure et donne issue à de petites parcelles 
qui sont de la nature de cet organisme. On applique ensuite une 
solution alcoolique au baume du Pérou, et d'habitude on obtient 
le résultat désiré. 

Glbitsmann. — Il y a quatre ou cinq ans, je vis une série de 
cas de leptothrix, mais je n'en ai observé aucun récemment. 
Avant d'avoir entendu la communication du D' Wright, je ne 
croyais pas que ces végétations mycosiques apparussent dans le 
nez. Je les ai trouvées dans le pharynx et dans le larynx. Il y a 
quelques années j*em ployai des moyens énergiques, la curette 
tranchante, la cuiller, etc., et je guéris mes malades, mais au- 
jourd'hui j'en suis arrivé à conclure que le traitement n*a pas 
grande valeur. Dans un cas persistant que j'ai soif^né pendant 
quelque temps, les végétations s'étendirent graduellement jus- 
qu'au moment où le malade fut obligé d'aller à la campagne et 
cessa tout traitement ; quand il revint au bout de deux mois, il 
n'y avait plus trace de la maladie. 

W. F. Chappbll. — Pendant ces dix-huit derniers mois, j*ai vu 
sept cas de mycose et je les ai soignés par des applications de 
solution de pyrozone à 25 ^/o. Je lavai d'abord le pharynx avec 
une solution de pyrozone à 3 »/o, et après avoir enlevé la mousse 
du mucus et séché le pharynx, j'appliquai une solution plus 
forte de pyrozone. J'ai obtenu par cette méthode des résultats 
très satisfaisants, bien meilleurs que par les cautérisations et 
l'application de divers acides. 

C. H. Knight. — La conclusion à laquelle j'étais arrivée il y a 
quelque temps à propos des cas de mycose, et qui a été plus ou 
moins confirmée par ce que j'ai entendu ce soir, est que tandis 
qu'ils offrent un grand intérêt pathologique, ils ont peu d'impor- 
tance clinique. La plupart de ces malades n'avaient pas d'anté- 
cédents morbides. Ces productions .mycosiques ne donnent sou- 
vent lieu à aucun symptôme subjectif. Elles disparaissent fré- 
quemment d*une façon spontanée. Toutefois, les méthodes 
de traitement les plus énergiques par les cautérisations électri- 



' 



SOCIÉTÉS SAVANTES 259 

qaes, etc., sont inefficaces tant qu'elles sont suivies d'une 
prolongation incertaine. Je crois que les méthodes douces 
étroitement unies à la correction des troubles digestifs doivent 
être recommandées dans ces cas. 

BsRKiXs. — Dans un cas j'ai employé une solution à iO */o 
d'ortbo-chloro-phénol dans la glycérine avec de très bons ré- 
sultats. 

Newcomb. — Mon impression, d'après les dix ou douze cas que 
j*ai TUS, est que les troubles digestifs jouent un rôle très impor- 
tant dans la production de cet état. Dans un cas que j'ai observé, 
le malade avait plusieurs dents cariées, lorsque celles-ci furent 
obturées, la mycose disparut sans autre traitement. Au prin- 
temps dernier, le D' Ingals rapporta une série de cas dans 25 ®/o 
desquels il existait des troubles digestifs distincts. Comme on 
l'a dit, il est quelquefois difficile de déterminer la nature exacte 
des accidents gastriques, mais les malades s'améliorèrent par 
une diète corrigée, certains d'entre eux qui ne présentaient pas 
de symptômes de rhumatisme bien détlnis, se trouvèrent bien 
du traitement rhumatismal. Dans deux de mes observations, le 
dépôt mycosique de la gorge disparut loi*squeles malades renon- 
cèrent à leurs habitudes de boire du thé et de manger des plats 
sucrés. 

Mtles. — Dans un de mes cas, les végétations mycosiques 
étaient solidement attachées et quelques-unes étaient saillantes à 
une distance d'environ la moitié de la longueur de mon ongle. 
Dblavan. — Je crois comme le D' Myles que ces cas diflèrent 
notablement comme intensité. Dans quelques-uns les dépôts sont 
si légers que le malade ne s'aperçoit pas de leur présence, tandis 
que dans d'autres ils provoquent une certaine irritation et sont 
la source de grands désagréments. Pour leur fréquence, j'en ai 
observé huit cas à la fois l'année passée. Je n'en ai vu que 
quatre cette année. Dans de nombreux cas que j'ai traités éner- 
giquement pendant longtemps, les végétations disparaissaient 
spontanément lorsque le malade allait à la campagne. 

WniGHT. — En ce qui concerne Taspect décrit par le D' New- 
comb et la fréquence des indigestions dans ces cas, j'ai été 
surpris d'entendre que le pourcentage n'était que de 60»/o, car 
je crois que l'on a concédé en dernier lieu que 75 **/o du total 
des malades atteints de manifestations catarrhales de la gorge 
avaient des troubles digestifs, et que probablement 75 »/o ^e la 
totalité du peuple américain présente des symptômes de troubles 
digestifs. Je ne crois pas toutefois que ces descriptions aient 



260 SOCIÉTÉS SAVANTBS 

graude îiaportance au point de vue des relations étiologique^» 
existant entre la dyspepsie et la mycose. D'autre part, il y a des 
malades atteints de mycose qui n'ont jamais de dyspepsie. Il en 
est de même du rhumatisme. L'acide salicylique dont a parlé le 
D' Knapp a été souvent employé dans la mycose avec des 
résultats très variables. Mon expérience du traitement chirurgi- 
cal n a pas été très satisfaisante. Il est tout à fait impossible, par 
toute forme d'application, d'atteindre le fond des cryptes et 
des glandes aciniques d'où proviennent ces végétations, et si le sol 
est approprié, elles continueront à pousser, malgré que souvent 
la surface soit abrasée. 



SIXIÈME RÉUNION DES OTO LARYNGOLOGISTES 

BELGES 

Compte-rendu par le D' O. Laurent 



Cette réunion a eu lieu le 16 juin dernier. L'assemblée deve- 
nant plus nombreuse chaque année, elle s'est constituée cette 
fois défmitivement en Société, et a élu un président pour un an, 
et une commission chargée d'élaborer le règlement. Excellente 
innovation : des questions seront mises à l'ordre du jour et nous 
verrons ainsi disparaître ces exposés et démonstrations (mastoï- 
dites ou autres) encombrant les séances et y produisant un véri- 
table désarroi. Les cas auxquels nous faisons allusion peuvent 
avoir quelque intérêt, mais ils ne valent vraiment pas le temps 
qu'il faut leur consacrer pendant la durée restreinte d'un Congrès. 
Ces observations avaient du reste été déjà faites plusieurs fois. 
Nos réunions, dans la pensée de leur fondateur, M. Delstanche, 
devaient avoir un caractère purement amical et exclure les ten- 
dances gravement scientiHques et parfois pédantes des assem- 
blées de spécialistes. 

Dans la dernière réunion, nous avons retrouvé nos confrères 
des années précédentes. Seuls et pour la première fois, 
MM. Ëeman et hchilTers étaient absents. Parmi les étrangers, 
figurent les assidus de la première heure: M. Gougueuheim et sa 
cordiale bonhomie, M. Noquet et son bon sens sérieux, M. Wa- 



f 



SOCIÉTÉS SAVANTES 361 

gnjer, qui, après une communication intéressante, a égayé, selon 
sa coutume, le banquet de plaisanteries spirituelles. 

M. Hicguet présidait cette fois ; ce sera, Tannée prochaine, le 
lourde M. Délie, d'Ypres, quia recueilli l'unanimilé des suffrages 
pour cette fonction, dans laquelle lui succéderont sans doute 
MM. Goris, Cheval et Rousseaux. 

C'est à dessein que nous allons écourter considérablement 
Dotre compte -rendu. Nous préférons, en effet, ne donner que la 
substance des communications, élaguant de la sorte pour nos 
lecteurs les détails qui ne trouvent leur véritable place que dans 
la publication spéciale faite par l'auteur lui-même ou dans les 
Annales de la Société. Ainsi en est-il, par exemple, de la trans- 
formation des fosses nasales et de la discussion dont elle a été 
robjet. 

Plusieurs faits intéressants ont été communiqués. Tout d'abord 
une observation qui fait grand honneur à son auteur, est celle 
de M. Goris sur le traitement du lupus ; une autre de M. Broeckaert , 
de Gand, a été également fort remarquée, d'autant plus que les 
expériences de physiologie cérébrale sont souvent entourées des 
plus grandes difficultés. On a entendu ensuite avec grande 
attention M. Gouguenheim faire part de ses recherches sur la 
diphthérie de Tadulte. Constatons en passant, qu'à ce propos il 
a été avancé dans la discussion que le sérum artificiel pourrait 
être un agent modificateur des membranes, sans doute selon la 
formule « post hoc ergo propter hoc ». M. Delslanche, toujours à 
la recherche du nouveau, nous a montré qu'il continuait à per- 
fectionner ses instruments en dépit des critiques auxquelles le 
masseur a été en butte; nous parlerons plus loin d une modifica- 
tion ingénieuse apportée à cet instrument par Féminent otolo- 
giste. A citer aussi la communication de M. Cheval, dont les 
travaux d'électro- thérapie spéciale sont appréciés. 

Les séances ont eu une durée d'environ trois heures cha~ 
cune : celle du matin a été consacrée à la présentation de ma- 
lades, d'instruments et de pièces anatomiques; celle de l'après- 
midi aux communications diverses. 

Capart. — Deux cas de polypes fibreux naso-pharyngiens trai- 
tés par rélectrolyse. — Dans le premier on retrouve la saillie si- 
gnalée par Bruns après la disparition de ces tumeurs par Télec- 
trolyse. Son point d'implantation est à la face externe de la 
base de 1 apophyse ptérygoîde. En outre, dans cinquante cas 
traités et guéris par Capart, la lésion siégeait à droite. Le 
second malade avait subi le traitement par l'anse galvano-caus- 



S63 MOCIÉTtê BATAXnS 

ttque, qui causait d*abondaDtes hémoirfaagies ; depuis bois se- 
maines, il est soamis à l'i^iectrolyse avec leplos grand avantage. 

GoBis, — De riaterreatûm radîeala dans le Inpvs da nés et de 
l'oreille. — La méthode suivie a élé. non pas celle du graitaf^e et 
des cautérisations» mais celle de l'excision du néoplasme, em- 
piétant même sur les tissus sains. L^afTection datait, dans les 
quatre cas, de 25, 22, 12 ans et i an. Chez le premier sujet, le 
lupus siégea t sur le lobule, le rebord de l'oreille et la région 
sous-jacf*nle ; guérison depuis 4 mois. Deuxième cas : lésion da 
lobule et du tragus. Troisième cas : fille de 15 ans. lupns sons- 
lobulaire. Quatrième : lupus de la région nasale droite et de la 
partie adjacente de la joue. 

On ne constiite aucune trace de récidive. La plaie opératoire 
a guéri par granulation, en général par autoplastie et par la 
greffe dermo-épidermique. L*un des opérés avait été présenté» 
pour la première fois il y a deux ans, à Gand, comme un succès 
de mélhode rhinoplastique. 

D*autre part, voici un lupeux de Bayer, chez lequel le la- 
rynx fut désobstrué grâce à Tacide trichloracétique, au vasogène 
et à l'iodoforme Espérons que, dans notre prochaine réunion. 
Bayer pourra confirmer ce succès par d'autres. 

RuTTEN. — Tumeur syphilomatense. — (Voir Annalesy page 243). 

BÉco. — Adéno eanoer du palais osseux. — Le terme adénome 
dans lequel lafTection a été primitivement décrite, répond à 
Torigine du néoplasme et à son apparence bénigne. Dans le cas 
de Béco, il s agit d'une femme de 22 ans. La production, 
grosse comme un pruneau, occupait la moitié droite du palais 
osseux. Elle avait été remarquée deux ans auparavant. Elle fut 
enlevée au mois de novembre 1894. Le fond de la loge fut cauté- 
risé au thermocautère et au chlorure de zinc. Laguérison s'opéra 
en une vingtaine de jours, w Le microscope montra à côté de 
glandes encore saines, d'autres, plus nombreuses, entourées de 
plusieurs rangs de cellules, et dont la cavité était remplie de 
masse colloïde. Ailleurs, les cellules plus allongées et plus apla- 
ties que la normale étaient inégalement groupées autour de la 
masse déformée, et envoyaient ces prolongements épithéliaux 
dans le tissu conjonctif. Ailleurs encore, on ne trouvait plus 
que des Ilots de cellules épithéliales entourées de travées con* 
jonctives, sans membrane propre. Si cliniquement TafTection est 
resiée bénigne, histologiquement la tumeur a subi des trans- 
formations qui lui donnent déjà par places la structure dn 
cancer ». 



SOCIÉTÉS SAVANTES S63 

Delstamghe. — M odifloation apportée aa masseiir da tympan. — 

Ce petit appareil est actionné par le masseur lui-même et déter- 
mine à volonté la condensation ou la raréfaclion de Taccès dans 
le conduit auditif. C'est un tube a trois branches, en forme d'Y, 
dont le bras vertical est adapté à Tembout olivaire. Chacune 
des deux autres branches renferme une soupape métallique, se 
mobilisant en dehors dans Tune, en dedans dans l'autre, et 
fonctionnant comme une pompe aspirante et foulante. Ainsi se 
trouve simplifiée la technique. 

Autres avantages : 1^ grâce à la condensation, Texamen du 
tympan est rendu facile, les parois en état de relâchement étant 
refoulées ; 29 les processus adhésifs de Toreille moyenne seront 
favorablement influencés par la série des chocs de condensa- 
tion, au même titre qu'ils le sont par les chocs du stylet à tam- 
pon, préconisés par Lucœ, et avec la douleur en moins. 

ScHLEicHER. — Mancho galvano cauBtique à rhéostat. — Ce 
rhéostat, composé d'un fil de maillechort enroulé autour d'une 
plaque en verre ou en ardoise, occupe le bord inférieur de l'en-; 
veloppe en ébonite des fils conducteurs. Le courant passe par 
une mince plaque en cuivre rouge appliquée en équerre sur le 
bord supérieur gauche de Tébonite ; le fil conducteur gauche est 
coupé» celui de droite est. adapté à l'interrupteur. De là, le cou- 
rant arrive aune languette du chariot horizontal et faisant 
ressort, puis à une seconde languette, verticale, appliquée sur 
le rhéostat. Plus le chariot est en retrait, plus est grand le nom- 
bre de spires à parcourir par le courant jusqu'à l'anse. Comme 
la résistance du courant est supérieure à celle de la plus grande 
anse possible, il est aisé de commencer l'opération avec 1 inten- 
sité convenable. Celle-ci ne varie point et le fil ne brûle pas, 
même à l'air libre. Enfin, le frottement subi par le chariot pen- 
dant sa course est aussi doux que celui des meilleurs manches. 

Bayer. — InatrumentB aseptiques. — Le premier est un miroir 
laryngnscopique dont les deux parties sont détachables grâce à 
une articulation à frottement doux. En outre, le cadre métallique 
est divisé lui même sur sa circonférence, en deux parties, dont 
l'une est fixée au manche, et dont l'autre peut en être séparée, 
la glace devenant ainsi libre. 

Une disposition analogue a été appliquée au spéculum aasi 
de Duplay. 

NoouET. — Un cas de kyste de l'épiglotte. — S'il en juge par 
ses recherches bibliographiques et aussi par sa pratique per- 
sonnelle, ces tumeurs sont rares : la plupart des auteurs ne les 



' ~e . 



> .-».- 



*. 



264 sociAtés sâtamtbs 

mentionnent pas spécialement. Morell-llackenzie et Poyet les 
ont cependant figurées. Dans le cas d^ Noquet. îl s'agit d'un 
garçon de 13 ans, présentant, implantée sur la face antérieure 
gauche de répîslolte, une tumeur sph^^rique, du Toinme d'une 
cerise, blanc jaunâtre, >essile, sans pourtant «'tre inflammatoire. 
Elle ne donnait lieu à aucun symptôme et ne fut découverte 
qu'à l'occasion d'un examen pratiqué, pour la première fois, 
pour une pharynirite calarrhale. Après cocaînisation, Noquel 
incisa le kyste avec un couteau galvanique et en rît sortir un li- 
quide jaunâtre, peu épais, la co-jne en fut détruite. La tumeui 
disparut sms laisser de traces. S'agirait il d'un kyste par réten- 
tion, d'une glande en grappe de la face ant»^rieure de l'épiglotle? 

Brocckabht. — Le centre eortical de la phonatim. — L'auteur a 
pratiqué, an laboratoire de physiologie, de nombreuses expé- 
riences chez le chien. 11 lui était a^se2 souvent facile de faire 
l'examen laryngoscopii|ue en attirant la langue à l'aide d'une 
pince et en recourbant l'épiglotte avec un rétracteur. Cbaqu** 
fois les deux c^-ntre* ont été détruits et des recherches hîstolo- 
giques ont confirmé les phénomènes observés. Broeckaert 
rappelle le travail de Horsiey et Seraon. Voici ses conclusions : 

!• L'excitation unila(èral<^ du centre de Krause, à l'aide des 
courants induits très faibles, détermine l'adduction des deux 
cordes vocales. 

?• L'extirpation bilatérale des centres de Krause entraîne 
l'abolition de l'aboiement : mais l'adduction réflexe des cordes 
est conservée, comme on peut s'en convaincre par l'examen la- 
ryu;!oscopique. Aussi l'animal continue-t il à crier, à vagir ; 
bref.à exécuter tous lésantes phonatoires dont le chien nouveau- 
né est capable. 

3* Les nerfs bryiu'ês restent intacts après l'extirpation des 
centres de Krause : ce qui preuve que toutes les Ûbres qui inter- 
viennent diins fadduction des cordes vo«mI*» provienuent du cen- 
tre médullaire, et non direcl«-iuent du centre cortical. L'examen 
hislol'^gique des mus:Ies larynj:^* a ^^calement démontre leur 
intécrilé parfaire. 

♦• L'abolition de Taboiem^^nt persi>te pendant quelques se- 
maines. Puis, sensiblement, Tanimal r»>apprend à aboyer de la 
même façon qu'il l'a appris la premièie fois. 

5* Le centre se refait, très probablement dans les parties voi- 
sines, par un nouvel apprenti-<a^e. Ce nouveau centre s'associe, 
grâce à la loi de coniiguiié dans le temps et dans l'espace, aux 
autres rentn^s qui interviennent dans l'acte complexe de l'aboie- 



SOGIÉTâS SAVANTES 265 

ment^ et dès lors Taboieinent volontaire redevient possible. 
Délie. — De l'amygdalite folUonlaire ulcérée. — Cette lésion ne 
se manifeste d'ordinaire par aucun symptôme net, objectif ou 
subjectif, local ou général, et cède rapidement à une thérapeu- 
tique très simple. Tout au plus existe- t-il de la gêne à la déglu- 
tition, et parfois une perversion du goût. 

On constate d'ordinaire une amygdalite folliculaire chronique, 
mais un examen plus soigneux révèle la présence d'une ulcéra- 
tion, d'un demi centimètre à un centimètre de diamètre, à 
bords irréguliers, taillé à pic, à fond caséeux ou blanc grisâtre, 
pultacé, sans zone inflammatoire. En détergeant lulcère, on 
pénètre à la profondeur de un à deux centimètres dans une 
loge amygdalienne. Cette lésion e^t souvent unique. Elle s'ac- 
compagne fréquemment de tuméfaction ganglionnaire, et sa 
découverte est le plus souvent due au hasard. Les badigeonnages 
antiseptiques en ont eu raison au bout d'une semaine. Alors que 
Moure considère cette affection comme une amygdalite la- 
cunaire aiguë, Délie y voit un processus chronique ; une 
inflammation modérée a causé une exagération des sécrétions 
et une desquammation de l'épithélium ; ces produits ne pouvant 
être évacués, s'accumulent, d'où ulcération dans la profondeur. 
Une fois Délie avait d'abord cru à une gomme ulcérée et une 
antre fois à un cancer. 

Wagnier. — Bulle osseuse eihmoldale. — Il s'agit d*une fille 
de 24 ans atteinte d'angine et de sténose nasale très prononcée. 
La flèvre disparut au bout de quelques jours, mais des vertiges, 
des fourmillements des membres persistèrent avec obstruction 
nasale : une bulle ethmoîdale existait du côté droit. Elle fut in- 
cisée à l'anse galvanique et la capsule restante réséquée avec la 
pince de Grûnwald ; la membrane qui la tapissait à l'intérieur 
avait subi la dégénérescence myxomateuse. Le vertige subsiste 
encore, et cela, déclare Waguier, sans lésion auriculaire 
concomitante. 

Cheval.— Traitement de roiène par 1 électrolyse interstitielle.— 
Cheval établit que si l'électrode soluble positive est une 
aiguille, une tige ou une lame de cuivre, on a affaire à Véleciro- 
lyse interstitielle cuprique; au pôle positif, il se forme une com- 
binaison du Cl, de rO et du Cu, soit un oxychlorure de cuivre, 
soluble dans une solution de NaCl, donc dans du plasma. Si 
l'électrode positive est en argent, nous aurons Vélectrolyse inlers^ 
titielle argentéique. Tout cela dans une solution aqueuse de Nu 
Cl électrolysée. Pour pratiquer l'opération, il faut : !<> une 

ANHALXS PB8 MALADIBS DB l'ORBILLB BT DU LARYNX. — XXI. 18 



BIBLIOOEU.PHIE 



BIBUOCRAPHIE 



Ablation dei amjgdalM hypertrophiées avec l'anse éleotrother- 
miqne, par Canabï (Thèse de doctorat, Bordeaux 1895). 

Après avoir fait le procès de tous les traitements employés 
l'oiitre l'hypertrophie amygdalienae, C. conseille l'usai^e excln- 
sif ,1e l'anse chande. 

Action sûre et rapide dans tous les cas; absence d'hémor- 
liai-'ies et d'infection secondaire ; réaction consécutive mo- 
ArrP.e : tels sont ses principaux avantages. 

La courant doit être fourni par deux accumulateurs réunis en 
it-TLsion ; le manche k préférer est celui de Schech ; le fli doit 
i^lri' en scier; son diamètre n'excédant pas 1/3 de millimètre; 
un rhéostat est chose utile. L'anse placée avec précaution au* 
inur de l'amygdale (libérée au besoin de ses adhérences) doit la 
sei^^tionner en 3 à 4 secondes ; l'intensité du conrant employé ne 
(1. [lassera pas huit à dix ampères, 

C. conseille l'ablation des deux amygdales en deux séances 
]i;ll' crainte d'une réaction inllammaloire trop vive; il ne paraît 
|>ii< attacher beaucoup d'importance aux douleurs post-opéra- 
Li>irf!5, malgré leur fréquence et leur intensité, et considère 
I 0)11- ration comme toujours facile, avec un peu d'habitude. 

H. HIPADLT. 

Traitement des épaisBissementa de la oloiaon des foasea nualei. 
Soies et trépans éleotriqnei, par P. Lacroix (Thèse de doctorat, 

l'aris, 189B). 

L'<'peron de la cloison représente une inllrmilé, non exempte 
il'' ilaugers (otites, affections des voies respiratoires), son trai- 
tiïiiient chirurgical s'est beaucoup simplifié. Il ne faut donc pas 
ni uler devant l'inter^-ention, dont l'auteur passe en revue les 
ti'nK principaux modes. 

Il scie de Bosworth, les trépans, demandent une certaine 
pt:iLique ; leur maniement est forcément un peu long et non 
exi'inpt de douleurs. 



BIBLIOORAPHIR 269 

L'électrolyse bipolaire, avantageuse pour les éperons de petite 
dimension est surtout appréciée de malades pusillanimes ; mais 
elle n*est pas indolore, demande une surveillance très attentive 
pendant toute la durée de l'opération ; peut être suivie de réac- 
tion vive ; enfin pour les crêtes importantes, le résultat final 
peut se faire attendre quelque temps. 

Aussi, sauf indications particulières, Tauteur donne-t-il la 
préférence aux scies, trépans et tréphines, actionnés par un 
moteur électrique (genre Gramm). 

L'opération, telle que la pratiquent MM. Baratoux et Lacroix, 
est remarquable par sa simplicité, puisque sans efforts on dis- 
pose d'une grande force, et surtout par la rapidité de ses effets, 
qui diminue la douleur et le choc ; par suite, ce procédé opéra- 
toire^ toujours applicable d'ailleurs, se recommande pour les 
éperons volumineux, qu'il supprime dans un minimum de 
temps. 

La seule difficulté pratique est d'avoir à sa disposition le mo- 
teur électrique nécessaire, qui assure la supériorité à cette mé- 
thode. H. RIPÀULT. 

Œdème du larynx et laryngite sous-muqueuse, par Arthur 
KuTTNER (Berlin, 1895, édit. G. Reiner). 

Etude historique et critique fort complète, cet opuscule 
compte 82 pages et comprend une bibliographie de 329 ouvrages 
et une planche de trois dessins histologiques ; 9 observations 
inédites, dont deux avec autopsie. Voici les conclusions : 
1. La laryngite souê^muqueuie aiguë peut être de nature infec- 
tieuse primitive ou secondaire ou de nature non infectieuse, 
provoquée par des trauraatismes, des brûlures, des lésions de 
voisinage ou des affections constitutionnelles (tuberculose et 
syphilis). Dans les deux cas on distingue trois stades dans l'évo- 
lution de la laryngite : le stade œdémateux : érysipèle du 
larynx, les stades plastiques et suppuratifs : phlegmons infec- 
tieux. 

2. L'œdème du larynx comprend tous les cas où l'œdème est 
une conséquence d'un autre processus local on général ; tout 
état inflammatoire actif fait défaut ; l'étiologie de ces cas com- 
prend le mal de Bright, les affections cardiaques, la stase vei- 
neuse, Tanémie et j'hydrémie générales, des processus angio- 
nerveux. m. n. w. 



270 ÀNÀLTSB8 



ANALYSES 



I. — OREILLE 



Sur les fonciioiiB des diverses parties de l'organe de l'onle ches 
l'homme, par Weinland (Arch. fur Ohrenheilk,, Bd.37^Hft. 3 u. 
4, 1894). 

L'auteur s'est proposé d'édifier une théorie des fonctions de 
l'oreille sur des données purement anatomiques, en ne tenant 
aucun compte des expériences physiologiques, presque toujours 
susceptibles d'interprétations diverses. Sa théorie diffère de 
celle de Helmholtz et des autres auteurs en ce qu'elle n'accorde 
aucun ou presque aucun r^le à la membrane et aux osselets 
dans la transmission de la hauteur et de l'intensité des sons» en 
ce qu'elle fait pénétrer les ondes sonores dans l'oreille interne 
par la fenêtre ronde et non par la fenêtre ovale, enfin et sur- 
tout en ce qu'elle donne une explication de la perception de la 
direction du son par l'oreille. En voici le résumé. 

La hauteur et l'intensité des sons sont perçues par l'intermé- 
diaire de la membrane basilaire. Avant d'impressionner cette 
dernière, les vibrations traversent la membrane du tympan 
(qui n'est d'ailleurs d*aucune utilité à ce point de vue), puis 
celle de la fenêtre ronde, et pénètrent ensuite dans la rampe tym- 
panique du limaçon. Cette rampe présente deux particularités 
en rapport avec son rôle : ses parois ne renferment que des 
veines, car des pulsations artérielles pourraient altérer les ondes 
sonores ; de plus, sa disposition en spirale assure la réflexion 
des ondes et, par conséquent, l'ébranlement de la membrane ba- 
silaire qui forme le toit de cette rampe. Les fibres de la mem- 
brane basilaire sont unies entre elles par un tissu continu, ne 
sont pas nettement limitées à leurs extrémités, et présentent des 
points relativement fixes, par exemple au niveau des piliers de 
Torgane de Gorti : il en résulte que chacune d'elles correspond, 
non pas à un son unique, mais encore à ses harmoniques et à 



[ 



ANALTSKS 271 

une série de sons de même longueur d'ondes. Les cellules ciliées, 
unies entre elles par la membrane réticulaire, forment à la sur- 
face de Torgane de Gorti un plan qui suit tous les mouvements 
de la membrane basilaire. A chaque mouvement d'élévation 
de cette membrane, les cils viennent heurter la membrana 
tectoria ; Tébranlement des cils se transmet aux cellules corres- 
pondantes qui sont en rapport avec les terminaisons du nerf 
auditif. 

La direction du son est appréciée^ grâce à la disposition et au 
fonctionnement de la membrane du tympan. On peut se con- 
vaincre, par une simple construction géométrique, que les ondes 
sonores, après s'être réfléchies une ou plusieurs fois sur les pa- 
rois du conduit (à l'exception de celles qui y entrent parallèle- 
ment à Taxe) ne viennent pas frapper toute la surface de la 
membrane, mais seulement une portion de celle-ci. Or, si la 
région frappée varie selon le lieu d'origine des ondes sonores, 
elle est toujours la même pour une direction donnée. On peut 
déduire de ce fait que la modiflcation subie par la membrane 
ainsi ébranlée diffère selon la direction du son. Cette modifica- 
tion se transmet par la chaîne des osselets au liquide labyrin- 
thique dans lequel elle détermine un courant qui traverse 
successivement la rampe vestibulaire, Thélicotrème et la rampe 
tympanique. Dans son passage à travers la rampe vestibulaire» 
ce courant exerce h travers la mince membrane de Reissner une 
pression sur le canal du limaçon : il en résulte la production 
dans celui-ci d'un courant de sens contraire qui se dirige de 
haut en bas vers le vestibule membraneux, en refoulant plus ou 
moins Forgane de Gorti vers la base du limaçon. Or, il résulte 
d'une disposition anatomique spéciale des cellules ciliées in- 
ternes que, selon le degré de dépression de l'organe de Gorti, 
c'est-à-dire selon la direction du son, tous les cils de ces cellules, 
ou seulement une partie d'entre eux, viennent heurter la mem- 
brana tectoria, au moment où la membrane basilaire entre en 
vibration. Dans cette région précisément, la membrana tectoria 
présente à sa face inférieure une structure spécialement ferme 
et résistante (bandelette de Hensen) ; cette particularité anato- 
mique favorise l'accomplissement par les cellules ciliées in- 
ternes de cette fonction d'orientation à laquelle sont impropres 
les cellules externes en rapport avec les parties molles de cette 
même membrane. 

M. BODLAY. 



^i 



wm^-f*ii^'' 






272 



ANALYSES 



Fibro chondrome calcifié dn pavillon de Toreille, par Hermet 
{Bulletin de la Société anatomique de Paris ^ décembre 1894, 
p. 979). 

Tumeur considérable, corpuslale, opérée par M. Marchand et 
examinée par l'auteur qui la trouva composée en grande partie 
de cellules cartilagineuses. Cette tumeur, située entre la conque 
et l'hélix, est rangée par l'auteur dans la catégorie des fibro- 
chondromes branchiaux de Lannelongue et Achard, bien que le 
siège ne soit pas celui des tumeurs décrites par les auteurs, en 
raison de l'analogie de structure avec les Obro-chondromes 
d'Achard et Lannelongue. a. g. 

Hématome bilatéral des lobules, par A. Randall, de Philadelphie 
(Arch. ofotoL, n^ 3, 1894). . 

Chez une jeune fille de 15 ans, on trouve au niveau de chaque 
lobule une petite tumeur d'un rouge pourpre, dont la plus 
grosse a le volume d'une petite noisette. L'enfant avait eu une 
attaque épileptique et une violente traction avait été opérée sur 
les oreilles pour essayer de la faire revenir à elle. h. ls. 

Un cas d'otite externe hémorrhagiqne, par J. Dunn, de Richmond 
(Arch, ofotoL, n* 3, 1894). 

Un homme de 30 ans ayant eu autrefois des végétations adé- 
noïdes et présentant une diminution ancienne de l'ouïe des deux 
côtés, est pris brusquement de douleurs vives dans l'oreille 
gauche qui, en moins de douze heures,aboutitàune hémorrhagie 
notable par le conduit. Inflammation manifeste du conduit et de 
la membrane du tympan, sans perforation, avec de très nom- 
breuses petites extravasations sanguines qui siègent surtout 
dans la partie postérieure et supérieure du conduit près du 
tympan. Quelques heures après l'examen, l'oreille droite qui 
avait été trouvée normale devint douloureuse à son tour, laissa 
couler du sang et présenta exactement la même apparence que 
la gauche. m. ls. 

Du rôle joué par les agents de la suppuration dans les déchirures 
du lobule de l'oreille chez les malades porteurs de boucles 
d'oreilles, par L. Leloir. (Le Nord médical^ !•' avril 1895.) 

L'auteur rappelle que la déchirure du lobule de l'oreille a été 
souvent attribuée au port d'une boucle d'oreille plus ou moins 
lourde. 



ANALYSES 273 

Or, si Ton examine le rapport du poids des bijoux avec le 
nombre d'oreilles déchirées, on voit que ce ne sont pas les bou- 
cles d'oreilles les plus pesantes qui déterminent le plus de dé- 
chirures. 

On a aussi incriminé le tempérament scrofulo tuberculeux. 
Pour Leloir^ il n'a d'action que parce que les gens dits lympha- 
tiques fournissent un bon terrain de culture aux agents de la 
suppuration. Cette déchirure du lobule peut s'observer chez des 
non lymphatiques, comme le prouve Tobservation d'une de ses 
malades qui, au moment où on lui perça les oreilles, soignait 
un petit enfant atteint dMmpétigo confluent de la face et de pus- 
tnlettes d'ecthyma des mains, et par lequel elle fut infectée. 
Chaque lobule devint le siège d'une ulcération avec croûtes im- 
pétiginiformes qui guérirent par un traitement antiseptique 
approprié. 

Emphysème de la membrane du tympan et de la région mastoï- 
dienne, par Haug (Mûnch, med, Wochenschr,, octobre 1894). 

Obseinration d'un homme de 25 ans présentant un catarrhe 
simple des deux trompe)!. L'examen montra les deux tympans 
enfoncés et d'une minceur telle que toutes les parties sous-ja- 
centes étaient nettement visibles. Le malade n'ayant aucun 
phénomène aigu ni subaigu, H. donna la douche de Politzer, qui 
produisit immédiatement des douleurs extrêmement violentes. 
A l'examen on vit les tympans couverts d'ecchymoses puncti- 
formes, le gauche présentant en outre dans son épaisseur des 
bulles d'air. De plus, une tumeur emphysémateuse s'était 
formée derrière l'oreille gauche. Tous ces accidents disparurent 
sous Tiniluence du massage. 

Pour expliquer le mécanisme de cet emphysème, l'auteur 
admet que la muqueuse et la fibreuse de la membrane tympa- 
nique ont été déchirées par l'air comprimé, celui-ci passant 
dans les cellules pneumatiques s'est infiltré sous les téguments 
à travers une déhiscence préformée de la corticale. 

G. LAURENS. 



Fibrome papillaire kystique télangiectasique de la caisse du 
tympan, par Cozzolino. (Arch, iial, di otoL, etc., 1894, fasc. 3). 

Cette variété extrêmement rare de polype de la caisse fut 



PfJ.'^-^:^^^.^ :^ 



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374 ANALYSES 

observée par G. chez an enfant de quatre ans et demi qui étai t 
atteint depuis plus de deux ans d'un écoulement de l'oreille 
droite consécutif à une scarlatine. La tumeur, très volumineuse, 
faisait saillie au dehors et remplissait toute la conque. Sa sur- 
face lobulée et granuleuse rappelait celle d'un chou fleur. Elle 
était pédiculée et fut enlevée à Tanse. Sa structure histologique 
était celle d'un papillome. Chaque papille était constituée par un 
stroma conjonctif lâche servant d'enveloppe et de soutien à une 
multitude de capillaires à parois très minces et terminés en 
anses ; cà et là ces capillaires étaient rompus et avaient amené 
la formation de kystes hémorrhagiques à parois pigmentées. La 
surface des papilles était revêtue d'un épithélium stratifié. En 
quelques points la tumeur présentait une tendance à la méta- 
plasie sarcomateuse qui pouvait faire redouter une récidive, 
mais cette crainte ne se justifia pas dans la suite, m. boulât. 

Otites moyennes purulentes, par Tillaux. (Semaine médicale ^ 
19 septembre 1894). 

M. le professeur Tillaux a jugé utile, à propos d'un malade de 
son service (clinique chirurgicale de l'hôpital de la Charité) qui 
présentait une otite moyenne subaiguê à pneumocoques, de 
rappeler aux élèves les symptômes et Tétiologic des otites. C'est 
ainsi qu'il interprète les signes fournis soit par le malade, soit 
par l'examen objectif, signes sur lesquels nous n'avons pas à 
insister ici. Le point sur lequel le professeur Tillaux insiste avec 
beaucoup de raison est l'utilité de la paracentèse du tympan 
lorsque la perforation qui s'est faite naturellement est trop 
étroite pour donner issue au pus. Il termine par le traitement à 
employer: lavages antiseptiques et douches de Politzer pour vider 
la caisse. f. hilmx. 

Otopathies syphilitiques héréditaires et acquises, par Gozzolino. 
(Gaz, degli 08pit.,6 avril 1895). 

La syphilis, d'après la statistique, ne donnerait que 6 à8 pour 
1000 des affections de l'oreille. Pourtant, en moins d'un mois 
C. a rencontré quatre cas incontestables : i** sclérose au début 
du tragus ; 2<' otite moyenne suppurée avec infection gommeuse du 
voile du palais; 3** otite moyenne et rhinite pyogène par syphilis 
héréditaire chez un enfant de quatre mois ; 4^ labyrinthite bila- 
térale avec surdité complète par syphilis acquise. 



ÀNALT8B8 275 

Bien d'autres lésions syphilitiques de i*oreille peuvent être 
observées ; chancre du pavillon très rare et ordinairement à la 
suite de morsures, plaques muqueuses et gommes du pavillon 
également rare, impétigo iodens plus fréquent et très grave, 
exostosesy hyperostoses, ostéomes du conduit auditif externe, 
otalgies, afifection où il faut toujours penser à la syphilis périos- 
tite subaiguë, otite moyenne suppurée, périostite chronique de 
la capsule du labyrinthe, otite sèche et scléreuse, chancre de 
la trompe d'Eustache, ostéo-périostite de Tapophyse mastoîde. 
Ces lésions sont souvent Tobjet d'erreurs de diagnostic en parti- 
culier avec la tuberculose. L'importance clinique de la syphilis 
de Toreille est donc considérable. Mais le traitement spécifique 
doit presque toujours être complété par le traitement local. 

Evidemment G. rappelle Teïistence de lésions blennorrhagiques 
du nez, de Toreille et de la bouche, lésions qui sont fatalement 
méconnues si on ne recherche pas le gonocoque de Neisser. 

A. p. PLIGQVE. 

Trois cas mortels de complications intra-crftniennes d'origine 
otiqoe, par Moos, d^Heidelberg (Arch. of oioL, n« 3, 1894). 

i« Homme de 54 ans, ayant une otorrhée gauche depuis la 
première enfance. A la suite d'un refroidissement, est pris de 
douleurs vives dans Toreille avec gonflement de Tapophyse. La 
trépanation permet de laver Tantre qui renferme des masses 
d'aspect caséeux ; malgré cela, il se produit des vomissements, 
de la prostration et des signes de pyosepticémie. A Tautopsie, 
thrombose des sinus transverse, semi-circulaire et pétreux infé- 
rieur. 

2* Homme de 37 ans ; otite moyenne purulente depuis l'en- 
fance. Gholestéatome de la cavité tympanique et de Tantre. 
Carie osseuse et paralysie faciale. Douleurs de tête très vio- 
lentes et frissons répétés. A l'autopsie, thrombose des sinus et 
abcès cérébelleux. 

3* Homme de 35 ans, ayant eu un abcès scarlatineux dans 
Tenfance. Huit jours avant la mort, est pris de douleurs vives 
dans la profondeur de Foreille droite, sans aucun autre trouble 
que de Tinsomnie et des frissons deux jours avant la mort : 
perte de conscience seulement pendant la dernière heure. A 
Tautopsie, abcès cérébral gros comme un œuf de poule à droite 
et abcès cérébelleux du cAté sain. m. ls. 



-■»■ 






2*76 ANALTSBS 



II. — NEZ ET SINUS 

Le canal inoinf et l'organe de Jacobson, par Paul Raugé. (Arch. 
intern, de Uryngologie. Tome VII, n« 4, page 208, juillet- 
août 1894). 

Après avoir donné une description très minutieuse de Torgane 
de Jacobson type, tel qu'il se présente chez le mouton, R. se 
demande quelles sont les parties de la cloison nasale dans les- 
quelles on peut retrouver l'analogie de cet organe chez Thomme. 
Or, non-seulement chez celui-ci, cet organe s'est atrophié au 
point que son identité est devenue impossible à établir, der- 
nière étape involutive d'un organe destiné à disparaître, mais 
même dans la vie intra-utérine, pendant laquelle l'individu re- 
fait en quelques mois les étapes involutives que l'espèce a len- 
tement parcourues, on ne trouve pas d'organe de Jacobson par- 
fait, mais seulement une invagination de la muqueuse sur la si- 
gniûcation de laquelle on doit être d'accord. 

On a cependant cherché à retrouver chez l'homme adulte 
l'analogie de l'organe de Jacobson des ruminants ; on a voulu 
lui assimiler les os sous-vomériens ; or, ces os diffèrent absolu- 
ment de l'organe de Jacobson, et par leur structure, et par leur 
forme, et par leur situation, et par leur origine ; ils sont, au 
contraire, les homologues naturels de l'apophyse médio-palaline 
qui divise le canal incisif du mouton. 

R. pense que l'appareil de Jacobson, formé chez le mouton 
d'une gaine ostéo-carlilagineuse contenant un cul-de-sac mem- 
braneux, est dissocié chez l'homme ; la gaine, rudimentaire et 
atrophiée, est représentée par les noyattx cartilagineux acces- 
soires décrits par Sappey au niveau du bord inférieur de la 
cloison, languettes elliptiques ayant même tissu, même situa- 
tion, même forme que le corps de Jacobson ; et le sac membra- 
neux se retrouve plus haut, au-dessus du bourrelet allongé 
formé par la saillie de ces petits noyaux, sous forme d'un étroit 
conduit, dont Potiquet a pu cathétérîser l'orifice sur le vi- 
vant. 

A la dissociation anatomique de l'appareil de Jacobson 
humain, correspond une dissociation parallèle de ses fonctions 
pathogéniques, qui intéresse les rhinologistes. 



r 



ANALTSBS 277 

Les saillies horizontales allongées qa'on observe si fréquem- 
ment à la partie antéro-inférieare de la cloison, reconnaissent 
souvent pour cause la déviation ou l'hypertrophie de ces deux 
languettes cartilagineuses (Sandmann, Lôwe, Onodi). 

L'ulcère perforant d*Hajek serait, d'autre part, l'aboutissant 
d'un travail inflammatoire produit par la stagnation des pous- 
sières dans le cul-de-sac jacobsonien (Potiquet). 

Quant au rôle de Torgane de Jacobson, aucune hypothèse, 
faite pour l'expliquer, n'a de base rigoureuse. Jacobson et Cu- 
vier en faisaient le siège d'un sixième sens, destiné à percevoir 
les qualités toxiques des aliments et à permettre aux ruminants 
de distinguer, parmi les herbes, celles qui leur sont nuisibles ; 
hypothèse séduisante, mais très invraisemblable. Comme tant 
d'autres éléments en vue de régression philogénique, ce corps 
n'est sans doute que le souvenir affaibli d'un organe qui fut 
parfait à un âge indéterminé de la série atavique, mais qui s'est 
effacé peu à peu, à mesure que sa fonction a cessé d'être né- 
cessaire. M. L. 



Atrétie nasale, par W. Hanan Lœb. {New-York med, journ., 
45 décembre 1894). 

L. rapporte un cas d'atrésie double des fosses nasales consécu- 
tives à la variole. La guérison fut obtenue par l'intervention 
opératoire. ▲ f. plicque. 

Atrésie congénitale deschoanes. par Dionisio [Giornale dell acad. 
di medic, di TorinOj février 1895). 

û. a pu relever 22 observations de sténoses ou d'occlusions 
congénitales des choanes soit osseuses^ soit fibreuses. Il en rap- 
porte un cas personnel avec lame Abreuse extrêmement épaisse. 
Des dilacérations répétées de cette lame améliorèrent considé- 
rablement la respiration nasale^ l'état de la muqueuse pituitaire 
auparavant sèche et atrophiée, et surtout l'audition compromise 
par un catarrhe secondaire de l'oreille moyenne et le mauvais 
fonctionnement de la trompe d'Eustache. 11 insiste sur la facilité 
avec laquelle ces malformations peuvent être, dans un examen 
superficiel, confondues avec des végétations adénoïdes. C'est & 
ce diagnostic qu'il avait d'abord songé dans sa propre observa- 
tion et l'examen rhinoscopique présenta avant la dilacération, 
des difficultés extrêmes. a. f. pucque. 



7<zr L. X3Qffii»i(9 Xstt'York med. 



j^ar^y. 23 4*vr:er L"*tHî . 



Jk. ïBàiiitK for JL âr»ipB!ib:i» •axrtOB» tn» «i^tacs. irrégularités, 
^''acon» 'in. ieçonft bosmL 'îa Ls» wsatiMair^ éami <0 * , des cas 
éfi eaCarrlL^ oasEkL £bï int 3«giiiiiiHiç ^la& f ifil mi t poar la 

pri«in<:t4r)a «^ i.''>]itr*!tLs& ie <?» •siarrte* i{«z Atlfint une per- 
Vinxktf^ va ^Eitr». •^'d» "itHifies Lr^ oiviiicuT»» clÎHMtériqaes. Lé 
trCt<;nkmt 'ra!m2rzi«:;u ^^ Lfl> seoi <fôc;^e et est suivi des 



par Jk. KciK .Aciv^Forlc med. 
jonrm^ 1%^. pt 754 . 

IL rapports tro» o^•$<^^^1ioa:^teBds]lt à montrer qne les troa- 
blft d« la cfri^bration, l'aprosexie siçnalée pur Gaye d'Amster- 
dam c.hffi l'» «lofants à la suite de lésîoiis nasales, s« rencon- 
Irt^nl égal^^meat et soat m4me plus prononcés chex les adultes. 
Dans ie^ tr^/U ca$, la suériâon complète des Ironbles cérébraux 
fot crbtenae par le traitement local. a. f. fucqub. 



Etada mut Fétiologie et la pstkogène dn oorya oaaèeax, par 
M. Be;ir;^L£fL ^Reeae de Uiyngotogie, 15 décembre 1894 et 
ITf janvier 1893 . 

ApWr» dîsca^sion des différentes tbéories émises, Fautear 
n'admet pas l'entité de raffection. 

En effet, l'examen macroscopiqne n*a jamais montré que des 
Unioua de pare inflammation : l'affection, toujours cantonnée à 
une fosse na^^ale, a guéri constamment aussitôt l'expulsion mé- 
canique des masses caséenses achevée ; donc, pas de processus 
morbide particulier. 

l/A(T«*ctinn diffère du vrai cholestéatome auriculaire (Coxzo- 
lino, Wagnter) par Tabsence de membrane enveloppe et de toute 
récidive après intervention. 

Otte rhinite rentre dans la symptomatologie de diverses 
affections nasales primitives : corps étrangers, syphilis, mais 
Murtout obstruction, qu'elle ait pour siège les cornets ou la cloi- 
Him, ou 1rs deux à la fois ; ou bien encore se rattache à des 
suppurations des cavités annexes. 

Les sécrétions et les produits de desquamation de la pitui- 
taira, ne pouvant s'éliminer par étroitesse des voies naturelles, 
s*nccuroulent peu à peu ; les microbes de la euppuration et 



ÀNALT8S8 279 

surtout une grande bactérie filamenteuse décomposent ce 
magma en lui donnant sa consistance et son odeur particu- 
lières. H. RIPACLT. 

Rhinite atrophique et hypertrophique, par A. Pick {New* York 
med.journ,, 1894, p. 621). 

Dans le traitement P. insiste sur Timportance des croûtes féti- 
des, adhérentes à la muqueuse. 11 préconise les applications 
stimulantes de teinture d'iode et de glycérine à parties égales, 
d'une solution de kéroline et ichtyol à deux ou cinq pour cent. 
Les pulvérisations dans la rhinite atrophique donnent de 
meilleurs résultats que les lavages. Si le traitement est énergi- 
que et surtout prolongé, la guérison devient la règle. 

A. F. PLICQUB. 

Perforations du septum nasal, par Adolphe Rupp (Afed, record^ 
22 décembre 1894). 

Affection assez rare. Les perforations du septum nasal n'ont 
été constatées que trois fois sur 493 malades atteints d'affec* 
lions nasales. Une statistique plus complète portant sur 2100 
malades ne donne que vingt perforations. Gomme cause R. si- 
gnale les malformations congénitales, les traumatismes, les 
lésions de voisinage (polypes, rhinolithes), la syphilis (iropor- 
tante),la tuberculose, le lupus, le rhumatisme (?) la diphtérie, les 
maladies infectieuses diverses. Le traitement ne peut être effi- 
cace qu'après iivoir supprimé la cause. R. préconise surtout les 
caatérisations au nitrate acide de mercure, au nitrate d'argent, 
au galvano-cautère, appliquées avec ménagements, de façon à ne 
pas produire trop d'inflammation et surtout de destruction des 
parties saines de voisinage. Certaines perforations restent, quoi 
qu'on fasse, incurables. 

À. F. PLICQUI. 

Un symptôme peu connu du chancre de la pituitaire, par Rollet 
et Chapuis {Revue générale de clinique et de thérapeutique^ 
n* 22, 15 septembre 1894). 

« Un homme de 23 ans se présente avec un chancre en pleine 
évolution situé dans la narine droite, accompagné de tous les 
signes habituels. Le lendemain, une roséole se développait et 
confirmait le diagnostic. 



280 ANALYSES 

Cette observation serait banale si elle ne mentionnait un symp- 
tôme utile à connaître, mais trop peu recherché div chancre 
de la pituitaire. C'est le gonQement des glandes lymphatiques 
avoislnant des deux côtés la grande corne de Tos hyoïde. D'oxx 
cette conclusion clinique : on doit pratiquer l'examen de ces 
deux ganglions, celui du ganglion préaxoïdien, et rechercher ces 
glandes dans les cas de chancre nasal, car leur existence pos- 
sède une réelle valeur diagnostique. » 

Un autre fait intéressant à noter dans cette observation, c*est 
que le malade s'était inoculé son chancre en maniant des objets 
de pansement servant à un syphilitique. Il présentait, au mo- 
ment de rinoculation, un peu d'impétigo de l'entrée des narines, 
et c*est en touchant son nez avec ses doigts malpropres qu'il 
s'était donné la syphilis. f. hrlmb. 

Des affections nasales ohei les écoliers, par Maxim ilien Brbsgen 
{Mùnch. med, Wochenschr,^ n» 1, 1893). 

L'auteur attire une fois de plus l'attention sur la très grande 
fréquence du coryza aigu et chronique chez les enfants ; ce der- 
nier entraîne tout une série d'affections locales et générales par 
suite de l'oblitératioa partielle des narines, de la respiration 
buccale, de la création sur la pituitaire ulcérée de portes d'en- 
trée pour toutes les maladies microbiennes. m. n. w. 

Une nouvelle application de rélectrioité à la rhinologie, trépana- 
tion et massage électriques, par le D' F. Helmb (Médecine mo- 
derne, n» 99, 12 décembre 1894). 

Cet article a pour but de présenter au public médical fran- 
çais le tour électrique de Spiess de Francfort, construit par uu 
ingénieur électricien de cette ville, M. Béez. S'adressant surtout 
aux praticiens, l'auteur a cru devoir, au début de son travail, ex- 
pliquer les dangers de l'obstruction nasale et le rôle que joue 
cette obstruction dans la production de diverses affections chro- 
niques du poumon. Puis vient la description de l'appareil, la 
technique de son emploi. 

H. a employé, concurremment avec Lermoyez, le tour électri- 
que, dans les crêtes osseuses ou cartilagineuses et les déviations 
de la cloison. 11 la utilisé également, soit pour pratiquer le mas- 
sage vibratoire de la muqueuse nasale ozène, soit ponr vi- 
brer le larynx. Il reconnaît que l'expérience est trop récente 
pour qu on puisse se prononcer longuement. Cependant, il es- 



ANALYSES 281 

tinie que, tel qu'il est, l'instrument pourra rendre les plus grands 
services. Utilisant, sous une forme nouvelle, Télectricité de plus 
en plus répandue dans nos demeures, il permet l'exécution fa- 
cile, automatique en quelque sorte, de manœuvres que leurs dif- 
ficultés ne rendaient accessibles qu'à un petit nombre de mé« 
decins. m. l. 

Traitement de Thypertrophie nasale, par Lucas Chahpionnièri. 
(Académie de médecine, séance du 9 avril 1895}. 

L'auteur présente un malade atteint d'une hypertrophie con- 
sidérable du nez, opéré par la méthode d'Ollier^ c'est-à-dire, la 
décortication par le thermo-cautère, sans aucune tentative de 
restauration. La réparation, très satisfaisante, grâce à un pan- 
sement humide permanent, s'est faite aux dépens des parties 
voisines, qui ont été, en quelque sorte, attirées sur le nez. Il est 
important de ne pas entamer les narines et surtout la sous- 
cloison, dont la blessure modifierait la charpente nasale. 

M. L. 

Contribution à l'étude des suppurations du sinus frontal et en 
particulier de son traitement chimrgical, par Luc. (Arch, in^ 
tern. de laryngologie. Tome VII, n* 4, page 187, juillet-août 
1894). 

Avec Jansen, L. s'appuyant sur trois cas personnels rappor- 
tés dans ce 'travail, admet que les cellules ethmoîdales anté- 
rieures participent presque toujours à la suppuration du sinus 
frontal. Quand, en cas d'empyème du sinus maxillaire, on voit 
du pus reparaître dans le méat moyen, immédiatement après le 
lavage de cette cavité, on peut presque à coup sûr diagnostiquer 
un empyème du sinus frontal ; et à supposer que le pus ne pro- 
vienne alors que des cellules ethmoîdales, le meilleur moyen 
d'atteindre le foyer est encore d'ouvrir d'abord le sinus frontal. 
En effet, l'ouverture des cellules ethmoîdales est incertaine et 
dangereuse quand elle est pratiquée de bas en haut, à travers 
la cavité nasale^ au moyen d'instruments qui menacent à la fois 
rintérieur du crâne et le contenu de l'orbite. Et les tentatives 
de guérison d'un empyème, au moyen de lavages dirigés par la 
fosse nasale vers le canal naso-fronlal, ne sont justifiées que 
dans le cas récent ot quand la conformation nasale s'y prête 
sans nécessiter de manœuvres douloureuses pour le malade. 

ANNALBA DBS MALADIES DE L'oREILLB ET DU LARYNX. — XXI. 19 






*, 



r*- - ■ . V -, i 



282 ANALYSES 

Au conirairei Touveriare du sinus frontal au point le plus dé- 
clive de sa paroi antérieure, immédiatement au-dessus de la 
racine du nez, est une opération exempte de tout péril, à con- 
dition qu^elle soit exécutée avec la gouge et le maillet, et 
qu'après Tablation de la première esquille, la paroi profonde 
soit garantie contre les dérapements possibles de la gouge au 
moyen d*un protecteur. Si les lésions sont anciennes, l'ouver- 
ture doit être large pour pouvoir pratiquer un curettage com- 
plet de toutes les fougosités et le faire suivre d'une cautérisation 
de toute retendue des surfaces suppurantes. L'auteur propose 
même d'augmenter considérablement les chances de guérison 
radicale, en supprimant la totalité de la paroi antérieure du 
sinus, et, par suite^ sa cavité osseuse : il conseille d*y recourir 
surtout en cas d'exiguité du sinus, de façon à restreindre la dé- 
fîguration consécutive. Dans tous les cas, l'ouverture du sinus 
frontal doit être suivi de celle des cellules ethmoldales, et, du 
même coup, de la création d'une large brèche de communica- 
tion entre le foyer fronto-ethmoîdal et la fosse nasale correspon- 
dante. 

Une fois, le drainage du foyer assuré au moyen d'un gros 
drain introduit par la cavité nasale jusqu'au fond du sinus 
frontal, à travers la brèche sus-mentionnée, il y a intérêt à su- 
turer immédiatement la plaie ; on diminue ainsi la durée du 
travail de réparation et on réduit au minimum la défiguration 
ultérieure. m. l. 

Plaies du crftne par balles de revolver ; épistazis à répétition ; 
ligature des deux carotides externes, rabattement du nez, et 
tamponnement des sinus sphénoidaux par où se faisait l'hémor- 
rhagie venant sans doute de la carotide interne droite. Guéri- 
son du blessé, par E. Schwartz. {Arch, iniern. de laryngologie. 
Tome VIF, n« 4, page 228, juillet 1894). 

V. M. se tire, le 7 juin 1893, deux coups de revolver. A l'entrée 
à l'hôpital, on constate au niveau de la région fronto- temporale 
droite deux orifices d'entrée produits par deux balles calibre 7. 
Strabisme interne et cécité complète de l'œil droit. Epistaxis 
abondante, mais qui s'est arrêtée spontanément. Pas de trouble 
cérébral appréciable. On s'abstient de rechercher les projectiles : 
les plaies sont guéries le 18 juin. 

Vers le 15 juillet, épistaxis profuse, suivie de cinq autres, qui 
ont plongé le malade dans un état d'anémie très accentué. Ren- 



ANALYSES 283 

tre à l'hôpital le 5 décembre 1893 : maux de iéte continuels, 
sans phénomènes cérébraux, sans fièTre. Quelques jours après^ 
une hémorrhagie formidable se produisit : du sang rutilant cou- 
lait à flots par les deux narines. Le 6 janvier, ligature de la 
carotide externe gauche. Le 17 janvier, nouvelle hémurrhagie 
par la narine droite, nécessitant la ligature de la carotide 
externe droite. Deux jours après, nouvelle épistaxis aussi formi- 
dable qu*au début ; il devient évident que le tronc artériel blessé 
dépend de la carotide interne. L'état général du malade devient 
si mauvais, que la mort est certaine si une nouvelle hémorrha- 
gie se reproduit encore. S. se décide à aller directement à la 
recherche du foyer de l'hémorrhagie ; le 14 février, après avoir 
rabattu le nez suivant la méthode d'OUier, il pénètre dans les 
deux sinus sphénoîdaux, pleins de sang coagulé, constate qu'ils 
communiquent entre eux, et les tamponne à la gaze iodoformée. 
1$ jours après, les mèches sont prudemment enlevées. Le malade 
sort guéri le 8 mars : depuis, les hémorrhagies nasales ne se sont 
pas reproduites. 

S. suppose qu'il s'agit d'une blessure de la carotide interne, 
probablement après sa sortie du sinus caverneux droit, la 
blessure simultanée du nerf optique et du nerf moteur oculaire 
externe confirme ce diagnostic ; à ce niveau, la carotide interne, 
sise en arrière et en dedans de l'apophyse clinoîde antérieure, 
n'est séparée de la cavité du sinus sphénoîdal que par une mince 
lamelle osseuse. Il est de plus probable que la balle n'avait fait 
qu'une très petite plaie primitive^ et que c'est secondairement, 
consécutivement à des phénomènes de nécrose que se sont pro- 
duits les épistaxis si formidables. m. l. 



IIL — BOUCHE ET PHARYNX 

Deux cas d*hémiatrophie de la langue, par G. Ghiucini (7/. Poli- 
clinico. Vol. I-M, fasc. II, ^894). 

Deux observations détaillées, accompagnées de figures. 

Dans le premier cas, chez un homme de 25 ans, la cause de 
l'hémiatrophie n'a pu être trouvée, il parait certain que la sy- 
philis était absente, malgré une vie déréglée et divers accidents 
vénériens. 11 y a cinq ans, cet homme fut, pendant quelque 
temps, sujet à des accès de mutisme subit et complet, se répé- 






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284 



ANALYSAS 



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tant plusieurs fois par jour, durant 5 à 10 minutes ; il lui était' 
alors impossible de proférer un son, il s'arrêtait court au mi- 
lieu d*une phrase quoiqu'il sût fort bien le mot qu'il voulait 
dire et reprenait la parole aussi subitement. L'arsenic et des 
compresses froides sur la tète eurent raison de ces accidents en 
15 à 20 jours. Beaucoup plus tard, il s'aperçut par hasard que 
sa langue était déviée à gauche, sans aucune gène d'ailleurs. 
L'auteur constata une atrophie de la moitié gauche de la langue 
dans son tiers antérieur avec déviation du raphé à droite lorsque 
la langue est dans la bouche et déviation de la langue et de son 
raphé gauche sur la langue pendante ; le voile du palais légère- 
ment dévié à gauche, la corde vocale gauche parétique et 
atteinte d'une cordite légère. Il n'y a aucun trouble fonctionneli^ 
à part une diminution du goût. 

Dans le second cas, Thémiatrophie de la langue survint à la 
suite d'une blessure grave au c6té gauche du cou qui avait évi- 
demment intéressé le grand hypoglosse ; l'hémiparésie) des 
troubles graves de la parole s'installèrent aussitôt que la plaie 
fut guérie, au bout de 28 jours; quatre mois plus tard, il n'y avait 
pas encore d'atrophie, mais elle était notable au bout de 
vingt mois ; le voile de palais» le larynx sont normaux, le goût 
peu altéré. Les troubles de la prononciation sont minutieuse- 
ment étudiés. M. N. w. 



Calcul deTamygdale gauche, par H. Botey [Arch. latinos de rinoL 
lar. otol. Année VI, n® 50. page 33.) 

L'auteur insiste sur la rareté des calculs amygdaliens : sur 
plus de cinq mille affections du pharynx, observés par lui depuis 
neuf ans, il n'en a rencontré qu'un cas. 

Il s'agit d'un homme de 55 ans, éprouvant depuis deux ans 
des douleurs localisées au côté gauche de la gorge ; jamais d'amyg- 
dalites aiguës antérieurement; le début a été progressif. L'amyg- 
dale gauche,. volumineuse, présente en son milieu une fissure 
verticale de mi -béante au fond de laquelle se reconnaît un corps 
dur : celui ci, après débridement au bistouri du tissu amygda> 
lien, est facilement extrait avec une pince ; il est formé d'un 
calcul de phosphate de chaux de 19 millimètres sur 15. La loge oc- 
cupée par ce calcul ne se combla qu'après grattage avec la curette 
de Trautmann et application de glycérine au sublimée à 1/25. 

B. insiste sur les inconvénients qui résultent de la présence 
d'un calcul dans une région dangereuse comme la loge amygda- 



ANALYSES 285 

lienne, à deux pas de la carotide interne et de la jugulaire dont 
elle n*est séparée que par le mince plan musculo-aponévrotique, 
qui forme le fond de cette cavité. Le calcul amygdalien est une 
w épée de Damoclès », constamment suspendue sur le pharynx 
du malade. m. l. 

Lesamygdalites aigads et leurs formes, par le Prof. Massei [Riforma, 
medica^ n?* il et 18, janvier 1895). 

Deux leçons formant une monographie très complète sur ce 
sujet ; au point de vue de la classification, Tauteur adopte celle 
de M. Marfan, qui divise les angines en rouges, inflammatoires, 
et blanches, exsudatives avec leurs subdivisions, suivant les 
microorganismes qui les causent ; il insiste beaucoup sur Tin- 
suffisance du diagnostic purement clinique, insuffisance qui a 
une importance pratique, thérapeutique, essenlielle. Nous ne 
voyons d'ailleurs rien d'original à noter pour Tétiologie, ni 
pour les symptômes et le traitement. m. n. w. 

Excision des amygdales an moyen de ciseaux, par A. Bliss, de 
Philadelphie {Therap. gazette, \o mars 1895). 

L'auteur décrit des ciseaux coudés à lames couines et à 
branches solides dont il se sert pour enlever les amygdales. Il 
préfère opérer ses malades après éthérisation. Il enlève les 
amygdales par fragments et fait parfois plusieurs séances. Trois 
photographies sont adjointes à ce travail qui renferme aussi une 
revue statistique des cas d'hémorrhagie après Tamygdalotomie. 

M. LS. 

Hémorrhagie après la tonsillotomie, par Prigb-Brown (Ca/iacfiVin 
practiiioner, lo décembre 1894). 

L'auteur rapporte en détail trois cas qu'il a observés lui-même 
et fait remarquer qu'il n'a jamais eu d'hémorrhagie sérieuse pri- 
mitive ou secondaire. D'ailleurs, l'ancienne opinion que Ton peut 
blesser la carotide interne est aujourd'hui considérée comme 
fausse. 

En réunissant les cas rapportés, l'auteur arrive à un total de 
64, dont trois chez des enfants de 6, 8 et 10 ans. Dans les 61 cas 
d'adultes, l'hémorrhagie s'est toujours produite deux jours après 
l'ablation des amygdales d'où l'indication de garder les opérés 
en observation pendant au moins trente -six à quarante-huit 
heures. m. ls. 



286 ANALYSES 

Traitement de la diphthérie, par Lrnnox Brownb {Tfte médical 
press and circular^ 13 février 189o, n® 7). 

Celte leçon est une revae des résultais obtenus jusqu'à présent 
par la sérumthérapie appliquée à la diphthérie. L*auteur insiste 
avec raison sur la difficulté qu'il y a à comparer entre elles les 
différentes statistiques ; on perd, en général, de vue que la mor- 
talité par diphthérie a toujours été beaucoup plus faible en An- 
gleterre qu'ailleurs ; à Paris, avant l'antitoxine, la mortalité 
moyenne était de 51,7 %, tandis qu'elle était à Londres 
(North-Western Hospltal) de 26, 4 **/o ; en soustrayant les décès 
survenus dans les 24 heures après l'admission, la mortalité tombe 
îi 22,4 **/o et en rejetant les décès des 40 premières heures, 
à 17,86 *'/o. Après avoir décrit le mode de traitement, Fauteur 
examine les bons effets et aussi les inconvénients de l'anti- 
toxine ; son expérience personnelle est d'accord avec celle de 
beaucoup d'auteurs : la tendance à la néphrite est accrue par 
l'antitoxine ; Texcrétion de Turée est de beaucoup supérieure à 
celle que Ton observe en dehors de l'injection de sérum, il y a 
donc déjà certainement un surcroît de besogne pour le rein ; 
dans les cas de décès consécutifs au traitement nouveau il y avait 
de Tanurie. 

La statistique personnelle de l'auteur est la suivante : 45 cas, 
dont 44 baclériologiquement vérifiés, 2 décès = 4, 4 %• Dans 
les 24 jours précédant le traitement par l'antitoxine il y avait eu 
50 cas, 17 décès zz 34 °/o. Le traitement par le sérum n'a jamais 
/Hé employé seul^ mais toujours concurremment avec le traitement 
local cl général antérieurement adopté, ce que l'auteur considère 
comme la conduite rationnelle, quoique moins intéressante au 
point de vue expérimental. m. n. w. 

Prophylaxie de la diphthérie par l'antitoxine. (Arch. of pediatrics, 
février 1895, p. 108). 

Le pharynx de tous les enfants ayant été examiné à l'Asile in- 
fantile de New-York, on trouva le bacille de Lôffler chez près de 
cent enfants bien portants ; tous les nouveaux cas de diphthérie 
se développèrent précisément chez ces enfants. Soixante d'entre 
eux furent alors isolés ; 30 reçurent matin et soir une douche 
naso-pharyngienne d'eau salée : il n'y eut pas de diphthérie sur 
ce nombre, 30 autres reçurent en plus une injection préventive 
de sérum de Behring (loO unités) ; un enfant de cette dernière 
série, garçon de o ans, fut atteint, cinq semaines après l'injection, 
de pneumonie lobaire, suivie de diphthérie. m. n. w. 



ANALYSES 287 

La Bérothorapie dans la diphthérie, par Egidi (Bollet. délie malal, 
deirorecch., janvier 1895). 

L'auteur rapporte le résultat des obserrations qu^il a faites 
sur l'emploi du sérum antidiphthérique dans les hôpitaux de 
Paris. De cette étude, entièrement favorable à la sérothérapie, 
il conclut que : i^ le sérum doit être employé non-seulement 
comme moyen curatif, mais encore à titre prophylactique ; 2* le 
sérum ne guérit pas tous les cas de diphthérie ; les insuccès ne 
sont pas dûs cependant à son inefficacité, mais bien h Tassocîa- 
tion au bacille de Ixiffler de microbes divers, en particulier de 
streptocoques. Aussi le diagnostic bactériologique est-il néces* 
saire avant d'entreprendre les injections du sérum ; 3o dans 
les grands centres, les enfants atteints de diphthérie devront 
élre réunis dans des pavillons spéciaux, non-seulement par 
raison d'hygiène, mais afin de fournir les éléments d'une 
vaste statistique. m. boulay. 

Sténose syphilitique du pharynx, par Rattlb ( The médical prêts and 
circulaPy n« 7, 1893, p. 165). 

Le patient, âgé de 24 ans, est présenté à la Société clinique de 
Londres. A la suite d'une ulcération tertiaire du pharynx, il s'est 
constitué un rétrécissement cicatriciel ù la partie inférieure du 
pharynx, à la hauteur de la base de la langue ; un cathéter n« 12 
passait à peine, l'épiglotte avait disparu. Trachéotomie, puis inci- 
sion de la cicatrice à Taide de ciseaux et du bistouri, enfin dilatation 
progressive, que Ton est obligé de continuer de temps en temps, 
afin de combattre la tendance énorme à la rétraction du tissu 
cicatriciel ; en somme, l'état du patient est satisfaisant. Il est à 
noter qu'une lésion antérieure avait abouti à l'occlusion presque 
complète du naso-pharynx, de sorte que la bouche tendait à se 
transformer en un cul-de-sac. m. n. w. 

Syphilides booo-pharyngiennes et abcès rétro-pharyngien, par 
P. Mbrmbt (Gazelle des hôpitaux, 12 mars 1895). 

Observation très intéressante d'un malade entré à l'hôpital 
pour des accidents angineux et une tuméfaction unilatérale de 
la région cervicale, survenus quelques semaines après Tappari- 
tion d'un chancre, syphilitique. M. insiste sur la rareté de ces 
abcès rétro-pharyngiens, consécutifs à des accidents syphiliti- 



. 



9KS ANALYSES 

nues, et sur l'évolulioii un peu particulière de l'aRetliou cUei 
iion malade. I.e début a été iiisidieui:, la marche presque apyré- 
liqiin, et la durée asseï longue : lobcès a mis en effet quinie 
jouis à se former et â se collecter. Fait remarquable, les lésions 
se -ont réparées irùs rapidement, et quinze jours après l'inci- 
i'uM\, la guérison était complète. Comme trailement, U. recom- 
nKiiiJe dans ces cas, l'ouverture par la voie cervicale. 

«. LAUKKNS. 

Des rapporte de la toberoulote et de la diphtérie, par le Pror. 

I.KON Revillod de (ienève {Lu tuberculose, 30 janvier 1893). 

Dans une première partie do son travail, l'auteur teiid k 
démontrer par sa statistique qne la diphtérie frappe souvejil 
les membres d'une même famille, à des années de distance, 
d^iiis des lieux différents, de sorte qu'il ne saurait être question 
de contagion ; il s'agit bien d'une réceptivité particulière, d'une 
[>i<.'Ji>iposition familiale au contage diphtérique ; d'autre part, 
;W;<^nëve (comme Emile Feer l'a constaté aussi pour B&le), la 
di|<ijtiirie ei.t bien une maladie épidémiqae, mais presque paf 
rniiiagieuse. 

Dans la seconde pari! e de cet article, l'auteur soutient cette 
HM'^^e, que la diphtérie et la tuberculose coexistent avec une 
grande fréquence dans les mêmes familles. Beaucoup d'auteurs 
i.'iii déjà fait cette remarque, la tuberculose et la scrofule sont 
i^'iii-ralement considérées par les pédiatres comme favorisant 
II' développement de la diphtérie ; l'auteur cite un certain 
iiombie d'observations soit personnelles, soit recueillies dans 
l[i litli'ratnre à l'appui de cette manière de voir. h. k. w. 

La diphtérie et son traitement par le témm de Behring dani la 
villa de Fo^a, par CAnnoUR {Bolli-I. delh milal. dell' oreech , 

mnrs 1893). 

L'auteur rapporte l'histoire de dix-huit cas de diphlhérie, dans 
(■■s.]ur!ls il a obtenu d'excellents résultats de la sérothérapie. Il 
M');ommande de commencer les injections du sérum aussi près 
t[w possibi du' début de la maladie. 

Exposé clinique général sm-ladiphthérie, les diphthérlqnes et la 
sérothérapie, par V.Coz/oliho. {BolM. detle matai, lieit' oreech., 
■:U:. février, 189S). 
U. a consigné dans celle élude le résultat de ses observations, 



ANALYSES 289 

sur le traitement d^i la diphthérie dans les hiSpitaax de Berl in, 
de Prague, de Vienne, de Munich et de firaz. 11 insiste sur l'in- 
nocaité du sérum de Behring, qui peut être administré impu- 
nément à forte dose, des éruptions ortiées sans {gravité étant le 
seul accident à craindre. Des doses massives sont même pré- 
férables aux doses faibles et répétées. Il n'existe en effet 
pour le sérum, ni dose thérapeutique, ni dose toxique, comme 
on en distinguait jadis pour les médicaments antiseptiques, 
préconisés contre la diphthérie. 11 ne faut donc pas craindre de 
sursaturer Torganisalion d'antitoxique : si les jeunes enfants, 
traités par le sérum, guérissent, ainsi qu'on Ta remarqué, plus 
facilement que les grands, cela tient précisément à ce que, 
chez eux, les vertus immunissantes du sérum se concentrent, 
pour ainsi dire, sur une moindre masse de tissus. 

L'injection de sérum doit être faite, non-seulement à dose 
suffisante, mais encore aussi près que possible du début de 
raffection. G. n'a pas constaté un seul décès chez les enfants 
traités dès le premier ou le second jour. Aussi ne craint- il pas 
d'avancer qu'avec la sérothérapie, on ne meurt pas de diphthérie 
pure ; ce sont les infections secondaires qui mettent un obstacle 
à la guérison. Un traitement précoce prévient en outre le déve- 
loppement de paralysies, ou atténue ces dernières. 

La sérothérapie de la diphtérie ne comporte aucune contr'in- 
dication. En ce qui concerne la trachéotomie et l'intubation, 
le traitement local et général à associer à la sérothérapie, l'exa- 
men bactériologique, etc., l'auteur n'apporte aucune nution 
nouvelle. 

M. BOULAY. 



Paralysie oonséoutive à une angine pseudo-membraneuse, reconnue 
non diphthéritiqne à l'examen bactériologi<pie, par H. Bourges, 
{Ârch. de méd. expérimentale , isinvier 1895, p. 17). 

11 s'agit d'un enfant qui, à la suite d'une angine pseudo-mem- 
braneuse^ eut successivement des paralysies des muscles oculo- 
moteurs, du voile du palais, des membres inférieurs. L'examen 
bactériologique des fausses membranes montra un strepto- 
coque à faible virulence, ne cultivant pas sur pommes de terre, 
ungroscoccus ne paraissant pas pathogène et un bacille ne pre- 
nant pas le Gram. B. attribue les paralysies et l'angine au strep- 
tocoque. N. L. 



^90 ANALYâtES 

Doit-on tovgonrs opérer les végétations adénoïdes 7 par Hermet. 
{Journal de clinique et de thérapeutique infantiles, n? 00, 
20 décembre 1894.) 

L^intention de l'auteur w n'est pas de faire son procès à Topé- 
ration des végétations adénoïdes, mais de montrer qu'on opère 
trop hâtivement. » Ce qui l'a engagé à faire ce travail, c'est qu'il 
a observé des enfants adénoîdiens manifestes chez lesquels il ne 
put intervenir pour une raison ou pour une autre et qui ne s'en 
portèrent pas plus mal. L'ablation était-elle donc toujours utile? 
Pour s'en assurer, chaque fois qu'un enfant ne présentait pas un 
arrêt de développement, de l'inaptitude au travail, des maux de 
tête persistants, des accidents auriculaires, Hermet se cantonna 
désormais dans une prudente expectative, quitte à opérer si une 
des indications plus haut signalées apparaissait. C'est ainsi qu'il 
mit 103 malades en observation,* sur lesquels il n'eut à prati- 
quer que 14 opérations. Cette prudence peut « exposer le malade 
à des accidents auriculaires ». Mais cette complication n'est sou- 
vent rien. En tous cas, elle n'est pas comparable aux graves 
dangers de l'ablation des adénoïdes ; c'est, dit l'auteur, la 
méningite, la mort par le brométhyle, les accidents cocaîniques 
mortels^ les hémorrhagies. Enfin, voilà quelle est la pratique de 
M. Hermet. Il range les malades en deux catégories : i^ ceux à 
opérer sans retard ; 2^ ceux chez lesquels on doit attendre. Dans 
cette dernière catégorie il range les enfants qui n'ont que des 
végétations peu volumineuses, une croissance normale, pas de 
céphalalgie, pas de troubles auditifs. A 18 ans, en tous cas, il 
n'opère plus, « les adénoïdes subissant à cet âge un travail de 
régression qui les empêche de devenir gênantes ou dange- 
reuses. » Et dans ces conclusions il insiste de nouveau sur les 
dangers que présente l'opération des adénoïdes, « opération qui 
n'est pas inoffensive ». Il rappelle qu'il est des cas où il faut 
savoir s'abstenir, d'autres enfin où l'intervention chirurgicale 
doit être pratiquée avec une circonspection extrême, p. hblms. 

IV. - LARYNX ET TRACHÉE 

Absence de l'épiglotte, par Th. Hubbard. [New-York med, Journ., 
6 avril 1895.) 

Cas de destruction complète de l'épiglotte qui se trouvait ré- 
duite à un moignon de un demi centimètre de large, sur un demi 
centimètre de long. La destruction était si complète qu'on songea 



^ 



ANALYSES 29 i 

à une mairormation congénitale. Les angles irréguliers rongés 
da moignon écartaient cette hypothèse. Le malade fut suivi plus 
de six mois sans modification locale notable, sans signe de tu- 
berculose pulmonaire, au moins à marche rapide^de tuberculose 
laryngée. Aucun vestige de syphilis. La destruction de l'épi- 
glotte semble finalement dépendre d'une tuberculose chronique 
on d'un lupus. a. p. pligque. 

m 

Papillomes nmltipies du larynx, par L. Barajas {Rev, de med, y 
chirurg, pracl.^ 22 décembre i894\ 

Enfant de neuf ans, chétive, atteinte depuis deux ans d'un 
enrouement progressif qui» peu à peu, aboutit à Taphonie ; à 
cela se joignent des accidents dyspnéiques qui imposent Tinter- 
vention. Après cocaînisation préalable, B. put voir le larynx 
presque totalement rempli par une tumeur rose pâle, d'aspect 
papillomateux, multilobée, s'iusérant sur la corde vocale 
droite : la sténose glottique était encore augmentée par une 
tuméfaction inflammatoire de la muqueuse inter-aryténoïdienne. 
Gnke à Tanesthésie locale et avec des pinces construites spécia- 
lement pour le malade, B. put, dans une première séance, 
extraire par les voies naturelles une grosse partie de la tumeur, 
ce qui immédiatement soulagea la dyspnée : il fallut, dans l'es- 
pace d*un mois, deux autres interventions pour amener la gué • 
rison. li. l. 

Un cas de syphilis héréditaire tardive du larynx, par A. Soko- 
Lowsxi [Arch, iniern. de laryngologie. Tome VII, n® 5, page 267, 
septembre-octobre, 1894). 

On admet que les affections syphilitiques du larynx four- 
nissent environ trois pour cent du total des maladies laryngées. 
S. considère cette proportion comme trop forte, car elle 
s'abaisse à un demi pour cent, s'il dépouille les observations de 
plus de sept mille malades venus à sa clinique. La syphilis héré- 
ditaire du larynx surtout, est d'une rareté excessive, ce qui fait 
Tintérét de Tobservation suivante. 

Il 8*agit d'une jeune fille de 15 ans, enrouée depuis six se- 
maines. Cet enrouement, qui a débuté sans cause appa- 
rente, s'explique par des lésions ulcéreuses du larynx. Ces 
ulcérations, au premier abord; font pensera la tuberculose. Ce- 
pendant, elles présentent plusieurs caractères qui portent à 
douter de l'exactitude de ce diagnostic : 1® la paroi postérieure 
du larynx est absolument intacte, fait rare dans l'histoire de la 









292 ANALYSES 

tuberculose laryngée ; 2^ les ulcérations, quoique occupant le 
bord libre de Tépiglotte, ne donnent lieu à aucune douleur pen- 
dant la phonation ni pendant la déglutition. De plus, absence de 
signes pulmonaires, de toux, d'expectoration, d'amaigrissement. 
Le père ayant déclaré avoir contracté la syphilis quelques an- 
nées avant son mariage, S. institue un traitement par Tiodure 
de potassium, joint aux inhalations et badigeonnages laryngés 
de sublimé. En quelques semaines, les ulcérations se cicatrisent. 
Il n'existe dans toute la littérature allemande qu'une douzaine 
de cas de ce genre. m. l. 

Un oas compliqué de sténose laryngée d'origine nerveuse, par 

E. Kraus {Rev. de Ihérap, méd, chirurgicale, 1895). 

Observation d'une malade qui présentait à la fois une para- 
lysie de la corde vocale droite, et une contracture, accompagnée 
de quelques mouvements spasmodiques de la corde vocale 
gauche ; d'où, aphonie et surtout accès de suffocation très in- 
quiétants. La paralysie, post-diphthérique, resta ce qu'elle était ; 
mais la contracture guérit complètement sous l'influence de la 
suggestion hypnotique, et les troubles fonctionnels disparurent 
avec elle ; à la paralysie vocale s'associait donc un spasme pu- 
rement nerveux. h. ripault. 

De l'herpès du larynz,par Brindbl {Hevue de laryngologie, 15 mars 
1895). 

L'affection, encore mal connue plutôt que rare, est une loca- 
lisation isolée, plus souvent associée à d'autres manifestations 
de la fièvre herpétique. 

Elle occupe la face laryngée de l'épiglotte et la région des 
aryténoïdes, rarement la région glottique ; se caractérise par 
des vésicules laissant après elles des ulcérations petites et su- 
perGcielles, entourées d'une muqueuse très enflammée; les 
symptômes généraux sont assez marqués; la dysphagie doulou- 
reuse, les altérations vocales, une dyspnée légère sont les 
troubles fonctionnels ordinaires. 

Le diagnostic avec toutes les laryngites aiguës est facile, mais 
par le laryngoscope seul. 

Le début est brusque, la marche rapide ; la guérison s'obtient 
en deux à trois semaines ; mais les récidives sont à craindre. 

Le traitement local est anodin ; s'abstenir de caustiques, 

H. R1PAULT. 



T3' 



ANALT8B8 S93 

Un cas de laryngite aigofi intense, d'origine traomatiqne. par 
C. GoMPAiRBO (Revista de lar, otol. y rinoL Tome X, n« 7, jan- 
vier i895). 

Un homme de 22 ans se présente atteint diaphonie avec dou- 
leurs laryngiennes vives au moment des efforts d'émission vo- 
cale, en même temps que de dysphagte : abondante expectora- 
tion muco-purnlente. I] fait remonter le début de ces accidents 
à quinze jours plus tôt : alors, étant en proie à un délire pneu- 
monique, il avala une cuiller, qui ne tarda pas, d'ailleurs, à être 
extraite de Toesophage, où elle occupait une situation où son 
maoche, placé de champ et facilement enclavé, exerçait une 
pression intense sur la paroi postérieure du larynx. Le laryngos- 
cope montre une épiglotte rouge et sectionnée en partie du côté 
gauche et uue tuméfaction notable des cordes vocales inférieures 
et supérieures qui, partiellement confondues dans leur moitié 
antérieure, ne laissaient qu'un espace glottique extrêmement 
rétréci. 

Le traitement consista, outre le repos total de Torgane vocal, 
en pulvérisations répétées trois à quatre fois par jour d'une so- 
lution mixte d*antipyrine à 1/300 et de cocaïne à 1/500 ; suivies 
plus tard de badigeonnages du larynx au nitrate d'argent. En 
raison de leur action ischémiante qui s'ajoute à leur effet sé- 
datif, Tantipyrine et la cocaïne semblent, d'après G., très supé- 
rieures à la morphine que Schrôtter recommande dans le 
traitement de la laryngite aiguë. m. l. 

Traitement de la tuberculose laryngée, par W. Gleitsmann [Med, 
record f 6 avril 189o.) 

G. cite la possibilité des guérisons spontanées, la possibilité 
surtout d'améliorations spontanées, faits importants pour appré- 
cier la valeur exacte des différents moyens. Pour lui, Tacide 
lactique employé dès le début et non après échec d'une série 
d'autres agents reste le meilleur moyen. En cas d'infiltration les 
injections sous-muqueuses faites avec cinq gouttes de la solu- 
tion à cinquante pour cent donnent, avec moins de douleur, 
presque autant de résultat que le curettage et Tablalion. G'est 
surtout en cas de gonflement des aryténoïdes avec dysphagie 
qu'elles réussissent. Elles ne seront en général faites que tous les 
dix jours environ après l'élimination de la large escharre qui 
leur succède. a. f. plicque. 



294 ÀNA^LYftM 

Traitement de la tnberciiloBe laryngée par les ai^pUtationa et les 
injections flooa-maqnense de créosote, par Waltsh P. Chappell 
N. Y. med, journ , 30 mars 1895). 

G. commence par discuter l'emploi de la curette, source de 
réinfections secondaires et qui doit être réservée pour la période 
ulcéreuse de la phtisie laryngée. L'usage de la cséosote à Tinté- 
rieur donne une amélioration, mais TefTet maximum est obtenu 
en employant, en même temps que l'administration interne, les 
applications et les injections sous-muqueuses de créosote. Avant 
l'application, le larynx sera badigeonné à la cocaïne. La pro- 
portion de créosote ne dépassera pas 8 gr. pour 30 gr. d'huile 
et même 4 gr. pour 30 en cas d'ulcération. Les applications 
faites au moyen d'une seringue intra-laryngée ou d'un tampon 
de coton ne seront faites que tous les trois ou quatre jours. Des 
applications trop fréquentes dessèchent et font gonfler la mu- 
queuse laryngée. Après chaque application le malade évitera 
d'avaler et de tousser le plus longtemps possible. Les injections 
sous-muqueuses exigent un modèle de seringue spécial. G. rap- 
porte sept observations où ce traitement a donné les meilleurs 
résultats. Non seulement il a amélioré la dysphagie, l'enroue- 
ment, la toux, il a fait disparaître d'autant plus complètement 
qu'il avait été commencé à une période plus précoce, les infil- 
trations et les hypertrophies. Des ulcérations tuberculeuses 
limitées et peu profondes y sont même certaines. Même à la 
période d'ulcération il produit une amélioration notable sur 
la toux, l'expectoration, la douleur, la fétidité des sécrétions. 
Combiné avec des conditions climatériques et hygiéniques favo- 
rablesy le traitement par la créosote semble plus que tout autre 
susceptible d'amener la guérison des lésions laryngées et des 
lésions pulmonaires qui les accompagnent. a. f. plicque. 

L'excision du larynx, par G. Powkrs et J. Whitb [Med. record^ 
23 mars 1895). 

P. et W. rapportent six observations personnelles de laryngec- 
tomie : 1® laryngectomie partielle avec mort par récidive à la fin 
du cinquième mois pour un épilhélioma ; 2<* laryngectomie totale 
après une première opération endolaryngée, mort de récidive 
au bout d'un an ; 3° laryngectomie partielle avec mort de réci- 
dive après quatorze mois ; 4® laryngectomie partielle pour un 
sarcome ; guérison parfaite maintenue après quatre ans. C'était 



ANALTSBS 395 

UQ sarcome à petites cellules rondes ; Tublation avait porté 
sur toate une moitié du larynx laissant seulement la grande 
corne du thyroïde; 5<> laryngectomie totale avec mort de réci- 
dive au bout de deux mois et demi (cancer) ; 6<> laryngectomie 
partielle avec mort de pneumonie septique au quatrième jour. 
Ce travail analyse de plus 309 observations étrangères. Il y 
eut iOf de ces opérations donnant comme proportion 47 % 
dans les lar. totales, 27 % <isins les laryngée to mi es partielles. Sur 
180 laryngectomies totales, 72 malades succombent à Topération, 
51 moururent de récidive avant la fin de la l*"* année, i\ survi- 
vaient sans récidive plus de trois ans et, dans trois cas, six et 
huit ans après l'opération. Sur 77 laryngectomies partielles 
26 moururent moins de deux mois après Topération, 7 survi- 
vaient sans récidive après trois ans. Même en cas de récidive 
l'opération semble encore utile pour diminuer les souffrances 
des malades. Le succès final semble dépendre avant tout de 
la période du diagnostic. Dans les cas douteux on doit avoir 
recours à la thyrotomie exploratrice. Mais, en résumé, l'opéra- 
tion donne la seule chance de guérison durable. La mortalité 
semble d'ailleurs moindre dans les observations récentes, sur- 
tout pour la laryngectomie totale. a. p. pligque. 

Un oas peu commun de diphthérie trachéale, par E. W. Goodall 
(Ciinical Society of London ; in Brit. med, journ»^ 1895, 
p. 534). 

Garçon de 4 ans, admis à Thôpital pour de la diphthérie pha- 
ryngée. Au neuvième jour il expectora une fausse membrane tra- 
chéale et continua pendant huit jours à expulser des membranes 
de la trachée et des bronches ; il eut ensuite des paralysies ocu- 
laires, du voile du palais, des membres, et finit par se remettre. 
Le point intéressant réside dans Tabsence de la dyspnée, qui 
s'explique par l'absence de la laryngite. L'auteur a observé la 
même chose dans trois autres cas, chez des enfants de 4 ans et 
chez une jeune fille de 18 ans. m. n. w. 

Tubage dans la diphthérie. Dysphagie, par F. G. Evans (Société 
clinique de Louisville.ilrc/ï. of pedialrics^ février 1895, p. 129). 

Laryngite diphthérique chez une fillette de 3 ans, croup, tu* 

bage ; pas de fausses membranes pharyngées ; diphthérie nasale. 

L'enfant refusait absolument toute nourriture, ni la force ni 




2M AHALT81S 

la douceur n'arriTaient à lui faire avaler quoi que ce soit ; elle 
gardait le liquide dans sa bouche pour le cracher aussitôt qu'elle 
ne se croyait plus observée. On eut recours avec succès au ga 
vage, continué pendant les six jours du tubage et un jour ou 
deux après ; guérison. L'enfant était gavée par la bouche. Dans 
la discussion qui suit cette communication, quelques membres 
de la société conseillent de passer plutôt la sonde œsopha- 
gienne par le nez ; il est vrai que cette voie n'admet que des 
sondes de fort petit calibre. m. h. w. 

Thyrotomie pour sarcome du larynx, par H. S. Birkett {New-York 
med. j'ourn., 1894, p. 619). 

Ce sarcome s'était développé au-dessous de la glotte, contre 
les cordes vocales, entraînant une dyspnée qui nécessita la tra* 
chéotomie. La thyréotomie fut retardée, la malade étant en- 
ceinte et presque à terme, Jusqu'à l'accouchement. Après l'ac- 
couchement, il y eut une diminution marquée de volume et de 
la congestion du sarcome. La thyrotomie, faite trois semaines 
après les couches, permit l'ablation facile du sarcome dont le 
pédicule fut ensuite cautérisé à l'acide chromique. L'examen 
histologique montra un sarcome à cellules fusiformes. Pas de 
récidive au bout de quatre mois. a. f. pucque. 

V. — ŒSOPHAGE, CORPS THYROÏDE, eic. 



Effets de la thyroldectomie ohei les serpents, par Crist.'atvi {Bul 
letin de la société de biologie, 1895, p. 22). 

L'auteur relate les résultats de 22 expériences seulement ; les 
autres n'ayant pas été accomplies avec autant de succès, il n'en 
tient pas compte : les animaux ont eu moins de vivacité dans 
leurs mouvements, quelques-uns ont eu de véritables convul- 
sions, la mort a été généralement assez rapide, en quelques 
jours le plus souvent. a. g. 

Myzœdème infantile. Traitement thyroïdien, par M. Lebrbton 
{Bull, et mém. delà. Soc. méd. des hôpitaux, 2 janvier 1895. 
page 965). 

L. présente un malade âgé de 13 ans, qui vers l'âge de 3 ans, 
présenta les premiers signes de torpeur intellectuelle et de dé- 



ANALYSES 297 

veloppement myxœdémateux. Avant le début du traitement il 
offrait tous les symptômes du myxœdème ; pas de corps thyroïde. 
On lui fait prendre un lobe de corps thyroïde par jour avec re- 
commandation de le faire frire légèrement au beurre. Dès le 
deuxième jour, agitation durant seulement quelques heures 
après le repas. Quinze jours après le début du traitement, Fen- 
fant est méconnaissable : actueUement,rinflitration myxœdéma- 
mateuse a disparu, la seconde dentition se fait régulièrement ; 
Tenfant a beaucoup grandi. La guérison persiste à condition que 
Tenfant prenne tous les jours un lobe de corps thyroïde. 

M. L. 

Un cas type de myxœdème congénital au début du traitement 
thyroïdien, par E. Régis (Mercredi médical^ 23 janvier 189o). 

H s'agit d'une jeune malade de 13 ans présentant Taspect, 
Tattitude et tous les attributs caractéristiques du myxœdème 
infantile ou congénital, qui est soumise au traitement spéci- 
fique à Taide de pastilles de thyroïdine. Chaque pastille est 
dosée à vingt centigrammes de suc pur et la malade en prend 
une par jour. L'auteur insiste sur l'effet rapide et actif de cetle 
médication thyroïdienne qui, d'une part, a provoqué quelques 
accidents : fièvre, agitation, vertiges, tachychardie, insomnie et 
d'autre part a amené une amélioration notable au bout de quel- 
ques jours, (/aspect est moins bouffi, le pouls meilleur, le taux 
de Turine plus élevé, lactivité intellectuelle et mentale moins 
déprimée. Régis recommande : 1» de ne recourir qu'à une pré- 
paration thyroïdienne exactement dosée et de débuter par des 
quantités minimes, de façon à éviter des accidents sérieux ; 
2* de surveiller de très près l'emploi et les effets du médica- 
ment. G. LAURENS. 

La médication thyroïdienne, par G. Lyon (Gaz. hehd, de méd. et 
de chir,, 30 mars 4895). 

Cette médication est employée : i° dans le myxœdème ; 
2" contre les goitres simples et même exophtalmiques ; 3® contre 
diverses affections : dermatoses, syphilides, obésité. 

Le but de la médication dans te myxœdème et d? restituer à 
Téconomie les éléments thyroïdiens qui lui manquent, et divers 
procédés ont été proposés. Tout d'abord, on a pratiqué des 
greffes animales : les malades ont été améliorés, mais les résul- 
tats ont été incomplets et temporaires, quand la parlic du corps 

▲NNALM DB8 MALADIES DB l'oRBILLB ET DU LARYNX. — XXI. 20 



^•^vv^; 



f - 



298 ANALYSES 

thyroïde greffée est résorbée, le malade retombe dans Tétat où 
il se trouvait avant Topération. On a cherché alors à faire péné- 
trer le suc thyroïdien dans Torganisme par une autre voie et on 
a eu recours aux injections hypodermiques. Ici encore ramélio- 
ration était passagère, Taction transitoire. On fut donc conduit 
à employer le corps thyroïde en nature, administré par la 
bouche ; cette méthode par ingestion est la plus recomman- 
dable, la plus pratique, et agit beaucoup plus efficacement que 
les autres. On emploie : ou la glande fraîche et Ton prescrit un 
lobe à prendre chaque jour, ou la poudre de glande thyroïde 
desséchée, en tablettes ou en pilules. 

L'action du traitement est immédiate et Ton observe une 
amélioration, quelquefois dès le lendemain du jour où il a été 
institué, mais le plus ordinairement au bout de deux ou 
trois jours. L'infiltration œdémateuse des téguments disparait 
peu à peu, le poids du corps diminue, les troubles trophiques 
cutanés s'atténuent, la température se relève, le nombre des 
hématies et des leucocytes augmente ; en outre, desmodiflca- 
tions importantes d'ordre psychique se produisent rapidement : 
les facultés intellectuelles se développent, la torpeur dimi- 
nue, etc. Cette amélioration progressive se fait en quinze jours 
ou trois semaines, puis elle se maintient et dure pour ainsi dire 
indéfiniment à condition que le malade continue son traite- 
ment. Cette médication n'est cependant pas exempte de dangers, 
alors même que les doses d'extrait thyroïdien absorbées sont 
relativement faibles, et quelques auteurs ont signalé des acci» 
dents mortels. Gomme effets toxiques on a observé surtout de 
la tachychardie, quelquefois des pertes de connaissance, de 
l'agitation, des douleurs, des spasmes, des crises épileptiformes, 
des phénomènes hystériques, des troubles digestifs, urinaires, 
cutanés, etc. Tous ces effets de la thyroïdisation n'ont pas seu- 
lement été observés en clinique, mais ils ont été constatés 
expérimentalement ; il faut donc employer cette médication 
prudemment, la surveiller de près et la suspendre à la moindre 
alerte. 

Appliquée au traitement des goitres, la médication thyroï- 
dienne a donné des résultats satisfaisants, surtout dans les 
goitres simples ; mais son action est beaucoup plus probléma- 
tique dans les goitres ayant subi la dégénérescence kystique ou 
colloïde, et surtout dans le goitre exophtalmique. 

G. LAURENS. 



ANALYSES 299 

Opération du goitre, par Roux (de Lausanue) (Congrès français 
de chirurgie, novembre 4 89 S). 

L'auteur condamne les injections interstilieiles, il ne recon- 
naît que rintervenlion au bistouri. Sur 292 opérés, il a eu une 
mortalité de 1,36 7o- ^^ ^^^^ l^s indications opératoires de la 
gêne respiratoire, des troubles de la voix avec ou sans cornage, 
de la difficulté de la déglutition, des troubles cardiaques. 104 fois, 
il a pratiqué Tablation par la méthode de Kocher et 73 fois 
rénucléation par le procédé de Socin ; dans Timmense majorité 
des cas Tanesthésie locale lui a suffi. Jamais il n'a observé de 
myxœdème opératoire. 

G. LAURENS. 

Un cas d'exothyropexie pour un goitre suffocant, par H. Hartmann. 
{Mercredi médical, 13 mars 1893). 

II s'agit d'une femme présentant depuis longtemps un goitre 
très volumineux, occupant toute la face antérieure du cou et 
s'enfonçant à la partie inférieure sous la fourchette sternale. 
Cette malade fut prise très rapidement de dyspnée extrêmement 
intense avec comage et tirage sus et sous-sternal dus à une 
augmentation de volume de son goitre et aussi à une poussée 
aiguë de bronchite. La trachéotomie étant impossible, Hartmann 
fit une incision sur la ligne médiane antérieure du cou, décolla 
rapidement le goitre et le luxa facilement au dehors ; un pan- 
sement à la gaze iodorformée fut ensuite placé sur la plaie. 
Immédiatement après la luxation du goitre, le comage cessa, 
tout alla bien les premiers jours : disparition de la dyspnée, 
abaissement de la température, mais bientôt la malade fit une 
pneumonie droite à laquelle elle succomba. 

Gomme le fait remarquer Fauteur, la mort est due à la conti- 
nuation des accidents pulmonaires antérieurs à l'opération. 
Dans les cas de goitres diffus, suffocants, il préconise l'exothy- 
ropexie qui est une opération simple, peu grave, fait disparaître 
instantanément les accidents de suffocation et est beaucoup 
moins dangereuse que la trachéotomie ou Tablation. 

G. LAL'RRNS. 



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cambre 1894. 

NOUVELLES 



Monument à Wilhelm Meyer. 

Un comité composé de MM. F. Semon, orrf*fdtfnt, J. R. Reynolds, 
Ch. IIbatii, t. Barr, H. T. Bltmx, W. B. CnsADLB, A. E. Clmber- 
iiATCii, W. B. Dalby, g. p. FiELD, E. K. Fitzgerald, Dundas Gbant, 
F. DK IIavilland Hai.l, Grrvillk Mac Donald, U. Pritchard, 
E. Smith, P. Smyly, W. M. Nbill Whistled, Watsox Williams, E. 
Crrhswbll Barkr et G. A. Ballancb, vient de se former en Angle- 
terre pour contribuera élever un monument à Wilhelm Meyer qui. le 
premier, reconnut l'existence des végétations adénoïdes, et par là a 
sauvé l'ouïe de milliers de personnes. 

Sit<')t après sa mort, l'idée de l'érection d'une statue k Copenhague 
r<*cut un accueil très favorable non seulement de la part des Danois 
mais encore de tous les médecins étrangers, 

S. A. II. la Princesse de Galles a accepté le patronage dn Comité 
qui désire rendre hommage h son illustre compatriote. 

La Municipalité de Copenhague a promis de donner un terrain, et 
des comités sont en formation dans presque tous les pays pour aider 
à la souscription à laquelle pourront contribuer les parents des nom- 
breux enfants qui doivent à W. Meyer d'avoir recouvré la santé. 

Le Trésorier du ('omité Anglais est M. A. E. Cumberbatch, 80. Port- 
land Place, Londres W. 

Sans aucun doute, les spécialistes français applaudiront des deux 
mains à l'initiative du Comité anglais pour faire rendre, par ses com- 
patriotes, les honneurs exc^^ptionnels qui sont si légitimement dûs au 
premier auteur ayant écrit sur les végétations adénoïdes. Les Annalex 
tirs maladies de Voreille tiendront a honneur de participer à cette 
manifestation. 

Nous reproduisons ci-après une notice consacrée à W. Meyer dans 
\^ Journal of Uiryngolo^y de Norris Wolfenden, par le D' Holobr 
Myoinu, de Copenhague. 

H. W. Meyer naquit en l."^24, à Fredericia (Danemark), résidence de 
son père, chirurgien dans l'armée danoise. De 1826 à 1843, M. fut élevé 
à Glùckstadt, dans le Holstein, où le rê^'^iment de son père tenait gar- 
nison. Ensuite M. alla étudier la médecine à l'Université de Copenha- 
gue, où il travailla avec tant d*ardeur qu'il termina ses études en 1847, 
bien que Ton employât sept ans d'ordinaire à les faire. Il prit 
brillamment ses diplômes, puis il aida son père et de 1851 à 1863, alla 
travailler la pathologie et la thérapeutique dans les Universités et 
hôpitaux de \Vunboiirg, Prague, Vienne, Montpellier. Paris, Londres 
et rÀlimbourg. Durant ce voyage il contracta des amitiés avec nombre 
de méiiecins qui lui demeurèrent sincèrement attachés jusqu'à sa 
mort. 

A son retour Meyer iwint à Copenhague où il s'adonna à la méde- 
cine générale, et pVu ik peu, par la conscience et le dévouement qu'il 
apportait dans sa praUque, il eut une des meillnur^s clientèles de la 
Ville, quM conserva toute sa vie. 

n est surpivnant ou 'un homtue aussi occupé que M-»yer ait trouvé 
le lem(^ de se spécialiser el qu'il soit devenu un des membres les ploa 
distiu^ués de cette s^Vcialitê. ceci est une preuve de sonacUvité el de 



NOUVBLI.BS 309 

son intelligence. Notre admiration pour ce regretté confrère gran- 
dira lorsqae ooub saurons que c'est son bon cœur qui l'a engagé 
dans cette voie. M. voyait sou?ent dans sa clientèle des malades dé- 
sespérés par une surdité, des bourdonnements ou des douleurs d'oreilles, 
cas que Deauconp de médecins de l'époque traitaient par des injec- 
tions d'huile ou de lait dans le conduit qui ne produisaient aucune 
amélioration. M. chercha à s'instruire sur le diagnostic et le traite- 
ment des affections de Toreille en parcourant les quelques ouvrages 
d'otologie du temps, et il devint ainsi un auriste compétent. 

C'est en examinant Toreille au point de vue pratique que Meyer fit la 
découverte qui restera éternellement attachée a son nom : celle des végé- 
tations adénoïdes naso-pharyngiennes. Le 22 octobre 1867, il soigna une 
jeune fille du Jutland, très sourde ; il remarqua que la malade ne pouvait 
respirer par le nez, malgré le traitement du catarrhe chronique naso- 
pharyngien. Il conclut que l'obstruction provenait du pharynx nasal, 
et en introduisant son doigt derrière le voile du palais, ce que peu 
de médecins avaient fait avant lui, il s'aperçut que le naso-pharynx 
était rempli de végétations qui lurent enlevées ; à la suite de cette 




la même maladie naso pharyngée. 

Avec une énergie et une persévérance qui lui étaient particulières, 
il continua ses recherches sur ces tumeurs jusqu'alors inconnues, qui 
avaient été, il est vrai, déjà observées par quelques chercheurs mais 
dont il n'existait aucune description et dont on ignorait l'importance 
pratique. A la fin de 1868, Meyer publia son premier article sur les 
végétations adénoïdes dans le journal médical a&no'is Hoxpi ta htidende. 
Les Sckmidts lahrbûcher donnèrent, en 1869, une analyse de ce travail, 
et en 1870, M. fit paraître un mémoire plus étendu dans les Transac- 
tions fuédico-chirurgicaUs de Londres^ sans que l'attention générale 
fut attirée sur la grande importance de l'affection. Ce n'est qu en 1873, 
lorsque Meyer publia dans VArchiv. f. OKrenheilkunde une descrip- 
tion complète ae Téliologie, l'anatomie pathologique, la symptomato- 
logie, les suites et le traitement des végétations adénoïdes, descrip- 
tion qui est de tous points classique et à laquelle rien d'important 
n'a été ajouté, que la découverte fut prise en considération et que 
son auteur conquit parmi les spécialistes la place qu'il conserva jus- 
qu'à son dernier jour. 

En dehors de quelques autres travaux concernant la spécialité, 
Meyer publia en 1884, dans VArchiv f. Ohrenheilkunde, un excellent 




tant ouvrage sur les végétations adénoïdes^. Il ne termina que le cha- 
pitre d'introduction Sur l'âge et l'extension des végétations adénoïdes 
3ui a paru récemment en article dans le journal danois Hospitalsti- 
ende. 

Meyer était encore plus grand comme homme que comme médecin, 
car ii possédait à un aegré rare les qualités du cœur et de l'esprit. Sa 
remarquable intelligence était aidée par une mémoire surprenante, son 
esprit critique, souvent appliqué à ses propres œuvres, fit qu'il écrivit 
rarement et à contre cœur. L'article sur l'histoire de l'otologie inséré 
dans le Manuel de Schwartze lui a coûté un an et demi à rédiger, bien 
qu'il n'ait que quelques pages, mais il peut être regardé comme un 
modèle pour l'élégance du style et les connaissances qui y sont dé- 
ployées. Meyer ne demeurait jamais inoccupé. Quand il rentrait chez 
lui après une dure journée de travail, qui comprenait trois ou quatre 
heures de consultation souvent intercalées entre trente ou quarante 
visiteF. il passait une partie de la nuit à lire des ouvrages de sciences 



310 NOUVBLLBS 

naturelles, de philosophie, de littéralnre, de religion, qui rinVéres- 
saient fort. 11 s informait de toutes les nouveautés de Vmri médical et 
aussi de tout ce qui se faisait en musique et en astronomie; hirer 
comme été il lui arrivait de passer des nuits entières au télescope. 
C'était dussi un linguiste accompli ; lors du Congrès International de 
Copenhague, où il présida la section oto-laryngologique^ ses confrères 
étrangers admirèrent l'aisance avec laquelle il parlait les trois langues 
officielles. 
C'est surtout la noblesse de cœur de Meyer, quM cachait sous une 

grande réserve, qui gagnait ceux qu'il ap[>rochait. Sa sympathie aliait 
'abord h ses malades auxquels il se sacrifiait complètement. 11 était 
aussi un ami fidèle, surtout dans l'adversité. 

Meyer reçut de nombreuses marques honorifiques. En 1880, le roi 
de Suède lui décerna l'ordre de TEtoile du Nord en reconnaissance de 
soins donnés à ses fils; en 1884. il fut nommé docteur honoraire de 
rUniversilé de Halle, et en 1894, Conseiller d'Etat danois. H était 
membre honoraire de plusieurs sociétés scientifiques parmi lesqnelles 
l'Association laryngologique Américaine et la Société de laryngologie 
de Londres. 

Au printemps dernier Meyer eut une violente attaque d'influenza 
qui l'affaiblit Beaucoup et à la suite de laquelle il se rendit en Italie 
pour se remc'ltre. 11 guérit en apparence, mais au retour h Venise il 
tomba malade d'une fièvre typhoïde, d'après l'avis des médecins ita- 
liens, qui abattit, en un peu plus d'une semaine, la robuste constitution 
de M. qui succomba le 3 juin. 



Le Professeur Moos 

Nous empruntons h la notice publiée dans VAlIg. Wiener Med, 
Zeit, par notre collaborateur le D^ S. Szenes (de Budapostj, quelques 
détails bibliographiques sur le regretté Prof. S. Moos. 

Moos naquit le 15 juillet 1831 à Randegg, fit ses études médicale;: à 
Heidelberg, Prague et Vienne, et vint s'établir à Hcidelberg en 1856. 
Il se perfectionna en anatomie avec Henle, en physiologie avec Mo* 
lescholt, en médecine interne avec Hasse, en chirurgie avec Chelios, 
puis il fut nommé docent à l'Université d'Heidelberg en 1859, à la 
suite de la publication d'un travail sur Tinfluence dfe l'occlusion 
de la yeine porte sur la formation du sucre dans le foie ; de 
nouveaux travaux lui valurent, en 1866, le titre de Professeur extraor- 
dinaire. 

C'est seulement en 1876 que Moos commença à s'adonner à Totolo- 
gie, il fut nommé conseiller de cour (Hofrath) en 1889, et deux ans 
après Professeur honoraire. 11 fut le seul otologisle allemand qui 
porta ce titre. II a succomba à une courte maladie le 15 juillet 1895. 

Eu 1874, M. publia son premier mémoire F^écial intitulé: ConUi- 
bution à l'anatomie normale et pathologique et à la physlolo- 

fie de la trompe d'Eustache. Presque tous ses travaux ont paru 
ans les Arcfiîv. of otology qu'il dirigeait avec Knapp et dont il rédi- 
geait l'édition allemande sous le nom de Zeitschrifl f. Ohvenheil' 
kunde. 

11 faudrait plusieurs pages de ce journal pour énumérer les nom- 
breuses contributions otologiquea de Moos. Son dernier travail impor- 
tant, publié dans le Manuel d'otologie de Schwartze, concernait 
rétiologie générale et les rapports des maladies générales 
avec les affe tions de l'organe auditif. 

En dehors des mémoires originaux, Moos signait beaucoup d'ana* 
lyses dans le Zeits. f. Okrenk. et il y montrait toujours un excellent es- 
prit critique. 11 était très assidu aux Congrès et réunions d'otologistes, 
aux discussions desquelles il prenait une part active. 



r 



V 



I 



NOUVELLES 311 

Le nom de Moos restera dans la science moderne comme celui d'un 
maître qui a grandement contribué à l'édification de l'otologie mo- 
derne. 

Nous apprenons la mort d'un laryngologiste américain bien connu^ 
le D' W. C. Jaryis, de New-York, qui a succombé le 30 juillet. 



Le Prof. SiEBBNMANN, de Bàle, vient d'être appelé comme Professeur 
d'Oto-Laryngologie à Breslau, mais il a décliné cette offre. 

VAssoeiatian laryngologique américaine zq réunira en 1896 h Pitta- 
burg BOUS la présidence du D' H. Daly; rice-présidents : J. Wrioht 
(Brooklyn) et A. W. de Roaldès (Nouvelle-Orléans) ; secrétaire tré- 
soriei" H. L. Swain (New-Haven) ; bibliothécaire : J. H. Bryan (Was- 
hington). 

Ont été admis comme membres de l'Association : J. E. Boylan 
(Cincinnati). Thèse : Herpès pharyngien chrvnique, — F. E. Hopkins 
(New York). Observation éCœaème du larynx. — Th. Hubbard (Toledo) 
Traitement de la laryngite aigué.'^ J. E. H. Nichols. Origine iutra- 
nasale du mal de tête. 

Le Dr Juan Cisnbbos vient d'être autorisé à enseigner l'oto-rhino- 
laryngologie à la Faculté de médecine de Madrid. 



La Société espagnole d'hydrologie médicale a décidé de faire faire 
une série de conférences sur les diverses spécialités. Le D** Compaired 
(de Madrid), est chargé de la Pathologie et clinique hydrominérale 
du nez, du pharynx, du larynx et de l'oreille. 



Banquet organisé par la Presse médicale française à Bordeaux le 
9 août 1895 à l'occasion des Congrès médicaux. 

Le 9 août 1895 a eu lieu à Bordeaux, au café du Kiosque de la Co- 
médie, la réunion de l'Association de la Presse médicale qui, d'ordi- 
naire, se tient en juillet à Paris. 

Le banquet qui a suivi comprenait 50 convives parmi lesquels le 
Prof. Maraoliano de Gênes- 

Vin db Chassaing (Pepsine et diatase). Rapport favorable de l'Acadé- 
mie de médecine, mars 1864. (Contre les affections des voies digestives. 

Bromurb de potassium granolb db Fallièrbs. Approbation de l'Aca- 
démie de médecine, 1871. Contre les affections du système nerveux. Le 
flacon de 75 grammes est accompagné d'une cuillère mesurant 50 cen- 
tigrammes. 

Pbosphatinb Fallièrrs. Aliment très agréable, permettant, cbez les 
jeunes enfants surtout, l'administration facile du phosphate bicalcique 
assimilable. Une cuillerée contient 2è centigrammes de phosphate. 

PouDRB LAXATIVE DB VICHY. (Poudrc de séné composée). Une cuillerée 
à café délayée dans un peu d'eau, le soir en se couchant, excellent re- 
mède contre la constipation. 

L'Eau de la Bourboulb est éminemment reconstituante. Elle réussit 
dans tous les cas de bronchite chronique. En outre, les maladies de la 
peau cèdent à son usage en boisson, surtout si l'on y joint les com- 
preases ou les lotions continuées avec persévérance. 

Giunrs db C^ber. Poudre Makubl. Granules ferrons ultureubbs 
Thomas. 



312 OUVBAGBS BNVOVÉS AUX ANNALBS 

L'ea.c de Gublbb, GajkTiL-GoroN, toaiqae et Uxstive, relève les 
foDctiont de l'eslomac el de rintestin. 

Solution sr compbimés Blancaro. (Elxalgine;. Coalre la douleur et 
principale:neot ia dysphagie labercaleuse. 

(Voir la brochure du D' Désiré). 



OUVRAGES ENVOYES AUX ANNALES 



Mémento forniuiaire de poche de nosologie et thérapeutique infan- 
tiles, par H. Daucbkz. <In-16 jésus de 96 pages prix 25 fr. 50. Soc. 
d'Editions Scientifiques, Paris, 1895). 

Sur un nouveau soufflet pour pratiquer les douches d'air et en par- 
ticulier du procédé de Politzer, par E. Morpurgo (Extrait du BolLaelle 
mal. deiroreechiOf gola e naso n« 6, 1H'J5). 

Le sérum dan? le traitement de la diphthérie, par J. Denys (Broch. 
de 56 pages, A. Uyepruyt t-Dieudonné éditeur, Louvain, 1895j. 

Nouvel appareil d'intubation laryngée simplifié par F. Égidi (Ex- 
trait du supplément du Policlinico, Vol. 1, n^ 35, 1895). 

I^aryngite œd(;mateuse chez un enfant de 16 mois à la suite de l'in- 
troduction d'un corps étranger dans le larynx. Intubation du larynx 
pendant 24 heures. G\i(rÏ6on, far Bonain (Extrait de la Bec, nirns. 
des mal. de renfonce^ juillet 1895). 

Abc^s cérébral otilique. Trépanation du crâne et évacuation de 
TabcèB. Guérison, par G. Grademgo (Extrait de VArchivio Ual. di 
oCol, fin. et lar. fasc. 3, 1895). 

A propos d'un cas de trachéocèle, par J. Roquek Casaobsus (Broch. 
de \z pages, F. Sanchez, éditeur, Barcelone, 1895). 

L'inflammation suppurée non perforante des sinus frontaux et son 
traitement opératoire, par E. Richtes (Dissertation inaugurale, l^ip- 
zig. 1895). 

Les misères de l'enfance, par J. Lbmoinb. (Broch. de 100 pages 
prix 1 fr. 50, Maloine éditeur, Paris, 13^). 

Une nouvelle méthode de transplantation pour l'opération radicale 
des suppurations chroniques de l'oreille moyenne par Passow (Broch. 
de 10 p. avec 1 planche. Hirschwald éditeur, Berlin, 18%). 

De {utilité de la connaissance des tumeui*s adénoïdes du pharynx 
nasal pour les médecins d'enfants, par E. Ciimmikh [(Imp. Touran- 
gelle. Tours, 1895). 

Anesthésie générale par le bromure d'éthyle par Arslan Ybrwant. 
(Extrait del/a Riv. Veneta di Scienxemed.T. XXJ, 1894). 

I. Séquestre ofseux du conduit auditif externe gauche. — 11. Un cas 
de rhinite dite raséeuse (rhinorrhée purulente caséiforme), par Y. Ars- 
LAN (Extraits de \ Arch. Ual. di otoL rin. e lar. Vol. III. fasc. 3, 
juillet 1895). 

Contribution à l'étude des tumeurs de la cloison nasale, par Y. Ars- 
LAN (Extrait de VAroh. ital. di otoL vin. e lar. Vol. 111, fasc. 1, 
janvier 1895). 

Sixième réunion annuelle des otologistes et laryngologistes belges, 
tenue h Bruxellef, le 16 juin 1895. Compte-rendu par Buys (Extrait du 
Journ. de la Soc. Royale des Se. méd, et nat. de Bt^tixelles, 13, 20 et 
27 juillet 1895). 

Les maladies du nez, du pharynx et du larynx, par K. StArk (Un 
vol. d^ 334 pages, avec 89 figures et 4 planches' dans le texte, A. Hdl- 
der, Vienne, 1895). 

Le Gérant : G. Masson. 

Baint-Amand (Cher). — iBiprimerit DESTENAY, Buiiiiiae Frèrèf, laecacMan. 



F 



Tome XXI. -^ N* 10. — Octobre 1805. 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



1 



DU TRAITEMENT GÉNÉRAL 
DANS LES AFFECTIONS AURICULAIRES 

Par le D*" «ELLE ('). 

Le rapport « sur le traitement général dans les maladies 
de Toreille » m'a été conOé au dernier Congrès d*0tologie, à 
Bruxelles ; j^ai l'honneur de vous en donner lecture. 

Il parait tout d'abord original de faire, devant une assem- 
blée de médecins spécialistes, d'auristes, l'exposé des divers 
modes de traitement qui s'adressent non plus à l'organe 
spécialement étudié et soigné par eux, mais à l'économie 
tout entière ou à des organes éloignés. 

Rien de plus naturel cependant; cela découle des lois 
mêmes de la pathologie générale. 

L'organe de Touïe, comme les autres organes, peut être 
frappé secondairement, deutéropalhiquement, aussi bien que 
primitivement; de plus, comme conséquence de raffection 
locale, primaire, il existe des phénomènes subjectifs ou 
visibles secondaires qui doivent être soignés par le médecin 
auriste, seul capable d'en reconnaître l'étiologie otitique et 
de les traiter. 

Certes, Timportance prépondérante des soins topiques et 
des actions thérapeutiques locales, des interventions directes 
manu armata, leur grande supériorité ne fait doute pour 
personne ; cependant, aucun de nous, au cours de Texamen 
d'un individu consultant pour une affection auriculaire. 



(^) La an Congrès international d'otologie de Florence, septembre 
1895. 

AMKALIS ]>Bf UALADIM DB l'ORBILLB BT DU LAKYNX. — XXI. 21 



314 GBLLÉ 

n'onblie do s'enquérir des conditions organiques, physiolo- 
giques et pathologiques générales du patient; chacun de 
nous s'efforce de connaître ses tendances morbides indivi- 
duelles ou familiales, sa constitution, l'influence du métier, 
du climat, des traitements subis, etc., pour éclairer Tétio- 
logia de l'aflection actuelle. En plus des soins directement 
appliqués sur l'oreille malade, la nécessité d'une thérapeu- 
tique générale naît des rapports réciproques des divers 
organes, et se base sur l'influence naturelle des milieux de 
l'économie. Le médecin ne peut méconnaître ces relations 
pathogéniques, et négliger d'en tenir compte dans ses pres- 
criptions et ses conseils. 

Aussi bien, Tétude de la pathologie auriculaire, peut-être 
plus qu'aucune autre, expose le tableau complexe des actions 
dlathésiques, et les efl'ets des maladies antécédentes, des 
infections générales, anciennes ou récentes, de l'évolution 
organique même, sur la nature et la marche du processus 
otitique. 

La clinique montre celte subordination fréquente aux 
divers états morbides, généraux ou localisés, des phéno- 
mènes otiques qu'ils soient primitifs ou secondaires. 

Ces associations, ces successions, ces groupements patho- 
logiques sériés allant de l'économie entière à l'organe on 
vice versa, autant que leur déterminisme propre, doivent 
préoccuper le médecin auriste ; de là une thérapeutique 
générale des afl'ections auriculaires. 

D'ailleurs, ue faut-il pas l'intervention d'un spécialiste 
auriste pour reconnaître, par exemple, qu'un trouble mor- 
bide, phénomène subjectif ou autre, bien que manifestement 
auditif, n'est lié à aucune lésion de l'organe de l'ouïe? dé- 
clarer l'oreille intacte, n'est-ce pas là encore une source 
d'indications précises ? ne serait-ce que celle d'en chercher 
autre part le foyer d'origine. A une étiologie indirecte on 
doit tenter d'opposer un traitement également indirect ; 
c*est ainsi qu'on parvient à soulager un bourdonnement en 
traitant l'utérus, le cœur, la gorge, etc., sans négliger 
cependant l'état otique, et les lésions déterminantes de 
l'excitation locale. 



TRAITEMENT DBS AFFEOTIONS AURICULAIRES 315 

Plas loin, nous montrerons que Ton est logiquement con« 
dait à obéir encore à la même indication, quand, à l'opposé, 
il existe une lésion, main ancienne, incurable, immobile^ 
simple cause d'appel, avec des troubles fonctionnels plus 
généraux décelant Taction d*inQuences extra-otiques. 

La lésion reconnue fixe, morte, pour ainsi dire, le méde- 
cin doit rechercher quelle autre région de Torganisme est le 
point de départ du symptôme d*allare auditive ; telle, Thyper- 
esthésie tardive, d'origiue névropalhique chez un sourd 
scléreux ; tel, un bourdonnement récent, né sous Tinfluence 
d'un état neurasthénique nouveau, dans une surdité an- 
cienne. 

De là une thérapeutique générale nécessaire. 

Pour remplir mon mandat, et exposer avec méthode et 
sans rien oublier la thérapeutique générale des affections 
de l'oreille, deux voies se présentaient. On peut, en effet, 
envisager surtout le côté thérapeutique, et parcourir la 
série des médicaments de la matière médicale, en mettant en 
face Tune de Tautre Tindication et la substance médicamen* 
teuse, ou le moyen curatif capable d'y satisfaire... ; mais, c« 
discours s'adresse à des cliniciens, et j'ai pensé que le cadre 
de la clinique convenait mieux à celte étude ; et qu'il y aurait 
plus de profit et plus de clarté tout ensemble à grouper les 
nombreux états pathologiques, dyscrasies, infections, neuro- 
pathies, traumatismes, sources d'épuisement, etc., et les 
médications générales usitées et appropriées, et à en exposer 
Feffet dans les lésions et troubles auditifs pour lesquels on 
nous consulte dans ces circonstances. 

C'est ainsi que j'ai pris et classé des types cliniques ololo* 
giques bien tranchés ; et je ne les ai plus envisagés en 
auriste, seulement en spécialiste, à titre de mal local, mais 
comme détermination actuelle de maladies plus générales ou 
comme origine de complications d'une portée plus grande, et 
d'actions morbides à distance. 

J'avais d'abord pensé qu'il n'était pas dans le plan de la 
question posée de m'occuper des affections aiguës otiques et 
de leur traitement général. 

Cependant les cas chroniques se compliquent trop souyent 



316 OBLLÉ 

de poussées aigaës, de réveils actifs du processus, pour que 
je n*en dise pas au moins quelques mots. Au reste, nous 
touchons ici à un point des plus intéressants de notre thèse ; 
je veux dire Tensemble des moyens prophylactiques à 
employer, pour sauver l*oreiile dans les affections aiguës. 



PROPHYLAXIB 

Les fièvres éruptives et autres n'offrent-elles pas dans leur 
cours, ou à leur suite, des lésions otiques, souvent bilaté- 
rales ? Des soins particuliers indirects, appliqués à propos, 
agissent alors à titre préventif, et méritent ainsi d*ètre si- 
gnalés aux praticiens comme des moyens de grande valeur: 
prévoir c'est prévenir. A ce point de vue, les irrigations 
nasales détersives et antiseptiques si justement recommandées 
par Guye, d'Amsterdam, dans la rougeole, la scarlatine, la 
grippe et autres maladies infectieuses, etc., au Congrès de 
Bàle, ont été un progrès sérieux et sont devenues classiques 
partout. 

De même, il est bon de dire aux parents de porter souvent 
les enfants malades à bras, pour ne pas prolonger le décu- 
bitus, qui dirige les exsudats intertubaires vers les oreilles 
moyennes ; et d'enlever ceux-ci fréquemment au moyen de la 
douche d'air lancée avec la poire de caoutchouc par une 
narine, l'autre restant ouverte (moucher artificiel). 

De même encore, je n'hésite pas, en pleine scarlatine angi- 
neuse avec délire et gène considérable de la respiration, 
causée par le gonflement énorme des amygdales, à enlever 
une au moins de ces glandes pour rétablir la respiration ; 
ou encore je conseille de lancer directement dans la gorge 
de l'enfant, qui ne sait pas se gargariser, des jets d'eau de 
Sellz, avec le siphon ordinaire au tube duquel on ajoute une 
canule de gomme suffisamment longue (15 centimètres). 

Rien de plus résolutif que ces douches froides, et rien de 
plus sauveur pour les deux oreilles, dans cette maladie qui 
fait tant de sourds, tant d'otorrhéiques, tant de sourds- 
muets. 



TBAITEMBNT DBS AFFBCmONS AURICULAIRES 347 

Chez radolle, la prophylaxie des affections otlques, ou de 
leurs récidives, possède beaucoup d*autres modes d'action, 
c'est ainsi que l'hydrothérapie rendra les muqueuses nasales 
moins susceptibles et les catarrhes auriculaires et leur suite 
(bourdonnements, vertiges) moins fréquents. 

Le mariage, la grossesse, rallaitement peuvent être décon- 
seillés à des patientes atteintes de surdité, avec tendance 
scléreuse. 

C'est le domaine de l'hygiène que nous côtoyons ; le choix 
d'une profession, d'un climat, d'un séjour passager ou habi- 
tuel n'est pas une prédisposition négligeable dans certaines 
tendances ]aux affections otiques, héréditaires ou acquises ; 
nous en parlerons. 

Mais dans Venfance^ la prophylaxie doit être sérieusement 
instituée ; elle aura à lutter contre les causes de surdi-mu- 
tité. 

Le médecin auriste peut être consulté d'ailleurs par une 
famille qu'une surdi-mutité, ou une affection destructive de 
l'ouïe, a fortement inquiétée déjà ; et le traitement prophy- 
lactique devra être judicieusement établi, à propos d'une 
deuxième grossesse ou d*un nouveau-né. 

C'est dans le mode défectueux de l'élevage de l'enfant que 
résident la plupart des causes de lésions précoces et graves 
de l'appareil auditif: ce terrain est donc bien le nôtre. S'il 
est vrai que les surdités congénitales, par hérédo-syphilis, 
par tuberculose, par infection microbienne du fœtus au cours 
de la grossesse, etc., sont hors de notre prévision en gé- 
néral, elles ne le sont pas absolument, car dans les gros- 
sesses nouvelles Ton peut déjà prévoir. Il n'en est plus de 
même après la naissance ; alors le rôle du médecin est 
tracé. 

Les oculistes nous ont montré l'urgence et les bienfaits des 
soins immédiats donnés à l'enfant qui vient de naître dans 
certaines conditions et j'étendrai, pour ma part, les lavages 
antiseptiques des yeux, si utiles à ce moment, aux fosses na- 
sales et aux orifices des oreilles. 

Les voies d'hétéro-infection au passage vaginal ou par les 
eaux souillées de l'amnios seront pour l'oreille, comme pour 



320 GBLLÉ 



TRAITBMBNT O^NSBAL D£S AFFECTIONS OTIQUBS AIOUBS 

Après la prophylaxie, vient le traitement général des 
afTections aiguèd de l'oreille. Primitives ou secondaires, elles 
bénlHcieront de la médication interne^ d'autant pins et plus 
vite que Totite sera proche du début. Associé à une action 
topique décisive, prompte, ce traitement aidera véritable- 
nient à juguler le processus. La poussée fluxionnaire peut 
disparaître, la suppuration être évitée et la terminaison par 
résolution acquise par le concours des moyens généraux et 
des interventions locales. 

Pour être plus rares depuis TinQuenza, qui a multiplié les 
otites infectieuses graves, ces guérison? ont été observées. 
Trop rarement, par malheur, les sujets nous sont amenés 
aux premiers jours de la maladie. 

En même temps que les soins topiques indiqués, le méde- 
cin ordonnera, le soir et la nuit, le bromure de potassium ou 
mieux de strontium, seul ou allié au chloral, soit par la 
bouche, soit en lavement à garder, pour obtenir le sommeil 
et l'apaisement des douleurs. 

Le médicament par excellence de Tinflammation aiguë 
auriculaire est le sulfate de quinine. Donné à doses élevées, 
fractionnées (0,75 à 1 gramme par jour) ou massives, il est 
antiphlogistique ; c*est un calmant anesthésique ; il déconges- 
tionne la léle, éteint la fièvre (Laborde), il est toujours supé- 
rieur dans les maladies infectieuses. 

La plupart des médecins^ dans Tinfluenza, ont tiré un 
excellent parti de Tantipyrine, dans les formes otitiques, si 
douloureuses (Cazeneuve et L. Cainier). Elle s'adresse à la 
fois à la céphalalgie, à Totalgie et à la fièvre ; son manie- 
ment facile la rend d'un emploi sûr, chez Tenfant. 

Le grand bain tiède est, chez celui-ci encore, un sédatif 
excellent de la Oèvre et de la douleur locale. 

Dès 1879, j*ai recommandé dans l'otite aiguë catarrhale, 
en un mémoire lu à la Société de médecine pratique de 
Paris, rinfusion de 4 grammes de feuilles de jaborandi dans 
125 grammes d'eau. 



TBAITBMBNT DES AFFECTIONS AURICULAIRES 331 

La pilocarpine esl aujourd'hui couramment ordonnée dans 
le même but; son action sudorifîque provoque une crise 
résolutive et une détente salutaire (Politzcr^ Baber, Boke, 
Girmonsky). 

Chez certains adultes, le calomel associé à Topium a donné 
d'excellents résultats à doses fractionnées, entre les mains de 
praticiens connus. 

Dans l'otite aiguë rhumatismale, le salicylate de soude est 
bien indiqué ; son action calmante est rapide ; mais on peut 
lui reprocher de provoquer des bourdonnements d'oreilles 
énervants, et une excitation manifeste du cerveau. Les bro- 
mures alors feront mieux ; mais lergotine surtout trouve là 
son emploi ; une seringue de Pravaz de l'ergotine d'Yvon, 
par exemple (une ou deux fois par jour), abaisse la fièvre, 
et diminue Tintensilé de Thypérémie. 

La digitale et ses alcaloïdes rendent encore de grands ser- 
vices dans les otites secondaires de la pneumonie, de la 
pleurésie, des grandes pyrexies, soit seule, soit associée au 
sulfate de quinine. 

L'indication des opiacés est plus restreinte ; mais parfois 
impérieuse dans les crises à forme névralgique, avec vomis- 
sements, qui marquent le début de certaines otites. 

On est bien forcé d'y avoir recours chez les sujets qui 
refusent ou retardent la paracentèse tympanique. 

Je ne veux pas oublier^ dans la défervescence des affec- 
tions otiques aiguës, les bons effets des préparations d'aco- 
nit, signalés depuis longtemps parTurnbuH. 

Quand l'affection est une ostéo-périostite otique, la supé- 
riorité des applications topiques et de l'intervention manu 
armatâ est démontrée ; mais il reste toujours des indications 
générales à remplir, ainsi que je l'ai dit plus haut. 

Parmi celles-ci, je signalerai l'utilité de l'antisepsie intes- 
tinale, que je mets sur le même plan que celle des fosses 
nasales et de la gorge. 

Les travaux de Nicolaier, de Roux et Yersin entr'autres, 
et de Gradenigo, ont appris combien certaines associations 
microbiennes sont particulièrement redoutables. Dans l'otite, 
on fera l'asepsie aussi rigoureuse que possible du tube intes^ 



ZÈ2 GELLÉ 

iinal, d'après les règles tracées par Bouchard; le benzo- 
naphlol, riodoforme, la quinine, le salicylate de bismuth 
seront d*un usage journalier et leurs doses graduées d'après 
Tétat des voies digeslives, et suivant raiïeclion (dysenterie, 
choléra, diarrhées^ aiïeclions hépatiques, etc.), qui se com- 
plique d'otite aiguë (Hanot, Gilberl). 

L'otite goutteuse a un début brusque, une marche rapide; 
elle se résout parfois subitement par Tapparllion du gonfle- 
ment du pouce, goutte normale. 

On doit agir énergiquement ; au traitement topique, on 
joindra l'emploi du spécifique reconnu^ de la colchique, ou 
de la colchicine. Le salicylate de soude à fortes doses peut 
être suf6sant, s'il ne blesse pas trop le sujet par les bruits 
qu*il éveille. Une saugsue auprès du méat enlève parfois 
la douleur. Les révulsifs et le régime sévère seront or- 
donnés. 

Pour clore ce chapitre, je rappellerai combien Tétat général 
de l'organisme a d'influence sur la marche de Tinfection mi- 
crobienne, cause de Totite aiguë. Nous savons tous quelles 
facilités offre à l'invasion un organisme épuisé par une ma- 
ladie antécédente, la fatigue, par les pertes, la sénilité, les 
chagrins, etc. ; il y a donc \k une indication précise de 
relever les forces du malade au moyen des agents connus de 
la thérapeutique générale (quina, strychnine, kola, surali- 
mentation, hygiène, etc.)* 

Cette thérapeutique est traditionnelle, c'est celle du passé; 
on peut augurer mieux de l'avenir et des agents nouveaux : 
une nouvelle ère se lève pour la thérapeutique générale. En 
efl'et, les hases de la thérapeutique sont aujourd'hui profon- 
dément changées^ conséquence des découvertes de la micro- 
biologie. 

Depuis que l'inflammation et l'infection, la suppuration et 
l'infection sont choses connexes, les modes de traitement se 
sont unifiés, simplifiés et concentrés dans les formes mul- 
tiples de l'antisepsie et de l'asepsie, au grand bénéfice de la 
thérapeutique locale. 

Mais l'étude des microbes pathogènes, de leurs fonctions, 
l'isolement des toxines, la connaissance de leurs activités par 



TRAITEMENT DBS AFFECTIONS AURICULAIRES 323 

rexpérimentalion ; puis, la découverte des propriétés bacté- 
ricides des humeurs ont conduit à la sérothérapie. 

Les travaux de Chauveau, Bouchard, Gharrin, Roger» 
Bùchner, Richet et Héricourt, Behring, Beuwner, Peiper, 
Roux et Ghamberland, Duclaux^ Katz, Daginski, Ehrlich, 
Kôssel, Flûgge, Gamaleîa, Foa, Grohmann, Fodor^ Nissen^ 
Chantemesse, etc., ont établi les bases de la doctrine actuelle 
de l'immunisation, des vaccins et de la sérothérapie : la 
matière médicale, les médications vont être totalement 
changées. Le médecin auriste a suivi avec attention le ma- 
gnifique développement de cette science bactériologique 
expérimentale. 

Sans doute, le moment approche, combien souhaité, où 
nous posséderons le sérum capable de combattre et de dé- 
truire les infections streptococciques, staphylococciques, 
pneamococciques, etc., et les autres pathogènes reconnus. 
Au récent Congrès de Bordeaux, H. Roger, après avoir 
rappelé que les premières tentatives thérapeutiques, faites 
avec Taide de M. Charrin (23 février et 30 mars 1895, Soc. 
biol.), avaient donné des résultats encourageants, confirmés 
par MM. Josué, Hermary, Jacquet, ajoute : « il est actuelle- 
ment démontré que les injections de sérum antistreptoc- 
occique provenant d'animaux immunisés au moyen de cul- 
tures stérilisées, ne présentent aucen danger. » Plus loin : 
(c nos résultats sont d'autant meilleurs qu'on intervient plus 
tôt... )> Mais il y a encore trop peu de faits pratiques ; et il 
est impossible de poser des conclusions définitives. » 

Gela est d'hier ; c'est plus que l'espérance de la réussite : 
la thérapeutique générale sera donc bientôt pourvue d'agents 
efficaces contre Tune des plus grandes infections bactériennes 
et des plus fréquentes. 

En attendant, bien que nous ne tenions pas encore ce pres- 
tigieux moyen thérapeutique, des notions importantes et 
pratiques se dégagent de ces expériences et de ces études, 
dont nous pouvons déjà faire notre profit par avance. 

Des plus récents travaux, en efi'et, de ceux de Ghauveau, 
Bouchard et de Charrin, Roger, surtout, il résulte, que les 
fonctions biologiques et le développement des bactéries, 



324 GBLLÉ 

ainsi que leurs produits ou toxines sont profondément modi- 
fiés et influencés, atténués ou supprimés par le milieu de 
culture, par l'activité des cellules, et par l'énergie du sys- 
tème nerveux du sujet. La vieille médecine dîrait-elle autre 
chose, quand, au lieu de se nommer bactéries, les agents de 
nos maladies générales s*appelaient virus, miasmes, etc. 
Après comme avant les découvertes microbiologiques, il 
est indiqué de soutenir le tonus vital de Téconomie dans sa 
lutte. 

Les réactions de Téconomie, la vigueur de la constitution, 
luttent en etfet avec avantage contre Tinfection et contre 
rintoxication microbiennes ; bien plus, les sérums seraient 
non-seulement bactéricides et antitoxiques, mais ils agissent 
comme stimulants de Torganisme et viennent en définitive 
en aide à la nature médicatrice (Bouchard, Congrès de Bor- 
deaux, 1895). 

D'ores et déjà, on aperçoit Tutililé des moyens thérapeu- 
tiques capables de relever les forces, de rendre le milieu 
organique mauvais terrain de culture et réfractaire aux 
activités ennemies, enfin d*accrottre le phagocytisme et 
d'amener l'immunité. L'économie est armée pour la dé- 
fense ; il faut doubler ses forces. Les maladies infectieuses de 
l'oreille sont trop nombreuses pour que ces notions ne soient 
pas retenues par le médecin auriste. 



TRAITSUENT DES AFFECTIONS CHRONIQUES 

Abordons le traitement général dans les aflTections chro- 
niques de l'oreille. 

Otohrhêe. — Parmi les afl'ections chroniques auriculaires, 
un type clinique, bien tranché, se présente tout d'abord, le 
plus répandu, le plus populaire ; c'est l'otorrhée. 

Dans l'otorrhée, en dehors des conditions locales évi- 
dentes, dont le traitement ressortit au spécialiste, et qui 
entretiennent la suppuration, on ne peut se refuser d'ad- 
mettre l'action de causes générales, qui créent une plus 
grande réceptivité de l'organisme pour l'infection ; c'est un 



TRAITBMBNT DBS AFFBCTIONS AURICULAIRES 325 

mode inférieur de vitalité de celui-ci, soit primitif, prédis- 
posant, soit consécutif, et né de Tinfection même, par Tacti- 
yité des toxines. 

La diapédèse existe ; parfois elle se supprime ; la phago- 
cytose est arrêtée ; le leucocyte a perdu sa vigueur, la cellule 
inerte, morte, est expulsée sous forme de pus (Bouchard). 

La lutte de la cellule contre la bactérie est finie : la des- 
truction marche, les colonies se développent; les toxines 
agissent à distance, ruinant Ténergie phagocytaire et taris- 
sant la diapédèse (Bouchard). 

Certains organismes doivent cependant arriver à l'état 
d'immunisation, qui explique la persistance du mal local 
sans généralisation ; mais de nouvelles invasions ou des 
traumatismes ou des chocs nerveux récents peuvent sus- 
pendre l'immunité ; de là, les poussées aiguës intercurrentes 
si redoutables, menace constante des otorrhéîques. 

Le traitement local détruit les colonies et le sol patholo- 
gique sur lequel les bactéries se multiplient ; les antisep- 
tiques arrêtent ou empêchent leur évolution, et les sécrétions 
toxiques ; ils créent un milieu de culture défavorable : c'est 
un premier point important. 

Le traitement général, bien moins actif, a pour mission de 
rendre les humeurs bactéricides, de relever les forces vitales, 
de donner à Téconomie une résistance supérieure et au pha- 
gocyiisme sa plus grande énergie : son action est indi- 
recte. 

Depuis longtemps, l'action nuisible des maladies avec 
affaiblissement de la nutrition dans les infections a été si- 
gnalée : la thérapeutique doit donc s'adresser à ces étals pa- 
thogéniques et diriger contre eux toutes les ressources de l'art ; 
l'hérédité n'a pas de plus grand complice que les lésions de 
nutrition chez l'enfant. L'antisepsie sera généralisée pour 
éviter les associations bactériennes si graves (Roux, Bou- 
chard, etc.). 

L'hygiène et la thérapeutique combineront leurs efforts 
pour assurer le triomphe de la défense. 

Nulle part, cette subordination de l'affection locale à une 
cause générale, et l'activité de la médication interne ne sont 



326 OELLÉ 

plus évidentes qae dans Totorrhée syphilitique. On voit, en 
effet, celle-ci résister à d'habiles soins topiques, et céder 
rapidement et totalement aux médicaments spécifiques, dès 
que Torigine du mal est soupçonnée. 

:^.. D*autre part, cependant, on sait que Totorrhée hérédo- 

gyphilitique exige de plus Tadjonction de soins géné- 
raux, Pallaitement prolongé, régime reconstituant, des to- 
niques, etc., puis les cures d'eaux minérales, salines, chlo- 
rurées sodiques ou arsenicales, ou des sulfureuses, telles que 
La Bourboule, Chaiies, Brides, Acqui, Amélie, Barèges, 
Kreusnack, etc., dans les caries ayec pertes de substance 
étendues, et chez les enfants. 

Ces cures thermales ont le défaut de ramener parfois 
Totorrhée, il faut eu surveiller Faction excitante. 

En général, on doit défendre les bains de mer dans l'otor- 
rhée, ils activent les infections secondaires et la suppura- 
lion, etc. ; le climat maritime ne vaut guère mieux à ce point 
de vue, bien qu'on voit Tétat général des enfants s'améliorer 
ostensiblement. C'est aussi l'opinion du D' Bergeron, et de 
J. Moure de Bordeaux (IV* Congrès, p. 185), ds Knapp, 
Morpurgo, Cozzolino, S. Sexton et de la plupart des ololo- 
gistes» 

^ Otorrhée diabétique. — L'influence remarquable des alté- 

rations du milieu organique sur les infections et intoxications 
microbiennes apparaît encore clairement dans l'otorrhée des 
diabétiques; sur ces constitutions affaiblies aux périodes de 
l'épuisement et de l'autophagie, les invasions bactériennes 
les plus diverses sont possibles, elles se succèdent, s^assocîent 
facilement. 

Aux agents de la suppuration peuvent s'ajouter le bacille 
du colon, celui de la gangrène gazeuse, tous les artisans de 
la mortification rapide des tissus. Un traumatisme, un choc 
nerveux peuvent mettre en évidence ces fonctions bacté- 
riennes redoutables et l'activilé de leurs toxines associées. 

- (Charrin, lloger, Bouchard). 

Le traitement général occupe donc ici encore une place 
importante; il est indiqué plus que jamais de modifier le 

terrain, de le rendre plus réfractaire, d'exciter la vitalité des 

r. ■ 



TRAITEMENT DES AFFECTIONS AURICULAIRES 327 

cellales et la résistance des tissus, de solliciter l'énergie Ti- 
tale. On traitera énergîquement la glycosurie : en faisant 
succéder de 15 en i5 jours au régime de Bouchardat, soit 
Fantipyrine (2 grammes), soit le sulfate de quinine (0,30) soit 
le bromure de potassium ; la suralimentation est de toute 
utilité, et l*a)cool et le vin doivent élre pris largement. La 
campagne, Texercice au grand air sont les conditions néces- 
saires de guérison. On agit de même dans toutes espèces de 
cachexies et d'épuisement, en s'adressant tout d'abord à la 
cause (pertes, allaitement, dysenterie chronique), qu'il faut 
supprimer. 

Otorrhée goutteuse. — Chez les goutteux, fils de goutteux, 
les otorrhées consécutives aux pyrexies, etc., de l'enfance 
sont graves et interminables. Au traitement local on ajoutera, 
suivant le cas, les toniques, Thygiène, et rarement le médi- 
cament spécifique (colchicine), sinon dans les crises aiguës. 

Quant aux dégénérés de la diathèse, c'est aux cures d*eaux 
sulfureuses pyrénéennes ou aux salines (Kreuznack, Salies, 
Brides) qu'on devra les envoyer, plutôt qu'aux eaux de 
Vichy, Carlsbad, Gastein, etc. Au contraire, c'est sur ces 
dernières qu'il faudra diriger les otorrhées des adultes et des 
vieillards, dues à des dermites, à des séborrhées, tantôt 
sèches, tantôt humides, d'origine arthritique, et à Saint-Ger- 
vais, Saint-Sauveur ou Uriage. 

La médication arsenicale est applicable dans tous ces cas. 

Faut-il répéter que les catarrhes naso-pharyngtens, les flux 
muqueux concomitants seront traités, en même temps que 
les surfaces cutanées périotiques seront aseptisées : ces cures 
touchent plusieurs points à la fois, ce qui explique leur grande 
activité? 

Otorrhée des tuberculeux. — L'olorrhée est fréquente chez 
les tuberculeux ; la tendance ulcérative^ destructive de ces 
lésions, montre assez la déchéance des forces de l'organisme, 
et combien une thérapeutique reconstituante est indiquée. On 
sait les médications nombreuses par lesquelles la tuberculose 
est combattue; les glycérophosphate9,Phuile de foie de morue, 
la suralimentation ; la viande crue ; puis l'habitation à la cam- 
pagne, dans une station élevée (Saint-Moritz, Ragatz, Davos^ 



328 GBLLÉ 

etc.), et les eaux du Mont-Dore, de la Bourboule, en France, 
ainsi que les chlorurées sodiques et calciques, les sulfureuses 
légères, les salines, les arsenicales de lous les pays, suivant 
la forme de révolution morbide, torpide ou irritable. 

Je ne connais pas d'observation de guérison d*une otor- 
rhée par la tuberculine de Kock, ni par le cantharidate de 
soude, ni par les injections de sérums artificiels ou par celles 
du galacol^ d'eucalyptol, etc., ni par les sulOtes à Tintérieur 
ou par riodoforme ; beaucoup de ces moyens sont à essayer. 

Notons, en passant, Tapparition possible d'une otorrhée 
après une cure sur les hautes vallées^ à Davos, par exemple, 
ou après une saison au Monl-Dore (Gellé) ou à la Bour- 
boule; ces retours n'ont pas d'autre cause qu'une rhino-pha- 
ryngile. 

La sérothérapie donnera-t-elle des résultats dans l'otorrhée 
bacillaire ? 

C'est la médecine de l'avenir: or, d'après les récentes 
observations de Broca (27 juillet 1895, Soc. Biologie), je ne 
puis que la recommander. En effet, des ulcérations cutanées 
tuberculeuses rebelles ont été ainsi guéries complètement; et 
il y a là un trop heureux présage pour que je ne le signale 
pas. Le professeur Marigliano vient aussi de montrer la puis* 
sance de ces nouvelles méthodes séro-thérapiques. 

Otorrhée des enfants. — L'otorrhée chez les petits enfants 
au sein peut être tuberculeuse ou hérédo-syphilitique ; l'état 
connu des générateurs sert de guide dans le premier cas ; la 
résistance aux soins topiques conduit à essayer le traitement 
spécifique dans le second : il est rapidement alors suivi 
d'amélioration décisive. 

Mais souvent on doit reconnaître dans le mauvais état de 
santé, dans l'épuisement de la mère, dans l'allaitement insuf- 
fisant ou toxique, la cause d'entretien de l'écoulement ; on 
change de nourrice ; et les gourmes du pavillon, la séborrhée 
du conduit, l'écoulement puriforme si tenaces disparaissent 
vite. Nous avons déjà parlé des soins hygiéniques de l'allaite- 
ment artificiel et des effets préventifs d'une bonnne alimenta- 
tion à cet âge. 

Otorrhée des scrofuleux. — D'autre part, chez les enfants 



TRAITEMENT DBS AFFECTIONS AURIODLAIRES 329 

ecrofuleux où l'otorrhée se complique d'engorgements gau- 
glionnaires et de catarrhes du rhino-pharynx^ avec ou sans 
adénoïdes, la médication interne vient heureusement en aide 
au traitement topique fondamental de la muqueuse et de 
Toreille. Les ferrugineux, Tarséniate de soude allié au vin de 
quinquina, aux amers, les glycéro-phosphates, Thuile de foie 
de morue ; la campagne, puis, les eaux minérales salines 
(Kreuçnacky Ischl, Brides, Salins) ; ou bien, les chlorurées 
sodiques (La Bourboule, Uriuge, S lint-Morilz, Saint-Gervais) ; 
les ferrugineuses (Spa), les arât^nicales (Monl-Dore), enfin les 
sulfureuses (A.cqui, Challes, Barègcs, Bagnères, Sainl-Ho- 
noré, etc.), remplissent au mieux l'indication persistante de 
relever Torganisme, d'aider une croissance. J'ajoute qu'au- 
cun traitement topique sérieux ne peut être fait chez les 
enfants, aux stations thermales, à moins de bien connaître 
Télat de la lésion auriculaire, et les procédés scientifiques 
de Fotiatrique. 

Allaitement chez les otorrhéiques. — L'allaitement sera 
déconseillé ou rapidement supprimé chez les femmes ortor- 
rhéiques ; certaines voient leur écoulement reparaître à cha- 
que grossesse. 

L'allaitement aggrave la maladie olique, provoque l'infec- 
tion et les complications graves ; en tous cas, c'est une con- 
dition de sa chronicité par l'épuisement consécotif. 

La pathologie de la peau du conduit offre à la clinique 
toutes les affections cutanées connues ; et leur traitement n*a 
rien d'absolument spécial à l'oreille. 

Je renvoie aux traités de dermatologie et à nos classiques. 
J'en ai dit la prophylaxie : l'antisepsie y joue un grand rôle. 

Otiie chronique. — Nous voici en présence d'un autre type 
clinique : l'otite chronique, aussi fréquente que l'otorrhée. 

Au point de vue thérapeutique, sous son unité apparente, 
l'otite chronique comprend plusieurs modalités patholo- 
giques et symptomatiques bien tranchées, formant autant de 
types particuliers, qui comportent chacun des indications 
spéciales. 

Nous les esquisserons rapidement. Tout d'abord la chro- 
nicité s'explique par les retours, les recrudescences des états 

ANKALB8 9BB MALAOIBS DB L'OUBILLB BT DU LARYNX. — XXI« 22 









t 



330 GBLLÉ 

fluxionnaires, sécrétoires, etc., de la première heare ; ces 
poussées saisonnières, secondaires à des afTections récidi- 
vantes du nez, de la gorge, doivent être soignées comme une 
aiïection subaiguë ; et les crises atténuées ou évitées par un 
traitement général et une hygiène prophylactique. 

L'hydrothérapie pourra combattre avantageusement la 
prédisposition aux catarrhes des premières voies. Les eaux 
thermales, sulfurées, salines, chlorurées : sont toutes excel- 
lentes à ce point de vue (Huysmann, PoUtzer, Gellé). 

Dans la période plastique, les eaux thermales, les bains de 
vapeur ou d'étuve sèche (Aix-la-Chapelle) activent la résolu- 
tion chez les sujets forts et chez les arthritiques ; chez les 
convalescents, les eaux ferrugineuses (Spa, Bussang), les 
iodiques (Ghalles, Hall), les arsenicales (Mont-Dore, la Bour- 
boule) sont indiquées. Chez les affaiblis, les salines fortes 
(Kreuznach, IschI, Salie?) et les douches sulfureuses chaudes 
rapides (Aix, B«gnères, etc.). 

Chez les individus sanguins, congestif?, on évitera les cures 
thermales ; les bains chauds souvent aggravent la surdité 
(lluthen) ; il en est noté de subites dans le bain chaud 
(deux ca«y Gellé). Chez les neurasthéniques, les douches 
froides sont en général excellentes. Les syphilitiques vont à 
Aulus, Barèges. Vichy, Néris, Dax, Saint-Sauveur^ chez les 
rhumatisants excitables, remplissent bien l'indication. 

D'autre part, la mer est absolument défendue dans la 
période anté-scléreuse. 

Oialgie. — Certains types d*otites chroniques se distinguent 
par la prédominance d*un signe. 

L*otalgie, la névralgie otique, même entretenue par une 
lésion, sont rapidement guéries soit par le traitement spéci- 
fique (mercuriel surtout) s*il y a exostose tympanique, acci- 
dent secondaire, etc. ; soit par les ferrugineux, les toniques, 
Tarséniate de soude, chez les anémiques ; chez tous, le sulfate 
de quinine seul ou associe à Taconit est radical ; et s'il y a 
impaludisme, à plus forte raison. 

Les crises tabétiques sont soulagées par le salicylate de 
soude et la phéuacétine ; chez les hystériques, les neurasthé- 
niques, les épuisés, elles cèdent aux douches froides. 



TBAITB3krENT DBS AFFECTIONS AURICULAIRES 331 

Dans la sclérose, celles-ci ont an effet calmant, sédatif sans 
pareil, quelque soit l'âge de Tindividu ; il faut en graduer ha- 
bilement la température au début. Il est bien entendu que 
ces assertions sont appuyées sur des faits cliniques person- 
nels, et sur ropinion des mnltres aux traités de qui je 
renvoie. 

Vertige, — Autre type clinique : le vertige caractérise 
suTOsamment certaines formes d*otites ; tantôt il est rapporté 
à une compression secondaire du labyrinthe ; tantôt à des 
lésions de celui-ci ; tantôt c*e9t un réflexe, un trouble sympa- 
thique, avec ou sans lésion otique. 

Si le patient est pléthorique, une saignée (Wilhers), 
quelques sangsues au siège, le soulageront vite ; de même un 
purgatif énergique, s*il est hémorroïdaire ; pendant Taccôs, 
avec nausées, vomissements, faiblesse des jambes, on fera 
respirer de Télher, ou du bromure d*éthy1e ; s*il dure, le 
sujet sera couché ; on lui donnera de la glace et la potion de 
Rivière. Un Polilzer est immédiatement effectué, et la raré- 
faction doit être essayée ; de même, les pulvérisations d*éther 
ou de chlorure d*éthyle sur l'apophyse mastoïde. 

Le sulfate de quinine est, à mon avls^ le médicament de 
choix dans le vertige auriculaire ; on le donne à dose de 0,60 
à 0,80 centigrammes par jour, durant 10 à 12 jours. Il est 
prescrit par tous les auteurs, diaprés Charc:)t : il calme 
l'excitation réflexe : il est anesthésique. Le chlorhydro-sulfate 
causerait moins de bourdonnements (Gclié, Charcot, Chea- 
tham). On paraît s'être trouvé bien de remploi de la pilocar- 
pine en injections hypodermiques, suivant les indications de 
Politzer, de Bôke, Field, Gorradi^ G. Metcalfe, Mackenzie, 
Virmonsky, Cresswell Baber, etc. 

Dans une affection aussi tenace et aussi sérieuse, c'est une 
véritable conquête. Depuis longtemps, on traite le vertige 
otique avec de bons résultats par le bromure de potassium, 
soit par les iodures ; c'est classique : le premier tempère 
l'excitabilité réflexe ; le second, vaso-dilatateur, s'adresse à 
l'artério-sclérose. La dyspepsie, les troubles digestif:», la 
pléthore abdominale provoquent le vertige de Mcnière ; et, 
on arrête les accès en améliorant ces états morbides par la 



332 obllA 

diète lactée, le régime approprié, et ane hygiène entendue. 
L'oreille souffre par Testoaiac : c'est ainsi que \ichy soulage 
certains vertiges ; de même Tasepsie du tube intestinal, arrête 
la formation des toxines, des aci<les gras, et l'intoxication 
consécutive. Quant aux troubles vertigineux^ prodromes de 
Tattaque de goutte, ils sont avec succès traités par le salicylate 
de soude (Charcot, J. Gay, Gellé). 

Le séjour à la campagne, au grand air, calme beaucoup de 
vertigineux ; le repos, loin des affaires, le calme, le sommeil 
réglé, la cessation de tout travail intellectuel sont des con- 
ditions indispensables parfois à la réussite ; les veilles, la 
faligue, les chagrins doivent être évitée*. 

Le vertige de Ménière prodromique ou non du tabès est 
variable ; mais il résiste à tout, use tout, et peut durer des 
années. 

Le vertige symptomatique de Thémorrhagie labyrinthique 
cesse de lui-même en quelques semaines, et plus tôt avec le 
sulfate de quinine, les anliphlogistiques immédintement ap- 
pliqués, puis riodnre de potassium. 

Chez les alcooliques, le régime lacté agit remarquablement 
vite, avec cessation du toxique. 

D'autre part, rotile grippale, suppurée ou non, laisse à sa 
suite un état d'endolorissement et d'excitabilité de lappareil 
labyrinthique, tels que les vibrations, sinon le bruit de la 
parole, étourdissent, abasourdissent le patient. 

Ces états vertigineux, de faiblesse irritable, expliqués par 
une hyperexcitabilité des nerfs des ampoules iabyrinthiques et 
des centres réflexes, sont soulagés grandement par les 
douches froides ; et je m*en suis souvent très bien trouvé 
depuis Tiafluenza. 

Celle-ci nous a fait toucher du doigt l'étiologie infectieuse 
des névroses. L'hyperesthésie labyrinthique peut être entre- 
tenue par des troubles de la circulation locale ou céphalique, 
donnant lieu à de la congestion de la tète ou, au contraire, à 
de l'anémie chez les cardiaques, dans l'albuminurie ; ailleurs, 
elle est éveillée par les toxines urémiques ou autres. 

Les utérines offrent fréquemment du vertige avec une lésion 
otique unilatérale, sclérease, et des signes de labyrinthisme. 



TRAITEMENT DES AFFECTIONS AUR2CULA1EB8 333 

Le traitement de raffection génitale est indispensable à la 
cure ; le salfate de quinine et les douches froides ici font 
encore merveille. De même chez les épuisés, après les pertes, 
les diarrhées, la dysenterie, etc., les grandes privations, 
TafTection otique récente ou ancienne prend l'allure verti- 
gineuse ; celle-ci se modifiera par le traitement indiqué. 

Chez les arthritiques, le verlige est fréquent au moment de 
la ménopause ; tantôt congestif d*origine, tantôt spasmodique 
et neurasthénique ; une déplélion par les drastiques réussit 
dans le premier cas ; les douches froides, et les toniques, elc, 
dans Faulre. 11 est évident que pendant et après ces crises de 
vertige, la lésion scléreuse auriculaire reste identique ; il n'y 
a qu'un état labyrinthique ajouté, sur lequel la thérapeutique 
générale peut agir. 

Le médecin emploiera donc tout l'arsenal des prescriptions 
classiques ordonnées dans les névroses (strychnine, arseni- 
caux, reconstituants; douches froides, graduées, etc.,) on est 
on efTet en présence d'une névrose labyrinthique : le traite- 
ment général est actif et nécessaire. Mais certains états verti- 
gineux et des accès même ont une durée insolite et résistent 
à nos médications ; ne pourrait-on pas, en pareil cas, essayer 
de l'administration à l'intérieur, per os, de l'extrait de reins 
de porcs, broyés et filtrés, additionné d'autant de glycérine, 
remède indiqué récemment par le D' Bra, contre le vertige 
épileplique, et qui a donné des résultats encourageants (Soc. 
Biol. 20 juillet 1895). C'est une application heureuse des 
idées de Brown-Séquard sur la sécrétion interne des 
glandes. 

Je ne fais que mentionner le verlige auriculaire chez les 
artério-scléreux, et chez les saturnins, Tiodure et le lait les 
soulagent d'ordinaire. On doit remarquer en clinique combien 
peu de vertiges cèdent sans la médication interne, qui peut 
suffire à en empêcher le retour. 

Bourdonnements. — Les sourds qui se plaignent de bruits 
Bobjectifs, de tintouins, forment un autre type clinique auri- 
culaire fréquent, également très tranché. Les bourdonnements 
gênent plus que la surdité. Qui oserait avancer que le traite- 
ment local suffit pour les tous guérir ? leur origine est une 



t 

I 



334 OBLLÉ 

hypereslhésie acquise du nerf labyrinthique, branche senso- 
rielle. Cet élat a persisté après Tolîte ; ailleurs, dans l'oliie 
chronique et la sclérose, il se réveille sous rinfluence des 
poussées nouvelles, des lésions du voisinage, enfin par des 
acti(>ns réflexes dont le point de départ est plus général, dans 
l'économie. La sclérose otique est fixe ; les bruits sont, au 
contraire, des plus variables ; ils reconnaissent donc bien 
d^autres causes que la lésion locale, qui constitue la prédis* 
position. 

Mais il n'est pas toujours facile de les découvrir et, ceci fait, 
il l'est souvent moins de les guérir. 

Nous retrouvons encore les divisions et les indications par- 
ticulières aux divers éléments étiologiques reconnus. Le 
bourdonnement est lié à un élat congestif, passif dans les 
artério-scléroses et les affections cardiaques ; il est soulagé 
par la cure lactée etTiodure de sodium ; ou à Télat d'hypo- 
tension artérielle dû à l'abaissement des forces du cœur, il 
sera traité et guéri par le lait et la kola, la strychnine, la 
caféine, etc. 

L'anémie des albuminuriques, des convalescents, des épui- 
sés, demande les reconstituants, les eaux ferrugineuses, etc ; 
enfîn les névropathies exigent les arsenicaux, les eaux 
sédatives de Néris, Dax ; les climats tempérés, les belles 
vallées (Grasse) ; et chez les moins excitables les chlorurées 
sodiqucs faibles, chaudes, les thermales simples, ouïes ferru- 
gineuses (Spa, Franzenshad, Lamalou, Gapvern, Bagnères-de- 
Bigorre, Baden, Tœplilz). 

Les eaux sulfureuses de Ghalles, de Barèges, de Luchon, 
de Caulerels, les bains iodés de Hall ; les eaux salines fortes 
de Salies, Kreuznach, Ischl, s^adressent aux affections des 
muqueuses naso- pharyngiennes et doivent être réservées aux 
formes torpides, aux natures plus calmes et moins éner- 
vées. 

Dans la sclérose, la mer soulage certains bourdonnements 
insupportables ; comme le font les douches froides, même 
chez les diabétiques. Dans les affeclions de l'estomac de nature 
goutteuse ou arthritique, les tintouins si persistants sont dimi- 
nues sous l'influence d'un régime sévère approprié ; aidé des 



TBAITRMBNT DBS AFFECTIONS AURICULAIRES 335 

eaux de Yicby, de Casset, d'Alet, du Boulou, de Carisbad ; 
landis que les eaux de Gransac^ de Balaruc, de Marienbad, 
de Pullna, de Monimirail et de ChâleUGuyon réussiront chez 
les pléthoriques sédentaires, et les hémorroïdaires, et les 
congeslifs. 

Dans la médication interne dirigée contre les bourdonne* 
menls tenaces, je citerai : Thyosciamine, le soir ; le bromure 
de strontium, comme vaso-constricteur ; le chloral comme 
somnifère ; la cannabine dans les gastralgies avec redouble- 
ment des bruits après le repas ; les sels de Yichy ou de 
Carisbad dans les dyspepsies. 

La suppression du café, du thé, des boissons alcooliques, la 
suspension des veilles, des travaux de l'esprit, des affaires, 
s'imposent. 

Les bruits subjectifs liés à certaines névralgies ou hyperes- 
thésies d'origine palustre, dentaire, anémique, seront facile- 
ment supprimés par le sulfate de quinine à doses fortes : en 
calmant l'élément douleur on fait cesser les spasmes 
musculaires et les bruits qui en résultent. 

Dans la défervescence de Totite, l'ergotine calme du dé- 
congestionne l'oreille. D^auire part, le traitement spécifique 
est toujours très actif dans la sclérose d*origlne hérédo- 
syphilitique comme dans la syphilis acquise (Gruber). Mais 
souvent aussi, le bruit persiste ou revient avec ténacité, 
surtout chez les névropathiques. 

L*éréthisme, l'ouïe douloureuse, les battements, Tétat 
mental, qui accompagnent si souvent les tintouins chroniques, 
sont améliorés sérieusement par le séjour à la campagne, par 
les douches froides ; et, comme Dana le recommande, par le 
bromure, le pep(o-fer et la sparléine, prescrits par tous les 
auteurs. L'acétanilide, Tanlipyrine calment davantage Thy- 
perexcitabilité de certains sujets (Gazeneuve, L. Cuinier). 
Mais le sulfate de quinine est assez mal supporté ; les hyp* 
notiques sont alors préférables. On ajoutera toujours un 
régime reconstituant (peptones, viande crue râpée, glycéro- 
phosphates, strychnine, ferrugineux, etc.). 

Certains bruits ne cèdent que par l'habitation sous un 
climat chaud, sec, à l'abri des vents, dans une vallée silen- 



336 0BLLÉ 

cieuse (Grasse, Néris, Dax, Venise, lac de Câime, Biskrft, 
Gastein). (Voir Szcnes, Boylon). 

Le massage est un des meilleurs agents reconstituants et 
sera utilisé avec profit dans les tintouins les plus rebelles. 

Le massage s*est montré utile dans le vertige et dans les 
bourdonnements ; chez les neurasthéniques» les épuisés^ 
Charcoi, Van Lair, Craicth l'ont recommandé. G. Nôstron 
masse la nuque ; les tempes surtout ; le massage vibratoire 
d'Urbantschitsch est aussi calmant des bruits. F^e régime a 
parfois une influence décisive et rapide ; le régime lacté, 
chez les éthyliques, chez les gros mangeurs et les buveurs ; 
Tabstinence de viande noire ou rouge ; la diète sèche ou le 
régime légumiste sont salutaires à plusieurs titres. Les 
exercices du corps au grand air, dans une mesure réglée, 
combattent les effets de la sédentarité ; la bicyclette, le 
cheval font d'excellentes cures. 

Les voyages en chemin de fer sont ttès redoutés des sujets 
affectés de tintouins ; ceux-ci redoublent h leur suite. 

Surdité. — Nous voici maintenant en présence du type 
clinique où la surdité domine. 

Tout d'abord apparaît une forme clinique bien tranchée, la 
surdité subite, la surdité grave, évoluant en peu de jours, en 
quelques heures : pon éliologie est mulliple ; et je dois avouer 
les tristesses de son traitement trop souvent inutile, et trop 
tardif. 

En général, l'examen ne découvre aucune lésion delacais&e 
ni de ses annexes. Dans un cas, c'est au cours où à la suite 
des oreillous chez un adulte plutôt ; dans un autre, c'est au 
début d'une albuminurie ; ailleurs, après une amygdalite 
suppurée, dite infectieuse ; ou bien, chez un syphilitique, sans 
cause connue ; ou bien encore c'est à la suite d'une crise 
hystérique, ou hyatéro-traumatique ; comme dans le cas de 
Barthélémy, cité par Hermet, où le malade devint sourd su* 
bitement quand on lui annonça qu'il avait la syphilis, et 
guérit un an plus tard aussi subitement. 

L'épilepsie, la conge&tion cérébrale, causent aussi la surdité 
subite ; de même l'hémorrhagielabyrinthique. 

Le traitement interne, trop souvent simple consolation 



TBAIT&MSNT DRS AFFBOTIONS AURIGULAIRBS 337 

médicale, dépend du diagnostic posé. Des sangsues, des ré- 
vulsifs, des drastiques^ la colchique sont indiqués, si l'on 
croit à une hémorrhagie, à un épanchement, de même en cas 
d'affection rénale ; les frictions sèches, la strychnine, les 
douches froides, le massage, la cure d'air, dans les formes 
nerveuses. Aujourd'hui on préconise la pilocarpine ; elle doit 
élre administrée de bonne heure ; Politzer, Girmonsky, 
CresBwell Baber, Dalby, Suarez de Mendoza,Corradi,J. Baron, 
Hyde Hill, etc., en ont signalé les elTets inconstants, mais 
parfois utiles, et, surtout si l'on intervient au début. En 
somnie, les améliorations sont rares. Les surdités et surdi- 
mutités qui succèdent à la courte maladie de Yoltolini restent 
aussi au-dessus de nos moyens ; nous arrivons trop tard. 

Pourquoi ne pas essayer en pareil cas, d'après les idées de 
Brown-Séquard, l'extrait de reins indiqué plus haut, soit 
même l'extrait des parotides dans les oreillons, (Gellé) ou le 
suc thyroïdien dans certaines cachexies (Gley). L'étiologie 
infectieuse est trop générale pour que la séro* thérapie ne 
trouve pas aussi là son emploi dans l'avenir. On retrouve de 
plus ici toutes les indications énoncées plus haut à propos du 
vertige et du bourdonnement d'oreille ; je n'y reviens pas. 

Cependant, en l'absence des troubles fonctionnels etsub- 
jectifs précédents, il sera bon d'ordonner la strychnine à 
doses rapidement élevées, la kola, le café, et la caféine, le 
thé ; puis les inhalations de chloroforme et d'étherou d'élher 
bromhydrique ; ces stimulants du système nerveux réveillent 
la sensibilité de l'acoustique. De légères doses de quinine, ou 
de salicylate de soude, sont parfois utiles à ce point de vue ; 
la quinine à hante dose est à redouter chez le sourd. Les 
bruits avec trépidations améliorent l'audition ; avec Ma- 
thias Duval (Soc. Biologie) beaucoup de médecins admettent 
qu'ils excitent les foyers cérébraux auditifs et l'atten- 
tion. Parierais-je de la suggestion et de l'hypnotisme ? 
Evidemment certaines formes d*hyperesthésies sensorielles 
d'états spasmodiques, et de parésies d'origine plutôt nerveuse 
(neurasthénie, hystéro- traumatisme), paraissent susceptibles 
d'être améliorées ou au moins traitées par ces pratiques ; 
mais, pour la surdité, d'après les résultats, nous sommes loin 



338 OBLLÉ 

de Tenlhousiasme de Brald (1883, trad. J. Simon) et nous 
sommes plus difOciles. Cependant j^ajoaterai que M. Ocho- 
nowicz (De la suggestion mentale, 1887, p. 95), indique, 
au cours d'une expérience d'hypnotisme, avoir constaté une 
évidente liyperacousie du sujet ; ces pliénomènes d'excitation 
transitoire sont bien connus. D'ailleurs, on peut rencontrer 
des sujets comme celui du D' Barthélémy ; et on compreud 
qu'il soit possible de les traiter par l'hypnotisme, ou la sug- 
gestion, dont se louent Bérillon et Janel. Qu'il y ait ou non 
une lésion auriculaire, c'est par le cerveau que l'on entend, 
en réalité ; tout modificateur du système nerveux est donc 
susceptible d'agir sur l'audition. 

Electricité. — Le traitement général des affections aari- 
culaires utilise encore un puissant modificateur, Télectricilé. 
Bien que son emploi en otologie doive faire l'objet spécial da 
travail de mon honorable co- rapporteur, je ne puis manquer 
d'en signaler l'importance curaiive générale. Les courants 
sinusoïdaux de d'Arsonval excitant directement le muscle sans 
le nerf, sont indolores dans leur application aux muscles tym- 
paniques ; sous la forme de bains électriques plus ou moins 
prolongés, sur le tabouret isolateur et d'étincelles, d'unis ap- 
plication pratique facile ; on peut obtenir de l'emploi de 
l'électricité statique, chez les débilités, les neurasthéniques 
irritables, chez les nerveux intolérants qui n'acceptent rien 
des autres traitements généraux, des effets sédatifs, stimu- 
lants, toniques, qui se manifestent par l'atténuation ou la 
disparition des troubles subjectifs éprouvés et l'amélioration 
secondaire de l'audition. 

De plus, avec d'Arsonval, la thérapeutique vient de s'en- 
richir d'une méthode nouvelle, pratique depuis peu, paria- 
quelle on agit sur la nutrition, l'assimilation ; les échanges, 
les fonctions les plus intimes de l'organisme, au moyen de 
l'auto^induction, par les courants intermittents de haute 
fréquence, dont la tolérance est si étonnamment remarquable ; 
certainement ce sont \k des ressources thérapeutiques qui ne 
sont point à négliger (Gauthier, Larat, Plicque). 

Me voici au terme démon sujet ; c'est une revue. J'ai par- 
couru toute la pathologie auriculaire ; et, pour chacun des 



TRAITBMBNT DBS AFFECTIONS AURICULAïaJSB 339 

types cliniques principaux, j*ai cherché à établir les indica- 
tions thérapeutiques et les divers moyens de les remplir par 
la médication interne, par l'hygiène et la diététique, et Pélec- 
tricité, l'hydrothérapie. J'ai montré les ressources de Tavenir 
dans la sérothérapie, médication encore à Tétude. 

Dans ce coup d'œil sur la thérapeutique générale des 
maladies de Toreille, vous trouverez, je pense, avec moi, la 
démonstration évidente de la supériorité d'action du traite- 
ment direct local, topique ; mais aussi la nécessité s*y montre 
d'y adjoindre cependant l'ensemble des moyens curatifs qui 
constituent la thérapeutique générale ; en définitive, qu'ils 
s'adressent à l'oreille même ou à Téconomie entière, les divers 
traitements tendent à venir en aide, à la nature médica* 
trice. 



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II 



SUR ex CAS RARE D'OTITE EXTERNE 
D'ORfGfNE INFECTIEUSE 



Blan (') et Heuiler (') ont eu le mérite d'attirer l'attention 
tur celle maladie du conduit auditif externe, qui provient 
d'une infection, Ge« deux auteurs concluent dans leurs mé- 
moire que touK los auristes ont observé sûrement des Taits 
an/ilngue» h ceux qu'ils rapportent, aussi n'insisterai-je pas 
sur le sujet en général, bien qu'il s'agisse dans mes observa- 
tions d'inllammalionsy qui toutes ont une origine infectieuse. 
Et ii j'enrichis la casuistique d'un nouveau cas d*olile externe, 
ce n'cMt qu'en raison de la rareté de l'infection. 

Anna B , nourrice, âgée de 26 ans, m'est adressée par mon aî- 
mnbln confrère, le D' Braun, médecin d'enfants de Bada-Pesth, 
le 7 novembre 1804. La malade se plaint depuis quatre jours de 
douleurs dans Toreille droite qui durent toute la journée, mais 
sont toutefois supportables, tandis que la nuit elles augmentent 
ttu point d*ompécher le sommeil. L'oreille est sensible à la moin* 
dro pression. 

Au premier examen, je trouvai le conduit auditif droit rempli 
do pus fc^tide et son ouverture réduite au minimum, à tel point 
qu*ftpr^R un nettoyage soigneux de Toreille avec des pinceaux 
d'ouates tr6s petits, je ne pus introduire que des spéculums au- 
riculaiiTS de calibre des plus restreints, et cela au prix de vio- 



(i)('ommunieâtion lue le 2 juin 1895 à la 4« séance de la IV* réunion 
d« la Soci<H<^ d*Otol<»^ie allemande à lèna. 
(i» A*chiv f. OhrtnhtiXk; lU Bd. p. 206, et 26 Ed. p. 229. 
(*) Utm 26 Bd, p. 3d, %\.î>euU, mià, Woch,y 1888, n« 17. 



CAS BARB D*OTITB BXTBRNB D'ORIGINB INFBCTTEUSB 343 

lentes souffrances. Les parois du conduit auditif étaient très 
gonflées et durcies, mais toutefois après Tintroduction de spé- 
culums minces, et à Taide d'un bon éclairage au gaz, je distin- 
guai nettement la membrane tympanique normale quoique fai- 
ble. Lorsque le spéculum était dans Foreille, laudilion devenait 
à peu près normale, mais le pouvoir auditif diminuait sensible- 
ment quand on retirait le spéculum, de sorte que lors de 
répreuve de Weber, le son du diapason était latéralisé au côté 
droit affecté, il en était de même de Tépreuve de Rinne. Il exis- 
tait dans Tangle sous-maxillaire droit quelques ganglions lympha- 
tiques tuméûés dont la dimension variait du volume d'un pois à 
celui d'un haricot. 

La malade attribuait son affection à ce que Tenfant qu'elle 
nourrissait avait été vacciné la semaine précédente, et que les 
pustules avaient apparu sur les deux portions supérieures des 
bras, et elle croit qu'elle a dû s'introduire quelque chose dans 
l'oreille avec les doigts ; son oreille la démangeant fréquemment, 
elle a l'habitude de se soulager en introduisant son doif^l dans 
le conduit auditif externe. De plus, la malade portait aussi une 
pustule vaccinale de un centimètre de diamètre, s'étendant de 
l'angle gauche de la bouche sur la joue gauche. 

Je fus ainsi éclairé de suite sur l'origine de la maladie et 
j'ordonnai des cataplasmes chauds à la farine de graine de lin, 
qui provoquèrent le lendemain une sécrétion purulente plus 
abondante encore de l'oreille droite, mais qui détendit les pa- 
rois du conduit auditif. 

Il existait sur la paroi inférieure, un endroit proéminent un 
peu plus dur, situé près de l'orifice externe du conduit auditif 
externe, mais les parois voisines du conduit étaient infiltrées, 
de sorte qu'on devait renoncer à l'opinion de l'existence d'une 
otite externe circonscrite et admettre celle d'une otite externe 
diffuse. 

A la suite de la progression de la sténose, la suppuration 
s'arrêta, mais Técoulement du fond de l'oreille demeura tou- 
jours fétide. Après avoir nettoyé soigneusement l'oreille, j'es- 
sayai d'introduire dans le conduit un tampon d'ouate imbibé 
d'une solution de menthol à i.H "/o» ®^ P^^^ prévenir Pinsom- 
nie, je prescrivis 3 grammes de chloral. Mais la malade 
n'absorba qu'une partie de la dose prescrite, et elle eut la nuit 
un véritable accès de délire qui ne céda qu'après qu elle eut bu 
le reste de la solution chloralée. J'enlevai le tampon mentholé 
obturateur, car il était imprégné d« pus, et un confrère appelé, 



344 s. SZB^BS 

émit l'idée que Tobstruction avait pu déterminer des accidents 
de rétention. Je cessai donc la médication par le menthol, je re- 
commandai des cataplasmes froids et injectai quotidiennement 
dans Toreille une faible solution de lysol, au moyen d'une canule 
introduite dans le conduit auditif exterae, et ce n'est qu'au bout 
de six jours, le 13 novembre, que je revins au traitement men- 
tholé plus facile à appliquer. Entre temps, la tuméfaction des 
parois du conduit avait sensiblement diminué sous TinAuence 
des cataplasmes froids et on ne distinguait presque plus de 
ganglions lymphatiques engorgés à Tangle sous-maxillaire. 

SousTinfluence du menthol, roriflce du conduit se dilata de 
jour en jour davantage, et je vis le 25 novembre, c'est-^-dire 
douze jours plus tard, une excroissance granuleuse sur la paroi 
inférieure du conduit, que je cautérisai à plusieurs reprises au 
nitrate d'argent, puis je bouchai le conduit avec des tampons de 
plus en plus gros imbibés d'huile mentholée. Par ce traitement, 
la suppuration persista jusqu'au i*' décembre (23 jours en tout), 
il survint ensuite une légère desquamation des parois du conduit 
à la place de l'excroissance située sur la paroi inférieure du 
conduit auditif, on voyait une petite croûte de cérumen et d'épi- 
derme, et lorsque la malade revint me voir dix jours après, la 
croûte était tombée et à sa place, c'est-à-dire à l'entrée du con- 
duit auditif externe, sur la paroi inférieure, on voyait une dé- 
pression cicatricielle de la peau, semblable à celles que nous 
portons tous au bras, à l'endroit où nous avons été vaccinés. 

11 est donc indubitable que ce cas d*olite externe est d'ori- 
gine infectieuse, la nourrice s'étant contagîonnée par le bras de 
son nourrisson. 

On a décrit en ophtalmologie des cas d'infections semblables 
qui s'étaient portées sur la conjonctive, mais à ma connais- 
naissance, on n'en a pas publié dans notre spécialité, c'est ce 
qui m'a déterminé à publier mon observation en raison de sa 
rareté. 



ni 



DEVONS-NOUS DANS DES CAS AIGUS 
NOUS PROxXONCER POUR OU CONTRE L'OUVERTURE 

DE L'APOPHYSE MASTOIDE? 

Par le D' ». fiZENES, de Bttda-PeBth(t). 

A la troisième réunion de notre Société, Walb (*) s'est pro- 
noncé également contre les deux extrêmes, à propos du trai- 
tement opératoire des otites moyennes suppurées chroniques, 
et il a conclu que l'on ne devait se ranger à aucun des deux 
moyens, mais les employer consécutivement. 

Je crois aussi qu'il faut rejeter celle question en ce qui 
concerne les cas aigus, car ici le plus souvent il s'agit d'une 
indication vitale, de même que dans les cas chroniques. Je 
déclarerai donc tout d'abord que je ne m*élendrai pas sur 
l'opération, mais plutôt sur le mode de procéder, c'est-à-dire 
sur la façon d'indiquer l'ouverture permanente de l'apophyse 
mastoïde dans les cas aigus. Car si la perforation de l'apophyse 
mastofde est aujourd'hui une condition sine qua non de la 
pratique d'un aurisle, qui doit être effectuée le plus souvent 
avec des soins chirurgicaux sévères, et qui a quelque chose 
de grave, je crois qn'il ne faut pas envisager l'opération 
comme un dernier refuge, parce qu'il faut toujours se poser 
la question de savoir si l'affection ne pourait guérir sans opé- 
ration par les méthodes conservatrices et d'une manièredurable. 
Aussi doit-on agir avec circonspection, les heureux effets de 
l'opération pouvant aisément entraîner à un excès contraire. 



(^) CommanicattoQ lae le 2 juin lS95à la 3* séance de la IV* réunion 
de la Société d'Olologie alleuiande à léna. 
(«) Archiv fur Ohrenheilk. Bd. 37, p. 34. 

AUVALBS DBS MALADIBB »B L'ORBILLB BT DU LARYNX- — XXI. Zi 



346 s* 8ZKHBS 



c'est-à-dire à opérer lorsque le besoin ne s'en fail pas absolument 
sentir. 

Les indications de Schwartze (*) généralement adoptées 
sont que c dans les inOamma^ions aiguès, primilives et se- 
condaires de l'apophjjc mjist^ïde, lorsque le traitement anti- 
phlogidtique (bien appliqué) n*aura fait disparaître en peu 
de jours (huit au plus) ni la djuleur, ni l'oedème, ni la 
fièvre», l'ouverture est inévitable, et StbwmrtaiB f) explique 
que l'opération n'est indiquée avec ceriitade que dans le cas 
où Ton sera sûr du diagaostic. Mais nous savons que < la 
douleur, Vœdème et la fièvre > ne sont pas toujours des symp- 
tômes certains, les deux derniers font défaut dans près de la 
moitié des cas, et même lorsque tous les accidents sont apparus, 
ils peuvent disparaître, et il est indifférent d'avoir été édifié 
par les manifestalions antérieures ; et même lorsque l'on a 
observé les cas depuis le début jusqu'à révolution complète 
de l'affeclion, et même à tout moment, quand il nVxisle 
aucune trace de lésion mastoïdienne, et que nous avons pu 
observer toutes les phases de la maladie. Les cas dans lesquels 
on peut avoir chance de reconnaître dès le début l'empyème 
de la cavité mastoïdienne sont très instructifs, mais il est 
encore pius difficile, d'après eux, de se former une opinion 
sur l'utilité de l'intervention o|)ératoire. Je dois avouer qu'en 
considérant mes observalions d'alTections mastoïdiennes, il ne 
s'agissait pas le plus souvent de malades que je voyais pour la 
première fois ; au contraire, les cas où au début je n'avais 
observé que les premiers symptômes d'une affection de la 
caisse mais qui, en dépit du traitement, se compliquaient d'une 
maladie de l'apophyse mastoTde, nécessitaient rarement une 
opération. 

A l'appui de mon opinion, je rapporterai un cas récemment 
traité : 

Le 19 novembre 1894, je fus appelé de grand matin auprès de 
M. Charles D. négociant, âgé de 41 ans. Le malade dit être 
enrhumé du cerveau depuis quinze jours, mais celte indisposi- 

(i) ffandb. der Ohrenheilk,, II, Bd, p. 791 
(t) Jbid. page 792. 



OUVERTURE DE L'aPOPHYSE MASTOIDE 347 

tion ne l'entravait nulienient dans ses afTaires auxquelles il a 
vaqué ponctuellement pendant tout le temps. La nuit dernière, 
le malade a pu dormir, mais en se réveillant à plusieurs reprises, 
il s*est senti indisposé et fréquemment a été troublé par une 
sensation gênante d'humidité dans Voreille droite sans pouvoir 
préciser la nature de la douleur. 

Au point de vue de l'anamnéseje ferai encore remarquer que le 
malade estd'un tempérament nerveux,que ses parents jouissaient 
d'une bonne santé, mais qu'il a déjà soulTert pendant une période 
antérieure de sa vie, d'affections graves, telles que la dysenterie ; 
il a eu une fois une hémoptysie, et il est prédisposé au catarrhe de 
l'estomac et de l'intestin. Ces accidents irritent son système ner- 
veux; toutefois, lorsqu'il se porte bien, le malade s'occupe avec 
zèle 4e sea affaires sans que son état soit influencé par ses occu- 
pations. 

Quand le malade vint me trouver pour la première fois, je re- 
connus le début d^une otite moyenne aiguë, la moitié supérieure 
de la membrane tympantque était légèrement bombée et hypé- 
rémiée, tandis qne la partie inférieure était afTaissée, quoique 
montrant un triangle lumin'^ux brillant. Le pouvoir auditif était 
amoindri pour l'épreuve de Weber, le son du diapason est latéra- 
lisé à l'oreille malade ; Rinne +• Température 37,1, Pouls Si. 

Le malade voulut aller à son bureau, car il ne ressentait au- 
cun trouble subjectif, mais comme je connaissais la famille de- 
puis longtemps et que j'avais eu l'occasion de m'apercevoir d'un 
état maladif, je défendis la sortie et flt pratiquer sur l'heure des 
instillations de glycérine phéniquée à 15 ^/q. Je fus de nouveau 
mandé l'après-midi, car les douleurs de l'oreille s*irradiaient sur 
toute la moitié droite de la tête, en même temps que le malade 
ressentait une lassitude généralisée à tous les membres et qu'il 
se mettait au lit, espérant ainsi supporter mieux son malaise. Un 
gramme d'antipyrine produisit une amélioration, mais seulement 
de courte durée, car les douleurs augmentèrent durant toute la 
soirée et le malade se plaignit surtout d'une pénible sensation de 
compression du fond de l'oreille, du côté de l'intérieur du crâne. 
La paracentèse fut suivie d'un soulagement momentané et de 
l'issue d'une petite quantité de sécrétion purulente dans la jour- 
née, tandis que le malade ne put fermer l'œil de la nuit, malgré 
l'absorption de deux grammes de chloral et l'application fré- 
quemment renouvelée de serviettes sèches chaudes. 

Le lendemain (20 novembre) on vit sourdre de Toreille un 
écoulement mueo-purulent, les douleurs reparurent à de fré- 



348 8. SZBNB8 

quents interralles, el comme on ou deux grammes d'antîpyriiie 
ne produisaient qu*nn mienx temporaire, je fis poser le soir trois 
sanpsoes derrière Toreille. Malgré la saignée, la nnitsaÎTante se 
passa également sans sommeii. 

Le sorlendemain, en raison de Totorrhée profase, je fis injec- 
ter dans i*oreille une soin' ion boriqoée à 4 % <I°c j® pratiquai 
moi-même deux fois par jour, et je prescrivis des cataplasmes 
froids bur l'oreille droite, et de prendre de l'antipyrine dès Tap- 
parilion des couleurs ; ce traitement amena des alternatives de 
mieux et de pire, jusqu'à ce qu'au bout de six jours, le 26 no- 
vembre, le malade put quitter son lit pendant quelques heures, 
et le 4 décembre, il effectua la première sortie en voiture. Au 
bout de trois jours, Totorrhée reparut avec plus de violence, 
après avoir soigneusement nettoyé l'oreille, on vit clairement 
comment le pus crémeux, sous Tinfluence de mouvements pul- 
saliles, s'était vidé dans le conduit auditit externe en passant par 
Touverlure de la membrane tympanique ; toutefois il fut impos- 
sible de maintenir le malade à la chambre, et dès le 10 décem- 
bre il entreprit un voyage d'affaires à Vienne, d'où il revint 
quatre joui*s après, le 13 décembre, dans un état visiblement ag- 
gravé. Le conduit auditif était notablement rétréci à la suite de 
la fente de la paroi postéro supérieure afi'aissée, on ne pouvait 
irriguer l'oreille qu à l'aide de spéculums de très petit calibre 
et lesgranulaions situées au fond du conduit auditif obstruaient 
l'ouverture de la membrane tympanique au point qu'elle était in- 
visible et que même la douche d'air ne provoqua aucun bruit de 
perforation (le malade ne voulut tolérer à aucun prix l'introduc- 
tion du cathéter). La région mastoïdienne était contractée et 
très sensible même à une légère pressipn. Dans ces conditionSi 
j'émis ridée de la possibilité de lexistence d'un empyème des 
cellules mastoïdiennes, qui fat confirmée par un autre spécia« 
liste, je tentai de faire appliquer de nouveau six sangsues contre 
l'oreille, mais en même temps je fis entrevoir la nécessité d'une 
opération. En raison de la suppuration abondante, l'oreille fut 
d'abord nettoyée avec soin, puis on y instilla de l'alcool sublimé ; 
mais ces injections furent si pénibles que le malade pleura 
comme un enfant; j'essayai, à l'aide de la cocaïne (10 '^/o), d'en- 
rayer ces douleurs, mais rien n'y fit et je dus faire précéder 
l'instillation d'alcool de Tinlruduction d'une solution de cocaïne 
à 10 %, par laquelle j'obtins une anesthésie parfaite pour l'ai* 
cool. 
Dans la suite, à Taide de narcotiques, les nuits furent à moitié 



OnVfiRTURB DE JL'APOPHYSB MASTOIDE 349 

bonnes, malgré de fréquentes douleurs; pendant le jour, pour 
calmer le malade, j'administrai tantôt de lanlipyrine, tantôt 
de la phénacéline, puis constamment des épi thèmes glacés 
faits d*abord avec de Teau pure, puis avec de l*eau de Goulard 
(je dus m'ingénier à varier le traitement, car j'obtenais souvent 
par la suggestion des améliorations subjectives notables), et 
le 6 janvier i893, c'est-à-dire au bout de trois semaines, les 
symptômes de Tempyème avaient complètement disparu et 
seule Fotorrhée subsistait, mais beaucoup moins profuse, et 
& travers Touverture normale du conduit auditif externe. 
Le 23 décembre, lorsque les manifestations de Tempyème sub- 
sistaient encore, le malade avait ressenti des douleurs dans Toeil 
droit,et le Privât docentSzili diagnostiqua une hypérémîe péricor- 
néale avec irritation de Tiris, provoquée par l'application con- 
tinue d'épithèmes glacés ; toutefois l'intérieur de l'œil n'éiait 
nullement atleint. 

Jusqu'au 19 janvier, c'est-à-dire pendant deux mois, la sécré- 
tion diminua graduellement, pour cesser pendant quelques jours 
à partir de ce moment, elle reparut ultérieurement, mais trèsfai< 
blement, de sorte que souvent on ne pratiqua des injections 
que tous les trois ou quatre jours, jusqu'au 8 février, époque à 
laquelle au bout de douze semaines environ de maladie, l'oreille 
demeura parfaiiement sèche. 

Je revis le malade quelques fois; la membrane tympanique et 
le pouvoir auditif ne présentent rien d'anormal, de sorte que 
Ton peut, en toute sincérité, croire à une guérison complète. Le 
malade ne ressent plus qu'un peu de gène à Tendroit où les 
sangsues ont été appliquées. 11 y ressent fréquemment des ti- 
raillements désagréables, et quand il y porte quelquefois la 
main, il provoque des inflammations qui durent quelques jours ; 
la couche épidermique et cutanée est très sensible à cette place, 
et l'emploi d'un léger onguent au précipité a déjà provoqué un 
violent gonflement. 

En considérant mon observation au point de vue de Tépi- 
crise, je pourrais peut-être songer en première ligne à une 
erreur de diagnostic. Ceci serait difficile à admettre; car 
un des symptômes typiques, la fièvre, faisait défaut, et Ton sait 
qu'elle est absente dans environ la moitié des cas. La sécré- 
tion profuse, l'écoulement crémeux, la sensibilité exagérée de 
Tapophyse mastoTde, qui, à la suite du gonflement des os, était 



350 8. SZSNBS 

bien plus bombée que Tapophyse mastoTde gauche saine.l'élé* 
valion prononcée de la température de l'apophyse malade et 
le réln'cissement en forme de fente de 1 ouverture du conduit, 
à la suite de TafTaissemenl de la paroi posléro-supérieure du 
conduit, ainsi que les granulations saignant facilement au 
toucher situées au fond du conduit parlent tous contre une 
erreur de diagnostic. Et si je me demande, ce que je fis souvent 
au cours de la maladie, pourquoi j'ai employé la méthode con- 
servatrice et non le traitement radical, je me dis que j*ai 
toujours cru que TaiTection guérirait même sans opération, 
malgré que j'eusse affaire à un individu peut-être sain, mais 
en tout cas suspect. D*un autre côté, j'étais fermement per- 
suadé aussi que par l'opération j'obtiendrais la guérison, mais, 
comme je Tai dit plus haut, je ne regardais l'intervention opé- 
ratoire que comme un dernier refuge bien que des plus 
certains. 

A côté des cas semblables, je pourrais encore en citer quel* 
ques-uns dans lesquels, à première vue, j'envisageai Téven- 
tualité d'une opération, et où malgré les tentatives de traite- 
ment antiphlogistique je dus recourir au mode opératoire 
pour obtenir la guérison. 

Donc cette observation ne me range pas le moins du monde 
parmi les adversaires de Fintervention chirurgicale, et je n'ai 
pas voulu prouver que l'on obtient des résultats merveilleux 
sans opération, mais j'ai plutôt voulu démontrer combien il 
est difficile dans certains cas de se limiter la nécessité 
d'opérer. Je crois, comme Walb le pense pour l'opération des 
cas chroniques, qu'au point de vue de l'Intervention et de la 
non intervention, dans les cas aigus, qu'il ne faut adopter 
ni la méthode conservatrice, ni le traitement radical, mais 
plutôt se ranger à un juste milieu. 



IV 



DU PANSEMENT DE L'OTITE MOYENNE 
PURULENTE CHRONIQUE 

Par le D' COLETOIJX (de Nantes). 

La qaeslion du pansement dans Tolile moyenne purulente 
chronique, autrement dit i*otorrhée, est encore à l'ordre du 
jour malgré les nombreux travaux qui ont paru à ce sujet. Je 
n'aurais pas pensé à traiter à nouveau ce point important si» 
dans les derniers temps, des idées neuves, des éludes non en- 
core entreprises n'avaient été publiées, montrant une voie 
non explorée et qui parait féconde en résultats. L'année 
dernière le D' Gradenigo (de Turio) faisait paraître un travail 
très complet sur la cure rationnelle de l'otite moyeune aiguë 
et recommandait le pansement sec par la gaze iodoformée. En 
janvier 18V^5 les D' Lermoyez et llelme publiaient dans les 
Annales des maladies de l'oreille, une remarquable étude 
sur les staphylocoques et l'otorrhée ; enfin, en mai dernier, à 
la réunion annuelle delà Société française d'otologie, etc., le 
D* Hamon du Fougeray (du Mans) faisait une des plus intc^ 
rossantes communications sur le traitement de Totorrhée par 
le pansement sec à la gaze iodoformée et le n* de juin des 
Annales des maladies de l'oreille contient un premier travail 
sur ce même sujet. Ces trois éludes se complètent ; car nous 
devons faire remarquer que les expériences du D' Gradenigo 
n*ont eu comme objet que l'otite moyenne aiguë, et que, con- 
trairement à ce qui est dit dans sa lettre ouverte, le D' Fou- 
geray n'a traité que la question des otites moyennes ptiru- 
lentes chroniques. Nous nous croyons obligé de rendre ici 
jnslico à qni de droit. 

En présence de ces faits j*ai cru devoir publier mes propres 



352 OOUBTOUX 

expériences sur remploi d*une méthode que j'appellerai 
mixte et qui emprunte dans son application les principes et 
les procédés des auteurs ci-dessus (Gradenigo, Lermoyez et 
Helme, Hamon du Fougera y) joints an pansement à l'alcool 
déjà signalé, mais incompiètemenl étudié. 

C'est à ces études personnelles que nous voulons consacrer 
les quelques lignes qui suivent. 

Ayant à traiter un jeune garçon de dix ans atteint depuis 
longtemps d'une suppuration de la caisse ouverte à sa partie 
supérieure par un orifice tympaniqne étroit dans lequel s'en- 
gageait un petit polype plusieurs fois déjà extrait par un de 
nos confrères, nous constatâmes un gonflement permanent 
du conduit externe. A peine voyait-on la partie inférienre du 
polype qui pourtant avait dû être visible puisqu'il avait été 
opéré. Nous employâmes d'abord l'acide borique sec en pou- 
dre. Ce pansement nous avait toujours paru supérieur à tous 
autres. A ce propos il est bon de remarquer que les auteurs 
de traités et manuels d'olologie indiquent avec raison une 
grande variété de pansements de l'otorrhée ; mais la pratique 
des cliniques nous montre que chacun se limite à peu près à 
un seul pansement, ou du moins emploie d'abord presque 
toujours le même procédé qu'il ne quitte qu'après insuccès. 
Le nôtre était Tacide borique : cette poudre a l'avantage de 
pouvoir être facilement enlevée parce qu'elle ne forme pas un 
magma bien dur avec le pus, mais elle se masse parfois suffi* 
samment au fond du conduit pour irriter la suppuration dont 
elle entrave l'écoulement et pour causer des douleurs. 
Aucune amélioration. 

Nous essayâmes alors l'alcool à QCH'.C'eet Lœwenberg qui a 
répandu ce pansement par l'alcool borique à 90^, dans la fu* 
ronculose du conduit auditif externe. Ce degré nous avait 
paru si élevé que nous employions le liquide avec une cer» 
taine crainte dans un cas d*ouverture de la caisse. D'ailleurs, 
le conseil de Lœwenberg d'user du degré le plus élevé qui soit 
supportable n'était pas assez explicite pour rassurer nos pre* 
ventions. 

L'observation démontre que l'alcool à 00* employé chaud 
est très bien toléré par le malade. S'il y a quelques douleurs 



f 



PAN8BMRNT DB L'OTITB MOYBNNB PDBULBNTE OHEONIQUB 853 

audëbiit»il suffit pour qu'elles ne se renouyellent pas, de faire 
chauffer l'oreille du malade à une bonne lampe à pétrole 
avant le pansement (aussi pour le pansement à ralcooi un 
foyer de chaleur nous paraît nécessaire et suffisant, l'emploi 
de loupes pour concentrer les rayons au fond du conduit 
étant au moins inutile), d'appliquer sur l'oreille la main 
chaude, ou une flanelle chaude, pendant que l'alcool le rem- 
plit, de chauffer l'oreille après le pansement, de verser l'al- 
cool bien chaud. En un mot, l'alcool concentré est le liquide, 
la chaleur le moyen de l'appliquer. Il faut insister d'autant 
plus sur la chaleur que les auteurs ont négligé de le faire ; 
aussi leurs appréciations sont-elles variables et contradic- 
toires. Dans notre cas que nous continuons de décrire, parce 
que les choses se présentent presque toujours de même (nous 
n'avons pas encore rencontré d'exception bien nette), le con- 
duit fut bientôt plus accessible ; l'enfant était pansé matin et 
soir par sa mère et l'oreille se dégageait. Bientôt on vit la 
moitié du polype ; puis le retrait des parois s'arrêta. 

Nous nous entendîmes alors avec un pharmacien sur le- 
quel nous pouvions nous reposer en toute confiance, M. Bar* 
thélemy de Nantes, que nous tenons à remercier, et nous 
essayâmes timidement l'emploi de l'alcool à 91*. II fut bien 
supporté. Le conduit semblait s'élargir un peu. Nous pas- 
sâmes vite â 92* pois 93^' puis 94^. 

Très nettement le conduit s'élargissait sous l'influence du 
liquide concentré ; mais â 94^ commencèrent â se produire 
deux phénomènes dûs à l'énergie du traitement : d'abord un 
peu d'irritation eczémateuse du conduit ; puis une sensation 
d'engourdissement, de gonflement qui faisait que l'enfant, 
après le pansement fait chez lui, ne pouvait faire pénétrer 
aussi facilement le tampon de ouate obturateur. Car, après 
tous ces pansements à l'alcool, on séchait â la lampe^ puis on 
mettait un peu de pondre d'acide borique, et de ouate par- 
dessus. 

On remarquera que ce n'est pas la caisse qui est devenue 
intolérante sous l'influence du liquide â 94^". C'est le conduit. 
Le polype n'a pas été diminué par l'alcool : nous l'avons un 
peu entamé au serre-nœud quand il a été rendu plus visiMe, 



354 OOUETOUX 

noQs avoDB cautérisé le reste à la perle de nitrate argeotique; 
mais il n'a pas été entamé le moins du monde par Talcool, 
comme le font espérer Poiitzer et Morpurgo. Cette résistance 
à l'alcool concentré des polypes de la caisse fut constante 
dans nos tentatives réitérées. Nous ne pouvons rien conclure 
en ce qui concerne les polypes du conduit sur lequel agit 
bien plus activement le liquide caustique qu'il ne le fait sur 
la caisse. Nous n'avons pas de notion expérimentale sur ce 
point. 

Bientôt le malade ayant repris l'alcool à 90^ se trouva guéri 
de sa petite sent^ibilité et l'on employa l'alcool à 95"^, puis 
à 96% puis à 97* et 97^50. A 91%50 nous avons toujours 
constaté Tintolérance précédemment décrite lors de remploi 
de Talcool à 95**. Mais cette intolérance est durable et 
nous n'avons pas voulu aller plus loin comme concenlration. 

Cet effet du traitement étbylique est si régulier que par la 
réaction du conduit externe à son conciact on pourrait juger 
sans se tromper de beaucoup du degré de l'alcool employé. 
La constance de l'effet produit s'unit ici à l'efficacité pour 
mériter une étude que nous avons renouvelée maintes fois 
mais dont les résultats peuvent être exposés par une seule 
observation, en raison même de cette constance. 

A 95** le conduit est nettement impressionné et les parois 
gonQées se rétractent. A 97® ou 97^50 toutes les oreilles de* 
viennent douloureuses en peu de jours ; mais ce n'est pas le 
polype qui est modifié, ce n'est pas la muqueuse de la paroi 
labyrinthique qui proteste, c'est le conduit. 

Ainsi le pansement à l'alcool est un pansement ayant une 
action bien déterminée, bien nette sur le conduit, favorisant 
l'évacuation du pus enfermé dans une caisse privée do com- 
munication avec l'extérieur. H peut agir ainsi favorablement 
sur les complications des polypes en ce sens que la caisse se 
vide mieux, mais il n'est pas un traitement du polype, ou du 
moins du polype de la caisse. Je n*ai pas eu à soigner par ce 
procédé des tympans granuleux ; je crois qu'il serait dans 
ce cas très indiqué. Peut-être faudrait-il l'appuyer de quel- 
ques cautérisations à la perle de nitrate d'argent. 

Sans doute le liquide est utile^ et par la chaleur humide 



r 



PANSBHBNT DE L*OTlTfi MÛYBNNB PUftCJLBNTB OHBONIQUB 3 

et par son action antiseptique ; car par ce procédé j*ai ti 
bien réussi dans un cas où une otite catarrhale provoquait 
temps en temps des douleurs sans qu'il y eut perforât! 
tympanique, chez un garçon de café forcé de s*txpo8er se 
vent au froid. Ici Talcool me semblait remplacer avec avi 

[ tage le pansement phéniqué qu'on a employé dans ces < 

avec succès, mais qui provoquerait, je crois, plus fdcilem( 
un eczéma du conduit, et en tout cas ne possède pas i'avi 
tage d*une évaporation facile par la chaleur, d'où avec Talc^ 

! la sécheresse du conduit au lieu d'une humidité gênante 

pleine d'inconvénients si on n'assèche pas avec la oua 
nécessitant des manœuvres compliquées si on veut asséci 

I anliseptiquement. 11 semble donc indiqué de recourir à ï 

cool quand on craint une perforation de la caisse, à la su 

I du catarrhe de la trompe d'Bustache. 

J'ai employé ce traitement chez des enfants, chez < 
vieillards ; j'ai toujours eu les résultats sus décrit?. A cai 
de la douleur légère qu'il provoque au début, si Ton n'int 
vient pas de suite par la chaleur, il ne me parait pas pratic 
chez lu tout petit qui se plie mal aux précautions uécessai 
pour prévenir cet inconvénient. 

Voici la technique que nous avons adoptée. Nous chaufTc 
dans une cupule l'alcool à 95* au-dessus de la lampe, i 
prend feu on souffle dessus en se tenant perpendiculairemt 
à sa surface afin qu'il ne soit pas projeté. Il est inutile i 
mettre de Tucide borique. On trempe le doigt dans la cup 
et quand le liquide est bien chaud, mais supportable, oi 
fait couler par goutte le long du doigt en versant d'ab< 
dans la conque par excès de précaution. Il faut verser d'i 
tant plus chaud que l'alcool est plus concentré et se refroi 
plus vite. L'important est de bien noter ceci : Talcoc 
95* chaud agit puissamment sur le conduit, il est tolérai 
Il ne Test plus à 97* et 97*,&0 que d'une façon relative et p 
sagère. On se procure facilement ce liquide à 6U% 82%90% 9 
— C'est donc à 05* qu'il faut user de l'alcool pour le Irai 
ment du conduit auditif, de l'otorrhée. C'est particuliè 
meut quand il y a gonflement du conduit qu'il se montre i 
pérîear. 



356 OOUETOOX 

Ce dernier point est de la plus haute importance. 

Nous nous rappelons nos déconvenues trop fréquentes 
quand nous nous trouvions jadis en présence de malades at- 
teints d'écoulement aigu avec gonflement énorme du conduit. 
Nous essayions bien de faire passer un peu d'acide borique ; 
mais le traitement était tout fictif et révolution, de fait, sui- 
vait son cours. 

L'alcool est dans ces cas bien supérieur à la poudre ; mais 
il ne pourra toujours être introduit en assez grande quantité 
pour agir sur des parois qui lui ferment un accès dans le 
conduit tout encombré de débris épidermiques. On conçoit 
que ce soit danscescas que Gradenigo soit d'abord intervenu 
par la tarlatane iodoformée. L*indication est admirablement 
bien comprise suivant nous. 

Nous Tûmes nous-mêmes amené à comprendre la nécessité 
de combiner notre traitement alcoolique et celui de notre 
ami Hamon du Fougeray. 

Si Ton veut réunir les avantages des deux traitements^ il faut, 
surtout dans les cas aigus, et toujours si l'on peut, se pas- 
ser de toute injection dans le conduit. Deux procédés peu- 
vent être alors employés. Dans l'un on ajoute à Talcool à 95* 
de l'acide borique, on met le feu, au moment où la carboni- 
sation commence on éti^int. Pour agir avec facilité et sans 
infecter la bande, il suTfit de prendre avec la pince stérilisée 
l'extrémité auriculaire de la bande de tarlatane, d*imbiber 
d'alcool borique, de faire flamber, d'introduire dans Toreille 
la bande qui commençait à carboniser et se trouve être pres- 
que sèche et à une très faible température. A ce pansement 
s'attachent les noms de Du Fougeray et de Lermoyez puisque 
l'on utilise le drainage par la tarlatane et Tantisepticité des 
tampons boriques alcoolis>3s passés A la flamme; mais l'alcool 
n'intervient que pour obtenir une facile antisepticité, puis- 
qu'il est tout comburé. Cette façon d*agir convient tout à 
fait chez les petits enfants. 

Une autre façon d'agir peut être utilisée en vue de conibi^ 
ner la méthode d'tlamon Du Fougeray et la mienne. Elle 
consiste à imbiber la bande de tarlatane d'alcool borique ou 
non. On met le feu, et l'on introduit la bande après l'avoir. 



PANSBMBNT DB L'OTITB MOYBNNB PORULBNTB CHRONIQUB 3S7 

éteinte avant qu'elle 8oU sèche. Peut-être rantiaepticité eai- 
elle ici moins bien réalisée ; de plus, la bande au lieu d*étre 
chaude est un peu froide, mais son action est paissante sur 
les parois» d'autant plus puissante qu'on a moins prolongé la 
combustion qai doit en atténuer le degré. Pour diminuer 
rinconvénient du froid qui provoque de la douleur» il suffit 
de chauffer fortement le conduit à la lampe ou bien avec une 
flanelle chauffée avant de boucher à la ouate. On supprime- 
rait encore le froid en introduisant la bande alcoolisée bori« 
quée et légèrement carbonisée et versant ensuite l'alcool à 
95** chauffé ; mais il serait bon de chauffer à la lampe le con* 
duit auditif avant de boucher à la ouate afin de supprimer 
rapidement une humidité toujours désagréable au malade* 
Ainsi sera obtenu le maximum d*effet des deux panse* 
ments. 

Partant de ces procédés que nous venons d'exposer et qui 
nous satisfont entièrement, nous pouvons donuer aux méde- 
cins de la campagne privés de tout appareil spécial un trai- 
tement moins parfait sans doute, mais inflniment supérieur 
à tous ceux employés jusqu'ici, si tant est que Ton puisse ap- 
peler pansement des moyens indiqués à tout hasard et dont 
le principe peu scientifique se nomme indifférence. Que l'on 
prenne une banale étroite du linge le plus fin que Ton puisse 
trouver, qu'on rimbibed'eau<de-vieel qu'on l'enflamme. S'il 
brûle mal on le tient près du foyer de chaleur ; il peut être 
enroolé sur une aiguille à tricoter passée à la flamme. On 
rintroduira alors dans l'oreille sans toucher à la main l'ex- 
trémité auriculaire de la bande. On pourra constater que la 
bande dans ce cas n'est pas froide comme la tarlatane im- 
bibée d'alcool à 90<> ou 95*, elle ne se carbonise pas facile- 
ment, elle reste chaude et humide. Ce simple pansement sera 
donc supporté même par les enfants. Ainsi les matérii^ux, la 
bande de toile et l'eau-de-vie, se trouvent assortis par une 
heureuse et singulière coïncidence puisqu'ils suffisent pour 
faire un bon drainage, et remplacer suffisamment la tarlatane 
et l'alcool concentré. Après le pansement ou évitera l'humi- 
dité trop grande en chauffant encore le conduit : de la soKe 
l'humUité alcoolique sera de peu de durée, sans inconvé- 



358 OOUBTOUX 

nient, et donnera quelque résultat sur le gonflement do con* 
duit. 

Nous eeronfl heureui 8Î nous avons fait partager les con- 
victions par noQS acquises: Futilité de remplacer Talcoolà 90^ 
par l'alcool à 95* dans le traitement de l'otorrhée la né- 
cessité de la chaleur avant, pendant et après ce pansement, 
la convenance de Tadaptation du pansement à la tarlatane à 
Tolorrhée (Hamon Du Fougeray) aussi bien qu*a Totite aiguë' 
(Gradenigo), Tapplicalion au pansement à la tarlatane des 
données de Lermoyez et Helme sur la désinfection des tam- 
pons de ouate alcoolico-boriquées, et enfin l'application à ce 
même pansement des ressources précieuses de Talcool con- 
centré, Tutilité de supprimer presque toujours les poudres et 
les lavages répétés souvent si pénibles aux malades. 

Nous espérons que nos confrères de la campagne trouveront 
dans le pansement alcoolique, si facile à modifier avec les cir- 
constances, un drainage efficace, un moyen qui leur manque 
totalement de favoriser le retrait des inflammations du con- 
duit auditif dans la période de début si douloureuse des otites 
aiguës. Getraitementleur paraîtra simple, rationne^ pratica- 
ble à toutes les périodes «le l'afl'ection et ils constateront son 
efficacité réelle. D'abord il sera renouvelé par les parents au 
moyen d'une pince à fleurs ou d'une aiguille à tricoter cassée 
par le milieu ; plus lard le pansement bien fait par le méde- 
cin usant de tarlatane flambée deviendra un pansement rare. 

Avant de terminer je veux encore faire deux réflexions. 
Il ne faut pas ergoter sur le degré vrai de Talcool employé 
suivant la méthode vantée dans ce travail. Il est évident que 
Talcool à 95« n'est plus à ce titre après avoir été chaulfé. 
Il s'agit ici non de degré vrai, mais de résultats obtenus par 
la technique décrite et avec le liquide indiqué. 

Enfin, il faut excuser les détails un peu longs dans lesquels 
nous sommes entrés. Ils se justifient par leur utilité pratique 
et aussi par un autre motif. Notre désir est que les idées que 
nous exposons n'appartiennent bientôt plus à personne et 
soient dans le domaine public. Mais pour le moment il n'en 
est pas ainsi et ce n'est pas sans appnyer sur les faits et les 
circonstances que nous avons combattu les idées des maîtres. 



PANSEMBNT DE L'OTITS MÔTBNNE PDRin.BNTB CHRONIQUE 3J(9 

Dans le dernier ouvrage d*otologie paru tout récemment en 
France, ouvrage que nous admirons et qui fait le plus grand 
honneur à son auteur, M. GamanU s'exprime afnsî: «L'alcool 
est absolument contre indiqué dans les cas de carie cons* 
tatée et lorsque £on applicalion donne lieu à une douleur 
très marquée et à des phénomènes de rétention de pus. De 
toutes les solutions introduites dans le conduit, les solutions 
alcooliques seules n*ont pas besoin d'être chauffées au préa* 
lable. » 

Nous ne sommes pas toujours en désaccord avec M. Gar- 
nault : sans doute l'alcool est contre indiqué dans le cboles- 
téatome, et ses formes atténuées où il ne doit être employé 
qu'à litre de dissolvant ; il réalise même justement les 
indications opposées & celles qu*il faut ici remplir, mais 
pourquoi ne pas remployer quand il y a carie constatée ? 
Dans l'observation unique que j*tti cit(^e il s'agissait d'une 
carie du marteau qu'il m'a fallu opérer un jour, un an et 
demi après le début des pansements alcooliques. Mais com- 
bien ceux-ci facilitèrent une opération qui exigeait un con- 
duit accessible ou le décollement de toute la peau du conduit. 
C'est an contraire dans ces caries provoquant des gonfle- 
ment chroniques du conduit que l'alcool rendra les plus 
minents services. D'ailleurs, M. Garnault oublie de nous dire 
pourquoi l'alcool qui, dans les autres carie osseusses, est un 
remède indiqué ne le serait pas dans celles de l'oreille. — 
Quant à l'alcool froid, Gamault et Politzer ne nous dirent 
pas jusqu'à quel degré il doit être employé ; mais s'il ne doit 
pas être douloureux pour être employé nous conseillons de 
ne l'employer que dans des appartements bien chauffés et 
bien rarement et à faible degré. Il faut reconnaître toutefois 
qoe s*il est supporté au moment où il est versé, la douleur 
dure généralement peu : raison de plus pour calmer la dou- 
leur de l'application d'un pansement si efflcace, puisqu'on est 
certaine qu'il sera admirablement supporté quelques minutes 
après son applicalion et que celle application est le seul 
point un peu délicat du pansement. 



360 nomtrtâ «AVAims 



SOCIÉTÉS 8A?ÂHTE8 



&OCÏÉTÉ V7ENN0TSE DE'LABYNGOLOÙIE (^) 

Séance du 2 mai 4895. 

Préêident: Prof. Stôiul. 

Secrétaire : D' Hajik. 



Traitement des siniifliteB. 

Weil présente une femme de 55 ans, originaire de la Basse- 
Antriche, souffrant depuis 7 ans et demi d'un refroidissement avec 
frissons répétés, violentes douleurs frontales et occipitales, obs- 
truction nasale et tuméfaction parlant de la racine du nez et 
comprenant le front et les tempes. Au bout de 14 jours, les 
maux de lête cessèrent et il survint une suppuration nasale 
fédde.qui dura 6 ans ; puis Tobslruction nasale reparut, et Tété 
dernier il fallut extraire de nombreux polypes muqneux des 
deux narines. Lors du premier examen, le 4 décembre 1804, le 
D' Weil trouva une forte suppuration, des productions poly- 
poîdes étendues et dans les deux méats moyens ainsi que dans 
la fente olfactive gauche snrune grande surface des os dénudés ; 
il diagnostiqua une suppuration ethmoîdale avec nécrose, 
enleva en plusieurs séances la plus grande partie des deux 
cornets moyens et ouvrit les cellules elhmoîdales qui étaient 
toutes remplies de pus. La sécrétion diminua rapidement, tout 
en demeurant encore profuse, et il se produisit une otite 
moyenne suppurée droite accompagnée de perforation de la 
membrane tympanique, qui guérit totalement presque sans 
traitement médical, par des pulvérisations d'acide borique ; 

(1) D'après le eompt# rendu de la Wiener klin. Wooh,, 8 ao4t 1895. 



t 






SOOIÉTfe SAYANTBS 361 

petit à petit on vit apparaître une suppuration uni latérale de 
tous les sinus qui fut soignée par des injections d'une so- 
lution de nitrate d*argent de 6 à 12^/^ et qui, si elle n'est pas \ 
complètement guérie, est du moins très améliorée. A présent \ 
toutes les cellules ethmoidales sont libres, séparées par des cloi-' < 
sons, de même que les ouvertures des cavités sphénoîdales, et on \ 
peut facilement sonder el irriguer les sinus frontaux et maxil- { 
laires. Le D'' Weil dit que s'il avait agi d'après les indications \ 
fournies Tan passé par Hajek et d'autres auteurs, c'est-à dire [ 
Craité d abord les sinus maxillaires, puis les sinus frontaux et en 
en dernier lieu les cellules ethmoidales, la cure aurait été 
beaucoup plus longue et pénible tandis qu'après l'ablation 
des cornets moyens il a eu ses coudées franches pour 
opérer. 

Stôrk fait observer qu'il ne faut pas pousser trop loiu le 
traitement opératoire des suppurations des sinus, et que Ton ne 
doit opérer que lorsque cela semble indispensable, pour atténuer 
de vives souffrances, car les résultats obtenus jusqu'ici sont peu 
brillants, il ne suffit pas de reconuaitre avec la sonde la pré- 
sence d'os mis à nus pour retirer aussitôt un fragment osseux 
important du nez, car on est exposé à de fréquentes erreurs à 
à cause de la minceur extraordinaire de la muqueuse. 

Weil répond qu'au contraire il limite au strict nécessaire Tin- 
tervention opératoire ; il met entre les séances des intervalles 
de 8 à 14 jours, tandis que d'après les succès qu'il a ob- 
tenus dans des cas précédents, il guérit toutes les autres sinu- 
sites lans aucune opération, afin de montrer le bénéfice que 
Ton retire de simples pulvérisations par des ouvertures natu- 
relles. Le De Weil croit que la majorité des suppurations des 
sinus guérit spontanément lorsque Ton assure une issue régu- 
lière du pus par les ouvertures naturelles ou artificielles, et il 
se prononce contre l'opinion généralement émise dans ces der- 
niers temps à propos de l'opération radicale dans les suppu- 
rations des sinus et il pense qu'on ne doit pas tout d'abord pra- 
tiquer des grattages au moyen de la curette, et exposer ainsi le 
malade à des dangers avant d'avoir échoué auparavant par tous 
les traitements doux. Les effets du traitement radical ne sont 
nullement merveilleux el W. se réserve de faire connaître pro- 
chainement sou opinion dans une étude comparée de tous les 
modes de traitement usités jusqu'ici et de leurs résultats. 

Chiari.— Puisque la discussion s'étend à tous les sinus du nez, 
je vais rapporter brièvem^ut mçs connaissances à ce sujet. 

AinfALKt DBS 1IALAD1K8 DB LA BOUCHE ET DU LARYNX. — XXI. 24 



i 



^ 



36i aùcsÈrts sayautb 



Sinus maxillaire. 



Dans environ 100 cas, l'antre d*Higbniore était rempli de muco* 
pus. Du mois d*aoûl 1893 an mois de mai 1895 J*ai soigné dans mon 
service de la Polyclinique à pen près 40 cas d*empyème, mais le 
temps m'a manqué pour recueillir les observations ; tonlefois 
dans tous ces cas la collection pumiente de la cavité a été re- 
connue par la perforation et des lavages explorateurs. 

Je puis an contraire parler plus en détail de 58 cas d'empyème. 

Neuf fois il eiistait dans le processus alvéolaire une Assure 
aboutissant à la cavité. Sinon le diaf^iostic était établi par 
Texamen rhînoscopique dont je ne parlerai pas maintenant. Ce 
moyen donne des résultats tellement certains, que je n'ai eu 
recours que 14 fois à la ponction exploratrice par le méat in- 
férieur suivie d*une injection pour m'assurer du diagnostic. 

Le lavage du sinus maxillaire m'a rarement réussi, et ce n'est 
que dans trois cas que j'ai obtenu par cette méthode l'évacuation 
d'une importante masse purulente, de sorte que je la considère 
comme peu satisfaisante. De plus, il faut pour l'employer être 
très habitué à la spécialité. 

Dans un cas j ai échoué par le lavage du mcat inférieur par 
une ouverture de grande dimension, qui est très difficile à pra- 
tiquer, et impossible pour le malade lui-même. 

J'ai pratiqué 18 fois la perforation par l'alvéole de la seconde 
pré-molaire, li) fois par l'alvéole delà première raolaire,3 fois par 
la première pré-molaire et 4 fois par la seconde molaire J'ai péné- 
tré 3 fois seulement dans l'antre d'iiighraore par la fosse canine. 

12 malades sur un total de 58 n'ont été observés que peu de 
jours, puis je n'ai plus entendu parler d'eux. 27 ont guéri com- 
plètement en un laps de temps variant pour 16 malades de 1 à 
2 semaines à un maximum de 4 mois. Les autres ont dû at- 
tendre plusieurs mois et même plus de 2 années pour atteindre 
le même résultat. Quant aux autres ils ont été plus ou moins 
améliorés. 

Dans les premiers cas le traitement ne consista qu'en in- 
jections que le malade put commencer très rapidement ; afln 
d'éviter l'obstruction artificielle de la fistule alvéolaire, je la ré- 
trécissais de manière à empêcher l'introduction des aliments de 
la bouche dans l'antre. 

Plus tard je pratiquai une fistule permanente de 3 à 4 milli- 
mètres de diamètre allant de l'alvéole dans l'antre, je fis des la- 
vages et j'introduisis des deux côtés des bandes de gaze iodo- 



SOOlâTÉS SàTàKTBS 363 

formée, longues de 70 centimètres sur 2 centimètres de large qui 
entravaient la décomposition et demeuraient 8 à 15joursdausla 
cavité. Par là on enrayait la fétidité et la sécrétion diminuait sen- 
siblement. En dernier lieu on obstruait la fistule au moyen de gaze 
iodoformée et lorsque la suppuration cessait (ce qui se constate 
aisément par la ponction exploratrice) on tient la fistule fermée 
pendant quelque temps à Taide d'une mince canule de caout> 
chouc durci appliquée contre la gencive. En raccourcissant et 
amiocissant la canule j'obtins finalement Tocclusion de la fistule 
dans sa partie supérieure. 

Cette méthode m'a donné les résultats les meilleurs et les 
plus rapides. Si la guérison tardait trop, j'introduisais la curette 
dans Tantre par la fistule alvéolaire pour enlever les bourrelets 
de la muqueuse, puis je tamponnai de nouveau. Je n'ai jamais 
pratiqué le grattage complet de la muqueuse sur toute son 
étendue n*ayant jamais rencontré de malades qui y consen* 
tissent. Les trois cas dans lesquels je perforai Fantre d'High- 
more par de larges ouvertures de la fosse canine ont été cu- 
rettes avec mesure et j'ai obtenu deux fois la guérison complète 
par des tampons de gaze iodoformée. Dans un cas il n'y eut 
qu'une amélioration. Toutefois l'opération par la fosse canine 
était toujours suivie d'une forte tuméfaction de la joue. Les 
lavages de la fistule par la fosse canine et les tamponnements 
ont toujours été bien plus douloureux que par la fistule alvéo* 
laire. De plus, cette dernière ayant 3 à 4 millimètres de diamètre 
foroie une cavité suffisante pour introduire dans l'antre une 
petite curette et retirer les bourrelets muqueux attachés à ses 
parois ; c'est pour cette raison que je m'en tiens presque 
toujours à l'ouverture alvéolaire. 

A propos des résultats, je dirai seulement que l'on ne re- 
gardait comme guéris que les malades ne présentant plus 
aucun écoulement nasal après la cessation des lavages. Même 
ceux qui n'étaient qu'améliorés se félicitaient du traitement 
car les irrigations pratiquées de temps à autre les délivraient des 
douleurs et de la fétidité. 



Sinus fronUux. 

Ces sinus sont fréquemment affectés au cours de catarrhes 
aigus du nez, bien qu'ils contiennent une collection muco-pu- 
rulente. La plupart guérissent lorsque le catarrhe disparaît, 
car leur conduit excréteur est situé en arrière. À la séance de 



1 



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*'^ *^'i7^ ^-ir i* f'-^ri*-':* *i = i4*i- ^ zix» a»* tiri^iait pas. 
I>^-îi î*.* î* <:i:.i-'r:i* «ini'Lr- :ir:T-'rîf» *•?* «iz-xs friatanx 



D-^n* U ^/.riDQiJi'M:.:!» :C:/** f I^* Liai ]"ii d'r';rii deux cas de 
hnA*r* o^t^G^e^ di c«:rz;<r: moyea -^^ renf^nciient des masses 
de pu*, drr* p.:i)pes el des fr-uîTilaiions. Je les ooTris, les 
grïlU.i, paii Urxip-'^rzDii la cavl'.'f. Mus Comme U ffaérîson ne 
%anr^Da;t p%«, j'enl^raû les pii«&is mlDces de la cavité an moyen 
du <ri%«;âa, de la piu'-e et da serre-nœod et j'obtins ainsi la 
gaérivjn. Dans 3 cas les celial*:s elLmoïdal^ anténeoies con- 
tenaient da pas, on dal les ouTrir largement et les coretter 
deux fois. 



Affections combinées det sinus. 

Cinq fois. Ton observa consécatiTement la suppuration des si- 
nu» maxillaire et frontal, la première fut traitée par le tampon- 
nement et la seconde par des lavages; dans un seul cas j'obtins 
la gu^;rfson. Quant aux autres, on ne peut pas toujours ouvrir 
toute» les cavités, mais les injections calmèrent les souffrances 
et la f<Hidité de la s*;crélion. 

Dans quatre cas. rempyème chronique de Tantre d*Hi^hraore 
était asHOcié à ia i^appuralion d*ane ou de plusieurs* celluleii 
ethmoldales, et une fuis à la nécrose. 

Le ^iniift frontal et une cellule ethmoidale étaient affectés dans 
on cai« 






StOOIÉTÉS SAYÀNTB8 365 

I Le traitement des affections ethmoîdales consista soit à enle- 

I ver les os nécrosés, soit à ouvrir les cellules remplies de pas 

avec ou sans grattage, et éventuellement à enlever de petites 
lamelles osseuses et des excroissances muqueuses hypertro- 
phiées, sans jamais produire de forte réaction. La suppuration 
I cessait alors et les lavages la tarissaient compl<^temenl ou du 

moins Tamélioraient notablement. Aussi me rangerai-je à l'opi- 
nion de Grûnwald qui dit qu'il existe des suppurations ethmol- 
[ dales et des nécroses qui ne sont ni syphilitiques ni tubercu- 

I leuscs, car mes malades étaient indemnes de ces affections. 

; Mais, comme en 1894, je m'élèverai contre l'idée suivant laquelle 

I les polypes récidivants du nez et Tozène sont habituellement 

I provoqués par des suppurations ethmoîdales, la carie et la né- 

! crose, car, sur 61 cas de polypes et 128 cas d'ozène, je n'ai ja- 

' tnais TU ces maladies, malgré des sondages soigneux. 



Sinus sphénoîdaux. 

J'ai pu les sonder trois fois, mais ils étaient vides. Naturelle 
ment, je n*ai pratiqué le sondage que dans les cas ou une collec- 
tion purulente de la fente olfactive ou de la cavité naso^pharyn- 
gienne pouvait faire songer à une affection de ces sinus. 

Grussmann. — Je vais citer ici un cas comme caractéristique 
de la valeur et des chances de curabilité des méthodes actuelle- 
ment employées dans les diverses affections des sinus du nez. 
Un homme de 50 ans, fortement constitué, vint me trouver 
pour une tumeur très fluctuante du volume d'une cerise, située 
sur le frein de la lèvre supérieure. Après Tincision, on aperçut 
un kyste dermolde gros comme une noisette qui s'était déve- 
loppé dans la région du foramen incisif entre les lames huileuses 
du maxillaire supérieur. La cavité fut raclée, puis bourrée de 
gaze iodoformée. Comme au bout de plusieurs mois la cavité ne 
se refermait pas, il fallut la cautériser et la drainer après cocaï- 
nisation préalable. Malgré des injections pratiquées régulière- 
ment et soigneusement avec des solutions phéniquées et subli- 
mées, des badigeonnages de teinture d'iode et d'ichthyol, 
Tapplicalion fréquente du Paquelin, depuis trois ans le malade 
n'a pas guéri. 

Toutefois, je crois bien qu'un kyste dermoîde même sié- 
geant dans l'os, céleris paribus, offre plus de chances de cura- 



Kf ' • . *-* ' «- . -^ ".-• .;# •* "-'a" -a - .i^;-Tni jt» "arit-s 
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/r.% «^- ^v^ f.* -tvîri ^v* 4->'*r ♦Ti.-TLi- n-*ii-*as coc:r? 

d^Tii ,^ 'i*t^,.,>^, ni\\'jr< 1 rraTe-tarç de la ca^ii^f, U sé^rretîon i« 
/x"*'i p-i* <:''#''ri;/^t^fn'^ri% 01 q.i* La caviié « remplît de sranii- 
b j'/Ot, r»*; ^'jfî.^^rrjl nrj.krn^^nf à affiÎLî.r le principe de llnler- 
t''f»*i^/fi /;;»'• f;i»//;f*r. Pour ^rfîe/rtner cfr*te dernière, on se basera 
4rjr t'A fytt' i,onr tju foy^r pHniknÉ, I>r*qae récoalemcnl aara 
li'rn /l;»rn d'î rri'inv jm';% conditions, il faut onvrir nne toîc arlifi- 
ftf'W*'. itn pus, La qtj''*tion de savoir si la sécréiion sera sûre- 
ffi'fit fjir^iy^'f* u îi qrj'iHi^ importance secondaire par rapport aux 
tu'ïu'hitftfm prinrip;il^^ n-iU-suns ^nonc**es- Si de plusieurs côlés 
ntt ffi\i tt*fft}tu\u(*r rjue l'ouverture de Tapophyse alvéolaire de 
wt'tini hi'nul lomrjnrî l.i ^u*^ri-on ne vient point, ce n'est pas un 
(/r/uid mallMriir« rtar il vaut mieux pratiquer dans le maxillaire 
fin Irofi qui farilitr* Tif^suc du pus, que de laisser le pas stagnant 
<\nun \n nïutm m.ixillairr», parce qu'alors il se décompose et pro- 
duit drî^ tirv\i\o.ui% de toute nature. On peut, par un simple 
«p|i/ir<'il, ol)«ilru('r l'ouvorture de l'apophyse alvéolaire et le ma- 
l/i'|p pfMit (liiini, clinriun jour, pendant quelques minutes, laver le 
n\tmn iii/ixilhiin*. J(» no pense pas que l'ouvcrlure naturelle du 
n\uun tn/ixillaiiT Ktifline toujours à l'introduction de la cannle et 
AU iirlioyagn do la cavité, et même dans les cas où le troo de 



SOCIÉTÉS SAVANTES 367 

l'hiatus permet le passage, il y a des parties grumeleuses de la 
sécrétion qui ne sortent pas du sinus maxillaire, de sorte que 
c'est seulement grâce à une ouverture artiflcielle que l'on pourra 
nettoyer parfaitement la cavité. L*ouverture du sinus maxillaire 
par l'apophyse alvéolaire est, sans nul doute, la meilleure et la 
moins désagréable. Ce n'est que dans les cas o i la partie infé- 
rieure du sinus maxillaire est rétrécie, ce dont on s'assure 
par la forte concavité de la paroi externe du méat nasal 
inférieur, qu'il faut éviter de perforer l'apophyse alvéolaire, car 
le trépan pénétrerait presque infailliblement dans la cavité na- 
sale ou dans la fosse canine, mais non dans le sinus maxillaire. 
Un autre point à résoudre, est de savoir si le traitement radical, 
tel que le pratiquent ordinairement les chirurgiens, à travers la 
fosse canine, est indiqué ou non. L'opération est plus impor- 
tante, mais le succès est incertain. Si le trou de l'apophyse 
alvéolaire ne conduit pas au but, il ne faut quand même pas 
opérer par la fosse canine, car, daprès les cas publiés, les ré- 
sultats ne sont pas encourageants. 

En ce qui concerne la thérapeutique endo-nasale employée 
pour les catarrhes euppurés chroniques des sinus frontaux, on 
-ne devra pas perdre de vue que deux points principaux sont en 
balance : i^ La rétention relative de la sécrétion dans le sinus 
frontal provoqaé par des hypertrophies ou des polypes du méat 
moyen ; 2» l'augmentation de la sécrétion nasale. Il ne faudrait 
jamais oublier que la sténose du méat moyen est d'ordinaire la 
cause principale, tant de la persistance de la suppuration que 
des maux de tète intermittents. Le malade se trouve beaucoup 
mieux après la disparition de ces troubles. On observe fréquem- 
ment la guérison spontanée du catarrhe suppuré des sinus 
frontanx à la suite de la cessation des causes de sténoses, ou du 
-moins les souffrances se réduisent à un minimum. Je n'ai jamais 
pratiqué, dans les cas de suppuration chronique des sinus fron- 
taux que j'ai observés, la trépanation externe du sinus frontal. 
Du reste, la trépanation n'est nullement indiquée dans les cas 
de ce genre, car l'augmentation de la sécrétion muco purulente 
du sinus frontal qui peut élre inHme et se tarir rapidement sans 
occasionner de douleurs, ne justifie pas une perforation du si- 
nus frontal. 

On n'a pas aujourd'hui une idée aussi nette que, pour les si- 
nus maxillaires et frontaux, de la limite opératoire en ce qui 
concerne le labyrinthe ethmoïdal et les sinus sphénoïdaux ; et 
ceci parce que^ pour ces dernières régions, nous ne connaissons 



388 SOCIÉTÉS SAVANTES 

pas toutes les difficultés de diagnostic et que nous ne sommes 
pas sufûsamment édifiés sur les résultats de Tinterventiou chi- 
rurgicale. Toutefois, il ne faudrait pas conclure au rejet de 
l'opération. Les méthodes reconnues les meilleures donnent 
parfois de mauvais résultats. 11 faut d'abord étudier la question. 
Avec le temps, lorsque nous aurons le moyen de faire des dia- 
gnostics plus précis et que nous opérerons avec des instruments 
plus perfectionnés, les résultats seront certainement très supé- 
rieurs à ceux que Ton a obtenus jusqu'ici. Pour diagnostiquer 
une affection du labyrinthe ethmoîdal, il est de première néces- 
sité d'enlever les parties du cornet moyen faisant obstacle à 
l'examen. On peut alors distinguer très clairement les parties 
de la paroi interne de Tapopbyse ethmoîdale qui laissent sourdre 
du pus. Il n'est pas nécessaire d'introduire de grandes pinces et 
des curettes pour détruire la portion la plus importante des os 
elhrooïdaux ; il suffit d*agrandir, au moyen d'instruments fins 
recourbés en forme de crochet, Touverture de l'écoulement afin 
de faciliter Tissue de la sécrétion. Je ne parlerai pas de la carie, 
car il n'existe pas encore d'autre moyen pour la reconnaître que 
le toucher avec la sonde et que j*ai d'anciennes préventions 
contre ce diagnostic. On sait qu'une intervention opératoire mo~ 
d'orée dans le labyrinthe elhmoîdal ne provoque aucunaccident, 
et qu'au contraire on doit regarder comme un beau succès 
qu'elle fasse cesser souvent la suppuration et la céphalalgie. 

Il faudra user de même pour les sinus sphénoïdaux. Personne 
ne devrait ouvrir largement le sinus sphénoîdal dans les cas de 
sécrétion muco-purulente infime, ni gratter ou cautériser la 
muqueuse de la cavité, car ce sont là de trop grandes opérations 
qui ne sont nullement motivées par le peu de souffrance que 
provoque un catarrhe du sinus sphénoîdal. Mais une intervention 
étendue peut rendre de grands services lorsqu'elle est pra- 
tiquée à propos et avec précaution, ainsi que j'ai pu m'en 
assurer sur un cas que j'ai vu aujourd'hui et où la paroi anté- 
rieure avait été largi^ment ouverte ; le pus résidait dans la cavité 
ei produisait une forte tension et de violents maux de télé. Je 
reviendrai plus longuement sur cette observation. 



r 



SOOIÉTÉS SAVANTfi8 3dB 



Séance du 7 juin 4895 (^). 

Président : Prof. Chiari. 
Secrétaire : D' H. Kosghier. 

Panzbr. — Technique de i*ablation dn cornet inférieur. — L'au- 
teur emploie pour cette opération un ciseau qu'il a construit et 
qui se manie plus aisément que les serre-nœuds ordinaires. La 
guérison survient aussi bien plus rapidement (3 ou 4 jours) par 
Cette méthode. Il a réussi avec cet instrument dans les cas où le 
serre- nœud avait échoué. 

RoTH fait remarquer que depuis déjà quelques années il se 
sert d'un instrument semblable. 

Weil doute que la guérison survienne aussi vite que le dit 
Panzer. 

Chiari emploie également depuis assez longtemps le même 
instrument. Quant à la guérison, il est de Tavis de Panzer. 

CniARr présente un enfant sur lequel il a pratiqué il y a 
quelques mois la trépanation dn sinus frontal. 11 s'agissait d*un 
important fragment d'os nécrosé siégeant dans le sinus frontal 
et provoquant une sécrétion purulente profuse du nez. G. ne 
peut dire si c'était de la tuberculose ou de la syphilis, car on 
manque de bases pour le diagnostic différentiel. 

Weil. — Papillôme de la cloison. — - W. montre une femme 
de 67 ans à laquelle il a retiré quelques semaines auparavant 
un papillôme de la cloison gros comme une noisette. Il était 
apparu il y a un an environ et avait lentement augmenté, il 
était d'un rouge vif, d'une consistance assez dure et en forme 
de grappe avec une surface profondément segmentée, il ne pro- 
voquait aucune douleur, et saignait peu lorsque la malade y 
touchait souvent. Il était fixé par un pédicule épais d'à peu près 
2 millimètres à la partie antérosupérieure du septum, presque 
à la limite de la muqueuse, il remplissait presque toute la fosse 
nasale droite et fut extrait pour ainsi dire sans hémorrhagie. 
Tout le reste du nez est parfaitement normal. Le Prof. Zucker- 

(1) D*aprè8 le compte-rendu delà Wiener klin. TToc/i.i 28 août 1895. 



370 SOCIÉTÉS SAVANTBS 

kandl a eu la bonté de faire i'exacaen microscopique. On voit 
des papilles assez riches en vaisseaux, très ramifiées, et de Tépi- 
thélium pavimenteux extrêmement développé, ce n*est qu'au 
fond des inflexions de la surface que Ion trouve souvent des 
couches d epithélium cylindrique, mais ni glandes, ni aucune 
manifestation inflammatoire. 

il s agit donc d'un véritable papillôme complètement isolé 
(qu'il ne faut pas confondre avec les papillômes du cornet infé- 
rieur décrits par Hofmann et d'autres auteurs), d'une dimension 
tout à fait extraordinaire. Mackenzie n a vu que cinq de ces pa- 
pillômes qui atteignaient la taille de la moitié d'un pois, et 
quatre d'entre eux étaient combinés avec des polypes muqueux. 
Sur 3.300 malades (dont 1.500 porteurs de tumeurs), M. Schmidt 
n'a rencontré que six papillômes, et Zuckerkandl n'a observé 
qu'un cas de papillôrae vrai du cornet inférieur. Comme étiolo- 
gie, on n'a trouvé que l'habitude de priser du tabac datant de 
longues années ; il faut prendre aussi en considération i'àge 
avancé de la malade. 

W. RoTH. — Phlegmon de la cavité rétro-nasale. — R. rapporte 
l'observation d^un cas avec formation d'abcès de Tamygdale 
pharyngée, chez un homme de 38 ans. La maladie débuta par un 
frisson et l'élévation de la température jusqu'à 38,8; il y eut de 
violentes douleurs à la déglulition, du côté de l'occiput et dans les 
deux oreilles, et à la rhinoscopie postérieure on distinguait une 
rougeur intense et une luméraction de la muqueuse de la cavité 
rétro-nasale et de Tamygdale pharyngée ; lors du toucher digital, 
on trouve ces dernières élastiques et très sensibles. Les phéno- 
mènes s'aggravèrent de jour en jour, la température oscilla 
entre 38,8 le matin et 39,5 à 40 le soir, les douleurs de la dé* 
glutition s'accrurent, de même que les douleurs occipitales et 
et les élancements des oreilles, à tel point que l'état du malade 
devint intolérable, l'amygdale pharyngée recouvrait la moitié 
inférieure des cornets moyens et totalement les méats inférieurs 
des choanes, la région des orifices tubaires était rouge et gon- 
flée. Huit jours après le début de TafTection, il y eut une issue 
spontanée de pus et de sang par la bouche et par le nez qui 
amena un mieux surprenant, les souffrances diminuèrent, le 
malade put bien avaler et ne ressentit plus qu'une gène comme 
si on lui introduisait une boulette dans le cou. A la rhinoscopie 
on voyait une diminution notable de l'amygdale pharyngée, 
mais à un endroit, à droite près du recessus moyen, se trouvait 
un caillot sanguin, vraisemblablement au lieu de rupture de la 



SOCIÉTÉS SAVANTES 371 



I 



I poche ; la muqueuse rétro-nasale est encore très rouge et œdé- 

matiée. Des badigeonnâmes quotidiens de la cavité rétro-nasale 
avec une solution de nitrate d*argent à 2 % et des irrigations 
nasales pratiquées trois fois par jour avec une solution boriquée 

! à 2 ^/o Orent disparaître tous les symptômes objectifs d'inflam- 

' mation, de sorte que le malade fut tout à fait guéri quatorze 

jours après Tapparilion de Taffection. 
Quoique les inflammations phlegmoneuses de la cavité rétro- 

l nasale ne soient pas rares et qu'elles soient accompagnées de 

mes douleurs à la déglutition ainsi que de maux de léte et 
d'oreille intenses, la formation d'un abcès de cette dimension 
dans Tamygdale pharyngée est toujours une exception ; le D' Roth 
n'en a pas trouvé d'observation dans la littérature, car les cas 
d'inflammation phlegraoneuse de la cavité rétro -pharyngienne 
avec suppuration, tels que les décrit Wendt dans le Manuel de 
pathologie spéciale et de thérapeutique de Ziemssen (Bd 7, h. i, 
p. 285 et 286,] ont une origine traumatique ou sont consécutifs 
à la variole, Wendt ne mentionne pas les suppurations sponta- 
nées, mais il dit à la page 289 : « Dans la cavité naso-pharyn- 
gienne on ne voit que rarement de petits abcès de la région 
cytogène. Ceux-ci se produisent au cours des phlegmons ou bien 
ils proviennent de la désagrégation de nombreux follicules 
confluents. On pourrait les appeler abcès naso-pharyngiens. » 

Weil, à propos de l'étiologie, demande si le malade n'a jamais 
souffert à ce moment ou auparavant d'angine folliculaire ou la* 
cunaire ; on voit souvent chez des malades habitués à la rhinos- 
copie postérieure, lors d'une affection de l'amygdale palatine, un 
même processus sur l'amygdale pharyngée qui pourrait peut- 
être avoir déterminé ici un phlegmon. 

RoTH avait oublié de dire que le malade avait été très sujet 
aux angines. 

Grossxann dit que dans la plupart des cas d'angine phlegmo- 
neuse on a affaire à un abcès péri-lonsillaire qui se vide de haut 
en arrière, et qui provoque une voussure du voile du palais, de 
l'œdème de la luette, etc., ce qui fait qu'assez souvent les 
amygdales, même du côté malade, ne semblent que légèrement 
atteintes. H n'exclut donc pas l'idée que même dans le cas décrit 
par Rolh il ne se soit pas agi de cette forme assez fréquente 
d'abcès péri-tonsillaire. 

Hajbr. — Diagnostic et traitement des suppurations des sinus 
sphénoldaux. — Gomme corollaire à deux cas de suppuration 
des sinus frontaux présentés aux dernières séances, H. fait part 



1 



372 SOCIÉTÉS SAVANTES 

de ses obserTations sur cette affection et comni euce par Thistoire 
du premier cas qui présenta des difficultés particulières de dia- 
gnostic. 

H. E. âgé de 45 ans, souffre depuis neuf ans d'une suppuration 
abondante de la foi^se nasale droite. Le pus, qui était clair au dé- 
but, est devenu plus épais depuis déjà sept années. L*an dernier, 
le malade ressentit des maux de tète intenses qui occupaient toute 
la moitié droite du temporal, puis, par moment, une sensation de 
marteau dans la profondeur de la tête. Le vertige était fréquent 
pendant la marche et lorsque le malade se baissait. L*examen 
rhinoscopique pratiqué pour la première fois le 1*' novem- 
bre 1894 montra de nombreux polypes du méat moyen et une 
hypertrophie du cornet moyen. Après Tablation des polypes, on 
vit le sinus maxillaire vide; à la suite de Tabrasion de l'extrémité 
antérieure du cornet moyen on n'aperçut plus le pus stagnant 
dans le méat moyen ni dans le sinus frontal ni dans le labyrin- 
the ethmoldal. 

L'examen fut très long, car malgré qu'on le répétât fréquem- 
ment, Torigine de la suppuration demeurait incoimue, et les 
symptômes subjectifs, surtout la céphalalgie, conservèrent tou- 
jours la même intensité jusqu'au moment où l'on enleva la plus 
grande partie du cornet moyen hypertrophié qui était si étroite- 
ment unie au seplum que l'on ne pouvait effectuer un sondage 
par la feute olfactive. Après la cicatrisation du cornet moyen, 
on trouva, après un attouchement de la paroi antérieure du 
sinus ethmoîdal, un point brillant pulsatile. 

A la suite de l'introduction d'une sonde fine on voit sourdre 
3 ou 4 gouttes de pus épais. Hajek introduit alors dans l'ouver- 
ture le crochet qu'il a fait construire dans ce but, il arrache 
une parcelle de la paroi antérieure en l'attirant en avant, et il 
provoque ainsi l'issue d'une quantité de pus dense et crémeux. 
Le malade se sentit immédiatement soulagé. Le traitement con- 
sécutif consista d'abord à bourrer la cavité de gaze iodoformée-, 
puis à instiller du nitrate d'argent dans la cavité sphénoîdale et 
comme la sécrétion ne cessait pas complètement, on gratta pru- 
demment la muqueuse avec une curette construite également 
sur les indications de lautenr. Actuellement, il ne subsiste plus 
qu'un léger écoulement muqueux. Les douleurs subjectives ont 
disparu. 

' A propos du diagnostic des suppurations des sinus sphénol- 
daux, l'auteur dit qu'il faut, par l'e^pcamen rhinoscopique, constater 
l'écoulement du ^us dans la fente olfactive en avant ou sur 



SOCIÉTÉS SAVANTES 373 

l'extrémité postérieure du cornet moyen. On remarquera que le. 
pus provenant du labyrinthe sphénoïdal postérieur produit les 
mêmes effets. Dans certains cas faciles, .on fait le diagnostic 
différentiel en introduisant une sonde par la (issure olfactive, 
agrandie ou une canule mince dans la cavité. On a encore 
plus de commodité lorsque le cornet moyen est atteint par un 
processus destructif, ordinairement par la syphilis; alors la 
fente olfactive a une largeur de 1 à 2 centimètres et on recon-' 
naît dès le premier examen la source de la sécrétion. Dans les: 
cas où le cornet moyen est lié à une forte hypertrophie de. la 
cloison, le diagnostic est plus difficile. 11 faut faire deux choses : 
1^ la ponction exploratrice du sinus sphénoïdal, pratiquée pour 
la première fois par Schâffer, sur les indications de Zuckerkandl ; 
2^ enlever- les parties hypertrophiées de l'extrémité postérieure 
du cornet moyen et ainsi dégager la paroi antérieure du sinus 
sphénoïdal. 

Jusqu'il y a six mois Hajek a fait la ponction exploratrice au 
moyen d'une canule double qu'il a construite et montrée, mais 
à cause des résultats insufflsamment satisfaisants, il a adopté la 
seconde méthode qui lui a fourni les seules chances de diagnos- 
tic certain. Parfois il réussit à élargir la partie postérieure de la 
fente olfactive ; par là il put obtenir temporairement assez 
d'espace pour orienter son diagnostic. Mais cette dernière mé- 
thode échoue souvent et alors, plus tard, il faut exciser des por- 
tions du cornet moyen. 

Après de nombreux essais de cette dernière méthode, l'auteur 
est arrivé à conclure qu'elle était plus sûre que les autres au 
point de vue diagnostique. Tout d'abord, il a vu clairement 
qu'une collection mucopurulente de la fente olfactive n'était 
pas toujours imputable à une affection des sinus, mais que les 
mêmes accidents peuvent être provoqués par une inflammation 
primitive qui atteint partiellement la muqueuse revêtant cette 
région . 

Certains autres faits peuvent aussi faire confondre un empyème 
de la fente olfactive avec ceux du sinus sphénoïdal et des 
cellules ethmoîdales postérieures. Aussi devra- t-on remarquer 
que les sinus frontaux et les cellules ethmoîdales antérieures ont 
assez fréquemment leur ouverture en dehors de la région de 
l'hialus à Tintérieur du cornet moyen. H. a observé un cas de 
ce genre. Le pus sortait abondamment de la fente olfactive ; on 
songea à une suppuration du sinus sphénoïdal ou des cellules 
tthmoldales postérieures.. Plus on enlevait de l'extrémité posté- 



374 SOGlâTÉâ SAVANTB8 

Heure du cornet moyen, plus on voyait que la sécrétion venait 
d'en avant, jusqu'à ce que Ton reconnut après Vexcision totale 
du cornet moyen jusqu'à son extrémité antérieure que la suppu- 
ration provenait du sinus frontal ouvert en dehors de Thiatos 
nasal. EiiOn H. fait allusion à ce que parfois Tétage postérieur 
peut, à travers une cloison verticale qui partage en deux le sinus 
maxillaire, s'ouvrir dans le méat supérieur, et qu'alors il peut 
survenir également une suppuration de la (issure olfactive. 11 ne 
faut pas oublier non plus qu'une nécrose circonscrite des parois 
osseuses voisines de la fente olfactive peut aussi donner nais- 
sance à une suppuration ayant les mêmes caractères locaux que 
celle des sinus sphénoîdauz. 

Vu ces nombreuses hypothèses, l'auteur n'accorde une con- 
fiance absolue qu'à un seul principe diagnostique: lorsqu'il 
existe une suppuration de la fente olfactive il faut, par tous les 
moyens chercher à reconnaître la source de la suppuration 
jusqu'à ce qu'on la trouve. Le moyen seul préserve des erreurs 
et contribue à la réussite du traitement. 

Dans le cas présenté à la Société la difficulté du diagnostic 
s'était accrue parce que depuis longtemps la sécrétion n'était 
pas apparue hors de la fente olfactive. Ce fait était dû à l'appli- 
cation étroite du cornet moyen contre la cloison. 

Hajek montre ensuite ses instruments pour le traitement des 
sinus sphénoïdaux : le crochet et la curette. Ils sont exception- 
nellement 0ns, afin de permettre leur introduction sous le 
contrôle de l'œil. Malheureusement, l'ouverture pratiquée dans 
le sinus sphénoîdal a une grande tendance à se rétrécir promp- 
tement, de sorte qu'il faut la surveiller attentivement. On main- 
tient Touverture béante en y introduisant un tampon, mais 
celui-ci a l'inconvénient de réveiller la souffrance et de faire 
reparaître les engorgements. 

L'auteur ne recommande le grattage de la muqueuse que dans 
les cas où des pulvérisations avec une solution boriquée à 3% ou 
des instillations de nitrate d'argent en solution n'ont apporté 
aucune amélioration. 

La muqueuse doit être raclée délicatement et avec prudence 
car elle est très mince, et il existe sur les parties latérales des 
sinus sphénoïdaux des anomalies qui réclament des précautions 
extraordinaires. 

L'auteur n'a jamais observé d'accidents à la suite de l'ouver- 
ture des sinus sphénoïdaux, aussi estril convaincu qu'en agissant 
prudemment on doit considérer cette opération comme .indiquée 



BIBLIOGRAPH» 375 

dans certains cas. Il va sans dire que la technique de Topération 
réclame encore de nombreux perfectionnements. 

Dans les cas non opérés, !e pus contenu dans le sinus sphë* 
noidal peut, par Tobstruction de roriOce d'écoulement, faire 
irruption dans Torbite ou dans la boile crânienue ainsi que l'ont 
démontré plusieurs cas d*obstruction certifiés jusqu'à présent 
par Hosner, Panas, Rouge, Post, etc. 



BIBU06RAPHIE 



Traitement des ftirondes du oondoit auditif, par Paughet (Thèse 
de doctorat, Paris 1895). 

Le staphylocoque pénètre dans le conduit par Tinterroédiaire 
des doigts (lésions de grattage), par les objets de pansement, les 
instruments; il en découle une thérapeutique prophylactique, 
basée sur remploi des antiseptiques, et une désinfection rigou- 
reuse des mains et des instruments; en évitant, en outre, tout 
frottement, qui ensemence le microbe pathogène. 

L*auteur pusse ensuite en revue les divers modes de traite- 
ment : 

A. — Incision faite profonde, avec le bistouri à double tran* 
chant de Hartmann, suivie d'ablation du bourbillon, et d'un pan- 
sement antiseptique ; préférer l'incision évacuatrice à l'incision 
précoce. 

B. — Applications internes, — Bains d*oreille chauds; instilla- 
tions d'alcool borique saturé, de glycérine phéniquée ou au su- 
blimé, enfin de microcidine à 3 p. i 00. 

Badigeonnages abortifs, au début, avec le nitrate d'argent à 
i p. iO (tampon laissé 24 heures) ; tampons d'huile mentholée 
à 1 p. 10 ou imprégné d'acétate d alumine à 1 p. 20. 

Les injections n'ont d'utilité que si elles sont bien faites, par 
le médecin lui-même. 

Le tubage à l'aide d'un gros drain (Courtade) présente de 
grands avantages, s'il existe un gonflement très marqué. . 



376 BIBIJOGRAPHIB 

G. — Applications péri-auriculaires, — Les réfrigéi^ants (sa- 
chets de glace; tubes de Leiter) sont les plus utiles» comme cal* 
nrants. 

•D. — Traitement général basé sur une bonne hygiène ; les cal- 
mants généraux (quinine, antipyrine, chloral) ; les révulsifs 
intestinaux; les sangsues sont d'utilité médiocre. 

E. — Enfln le traitement des complications possibles : contre 
une suppuration persistante : bains d'oreille antiseptiques; puis, 
après assèchement, insufflations boriquées; contre les ulcéra- 
tions : teinture d'iode ; contre les végétations : cautérisations 
chimiques ou galvaniques; contre la sécheresse du conduit, ac- 
compagnée de prurit : pommade mercurielle : 

Précipité blanc gr. 50 

Vaseline 15 gr. 

La complication possible d'un abcès mastoïdien sous-cutané 
réclame L'incision, suivie d'un tamponnement du conduit. Enfin, 
contre les récidives, toujours à craindre, l'auteur conseille les 
bains d'oreille journaliers pendant une demi-heure avec l'alcool 
saturé d'acide borique. ripault. 

Complioations orbltaires des siniuites maxillaires, par Salva 
(Thèse de doctorat, Paris 1895}. 

L'auteur étudie d'abord avec soin les rapports anatomiques du 
sinus maxillaire avec le plancher de l'orbile, le globe et ses an- 
nexes ; puis rappelle les anastomoses des veines orbitaires avec 
celles dès régions voisines et du sinus maxillaire en particu- 
lier. 

A. — La complication la plus ordinaire est Vostéo^périostiie^ 
limitée au rebord orbitaire, ou envahissant tout le plancher, ou 
enfin, se localisant au voisinage du trou optique (Despagnet). 

La propagation du processus inflammatoire peut s'accompa* 
gner ou non de perforation osseuse ; la marche de l'afTection est 
aiguë ou chronique. 

Si les lésions siègent en avant : phénomènes palpébraux ; si 
elles siègent plus profondément: troubles graves décompression, 
surtout du nerf optique ; rarement des paralysies musculaires. Ce 
qui caractérise les accidents, c'est leur siège : chémosis surtout 
inférieur; tuméfaction de la paupière mférieure; refoulement du 
globe en haut. 



BIBLTOOBAPHIB 377 

Le pronostic varie avec la profondeur des lésions qui peuvent 
amener Tatrophie définitive da nerf optique, un phlegmon total 
d« i'orbite, enfin la formation de séquestres, parfois considé- 
rables. 

On devra ouvrir le foyer orbitaire par la paupière inférieure et 
dvainer; ouvrir et laver le sinus; plus tard, faire Fablation 
des séquestres. 

B. — Une deuxième complication, plus grave, est le phlegmon 
orbitaire plutôt par propagation osseuse que par voie lympha- 
tico-veineuse. 

11 se caractérise par des symptômes généraux graves, Texor- 
bitis direct, et des phénomènes de compression, souvent graves 
du côté du nerf optique ; on observe souvent des troubles de 
motilité du globe; des lésions osseuses très étendues; des 
troubles cornéens trophiques, par compression des nerfs ci- 
llaires ; enfin, la possibilité d*accidents cérébraux mortels 
(Panas). 

La résolution est rare ; Touvertnre spontanée se fait à la pau« 
pière inférieure. 

Le traitement sera double ; orbitaire et sinusien. 

C. — Enfin on a signalé la phlébite orbitaire^ bien qu*îl n'en 
existe pas d'observation directe ; la phlébite orbitaire, post-si- 
nusale, amènera plutôt la thrombose des sinus intra-cr&niens ; 
la mort sera la terminaison habituelle, à moins qu'on ait pu 
faire une opération suffi samment précoce. 

RIPAULT. 



Les polypes de l'oreille. Leur traitement, par Sodza-Leitb (Thèse 
de doctorat, Paris 1895). 

Il existe trois variétés de polypes : le granulome, le myxôme 
et le fibrome ; l'implantation se fait surtout au niveau de la caisse 
(paroi labyrinthique, cadre tympanal ) ; plus rarement dans le 
conduit auditif ou la mastolde ; la coïncidence avec des lésions 
osseuses (caisse, osselets) n'est pas rare. 

Les polypes sont très habituellement liés à une suppuration 
auriculaire, mais il existe des exceptions. 

C'est par l'intermédiaire des otites que l'auteur explique leur 
coexistence fréquente avec les végétations adénoïdes, chez les 
jeunes gens. 

S. L. insiste sur certains symptômes peu décrits: vertiges; 

AKNALB8 DIS MALADIES Dl l'ORIILLI ET DU LABYNX. — > XXI. 25 



378 BIBUOaRAPHIB 

nystagmus, paralysie faciale, souvent définitive, par compres- 
sion ; vomissements ; attaques épileptiformes ; phénomènes cé- 
rébraux assez graves pour simuler une méningite, et guérissant 
après ablation ; enfin des masto!dites et des destructions os- 
seuses étendues. 

La surdité dépend plutôt des lésions d*otite associée^ et du 
point d'implantation que du volume ; les lésions de Tappareil de 
transmission expliquent donc que toujours le Rinne soit négatif, 
et le Weber positif. 

Le pronostic est lié surtout à la gravité de l'otorrhée qu*ils en* 
tretiennent. 

Le diagnostic, ordinairement facile, se fait surtout avec les 
gros condylômes du conduit, et les tumeurs malignes de la 
caisse. 

Le traitement de choix est Tusage du polypotome ; on rem- 
placera les tractions, douloureuses et même dangereuses, par de 
légers mouvements de torsion autour de Taxe de l'instrument, 
jusqu'à détachement. 

Pour les petits polypes de la zone de Schrapnell^ on préférera 
la curette ou les caustiques. 

Contre les petits polypes, et pour détruire les pédicules : bains 
d'oreille journaliers d une demi-heure avec Talcool borique sa» 
turé; ou attouchements avec le perchlorume de fer, Tacide chro- 
mique ; enfin le galvano, dont l'emploi demande à être surveillé 
de près, au fond du conduit auditif. 

RIPAULT. 



ANALTSIB 31Q 



AHALT8E8 



I. — OREILLE 

La restauration du pavillon de Toreille, par GocnxiiiL {Rêvue dt 
laryngologiCy i»* et 15 février i895). 

L*otoplastie u'a que de rares contr 'indications : atrophie double 
des pavillons ; ablation de tumeurs malignes étendues ; ses in- 
dications sont multiples. 

T rhumatismes : la restauration doit toujours être tentée, et 
comprendra le fibro-cartilage s'il a été lésé; précautions anti- 
septiques minutieuses ; au cas de plaie contuse, si elle est assez 
récente, la suture sera encore employée, après régularisation 
des bords. 

Vices de conformation : i) hypertrophies du pavillon, com* 
battues par résection d'une portion triangulaire, à base péri- 
phérique, suivie de sutures. 

2] déviations : enroulement du pavillon, rabattu en avant, 
auquel on remédie par résection sur la face postérieure seule 
d un lambeau ovalaire vertical, ne comprenant le flbro-cartilage 
que dans des cas très accentués ; puis sutures très Ones. 

3) occlusion du méat : section cruciale de la membrane obtu- 
ratrice ; avivement de la face interne des lambeaux rabattus et 
saturés à la portion correspondante du conduit auditif avivée 
elle aussi ; la membrane fait ainsi partie de la paroi cutanée du 
conduit. 

Pour ces réparations, on peut utiliser un lambeau mastoïdien, 
suturé à la perte de substance auriculaire, puis séparé de toute 
attache crânienne, quand il a bien repris ; otoplastie en deux 
temps (Diffenbach). 

Difformités acquises, Ex. : déchirures du lobule par boucles 
d'oreille.... avivement et suture des lambeaux ; la perte de subs- 
tance est-elle trop considérable: on la comble par un lambeau 
mastoïdien souslobulaire, replié et adossé à lui-même par su- 
tures (Nélaton). 



t80 AHALTBf 

Tumeun du jMvillon : kystes ; fibromes ; dont l'ablation est 
suivie de sutures, facilitées parfois par des incisions libératrices 
nécessaires ; épithéliomas, dont la réparation exige souvent 
l'emprunt de grands lambeaux de voisinage, et qu'il ne faut pas 
abandonner à la nature, dans la crainte d*occlnsion cicatricielle 
définitive du méat auditif. h. ripault. 

8pasme eloniqne du muscle tenseur du tympan, par G. 

Heplbbower. (N.'Y, med. journal, 16 mars I895.j 

La sensation de claquement dans Toreille avec secousse des 
muscles pharyngés est très pénible. On voit assez bien le mou- 
vement du tympan à chaque claquement annoncé par le malade. 
L'affection reste dans le groupe des névroses. Elle s'associe 
souvent à d'autres troubles nerveux. H. fait jouer un rôle impor- 
tant aux lésions du ganglion otiqne et du ganglion de Meckel. 
D'ordinaire, ce spasme cesse d'augmenter après un certain temps 
et n'entraîne pas une surdité complète. 

Gomme traitement en dehors de l'hygiène générale,de Farsenic, 
du bromure, on emploiera surtout les courants continus. Un des 
pôles sera appliqué au-dessous de l'oreille ou derrière l'oreille, 
l'autre en contact avec le voile du palais. (L'intensité et le choix 
des pôles se sont pas indicpiés). La section du tendon du muscle 
tenseur du tympan ne donne en général qu'un soulagement tem- 
poraire. Les insufflations d'air soulagent mais doivent être 
répétées très fréquemment. a . p. plicqds. 

Otites grippales, par E. B. Dengh. {Med. record, 6 avril 1895.) 

D. insiste sur les excellents résultats que donne l'incision pré- 
coce du tympan. L'inflammation disparait, la guérison est com- 
plète en trois ou quatre jours. La suppuration est beaucoup plus 
profuse, beaucoup plus abondante après la rupture spontanée 
du tympan. En cas de mastoïdite au début, les applications 
froides enrayent parfois l'inflammation. Mais il est inutile de les 
prolonger plus de quarante-huit heures s'il n'y a pas de réunion 
rapide. Polilzer a dit que la mastoïdite grippale intéressait sur* 
tout les cellules superficielles. D. n*a pas observé cette limitation 
spéciale. Il croit que l'opération doit être aussi profonde que 
dans les autres formes de mastoïdite. a. p. pu«qui. 

Du déaonobatonneme&t de l'étrier, par Gell^ {Arch. intern, de 
Ur, rhin. et otol. Tome VII, p. 251, septembre-octobre 1894). 

L'auteur parle des enchatonnements de Tétrim* con^écnlili 



r 



AMALY8B8 381 

aux scléroses auriculaires : l'éfrier, blotti dans sa fossette, se 
trou?e facilement enseveli par les hypertrophies de la muqueuse 
périoste de la caisse du tympan. Or, il faut savoir que sous une 
paroi épaisse dont toutes les fossettes sont nivelées, se cache un 
osselet susceptible d*être mis à nu et d'être rendu libre. Quel- 
ques observations, rappelées dans ce travail, démontrent la pos- 
sibilité et Tefflcacité de ce désenchatonnement. 

Le premier cas a trait à une femme de vingt ans atteinte 
d'otorrhée gauche depuis Tenfance. De ce côté, la voix haute 
est à peine entendue; l'oreille droite sèche, scléreuse, ne perçoit 
plus rien. D : V : = 0. Montre = 0. A gauche, le tympan a dis* 
paru ainsi que le marteau et Fenclume : toute la paroi du pro- 
montoire bien en vue est cutanéisée. Au dessus du sourcil est 
une tache blanche, qui, au contact du stylet, éveille du vertige : 
c'est la tète de Tétrier. G. tente de dégager Tosselet encore mo- 
bile. Après cocaînisation (1/5) et désinfection du conduit, le 
couteau est porté sur le promontoire au-dessous de la tache 
blanche et, pénétrant à plus de deux millimètres de profondeur, 
fait une incision horizontale s'étendant à environ quatre milli- 
mètres : une seconde incision, passant au devant de la tache 
blanche, est faite perpendiculairement à la première. Peu de 
réaction : deux jours après, Taudition de phrases assez longues 
est possible. La conductibilité osseuse a été reconquise. 

Une seconde intervention amène un résultat encore plus du-, 
rable. Jamais il n*y eut de suppuration post-opératoire, m. l. 

Qtalgie et surdité hystérique complète, par Gradenigo. {Gtom. 
di acad, di medic, di Torino, décembre 1894), 

L^intensité des douleurs rapportées à la région mastoïdienne 
faisait songer à une mastoïdite. Mais il y avait en même temps 
anesthésie du pavillon, du conduit auditif, du tympan. La surdité 
était absolue. On discuta l'influence d'une dent cariée comme 
point de départ réflexe. Celle-ci fut arrachée, mais le trauma- 
tisme détermina une aggravation notable non-seulement les 
jours suivants mais persistant après la cautérisation complète 
de la plaie alvéolaire. 

La métallothérapie (application d'or), la suggestion firent dis- 
paraître la surdité et Totalgie, mais sans influencer Tanesthésie 
de Toreille externe et du tympan. Ce fait est intéressant pour 
prouver quMl n'existe pas de relation constante et absolue entre 
la surdité et l'aiKesthéfie. De plus, malgré Tanesthésie tacii}e 



382 ANALYSES 

des deux tympans la malade orientait parfaitement les sons et 
reconnaissait leur point de départ. Ce fait inûrmerait également 
la théorie de l'orientation par la sensibilité tactile tympanique* 

A. p. PLICQUE. 

Un cas de surdité hystérique. Discussion à la Médical society of 
London, par Hector Magkenzib {Brit. med, journ. 4896, p. 587). 

Jeune fille de 16 ans, atteinte d^une angine au cours d*une 
épidémie de dipbt<^rie ; trois mois plus tard, légère attaque 
d'influenza, suivie d'otalgie ; le traitement de Politzer pro- 
voqua une douleur aiguë, de la surdité, et bientôt un écou- 
lement de pus par l'oreille gauche. Peu après se développèrent 
une anesthésie et une paralysie presque généralisées, qui 
persistèrent plus d'un an, et ne cédèrent finalement qu'à un 
traitement long et systématique par la gymnastique. L^ouïe ne 
peut être améliorée par aucun moyen, jusqu'au jour où on 
applique la méthode de Gilles de Marseille ; au bout de dix 
jours, la malade pouvait soutenir une conversation ordinaire, et, 
quelques semaines plus tard, Tacuité de Touîe était normale, et 
persista telle. 11 conclut à Thystéro-traumalisme. 

De Hill n'admet pas le diagnostic de surdité hystérique, 
d'abord parce qu'il n'en a jamais pu découvrir un seul cas, 
ensuite parce qu'il y a eu diphthérie et traumatisme dans Tobseï^ 
vation rapportée. 

De Purney. Il n'est pas possible d'admettre ici la paralysie 
diphthérique, car les réflexes étaient normaux ; le traumatisme 
du labyrinthe est aussi problématique : c'est bien un cas de 
surdité fonctionnelle. 

De Symes Thompson attire l'attention sur les résultats remar- 
quables obtenus par la méthode de la reéducation de l'ouïe. 

M. N. W. 

La surdité dite hystérique et la surdité fonctionnelle, par William 
B. Dalby (^ri7. med.journ.f 16 mars 1895, p. 574). 

Jeune fille de 17 ans, trouvée un matin complètement sourde 
par son entourage, à tel point que toute question devait étr6 
écrite. Mais la voix était restée absolument normale et modulée, 
et Tallure n'était pas du tout celle des sourds ; d'un autre côté, 
elle n'avait rien des simulatrices ; six mois plus tard elle descen- 
dit pour déjeuner un matin avec l'ouïe normale. L'auteur insiste 
sur ce fait que les siyets atteints de ce qu'on appelle la surdité 



ANALYSES S83 

hystérique, ne sont pas sourds du tout ; ils ne ressemblent point 
& ceux qui ont réellement perdu subitement louîe, comme par 
exemple certain enfant subitement sourd st recouvrant le pouvoir 
auditif après l'expulsion d'un grand nombre de lombrics^ comme 
encore les personnes devenues sourdes à la suite d'une grande 
émotion ; dans ces cas de surdité fonctionnelle réelle, la voix est 
altérée, le sourd ne sait pas la conduire, la moduler ; chez les hys- 
tériques dont il est question, il y a un phénomène mental encore 
inconnu, mais certainement différent de la surdité fonctionnelle 
vraie ; ils couvrent l'ouïe aussitôt que l'état normal de ce sens 
se manifeste par surprise en présence d'une autre personne ; 
aussi fait- on cesser cette surdité en produisant une détonation 
par exemple, d'une manière absolument inattendue, afin de pro- 
voquer un mouvement ou un cri vu par quelqu'un. 

M. N. w. 

Un cas de surdi-mutité fonctionnelle, par W. B. Ransan, (de Not- 
tingham) [Brit, med. Journ., mars 1895, p. 470). 

Mineur de 19 ans, de bonne santé habituelle, se réveille un 
matin complètement sourd et muet, et reste ainsi plusieurs 
semaines, sans aucun autre symptôme morbide local ni général. 
Un examen minutieux ne fit découvrir aucune cause de cet 
état, la conductibilité aérienne et osseuse se trouvaient égale- 
ment abolies. Pourtant il arrivait parfois qu'un ordre donné subi- 
tement et énergiquement était exécuté, sauf celui d'émettre un 
son quelconque. La conversation verbale était facile, et ne déno- 
tait rien d'anormal dans Tétat du patient ; il ne présentait pas 
de symptômes classiques de l'hystérie à cette époque, mais il 
avait eu un an plus tôt une monoplégie brachiale subite, qui 
avait duré trois semaines. A un deuxième examen, la surdi- 
mutité datant alors de cinq semaines, on vit qu'il était survenu 
de l'anesthésie du palais, et le diagnostic de surdi mutité hysté- 
rique se trouva ainsi confirmé. On appliqua alors un courant 
faradique au larynx : le résultat fut un coup de pied et un cri, 
et à l'affirmation qu'il parlerait dorénavant, le patient répondit 
aussitôt, • oui, je le puis • et s'en retourna chez lui, parlant et 
entendant parfaitement. L'auteur fait observer que le mutisme 
hystérique, décrit par Charcot, est rarement associé à la sur- 
dité. 



9M ANALTftBS 

Contribution à la connaissance de la labyrinthite syphilitique, par 

Arthur af Forselles : (Finska lakaresallskapets handlingan^ 
XXXVI, 42, p. 856-863). 

Un homme, âgé de 22 ans, contracte la syphilis vers la fin du 
mois de janvier 1894. Le 3 août, il fut saisi subitement par un 
vertige et des vomissements violents. Plus de perceptions sub- 
jectives des sons ; Touîe commença à s'affaiblir à gauche. Vers 
la fin de la première semaine, la température monta à 39o. Amé- 
lioration, mais Touîe resta diminuée. L'acuité auditive à la 
mofttre était d'un mètre à droite, tandis qu'à gauche elle ne 
pouvait être entendue, même appliquée sur l'oreille externe ou 
sur la raastoïde. Pourtant la parole était perçue. Le temps de 1|l 
perception pour les sons élevés était diminué considérablement, 
celui pour les sons plus bas à un degré plus faible. Par le 
Weber, le diapason fut entendu à l'oreille droite (la meilleure). 
Accès fréquents de vertige. D'après de F., Taffection du labyrin- 
the était primitive, parce que les troubles de l'oreille moyenne 
pouvaient être exclus complètement. La violence extraordinaire 
du vertige indiqua que le point de départ de la maladie se 
trouvait dans les ampoules : de F. a observé plusieurs cas, où la 
difficulté de percevoir la conversation au téléphone a été le 
motif pour lequel les malades ont dû consulter un médecin. 

▲. F. EKICND. 

Ezfoliation de la cochlée, du vestibule et des canaux semi-circii- 
laires, par Goldstein, de Saint-Louis {Saint-Louis med, and 
8urg. journ,, n® 3, 1895). 

L'auteur rapporte l'histoire d'un enfant de 6 ans i/2, phtisique, 
ayant une suppuration ininterrompue depuis dix-huit mois et 
auquel on avait déjà fait une incision derrière Foreille pour un 
abcès mastoïdien. Paralysie faciale complète du côté (non indi- 
qué) affecté. Une large ouverture est faite dans l'os derrière le 
pavillon, et, quelques mois après, on retire plusieurs séquestres 
soit par le trajet fistuleux mastoïdien, soit par le conduit au- 
ditif lui-même. 

L'auteur insiste surtout sur la persistance de la faculté audi«- 
tive du côté affecté après l'enlèvement de la cochlée et des 
parties profondes du rocher. Une discussion intéressante a suivi 
cette présentation à la Société médicale de Saint-Louis. 

Toutefois, quelques objections peuvent être faites, notamment 



ANALYSB8 390 

Tabsence d*uQe description suffisante, dans Tobservation^ des 
séquestres présentés et le jeune âge du malade qui exclut Tidée 
de recherches précises et valables sur l'audition. Au point de 
vue bibliographique Tauteur en est resté au mémoire de Bezold 
et ne fait pas mention de la thèse de Bec (Lyon, 1894} qui 
contient une statistique beaucoup plus étendue. m. ls« 

Héoroie du labyrinthe, par Harby Friendbnwald. (New-York med. 
journ., 23 février 1895.) 

L'inflammation de l'apophyse mastoîde et de l'oreille iai#rjaa 
parait consécutive, dans ce fait, à une scarlatine. Les vertige» 
constituèrent le symptôme le plus net en faveur de ra£fection 
labyrinthique. Il n'y eut pas de paralysie faciale. On fit d'abord 
l'ouverture de l'apophyse mastoîde puis l'opération de Kuste 
(ablation de la paroi postérieure et supérieure du conduit audi- 
tif, curettage des parties cariées), sans diminuer la suppuration. 
Après trois ans et demi de soin, maintien de l'orifice fistuleux, 
lavages antiseptiques, le séquestre labyrinthique qui avait résisté 
à de n^ombreuses tentatives d'extraction finit par s'éliminer 
spontanément. a. f. plicqus. 

Des opérations systématiques dans le cas d'affections intra crft* 
niennes conséoutives aux suppurations de roreille.par M. Prit* 
GHARD, de Londres. {Arch. of otol.y n*" 1 et 2, 1894). 

M. Pritchard donne les conseils suivants : io Ouvrir complète* 
ment l'antre mastoïdien et explorer les cellules mastoïdiennes. 
2« Si on ne trouve pas de raison suffisante pour expliquer tous 
les symptômes, élargir l'ouverture crânienne de façon à pouvoir 
mettre à découvert les fosses moyenne et postérieure qu'on 
explorera avec une aiguille fine, au-dessus et au-dessous du 
sinus latéral. 3<^ Si Ton trouve des caillots dans le sinus, lier la 
veine jugulaire interne, ouvrir le sinus et le débarrasser de spii 
contenu. 4<^ Si Ton soupçonne un abcès cérébelleux, faire des 
ponctions exploratrices et évacuer le pus si on le découvre. 

Trois observations sont ajoutées pour démontrer la nécsssiM 
d'opérer avec cette systématisation de procédés. m. ls. 

Otite moyenne purulente ayant déterminé la carie du temporal, 
un abcès sous-dnremérien et la mort, l'apophyse étant restée 
intacte, par M. G. Reuling, de Baltimore. (Arch, of atoL, 
n" 1 et 2, 1894). 

Ce long titre indique suffisamment le contenu de l'article 



386 ANALYSES 

auquel est jointe une double iK^liogravure montrant la lésion 
osseuse. 

M. LS. 

Cas divers d'affeotione de Tapophyse mastoide, par Sghuiegelow, 
de Copenhague. (Arch. of oloL, n?* 1 et 2, 1894). 

Les trois observations rapportées sont fort intéressantes. 

Dans le premier cas il s'agit d'un homme de 22 ans qui avait 
eu une suppuration scarlatineuse à Tâge de 6 ans, et n'avait 
plus rien présenté depuis. A 19 ans, après une attaque de grippe, 
paralysie faciale à droite ; quelques mois après, douleurs vives 
dans Toreille et apparition dans le conduit d'une tumeur qu'on 
opère et qui récidive. 

11 entre à la clinique de TUniversité à Berlin avec sa paralysie 
faciale, une paralysie de l'hypoglosse avec hémiatrophie de la 
langue et une large tumeur dans le conduit ; il n'y a rien du 
côté de l'apophyse et il existe des ganglions hypertrophiés le 
long du cou. Un morceau de la tumeur est enlevé, examiné au 
microscope, considéré comme du sarcome, et le malade renvoyé 
comme inopérable. S. le voit en 1892 et se décide à Topérer pour 
soulager les douleurs et considérant d'ailleurs le cas comme dou- 
teux à cause de la longue durée de l'affection et de Tabsence de 
lésions du côté de la mastoide. Il ne s'agissait en réalité que 
d'une inflammation chronique avec dt»struction carieuse étendue 
du temporal, cholestéatome et productions polypeuses. Il est à 
noter qu'un examen microscopique des parties enlevées pouvait 
aussi faire croire à un sarcome. Guérison complète. 

Le second cas a trait à un enfant de 5 ans atteint d'otite 
moyenne suppurée chronique qui fut amené avec des signes de 
pyoémie et chez lequel, malgré l'absence de gonflement de la 
mastoide, il existait un cholestéatome de la portion pétreuse du 
temporal et de la fosse cérébrale moyenne. L'enfant présenta 
après l'opération une pneumonie suivie d'empyème qui fut 
opéré : les signes de pyoémie avaient amené l'auteur à faire 
également l'ouverture du sinus transverse. La guérison fut 
complète au bout de six mois. 

Le troisième cas était un sarcome de l'apophyse mastoïde 
chez un enfant de 8 ans ; l'opération amena un soulagement, 
mais le petit malade fut perdu de vue. 

M. LS. 



▲NALY8BS 387 

PercQBaion de l'apophyse mistolde, par 0. Rôrner et R. vos Wild, 
de Francfort-s-le-Mein. {Arch, of otol.^ n" 1 et 2, 1894). 

Ces auteurs disent que la percussion de Fapophyse mastoîde 
peut rendre des services en permettant de diagnostiquer une 
ostéite profonde ne se traduisant par aucun signe subjectif ou 
extérieur. A Tappui, ils rapportent un cas de carie diabétique 
récente où la percussion fut pratiquée pendant la narcose ; la 
percussion forte dénotait une matité absolue du côté malade 
alors que du côté sain on obtenait une résonnance osseuse or- 
dinaire, analogue à celle qu'on pouvait obtenir en un point 
quelconque du crâne où la peau avait la même épaisseur. 
Cette observation est accompagnée de réflexions sur la mastoïdite 
diabétique et sur la rapidité de son évolution. 

Chez un deuxième malade, atteint d'otite moyenne torpide, la 
percussion donnait le même son des deux côtés. Brusquement 
la matité apparut du côté gauche et la trépanation fit trouver 
une cavité pleine de pus, de granulations et de particule» os- 
seuses nécrosées. 

Les auteurs se sont assurés, par des expériences sur le cadavre, 
que ces différences de sonorité n'avaient rien à faire avec Tair 
contenu dans les cellules mastoïdiennes, mais seulement avec la 
lésion osseuse. 

Dans le même journal, Moos (Arch, of otoL, n** i et 2, 1894), 
conGrme l'importance de la percussion lorsque le résultat est 
positif : un résultat négatif ne prouve rien. Il rapporte un cas 
où Papophyse était nécrosée et où cependant il n'y avait pas de 
différence dans la résonnance. x. ls. 



II. — NEZ ET SINUS 

Sur les kystes séro-muqoenx de la 'portion interne de l'aile dn 
nés, par H. Knapp, de New-York {Arch. of otoL n®« 1 et 2, 
1894). 

La littérature est très pauvre sur ce sujet. Zuckerkandl, Me 
Bride, Chàtellier, Martin, Cartaz, Dunn, en ont observé des cas. 
Knapp en ajoute un nouveau, concernant une femme de 47 ans, 
chez laquelle il pratiqua l'extirpation par le procédé de DiefTen- 
bach avec guérison au bout de huit jours. 

L'origine et la pathogénie de ces kystes est obscure. Le pro- 



SM ANALTflBS 

nostic $^t fftvor^ble. Qufjki aa traîtement, il comporte trois pro- 
cédés. La parac^ntè^ç évacuatrice avec récidive presque £ataJe ; 
la destruction de la paroi interne du kyste, soit par la chaleur, 
soit par les agentc chimiques ; enfia, l'extirpation par le procédé 
de Rouge ou celui de Dieffenbach. Cette troisième méthode est 
plus sûre et donne des guérisons permanentes. h. ls. 

Mgne»tre avec dent cariée du plancher des fosses nasalaa» par 
H. Knap?, de New-York {Arch. of oioL, no» 1 et 2, 1894). 

€hez un enfant de 7 ans atteint de rhinite à gauche et d*ptite 
purulente afgué, Knapp enleva deux séquestres dont l'un conte- 
Bail la deuxième incisive gauche dont la couronne était bien 
formée et la racine cariée ; cette dent a paru retournée. Une 
Astuie permettait de passer de la cavité dans la bouche entre la 
première incisive et la canine. m. ls. 

Contribution à l'étude de la rhinite atrophique, par Mo|lf, de 
Wipterthur {Arch, of otoL, n» 4, 1894). 

L'auteur a examiné 80 cas à la clinique otologiqne de Bàle. Il 
résulte de ses recherches que le catarrhe nasal atrophique est 
plus fréquent chez la femme que chez Thomme et atteint surtout 
les jeunes sujets ; la fétidité s'observe dans 90 */o des cas. 

Il insiste sur la rareté des formes unilatérales, mais dit avoir 
trouvé, dans 18 cas sur 80, la coïncidence de la rhinite atro* 
phite et de la rhinite hypertrophiqne. Habituellement, la mu- 
queuse rhîiio-pharyngée est atteinte, mais il est beaucoup plus 
rare que celle du larynx et de la trachée soit prise. 

Les complications du côté des oreilles moyenne et interne 
sont fréquentes : 47 fois sur cent dans la statistique de Fauteur, 
ce qui est un chiffre plus élevé que celui qui est indiqué par la 
plupart des auteurs. Lorsque c'est Toreille moyenne qui est 
atteinte, la propagation se comprend facilement. Mais, d'autre 
part, la surdité nerveuse est relativement plus fréquente, malgré 
le jeune âge des sujets, ce qui ne peut guère être attribué qu'à 
des anomalies constitutionnelles. m. ls. 

De l'oiène, par Mbnoel (Médecine moderne , n* 34, 1893). 

On peut lire dans cet article une leçon complète et pratiqué 
4* l'étdt di» nàé coiinAiMaiiees sur l'ozèné. L'auteur y résume 



AHALTftlt Mf 

1m différmtt» théories eneore en pr6s6fic#, et termine bga tm^ 
Tail par «û diagnoatic précis et par rénaméi^tioii dés MitémMts 
actaellemeni eu usage l. bggbii. 



Rbamatlme dn aes, du pharyBz et d« laryas, par W. Fntm^tif' 
THAL (Codiiiianication à l'Académie dé ttédecine dé NéW* 
York, Medf. record, 16 février 1895). 

. F. rapporte une série d'observations de laryngites» de pharyn- 
gites avec douleurs souvent très vives, hypérémie, ulcérations 
même et semblant d'origine, soit rhumatismale, soit goutteuse. 
G^est Tétat général plutôt que Texamen local qui fait le diagnostic 
entre les deux diathèses. Il existe cependant des topbi assez ca- 
ractéristiques de la goutte laryngée. Les résultats du traitement 
par le salicylaCe de soude, la lithine, les alcalins, confirment le 
réle attribué au rhumatisme ou à la goutte dans Tinilammation 

locale. A. F. PLIGQUB. 

Traitement dat épiatazis. otites moyennes supporées produites 
par le tamponnement nasal, par V. Galbttk (//. Morg^gni^ 
16 mars 1895.) 

G. rapporte quatre cas où le tamponnement des fosses nasales 
avec la sonde de Belloc a produit des otites moyennes suppurées. 
Il regarde cette grave complication comme fréquente. Il croit 
que dans le traitement des épistaxis on doit préférer, soit les 
cautérisations au galvano-cautère, soit une canule tampon à 
chemise de caoutchouc insufflable. Le bi oxyde d'hydrogène a 
également réussi en injections de 150 à 200 grammes. Dans 
la pratique courante où ces moyens feraient défaut, on réussira 
presque toujours avec les injections sous-cutanées d'ergotine, les 
irrigations nasales avec l'eau à 50^, le simple tamponnement 
antérieur. a. f. pligquv. 

Quelques instruments rhino-laryngologiqneB, par R. Botet (Ar^ 
, chivo$ Utinos de rinologia, 4« année, Ji9 46, p. 209, octobre 
' 1894). 

- B. décrit quelque» instruments qu'il a perfectioûnés, (fhtt" 
chant avant tout à les rendre simples et pratiques. 

1* Des galvano -cautères pour les cornets inférieurs, prt^tégdaF 
eu câté de la cloison par une large^ plaque dé terre réfraetsh'if. 

^2« Des galvano-cautère^ potfr la destruction 4^ médles im 



1 

I 



390 ANÀLT8BS 

chant6nrs, qui également offrent sur un de leurs côtés une petite' 
plaquette de terre réfractaire pour éviter la brûlure de la corde 
vocale opposée. B. préfère cautériser les nodules des chanteurs 
plutôt que de les enlever avec une pince coupante ; il les touche, 
en plusieurs séances successives, avec le couteau à peine rougi, 
sans nier cependant que ce ne soit là une des opérations les 
plus difficiles de la spécialité, presque « un tour de force ». 

3® Des couteaux à lame très courte pour inciser le septum sur 
un de ses côtés sans entamer la muqueuse de la face opposée : 
ils servent à Texécution du procédé opératoire recommandé par 
]*auteur pour le redressement des déviations verticales de la 
cloison. 

4^ Un spéculum nasal, se maintenant seul en place et fixé 
d*une manière originale à la lèvre supérieure du patient. 

b^ EnHn, divers porte-cotons simples et économiques, condi- 
tion essentielle pour que chaque malade puisse garder son ins- 
trument à lui spécialement destiné. m. l. 

Des corps étrangers du sinus maxillaire et en particulier de leur 
élimination par Thiatus semi-lunaire, par M. Goult {Arch. int. 
de lar. rhin. otol. Tome Vf II, n« i, p. 7, janvier-février 1895). 

La présence d'un corps étranger est, en général, assez bien, 
tolérée par la muqueuse pîtuitaire, mais retarde aussi considéra- 
blement la guérison de suppuration de ces cavités. 

Quand il s'agit d'une pièce de pansement, gaze ou ouate, il 
est facile de Textriiire à Taide d'une pince fine spéciale qui a 
donné plusieurs fois à G. les meilleurs résultats : elle est assez 
mince pour pouvoir être introduite dans le sinus par l'orifice 
alvéolaire sans gêner la vue. 

Quand il s'agit d'un corps dur et mobile, comme une canule 
métallique, le procédé le plus simple consiste à pratiquer des 
lavages forcés par l'orifice alvéolaire et à s^en contenter tant que 
ce corps ne produit pas de phénomènes inflammatoires sérieux,. 
Celui-ci peut être aussi projeté hors du nez. 

En résumé, la marche de la suppuration est notre meilleur 
guide au point de vue de l'énergie du traitement. Si elle ne tarit 
pas ou devient fétide, il faut chercher à. extraire le corps étran- 
ger par la voie alvéolaire avec des crochets, avec la pince déjà 
signalée, avec l'anse à polype du nez (Ziem) en variant la position 
du malade, en le renversant aussi bas que possible, pour que le. 
corps étranger s'arrête au niveau du plafond du sinus devMiu sa 



ANALYSES 391' 

partie la plus déclive, ou encore en le penchant du côté opposé 
pour que ce corps tende à pénétrer dans Thiatas semi-lunaire. 
Quand tous ces moyens ont échoué, une large ouverture par 
la fosse canine s'impose, elle permet, en même temps que 
Textraction du corps étranger, le curettage énergique de la ca- 
vité pour guérir une suppuration jusque-là rebelle. m. l. 

De la prothèse dans le traitement des fistules ohimrgioales du 
ainns maxillaire, par G. de Marion {Arch. intern, delar.rhin, 
oioL Tome VIII, n« 1, p. 15, janvier-février 1895). 

Pour obturer les fistules chirurgicales du sinus maxillaire, ou 
recommande généralement d'y introduire soit une sonde, soit 
i;n tampon d'ouate. 

Mais la sonde a pour défaut son extrême mobilité : son poids 
la fait aisément tomber dans la bouche. 

Les tampons d'ouate ont des inconvénients plus grands : 
souillés par les liquides buccaux et les aliments, ils deviennent 
rapidement septiques : et, de plus, ils peuvent facilement péné- 
trer dans le sinus maxillaire, y jouer le rôle de corps étranger 
et entretenir indéfiniment la suppuration. 

L*auteur préfère les appareils prothétiques. C'est un pièce 
dentaire partielle, qui sera munie d'une sonde pénétrant dans le 
trajet fistuleux. Cette sonde est obstruée par un mandrin, sup~ 
porté lui-même par une dent artificielle qu'il suffit de détacher 
de la pièce pour déboucher la canule et permettre le lavage du 
sinus. Ainsi, toute communication est supprimée entre la 
bouche et le sinus, et l'appareil assure la fixation de Tobtura- 
teur. 

Et quand on voudra tenter l'obturation de la fistule, il suffira 
de supprimer la bande qui pénètre dans la cavité du sinus ; 
l'appareil ne sera plus alors qu'une simple pièce dentaire, en- 
core suffisante pourtant, pour obstruer hermétiquement le 
trajet. m. l. 

Tumeur de l'orbite par dilatation du sinus ethmoldal, par 
RoHMER. (Soc. française d'ophtalmologie, séance du 7 mai 
1895). 

1* La distension du sinus ethmoldal se traduira, avant son 
ouverture, par une saillie du côté de la paroi interne de l'orbite, 
saillie qui peut être plus ou moins sensible, voire même doulou- 



39t AlfALTSKS 

tenée, qui peut acquérir le votnme d*ane noisette on éavantâge, 
et ie prolonger le long de la paroi interne de Torbite jusque 
fers le fond de la cavité ; à la rignenr, nne pression Tigonrense 
dn doigt permettra de sentir la crépitation parcheminée, ce 
qui, joint aux signes sniTants, autorisera à éliminer Fidée de 
tumeur vraie de Torbite. 

2? L'œdème du voisinage siégera surtout sur la paupière infé- 
rieure, et vers les régions malaire et temporale, à cause de la 
compression de la veine ophtalmique, qui, après avoir suivi la 
paroi interne de Torbite, traverse la fente sphénoîdale pour se 
jeter dans Is sinus caverneux. 

3^ Les lésions par inflammation de voisinage ou par compres- 
sion du nerf optique seront très tardives en cas de maladie des 
sinus ethmoïdal et frontal, tandis qu'elles apparaîtront relative- 
ment vite quand il s'agira d'une distension du sinus sphénoîdal 
(Panas). La saillie de la paroi ethmolde de Torbite aura simple- 
ment pour effet de repousser Toeil en masse vers l'angle inféro- 
externe de la cavité orbitaire, tandis que le nerf optique sera 
longtemps épargné, et Tacuité visuelle restera longtemps relati- 
vement bonne. Ajoutons aussi que les accidents méningitiques, 
ainsi que les inflammations du sinus caverneux et de la veine 
ophtalmique, seront beaucoup plus fréquents aussi en cas de 
lésions des cavités du sphénoïde. 

4» L'ouverture large du côté de Torbite, aidée encore, s'il est 
nécessaire, du cathétérisme nasal, trancheront la question et 
permettront de préciser davantage la localisation des lésiouf. 



m. — BOUCHE ET PHARYNX 

De la papilliie linguale, par Baratoux {ArcK. Utinoi de rinôL 
Ur. otol. Année YI, n« 50, page 37). 

B. confirme les recherches de Duplaix sur l'existence d'une 
êlfféction douloureuse des bords et de la pointer de la langue, 
dNie à um érosion de» papilles Hliformés : toutefois, coâtraive- 
ment à cet auteur, il admet que la maladie soit aussi fréquente 
chez l'homme que chez la femme. L'affection guérit par la cau- 
térisation galvanique. Mais, au lieu de faire, à l'exemple de Du. 
I>laix, une cautérisation ponctuée sur chacune d'es papilles ma- 
lades, B. se contente de promener à plat le couteatf gsdvano- 



ANALYSES 393 

caustique sur toutes les parties douloureuses préalablement 
cocaînisées. La maladie n'est pas à Tabri des récidives. Un assez 
grand nombre des malades restent guéris : mais il en est 
d'autres qui ont des poussées assez fréquentes exigeant de nou- 
velles cautérisations.. m. l. 

Examen bactériologique de la diphtérie dans les âtats-Unis, par 
Welch William H. {Ann. Journ. med. se. 1894, p. 427 ; in Arch, 
of pedialric9, février 1895). 

i. La direction sanitaire de New- York a examiné dans cette 
ville tous les cas suspects de diphtérie, sauf de rares exceptions. 
Dans l'espace d'un an, jusqu'au 4 mai 1894, il a été fait des cul- 
tures de 5,611 cas. 

2. Dans New- York et Boston, 58 1/2 «/o étaient reconnus 
comme de la diphthérie vraie ; parmi les croups 80 <>/o de diphthé- 
riques, 14 ^jo démontrés non diphthériques ; 15 cas de rhinite 
ûbrineuse et 4 de diphtérie nasale isolée contenaient le bacille 
diphtéritique. 

3. Diverses formes d'angines simples, d'amygdalites folliculai- 
res présentèrent de la diphthérie typique. 

4. L'auteur décrit bien des localisations rares du bacille diph- 
thérique : oreille moyenne, plaies, ulcères, abcès, poumons, val- 
vules cardiaques ; distribution dans les organes des individus 
humains et des animaux autopsiés. 

5. Parmi les raicroorganismes associés, il y a surtout le 
streptococqae» le staphylococque, le diplococque lancéolé. 

6. Les angines de la scarlatine sont en général streplococci- 
ques ; dans un milieu favorable, la diphthérie vient les compliquer 
souvent ; 4 cas de diphthérie dans la fièvre typhoïde. 

7. La pseudo diphthérie (angine et laryngite pseudo-membra- 
neuse sans bacille de la diphthérie) est le plus souvent causée par 
le streptococcus pyogenes, mais aussi parfois par d'autres mi- 
crobes. Sur 408 cas, il y a eu une mortalité de 1,7 % en ville, et 
jusqu'à 25 Vo à l'hôpital : due surtout à quelque complication : 
broncho-pneumonie, laryngite, scarlatine. 

8. Sur 752 cas, les bacilles disparurent 325 fois, trois jours 
après la disparition des fausses membranes ; de 5 à 7 jours, 
201 cas ; 12 jours, 84 cas ; 15 jours, 69 cas ; 21 jours, 57 cas; 
28 jours, 11 cas; cinq semaines, cinq cas; enfin, une fois des ba- 
cilles virulents furent trouvés sept semaines après la disparition 
de l'exsudat. 

ANNALES DES KALADIKS X>I l'oRBILLE ET DU LARYNX. — X7U. 26 



394 ANALYSES 

9. Dans les familles où Fisolement n*a pas été pratiqué, on a 
constaté des bacilles chez la moitié des sujets sains ; 40 <*/« de 
ces sujets porteurs de bacilles furent atteints de diphthérie ulté- 
rieurement. En cas d*isotement, le bacille ne se trouTe que chez 
iO Vo des personnes de l'entourage. 

40. Sur 330 personnes qui n'avaient pas eu de rapports avec 
des dip.ithériqiies, 8 possidaîent des bacilles Tirulents, deux 
furent atteints de diphtérie ; 2i autres possédaient un bacille 
morphologiquement identique à celui de Lôffler, identique 
aussi au point de vue des cultures, mais absolument dépourvu de 
virulence. Le bacille pseudo-diphlhérique se retrouva 27 fois ; il 
ne faut pas confondre ce dernier avec celui dont il vient d*étre 
question ; le bacille pseudo-diphthérique diffère du vrai par les 
cultures, la ressemblance est superGcielie, tandis que, dans un 
certain nombre de cas, le bacille dépourvu de toute virulence 
est bien celui de Lfofler. m. n. w. 



Considérations sur la pharyngite granuleuse, par E. J. Moubs. 
(Bulletin médical, 20 février iSd^.) 

L'auteur, montrant l'exagération dans laquelle étaient tombés 
nos prédécesseurs, admet que Ton peut, sans Teffacer complète- 
ment, donner un cadre plus modeste à la pharyngite granuleuse. 
Bien souvent, chez les enfants, le pharynx est granuleux et ne 
donne lieu à aucun des signes classiques de celte affection ; 
d'autre part, chez des malades se plaignant de sensations de 
brûlures, d'enrouements passagers, de hemming avec expulsion 
de mucus grisâtre, opale et perlé, on ne trouve à Texamen du 
pharynx aucune trace de granulations. 

Dans la grande majorité des cas la granulation est elle-même 
un symptôme, une conséquence de rinihimmation du naso- 
pharynx, des fosses nasales, ou de tout l'arrière-gorge. 

Après l'anatomie et la pathologie de Tamygdale uaso*pharyn- 
gienne et de Tamygdale linguale, les études de ces dernières 
années nous ont fait connaître des agglomérations de follicules 
lymphatiques souvent isolés, quelquefois confluents, occupant 
soit L>s parties médianes, soit les portions latérales du pharynx 
buccal, en arrière des piliers postérieurs, soit les côtés de la 
langue en dehors du V lingual, à l'union du pilier antérieur du 
voile palatin et de la langue. 

Dans le premier cas, on voit en arrière des piliers postérieurs» 



ANALT8B8 S95 

quelques saillies isolées ou un bourrelet inégal, oblong, s'éten- 
dant en général des bords postérieurs des trompes d'Eustache^ 
pour se terminer vers l'épiglotte, et recouverts par une muqueuse 
turgescente plus ou moins rouge. 

Le second groupe de granulations, distinct de Tamygdale 
linguale, siège à Tunion du pilier antérieur avec la langue. Leur 
hypertrophie plus ou moins accentuée donne, par le frottement 
continuel de cette surface hérissée contre les parois du pharynx, 
la sensation de picotement, de brûlure, de corps étranger. 

Traitement. En Tabsence d'inflammations causales qu'il faut 
traiter d*abord, donner la préférence à la médication de Mandl : 
gargarismos et badigeonnages avec la solution d'iode dans la 
glycérine. 

Action plus rapide obtenue par cautérisation du centre de la 
granulation avec une perle de nitrate d'argent on par badigeon- 
nages de solutions iodées au i/3 ou au 1/5 après raclage des 
saillies granuleuses. 

Plus énergique et plus efficace la cautérisation galvanique en 
surface, dont il faut espacer les séances d'au moins 15 jours. 

Traitement consécutif émollient, traitement thermal appro- 
prié. L. EGGER 

Reproduction du tissu lympholde dans le pharynx, par E. Hopkins. 
(Académie de médecine de New-York, N. F. med. journ., 
26 janvier 1895). 

H. cite de nombreux faits de récidives de végétations adénoïdes 
du pharynx. 11 y a eu dans certains cas jusqu'à trois récidives. 
Aussi faut-il faire quelque réserve sur le résultat éloigné de 
l'opération. 

La fréquence des récidives pourra être diminuée : 1® en pra- 
tiquant une ablation précoce et complète, faite après aneslbésie 
chez les enfants de moins de quinze ans ; 2° en insistant sur le 
traitement général (sirop d'iodure de fer, traitement de la 
goutte, de la tuberculose, de la syphilis possibles) continué long- 
temps après l'intervention ; 3° en veillant aux conditions hygié- 
niques (chambres à coucher petites, mal aérées, passage d'ap- 
partements trop chauffés à l'air froid, irritations diverses pou- 
vant congestionner le pharynx). 

J. Wright, tout en insistant sur la nécessité d'une ablation 
complète, montre qu'une destruction trop étendue et trop pro- 
fonde de la flbro-muqueuse qui supporte les végétations peut 



396' ANALTSB8 

amener des accidents graves. 11 montre le r61e de certaines in- 
flammations post-opératoires dans la récidive, de la tuber- 
culose, de la syphilis, de la transformation en tumeur maligne. 

W. Simpson croit qu'au cours de la première opération il est 
souvent difficile d'apprécier si Tablation est absolument com- 
plète. Une seconde opération est assez fréquemment nécessaire 
mais après celle-ci les récidives sont rares. 

G. Myles a rarement vu les récidives après l'opération pen- 
dant Tanesthésie. 11 n'a jamais vu ces récidives produire da 
troubles fonctionnels sérieux. 

Goakley a vu une saillie insignifiante laissée au cours d'ane 
opération grossir considérablement en moins de six mois. 

Gleitsmann croit la récidive rare après l'opération radicale 
sous l'anesthésie, mais recommande de suivre toujours le ma- 
lade pendant plusieurs mois. 

F. Ghappell examine la gorge quelques semaines après Topé^ 
ration et touche les points suspects au nitrate d'argent. Il n'a 
eu que peu de récidive. 

J. Quinlan signale comme cause de récidive l'obstruction on 
l'atrésie de la partie antérieure des fosses nasales. 

E. Newcomb admet le rôle de cette atrésie. Le grattage du 
pharynx après l'opération avec le doigt entouré de gaze iodo- 
formée lui a paru un très bon moyen. 

F. Me Kernon dit que certaines récidives sont absolument 
inexplicables. 

Bryson Deiavan signale quelques faits rares de guérison com- 
plète après une opération partielle. Il recommande Fopération 
radicale avec aneslhésie. Il ne croit pas que l'hémorrhagie soit 
plus à craindre dans les opérations pour récidive. 

A. F. PLICQUE. 

De l'ablation des amygdales hypertrophiées avec l'anse électro- 
thermique, par LicHTWiTZ, de Bordeaux (Médecine moderne ^ 
1893, n<»»9 et 10). 

Dans une première partie de son travail, l'auteur fait le procès 
des différentes méthodes en usage : bistouri, ciseaux, pince cou- 
pante, amygdalotome, auxquelles on reproche surtout les 
hémorrhagies. L'ignipuncture^ au moyen du thermocautère, ou 
mieux, du galvanocautère, ainsi que l'éleclrolyse, exigent un 
trop grand nombre de séances espacées, et sont moins bien to- 
lérées par les malades. 



ANALYSES 897 

Reste donc 1 anse électrothermique ^ opération peu douloureuse 
et ayant comme gros avantage de ne pas produire d'hémorrha- 
gie. Le délaissement dans lequel était tombée cette méthode, 
alors que Ton ne pouvait compter sur les courants inconstants 
fournis par les piles, n*a plus sa raison d'être avec les accumu- 
lateurs que nous possédons actuellement, et qui nous per-* 
mettent d'enlever les amygdales hypertrophiées de n'importe 
quel volume et de n'importe quelle structure dans un espace de 
temps qui ne doit pas être supérieur à deux ou quatre secondes. 
Ce temps est assez long pour que Thémostase se produise, et il 
est assez court pour qu*il n'y ait pas de rayonnement de chaleur 
trop intense dans les tissus profonds et voisins. 

Après avoir énuméré les suites de l'opération, qui sont ordi« 
nairement insignifiantes, Lichtwitz continue son article de 
vulgarisation en donnant des conseils pratiques et précis sur 
les instruments à employer, et la manière d'opérer. 

10 Intensité du courant. — Huit ampères pour un fil de fer de 
1/3 de millimètres d'épaisseur. Pour les amygdales très grosses 
et qu'on suppose fibreuses, on augmentera l'intensité jusqu'à 
dix ampères. 

2* Anse ; métal k employer. ~ Le fil d'acier qui sert pour les 
cordes à piano, monté sur le porte-anse simple, et de 1/3 de 
millimètre de diamètre. 

3* Les porte-fils. — Que les pennes soient assez grosses et 
suffisamment isolées pour qu'elles ne s'échauffent pas. 

i° Manches. — Longueur suffisante pour pouvoir serrer jus- 
qu'au haut une anse qui, déployée, a 18 centimètres de long. 
Contacts de l'interrupteur larges. Cordons de gros diamètre. 

5« Source électrique : accumula teurs^ courants formés par des 
dynamos. — Avec deux accumulateurs montés en tension placés 
assez près de l'opérateur, on obtient l'intensité suffisante. 

Enfin, l'auteur termine en reproduisant la photographie de 
l'installation dont il se sert. l. egger. 

De l'angine granuleuse, par Mendbl {Médecine moderne, n« 17, 
1895). 

Leçon très intéressante par sa clarté et sa concision, leçon 
complète par sa description soignée et surtout par son traite- 
ment. L'auteur y examine tous les traitements mis en usage, et 
indique la manière de les pratiquer. l. egger. 



398 INDBX B1BLIO0RAPHIQUB 



INDEX BIBU06RAPHIQUE 



FRANCE 



Oreille. 



M. Lannois. Nécrose et élimination spontanée d'un limaçon avec 
conservation apparente d'un certain degré d'audition (Soc. des se. 
méd. de Lyon ; in Lyon méd.^ 8 septembre 1893;. 

David et Estor. Mycosis de l'oreille {Aroh, de méd, et chir, milit, 
septembre iS^S). 

A, Brooa. Traitement des abcès encéphaliques consécutifs aux 
suppurations de l'oreille (Gas. hebd. de méd, et chir.f 23 septembre 

i8y;5). 

Aslanian. Carie du rocher ; paralysie faciale ; otite moyenne chro- 
nique tuberculeuse {Marseille méd., n« 14, 1893). 

Collet. L'otologie et la laryngologie dans les cliniques de Vienne 
(Province méd., n<» 36, 1893). 

Lubet-Barbon. Otite moyenne suppurée, carie de la paroi interne 
de la caisse, paralysie faciale. Opération de Stacke. Mort. Autopsie. 
{A7'ch. int. de lar. rhin, et otol., septembre-octobre 1893;. 

P. Bonnier. Le vertige brightique {Ann. de m,éd. scient, et prat.^ 

11 et 18 octobre 1893). 

G. Nimier. Traitement chirurgical de l'otite moyenne suppuréd 
chronique [Gas, hebd. de méd. et ohir.^ 14 octobre 1893j. 

Gellé. Un point de physiologie de l'é trier (Comptas rendus hebd. 
des séances de la Soc. de biol. de Paris, 27 octobre 1893). 

F. Marais. Hématome spontané du pavillon de l'oreille {Année 
méd. de Ca-en, 15 octobre 1893). 

C. Delstanche. Nouvelle méthode d'extraction du marteau (Rev. 
i7it. de rhin. otol. et lar.^ 25 octobre 1893). 

G. Bédart. Auto-observation d'un cas d'otite moyenne aigué. Pa- 
racentèse du tympan. Guérison. {Rev, int. de rhin. otol. et lar., 
25 octoDre 1893). 

là. Couëtouz. Examen de l'audition au conseil de révision (Soc. de 
méd. de Nantes, 23 octobre ; in Gaz. méd. de Nantes, 12 novembre 

1893). 

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l'oreille chez un lapin (Soc. des se. méd. de Lyon ; in Lyon méd.^ 

12 novembre 1893). 

A. F. Plioque. Surdité et syphilis {Gas. des hôp,, 14 novembre 

1893). 

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Lacoarret. Corp» étranger dd l'oreille {Ann, de la policUn, de 
Toulouse^ octobre 1893). 

Lavrand. Empyème de Tantre mastoïdien droit; abcès sous- pé- 
rioste ; perioration spontanée de la table osseuse {Journ, des ec. 
méd, de Lille, no 45, 1893). 

M^^* N. Astier. Observation Pur un cas d'audition colorée {Gaz* 
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méd. de Reims, 18 octobre ; in Union méd. du Nord-Est, décembre 
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ini. de lar, rhin. oioL, novembre-décembre 1893J. 

E. Deschamps. Deux cas de surdité syphilitique profonde (Compte 
rendu des séances de la soc. de méd. et chir. de 1 Isère, 20 octobre 
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A. Courtade. Rupture par effort du conduit auditif externe. Hé- 
morrbagie persistante fBull. et mém. de la soc. de lar. otol. et rhin. 
de Paris, novembre-décembre 1893). 

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mouches dans le conduit et dans la caisse du tympan {Reo, méd. de 
VEst, 1« février 1894). 

Grellé. Sur l'acuité auditive et la portée de l'ouïe ((Comptes rendus 
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Brunelle. Otite moyenne suppurée dans le typhus exanthématique 
(Bull. méd. du Nord, n» 24, 1893). 

Garnault. Les maladies infectieuses dans leurs rapports avec les 
maladies de l'oreille {Semaine méd., n*> 1, 1894). 

E. J. Moure. De l'extraction des osselets dans l'otorrhée {Journ. 
de méd. de Bordeaux, n<* 53. 1893). 

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méd., 14 février 1894). 

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10 janvier ; in Union méd. du Nord-Est, février 1894). 



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Tuffier et Tucker. Trois abcès centraux à streptocoques consé- 
cutilsà une otite moyenne. Trois trépanations suivies de succès tem- 

Îtoraires, méningite suppurée. Mort. (Bull, de la soc, anat. de Paris, 
àsc. 7, mars-avril 1894). 

T« Bec. De la nécrose du labyrinthe et en particulier du limaçon 
(Thèse de Lyon, avril 1894). 

Coyne. Du sourd-muet et de son éducation (Arch. clin, de Bor- 
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402 . NOOVBLLBS 

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F. Schiffers. Traumatisme de l'oreille {Eev. int, de rhin. otol. et 
lar., 25 mars 1891). 

Delsauz. Un cas de syphilis du labyrinthe {Rev. int. de rhin. otol. 
et lar . 25 mars 1894). 

Délie. Trois obseiyalions d'olorrhées chroniques avec complication 
de carie {Rev. int, de rhin. otol. et lar.^ 25 mars 1894). 

Noquet. Polype volumineux de l'oreille droite (Rev. int. de rhin. 
otol. et lar., 10 avril 1894). 

Hamon du Fougeray. Règles à suivre dans l'ouverture des abcès 
mastoïdiens (Soc. franc, d'otol. et lar. Paris, 30 avril 1894). 

Grelet. Contribution à l'étude de l'anesthësie par le bromure 
d'éthyle, ses applications en oto-laryngologie (Tlièse de Paris, juin 
1894). 



N0UVELLE8 



Congrès International d'Otolpgie. 

(Florence, 23-26 septembre 1895.) 

Rapports, 

1. Le traitement des abcès intra-crftniens à la suite des affections 
purulentes de l'oreille, par T. Barr (Glasgow). 

2. Le traitement général dans les maladies de Toreille, par Gbllk 
(Paris). ^ 

3. Lb traitement général dans les otites internes, par G. Gradbmoo 
(Turin). ^ 

4. Eut actuel de l'anatomie pathologique du labyrinthe, par 
A. PoLiTZEH (Vienne). 

5. Sur la physiologie de l'oreille moyenne, par C. Shochi (Bologne). 

Com munieations . 

ANATOMIB NORMALE, ANATOMIB PATHOLOOIQUE 

6. Arslan (Padouc). — Contribution à l'étude des tumeurs adénoïdes. 

7. Chuigini (Rome). -* Méthode de section anatomique du temporal 
avec démonstration de pièces anatoroiqaes. 



1 

i 

i 



N0UVBLLB8 403 

8. GozzoLiNO (Naples). -* Recherches anatomo-pathologiqaes et bac- 
tériologiques sur les fosses nasales, la cavité pharyngienne et l'oreille 
moyenne des nourrissons et nouveau-nés. i*'* série d'observations. 
Considérations hygiéniques, cliniques et thérapeutiques. 

9. CozzouNO (Naples). — Présentation d'un atlas photographique et 
stéréoscopique d'anatomie normale et pathologique des cavités naso- 
pharyngiennes et auriculaires, d'après nature, destiné à l'enseigne- 
ment. 

10. CozzoLiNO (Naples). — Présentation d'un atlas de 10 planches à 
l'aquarelle d'embryologie et d'anatomie normale, avec application à 
la physiologie des appareils auditifs, naso-pharyngé et pharyngo-buccal, 
destiné k l'enseignement. 

11. Haug (Munich). -^ Démonstration de préparations microsco- 
piques, anatomo-pathologiques. 

12. Hauo (Munich). ^ Présentation de préparations microscopiques 
de myringoplastje. 

13. PoLiTzsa (Vienne), —f Démonstration de pièces anatomiques. 



PHYSIOLOGIB BT MÊTR0DB8 D'SZPLOBATION 

14. BouGHKRON (Paris). — Sur la réfraction des ondes de la parole à 
travers les os du crâne. 

15 Chiucini (Rome). — Recherches expérimentales sur le minimum 
d'audition, selon i'àge. 

16. CozzoLiNO (Naples). — La manométrie nasale en rapport avec la 
manomélrie auriculaire. Conclusions avec démonstrations. 

17. Grazzi (Florence). <— Considérations sur les résultats de l'expé- 
rience de Weber et de Masini. 

18. Hauo (Munich). — Résultat de recherches expérimentales sur les 
transplantations. 

19. Lannois (Lyon). <— Sur le cérumen. 

20. Okunspf (Saint-Pétersbourg). — L'auscultation de l'apophyse 
mastolde dans les cas de sdérosd. 

21. Ottolbnohi (Sienne). -^ La sensibilité et la situation juridique 
des soui'ds-muets. 

22. DB RoALDÈs (Nouvelle-Orléans). — Note préliminaire sur les 
particulités otologiques des nègres. 



PATflOLOCIB BT THÂRAPEUTIOUB 

23. AasLAN (Padoue). — Un cas d'hématome du conduit auditif 
externe. 

24. AvoLBDO (Milan). — Quels sont les résultats donnés jusqu'ici par 
la chirurgie intra-tympanique dans le traitement des otiles suppu- 
rées. 

25. Baratoux (Paris). — Diagnostic et traitement de l'ankylose des 
08selet.<« ; sa guéri son. 

26. BoTBY (Barcelone). — Traitement de l'otite sèche et principale- 
ment de l'ankylose de la base de l'étrier par des injections mtra-tym- 
paniques d'acide lactique. 

27. BoTEY (Barcelone). — Traitement des bourdonnements et de 
quelques affections labyrinthiques par la paracentèse de la membrane 
ronde, suivie d'aspiration. 

28. Bribobr (Breslau). — Sur l'ostéite primitive de l'apophyse maa* 
tolde. 



404 NOUYBLUn 

29. BaoNNsa (Bradford). — Massage local dans le traitemenl de 
l'eczéma chroniqoe de l'oreille externe. 

^. BuaNETT (Philadelphie). •* Prophylaxie de l'empyème mastoï- 
dien. 

31. CoosEMANs (Bmxelles). — Un cas de corne du pavillon. 

32. CoBBADi (Vérone;. — Sur les perforations iranmatiques du 
tympan. 

33. CozzoLiNO ^Naples). — Sur les progrès de la chirurgie otoîatriqne 
radicale des cavités moyennes de l'oreille et du conduit auditif externe. 
Oilique. nouvelles indications et méthode de l'auteur pour ouvrir 
l'antre de l'apophyse mastolde, avec démonstrations. 

34. D'Aguanno (Palerme). — Sur la paracousie de Willis. 

25. Dbl«tanche (Bruxelles). — Quelques mots sur l'emploi de la vase- 
line liquide dans le traitement des aflections de l'oreille moyenne. 

36. Prsrxbi (Rome). — Sur les altérations séniles de Toreille 
moyenne. 

37. Flatao (Berlin). — Sur la guérison d'anciennes perforations du 
tympan. 

35. Oarzia (Naples). — 1« Influence de la syphilis sur certaines affec- 
tions auriculaires. 2« Exostose pédonculée de l'oreille externe. 

39. Gbadbnioo (Turin). -^ Contribution à la chirurgie endo-cr&nienne 
des complications olitiques ; abcès cérébraux, thrombose, etc. 

40. Grazzi (Florence;. — Sur un cas de surdité complète à la suite 
d'une méningite aiguë par diplococcus de Fr&nkel avec présentation 
de la malade. 

41. Hartmann (Berlin). — Sur les progrès modernes du traitement 
des otorrhées. 

42. Uauo (Munich). -* Sur une nouvelle disposition des lambeaux 
dans l'opération radicale des otites moyennes chroniques purulentes. 

43. Hbiman (Varsovie). — !• Statistique des maladies d'oreilles. 
2' Un ca^ d'abcès cérébelleux d'origine otique. 

44. LicHTwiTZ (Bordeaux). — Complications des empyèmes des cavi* 
tés accessoires du nez. 

45. Lu BET- Barbon. -^ Sur les mastoïdites ; rapports de l'anatomie et 
de la pathoio^'ie. 

46. Macnauohton Jones (Londres). — Rapports de l'hypertrophie 
des cornets avec la surdité, et en particulier de l'ablation aes cornets. 

45. Mbnikkb (Paris). — Emploi de bougies en gomme dans le traite- 
ment des affections de la trompe et de la caisse. 

48. MouRB (Bordeaux). — Polypes de l'oreille et hémorrbagies. 

49. Sexton (New- York;. — Remarques sur la chirurgie de l'oreille 
moyenne. 

w. Strazza (Gènes). — Cas importants d'affections cérébrales consé- 
cutives aux otites moyennes siippurées. 

51. Saint-Clair Thomson (Londres). — Sur l'antisepsie et les médi- 
cations intra-nasales. 

52. SuNB Y MoLisr (Barcelone). — Sur les blessures de Tapophyse 
mantolde produitt^s par des balles de fusil ou de revolver. 

53. SzBNEs (Budapest). — Sur les lésions traumatiques de Torgana 
de Touïe. 

54. Vbhdos (Barcelone). «— Troubles de l'oreille provoqués par lea 
détonations de dynamite. 



Présentations d'instruments. 



le traitement 



55. ÀBEtiY (Copenhague). — Nouvel instrument pour le 
«des affections oatarrhales aiguës et chroniques de 1 oreille moyenne. 

56. Dblstancbi (Bruxellesj. — Instruments. 



NOUVELLES 405 

57. RoYBT (Lyon). « Instrument permettant de mesurer exactement 
la sensibilité des sons musicaux avec quelques considérations sur les 
résultats obtenus. 

58. SuARBZ DE Mbndoza (Ângers). •— Instruments. 



I«a 67 réunion des naturalistes et médecins allemands. 

(Lobeck» i6«2i septembre.) 

SBGTXON D'aNATOMIB PATHOLOGIQUE KT DB PATHÔLOOIl OÉNiRALB 

Sur les modifications de la glande thyroïde dans la maladie de 
Basedow, par Lubasbch (Rostock). 

SBCnON DE MÂDEOINB INTBRNB 

Sur la maladie de Basedow, par Martius et Bbblin (Rostock). — 
Lee résultats du sérum antidiphthéri tique, parHBUBNEB (Berlin) e* 
SoLTMANN (Leipzig). 

8BCTI0N DB CHIRUROIB 

I. Inflammation des amygdales et amygdalotomie. —II. Ablation des 
cornets inférieurs, par Ribdel (léna). 

SECTION DE PEDZATRIB 

La durée de l'intubation dans des cas guéris par la sérumthérapie et 
actuellement, par Bokai (Budapest). —Sténoses cicatricielles consécu- 
tives k l'intubation, par Oalatti (Vienne). — Rapports du spasme 
glottique avec la tétanie, par Hausse (Berlin). — Sur la sérothéra- 
pie, par y. Rande (Munich). 

8BGTI0N DB NBUROLOOIE BT PSYGBUTILIB 

Sur la «urdité corticale, par A. Pick (Praj^e). 



SECTION D*0T0L001B 

Contribution à l'étiologie du cbolesléatome de l'oreille moyenne. 

Ear SiEBENMANN (Bâie). — O)mmunication par Gomperz (Vienne). — 
l'otologie d'Hippocrate, par Kœrner (Rostock). — Valeur des exer- 
cices acoustiques dans les cas de perte de Toule, par Trestbl f Berlin). — 
Communication, par 0. Bribobr (Breslau). — Le sesqui chlorure de 
fer en otiatrie, par Fisghbnïsch (Wiesbaden). — Démonstrations, par 
Steinbruoob (Gresien). 



.r»- 



406 



NOUVKLLBS 



SBCnON DE LARYNOOLOOIE BT RHINOLOOI* 

Symptômes et suites des hypertrophies amygdaliennes. pai 
(Hambourg). - Hydrorrhée nasale, par E. Fink ( Hambourg, -i 
tement chTrurgical des slénoses nazies. - 11. Renseignements ce 
sur la relation des affections nasales avec les maladies û yeux, 
lioralion et la gin^nson de ces dernières par le traitement de i ai 
nasale, par Wihcklbr (Brème). - Genèse et étiologie deshéraon 
pharyngionnes, par Rbthi (Vienne». - a. Sur 1 ozène Iracb 
remarques sur la genèse de l'ozène, b. Cacosmie subjective, c Ut 
trations, par Zarniko (Hambourg). —Communications, para.? 
(Vienne). — a. Traitement opératoire de Thypertrophie des c 
inférieurs. 6. Traitement opératoire des scolurea en lorme de o 
de la cloison nasale, c. Une l'orme inconnue Jusqu'ici de sténose i 
par MoLDBNHAUER ^Leipzig). 



La Société britannique de laryngologie, rhinologxe et (A* 
vient de constituer son bureau : Président : G. Stoker (Lonc 
vice-présidents : E. Law, Middlemass Hunt et W. Millioaw ; ÇJ 
métropolitain : W. Me Nkill Whistlbr, (ex-officier) Dundas G 
Mayo CoLLiBH. Wyatt Wingravb, 0. C; WiLKiN ; extramétr 
tain : J. M. E. Scatliff, J. Bark ; secrétaire honoraire : Peolb' 



Le 3» Congrès français de médecine interne aura lien à Nan 
commencement du mois d'août 18V6. 



La Mississipi Valley médical asâociation s'est réunie à DetroU 
3, 4, 5 et 6 septembre. Nous relevons au programme : 

Laryngites considérées au point de vue rhinologique, 
L. C Clixb (Indianapolisi. — Traitement des inflammations aigu^ 
Toreille moyenne et de l'apophyse uiastolde, par E. B. Dbnch (N 
York). — Excision des osselets de l'oreille, par R. G. Heflbbo\ 
(Cincinnati). — Observation de vertige labyrinthique, par H. M. Lash 
(Indianapolis). — Anomalies de l'oreille chez tes dégénérés, par 
F. Pkterson ^New-York). 



L'HApital pour les maladies des yeux et des oreilles de Pittsbnrg 
(Etats Unis) a ouvert ses portes le 1« juillet. Les médecins sont : 
D" J. E. WiLLBTTs, G. A. WisHAST, E. W. Dat, et E. G. Matson. 



Nous avons le regret d'annoncer la n 
à Certaldo le 21 juillet dt-rnier. Notr 
1 exercice de la sp^scialiié, par suite 



mort du D' Origènb Masini, décédé 
Notre confrère avait dû abandonner 

. , ^.. suite de la maladie qui, au bout de 

quelques années, vient de l'emporter. Nous adressons no« sincère» 
condoléances à son Irère, G. Masini, de Gênes. 



NOUVELLES V 407 

Le D*" Gbrbbr vient d'être nommé privât docent pour les maladies de 
la gorge, du nez et de Toreille à Kœnigsberg. 



Mon cher collègue, 

Vous ayez sans doute appris que V Index Medicus, cette merveilleuse 
publication bibliographique mMicale, ne paralb plus. 

Le dernier numéro qu'on trouve en librairie est celui d'avril 1895, 
qui remonte déjà à deux mois. 

J'ai l'intention de continuer, mais sur une base toute nouvelle, l'œuvre 
si admirable et si précieuse, commencée par la Bibliothèque des Mé- 
decins militaires Américains, et si bien organisée par le Prof. 
J. Billings. 

Mais, pour atteindre mon but, i'ai besoin du concours de tous, les 
souixes bibliographiques dont je dispose personnellement ne me per- 
mettant pas, tout en étant très considérables, de faire face à toutes 
les recherches nécessaires. 

Permettez-moi de penser que vous voudrez bien vous intéresser à ma 
tentative et contribuer à mon entreprise de la façon suivante : 

10 En m^adressant (comme nous le faisions tous jadis à V Index Me* 
dious)^ un exemplaire de tous les journaux d'ordre scientifique que 
vous publiez. 

2° En m 'envoyant un exemplaire de tous les ouvrages scientifiques 
qui sortent de votre maison. 

Cela pour me permettre d'établir rapidement un Index bibliogra' 
phique aussi complet que possible. 

D ailleurs, dans un journal spécial, qui portera le nom de La Bihîio^ 
graphie scientifique^ et qui paraîtra tous les trois mois, chaque livre 
envoyé sera annoncé, comme le faisait VIndex Medious, 

De plus, SI l'ouvrage nous est adressé en double exemplaire, il y sera 
analysé en 10 lignes, sans qu'il puisse y avoir le moindre oubli 
possible. 

Confiant dans votre dévouement pour tout ce qui touche à la Science 
et dans votre concours pour une telle œuvre, j ose croire, mon cher 
collègue, que vous ne voudrez pas la laisser s'établir sans y apporter 
votre pierre. 

Avec tous mes remerciements, 

Marcel BAUDOUIN, 

Secrétaire général de \' Âtêociation de la Preue Médicale, 
Ori^aniiateur da Comité international de la Presse âlédicalef 
Fondalenr de VInstitut internationj.1 de Bibliographie Médicale. 

14, Boulevard St-Germain. 



Vin db Cbassaino (Pepsine et diatase). Rapport favorable de l'Acadé- 
mie de médecine, mars 1864. Contre les affections des voies digestives. 

Bromubb de potassium oranuub de Fallièrbs. Approbation de l'Aca- 
demie de médecine, 1871. Contre les affections du système nerveux. Le 
flacon de 75 grammes est accompagné d'une cuillère mesurant 50 cen- 
tigrammes. 

Phosphatinb Faluèrks. Aliment très agréable, permettant, chez les 
jeunes enfants surtout, l'administration lacile du phosphate bicalcique 
assimilable. Une cuillerée contient 2S centigrammes de phosphate. 



408 OUVRAGES ENVOYÉS AUX ANNALES 

Poudre laxativk db yight. (Poudre de séné composée). Une caillerée 
à café délayée dans un peu d*eau, le soir en se couchant, èzeellefit re- 
mède contre la constipation. 

L'Eau db la Bourboulb est éminemment reconstituante. Elle réussit 
dans tous les cas de bronchite chronique. En outre, les maladies de la 
peau cèdent à son usage en boisson, surtout si Ton y joint les com- 
presses ou les lotions continuées avec persévérance. 

Grains db Cèbbr. Poudrb Manubl. Qranulbs fbrro-sulfurbusbs 
Tbomas. 

L'bau db Oublbr, Chatbl-Ouyon, tonique et laxative, relève les 
fonctions de Testomac et de l'intestin. 

Solution bt coMPRiicés Blangard. (Elxalgine). Contre la douleur et 
principalement la dysphagie tuberculeuse. 

(Voir la brochure du D' Désiré). 



OUVRAGES ENVOYÉS AUX ANNALES 



Recherches expérimentales sur le centre cortical du larynx, par 
J. Brobckabrt (Extrait de la Rev, de lar. otoL et rhin. 1895). 

I. Tumeurs syphilitiques du nez. — II. Épithéliome et endothéliome 
de l'oreille externe, par Kuhn ("ESxtrait des Verh der Deuts, Otol. 
Cresells. lena, 1895;. 

Contribution à la pathologie et au traitement des bruits objectifs de 
Toreille. par R. Ka.ysbr (Extrait des Verh. der Deuts. OtoL Geeell. 
lena, 1895). 

Sur le lupus de l'oreille externe semblant en relation avec la vacci- 
nation, par R. Kaysbr (Tirage à part des Verh. IV* Deuts. Der mat. 
Congrès, 1895). 

La mensuration exacte du passage de l'air à travers le nez, par 
R. Kayser (Tirage à part des Arohiv. fur Lar. Bd 111, h. 1 u. 2, 

1895). 

Des pressions centripètes (Epreuve de Gellé), Étude de séméiologie 
auriculaire, par G. GellA (Broch. de 152 pages, Soc. d'Édit. Scient. 
Paris, 1895). 

Fistule branchiale du cou guérie par l'électrolyse, par Lightwitz 
(Extrait des Arch. d'électricité méd. No 28, 15 août 1895). 

AngiAme du pharynx, par Lightwitz (Extrait de la Gar. hehd. des 
se. méd. de Bordeaux, n« 14, 7 avril 1895). 

1^ sérumtbérapie et le tubage du larvnx dans les croups diphthéri- 
tiques, par A. Cuaillou (Broch. de 120 pages, Rueff et O* éditeurs, 
Paris, 1895). 



Le Gérant : G. Masson. 

8«int-Ainattd (Cher). — Imprimerie DESTENAY, Bc^siBat Frftret, saeeeetevt. 



Tome XXI. ~ JH" 11. — Novembre 1895. 



MÉMOIRES ORIGINAUX 



I 
TROIS CAS D'EMPYKME DU SINUS FRONTAL 

par ■. RIPAULT, interne des Hùpilauz. 

Nous avons eu récemnient l'occasion d'opérer dans le service 
de notre excellent maître, M. le D*" Gouguenheim, trois cas de 
sinusite frontale ; ce sont les observations de ces malades que 
nous présentons ici, nous permettant de les accompagner de 
quelques réflexions que ces faits nous ont suggérées. 

DBS. I. — Fr. employé, 44 ans. 

Dans les antécédents héréditaires, nous relevons ce fait que 
la mère est morte avec une fistule occupant le rebord orbitaire 
droit. 

Notre malade se fit enlever un polype nasal dans la narine 
droite à l'âge de 35 ans ; ce polype récidiva et fut opéré plusieurs 
fois ; obstruction nasale, céphalées intermittentes ; il y a 4 ans 
le malade observa qu'il mouchait du pus, non fétide. 

Le 19 novembre 4893, il fut pris brusquement de plusieurs 
crises nerveuses consécutives, avec convulsions, surtout du côté 
droit du corps ; son médecin traitant le considéra comme 
épileptique, et le soumit, sans grands résultats, à la médication 
bromurée. 

Les crises le reprirent ensuite à diverses reprises ; il avait en 
même temps des vertiges, et, suivant son dire, marchait dans la 
rue comme un homme ivre, au point qu'il n'osait sortir. 

11 se fit alors soigner dans une clinique, où on lui extirpa» des 
morceaux de chair, » qui le firent beaucoup saigner, et soula- 
gèrent ses maux de tête. 

Le 25 décembre 94, il fut pris d'une crise si violente qu'il en 
perdit connaissance pendant plus de 2 heures ; les vertiges et les 
douleurs le décidèrent alors à venir consulter à Lariboisière. 

ANNALES DES MALADIES DE L 'OREILLE ET DU LARYNX. — XXl. 27 



410 H. RIPAULT 

A Texamen, nous trouvâmes du pus en abondance dans le méat 
moyen, à Ja rhinoscopie antérieure et postérieure ; des masses 
poiypoïdes, fongueuses, remplissaient en partie ce méat; leur 
extirpation à l'anse et à la curette ne procura au malade qu'un 
soulagement médiocre. 

A l'éclairage électrique,nous observâmes à droite une obscurité 
très évidente ; mais rien dans la région du sinus frontal, quelque 
soin que nous mimes à cette recherche ; la région sus orbitaire, 
d'apparence normale, était, d'autre part, indolore à la pression et 
à la percussion. 

Cependant, plusieurs fois le malade avait observé une lourdeur 
et une faiblesse de la paupière supérieure, qui s'était accompa- 
gnée d'une entlure ayant rapidement disparu sans laisser de 
trace. 

La première molaire droite cariée est extraite ; à Taide du per- 
forateur de M. Gouguenheim nous pénétrons dans le sinus et 
évacuons du pus en assez grande abondance. 

Mais, fait très curieux, le malade, doué d'une sensibilité toute 
spéciale de son maxillaire, ne put supporter le port d'aucune 
canule; il la retira et l'orifice se referma. 

Nous lui fîmes alors, sur sa demande, l'ouverture canine et 
curettàmes le sinus qui fut bourré à la gaze iodoformée ; au bout 
d'un mois, aucune trace de suppuration, nous laissons la fistule 
he fermer. 

Mais il existait toujours du pus dans le méat moyen et le 
malade se plaignait de névralgies frontales et de vertiges. 

Nous pratiquâmes alors une large trépanation par la paroi 
antérieure du sinus frontal ; à l'aide de curettes nous raclâmes 
toute la surface du sinus avec soin, fîmes une irrigation au 
sublimé, puis badigeonnAmes au chlorure de zinc à 1.10; le 
canal fronto nasal fut frictionné également avec la même solu- 
tion, puis un gros drain établit la communication entre les 
fosses nasales et la plaie extérieure. 

I/opération ne fut suivie d'aucune réaction ; au bout de 3 jours 
nous fîmes une irrigation dans le sinus par le drain ; Teau 
ressortit claire ; au bout de 10 jours nous retirâmes le drain, et 
18 jours ensuite le malade sortit, sans aucune trace de suppura- 
lion dans le méat moyen. 

Céphalées, vertiges et crises épileptiformes ont disparu ; et cet 
état excellent s'est maintenu depuis plusieurs mois ; le malade 
vient de repartir dans son pays. 



TROIS CAS D'EMPYÊME DU SINUS FRONTAL AU 

OBs. II. — Delaf. 66 ans, ménagère. 

Malade douée d'une excellente sanlé, mais depuis nombre 
d'années sujette à de violentes migraines, surtout prononc(?es à 
droite ; pas de coryzas. 

H y a 2 ans environ, les maux de lêle s'accrurent; l'œii 
s'injecta ; la paupière supérieure s'œdémalia ; l'œil était en 
même temps plus saillant, la vision se supprima peu à peu. 

Un abcès s'ouvrit un jour, puis se ferma rapidement. Une 
nouvelle poussée fut suivie d'un nouvel écoulement de pus ; la 
léte resta endolorie. 

La malade vint alors nous trouver, se croyant atteinte d'une 
cataracte dont elle demandait à être opérée. 

A l'examen de la malade, nous ne trouvâmes pas de cataracte, 
mais une atrophie complète de la papille; nettement, en dehors, 
du milieu de Tarcade orbitaire, on pouvait voir un petit orifice 
adhérent à Fos, en cul de poule, par où ne suintait qu'un liquide 
séro purulent insignifiant ; le stylet s'arrêtait aussitôt sur l'os. ' 
Aucun écoulement nasal ; cornet et méat moyens normaux. 
En présence de la fistule, malgré son siège externe, et l'absence 
de tout signe nasal, malgré des réponses extrêmement confuses 
(l'histoire de la malade n'a été débrouillée que par un long et 
minutieux interrogatoire post- opératoire de M. Sellerier, externe 
du service] ; nous portâmes le diagnostic de sinusite frontale, et 
fîmes la trépanation antérieure. 

Nous tombâmes dans un sinus immense : Tcentiraèires trans- 
versalement sur 4 centimètres dans le sens antéro-postérieur, 
rempli de pus et surtout d'énormes masses fongueuses qui 
obstruaient évidemment le canal nasal et empêchaient les mani- 
festations nasales de la sinusite de se produire ; curettage très 
étendu par une large ouverture ; drainage, après friction éner- 
gique au chlorure de zinc. 

Fait intéressant, sur la paroi inférieure existait une perle de 
substance arrondie, du diamètre d'une pièce de oO centimes; et 
malgré la présence de ce pus et de ces fongosités au contact du 
tissu cellulaire de l'orbite, pas de phlegmon orbitaire depuis 
plusieurs mois ; il s'était créé à ce niveau un amas de tissu cica- 
triciel qui isolait le sinus, largement ouvert, du contenu de 
l'orbite. 

Les suites de l'opération furent très bonnes ; mais il subsista 
pendant 5 semaines une suppuration appréciable ; nous en vînmes 
à bout cependant, et d'une façon complète, en faisant avec pré- 
caution des injections dans le sinus avec une solution de chlorure 



41S H. BIPAULT 

de zinc à 1/30, la malade penchant fortement la tête surTSpanle 
droite ; au bout de quelques minutes, une irrigation boriquée 
entraînait Texcès du caustique. Au bout de cinq semaines, la 
malade quittait Thôpital dans un état absolument satisfaisant; 
nous avons récemment appris par ses enfants que cet état s'était 
maintenu jusqu'à ce jour (fin août). 

oBs. in. — Pe. 57, manœuvre. » 

Ce malade, atteint depuis plusieurs mois d'une obstruction totale 
de la narine droite alla consulter dans une clinique où on l'opéra ; 
il négligea toute précaution, fut pris un beau jour de frissons 
intenses, souffrit atrocement du front, surtout à droite, moucha 
du pus en quantité ; puis un abcès se forma au grand angle de 
Tœil droit et s'ouvrit, laissant un trajet fistuleux. 

Au bout de 45 jours, Tétat général et Tétat local ne s'amélio- 
rant pas, il entra à Thôpital. 

Nous trouvâmes à Texamen la fosse nasale droite remplie par 
une tumeur assez ferme et vasculaire déjà morcelée, baignant 
dans le pus ; l'examen de quelques fragments retirés à Tanse 
montra à notre collègue Mignot qu'il s'agissait d'un sarcome. 

A Tangle interne de l'orbite existaient 2 fistules profondes, 
par lesquelles le stylet tombait sur un os dénudé ; le globe ocu- 
laire était en exorbitisme infero-externe très marqué ; la paupière 
supérieure énormément inliltrée. 

Température élevée, état général mauvais. 

La trépanation fut faite avec toute l'antisepsie possible ; drai- 
nage par le canal fronlo-nasal, et drainage orbitaire. 

La température tomba ; les douleurs diminuèrent considéra- 
blement ; la tuméfaction orbitaire s'affaissa en partie ; et nous 
concevions déjà quelque espoir quand, le o"« jour, la tempéra- 
ture monta brusquement à 40 environ ; le pouls s'accéléra, 
des vomissements et des convulsions apparurent ; le malade 
tomba dans le coma, et succomba le 17°^<^ jour qui suivit l'inter- 
vention. 

A l'autopsie on trouva le sinus droit en bon état ; le sinus 
gauche contenant une cuillère de pus qui avait fusé par une 
petite perforation de la cloison inter sinusienne, sans que rien 
n'indiquât la participation du second sinus à l'infection ; la paroi 
postérieure du sinus était saine ; mais Torbite infiltrée de pus 
jusqu'au trou optique ; sur la convexité du cerveau, une large 
nappe de pus, avec des exsudats méningitiques presque généra* 
lises sur tout le lobe fronto-pariétal. 



i 

I 



TROIS CAS D*BMPYÈME DD SINUS FRONTAL 443 

L'examen baclériologique du pus a été néglige, pour des cir- 
constaaces indépendantes de notre volonté. 



Réflexions sur les sinusites frontales, 

I. — Dans ces trois cas, la sinusite siégeait à droite ; il en a été 
constamment de même dans plusieurs autres cas observés soit 
dans le service de M. Gouguenheim, soit aux Quinze- Yingls ; 
des communications orales de M. Gellé et de quelques autres 
spécialistes, il résulte que la lésion siège presque constamment 
à droite ; les cas de sinusite frontale gauche sont relativement 
fort rares ; il y a évidemment là plus qu'une coïncidence ; le 
D"* Luc a déjà insisté sur ce fait très curieux. 

Toutes les fois donc où un écoulement purulent se fera par 
la narine droite, il faudra penser au sinus frontal, et se sou- 
venir que quand même le sinus maxillaire est atteint, le sinus 
frontal peut fort bien Têtre aussi ; cette recherche aura une 
importance moindre pour la narine gauche. 

Toutes les fois où un malade se plaindra de migraines, de 
névralgies du côté droit de la face, dont la cause échappera, il 
faudra porter ses investigations vers le sinus frontal. 

II. — Nous avons insisté sur les vertiges et crises épilepti- 
formes accompagnant certaines sinusites frontales, et cessant 
radicalement après le traitement ; ce sont là, croyons-nous, des 
symptômes assez peu habituels. 

La pression énergique sur la région du sinus^ surtout sur sa 
paroi inférieure, a constamment éveillé de la douleur ou tout 
au moins une sensibilité marquée dans tous les casd'empyème 
où nous l'avons recherchée avec insistance ; la déformation 
apparente, même à Texamen comparatif , nous a semblé par 
contre peu fréquente, même sur la paroi orbi taire. 

L'éclairage par transparence avec une toute petite lampe, 
contrairement à ce que nous avons vu souvent pour les sinusites 
maxillaires, ne nous a pas fourni le moindre renseignement 
utile. 

Dans la plupart des sinusites frontales, le pus siège dans la 
partie antérieure du méat moyen. Chez le malade I, après lavage 



\ 



414 H. RIPADLT 

du sinus maxillaire, nous trouvions toujours du pus par la 
rhinoscopie anlérieure, et point par la rhinoscopie postérieure 
quoique l'écoulement fût abondant. 

Nous avons fait la même remarque pour un autre malade, 
une jeune femme que M. le D' Mandelstamm avait amenés à la 
clinique pour la faire opérer. 

Peut-être ce détail de rhinoscopie pourra-l-il rendre quelque 
service dans un cas de diagnostic différentiel embarrassant 
pour le point de départ exact de la suppuration ; ceci est 
d'ailleurs un peu en rapport avec la direction des oslia des deux 
sinus. 

III. — Lorsque nous avons vu la fistule orbitaire de la malade 
II, malgré son siège nettement externe, et l'indolence à peu 
près complète de la région sinusale, nullement déformée d'autre 
part, nous avons pensé aussitôt au sinus frontal, ayant 
récemment observé un malade opéré par M. leD' Kalt dans des 
circonstances identiques, et sans que le diagnostic exact ait pu 
être posé. 

Le sinus s'étend souvent jusqu'à Tangle externe de l'orbite ; 
on doit donc s'attendre à trouver des fistules tout le long de 
l'arcade. 

Nous avons enfin observé un autre cas identique dans le 
service de notre excellent chef, M. le D' Cheval lereau. 

Chez les trois malades dont il vient d'être question ; mani- 
festations orbitaires, actuelles ou passées ; manifestations na* 
sales absolument nulles ; pas d'écoulement de pus à aucun 
moment ; cornets et méats irréprochables. Il existe des sinu- 
sites orbitaires, relevant de l'oculiste, comme il existe des 
sinusites purement nasales, relevant du rhinologiste ; les 
premières méritent le nom de sinusites fermées, car c*est l'obs- 
truction du canal fronto-nasal qui est la cause de l'éclosion 
des accidents orbitaires et oculaires. 

Un autre signe oculaire que nous signalons dans l'observa- 
tion I, et que nous a indiqué également un opéré de M. le 
D*" Ghevallereau, est un œdème passager de la paupière supé- 
rieure droite, absolument indolore d'ailleurs, et qui, coïncidant 
avec quelques douleurs névralgiques de la région, nous parait 
indiquer une inflammation sinusienne. 



TROIS CAS D'£MPYÊM£ DD SINUS FRONTAL 415 

Dans notre observation II, notons ici Tatrophie papillaire / 
complète par compression. 

Tous ces faits prennent de l'importance, quand ils siègent 
dans le pôle supérieur de Torbite droite, et en perdent quand ^ 
ils occupent Torbite gauche. ^ 

'Le phlegmon peut fort bien exister par simple périostile, \ 
sans qu'il existe de solution de continuité de l'os. 

Aussi, lorsqu'ayant ouvert un phlegmon orbilaire suspect 
d'être d'origine sinusienne, on tombera sur le plafond de l'orbite 
dénudé, mais sans fistule, ne devra-l-on jamais hésiter à faire 
au moins une petite trépanation exploratrice dans le sinus; 
persuadé que bien souvent elle fera cesser à jamais les accidents. 

Nous avons ainsi vu un malade à qui on incisa à trois 
reprises la paupière supérieure, pour des phlegmons d'appa- 
rence idiopathiques ; à la troisième on ouvrit et curetia le 
sinus ; le malade guérit. 

IV. — A propos de l'observation 111, relevons la cause de 
rinfection du sinus : un traumatisme opératoire pour lequel 
les précautions consécutives n'avaient pas été prises, comme 
elles doivent l'être toujours. 

Le malade n'avait rien présenté au point de vue symptoma- 
tique, avant l'intervention, qui pût faire penser à une sinusite, 
même latente. 

La communication qui s'était établie entre les 2 sinus est 
aussi un fait qui nous a frappé. ËuGn la méningite suppurée 
qui a enlevé le malade ne paraît pas due à une infection de 
voisinage, mais bien plutôt à une propagation infectieuse de 
Torbite vers les sinus méningés ; la plaque de méningite 
suppurée siégeait au niveau du sinus longitudinal supérieur. 

M. le Prof. Panas a récemment appelé l'attention sur un cas 
où la marche des accidents avait été analogue. 

Toutes les fois donc où il existera un foyer orbitaire, il 
devra être largement ouvert et drainé ; mais on se défiera des 
injections qui diffuseraient facilement les éléments infectieux 
dans le tissu si lèche qui occupe la loge postérieure de l'orbite. 

V. — Au point de vue thérapeutique, il nous a semblé 
résulter des divers cas observés et suivis à Lariboisière et aux 
Quinze-Vingts, et d'après l'expérience de nos chefs que l'incision 



416 H. BIPAULT 

devra être faile de préférence sur la paroi antérieure, immé- 
diaiement au niveau de la bosse frontale, et au dessus de 
l'arcade, très peu en dehors de la région in ter sourcilière. 

L'ouverture du sinus ne doit pas craindre d'être large, et 
comme l'enseigne M. le D' Luc, de se compliquer d'une résec- 
tion de la paroi antérieure, de façon à voir dans tout son sinus, 
et à Tatteindre en tous les coins les plus reculés. 

La cicatrice consécutive n*est que médiocrement disgracieuse, 
à condition de bien respecter le bord même de l'orbite, qu'il 
est d'ailleurs toujours inutile de léser. 

L'ouverture de l'os étant faite largement, il faut curetter ; 
mais, pour obtenir un résultat sérieux, ne pas se borner à gratter 
des fongosités qu'on voit souvent assez mal, mais détruire abso- 
lument par le raclage toute la fibro-muqueuse, envahie dans la 
profondeur de ses couches, et ne s'arrêter que lorsqu'on sent 
partout une surface bien lisse et résistante. La curette doit 
atteindre méthodiquement Tune après l'autre les trois parois, 
et surtout ne pas oublier les angles et l'extrémité : le sommet 
du sinus, où on laisse facilement des fongosités. 

Il est également d'importance capitale de gratter l'orifice du 
canal fronto-nasal et tout son pourtour ; car là surtout^ ainsi 
qu'on Ta constaté par le toucher, siègent les altérations les 
plus profondes. Ce curettage est le temps important, le seul 
temps délicat de l'opération ; aussi faut-il y constater un temps 
suffisamment prolongé pour ne rien laisser, autant que possi- 
ble, sous peine de récidive rapide. 

Un des avantages de l'ouverture large est de permettre 
l'introduction directe du doigt qui, seul, peut reconnaître l'état 
des pai*ois et montrer quels sont les points qui ont été trop 
faiblement atteints. 

Le curettage doit non pas modifier, terme trop élastique, 
mais détruire la fibro-muqueuse, et lui permettre, si on accepte 
l'expression, de faire peau neuve. 

Après le curettage méthodique et bien complet, irrigation 
pour nettoyer le sinus, puis badigeonnages avec la solution de 
chlorure de zinc pour détruire sur place ce qui a échappé au 
raclage ; il faut enfin s'occuper du canal fronto-nasal, et faire 
passer dans les fosses nasales un long drain, aussi gros que 



TROIS CAS D'BMPYÈMB DU SINUS FRONTAL 417 

possible, sur lequel on établira des trous rapprochés pour per- 
mettre facilement aux injections de pénétrer dans le sinus 
pour ressortir sans difficultés par le nez. Le drainage du sinus 
est presque toujours une condition nécessaire pour obtenir et 
affirmer la guérison radicale. Une autre précaution est de tra- 
verser le drain avec une épingle de sûreté ; faute de quoi le 
drain peut élre attiré soit en avant, quand on enlève le panse- 
ment, soit par en bas, par un malade inaltentif. 

Nous insisterons une fois de plus sur ce fait important, que 
le curettage énergique, nous n'avons pas dit brutal, du sinus 
n'est pas suivi d'une réaction intense comme on pourrait le 
croire; jamais, sur un certain nombre d'opérations, pas plus 
pour le sinus frontal que pour le siuus maxillaire par la fosse 
caniue, nous ne Tavons observé. 

L'antisepsie, le drainage, de larges irrigations tièdes après 
le curettage mettent généralement à Tabri de ces complications. 

Les irrigations doivent être faites avec l'eau bouillie, ou tout 
au plus le sublimé très étendu ; car on a pu observer avec 
Tusage d'antiseptiques un peu actifs des irritations doulou- 
reuses et prolongées de la conjonctive et de la muqueuse du 
naso-pharynx dont il importe d'être prévenu ; comme panse- 
ment, on préférera la gaze passée à l'étuve ; la gaze salolée en 
particulier, provoquant de temps en temps sur la peau des 
paupières des éruptions accompagnées de suintement et de 
démangeaisons extrémemen t désagréables au malade et pou- 
vant même n'être pas sans inconvénients pour le résultat opé- 
ratoire. 

Après l'opération, si le malade ne souffre pas, et si la tempé- 
rature est satisfaisante, on attend plusieurs jours avant de lever 
le premier pansement ; on fait alors une irrigation douce et 
prudente par le drain avec l'eau bouillie ou boriquée ; si l'eau 
ressort claire, on n'insiste pas, on cesse l'injection, on replace 
le pansement. 

Deux à trois jours après, même manière de faire ; et on 
espacç de plus en plus ; si, au bout de douze à quinze jours, le 
tube ne donne pas passage à la suppuration, on le retire fran- 
chement. 

Si le lavage entraîne du pus, il faut alors laver le sinus tous 



418 H. RIPAULT 

les jours abondamment et ne retirer le drain que la suppura- 
lion une fois tarie, depuis plusieurs jours au moins. 

Quand la suppuration menace de se prolonger, on peut 
essayer dans le sinus des injections modilicatrices ; le malade 
penchant la t«^te sur le côté pour conserver le liquide le plus 
longtemps possible ; ces injections peuvent être répétées deux 
à trois fois par semaine. 

Il est utile de tenir le nez dans un éiat de propreté aussi 
complet que possible, ce qu'on fera par des injections biquoti- 
diennes à l'eau boriquée ou naphlolée faible, et même des 
insufflations médicamenteuses. 

11 est nécessaire, avant de faire le lavage par le drain, de bien 
débarrasser les fosses nasales de leurs sécrétions, pour ne pas 
confondre avec ces dernières celles venant du sinus, et prati- 
quer des irrigations inutiles. 

Si, au bout de quelques semaines, la suppuration n'est pasà 
peu près complètement tarie ou en voie d'amélioration notable, 
on conseillera au malade une deuxième intervention complétant 
la première, plutôt que de le soumettre pendant de longs mois 
à des irrigations dont le résultat est toujours incertain. 

En résumé, pensons-nous, traitement sec et pas de lavages, 
s'il n'y a pas de suppuration ; laisser la 6bro-niuqueuse se 
reformer; irrigations abondantes, tièdes, mais jamais avec 
des antiseptiques irritants, s'il existe encore de la suppura- 
tion ; injections modificatrices seulement quand les injections 
ne donnent pas de résultat sensible et rapide ; réintervention 
enfin comme dernière ressource quand ces moyens sont insuf- 
fisants pour arriver au but. 

Après laguérison, tenir les fosses nasales dans un étal de 
propreté, d'asepsie aussi parfait que faire ce peut. 



II 



UN CAS DE PAPILLOME CONFLUENT DES FOSSES 

NASALES 

Par ■. MFAVIiT, interne des hôpitaux. 



Le nommé Piz. Eug. 36 ans, se présente à la consultation de 
M. le D' Gougnenheim, le 24 juin dernier, pour une obstruction 
de la narine droite. 

Le début de l'affection remonte à 4 ans environ ; au dire du 
malade, il existait un petit bouton à l'entrée de la narine ; celui-ci 
fut écorché plusieurs fois, et c'est à la suite de ces grattages 
répétés que se serait développée la tumeur qui nous occupe. A 
rinspection directe, en relevant légèrement le lobule, on trouve 
la narine absolument obstruée par une tumeur solide, d'un gris 
rosé, d'aspect mamelonné ; ferme au toucher, saignant facilement 
au contact du stylet qui la pénètre aisément ; par l'examen, on 
constate que cette tumeur framboisée est formée par un grand 
nombre de lobes isolés dont les uns (le plus grand nombre) 
s'insèrent sur la cloison, les autres sur le plancher, et sur toute 
la surface des téguments internes de Taile du nez. 

La tumeur est très médiocrement sensible, et ne détermine 
d'autre trouble fonctionnel que ceux inhérant à l'obstruction 
totale d'une narine ; celle-ci est de plus manifestement dé- 
fermée ; pas d^épistaxis. 

L'examen rhinoscopique de l'autre narine^ l'examen de la 
gorge et du rhino-pharynx ne montrent rien d'anormal ; pas de 
papillômes, ni verrues en aucune région. 

Aucun antécédent ; bonne santé générale. 

Avec l'autorisation de M. le D^ Gouguenheim, nous enlevons 
avec la curette tranchante la tumeur qui se morcelé avec la 
plus grande facilité, en saignant assez abondamment ; nous 
raclons avec soin les points d'implantation de cette tumeur qui 



420 H. RtPAULT 

s'insère sur tout le pourtour de l'ouverture de la narine jusqu'à 
une profondeur de deux centimètres environ, et même sur la tète 
du cornet inférieur, absolument normal d'ailleurs. Vu retendue 
de l'implantation, nous ne pratiquons pas de cautérisation ignée ; 
et nous nous bornons à des frictions assez énergiques avec une 
solution forte diacide lactique. L'examen histologique a montré 
la structure du papillôme. 
Jusqu'ici, pas trace de récidive. 

Cette observation nous a semblé intéressante par la rareté 
des tumeurs de ce genre dans les fosses nasales, le volume 
considérable, et le siège de celle-ci tout à fait en avant, en 
plein vestibule, et non aux dépens de la muqueuse des cor- 
nets. 



III 

SYNDROME DE MÉNIÈRE GUÉRI PAR LA PILOCARPINE 

Par A. IjBHIRIBY, interne des hôpitaux. 



Plusieurs observations ont signalé l'heureuse influence de la 
pilocarpine sur l'évolution des vertiges, des bourdonnements 
et de la surdité liés aux affections de l'oreille interne. Le fait 
suivant n'ajoutera donc aucune donnée nouvelle. Si nous le 
faisons connaître malgré sa complexité, c'est que les cas sem- 
blables sont, en somme, assez rares, et qu'il concorde avec les 
faits publiés antérieurement, ce qui lui donne une signification 
plus nette. 

ObservatiOiN.— -.l/i/^cë</e/i/«.— Notre malade est un homme de 
29 ans, employé de commerce, appartenant à nne famille où 
les afTections auriculaires ne sont pas inconnues : sa mère a eu, 
à droite, une perforation du tympan accompagnée de douleurs 
très vives ; . à gauche des bourdonnements et des vertiges, qui 
durent encore et n'ont été accompagnés d'aucun écoulement 
d oreille. Un de ses frères a eu une otorrhée à droite, datant de 
douze années et qui paraît tarie depuis deux ou trois ans. 

D'aspect assez chétif, notre malade a le passé de ceux qu'on 
appelait, il y a quelques années encore, des scrofuleux : il a eu 
dans son enfance des « maux d'yeux, » et des écrouelles dont il 
porte la trace. 

En 1885, à l'âge de 20 ans, il eut les oreillons ; et, à en juger» 
par quelques symptômes qu'il présenta vers cette époque, il 
pourrait bien avoir été atteint de pleurésie. Toujours est-il qu'il 
fut envoyé au bord de la mer avec le diagnostic d'anémie, fut 
soumis au traitement arsenical, et devint sujet, à partir de ce 
moment, à des douleurs siégeant dans le côté droit de la poi- 
trine. 



422 À. LBMARISY 

Depuis 12 années^ son oreille gauche est le siège d'une otorrhée 
peu abondante, survenue brusquement, el dont la cause serait, 
d'après lui, un traumatisme (*?} (il recul une boule de neige sur 
roreille gauche ) Jamais il n'éprouva de vertiges. 

Les comn^mormtîfe ne laisseiti supposer aucune infection 
syphilitique. 

Il est très sujet aux coryzas, tousse un peu et expectore» sur- 
tout le matin, quelques crachats muqueux, grisâtres. Il mèmuae 
vie régulière, mange beaucoup, et malgré cela a beaucoup maigri 
depuis deux ou trois ans. 

Si nous mettons en regard de ces antécédents et de ces 
symptômes de mauvais aloi, certains signes que nous révèle 
l'exploration de la poitrine (percussion douloureuse au sommet 
droit, s'aocompagnant d'expiration prolongée et de tendance k 
la submatité), et Taugmentation des chlorures que nous indique 
le dosage de Turine, nous nous croyons autorisé à admettre que 
notre malade est un tuberculeux au début. 

Ici prend place Tépisode qui doit faire Tobjet principal de 
cette observation. 

Maladie actuel le. — Le 46 janvier 189n, vers le milieu de la 
journée, en quittant la table, et sans aucun prodrome, \e malade 
fut subitement pris de vomissements, et rendit son déjeuner. 
Le vomissement était à peine terminé qu'il éprouva de violents 
vertiges, accompagnés de bourdonnements. Il voyait tous les 
objets qui l'entouraient animés d'un rapide mouvement de rota- 
tion dans le sens vertical, « absolument comme si on Tavait 
fait pirouetter, en le prenant par les pieds. » En même temps 
que ces symptômes se produisent, il devient sourd. Mais, fait 
capital, il ne perdit point connaissance. 

Les jours suivants ces phénomènes persistent, quoique avec 
une intensité moindre, et gardent les mêmes caractères. 

Les vertiges disparaissent quand le malade s'assied ou se 
couche, mais ils reviennent dès qu'il fait le moindre mouvement 
ou qu'il essaie de se lever. La présence de ces vertiges qui ne 
permettent ni la sortie au grand air, ni même la simple station 
à l'intérieur des appartements, et sont si violents que le malade 
tomberait s'il ne s'asseyait immédiatement, cette présence rend 
la vie insupportable au malade. 

Les bourdonuemenLs ressemblent au bruit d'une machine à 
vapeur, ils ne quittent pas le malade un seul instant. 

Ces symptômes résistent au bromure de potassium, que près* 
crit un médecin, et amènent, six jours après leur début, le 



SYNDROME DB MÉNIÊRE GUÉRI PAR LA PILOCARPINE 423 

malade à la cliniqae de MM. Lermoyoz et Helme, où 1 on constate 
l'état suivant. 

Oreille gauche. La luoutre n'est entendue qu'an contact. Le 
Rinne est négatif. Le Weber latéralisé à gauche. La membrane 
du tympan est détruite en partie. Le marteau est horizontal. Le 
fond de la caisse est rempli de muco-pus. 

Oreille droite. La montre est entendue à 35 centimètres. Le 
Rinne est positif. La membrane, un peu eofoncée» est opaque et 
dépolie. Le Siègle fait consiaier le ramollissement du quadrant 
postéro-supérieur et la complète immobilité du marteau. 
Ankylose des osselets. 

Nez. A droite et à gauche, se rencontre un léger degré de 
rhinite chronique avec des traces de muco-pus. 

Un Pharynx peu rouge ; la rhinoscopie postérieure montre 
de la pharyngite chronique supérieure. 

11 s'agissait en résumé : à gauche d'une vieille otorrhée ; à 
droite d'une ankylose des osselets, accompagnée de troubles 
vertigineux. Les injections sous cutanées de pilocarptne furent 
conseillées. 

Mais alors commença pour le malade, qui ne pouvait se sou- 
mettre chez lui à ce traitement coûteux, une longue semaine de 
pérégrinations à travers les h^)pitaux. Il recueillit des ordonnan- 
ces, entendit beaucoup de paroles d'encouragement, et.... revint 
à la clinique, toujours poursuivi par ses bourdonnements, tou- 
jours chancelant comme un homme ivre au bras de la personne 
qui raccompagne, et n'entendant pas davantage. De la clinique 
il fut adressé à l'hôpital Beaujon, où il entra le 31 janvier, dans 
le service de M. Gombault, salle Louis, n° 6. 

Le lendemain, 1" février, je commençai le traitement par la 
pilocarpiue, suivant les indications de M. Lermoyez. Je lis usage 
d'une solution de gr. 10 centigr. de nitrate de pilocarpine dans 
10 gr. d'eau distillée. L'injection était laite chaque matin, à jeun. 
Le malade gardait le lit pendant l'injection et tant que durait la 
crise sudorale, c'est-à-dire environ deux heures. Je commençai 
par 0,004 milligr., et augmentai de 0,001 milligr. tous les deux 
jours. 

Outre les effets ordinaires de toute prise de pilocarpine sur 
la sialorrhée, qui fut assez marquée, sur la sudation qui fut 
minime et sur la diurèse (en moyenne trois litres d'urine par 
jour), j'observai bientôt une amélioration réelle dans l'état du 
malade. Pendant les huit premiers jours de traitement les ver- 
tiges diminuèrent d'une façon très notable; le malade pouvait 



> .V 



< 



424 LSMARIEY 

^i'asseoir et même rester debout pi^ndant un certain temps. Les 
bourdonnements s'améliorèrent parallèlement, et le malade dé- 
clara qu'il entendait mieux. 

Le 10 février son état s'est tellement amélioré qu'il peut aller 
prendre Tair sur la terrasse. Cette prouesse lui valut, il est vrai, 
une attaque de vertige et de bourdonnements, pendant laquelle 
il faillit tomber. Mais ce jour-là et les jours suivants il put se 
passer d'aide et se promener dehors, en ayunt soin de ne pas 
trop s'écarter des murs et de s'appuyer sur une canne. 

Le lii février, c'est-à dire exactement 15 jours après le début 
du traitement, il va et vient dans la salle, et n'éprouve une ébau* 
che de vertige que s'il tourne trop rapidement sur lui-même. En 
dehors des appartements, la tête lui tourne encore un peu de 
temps en temps ; mais il ne s'agit que de sensations vertigi- 
neuses très légères et extrêmement fugaces. 

Les bourdonnements ont également à peu près disparu. 

Le 17 février, je cesse toute injection. 

L'état continue à s'améliorer. 

Le 20 février, l'acuité auditive qui élait, à droite, avant tout 
traitement, de 0,3» centimètres est montée à 1 mètre. 

Je n'observai pendant le durée du traitement aucune influence 
désavantageuse sur le pouls, ni sur le cœur ; la température 
resta normale. 

Le malade s'étant plaint d'une fétidité prononcée de son urine, 
je fis examiner cette urine en détail, par le phurniacien du service, 
M. Rousselet. L'examen ne révéla d'autre particularité qu'une 
réaction neutre et l'excès de chlorures (qui atteignaient, 17 gr. 50 
dans les 24 heures). 

Les dernières injections déterminèrent une légère douleur 
dans la cuisse, dont le malade se plaignait encore deux mois 
plus tard. 

Il quitta l'hôpital le 2 mars, n'ayant plus trace de vertiges, ni 
de bourdonnements. L'acuité auditive était à droite de ",75 cen- 
timètres, le Weber toujours latéralisé à gauche, et le Rinne 
positif à droite (2o secondes). 

Depuis sa sortie je l'ai revu plusieurs fois, soit k Beaujon, soit 
à la clinique. 

Le 8 mars, il nous apprit que, quatre jours auparavant, il 
avait eu de légers bourdonnements dans l'oreille droite, sans 
vertiges. 

Le 11 mars, l'acuité auditive du côté droit n'avait pas baissé, 
les vertiges et les bourdonnements n'avaient pas reparu. 



J 



SYNBRCMB DB MÉmÊRB GUÉRI PAR LA PILOCARPINE 42t> 

Son état était satisfaisant, lorsque, le 21 mars, il revint à la 
clinique, racontant que, la veille après le déjeuner, vers une 
heure, il fut repris tout à coup de vertiges, de bourdonnements 
et de nausées, en même temps que Taudition baissait. Les ver- 
tiges duraient de vingt à vingt- cinq minutes et n'empêchaient 
pas la marche. Le malade se plaignait en outre d'une sensation 
indéfinissable de vacuité dans la tête qu'il avait présentée à plu* 
sieurs reprises déjà, et sur laquelle il est revenu plusieurs fois 
avec insistance. Enfin il accusait de la douleur au niveau de 
Tapophyse mastoïde gauche. On reconnaît efîeclivemont les 
symptômes d'une mastoïdite légère gauche, et le malade entre 
pour la deuxième fois à Beaujon. Des lavages à Teau bouillie 
tiède sont pratiqués toutes les trois heures dans Foreille gauche, 
et chaque lavage est suivi d'une instillation de glycérine phéni- 
quée au vingtième. Le malade prend par jour de gr. 7a centt» 
grammes à 1 gramme de sulfate de quinine, et garde le repos 
au lit. Pendant ce second séjour il ne présenta que des sensa- 
tions vertigineuses légères et fugaces, et des bourdonnements 
assez persistants. 

Le malade sortait au bout de huit jours sans bourdonnements 
ni vertiges. 

11 n'éprouva aucun malaise jusqu'au commencement du mois 
de mai. Mais à cette époque, pendant un séjour de huit jours 
qu'il fit à Bruxelles, il fut pris à peu près tous les jours de 
violents vertiges. Ces vertiges revenaient à peu près à la même 
heure, c'est-à-dire de 4 à 5 heures du soir : il semblait au 
malade que (c sa tête pesait cent kilos », et l'entraînait à droite. 
11 tombait effectivement et toujours du côté droit. Cette fois ci 
il perdait connaissance pendant une ou deux secondes, restait à 
terre immobile, et puis revenait à lui. Tout le reste de la journée, 
il était bien portant, allait et venait sans encombre. Dès qu'il 
ressentit les atteintes de son mal, il se remit au sulfate de 
quinine (Ogr. 50 centigrammes à i gramme par jour) et tout dis- 
parut en moins de huit jours. 

Je l'ai revu pour la dernière fois le 12 juin. Depuis son retour 
de Bruxelles, il n'a eu ni vertiges, ni bourdonnements. L'audi- 
tion est à droite, de '",90 et la voix basse (chiffres) entendue à 
3™, 2d. Son état est satisfaisant. 

En résumé, le malade dont il s'agit présenle des lésions et 
des symptômes complexes ; mais un point parait indiscutable» 

ANNALES DBS MALADIES DB L'ORBILLB ET DU LARYNX. •- XXI. 28 



426 LBMARIBY 

c'est la disparition de la première attaque de vertiges sous 
l'influence des injections de pilocarpine. Nous voyons, en 
effets l'état du malade s'améliorer légèrement dès que le trai- 
tement est institué ; l'amélioration s'accentue à mesure que la 
dose de pilocarpine augmente. Enfin tout symptôme disparaît, 
et le malade reste plus d'un mois sans présenter aucun trouble. 
Les deux atteintes qui survinrent dans la suite, et dont la gué- 
rison prouve l'efficacité du sulfate de quinine, ne me parais- 
sent pas une raison suffisante pour nier l'efficacité de la pilo- 
carpine; elles prouvent simplement que l'action de celte subs- 
tance était épuisée, ce qui se comprend sans peine puisque la 
dernière injection date du 16 février. Enfin le cas actuel rentre 
dans la règle; la pilocarpine a réussi par ce qu'il s'agissait 
d'une afTeclion récente. 



IV 



ÉLOGE DU PROFESSEUR MOOS 

Par le Prof. A. r^LITZRR (de Vienne) (i). 



Messieurs, 

Peu de semaines se sont écoulées depuis que la mori a 
frappé l'un des fondateurs les plus éminents de la science oto- 
logique, moderne^celui que Dous étions habitués à voir toujours 
au premier rang de nos assemblées, dont nous n'avons cessé 
d'admirer les productions scientifiques si élevées, aux lèvres 
duquel nous étions comme suspendus, dès qu'il nous déve* 
loppait ses aperçus si lumineux et si instructifs, et dont 
Tesprit toujours jeune et vivace animait de sa brillante hu- 
meur toutes nos réunions. 

Moos n'est plus. L*espoir de le revoir parmi nous, d'en- 
tendre encore le récit des découvertes nouvelles qu'il réser- 
vait pour chaque congrès, la mort cruelle nous Ta trop 
tôt et prématurément ravi, et il ne nous reste plus qu'à 
remplir envers sa mémoire le devoir suprême du témoi- 
gnage à rendre à tous ses mérites et à ses hautes vertus. 

C'est à moi, Messieurs, comme à l'un de ses plus anciens 
et intimes amis, que revient le triste honneur de vous re- 
tracer le tableau de sa vie, qui fut toute de travail, d'abnéga- 
tion et de dévouement. 

La vie du Prof. Moos est, en effet, le modèle parfait de toute 
une carrière de labeurs et d'efforts incessants, faits pour ac- 
quérir le maximum des connaissances scientifiques. 



(*) Lu à la séance d'inauguration du V*^ Congrès International d*oto- 
logie à Florence, le 23 septembre 1895« 



^ 



4i8 A. POLITZBR 

Né en 1831 à Randegg (Duché de Bade)^ dans une condi- 
tion plus que modeste^ complèlemenl déshérité des biens de la 
fortune, il a soutenu pendant sa jeunesse une lutte acharnée 
pour Texistence, et ce n'est que grâce à des privations sans 
nombre qu'il put, en 1856, conquérir brillamment le grade et 
le titre de docteur. 

Son zèle infatigable et son enthousiasme ardent pour la 
science médicale lui valurent bientôt lestime de ses pro 
fesseurs et le firent nommer, à peine promu, aux fonctions 
d'assistant du Prof. Hasse, a. la clinique de médecine interne 
de r Université de Heidelberg. 

Il eut ainsi l'occasion d'acquérir des connaissances appro- 
fondies en pathologie interne, et, voué plus tard à la spécialité 
otologique, il rappelait souvent avec satisfaction tout ce dont 
il était redevable à cette période, qui l'avait préservé de ce 
Spécialisme étroit que Ton rencontre avec tant de regret 
aujourd'hui chez un grand nombre des spécialistes. 

En effet, nous trouvons dans tous ses travaux une intelli- 
gence supérieure de la corrélation de notre science spéciale 
avec les principes généraux de la médecine. C'est ce savoir 
approfondi qui donne une si haute valeur h tous ses ou- 
vrages dans la partie clinique de l'otologie. 

En 1859. Moos fut chargé de l'enseignement à l'Université 
de Heidelberg, où il s'acquit en peu de temps le renom d'un 
maître du plus grand mérite et d'un praticien éminent dans 
l'Allemagne du Sud. 

C'est à partir de ce moment qu'il consacra tout le temps que 
lui laissait sa clientèle à des travaux exclusivement scien- 
tifiques. 

Au début de sa carrière otologîque il s'est surtout adonné à 
l'étude de la littérature spéciale, notamment à celle des 
ouvrages des otologistes anglais, qui ouvraient à cette époque 
de nouveaux horizons à notre science. Le résultat de ces 
-études a été la traduction du traité des maladies de l'oreille 
de Toynbce, par laquelle il a été le premier à faire connaître 
au public médical allemand les publications du savant 
maitre anglais. 

Mais bientôt Moos acquit la conviction que si l'otologie doit 



ÉLOGB DU PROFBSSBUR MOOS 429 

atteindre à la hauteur où déjà sont parvenues les autres bran- 
ches de la médecine, c'est dans les recherches anatomiques, 
qu'elle doit en trouver surtout la base et le moyen, voie déjà 
indiquée par Toynbee et de Trôllsch, ses contemporains. 

Les travaux de Moos embrassent une période de plus de 
36 ans ; c'est ce labeur continuel, incessant, consacré à ses 
recherches de même qu'à ses mémoires, qui donne seul la clé 
et l'explication du grand nombre de ses publications. Il n'y a 
aucune branche de notre spécialité à laquelle il n'ait apporté 
sa contribution. L'anatomie, la physiologie et Tanatomie pa- 
thologique de Torgane auditif, la clinique, la bactériologie, 
les troubles cérébraux de l'ouïe, les névroses otopathiques, la 
partie opératoire, toutes ces branches de notre art ont été tour 
à tour l'objet de ses recherches. 

Les publications du Prof. Moos ont, pour la plupart, paru 
dans la Revue des maladies des yeux et des oreilles, fondée 
par lui en 1869 en collaboration avec son ami le Prof. Knapp, 
et dans la Revue des maladies de Voreille publiée par les 
deux mêmes auteurs depuis 1879. Celles qui sont antérieures 
à 1869 se trouvent dispersées dans divers recueils et revues. 
C'est en collaboration avec le Prof. Steinbriigge, son élève et 
son ami, qu'il publia une petite partie de ses travaux, ceux 
qui s'étendent de 1878 à 1885. 

L'énuméralion détaillée des nombreux ouvrages de Moos 
nous conduirait trop loin. Je voudrais toutefois faire particu- 
lièrement ressortir ici ce fait capital, que les résultats de ses 
recherches ont essentiellement contribué à donner à Tolologie 
moderne son caractère scientifique. Nous n'avons qu'à rap- 
peler en tr'au très, à cet égard, ses publications principales sur 
l'invasion du labyrinthe par des microorganismes à la suite 
de maladies infectieuses. 

Parmi ses travaux anatomiques, ce sont ses recherches sur 
les vaisseaux sanguins de la membrane du tympan, puis sur 
Tanatomie et la physiologie de la trompe d'Eustache, qui suf- 
firaient à eux seuls à lui assurer une place importante dans 
l'histoire de la science. 

Mais ce sont surtout ses recherches histo-pathologiques qui 
ont définitivement assis sa réputation. 



430 A. POLITZER 

Ces travaux révèlent toute la couscience et rexaclîtude 
qu*il apportait dans ces recherches scientifiques et le soîa 
avec lequel il a sans cesse cherché à pénétrer jusqu'au fond 
des choses. Cette tendance à tout approfondir, nous la re- 
trouvons dans chacun des travaux de Moos ; partout il a 
pris à tâche de mettre d'accord les constatations anatomiques 
avec les phénomènes cliniques. Il ne s'en tient plus, commeau 
début, aux simples faits anatomiques, et plus il avance, plus 
il s'impose la nécessité de donner les faits anatomiques pour 
base aux phénomènes cliniques. Nous en trouvons un brillant 
exemple dans son traité sur les tumeurs du cerv'^eau, dont la 
haute valeur pour le diagnostic des affections cérébrales est 
universellement reconnue même par les cliniciens purs. 

L'examen attentif des travaux de Moos, au point de vue de 
la médecine interne, nous révèle ce fait remarquable, que les 
productions scientifiques de ses dernières années peuvent être 
placées sans contredit au rang de ses meilleurs ouvrages. Il 
suffit de citer ses recherches sur l'invasion des microorganismes 
dans le labyrinthe à la suite des maladies infectieuses. Il 
montre, avec une minutieuse clarté, rinfiuence desiructive de 
cette invasion sur les parties membraneuses du labyrinthe, 
qui aboutit successivement à des suppurations, h des forma- 
tions de tissu connectif, puis à des ossifications, quelque fois 
même à la nécrose des tissus. 

C'est ainsi qu'il nous donne l'explication anatomique de la 
panotite, cause si fn'*quente de surdité complète dans les ma- 
ladies infectieuses. 

Les productions scientifiques de Moos apparaissent sous un 
jour plus admirable encore, quand on pense que depuis 
25 ans il était frappé par la maladie. En 1871, à la suite des 
grandes fatigues endurées pendant les soins incessants donnés 
aux blessés, se manifestèrent les premiers symptômes d'une af- 
fection diabétique, qui mina de plus en plus sa santé au cours 
des années suivantes. A celte affection se joignirent des trou- 
bles de l'audition, qui ne firent que progresser pendant plus 
de vingt ans, et rendirent d'aulant plus pénibles ses relations 
habituelles avec ses malades et ses élèves, et vinrent assom- 
brir son humeur jusqu'alors si joviale. 



ÉLOQB DU PROFESSEUR MOOS 431 

Mais toutes ces souffrances physiques ne pouvaient fléchir 
Tactivité intellectuelle de Moos ; son amour ardent pour la 
science le poussait à se frayer de nouvelles voies, à entre- 
prendre de nouvelles recherches. C'est ainsi qu'à u n âge déjà 
avancé nous le voyons courir à Berlin pour acquérir, dans le 
laboratoire de Koch, les connaissances nécessaires à la bacté- 
riologie, dont il pressent la haute importance pour la science 
otologique moderne. 

Malgré l'aggravation de son état maladif, Moos manqua ra- 
rement nos congrès otologigues. Il sentait vivement le besoin 
de s'instruire de temps en temps par un échange persoimcl 
d'idées avec des confrères et des amis. 

Nous l'avons vu aux congrès de Milan» de Bàle, de Berlin, et 
l'année dernière encore à Rome. Sa présence à cette dernière 
réunion, sa conférence à la section otoiogiquc nous appa- 
raissent comme le dernier effort de son infatigable esprit pour 
combattre son affaiblissement physique. Notre vive sollici- 
tude pour sa santé nous permit de constater la décadence par 
trop visible de ses forces. 

De retour dans ses foyers après le congrès, Moos entreprend 
un nouveau travail considérable, interrompu par une pneu- 
monie compliquée qui le mit à deux doigts de la mort. A la 
grande joie de sa. famille et de ses amis il se rétablit de cette 
grave affection, et s'en remit si promptement qu'il put re- 
prendre sa tâche interrompue. Toutefois, dans le courant de 
l'hiver, il fut atteint d'une toux suspecte, précurseur trop 
certain de la phtisie tuberculeuse, à laquelle il finit par suc 
comber le 15 juillet dernier, après une longue et doulou- 
reuse agonie, pleuré par sa fidèle compagne, qu'il avait aimée 
par dessus tout et avec laquelle il avait vécu trente cinq ans d'une 
union des plus intimes et des plus heu reuses, vivement regretté 
de^tous ses amis ainsi que de ses nombreux admirateurs. Son 
dernier ouvrage, Des lésions de l'organe auditif dans leur 
rapport avec la médecine légale^ terminé seulement aux deux 
tiers, ne nous reste malheureusement plus qu'à titre de frag- 
ment. 

Avec Moos disparait un homme éminenl, chez lequel une 
science profonde et un grand talent créateur étaient harmo- 



432 A. POLITZBR 

nieusement joints aux plus précieuses qualités du caractère et 
du cœur. 

Infatigable dans ses recherches, consciencieux et prudent 
dans rinterprétation des constatations anatomopathologiques 
et des observations cliniques, exerçant une critique sévère à 
l'endroit de ses propres travaux, il saluait avec empressement 
les ouvrages et les découvertes d'autrui, et encourageait, par 
des communications sans réserve, les efforts de confrères plus 
jeunes et moins avancés. 

Son amour de la vérité, sa fidélité dans ses affections, sa 
manière d'être, modeste et douce, lui avaient gagné un large 
cercle d'amis dévoués, qui lui sont restés attachés jusqu'à la 
mort. Il était particulièrement lié avec le professeur Knapp de 
New- York, et je m'estime heureux d'avoir été, depuis le début 
de notre carrière commune, en relations constantes d'amitié 
et de communication scientifique avec lui. 

Moos avait le cœur bon, tendre et compatissant. Simple 
dans sa manière de vivre, très économe pour sa propre per- 
sonne, il exerçait en secret la bienfaisance et la charité. Sa 
disposition constante à venir sans cesse et gratuitement en 
aide aux malades pauvres était universellement connue. 

Malgré toutes ses préoccupations scientifiques, il avait une 
nature gaie et ouverte, qui rendait sa société agréable et in- 
téressante par les saillies de son « humour n et de son esprit, 
dont on put encore saisir et admirer de temps en temps quel- 
ques éclats au cours du dernier congrès de Rome. Hais ici 
déjà une certaine teinte de mélancolie s'étendait sur toute sa 
personne, que déjà l'aile de la mort avait effleurée. 

Au cours de sa carrière, M. Moos a été Tobjet de maintes 
distinctions honorifiques, tant de la part du Gouvernement 
Hadois que du corps des Professeurs de l'Université de Ileîdel- 
berg. Il n'entrait pas dans son caractère de rechercher les 
marques d'honneur et les distinctions ; mais il était sincè- 
rement heureux de voir apprécier la valeur de ses travaux. 

Moos n'est plus, mais tout ce qu'une vie entière de travail 
et de labeur incessant a pu créer est acquis pour jamais à la 
science et assure à son auteur un immortel renom. En hono- 
rant sa mémoire, nous remplissons un devoir de reconnais- 



ÉLOGB DU PROFBSSBUR MOOS 433 

sance envers celui qui nous a quittés pour toujours. Et cette 
reconnaissance, nous la lui devons pour le riche et précieux 
trésor de connaissances qu*il lègue à la science otologîque, de 
même que pour le magnifique exemple qu'il nous donna par 
son ardeur infatigable au travail et son zèle enthousiaste pour 
notre spécialité en particulier. 

Il restera ainsi pour la génération future un brillant et 
entraînant modèle, vraiment digne du renom qu'il s'est 
vaillamment conquis dans le domaine si ardu de notre art et 
de notre science. « 



434 SOCIÉTÉS SAVANTBS 



SOCIÉTÉS SÂVÂHTES 



/ • 



SOCIETE LAHYSGOLOGIQUE DE LONDRES 



Séance du 18 avril 4895, 



Présidence de M. FÉux Sbmon. 

Gresswell Babbr. — Papillome da nez. — Homme de 36 ans qui, 
en avril et octobre 189i, a déjà sabi deux fois l'ablation de tu- 
meurs de la narine gauche dont Texamen microscopique a mon- 
tré la nature papillomateuse. Le 7 mars la narine gauche est 
encore obstruée par une tumeur grosse comme une mûre, 
proéminant en arrière dans le vestibule et implantée par une 
large base sur le plancher nasal et la cloison. Pas de ganglions, 
pas de syphilis. Le tissu enlevé pourTexamen microscopique est 
dur et adhérent aux régions saines dont quelques fragments 
sont détachés en même temps. I/examen n'y révèle qu'une 
hyperplasie sans cellules malignes. Le malade avait la mauvaise 
habitude de se mettre les doigts dans le nez, c'est probablement 
ainsi qu'il s'est inoculé. Quel est le traitement? 

BuTLiN conseille Texcision et la destruction du pédicule avec le 
galvano-cautère. 

Ball. — Lapas de la gorge et da nez chez une jeune fille de 
14 ans ; tout l'intérêt de ce cas est dans le bon résultat obtenu 
par le grattage des ulcérations et l'administration de l'arsenic 
et de l'huile de foie de morue. 

G. Symonds demande si on a donné l'extrait thyroïdien, il en a 
vu de bons résultats. 

Ball a trouvé que la malade allait suffisamment bien sans 
cela. 

Ball montre une jeune f)lle portant une déformation du nez 
rappelant celles que produisent la syphilis, mais dont l'origine 
traumatique est nettement établie, M. Kutney propose de 
l'opérer. 



SOOIÉTflS SAVANTBS 495 

KuYTET Gordon. — Coupe d'an oomet porteur d*im polype. — 
L*auteur pense qu'on n*a pas encore vu nettement les altérations 
de la carie osseuse et l'infiltration marquée d'ostéoblastes. 

HiLL répond que ce spécimen est exactement semblable à 
celui décrit par Woakes. 

Symonds demande en quoi ce spécimen diffère de Tos normal, 
il voit bien quelques altérations sur le bord de la préparation 
mais non dans Tos. 

Spigbr dit que, cliniquement, c'est un polype ordinaire ; en doit- 
on conclure que ces tumeurs s'accompagnent de résorption de 
Tos ? 

Gordon pense que cette coupe représente le stade précoce du 
clivage de Woakes et que la présence des ostéoblastes et de 
rinfiltration cellulaire lui fait porter le diagnostic de carie. 

Il montre ensuite des préparations provenant d'un grattage de 
l'antre maxillaire dans un cas d'empyème II y a prolifération 
si marquée des glandes de la muqueuse et de l'épi tbélium qu'on 
peut qualifier cette tumeur d'adénome. 

DuNDAs Grant. — Empyème de l'antre d'Highmore guéri au 
moyen du trocarl de Krause; un autre cas compliqué de snppu- 
ration probable du ninus, L'empyème a été diagnostiqué au 
moyen de la transillumination et du trocart de Lichtwitz. Le 
traitement avec le trocart de Krause a été institué, mais malgré 
la perforation de l'alvéole la sécrétion purulente prit une abon- 
dance anormale. On remarqua que quelques minutes après le 
lavage complet de l'antre le pus reparaissait abondant. La ponc- 
tion de l'ethmolde avec le trocart d*Hartmann ne donna aucun 
résultat. Le malade a refusé de laisser pratiquer l'ouverture du 
sinus frontal gauche. 11 montre encore trois autres cas dont un 
avec suppuration du sinus frontal traités à l'aide du trocart de 
Krause avec succès. 

Dans un cas de lar3rngite tuberculeuse montré dans une des 
précé<i|fntes séances, l'ulcération était localisée sur la corde 
vocale droite et entièrement remplie de fines granulations sur 
lesquelles une fine pointe de galvano-cautère fut appliquée. 
Depuis lors, la malade a demeuré à Jersey, elle était très amé- 
liorée, on a trouvé quelques rares bacilles venus du poumon.Depuis 
les granulations ont repullnlé et il s*est produit une petite 
ulcération longitudinale sur la corde gauche. Les applications 
journalières d'acide lactique ont amélioré l'état local et les 
symptômes laryngiens. 

Le Président répond à la demande qu'on lui a faite que ses 



436. SOOiÉTÉS SAVANTES 

cas d'empyème traités par les méthodes simples ont duré trois 
à quatre mois. Une lettre du Brady relative à une malade venue 
d'Australie donne deux mois. 

Hall pense qu'il faut tenir compte de Tinfluence de l'air ma- 
rin. 

Symonds suppose que les bons effets dans ce cas sont dûs au 
drainage. Il ne peut affirmer que le drainage à travers les parties 
molles soit supérieur à Talvéolaire. 

Ball pense que le succès du|procédé de Krause dépend surtout 
du pansement employé, soit les poudres/ insufflées une fois par 
semaine soit le lavage journalier. 

Law demande si leurophène est supérieur à Tiodoforme. 

Grant répond qu'il préfère passer par les parties molles lors 
que le malade a de belles dents. Beaucoup de cas restent sta-» 
tionnaires après l'ouverture de Talvéole, un a été beaucoup 
mieux après la fermeture de Talvéole. Il est possible que l'infec- 
tion se fasse par l'ouverture. 11 faudrait alterner le traitement. 
On ne peut dire si Peurophène est supérieur à Tiodoforme mais 
il a une odeur moins désagréable. 

Havilland Hall montre un cas de mycosis fongoïde survenu de- 
puis deux ans chez un homme de 52 ans. Il se plaignait d'oppres 
sion et de douleur dans la gorge, mais la parole n'a jamais été 
entravée. Sur les parties postérieure et latérale du pharynx on 
voit de petites tumeurs ovales et sur le cartilage aryténoîde 
gauche une autre, du volume d'une noisette, dont la surface est 
légèrement ulcérée. 11 pense que c'est le premier cas connu. 

Le Président propose qu'on insère une figure de ce cas unique 
dans le bulletin de la société ; le 0' W'agget est chargé de la 
dessiner. 

William Hill. — Polype du nés associé à de la suppuration des 
sinus frontaux ethmoldauz et maxillaires. — Homme de 34 ans 
chez lequel, il y a 15 ans, on avait enlevé des polypes du nez. 
Le malade présenta une abondante suppuration et bientôt la 
narine gauche est obstruée par de nouveaux polypes. On les 
enlève, on voit du pus suintant de l'extrémité antérieure ducor— 
net moyen qui était augmenté de volume et gonflé. On enlève 
cet os et immédiatement sort une grande quantité de pus, ce qui 
donne au malade un moment de répit. On aperçoit maintenant 
des granulations et de Postéite dans le voisinage des cellules 
ethmoîdales. Le sinus frontal gauche est douloureuxà la pres- 
sion, la peau qui le recouvre est rouge et par moments bouffie. 
Le sinus maxillaire gauche est obscur à ia transilluminatioa. 



SOCIÉTÉS SAVANTES 437 

Le D' HiLL pense que Tablation du cornet moyen ne pouvait 
servir à rien dans ce cas, le pus venant de l'elhmoïde. 11 est prêt 
à ouvrir le sinus frontal par une incision verticale et Tantre par 
la fosse canine et compte monti^r le malade un peu plus tard. 

HiLL montre un cas d'épithéliome du pharynx pour lequel 
M. Pepper propose la pharyngotomie 

HuNT montre des pièces microscopiques de papillomes multi- 
ples du pharynx que d'abord on avait pris pour un sarcome. 

Lb Pr)^siobnt demande si quelqu'un dos membres a déjà vu 
ainsi l'ordre renversé et le papillome suivre le sarcome. 

BuTLiN n'a jamais vu cette inversion. 

HuNT fait observer que le papillome était un peu au-dess u 
des anciennes cicatrices. 

Pergy Kidd. — Sténose du larynx dû à une tumeur de la corde 
vocale gauche (déjà présenté à la séance de janvier 1895). — La 
tumeur fut enlevée avec la pince coupante de Mackenzie après 
trachéotomie préalable. Le malade est très soulagé. L'examen 
microscopique révéla un papillome bien net avec légère infiltra- 
tion de petites cellules dans la muqueuse mais aucune appa- 
rence de tubercule. 

Au mois de mars Tétat général du malade devient mauvais, il 
maigrit, s'affaiblit,est pris de fièvre intermittente et de gêne res- 
piratoire. 

L'examen laryngoscopique dénote un léger épaississement des 
deux cartilages aryténoïdes avec légère ulcération à droite. 
L'examen de la poitrine et l'examen bactériologique ne donnent 
pas de résultats positifs, cependant on a trouvé une ou deux 
fois des bacilles dans les crachats. Pas de signes physiques de 
tuberculose des sommets. L'épiglotte est épaissie du côté droit. 
Les deux cartilages aryténoïdes sont le siège d'une tuméfaction 
très pâle et la face supérieure droite du larynx est couverte 
d'une ulcération sanieuse. Les deux cordes vocales sont pâles et 
irrégulièrement épaissies. Surl'extrémité postérieure de la corde 
vocale gauche s'élève une petite végétation rouge. Les cordes 
vocales immobiles, très rapprochées, causent une sténose consi- 
dérable de la glotte. 

ScANES Spicer montre un cas d'empyème de l'antre d'Highmore 
et est félicité par le Président sur l'état du malade qui, depuis 
15 jours qu'il est opéré, a gagné 11 livres. Ce résultat est très 
flatteur pour les membres de la société. 

Le Président montre un cas de volumineux et dur papillome 
qui a produit une échancrure dans la corde vocale du côté 



438 SOCIÉT&S SAVANTBS 

opposé. La dyspuée était telle qu'on dut pratiquer la trachéoto- 
mie. L'exameu ayant révélé le caractère bénin de la maladie, la 
tumeur qui était implantée sur le côté gauche du larynx fut en- 
levée. 

SvMONDs demande si la corde vocale opposée était atrophiée ou 
érodée. 

Le Président répond que l'ablation de la tumeur est trop ré ■ 
cente pour qu'on puisse se prononcer, mais qu*il est possible 
qu'il y ait eu atrophie de la corde vocale. 

Symonds. — Suppuration du sinoa frontal. — Le malade était 
atteint, depuis novembre 1892, d'un fort écoulement nasal. Pen- 
dant six ans il a été traité pour nécrose de Tethmoîde sans 
résultat. Puis l'écoulement nasal qui était monolatéral de- 
vint bilatéral, Tablatiou du cornet moyeu donna un peu de sou- 
lagement, en décembre 1894 on diagnostique le pus dans les 
sinus ethmoîdaux ou frontaux, peut-être dans les deux, et au 
mois de janvier la suppuration devenait manifeste sur la ligne 
médiane du front. Incision au milieu de la zone fluctuante qui 
laissa échapper une grande quantité de pus, large incision du 
sinus frontal. La suppuration cessa et on put facilement passer 
une sonde courbe dans le nez et y flxer un drain, puis plus tard 
un petit tube. Le sinus fut lavé chaque jour antiseptiquement. 
Trois mois après l'écoulement était seulement muqueux et le 
tube n'était laissé en place que par précaution. 

Le meilleur endroit pour inciser est celui que cherche 
naturellement le pus pour se frayer une voie juste à gau* 
che de la ligne médiane et à un centimètre au-dessus du 
niveau des sourcils. On peut, par cette voie, passer facilement un 
drain dans les narines et le maintenir au moyen d'un bord 
saillant qu'on dissimule avec un emplâtre. Ce procédé est supé- 
rieur à celui de l'ouverture au niveau de l'angle interne de TobiI, 
par laquelle le drain pénètre moins facilement dans le nez. 
Lorsque les deux côtés sont envahis, l'ouverture sur la lign« 
médiane est encore préférable. 

L. A. REGNIER. 



SOCIÉTÉS SAYANTBS .439 



SOCIÉTÉ DE LABYNCmOLOGIE DE BERLIN 



Compte rend a par le D' Edm. Meyer 



Séance du 26 avril 4895. 



KuTTNER présente une malade qui est atteinte depuis dix à 
douze jours d'un coup de froid. Depuis 24 heures elle ne peut 
avaler aucun aliment solide. Les liquides reviennent par le nez. 
Les muqueuses sont anémiées. Le voile du palais et les muscles 
de la paroi pharyngée postérieure sont paralysés, mais la 
sensibilité est conservée. La moitié gauche du larynx est 
immobile, et la corde vocale du même côté est fixée dans la posi- 
tion cadavérique. Pendant trois jours la malade fut dans Tim- 
possibilité de rien avaler, le quatrième jour elle put prendre 
un peu de liquide, et au bout de sept jours, elle put revenir aux 
aliments solides, le seizième jour la déglutition était rede- 
venue tout à fait normale. La motilité du larynx revint lente- 
ment ; d abord on observa de légers mouvements de tension, 
puis la corde vocale atteignit la ligne médiane et revint à la 
position cadavérique. Cet état persiste encore. On croit qu'il 
s'agissait d'une névrite due à Vinfluenza, K. a vu trois cas de 
guérison de paralysies récurreutielles dans les quelles ont vit 
d*abord de légers mouvements des cordes vocales, puis d'ab- 
duction et d'adduction jusqu'à la position cadavérique, et en- 
fin le fonctionnement intégral du crico-aryténoîdien postérieur. 

HoseiiBERG a vu guérir deux cas de paralysie récurrentielle. 

P. Hbymann montre : 1° une coupe de cancer laryngien qui, en 
l'espace de six mois,s'étendit des replis aryépiglottiques au pha- 
rynx, et détruisit la base de la langue. — 2o Une femme de 71 ans 
atteinte d'une lordose de la colonne cervicale, dans laquelle les 
apophyses épineuses des troisième et quatrième vertèbres cer 
vicales semblaient manquer. 

Aronsohn (Ems). — Sur les corps étrangers des voies aériennes 
supérieures. — l^^ Malade qui a avalé depuis longtemps un frag- 
ment d'os et souffre d*un violent catarrhe gauche accompagné 
d'une sécrétion muco-purulente souvent fétide. On l'adresse 



440 WOIÉTÉS SAVAKTB8 

à Ems où) à la suite d'une gymnastique pulmonaire d'inliala- 
tions, il expectore le corps étranger. 

2^ Jeune femme de 2o ans qui, depuis 3 ans, crache du muco- 
pus parfois sanguinolent. On ne trouve rien du côté des pou- 
mons ; après l'expectoration d'un fragment calcaire enclavé 
vraisemblablement sous la glotte, les douleurs cessèrent. 

3** Aspiration d'une épingle. 

i^ Déchirure de la face antérieure de l'épiglotte à la suite 
de ringestion d'une arête. On Fenleva avec un fil de soie et la 
gène disparut. 

B. Fraenkel dit que les concrétions calcaires se forment sou- 
vent dans les poumons, même sans corps étranger. 

LuBLiNSKi. — Paralysies des voies aériennes supérieures dans 
les maladies infectieuses. ~ L. a observé six cas de paralysies 
laryngées consécutivement au typhus^ deux cas concernaient des 
hommes et quatre des femmes. L'âge oscillait entre 16 et 39 ans. 
Les premiers symptômes se manifestaient le plus fréquemment 
après la défervescence, mais chez un malade se montrèrent 
seulement pendant la quatrième semaine. Un cas avait pour ori» 
gine une pleuropneumonie. Les lésions matérielles des nerfs 
sont rares. Lorsque l'on rencontre des paralysies du voile du 
palais, du nerf cubital et de la paraplégie, il faut conclure qu'il 
s'agit d'une névrite périphérique ou d'une polymyélite. Dans les 
cas bénins, la guérison est spontanée, parfois il se produit seu- 
lement une amélioration. L. a vu deux morts, mais non à la 
suite de la paralysie, une par une bronchopneumonie et l'autre 
par une fièvre typhoïde grave. Les paralysies bilatérales posté- 
rieures sont les plus dangereuses. Au cours du typhus, L. a 
observé deux fois une paralysie des abducteurs, trois fois une 
paralysie d'un dos récurrents, et une fois des deux récurrents. 
Ou fit la trachéotomie dans les premiers cas. Au point de vue du 
diagnostic différentiel on hésita entre une périchondrite du cri- 
coïde et une ankylose de l'articulation cricoaryténoTdienne. 

L a observé peu après le traitement sérothérapique de la 
diphthérie des paralysies simultanées d'accommodation des 
cordes vocales, des muscles de l'œil et des extrémités infé- 
rieures. 11 semble à l'auteur que le nombre des paralysies con- 
sécutives à la sérothérapie ait augmenté depuis le début de l'ap- 
plication de la méthode. 

On rencontre aussi des paralysies des cordes dans VinfluenzA, 
L. soigna une paralysie postérieure gauche qui guérit en quatre 
semaines. 



SOCIÉTÉS SAVANTES 441 



Séance du 26 mai 4893. 



EoM. Mbybr présente un cas de tuberculose de la voûte pa- 
latine. 

Flatau. — Enfant de 3 ans,porteur de végétations adénoïdes et 
d'hyperplasie tonsillaire, semble avoir un papillôme à l'ex- 
trémité de la luette hypertrophiée. A Texamen microscopique 
on troura du tissu adénoïde typique. 

Couturière, âgée de 33 ans, ressentit tout k coup de vives 
douleurs dans le maxillaire supérieur. Lors de Topération on 
trouva deux foyers purulents dans la cavité alvéolaire et au- 
dessus de Torbite, tandis que l'autre était presque libre. L'éclat- 
rage par transparence avait échoué dans ce cas. 

B. Frabnkbl. — I. Homme de 58 ans, ayant dans le méat na- 
sal une tomeur en forme de bouton qui augmenta rapidement, 
mais ne saigna jamais spontanément. Par le toucher avec la 
sonde, la tumeur qui était insérée sur Taile du nez commença à 
saigner. Au microscope on reconnut du tissu cicatriciel avec 
énormément de vaisseaux sanguins hypertrophiés. La tumeur 
était recouverte d'épithélium pavimenteux. 

n. Corps étranger ayant séjourné plusieurs années dans le 
méat inférieur gauche, et qui semble osseux. 11 consiste eu un 
noyau mou recouvert d'une enveloppe dure. . * 

ScHOBTz demande s'il ne s'agissait pas d'une dent. 

A. RosBNBERG, commo complément à la communication anté* 
rieure de Schadewaldt, présente un malade atteint depuis long- 
temps d'un anévrisme aortique chez lequel, au bout de long- 
temps, survinrent des accidents de paralysie récnrrentieUe. 

Alexanobr présente -un cas de polype nasal hémorrhagique. 

KuTTNER rapporte une observation de polype de la cloison de la 
dimension d'un noyau de cerise qui n'a jamais saigné et qui, 
au microscope, avait Taspect décrit par Frrmkel. Il a aussi vu 
trois tumeurs granuleuses de Textrémité du nez qui ne sai- 
gnèrent jamais non plus. Il pense que le nom de polype hémor- 
rhagique de la cloison est très peu approprié! 



ANNALRS DBS MALAD1RS DS LA BOUCHE ET DU LARYNX. — XXI. 29 






fr* 



44^ SOOIÉTÉS SAVANTBS 



Séance du 28 Juin 4895. 



KiRSTEiN présente une lampe frontale électrique destinée à la 
rhinoscopie. 

BxRLiNBR montre des reproduction en plfttre colorié de diverses 
affections laryngées. 

P. Heymann parle des bandes des cordes vocales qui sont tou- 
jours parallèles à leur bord et peuvent aussi être sectionnées. 
Du côté du processus vocal elles offrent une disposition parti- 
culière. 

Benda fait voir dee préparations qu'il a obtenues en faisant 
macérer dans une solution d'acide acétique à 5 ^o Tépithélium 
arraché aux cordes vocales. On voit les bandes en partie paral- 
lèles, en partie recourbées et presque de niveau en avant et en 
arrière. On remarque du côté du processus vocal une disposi- 
tion en forme d'étoile. 

Les bandes sont peut- être destinées à rendre Tépithélium 
plus résistant aux déviations mécaniques. 

Les singes n'ont pas de bandes, les chiens en ont de faibles in- 
dices et les nouveau nés n'ont pas de bandes. 

Grabowbr espère que l'élude exacte des bandes conduira à 
des conclusions sur les modifications pathologiques, et surtout 
sur le cancer. 

B. Fraenkel réclame la priorité. Chaque partie delà corde 
vocale est caractérisée par la disposition des bandes. La forma- 
tion du tissu cicatriciel et l'épaississement épithélial est une 
modiiication particulière à la pacbydermie. Les cônes du carci- 
nome épithélial sont nuisibles aux bandes, on remarque la 
formation de cônes atypiques. 
P. Heymann concède à Frûnkel l'entière priorité. 

Benda croit que la méthode de macération ne peut pas être 
employée pour le carcinome et la pacbydermie. 

B. Fraenkel. — La nomenclature anatomique en rhinolaryn- 
gologie. 

F. communique la nomenclature adoptée par la Société Ana- 
tomique. 

Après une délibération de Flatau, Kuttner, Heymann et Thor- 
ner, la Société adopte la nomenclature proposée. 



SOCIÉTÉS S AYANTES 443 



Séance du ii6 juillet 4H9o, 

Steinau présente un malade auquel James Israël a fait la rhi- 
noplasUe pour un lupus. Gomme les os du front avaient été 
utilisés une première fois sans résultat, Israël emprunta au 
tibia un fragment osseux de 6 cm. de long qui assura une 
guéri son complète. 

Edm. Meyer montre une préparation d'empyème d'une grosse 
bulle osseuse etbmoldale. 

P. HfiYMANN fait voir des reproductions en plfttre de prépara- 
tions nasales exécutées par le D' Beetz Heilbronn. 

6. Fraenkel a opéré un polype de la corde vocale droite gros 
comme une noisette qui fut reconnu au microscope pour un 
myx6me. Il montre la tumeur et la coupe. 

SiKGEL (Britz). -• Sur les aphtes. — Les aphtes sont une affec* 
tion de tout le tube digestif à partir de la bouche et qui 
s'attaque plus parti culièrement à la partie descendante du gros 
intestin, du foie et des reins. Assez souvent on voit sur la peau 
un exanthème qui tient le milieu entre la rougeole et la scar- 
latine. Gomme la maladie intéresse fréquemment la bouche, 
elle est particulièrement intéressante pour les laryngologistes. 
La bouche est ronge et œdématiée. Les parties les plus atteintes 
sont la luette, le voile du palais et les gencives qui présentent 
Taspect du scorbut. La langue est très tuméfiée, son épaisseur 
atteint 2 à 3 cm On trouve des bulles avec ulcération consécu- 
tives dans toute la bouche, dans le pharynx et sur Tépiglotte. 
Les gencives sont fréquemment tuméfiées,- et la muqueuse 
buccale en desquamation. Les symptômes généraux sont, la 
plupart du temps, le vertige, la fatigue et Tobstruction. D'après 
les observations cliniques et une grande quantité de coupes. 
S. croit avoir trouvé un bacille spécifique siégeant dans les 
fèces et dans les organes internes, dans les reins particulière- 
ment. 

A la fin de sa communication, S. présente quelques malades 
et des préparations microscopiques de cultures provenant des 
reins. 

Edx. Meyer présente deux cas de la même affection. 
* 4* Enfant porteur d'une maladie très étendue de toute la 
muqueuse buccale, faible et atteint d'obstruction. L'adminis^ 



444 SOCIÉTÉS SAYANTSS 

tration interne de chlorure de chaux guérit rapidement le 
malade, mais la faiblesse persiste pendant longtemps. 

2^ Jeune fille de 21 ans. Vives douleurs buccales qui entravent 
totalement Talimentation. Fatigue extraordinaire. Ecoulements 
fétides. Epaississement de la langue qui est ulcérée sur les 
bords, il en est de même pour les lèvres et la voûte palatine pos- 
térieure gauche. Les gencives sont très gonflées, ulcérées et 
recouvertes d'une membrane fibrineuse des plus minces. Dans 
les deux cas Siegel trouva le bacille dans les fèces. 

RosENTHAL moutre un anévrisme gros comme un grain de 
café siégeant à la racine, de Tare palato-pharyngien, dont les 
pulsations cessaient sous la pression carottdienne. 11 croit qu« 
ces anévrisme pourraient avoir une valeur pratique dans les 
amygdalotomies. 

B. Frasnkel a observé assez fréquemment sur la paroi pha- 
ryngée postérieure des vaisseaux puslatiles de l'épaisseur d'une 
plume de corbeau. Dans le cas de Rosenthal on avait alTaire à 
un anévrisme accompagné de puesations anormales, les ané- 
vrismes n'ont rien à voir avec la tonsillotomie, mais ils appa- 
raissent parfois à la place des amygdales. 



ACADÉMIE DE MÉDECINE DE NFAV-YORK 
SECTION DE LARYNGOLOGie ET DE RHINOLOOIE 

Compte^rendu, par le D'' J. E. Newcoiib, secrétaire. 

Séance du 22 mai 4895, 

Président : D' BRYSOiN Delavan 

W. F. Ghappell. — XéroBtomie ou bouche sèche. — L'auteur 
présente une femme de- 46 ans, née en Danemark. Ses antécé<^ 
dents sont nuls, à part le fait que sa mère a souffert d'épilepsie. 
J^isqu'à sa maladie actuelle, son histoire n'offre rien d'intéres- 
sant. Elle jouissait d'une parfaite santé jusqu'il y a cinq ans, 



SOCIÉTÉS SATANTBS 445 

• • • 

époque à laquelle elle commença à ressentir une sensation de 

sécheresse dans les yeux et le nez, qui était surtout prononcée 

au moment de ses règles et qui décroissait dans Fintervaile. 

Graduellement la sécheresse s'accrut et s*éteudit à la bouche, à 

la langue, au pharynx et à la trachée. Elle remarqua aussi 

qii'elle urinait plus fréquemment. Les glandes parotidiennes 

se tuméfièrent et se tendirent. Environ une année après le 

début de ces accidents ses dents commencèrent h branler et 

durent être extraites. 

Lorsque la malade vint me consulter en mai 1894,je la trouvais 
dans un état très nerveux, voisin de Thystérie. La muqueuse 
de la bouche, de la langue et du pharynx était rouge et sèche. 
E^le désirait constamment boire et se rincer la bouche. Dans le 
bas de l'espace aryténoïdien on voyait une petite tache 
blanche qui paraissait être une ulcération superficielle. Les 
glandes parotidiennes étaient fortement hypertrophiées, de 
même que les glandes du cou. Le. canal de Sténon était ouvert. 
Là température ne dépassait que légèrement la normale, at- 
teignant 99 à 100 degrés Fahrenheit. La mastication était dif- 
ficile et ne provoquait jamais une salivation abondante. Le 
goût était notablement altéré. Son urine augmenta en quan- 
tité, elle présentait peu de gravité spécifique et contenait une 
très petite quantité d'urée ; il n'y avait ni albumine, ni sucre. 

Il y deux mois environ la malade eut une légère attaque 
d'hémiplégie, dont elle n'est pas encore remise. La sécheresse 
dont elle se plaint n'a pas été modifiée par le traitement qui a 
consisté principalement en toniques nerveux et en pilocarpine. 

Jnsqu^à présent, on a rapporté vingt-deux cas de cette af- 
fection. Le nom de xérostomie lui a été conféré par un des 
premiers auteurs, car on supposait à cette époque que la sé- 
cheresse de la bouche était l'unique symptôme de la maladie. 
On croit maintenant en général que l'affection est due à quel- 
ques modifications du système nerveux central. Frazer a re- 
cueilli 19 cas, dans un seul desquels les glandes parotidiennes 
se tuméfièrent. Dans la plupart des cas il existait de la sé- 
cheresse du nez et de la conjonctive, de même que chez la 
malade dont je viens de communiquer l'observation. 

Beverlby Robinson. — J'ai vu il y a environ six mois un cas 
qui présentait quelque analogie avec celui du D"" Chappell. La 
malade était une femme d'âge moyen, habitant New-Jersey. Elle 
souffrait parfois de maux de' tête névralgiques, et était consi- 
dérée en général comme une goutteuse. EUe se plaignit à moi 



446 SOOlltrÉS SAVANTES 

d^une sécheresse prononcée de toute la cavité buccale, plus 
marquée toutefois à droite qu a gauche, qui était accompagnée 
d'un certain degré de douleur ou d'irritation du palais. Elle 
avait été traitée sans aucun succès par tous les remèdes connus. 
Entre autres médicaments, j'essayai de doses modérées et ré* 
pétées de chlorate de potasse, administrées à Tintérieur, mais 
avec un résultat négatif. Pour atténuer ses souffrances, la 
malade a Thabitude de s'introduire un corps étranger dans la 
bouche, et la nuit elle place un petit rond de papier goudronné 
sur son palais afin d'empêcher le contact avec la langue. Elle 
obtint une légère amélioration par l'application locale de trois 
parties d'huile d'olive et une partie d'huile de wintergreen. 11 
n'existait pas d'hypertrophie parotidienne. L'urine, examinée à 
plusieurs reprises, fut toujours trouvée normale. 

RiCHARDsoN. — J'ai observé il y a environ trois ans un cas qui 
présentait les mêmes symptômes généraux que celui du 
Di* Chappell. La malade était âgée de 60 ans. Elle s'aperçut de la 
diminution de sa sécrétion salivaire lorsqu'elle ne put plus 
gommer ses timbres postes. Son urine augmenta et ses dents 
s'ébranlèrent au cours de la maladie. Lorsque je la vis, en 1892, 
la muqueuse nasale et buccale était pâle, atrophiée et sèche, et 
elle se plaignait de ne plus pouvoir humecter ses aliments. 
Divers traitement furent employés sans succès, entre autres la 
pilocarpine et l'électricité. La malade avait aussi une conjonc- 
tivite suraiguë. Les glandes parotidiennes n'étaient nullement 
gonllées. 

G. G. RiGE. — Je n'ai jamais vu de cas de ce genre. Je serais 
heureux de connaître les relations existant entre la sécheresse 
généralisée des voies respiratoires supérieures et la lésion des 
glandes salivaires. Gomme il est assez fréquent de rencontrer 
le pharynx sec, dans les cas de pharyngite sèche, j'ai été im- 
pressionné par ce genre de cas qui sont très rares. 11 est pro- 
bable que la modification des glandes salivaires précède la sé- 
cheresse des piliers du pharynx dans cette sécheresse de la 
bouche. S'il en est ainsi, quelle est la pathologie de ces modi* 
fications glandulaires f Elle doit être tuberculeuse ou syphili- 
tique. 

A. H. Smith. — Je désirerais connaître un cas du genre de 
ceux qui ont été communiqués dans lequel on aurait extirpé 
les glandes et fait l'examen histologique. Il existait également 
de la sécheresse du conduit alimentaire produisant la cous- 
tipation. 



SOCIÉTÉS SAVANTES 447 

Ghappbll. — Autant que je puis le savoir, on n'a jamais pra- 
tiqué Texamen microscopique pour reconnaître la nature de 
rhypertrophie glandulaire dans ces cas. La malade que j*ai pré- 
sentée souffrait d'une constipation opiniâtre. La sécheresse de 
la bouche est apparue quatre ans avant la tuméfaction paro- 
tidienne. On la traita pendant quelque temps par Tiodure de po-* 
tassium à la dose de cinq drachmes par jour, sans que les 
glandes en retirassent nul bénéfice. 

T. J. Harkis. — Sarcome nasal. Opération. Gnérison. — Ce 
malade est âgé de 3Ô ans, je le vis pour la première fois en 
juillet 1894, époque à laquelle il se plaignait de la présence 
d'une tumeur dans le nez et d'épistaxis violentes et fréquentes 
qui l'anémiaient notablement. Ces accidents avaient deux ans 
de date lorsqu'il vint me trouver. La fosse nasale gauche était 
complètement obstruée et la tumeur projetée vers le bas 
donnait lieu à un écoulement constant. 

Après avoir tenté d'extraire la tumeur au moyen du serre- 
nœud après cocalnisation, on fit l'anesthésie par l'éther et on 
pratiqua l'opération de Boeckel. La tumeur était attachée à 
l'ethmoîde, et en la touchant on provoqua une hémorrhagie pro- 
fnse, telle que Ton crut que le malade allait succomber sur la table 
d'opération. La tumeur fut arrachée avec le doigt aussi rapidement 
que possible ; elle avait à peu près la taille d'un œuf de poule 
de bonne dimension. I^ cavité fut ensuite bourrée de gaze iodo- 
formée. Le malade guérit rapidement et quitta l'hôpital au bout 
de dix jours. A l'examen microscopique on reconnut un sarcome 
à petites cellules rondes. L'opération a été faite en juillet 1894 
et jusqu'aujourd'hui il n'y a pas apparence de récidive. 

Habris. — Laryngite tuberculeuse. Guérison. — Cette femme 
est âgée de 68 ans ; quand je la vis pour la première fois, il y a 
environ un an, elle se plaignait d'une grande difflculté à la dé- 
glutition. En examinant le larynx je trouvais que les cordes 
vraies et fausses n'étaient pas atteintes, mais que les cartilages 
aryténoïdes avaient la forme en poire et présentaient une ap- 
parence tuberculeuse très caractéristique ; il existait des ulcé- 
rations dans la région des replis ai7-épiglottiques et du sinus 
pyriforme des deux côtés. On émit un pronostic désespéré, et 
le traitement ne fut entrepris que sur les vives instances de la 
malade. On employa d'abord le curettage suivi d'une appli- 
cation d'acide lactique, mais sans aucun résultat. Le même in- 
succès suivit l'emploi de l'iodoforme et d'une solution de nitrate 
d'argent. On eut alors recours de nouveau au curettage et à 



446' SOCIÉTÉS SAVANTES 

Tapplication d'ichthyol pur, et Ton obtint un réftullat favorable 
immédiat. 11 suirint un certain nombre de récidives, mais 
depuis le i*' novembre dernier, les ulcérations n'ont pas repara. 
Je . regrette que les crachats n'aient jamais été examinés au 
point de vue des bacilles tuberculeux, mais, de Tavis d'un laryn- 
gologiste très compétent qui fut appelé en consultation, le 
caractère tuberculeux de Taffection était indubitable. La 
malade jouit à présent d'une excellente santé, et ne ressent 
plus aucune gêne à la déglutition. 

Harkis. ~ Un cas d'adénome nasal. — J'espérais vous pré- 
senter le malade, mais il ne peut quitter son lit. C'est un 
homme de 78 ans que je soigne depuis 18 mois. Il avait été 
traité pendant environ deux ans pour des tumeurs nasales que 
Ton supposa être des myx^mes et qui, obstruant complètement 
les deux narines, entravaient la respiration malade. J'enlevai 
les tumeurs à l'anse froide et je curettai leurs pédicules.Elles pro • 
venaient de l'ethmoîde. Au bout d'un mois, survint une récidive 
partielle, puis plus rien durant une année. An microscope on 
reconnut que la tumeur était un adénome à forme mixte. En 
novembre dernier il y eut une nouvelle récidive dans la fosse 
nasale gauche, qui causa de la douleur et de Texophtalmie du 
même côté, et depuis lors le malade s'est affaibli graduellement 
mais il ne peut être question d'une opération radicale, vu son 
âge. Le D' Wright a eu récemment l'obligeance d'examiner une 
parcelle de tissu excisé, et, d'accord avec Texamen microsco- 
pique antérieur, il a reconnu que la tumeur était un adénome» 
peut-être mixte. 

BoswoRTH dit dans son livre que ce genre de tumeurs siège 
rarement dans le nez, et il n en rapporte que deux cas. Je re« 
viendrai plus longuement sur cette observation dans une autre 
occasion. 

J. Wright. — Le cas de sarcome à petites cellules rondes da 
D^ Harris m'a vivement intéressé. Je crois que dans les cas de. 
ce genre le diagnostic ne peut être considéré comme certaiu 
que lorsque l'on a expérimenté les iodures. D'après ce que je 
sais, il est impossible d'établir un diagnostic positif de sarcome 
à petites cellules rondes seulement d'après le microscope, et il 
faut toujours songer à la syphilis possible. 

J'ai été privilégié en examinant le fragment d'adénome nasal 
extirpé par le D^ Harris, car il était très remarquable. 11 avait la 
dimension d'une noisette anglaise et consistait presque totale- 
ment PU circonvolutions et involutions d'épithélium glandulaire 



SOCIÉTÉS SAVANT». 449 

G*élaît presque un adénome pur, bien que cà et là e.zista5sent 
de petites cellules rondes éparpillées, et quelques cellules 
fuselées qui n'étaient probablement qae du tissu conjonctif de 
nouvelle formation. Cette forme de tumeur est une des raretés 
exceptionnelles du nés. On Ta rencontrée un certain nombre de 
fciis dans le larynx, et par basard sur d'autres parties du corps. 
Qn la rattache à répîtfaélioma, mais elle évolue très lentement. et 
son ablation radicale assure fréquemment une longue période 
d'immunité. 

. J. W. Glbitsmann. *- Je ne doute pas que le diagnostic de la- 
ryngite tuberculeuse porté dans le second cas du D' Harris ne 
fût exact, mais il aurait été plus certain s'il avait été accom^ 
pagné de Texamen bactériologique. Je ne vois pas trace» ac- 
tuellementy de tuberculose dans le larynx. Avant d'opérer des 
cas de cette nature, je fais toujours pratiquer Texamen micros- 
copique, qui, dans toutes mes observations, a révélé la présence 
du bacille tuberculeux. 

Au point de vue de la valeur de i'ichthyol dans ces cas, je 
crois qu'il faut le ranger au nombre des remèdes qui semblent 
devoir guérir la laryngite tuberculeuse. Divers médicaments 
peuvent être employés dans des cas différents, et pour réussir 
nous devons considérer séparément chaque malade et le traiter 
en conséquence. 

CuApPBLL. — Je suis d'accord avec le 0' Gleitsmann quant à 
l'importance de Texamen bactériologique des crachats dans les 
cas de celte nature. Dans une de mes observations, le malade 
était porteur d'une ulcération de l'épiglotte que Ton supposait 
tuberculeuse. On examina sa poitrine qui fut trouvée normale, 
et la recherche des bacilles dans les crachats effectuée à plusieurs 
reprises donna un résultat négatif. Je suis convaincu maintenant 
que malgré son apparence la lésion n'était pas tuberculeuse. 

T. P. Berbns. — L'ichthyol m'a toujours réussi dans les cas 
de laryngite tuberculeuse. Il semble être presque un spécifique 
en guérissant les ulcérations laryngiennes tuberculeuses ou syphi- 
litiques. 

BoBiNSON. — Gomme j'observe constamment des cas de phtisie 
pulmonaire sans envahissement évident du larynx, je ne puis 
citer qu'un très petit nombre d'observations recueillies soit dans 
ma clientèle, soit à l'hôpital, ou même à lamphi théâtre, dans 
lesquels l'affection laryngée a dégénéré en ulcération et où il 
n'existait pas de traces certaines de la même maladie dans les 
pouinons. 



450 SOCIÉTÉS SAVANTB8 

DBLATAif. — Personne ne doute que la laryngite tuberculeuse 
avancée ne soit sûrement associée à Tenvahissement pulmonaire, 
et probablement tout le monde acceptera que le mot cure dans 
ce genre de cas ne doit être accepté que dans un sens relatif. 
On pourra, par hasard, guérir la tuberculose générale, par la 
simple extraction du tissu laryngé malade. Ce que l'on doit 
faire, et ce que Ton fait avec un succès croissant dans la laryn» 
gîte tuberculeuse, c*est d'améliorer les symptômes douloureux, 
de tenir laffection en expectative, et de mettre le malade en 
état de guérir si ses lésions pulmonaires le permettent. En 
accomplissant ceci, la médecine a fait un grand pas, et il faut 
souhaiter qu'elle aille encore plus loin. 

J. E. H. NiGHOLs. — Accidents syphilitiques. Opération de 
Rouge. Restauration du nés. — Cette jeune fllle est âgée de 
19 ans ; elle contracta innocemment la syphilis il y a sept ans 
en jouant avec la pipe d'un vieux syphilitique. Quand je la vis 
pour la première fois il y a quatre ans, les symptômes tertiaires 
étaient apparus. Elle avait une périostite syphilitique du maxil- 
laire supérieur avec un abcès que j'ouvris et curettai. il existait 
une destruction graduelle des cornets et de la cloison, ainsi que 
de la voûte palatine, et finalement du processus alvéolaire du 
maxillaire supérieur. Pour corriger celte déformation, on pra« 
tiqua l'opération de Rouge Plus tard la charpente du nez se brisa 
et le nez s'affaissa et devint fort laid. Je tentai, il y a deux mois, 
de corriger la difformité en insérant une armature en or et le 
résultat esthétique a été des plus satisfaisant 

F. E. HoPKiNs a vu la malade avant Topération et sa difTormilë 
était une des plus hideuses que Ton put voir. Son aspect actuel 
est amélioré d'une façon surprenante. 

C. C. Rick. — Importance de l'administration de Fiodure de po- 
tassium dans les cas d'affection laryngée de diagnostic dou- 
teux. — Par notre expérience clinique, nous avons pu apprécier 
combien faible est le pourcentage des cas offrant l'apparence 
clinique typique décrite dans les livres. On ne peut dénier que 
malgré tous les moyens dont nous disposons aujourd'hui pour 
nous aider dans notre diagnostic, il existe dans le larynx une 
série de conditions pathologiques avec lesquelles il est impos- 
sible de déterminer positivement, au moins pendant un certain 
temps, la nature exacte de la maladie. En première ligne il faut 
mentionner la tuberculose, qui est souvent difficile à diagnosti- 
quer jusqu'à l'apparition des bacilles. Dans de nombreux cas, et 
plus fréquemment que nous ne le supposons, il y a coexistence 



SOOIÉTÉS SAVANTES 451 

de la tuberculose et de la syphilis. Le diagnostic est difficile 
aussi dans toutes les affections laryngiennes arrivées à Tulcéra- 
tion et qui peuvent produire du tissu granuleux. Les lésions de 
chordite tubéreuse ou nodules des chanieui^, sont souvent con- 
fondues avec Tépaississement syphilitique. Nous avons observé 
souvent des modifications des cordes vocales dans les simples 
processus catarrhauz dans lesquels nous sommes tentés d'em> 
ployer les iodures ; il en est de même dans les trachomes gra- 
nuleux. Dans un de mes cas, on reconnut la nature syphilitique 
d'un papillôme laryngien, en ce qu'il disparut rapidement par 
ladministration d'iodure de potassium. 

Les lésions syphilitiques du larynx sont souvent d'une nature 
obscure, et la difficulté du diagnostic augmente lorsqu'on ne 
trouve pas d'histoire corroborante ou d'autres signes de la ma- 
ladie. Quand nous avons quelque doute sur le caractère d'une 
lésion, nous devons essayer de Tiodure avant d'exclure la syphi- 
lis. Nous devons, dans cet ordre d'idées, faire attention que 
certains cas de nature non spécifique bénéficient du traitement 
ioduré, surtout si le remède est employé à petites doses, et que 
même des néoplasmes malins peuvent s'améliorer temporaire* 
ment par son emploi. 

Delà VAN. — On doit faire attention avant de porter le diagnos- 
tic d'affection maligne, il faudra attendre que la maladie soit 
assez avancée et pour voir les effets de l'iodure de potassium* 
On ne devra pas perdre de vue que le médicament produit une 
amélioration temporaire dans les affections malignes, et masque 
pendant un certain temps leur nature véritable. 
. RoBiNsoN. — Quoique dans de nombreux cas douteux de ma- 
ladies du larynx l'iodure de potassium exerce une action bien- 
faisante, il est certain aussi que dans quelques cas de laryngites 
présentant un certain degré de sténose et de dyspnée, bien que 
nous n'employions qu'avec circonspection l'iodure de potassium, 
nous avons vu des effets désastreui. La dyspnée augmentait et 
l'inflammation s'aggravait. De plus, il est possible que parfois 
l'iodure' de potassium augmente l'inflammation de la gorge et 
du larynx qui est d'origine rhumatismale ou goutteuse douteuse. 

R. G. Myles. — Les modifications de structure de la gorge 
produites par la syphilis sont bien plus rarement observées en 
Amérique qu'à l'étranger. Je crois que cela est dû à l'emploi 
pius généralisé ici de l'iodure de potassium. J'ai vu, dans nombre 
de cas, le médicament amener une guérison rapide de sténoses 
syphilitiques prononcées du larynx. Le D^ Rice clatla discussion. 



452 SOCIÉTÉS SAVANTES 

ASSOCIATION LARYXGOLOGIQUE AMÉRICAINE 

DIX SEPTIÈME CO.NGRis TENU A ROCHESTES' 

Président : D*^ John O'Roe. 

Le président John 0'Roe,de Rochester,commence par montrer 
les avantages de ces réunions au point de vue scientiflqae et 
confraternel. 11 signale comme principaux progrès récents de la 
laryngologie Tantiloxine Jiphthéri tique et le traitement chirurgi- 
6tk\ de la tuberculose larj-ngée. 

L'humidité et les afiPections naso-pharyngées. — Roe étudie 
rinduence de Thumidité sur les maladies de la gorge. 11 regarde 
également cette influence comme un facteur puissant de tuber- 
culose. L^habitude de plus en plus répandue en Amérique de 
dormir les fenêtres ouvertes lui paraît la cause principale de la 
fréquence extraordinaire du catarrhe naso-pharyngé. 

Corps thyroïde desséché dans le goitre. — Fletcher Ingals (de 
Chicago), insiste sur les avantages de cette préparation qui 
permet un dosage exact et évite les accidents, palpitations, 
cépl^^lées fréquentes avec le corps thyroïde donné en nature. On 
débute par Os^^Vô centigrammes par jour, pour atteindre au 
plus Or ,50 centigrammes. 11 a obtenu de bons effets dans le 
myxœdème et le goitre exophtalmique. 

Dans la discussion Shurly (de Détroit), signale des troubles 
laryngés anciens, absence de tension des cordes vocales, voix 
sifflotante, survenus après une thyroïdectomie totale. Le traite- 
ment thyroïdien améliora beaucoup ces troubles. 

Casselberry (de Chicago), a obtenu une amélioration dans un 
cas de goitre exophtalmique. Il croit les chances de succès 
d'autant plus grandes que les malades sont plus jeunes. 

Ingals insiste sur le rôle de Teuu filtrée ou distillée comme 
moyen prophylactique du goitre. 

Eleotrolyse comme traitement des éperons de la cloison. — 
Cassblbbrry a employé ce traitement (méthode bipolaire, aiguilles 
en platine coudées, courant de haute tension et de faible in- 
tensité : 15 à 40 milli*ampères) dans des cas d'épines de la cloison.. 
Les épines purement cartilagineuses sont détruites en quelques 
minutes. Le courant doit ^tre surveillé pour ne pas produire de 

(«j 'D'après le N-Y. Med. Record, 20 juillet 1«95). " 



SOOléTÉS 8AVANTBÔ 4S3 

perforation. Les «opines rsseuses ne sont pas modiOées. Les 
épines à la fois cartilagineuses et osseuses ne sont réduites qu'en 
partie. L*électro1yse est sans utilité dans les déviations. 

Dans la discussion, Newgomb (de New-York), insiste sur l'inu- 
tilité de Télectrolyse dans les épines osseuses et les déviations. 

Daly (de Pittsburg), préfère la tréphine et les procédés chirur- 
gicaux à réiectrolyse qui n'est, somme toute, qu'une cautérisa- 
tion aveugle. 

SHURLY,plus sévère encore, dit qu'autant vaudrait amputer une 
Jambe au nitrate d'argent que de détruire une épine par la cau- 
térisation. 

J. Wright (de Brooklyn), défend Télectrolyse chez les tuber- 
culeux, les malades affaiblis qui supporteraient mal le choc et 
rhémorrhagîe d'une opération. 

Ingals emploie souvent dans les épines très antérieures la 
pointe fine du galvanocautère. 

J. LowMAN (de Gleveland), utilise souvent Télectrolyse. 

B. Trasher (de Cincinnati), demande si la méthode bipolaire 
est moins douloureuse que Tnnipolaire. 

Gasselberry répond affirmativement. 

Amygdalites aigaés rhamatismales. — G. Hopb (de New-York), 
ne croit guère à cette variété d amygdalites. Il indique vivement 
le traitement soit par le salicylate de soude , soit par le gaïac si 
souvent prescrit en vertu d'une simple hypothèse de Forigine 
rhumatismale ou goutteuse de TafTection. 

lipome du larynx. — Farlow (de New-York), rapporte deux 
cas de lipome du larynx Tun chez un enfant de deux ans, l'autre 
chez un homme de 66 ans. L'ablation au serre-nœud fut facile 
et sans hémorrhagie. Chez le second malade une récidive fut 
détruite à Tanse galvanique. Dans cette seconde opération on 
put nettement constater que le lipome s'implantait sur le carti- 
lage aryténoïde. Guérison durable. 

' Ablation des amygdales. — Farlow discute les divers instru- 
ments employés pour cette ablation et montre l'importance de 
la consistance, du volume, du siège inférieur ou très supérieur de 
l'hypertrophie. 

BoswoRTH oppose également deux formes d'hypertrophie, les 
amygdales, très saillantes, les amygdales très adhérentes étalées 
entre les piliers, auxquelles ce procédé ne convient pas. 

ÏNGALs a remarqué que l'hémorrhagie était plus fréqu